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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 30 janvier 2020 138 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprises

EN DIRECT : Meeting Retraites avec Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens - #MeetingLille

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 23 %Attaque 63 %Défensif 14 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:44Invité politiqueFait
    « On ne peut pas abandonner pour nous toutes et tous et pour nos enfants. Ils sont en train de tout briser. Nous, on sera le mur. Le mur pour les arrêter. »
  • 16:46Invité politiqueFait
    « La justice n'a pas à être ferme, elle a à être juste. »
  • 16:58Invité politiqueFait
    « Mais où vivons-nous ? La monarchie, donc, s'étend jusque dans les tribunaux. »
  • 24:01Invité politiqueChiffre
    « 2 500 blessés dans les manifestations depuis un an. »
  • 24:07Invité politiqueChiffre
    « 315 blessures à la tête dont 25 éborgnés. 5 mains arrachées. »
  • 24:43Invité politiqueChiffre
    « 10 000 gardes à vue dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes. 3 000 peines prononcées. 1 000 peines de prison ferme, dont 440 avec mandat de dépôt. »
  • 33:47Invité politiqueChiffre
    « 312 milliards d'euros, ça les fait rêver depuis toujours comme toutes les autres prestations. »
  • 35:38Invité politiqueFait
    « Nous, nous avons traversé la crise sans qu'un seul d'entre vous ait vu s'il était retraité. »
  • 36:07Locuteur 6Fait
    « ces 300 milliards pour arriver à les faire basculer dans la sphère privée, il faut qu'ils passent par des étapes où le système public habituel ne marche pas. »
  • 37:00Locuteur 6Fait
    « Le système privé marche, écoutez bien les gens, toujours plus mal que le service public. »
  • 37:08Locuteur 6Fait
    « il coûte plus cher parce que vous devez aussi rémunérer l'actionnaire ce que vous ne faites pas quand vous avez affaire au service public. »
  • 37:58Locuteur 6Fait
    « la question des retraites vient comme une grande question centrale pour le capital, pour l'intérêt qu'il a. »
  • 38:05Locuteur 6Fait
    « depuis 30 ans, nous les avons sur le dos. Sur ce sujet-là. »
  • 38:10Locuteur 6Fait
    « Pourquoi depuis 30 ans ? Parce que ça fait 30, 40 ans, notamment après la chute du mur de Berlin, que le capital financiarisé mondial s'est dit « J'ai les mains libres. Et maintenant, je prends tout. » »
  • 38:33Locuteur 6Fait
    « Si bien que depuis 30 ans, nous allons, nous en sommes, pour ceux qui s'en souviennent, les plus jeunes l'apprennent, à cet instant, nous en sommes depuis 1993 à la sixième réforme des retraites. »
  • 38:48Locuteur 6Fait
    « Parce que pour transformer la retraite par répartition en retraite par capitalisation, il faut passer par une étape qui s'appelle la retraite à points, où vous découpez votre cotisation en valeur de points. »
  • 39:55Locuteur 6Fait
    « La durée de cotisation est passée à 40 annuités pour le secteur privé. »
  • 40:35Locuteur 6Fait
    « la productivité du travail, elle a augmenté. »
  • 40:53Locuteur 6Fait
    « la plus grosse partie est partie, non pas dans vos salaires avec lesquels on aurait pu faire des cotisations sociales, mais dans leurs poches à eux, qui sont des poches percées, qui foutent le camp aux fumées tous les 10 ans, parce que tous les 10 ans, il y a une crise financière qui réduit à néant le travail accumulé par les autres. »
  • 44:44Locuteur 6Fait
    « Une lutte contre le capitalisme financier de notre époque qui espère de cette manière ramasser vos cotisations pour les transformer en capital, à placer, une lutte pour changer les rapports de force entre le capital et le travail dans les entreprises. »
  • 45:15Locuteur 6Fait
    « La Commission européenne a intervalles réguliers recommandé à la France de revenir sur son système de retraite. »
  • 47:43Locuteur 6Fait
    « La loi que vous avez, c'est une loi BlackRock. C'est une loi faite pour BlackRock qui est une des puissances du monde puisqu'à elle toute seule, elle contrôle, elle anime, elle organise un capital égal à une année de la production de la Chine à 3 fois, 23 fois le budget national de l'État français. »
  • 58:48Locuteur 6Chiffre
    « Le déficit de l'État, ce n'est pas 3,03 ou 0,7. Ce n'est pas 3,5 ou 5,5. C'est 23% du budget. »
  • 1:01:31Locuteur 6Chiffre
    « Il y en a pour 36 milliards qui ont été mis de côté. »
  • 1:01:45Locuteur 6Chiffre
    « il y en a pour plus de 127 milliards au total. »
  • 1:02:22Locuteur 6Chiffre
    « Les niches sociales, ça représente 10 milliards par an. »
  • 1:04:33Locuteur 6Chiffre
    « Total, 7 milliards qui vont échapper au régime des retraites tel qu'il est financé aujourd'hui, en raison de la réforme. »
  • 1:07:05Locuteur 6Chiffre
    « Il y en a pour 1,5 million de contrats de travail détachés par an. »
  • 1:07:10Locuteur 6Chiffre
    « 1 million dans le transport, 500 000 dans le reste des professions qui créent un dumping social terrible. »
  • 1:07:35Locuteur 6Chiffre
    « ça représente 3 milliards d'argent qui ne rentrent pas dans la caisse de la sécurité sociale française. »
  • 1:11:25Invité politiqueChiffre
    « on en est aujourd'hui à peu près à 14% de la part de la richesse produite dans le pays qui est consacrée à nos retraites. »
  • 1:12:05Invité politiqueFait
    « 14% du PIB ce sera un plafond. »
  • 1:30:02Locuteur 6Chiffre
    « nous avons gagné pendant le XXe siècle 30 ans de vie. »
  • 1:33:13Invité politiqueFait
    « pour le privé, c'était les 10 meilleures années. »
  • 1:33:18Invité politiqueFait
    « désormais, c'est les 25 meilleures années. »
  • 1:33:23Invité politiqueFait
    « pour les fonctionnaires, c'est les 6 derniers mois »
  • 1:34:16Invité politiqueChiffre
    « 80% des temps partiels sont des femmes. »
  • 1:34:20Invité politiqueChiffre
    « 60% des contrats courts à durée déterminée sont occupés par des femmes. »
  • 1:36:10Invité politiqueChiffre
    « Nous n'avons jamais autant embauché que ces 20 dernières années. »
  • 1:37:08Invité politiqueChiffre
    « Un tiers sont des contrats de moins d'un jour. »
  • 1:38:52Invité politiqueChiffre
    « En France, 7 personnes possèdent autant 7 milliardaires que 30% de la population réunie. »
  • 1:39:19Invité politiqueChiffre
    « 8 000 euros par jour d'économiser depuis la prise de la Bastille »
  • 1:48:27Invité politiqueChiffre
    « les femmes gagnent 22% de moins que les hommes en moyenne »
  • 1:57:13Locuteur 6Fait
    « le prix de ce médicament est inaccessible pour une personne malade. »
  • 1:57:39Locuteur 6Fait
    « Même en France, j'ai ça à Marseille, la première fois que j'ai vu ça, je ne revenais pas. »
  • 1:59:51Locuteur 6Fait
    « Regardez le nombre de violences que ce type a déjà accumulées. »
  • 2:00:20Locuteur 6Fait
    « Tirer sur des gens qui vont dans les manifs, c'est agresser la démocratie. »
  • 2:00:51Locuteur 6Promesse
    « si nous dirigeons ce pays, je n'accepte pas qu'il y ait des fonctionnaires qui soient capables de tirer dans la figure d'un autre français. »
  • 2:01:52Locuteur 6Fait
    « On nous amène un texte, il y a 29 trous dedans. »
  • 2:02:34Locuteur 6Fait
    « Le gouvernement est habilité à décider que dans tel domaine il fixera la taille de la longueur des cheveux, le prix du coiffeur, par quelle rue il faut passer. »
  • 2:03:39Locuteur 6Fait
    « ils ont fait semblant d'un âge pivot comme il vous l'a bien expliqué qui ne bouge pas. »
  • 2:05:18Locuteur 6Fait
    « Vous faites de l'obstruction ! »
  • 2:05:56Locuteur 6Promesse
    « nous allons déposer beaucoup d'amendements pour discuter de chaque point précisément, en détail, encore et encore et encore. »
  • 2:06:52Locuteur 6Fait
    « C'est vous qui dites qu'on est en dictature. »
  • 2:10:45Locuteur 6Chiffre
    « l'avenir en commun, sur lequel on s'est déjà battus et on a regroupé 7 millions de voix. »
  • 2:11:18Locuteur 6Chiffre
    « Dans le groupe La France Insoumise, et alors celui de l'Assemblée Nationale, puis celui de l'Europe, il y a de quoi faire un ou deux gouvernements, rien qu'avec cela. »
  • 2:14:55Invité politiqueFait
    « il avait mis moins de 3h30 pour le faire, ce que nous avons fait ce soir tous les deux, la retraite par point. »
  • 2:15:13Invité politiqueFait
    « La retraite par point, dit-il, j'y suis favorable. Mais, il ne faut pas qu'on raconte d'histoire aux Français. Ça ne va pas régler le problème des retraites, non. »

Temps de parole

  • Locuteur 657 %
  • Invité politique38 %
  • Invité2 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:54
Présentateur

Parce qu'il y a énormément de personnes qui n'ont pas pu rentrer. La salle est pour ce grand meeting de Jean-Luc Mélenchon et d'Adrien Quatlin. Alors, nous remercions bien sûr, évidemment, tous les groupes d'action, tous les volontaires qui y ont.

1:07
Invité politique

On s'est obligés d'arrêter le travail SNCF à l'RATP parce qu'on va continuer. On va continuer parce qu'on ne peut pas abandonner. On ne peut pas abandonner pour nous toutes et tous et pour nos enfants. Ils sont en train de tout briser. Nous, on sera le mur. Le mur pour les arrêter. Il y a deux jours, j'étais à Bruxelles. 20 000 personnes dans la rue, ils se battent, eux, pour garder leur sécurité sociale. Un superbe mouvement. Nous, c'est les retraites, mais derrière, ça va couler. La sécurité sociale, qu'est-ce qu'ils vont encore nous pondre ? Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Alors, toutes et tous, 57 jours, venez avec nous. On y va. On peut y aller. On va gagner.

Comme je disais à Bruxelles, ils ont voulu l'Europe. À nous, travailleurs salariés européens, de s'unir pour gagner contre eux. Et je vais terminer par remercier les parlementaires de l'AFI et toutes les équipes qui régulièrement viennent nous soutenir dans nos actions, dans nos assemblées générales. Merci à vous toutes et tous.

2:43
Présentateur

Merci, François. Merci, François. Donc, je vais maintenant demander à Emeline de monter sur scène. Alors, Emeline, c'est une collègue à moi. On travaille ensemble, puisqu'on est toutes les deux professeurs au lycée Valentine Labbé de la Madeleine. Emeline, c'est à toi.

3:00
Invité

Merci, Céleste. Enseignante depuis 2010. Alors, c'est une date facile à retenir, puisque c'est à cette date-là qu'on a gelé le point d'un bout. Donc, déjà, moi, quand on me parle de point, je me méfie. Mais du coup, quand on m'a parlé de retraite, qu'on m'a dit qu'on allait passer de six mois à toute la carrière, on se méfie encore. On nous dit qu'on va nous revaloriser en contrepartie. Bon, on a du mal à y croire. Et effectivement, le Conseil d'État nous a donné raison il n'y a pas longtemps. Donc, premier point. Ensuite, on considère que je fais partie des jeunes. Donc, quand on me parle de l'âge d'équilibre, j'ai l'impression que plus je vais courir après, plus il va s'éloigner.

Donc, ce n'est pas facile. Et troisième point, décidément, je cumule, je suis une femme. Donc, les carrières, c'est vrai que pour les femmes, c'est un peu compliqué entre les enfants, les temps partiels qu'on décide de prendre, les congés parentaux. Tout ce genre de choses font qu'on a du mal à comprendre comment les femmes vont y regagner avec ce nouveau système qui va prendre en compte toute la carrière. Donc, pour toutes ces raisons-là, on se mobilise. On se mobilise dans l'enseignement pour les retraites, un peu comme tout le monde, mais on se mobilise aussi pour les élèves.

Pour les élèves, parce qu'en plus de la réforme des retraites, on a le droit à la réforme du baccalauréat, qui est une réforme très inégalitaire, qui est une réforme très mal organisée, qui a été faite vraiment dans la précipitation. Et donc, c'est vrai que pour nos élèves, c'est très difficile. Et en ce moment, on le voit, nos élèves ont passé les épreuves cette semaine. C'est très compliqué pour eux de passer un examen, qui est un examen national du baccalauréat, même si ça se fait dans différentes conditions selon les endroits. C'est très compliqué de passer ces épreuves-là sereinement. Donc, la mobilisation est très forte chez les enseignants.

C'est vrai qu'en 10 ans, c'est la première fois que je vois une mobilisation aussi importante. Et on va continuer. On se mobilise de différentes manières. On fait des actions, en plus des jours de grève, parce qu'on a à cœur aussi les élèves qu'on a en ce moment. Donc, on ne veut pas les pénaliser non plus. On essaye de lui donner des conditions sereines. Et voilà. Donc, on essaye. Mais de toute façon, on reste mobilisés. Et voilà. Les 99,9%... Bon, j'en fais pas partie. Et je pense qu'on est plus que 0,1% à s'inquiéter du sort de nos jeunes et des enfants.

5:40
Présentateur

Merci, Emeline. Alors, évidemment, donc, on l'a entendu avec Emeline et François. La bataille, elle se joue dans la rue, mais elle ne se joue pas que dans la rue, puisqu'à partir du 17 février, elle se jouera aussi à l'Assemblée. Et on a avec nous ce soir deux députés qui, évidemment, ne lâcheront rien. Et donc, j'appelle Adrien Quatennens et Jean-Luc Mélenchon.

6:21
Invité politique

Bonsoir. Il y a du monde, hein ? Mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi il y a tant de monde. On nous a dit que tout était réglé, que l'âge pivot avait été retiré. Pourquoi vous êtes là ? Qu'est-ce que vous faites ici, les amis ? Vous n'avez pas compris ? Vous n'êtes pas rassurés ? Eh bien, vous avez raison. Merci d'abord à celles et ceux qui vous ont précédés et qui, par leur intervention, leur démonstration, montrent le panel très large de celles et ceux qui, depuis maintenant un bon nombre de semaines, plus de 56 jours, sont mobilisés pour cette bataille d'intérêt général.

Merci, bien sûr, à celles et ceux qui, depuis plusieurs jours, pas beaucoup plus d'ailleurs, ont concouru à la réussite de cette réunion. Merci aussi à celles et ceux qui sont au bout et j'espère vraiment que vous nous entendez. On va faire de notre mieux. Vous nous entendez, ça va ? Bon, on va faire au mieux premier.

7:15
Locuteur 6

Eh bien, moi, je ne hurle pas toute la soirée. Eh bien, moi, ce n'est pas mon habitude non plus. Ma personne est sacrée, je ne vais pas user ma voix comme ça. Merci. Tu vois que tout le monde comprend la blague. Ça me rassure.

7:38
Invité politique

Vas-y, excuse-moi. Nous avions décidé, avant d'être en quelque sorte, et sans doute pour plusieurs semaines, enfermés à l'Assemblée nationale, de nous balader un peu et de retrouver celles et ceux qui n'étaient pas non plus convaincus par ce retrait provisoire de l'âge qui vaut qui devrait tout régler. Ce soir, nous répondons en quelque sorte à une injonction faite par Emmanuel Macron pas plus tard qu'aujourd'hui. Cet après-midi, le président de la République s'agissant... Ouf. Ça va ? Cet après-midi, le président de la République, c'est le côté rock'n'roll. On avait dit qu'il faut que ce soit un peu grunge ce soir, donc on a dit, mettez un peu de l'arsen dans la machine.

Je disais, on répond ce soir à une commande faite par le président de la République cet après-midi. Il nous a dit, s'agissant de sa réforme des retraites, qu'il fallait bien expliquer pour que l'on comprenne bien. Il nous a dit aussi qu'il fallait aider à lutter contre les fausses informations. Et comme là-dessus nous donne beaucoup de travail, et bien précisément ce soir, c'est pour cela que nous sommes réunis. Nous sommes réunis dans une forme qui innove un peu. Ce soir, avec Jean-Luc, on poursuit une nouvelle forme de meeting, en quelque sorte un duo. Ce sera donc une sorte de numéro spécial de C'est pas sorcier consacré aux retraites.

Et je vous laisse imaginer lequel de nous est Fred et Jamy. On laisse vos imaginations travailler. En tout cas, c'est pour ça que nous sommes là ce soir. Trêve de plaisanterie. Je vais te laisser la parole dans un instant. Trêve de plaisanterie. Et même si Jean-Luc n'aimera peut-être pas cette petite séquence de politesse, c'est un immense honneur pour moi de partager la tribune avec lui ce soir et d'être à ses côtés. Parce que peut-être il y en a dans cette salle pour qui ce soir c'est le premier meeting. Et moi, je me souviens de mon premier meeting. C'était en mars 2012, ici à Lille. C'était la première fois que je voyais un discours de Jean-Luc Mélenchon.

Et comme beaucoup, je le sais, c'est ce soir-là, après l'avoir entendu, après l'avoir pendant plus d'une heure, je crois, fait tantôt appel à la raison et au cœur, décider de passer de ce qui était un intérêt pour la politique à l'engagement réel. Et Jean-Luc Mélenchon en est le responsable. Souvent, il est assez pudique là-dessus, mais il faut le rappeler. À partir de ce moment de mars 2012, j'ai décidé de mener la bataille à ses côtés. Et en quelque sorte, mes journées de travail sur mon plateau de conseiller clientèle ont été chaque soir doublées d'une deuxième journée.

Que beaucoup d'entre vous vivent ici, la journée du militant politique, qui vient se rajouter à toutes les autres, jusqu'à ce jour de juin 2017, où, à ses côtés, avec les 15 autres parlementaires du groupe de la France Insoumise, nous sommes, grâce à vous toutes et tous, arrivés à l'Assemblée nationale. Et je me souviens très particulièrement de ce moment où nous sommes arrivés à l'Assemblée, et spécialement des paroles qu'a eues Jean-Luc à notre égard à ce moment-là. Quand je suis arrivé, au moment où nous allions rentrer dans le Parlement, il m'a attrapé par les épaules et il m'a dit ceci, « Tu sais, pour moi, le plus important, ce n'est pas d'y être moi-même, c'est de vous y voir, vous.

» Et ce que vous devez savoir, ce que tout le monde doit savoir, c'est que nous y voir, nous, tous ces visages que vous avez vus apparaître de la France Insoumise, même s'il ne le dit jamais, c'est aussi le fruit du travail de Jean-Luc Mélenchon. J'en termine parce que ça va vraiment le mettre mal à l'aise, mais Jean-Luc a pris depuis coutume de dire souvent aux journalistes qui pensent que peut-être, dans quelque temps, ils pourront se passer de nous, et que rien ne lui survivra, de dire, « Eh bien, avec tous ceux que vous avez maintenant, les parlementaires et tous les autres, il y en a beaucoup dans cette salle, vous en prenez pour quelques décennies.

» Et oui, ce soir, devant vous et devant lui, je m'y engage.

11:43
Locuteur 6

Vous avez compris comment ça fonctionne. Quand il arrête de parler, c'est moi qui commence. Et vous avez tous, vous ne savez pas gagner du temps, parce qu'on s'est demandé si on allait faire des transitions. Et je dis, « Non, non, je crois que les gens comprennent parfaitement qu'on parle du... » « Ouais, ça va, j'ai compris, je vais parler plus fort. » Je parle à eux, là, pour l'instant. Donc, mes amis, j'ai entendu ce que vient de dire Adria, et je voudrais dire que Adria, Hugo, les autres, les 17, sont évidemment, et moi inclus, le résultat d'un immense travail collectif porté par des hommes et des femmes de ma génération et des suivantes.

C'est donc toujours un effort collectif qui permet d'entretenir la braise de la résistance. Mais au fond, à la fin, ça repose sur la capacité que chacune ou chacun d'entre nous a de vouloir résister. Mesdames et messieurs, si les cheminots, les traminaux, les ouvriers du métro n'avaient pas décidé, à un moment où ils savaient qu'ils leur ont cuiré parce que c'était les fêtes de Noël qui s'avançaient, s'ils n'avaient pas décidé d'entrer dans la peine de la grève parce que les premiers qui payent le coût de la grève, ce sont les grévistes, il ne faut jamais l'oublier.

Seul le grand bourgeois ou le financier ou le banquier croient que le salarié, la travailleuse, l'ouvrier fait grève par plaisir ou pour se détendre, qu'il va en manifestation pour respirer l'air pur. Nous, nous savons que chaque fois, c'est beaucoup d'engagement dans la lutte. Et c'est à cet instant de la vie de notre peuple que nous sommes. Merci à vous tous d'avoir aussi rassemblé vos forces. et conservez-les en état. Je vous donne, avec l'autorité de la position singulière qui est la mienne depuis toujours devant vous, aussi longtemps que vous avez voulu, une fois et puis l'autre, m'accorder votre confiance et au programme que je portais dans l'élection présidentielle.

Je vous donne la consigne de ne pas attendre la consigne pour aller au-devant de ceux qui luttent, les aider, casser vos tirelires. Et si vous ne cassez pas vos tirelires, sachez au moins que le seul geste fraternel, le geste amical, le geste de respect pour celle ou celui qui a décidé d'endurer toutes ces privations, ils les font pour nous tous, pour la France, pour l'idée qu'on se fait de la République sociale.

Et ce n'est pas pour rien, je le dis à tous les bien-pensants et qui se le tiennent disent pour une bonne fois que notre peuple renoue avec les symboles de la grande révolution de 1789, parce que sa dynamique n'est pas dépuisée et parce que les privilèges restent à abolir dans ce pays, ainsi que les monarques qui les ont toujours garantis. Bien sûr, les formes politiques ont changé.

Mais voyez comment ces idées nous envahissent tous et nous occupent l'esprit et nous donnent pour finir la légitimité, toujours, de leur dire non à leur monde injuste, à leur méthode brutale, à leur indifférence pour la dignité de ceux qui travaillent et ne vivent que de leur travail ou de leur espérance à travailler au service des autres. Vous autres du Nord, vous nous avez donné deux très bons députés. Katénas, qui me fait de l'ombre jusqu'à Marseille, parce que c'est un garçon qu'ils ont essayé de montrer du doigt en disant qu'il était conseillé sur une plateforme. Et lui, il vient me voir et il me dit « et qu'est-ce que je réponds ?

» Et je lui dis « voilà mon avis, dis-lui que nous on est fiers » parce que l'une de nos figures de proue est un salarié de haut niveau BTS et ça prouve que tout le monde peut être député, que tout le monde peut se mêler de la loi, que ce n'est pas seulement réservé à une classe sociale et à ses enfants et aux enfants des grandes écoles. Celui-ci est maintenant membre de la commission spéciale sur les retraites. Mais l'autre, Hugo Bernalicis, il est président d'une commission particulièrement périlleuse à conduire. C'est celle qui va interroger les magistrats pour savoir quelle est l'indépendance de la justice dans les jours que nous vivons. Parce que nous, nous avons à dire sur ce sujet.

Non pas du point de vue de l'expérience personnelle singulière et cruelle que nous avons vécu nous-mêmes, mais du point de vue de ces 3 000 personnes qui ont été envoyées en jugement, jugées entre 5 heures du matin et 6 heures, de ces 1 000 qui ont été condamnées à de la prison ferme. Tout ça, parce que Mme Belloubet a été demandée en personne, dans un tribunal, l'extrême fermeté contre les Gilets jaunes. La justice n'a pas à être ferme, elle a à être juste. Et c'est la seule chose qu'on lui demande. À présent, voilà que Mme Belloubet rétablit le délit de blasphème et que le président de la République revient sur une décision de la Cour de cassation. Mais où vivons-nous ?

La monarchie, donc, s'étend jusque dans les tribunaux. Voilà. J'avais que ça à vous dire. Et maintenant, c'est lui qui va vous parler du mouvement social dans lequel on est. Et moi, j'ai hâte de l'entendre en parler pour voir comment il s'y prend.

17:12
Invité politique

Merci, Jean-Luc. Celles et ceux qui ont parlé avant nous en ont fait la démonstration. Nous vivons depuis, je le disais, plus de 50 jours, 56, 57, un mouvement social qu'il convient de qualifier d'historique. Et le qualifier d'historique n'est pas une exagération. Il est historique, d'abord, de par son ampleur et sa durée. 57 jours, cela en fait le mouvement social le plus long de toute l'histoire de la Vème République. Donc, c'est historique.

Alors, puisque nous avons commencé par des remerciements, et puisque vos applaudissements ont résonné jusque loin, en dehors de cette salle, depuis cette salle, ce soir, nous adressons des remerciements à toutes celles et ceux qui, depuis 57 jours, font la grève. Merci les dockers. Merci les égoutiers. Merci la fonction publique. Les hospitaliers. Les agents du service public. Le privé. Merci à toutes et tous qui vous battez pour l'intérêt général. Parce que non, la grève, ce n'est pas autre chose que la démocratie. Il se figure, depuis l'Elysée ou Matignon, que la démocratie, en quelque sorte, ce serait juste vote tous les 5 ans et ensuite reste à la maison et tais-toi.

Eh bien non, ça ne marche pas comme ça. Et oui, M. Macron, la manifestation, la grève, la contestation, c'est aussi la démocratie. On en oublierait presque, avec le traitement de la grève, notamment dans les médias, que la grève est un droit. On culpabiliserait de faire la grève. Et Jean-Luc l'a dit, personne ne se lève le matin soulevé d'enthousiasme à l'idée de faire la grève. Celles et ceux qui la font savent que c'est dur. Et ils le savent d'autant plus à l'heure où tombent les fiches de paix. Et c'est un premier moyen de les réprimer, de les dissuader, de les humilier.

Car quelques-uns dans la salle savent bien ce que là veut dire quand on a une petite paye que de rentrer chez soi avec le bulletin de salaire après 57 jours de grève. Ce sont des fiches de paix réduites à néant. Et ils auraient pu faire autrement. Par le passé, on a déjà fait autrement. Et on a déjà fait en sorte que le poids de la grève soit échelonné, étalé sur la fiche de paix. Mais là, des consignes ont été passées pour les humilier, pour leur faire manger la terre jusqu'au bout. Et vous savez bien ce que cela veut dire. C'est le pari d'Emmanuel Macron. Ce pari du pourrissement du mouvement, de l'essoufflement.

Et nous comprenons que certains secteurs, je pense particulièrement au secteur des transports, ça a été dit juste avant moi par François, qui ont été considérés dans le début de ce mouvement comme le fer de lance et nous ont dit réunion publique après réunion publique, bon, le fer de lance, il a compris qu'il l'était, mais il commence à avoir besoin de renforts. Eh bien, ça vient. Loin de s'essouffler, le mouvement s'est enraciné, s'est étendu à des secteurs professionnels que nous n'avions pas l'habitude de voir dans la lutte. Et je veux saluer aussi l'esthétique, la créativité qui s'exprime autour de ce mouvement à l'heure où il a besoin justement de renouveler sa forme.

Vous les avez vus comme moi, ces magnifiques chorégraphies improvisées dans la rue, ces flash-mob, notamment à la Gare de l'Est, qui a d'ailleurs fait ensuite que Benjamin Griveaux a voulu graser la Gare de l'Est. Il n'a pas du support, et il n'a pas du supporté. Tous ces éléments...

20:38
Locuteur

Non, c'est pas ce que j'habite à côté.

20:40
Invité politique

Ah ben voilà, tout s'explique. Non seulement, il y a des manifestants, mais en plus, il y a Mélenchon qui n'est pas loin. Alors là, effectivement, il fallait vite faire un Central Park et raser la Gare. Ces formes nouvelles, ils ont voulu les rendre invisibles, comme ces retraites aux flambeaux, comme ils l'avaient fait avec les gilets jaunes. Car celles et ceux qui prennent les flambeaux veulent se rendre visibles même dans la nuit et dans l'obscurité. Et ceux qui ont mis les gilets jaunes n'ont pas voulu faire autre chose que de monter sur la table et de dire « Nous n'en redescendrons pas tant que vous n'aurez pas apporté une réponse politique ».

Mais Emmanuel Macron a fait ce pari du pourrissement. Il fait le pari que le temps joue en sa faveur parce qu'il sait combien c'est dur que de faire la grève. Mais le problème, c'est que le temps ne joue pas toujours en sa faveur. Car certes, à mesure que les gens font grève, le temps passe. Mais pendant que le temps passe, des réunions comme celles que nous faisons ce soir se tiennent. Les arguments se diffusent. Les chercheurs cherchent et trouvent. Et ensuite, tout le monde est plus éclairé et contagieux sur ce que contient véritablement ce projet de réforme des retraites.

Tant et si bien qu'aujourd'hui, après plus de 56 jours de grève, 57, eh bien 61% des Français, à raison, sont opposés à ce projet de réforme et veulent que Macron le retire. Voilà ce qui se passe. Emmanuel Macron a perdu cette bataille de l'opinion. Pourtant, ils s'en sont donné beaucoup de mal pour parler sans cesse des conséquences de la grève. S'ils avaient passé autant de temps à parler des conséquences de la grève que des conséquences de l'application de la réforme à point, je crois qu'il y a encore bien plus que 61% des Français qui y seraient opposés.

Emmanuel Macron a donc fait ce pari du pourrissement, mais je vous le dis, avec 61% d'opinion pour le retrait de la réforme, avec tout ce que nous avons appris depuis, qui fait qu'aujourd'hui, et vous allez le voir juste après avec les explications, ça n'est plus flou. Au contraire, c'est très clair. Eh bien, cette bataille de l'opinion est perdue, et il le sait. Tous les artifices de communication, tous les éléments de langage ont été épuisés, ils sont nus. Alors, Emmanuel Macron sait qu'il n'est plus capable de convaincre. Et convaincre, il y a renoncé. Plutôt que de convaincre, il cherche à vaincre. Et il le fait par plusieurs moyens.

D'abord, évidemment, par les consignes données pour faire en sorte, effectivement, que les grévistes aient des fiches de paix à zéro. Mais quand ça ne suffit pas, il y a effectivement une nouvelle fois l'usage de la répression telle qu'elle s'est abattue sur les gilets jaunes. Et ces violences policières qu'il convient bien d'appeler sans guillemets des violences policières, comme l'a fait le journal Le Monde. Et c'est le bilan, c'est le bilan de M. Castaner, car les principaux responsables, les seuls qu'il faille mettre en cause, sont les responsables politiques. M. Castaner, depuis la place Beauvau, M.

le préfet Lallemand, qui bien souvent, plutôt que de maintenir l'ordre, donne l'impression de concourir au désordre. Quatre morts pour le bilan de M. Castaner. Zineb Redouane à Marseille, Steve Mayak à Nico à Nantes, Ibrahim Ba à Villiers-le-Bel et Cédric Chouvia à Paris. 2 500 blessés dans les manifestations depuis un an. 315 blessures à la tête dont 25 éborgnés. 5 mains arrachées. Et quand la violence physique ne suffit pas, c'est la répression judiciaire qui se charge d'humilier les gens.

Récemment à Lille, après des manifestations, on a vu des syndicalistes en tenue de travail qui n'avaient rien à y faire passer une nuit dans les geôles parce qu'à une heure tardive de la soirée, on ne pouvait pas déranger les autorités pour exiger qu'ils en sortent. Alors, et on l'apprendra le lendemain, qu'ils n'avaient rien à y faire. C'est aussi cette violence qui se charge d'humilier ces braves gens qui n'ont rien à faire dans les geôles des prisons de ce pays. 10 000 gardes à vue dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes. 3 000 peines prononcées. 1 000 peines de prison ferme, dont 440 avec mandat de dépôt.

Et désormais, une répression syndicale féroce qui atteint le cœur des syndicalistes au point que l'autre matin, vous l'avez suivi comme moi, ce syndicaliste de la RATP au dépôt de bus de Vitry, François, s'est ouvert les veines au petit matin qui était convoqué par sa direction. Voilà la violence à laquelle ils procèdent. Et ils n'y sont pas obligés. Et nous osons le dire. Dans police républicaine, il y a républicaine. Et de ce point de vue, nous avons un sérieux problème. Et nous devons mettre en cause la doctrine de maintien de l'ordre qui est employée dans ce pays. et dire une chose que nous avons tant et tant de fois réaffirmée.

De quel ordre parle-t-on quand ils nous parlent de maintien de l'ordre ? Parce que leur affaire, c'est le désordre. C'est le désordre social. Et nous rappelons ce soir depuis cette salle que dans ce pays, la France, il n'y a pas d'ordre public possible sans la justice sociale. Et que la réponse doit être politique. Vous les avez vus. Vous les avez vus comme moi. Et peut-être qu'il y en a dans cette salle. Moi, je l'ai vu au moment du démarrage du mouvement des Gilets jaunes. Des gens se lançaient dans la bataille avec chevillé au corps la conviction qu'il faut que les manifestations soient pacifiques. Car comme nous, nous en sommes toujours convaincus.

La condition d'un rapport de force favorable, c'est le nombre. Et la condition pour obtenir le nombre, c'est que les gens ne craignent pas pour eux, pour leurs proches et pour leur sécurité quand ils vont manifester. Et vous savez comme moi que quand c'est le désordre, certains y renoncent. Et c'est aussi leur objectif. Mais après des mois de manifestations, après avoir utilisé toutes les formes traditionnelles, certains ont fini par se convaincre que les formes traditionnelles ne fonctionnaient plus et qu'il fallait en passer par la violence. Et nous autres, après, nous ramons pour convaincre qu'il faut toujours rester pacifique.

Par conséquent, quand il n'y a pas de réponse politique autre que le mépris et la répression, eh bien oui, certains se convainquent d'autre chose que du fait d'être pacifique. Alors nous avons besoin d'en appeler à la désescalade. Il faut pacifier les relations entre la police et sa population. Et nous préférons de ce point de vue en appeler aux gardiens de la paix plutôt que aux forces de l'ordre. Et ça change tout du point de vue de la doctrine politique. car, nous le savons, la police, ses fonctionnaires que nous ne prenons pas pour cible ne font pas exception au délitement en cours de l'État républicain.

Il suffit d'aller dans un commissariat pour s'en convaincre, se convaincre de l'État des locaux, se convaincre de leurs conditions de travail. Un syndicat de policiers a pris depuis quelque temps la France insoumise en grippe au point de venir manifester jusque devant notre siège politique à Paris. Et ce syndicat de policiers dit de la France insoumise qu'elle serait anti-flic. Nous le sommes tellement que nous appelons à en recruter 15 000 de plus. Nous le sommes tellement que nous avons été les premiers par la voix du gobernaliciste et d'Alexis Corbière à demander que les commissariats soient remis en État, qu'on leur paye les millions d'heures supplémentaires qui n'avaient pas été payées.

Bref, nous disons une chose à Emmanuel Macron. sa réforme, les Français n'en veulent pas. Et ça n'est pas à coup de matraque qu'il la fera passer, que le message soit entendu. Cela fait maintenant plusieurs mois qu'il nous parle de la retraite comme d'un problème de maths, une équation anxiogène à résoudre. On entend sur les plateaux télé, il nous parle ce langage de fichier Excel ou de calculatrice sans jamais nous parler de l'avis des gens. Mais pour nous, la retraite, c'est autre chose qu'un calcul de maths.

28:42
Locuteur 6

à toi. J'ai compris. Mais si tu t'arrêtes tout d'un coup comme ça... Non, mais je voulais noter... Il n'y a pas de transition. Oui, oui. Je notais, pour ne pas l'oublier, dans ce que tu as dit à propos de la police et que je partage totalement avec toi, que nous ne sommes pas... Castaner a dit une fois... Bon, il n'a pas beaucoup d'idées, hein, Castaner. Bon, enfin, bon. On fait comme si, hein. Il a dit, « Ah, ben, s'il y en a qui ont des idées, ils n'ont qu'à me les proposer. » Eh ben, c'est fait, monsieur. Bon, je veux dire, ceux qui savent lire peuvent les lire. Si tu ne sais pas lire, évidemment, c'est embêtant. Mais quelqu'un pourrait lui dire. Par exemple, on a une idée.

Interdire la strangulation quand on arrête quelqu'un. On a fait une proposition de loi là-dessus. On a interdit l'usage des LBD, des balles en caoutchouc. Interdire l'usage des grenades de désencerclement. On a fait trois propositions de loi. Pas il y a cinq minutes. Il y a plus d'un an. C'est Aubono, Corbière et Bernalicis qui ont proposé ça. Hein ? Pourquoi il me dit que oui ? Eh ben oui. Oui. Oui. La proposition a été faite. Et la police à laquelle nous sommes attachés, nous sommes parfaitement conscients du fait qu'une police est nécessaire. Mais pas pour le maintien de l'ordre.

Parce que le maintien de l'ordre, c'est justement cet ordre qui est insupportable et qu'on ne veut pas maintenir. Mais nous, on lutte avec nos instruments, il l'a dit. Nous sommes pour des gardiens de la paix. La paix civile. Et les gens, quand il y a un rond-point qui est bloqué, le premier objectif, ce n'est pas d'aller tabasser ceux qui sont dessus et de leur foutre des amendes, c'est de faire en sorte que la circulation soit assez bien organisée autour pour que les gens qui sont sur le rond-point pour y faire des cabanes ne viennent pas en périr. 11 personnes sont mortes sur les ronds-points des Gilets jaunes. On ne les compte jamais ceux-là.

Parce qu'il y a un conducteur qui a pété un plomb, parce qu'il s'est passé telle ou telle chose. Donc, il faut bien qu'on comprenne et je veux qu'on entende ce que nous disons par notre refus de ce concept du maintien de l'ordre. Je mets de côté ce qu'a dit très brillamment notre ami Adrien. C'est-à-dire que c'est eux qui créent le désordre. Parce que ce que nous avons observé, c'est que vendredi dernier, il n'y a pas eu le moindre problème. Parce que vendredi dernier, à Paris, il n'y a pas eu de nasse. Il n'y a pas eu de pluie de grenades de désencerclement sur les manifestants, ni de pluie de grenades lacrymogènes. Alors, ça a été très calme.

Et à Marseille, où je manifestais, c'était pareil. Mais on ne voyait pas un seul policier dans le coin. Parce que ça fait partie des techniques de gardien de la paix de faire en sorte que les choses se passent tranquillement. C'est une technique. Tout est technique. Policier, c'est un métier avec un contenu technique. Et si on n'a pas envie de le faire, on peut en faire un autre de métier. Mais si on le fait, alors on en assume toute la dignité. la dignité, c'est le respect des autres. Celui qui bat une personne à terre, un homme ou une femme, se déshonore. Et celui qui l'a dit, c'est un syndicaliste policier. Alors, quel ordre sont-ils en train de maintenir ?

Je m'adresse à leur conscience autant qu'à votre compréhension. Nous sommes dans la grande bataille que l'humanité est en train de mener en comprenant tout doucement, progressivement, pas assez vite, que ce qui est en jeu, c'est l'ordre capitaliste et les relations capitalistes dans la vie humaine. Le capital, depuis maintenant la trentaine d'années qui vient de passer, saisit toutes les occasions de tout marchandiser. Tel est le capitalisme de notre époque. Ça, beaucoup d'entre vous, ici, dans cette salle, l'ont compris. Eh bien, c'est ça le cœur de l'affaire des retraites. Regardez quel énorme gâteau se présente à leurs yeux.

Ceux qui travaillent transfèrent par leur cotisation, cotisation, pas charge. Les travailleurs économisent une partie de leur salaire pour venir à la rescousse de ceux qui ne travaillent pas. Puis, à leur tour, quand ils ne travaillent pas, les autres viennent à leur rescousse. C'est une circulation entre ceux qui travaillent et ceux qui ont travaillé. Il n'y a pas de privilège là-dedans. Ils n'ont pas le droit de prendre cette terre qui est toujours le leur pour dire que c'est un système généreux. Mais pas grâce à toi, bonhomme. Si le système est généreux, c'est grâce à eux, là. Parce qu'ils cotisent tous les mois. Et eux, ils ont décidé qu'ils veulent continuer à le faire.

Alors, c'est une somme gigantesque qui passe de ceux qui travaillent à ceux qui ne travaillent pas. 312 milliards d'euros, ça les fait rêver depuis toujours comme toutes les autres prestations. Comment transformer 312 milliards d'euros socialisés en 312 milliards d'euros privatisés ? Pour ça, il faut passer du système de répartition, celui que je viens de vous décrire, au système par capitalisation. En faisant croire aux gens que l'argent circule dans le temps, alors tu cotises et puis on va faire un trou, on va mettre les sous dedans et puis tu reviendras dans 30 ou 40 ans, on rouvrira, oh, il y a les sous, les voilà. Non, c'est pas comme ça que ça se passe.

Quel que soit le régime, quel que soit le régime, c'est l'argent qu'il y a maintenant qui est distribué maintenant. Et par conséquent, les régimes par capitalisation sont eux aussi sensibles à la démographie. Si tout d'un coup vous êtes très nombreux au moment d'encaisser les sous, et bien forcément, la valeur des actions sur lesquelles est basée votre capitalisation baisse. D'accord ? Même si on n'est pas boursier, on arrive à comprendre ça. Par conséquent, oubliez pour toujours que la capitalisation vous apporte je ne sais quelle garantie dans quelque domaine que ce soit.

Si on vous fait des retraites par capitalisation, vous allez payer cher, d'abord au sens propre, parce que ça va vous coûter beaucoup plus cher qu'une cotisation pour le système actuel. parce que dans votre contribution il y aura la rémunération de l'actionnaire, il y aura la rémunération du banquier, et puis il y aura le fait que vous avez intérêt à avoir quelques pattes de lapin et quelques fers à cheval pour qu'il n'arrive aucune catastrophe au système capitaliste financier mondialisé parce que sinon du jour au lendemain, couic, vous n'avez plus rien. C'est exactement ce qui est arrivé à des milliers de personnes aux Etats-Unis en 2008.

nous, nous avons traversé la crise sans qu'un seul d'entre vous ait vu s'il était retraité. Tout d'un coup, un jour arrivait l'enveloppe vide, il n'y a plus rien. Parce que le travail a continué et on a continué à répartir entre ceux qui travaillaient réellement au moment où ils travaillaient et ceux qui étaient à la retraite. Le système par répartition est le seul qui vous donne la garantie du maintien de vos revenus une fois que vous êtes à la retraite. alors ces 300 milliards pour arriver à les faire basculer dans la sphère privée, il faut qu'ils passent par des étapes où le système public habituel ne marche pas. Et alors ils viennent en disant « Eh bien vous voyez, c'est la ruine !

» Comme ils l'ont fait pour tout ! La SNCF, les trains arrivent en retard, c'est la faute des cheminots, pas du manque d'investissement. Le ceci ne marche pas, l'école ne va pas, c'est la faute des enseignants, à moins que ce soit celle des parents ou de tout ce que vous voulez sauf du fait qu'il manque des enseignants, qu'il n'y a pas assez de salles et que nos gamins quand ils veulent apprendre ne peuvent pas le faire. C'est leur technique décrédibilisée, ruinée, ridiculisée le système public pour essayer de vous faire croire qu'un système privé marcherait mieux. Ils mentent ! Le système privé marche, écoutez bien les gens, toujours plus mal que le service public. pour deux raisons.

D'abord, il coûte plus cher parce que vous devez aussi rémunérer l'actionnaire ce que vous ne faites pas quand vous avez affaire au service public. Et deuxièmement, parce que la logique d'exploitation et d'accumulation fait que par nature, le service privé va élever le coût jusqu'à ce qu'il garantisse et la prestation et le revenu de l'actionnaire. Et celui-ci est dans un appétit insatiable puisqu'on a pu me donner 10 euros, que ne m'en donnerait-on 11 et pourquoi pas 12 et 15 seraient encore mieux et ainsi de suite parce que, voyez-vous, les actionnaires sont cupides et les salariés, eux, sont intéressés et les actionnaires sont dans le même monde.

C'est-à-dire que vous voudriez que votre situation s'améliore, eux, la leur est très bonne, mais ils pensent qu'ils peuvent avoir encore plus. Encore plus, toujours plus. Voilà pourquoi la question des retraites vient comme une grande question centrale pour le capital, pour l'intérêt qu'il a. Et voilà pourquoi depuis 30 ans, nous les avons sur le dos. Sur ce sujet-là. Pourquoi depuis 30 ans ? Parce que ça fait 30, 40 ans, notamment après la chute du mur de Berlin, que le capital financiarisé mondial s'est dit « J'ai les mains libres. Et maintenant, je prends tout.

» Les services publics ont commencé à se dégrader dans toute l'Europe où ils étaient les plus développés et tous les systèmes sociaux de répartition du salaire. Si bien que depuis 30 ans, nous allons, nous en sommes, pour ceux qui s'en souviennent, les plus jeunes l'apprennent, à cet instant, nous en sommes depuis 1993 à la sixième réforme des retraites. C'est la sixième. Et c'est elle décisive. Parce que pour transformer la retraite par répartition en retraite par capitalisation, il faut passer par une étape qui s'appelle la retraite à points, où vous découpez votre cotisation en valeur de points.

Et ensuite, il suffira de faire transiter dans une réserve quelconque ou de faire passer par le système bancaire et on vous dira « Dites donc, les gens, ne vous énervez pas, c'est pour votre bien. Parce que ce sous-là, on va les faire travailler comme s'il est sous-travaillé. » Il n'y a que les gens qui travaillent. Je voudrais quand même le rappeler à chaque fois que je peux. C'est peut-être du marxisme de base, mais ça permet au moins de savoir dans quel monde on vit. Il n'y a que le travail qui produit de la richesse. Le capital, c'est rien, l'oilou, zéro. Si vous mettez une pile de dollars d'un côté et une pile de tôle de l'autre, il n'y a pas de bagnole qui surgisse au milieu.

Et s'il n'y a pas quelqu'un pour les faire, les deux ne servent à rien. Et le capital et la pile de tôle. Seul le travail transforme. Alors, ils vous diront ça. On va faire travailler vos sous. Alors, je vous ai dit, ça fait 30 ans que ça dure. 1993, il y en a qui étaient là. La durée de cotisation est passée à 40 annuités pour le secteur privé. D'accord ? Avant, vous savez ce que c'est. On vivait dans un régime communiste dans la misère et l'abandon. Mais depuis, ça va beaucoup mieux. Et en 1993, on y est passé de 37 annuités et demie à 40. Vous vous en rappelez, ceux de ma génération.

On a vécu dans un monde où il suffisait de 37 annuités et demie pour que la retraite arrive à taux plein le moment venu. Comment on faisait ? Je me demande comment on faisait, figurez-vous. Parce que, si je les écoute, c'est absolument impossible. C'est un système trop généreux. Ce qui est sûr, c'est que pendant ce temps-là, la productivité du travail, elle a augmenté. Vous ne laissez pas berner et raconter des histoires ballots que vous êtes. Parce que comme la productivité du travail a augmenté, mais que vos salaires n'ont pas augmenté autant que la productivité du travail a donné de revenus aux actionnaires, alors c'est vous les dindons de la farce.

Parce que la plus grosse partie est partie, non pas dans vos salaires avec lesquels on aurait pu faire des cotisations sociales, mais dans leurs poches à eux, qui sont des poches percées, qui foutent le camp aux fumées tous les 10 ans, parce que tous les 10 ans, il y a une crise financière qui réduit à néant le travail accumulé par les autres. Voilà. Si vous voulez maudire quelqu'un ce soir chez vous, baladure, en souvenir de la période où il a passé à 40 annuités et que les pensions sont passées aux 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures. 1993. 95, réforme Juppé. Ah oui. Ça, c'était bien ça. Alors on a fait le Juppéton, vous vous en rappelez ?

Toutes les semaines ont compté la longueur des cortèges. Bon, là, au moins, ils ont été intelligents, ils ont arrêté. Ils ont dit, bon, c'est bon, stop, stop, stop, stop, c'est bon. Allez, on arrête tout. Alors après, mais pour un moment, 2003, réforme Fillon, augmentation de la durée de cotisation à 40 annuités et demi pour tout le monde, public et privé. Parce que, hein, comme ils font toujours, t'as regardé dans l'assiette de ton frère, oh, il en a plus. Voilà. Ils passent leur temps à ça, à exciter les gens les uns contre les autres, à raconter n'importe quoi. Ah, un régime spécial à 52 ans, ah, ah, ah, moi, je bosse à 52 ans. Peut-être, mais t'es pas égouttier.

Parce que si t'es égouttier, à 35 ans, tu sais qu'il vivra 10 ans de moins que les autres. Alors, fermez vos grandes bouches. Essayez de vous rappeler que tous ces régimes spéciaux correspondent à des servitudes, à des difficultés du travail, que ça n'a pas été donné comme ça par une faveur, parce que ces gens-là sont incapables de faveurs, qu'il faut tout leur arracher de force, continuellement. Et 6, il y a des régimes spéciaux. C'est parce que ça correspond à des vies professionnelles spéciales, à une usure du corps, à une usure de l'esprit, à une usure des nerfs qui est plus grande et que la société reconnaît. Que dis-je la société ?

Les salariés qui, entre eux, décident d'accepter de faire ces cotisations les uns pour les autres, parce qu'ils ont compris à quel point c'est rude, à quel point c'est difficile. 2010, réforme Börth, décalage de l'âge légal de la retraite à 62 ans. Vous avez oublié, hein ? Moi aussi. J'avais envie en trouvant le papier, je me dis, ah oui, j'avais oublié celui-là. 2014, ça, je ne peux pas oublier. Ça, c'était Hollande. Ah ben oui ! Augmentation progressive de la durée de cotisation à 43 annuités. On avait bien protesté. Et puis, il y avait eu une discussion avec certains syndicats qui avaient dit oui, mais en échange, on a la reconnaissance de la pénibilité. Vous vous en rappelez ?

Vous vous en rappelez ? Ben, il y a intérêt que vous en rappeliez. Parce que la pénibilité, c'est la première chose que le gouvernement Macron a aboli quand il est arrivé au pouvoir au cours de l'été de l'année 2017. Et voilà les mêmes qui ont aboli les critères de pénibilité qui viennent, la figure enfarinée, vous expliquez oui, mais nous, on a compris. On va mettre en discussion la pénibilité. Mais pourquoi croirait-on des gens qui ont supprimé les critères de pénibilité qu'ils vont les rétablir ? On ne peut pas les croire. Et vous allez voir qu'à la conférence de financement, il ne sortira rien du tout de cette question de pénibilité.

Parce que la première mesure anti-pénibilité, c'est de maintenir les régimes spéciaux. Bon, 2020, voilà la réforme Macron. T'inquiète, j'approche du bout. Alors, non, lève pas les mains. Je n'ai pas dit les mains en l'air. Bon, là, je viens de vous lire ces histoires-là. Et ça non plus, ça ne tombe pas du ciel. C'est un tout.

Une lutte contre le capitalisme financier de notre époque qui espère de cette manière ramasser vos cotisations pour les transformer en capital, à placer, une lutte pour changer les rapports de force entre le capital et le travail dans les entreprises, une lutte qui a été décidée, froidement et continuellement remis sur la table par un organisme élu par personne qui s'appelle la Commission européenne. La Commission européenne a intervalles réguliers recommandé à la France de revenir sur son système de retraite. Personne n'a été sans vanter. Et heureusement que nous on suit. 2013, ça c'était pour Hollande, équilibrer durablement le système de retraite en 2020 au plus tard.

par exemple, en adaptant les règles d'indexation, en augmentant l'âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein et en évitant une augmentation des cotisations patronales. Ça, alors, on est d'accord parce que les cotisations patronales, ils sont bien braves à notre bon maître de nous les donner. Immédiatement suivi des faits, 2014, réforme des retraites qui augmente la durée de cotisation jusqu'à 43 annuités à partir de la génération née en 1972. Vous m'avez entendu ? Recommandation 2013, mise en oeuvre 2014.

recommandation 2018, ça c'est pour le monsieur, uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraite, ça va, les 42 régimes, tout ça, afin d'en améliorer l'équité. Alors, vous ne faites pas piéger avec ça, le nombre de fois où j'en vois qui disent « ouais, l'équité c'est important », non, non, l'équité on ne sait pas qui c'est. L'équité, ça dépend de qui c'est qui la fixe. Tandis que l'égalité, ça tout le monde comprend, 1 égale 1. Et maintenant, si on doit distribuer, on va faire une distribution équitable, 1,5 pour moi, 1,5 pour toi. Ça fait toujours 2, hein ? Bon. L'équité, non. L'égalité, oui.

Donc, quand il nous demande de faire quelque chose d'équitable, on a compris, il y en aura pour les uns et pas pour les autres. Et là, soutenabilité, 2019, la réforme de Macron. Donc, il y a là-dedans aucun hasard, aucune intuition du monsieur qui aurait trouvé ça, comme il a dit, pour qu'un euro cotisé donne à égal 1 euro de droit. Vous avez tous compris maintenant que tout ça, c'est des histoires. Mais en voilà la source, le capital financier donnant ses ordres, la Commission européenne qui est persuadée qu'il n'y a rien au-dessus que le capital financier et pour terminer, le monsieur Emmanuel Macron, ancien banquier, immense ami du fonds de pension BlackRock.

La loi que vous avez, c'est une loi BlackRock. C'est une loi faite pour BlackRock qui est une des puissances du monde puisqu'à elle toute seule, elle contrôle, elle anime, elle organise un capital égal à une année de la production de la Chine à 3 fois, 23 fois le budget national de l'État français. Vous entendez ? La société privée BlackRock dispose d'un capital égal à 23 fois celui du budget de l'État de la nation française. Voilà qui sont les maîtres du monde qui sont venus mettre les doigts dans nos assiettes pour y prendre ce qui s'y trouve. Voilà ! Oui, ben quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Il me met un mot pour me demander si j'ai repéré au quatrième rang un copain qu'on a ensemble.

Alors, vas-y. Oui, ça fait un peu long, là. Oui, j'ai rallongé. À toi, alors.

48:47
Invité politique

On n'avait pas prévu 5h30, c'est pas ça ?

48:49
Locuteur 6

Si, on avait 10h ou 6h pour le meeting. Venez jouer là, hein !

48:57
Invité politique

Bon, les amis, Jean-Luc a bien fait de revenir sur l'ensemble des coups de canif qui ont déjà été portés à notre système de retraite parce que, finalement, quand on écoute la Macronie, on oublierait presque véritablement ce qu'ils sont en train de faire. Nous, ça fait 2 ans et demi qu'à l'Assemblée, on est habitués. On sait qu'ils sont très forts pour bien emballer des choses inacceptables. Ça a commencé dès le début du quinquennat, vous vous en rappelez. quand ils se sont chargés de casser le code du travail. Ça ne s'appelait pas casser le code du travail. Ça s'appelait libérer les énergies. Comme c'était joli. Eh bien, cette fois, ils ont trouvé les éléments de langage aussi.

Et d'ailleurs, vous êtes à peu près tous contaminés dans la salle, j'en suis sûr. On va vérifier. La réforme est juste, simple et pour tous. Vous avez compris, là ? La réforme est juste. Et voilà, c'est ce que je disais. Ils sont contaminés.

49:49
Invité

L'emballage, cette fois,

49:54
Invité politique

pour Emmanuel Macron, c'était l'universalité. Alors moi, je veux juste dire une première chose, c'est que l'universalité dans la bouche d'Emmanuel Macron, il fallait quand même oser. Et surtout, il fallait oser faire en sorte que le nouveau monsieur retraite, soit notre collègue parlementaire du Nord, M. Laurent Pietraszewski, qui, à cette heure, est le nouveau monsieur retraite, chargé de faire en sorte que disparaisse la multitude insupportable de régimes spéciaux pour que l'on établisse une règle commune pour tous. Mais il se trouve que ce même M. Laurent Pietraszewski avait été, au moment de la loi travail, le rapporteur des ordonnances travail.

Et le code du travail, mes amis, n'était-ce pas une règle commune, juste, simple et pour tous ? Ce sont ceux les mêmes au non-près qui se sont chargés d'écraser une règle commune s'agissant du droit du travail qui s'appliquait à tous le code du travail pour créer autant de régimes spéciaux sur le droit du travail qu'il y a d'entreprises par la négociation, le pari du dialogue social entreprise par entreprise qui, aujourd'hui, voudrait qu'on leur fasse confiance pour établir une règle commune et mettre fin aux régimes spéciaux. Ils nous prennent véritablement pour des buses. Alors, ils ont essayé de rendre le plus insupportable possible la situation actuelle.

Mais, le système actuel, nous, nous ne le défendons pas au sens du statu quo. Parce que, à la France insoumise, nous sommes convaincus d'une chose, c'est qu'avec tout ce qui a été fait et que Jean-Luc a résumé depuis plus de 30 ans, le résultat, aujourd'hui, c'est que dans le système actuel, les gens partent déjà trop tard et trop pauvres de notre point de vue. Mais, notre système actuel est toujours iconoclaste du point de vue de ce qui se fait partout dans le monde. La France a inventé un objet tout à fait neuf au moment où il l'a été, toujours observé avec beaucoup d'intérêt. Ça s'appelle la sécurité sociale. Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Et, effectivement, par le contrat social, certains, dans des entreprises où il y avait de la pénibilité, où on faisait ce compromis qui consistait à dire « Je gagnerai peut-être moins, j'aurai des conditions de travail différentes, mais la contrepartie sera que je pourrai partir plus tôt à la retraite. » Les fameux régimes spéciaux. Alors, disons une chose, très franchement, ils ont voulu nous effrayer avec le nombre de régimes spéciaux. Et depuis, on les voit sur les plateaux venir nous dire « 42 régimes, c'est insupportable, personne n'y comprend rien, il y en a trop.

» D'abord, moi, je vais vous dire une chose, il pourrait y en avoir 150 que s'ils arrivaient à les justifier socialement et à nous expliquer pourquoi ils ont été faits, que le chiffre en soi n'est pas un problème. Et puis, vous n'êtes pas sans savoir que beaucoup de ces régimes, notamment, je pense à celui de la SNCF, ont déjà été littéralement écrasés et quasiment réduits à néant. Mais, les régimes, mes amis, à part dans la bouche d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron, nous avons vérifié, ça n'existe pas. Il n'y a pas 42 régimes de retraite. Ils vous l'ont dit pour gonfler le chiffre, pour dire « oui, quand même, 42, ça fait beaucoup, c'est insupportable. » Mais, il n'y en a pas 42.

D'abord, les différents régimes, dans les différents régimes, les régimes spéciaux dont on parle beaucoup, ne pèsent que 3% de la population active. Leur épouvantail, ce pari de la jalousie entre les Français, c'est 3% de la population active. Car c'est le pari qu'ils font. Le pari d'Emmanuel Macron est un pari absurde quand on sait qui est le peuple français. C'est le pari que la jalousie des Français entre eux serait supérieure à l'aspiration générale de tous à des bons niveaux de pension. Ce pari-là, en France, est un pari perdu. Mais surtout, il n'y a pas 42 régimes.

Le Conseil d'orientation des retraites, qui fait quand même office de référence pour pouvoir débattre du sujet, lui ne reconnaît que 18 régimes différents. Le ministère de la Santé, qui est aussi qualifié pour le sujet, n'en reconnaît que 23. Alors, moi, j'ai une hypothèse. C'est que M. Jean-Paul de Levoy avait dû ajouter autant de lignes s'agissant du nombre de régimes qu'il en avait oublié dans sa déclaration à la Haute Autorité de la Transparence et de la Vie Publique. Parce que, figurez-vous que pour en trouver 42, il a procédé à des tripatouillages assez intéressants. Par exemple, Agirc-Arco, tout le monde sait aujourd'hui que c'est un régime qui est fusionné. Lui, non, il a dit non.

Pour en faire un peu plus, on va compter Agirc et Arco. Et comme ça, il y en a 42. Mes amis, je crois que l'élément de langage de l'universalité ne tient pas. Quand vous retirez cet écran de fumée, ces histoires à dormir debout sur une universalité qui n'en est pas, dans cette réforme des retraites, il ne reste qu'une seule chose. Qu'une seule chose. Le fait de faire en sorte que les Françaises et les Français travaillent plus longtemps. Et de ce point de vue, ça ne respecte pas non plus leur argument d'autorité. Quand ils n'en ont plus d'argument, quand ils sont acculés sous les arguments de l'opposition, ils font appel au joker. Oui, mais nous avons été élu. Emmanuel Macron a été élu.

Alors on pourrait passer longtemps à disserter sur les conditions particulières de son élection, mais ils nous disent nous avons été élus, nous avions un programme, nous l'appliquons, vous êtes l'opposition, fermez-la, en gros. Alors nous, on a regardé et si dans vos archives, vous l'avez gardé vous aussi, ou alors très loin au fond de la poubelle, le programme d'Emmanuel Macron mérite d'être sorti s'agissant des retraites à 7 heures. Car dans le programme d'Emmanuel Macron, à la page 13, en bleu sur blanc, comme c'est précis, c'était écrit « Nous ne toucherons ni à l'âge de départ, ni au niveau des pensions. » Double mensonge, M.

Macron, car votre réforme des retraites va précisément faire les deux. Oh, bien sûr, tout le monde a compris qu'on aurait toujours le droit de partir à 62 ans, mais tout le monde a compris aussi qu'il ne vaudrait mieux pas partir à cet âge-là, sauf à avoir une retraite pourrie et dégrévée par le niveau de la décote. Voilà simplement ce qu'il s'apprête à faire.

Si vous n'avez pas été convaincu par l'objectif d'universalité, et je pense qu'à cette heure plus personne ne l'est, il y a un autre argument, Jean-Luc, je pense qu'on a peut-être des éléments pour rassurer Emmanuel Macron, qui lui s'inquiète en nous disant « Au secours, nous avons un problème pour financer les retraites, il y a un déficit. » Elle était belle, la transition, non ?

56:45
Locuteur 6

On va faire un concours de concision maintenant. Apaisse-toi, Maximilien, l'Empire appartient aux laconiques. Bon, c'est une citation de Saint-Just. Sur le déficit, on a eu beaucoup de mal d'abord à y croire, parce que quand même, on a un peu d'instruction et on connaît tout ça. On a regardé le rapport du corps et il dit qu'en 2025, il y aura un déficit entre 5 et 17 milliards. Vous trouvez pas ça étrange comme prévision ? 5 ou 17 ? 1 ou 3 ? Un peu plus d'ailleurs, ça fait beaucoup. De toute façon, ils me fascinent, moi, ces gars. Ils font des prévisions sur ce qui va se passer en 2025, ils ne savent même pas ce qu'ils vont faire dans 6 mois.

Et ils prétendent savoir ce qui va se passer en 2025, combien on va être, et ainsi de suite. Il faut pas ça sérieux. Mais en attendant, là, c'est super pas sérieux. Vous êtes mis à combien pour trouver un écart ? Pardon, là, je me suis trompé. De 8 à 17 milliards, c'est-à-dire de 1 au double. Et qu'est-ce que ça représente cette somme ? Évidemment, vous autres, déjà rien qu'un milliard, vous voyez pas ce que ça peut être. Alors 8 ou 17, c'est comme ça. Eh bien, c'est rien du tout. Pardon de vous dire ça, mais dans la sécurité sociale et dans le régime des retraites, 8 ou 17 milliards, c'est rien du tout. 0,3 ou 0,7 du total de la richesse produite dans le pays.

Franchement, il n'y a pas de quoi se relever avec un cauchemar. C'est rien. Ben oui, moi, je le dis quand même parce qu'il en va tout autrement du déficit de l'État. Attends que je ne me trompe pas. du total, non, ce n'est pas du PIB. C'est 3,5 ou 5,5 du total des retraites. 312 milliards. En effet, ça tombe bien. Le déficit de l'État, ce n'est pas 3,03 ou 0,7. Ce n'est pas 3,5 ou 5,5. C'est 23% du budget. Alors, on dit, il y a un gros problème. Oui, il y a un problème, bien sûr. Ben, pas un gros problème. Le gros problème, il devient vite petit si on va chercher les sous là où ils sont. Donc, il y a un gros problème tant qu'on ne va pas les chercher. Voilà. Mais là, c'est pareil.

La somme est ne vaut pas la peine de ficher une pagaille pareille dans le pays et de faire peur à autant de monde et d'annoncer l'appauvrissement parce que c'est ça dont on parle. Ah, à la fin des fins. La vieillesse, pendant des générations, ça a été considéré comme une malédiction parce qu'on ne pouvait plus travailler donc il fallait que les autres s'occupent de vous. Et les gens vivaient mal ça. Puis, ce n'est pas pour dire qu'on s'en occupait bien parce que ce n'est pas vrai. Ça dépendait des familles, ça dépendait des groupes humains. Et pour la première fois, aux alentours des années 80, comme ça, les personnes retraitées sont sorties massivement de la misère.

Je ne dis pas qu'ils ne restaient pas de la misère. Ils restaient de la misère notamment dans les professions qui n'avaient pas voulu au départ entrer dans le système de la sécurité sociale. Les paysans, les artisans qui avaient leur propre régime. Il y a de la misère et des toutes petites retraites. On le sait. Mais globalement, en masse, non. Ils en sortaient. Alors évidemment, vous avez eu tout de suite des gens pour essayer d'exciter tout le monde en disant « Ah, vous avez vu, les retraités vont gagner plus que ceux qui sont au boulot. » Ce n'est pas vrai. Mais bon, ça les occupait de dire du mal. Comme souvent.

Et comme ça, ça permet de diviser les gens, de créer de la jalousie et des choses de cette nature. Alors, s'il y a vraiment un problème, supposons qu'on admette qu'il y a un problème. On pourrait... Je ne vais pas vous faire les grandes démonstrations par le changement de régime. Mais de toute façon, n'oubliez pas le fondamental. Si on augmente d'un pour cent vos payes, un pour cent, ça donne deux milliards et demi de cotisations supplémentaires. Donc, on ne va pas se rendre malade du fait qu'il faudrait augmenter les salaires pour tenir leurs trucs de trois ou quatre points. Et ça ne ferait jamais que quoi ? Changer la répartition de la richesse entre le capital et le travail.

Je ne vous dis pas que c'est pareil pour une petite entreprise et une grande. Mais dans les grandes, il y a de quoi faire. Et même les faire payer pour les petites. C'était une des choses qu'il y avait dans le programme l'avenir en commun. Mais je mets ça de côté parce qu'il faut dire « Ah, le revoilà avec sa révolution citoyenne et tout ça et les partages de tout ça. » Je mets ça de côté. Juste regarder les sous qui sont déjà disponibles. Voilà. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, on a constitué une cagnotte et à chaque fois qu'il y avait de la privatisation, il y en avait une partie qui allait dans le fond pour faire des réserves pour faire face au creux démographique de 2020.

justement le moment où on est là. Il y en a pour 36 milliards qui ont été mis de côté. D'accord ? Ensuite, il y a les réserves de tous les systèmes complémentaires parce que dans tous les systèmes, les gens ont fait des provisions, il y en a dedans, il y en a pour plus de 127 milliards au total. donc vous voyez, il est où le problème ? Où est le problème ? Et si vous en avez un, vous répartissez autrement entre capital et travail les revenus du travail et le problème est réglé. J'ajoute que il y en a qui pourraient mettre la main à la poche utilement.

Le patronat a bénéficié de niches sociales parce qu'il y a les niches fiscales, ça c'est quand ils ont pris les sous, et puis avant, il y a les niches sociales, c'est au moment où il s'agit de sortir les sous pour qu'il les ait. Les niches sociales, ça représente 10 milliards par an. Chaque année, 10 milliards de niches sociales pour les cotisations patronales. 10 milliards ! On vous a dit qu'il y en manquait 8, ça tombe bien, non ? 17, très bien, je vais vous les trouver moi les 7 autres, si vous insistez. Ça sera dans vos poches, pas à vous les autres. Et puis, je termine, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Ils disent, comme il y a un déficit, il faut payer alors.

Vous autres, vous vous dites, ah ben oui, moi quand j'ai un déficit, il faut faire des économies, tout ça. Mais on ne parle pas de la même chose, on ne parle pas de vos budgets. Ce n'est pas vous qui décidez combien vous êtes payés, d'accord ? Ce n'est pas vous qui décidez du prix des choses. Eux-ci, c'est eux qui décident combien ils sont payés, combien ils vont prendre, combien ils vous laissent, et ainsi de suite. Alors, s'ils ont si peur que ça du déficit, ils pourraient renoncer à une de leurs idées absurde.

Vous savez, ils sont venus en vous disant, les grosses payent au-delà de deux fois le plafond de la Sécu, les grosses payent, eh ben, c'est fini, au-delà de deux fois, terminé, ils n'auront plus de droit à la retraite. Tiens, alors, ils pensent que vous autres, vous allez vous dire, ah ah, bien fait pour eux. Eh ben, si vous pensez ça, c'est que vous n'êtes pas malins. Parce que, jusqu'à présent, c'était jusqu'à cinq fois le plafond de la Sécu. Ils cotisaient 28%, mesdames, messieurs. Alors, les grosses payent, ça fait les grosses cotisations. Et les grosses cotisations, ça fait les gros tas. Donc, vous n'avez pas intérêt à aller voir se sauver. Parce qu'ils vont aller payer ailleurs.

Parce que, comme ils veulent maintenir leur niveau de revenu une fois qu'ils sont à la retraite, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont aller prendre des fonds de pension. Mais en attendant, les cotisations qu'ils vous payaient avec les autres jusqu'à deux fois le plafond, ils ne les perdent plus au-delà de deux fois le plafond. D'accord ? Total, 3 milliards de moins pour les patrons à payer, parce que c'est 3 milliards de cotisations patronales de moins à payer sur ces hauts salaires. Et comme ils ne paieront pas, eux, au régime général de la sécurité sociale, le vôtre, 4 milliards.

Total, 7 milliards qui vont échapper au régime des retraites tel qu'il est financé aujourd'hui, en raison de la réforme. Les mêmes qui pleurent, parce qu'il va y avoir un trou en creuse 1 sur 10 ans de 70 milliards. Voilà ce que viennent de faire ces gens. Évidemment, ils ne viennent pas vous le raconter. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on fait des réunions. Sortez-vous du crâne qui a un déficit et que c'est un problème. Ce qui est un problème, c'est le déficit qu'ils sont en train de créer, eux, dans le régime des retraites. Et leur vision des retraites est simple, c'est par là que je termine. On commence par dire tout le monde aura un petit quelque chose. 1 000 euros ! Pourquoi 1 000 ?

Ce n'est pas le SMIC. 1 000 euros pour une carrière complète. Vas-y, explique ce que c'est qu'une carrière complète quand tu payes en points. Eu, be, je, Madame Pénicaud. Eu, bon, d'accord, ok. Un autre, un autre, une autre. Quelqu'un qui sait de quoi il parle. Voilà ce qu'ils vous ont promis. Mais moi, je sais très bien pourquoi ils font ça. D'abord, ils l'avaient déjà décidé. C'était déjà dans la loi depuis la 5-1-1 et personne ne l'a fait. C'est pour vous habituer à l'idée qu'il y a une retraite pour tout le monde. Pas très haute, hein ? Il ne faut pas non plus exagérer. Oh, c'est assez généreux comme ça. Mais qui s'améliorera si vous faites des économies et que vous les placez.

Tout le système est fait pour que vous finissiez par placer dans les assurances privées votre argent. C'est ça qu'ils veulent faire. Et je m'aperçois que j'ai oublié un argument qu'il faut que je vous donne. Si vraiment vous cherchez des sous en plus d'abroger ça, demandez-vous combien coûte au pays le travail détaché. Vous en avez entendu parler de ça. C'est des pauvres gars qui arrivent du fin fond du monde qui viennent travailler pour 3 francs 6 sous qui sont traités comme des animaux qu'on met dans des... dans des... des trucs là en bois là...

des mobiles là, des mobilomes, on les met là et puis on les fait travailler et on les paye avec un lance-pierre mais la cotisation sociale c'est dans le pays d'origine. Waouh ! Ça tombe bien, il y a des pays d'origine où du coup pour être compétitif ils ont supprimé les cotisations sociales. Comme ça, il n'y a plus de problème du tout. Personne ne paye rien nulle part. Combien ça vous coûte ? Combien il y a de gens qui sont avec un contrat de travailleurs détachés ? Dont 30 000 Français qui ont un contrat de travailleurs détachés parce qu'ils sont embauchés par une boîte dont le siège est au Luxembourg ou en Bulgarie ou je ne sais pas quoi.

Et ils sont comme vous et moi sauf qu'ils n'ont pas de cotisation sociale. Combien ça vous coûte ? Il y en a pour 1,5 million de contrats de travail détachés par an. 1 million dans le transport, 500 000 dans le reste des professions qui créent un dumping social terrible qui fait que même les petits patrons qui ne veulent pas prendre des gars qui ne connaissent pas les prennent tellement ça coûte moins cher que le gars qui connaissent et qui habite dans le village d'à côté. Eh bien, même si j'arrondis que je ne prends que 1 million de personnes, ça représente 3 milliards d'argent qui ne rentrent pas dans la caisse de la sécurité sociale française.

C'est la raison pour laquelle nous avons que signé une loi pour interdire le travail détaché en France. Nous ne sommes pas une nation escravagiste. Alors, on peut suivre un truc intelligent pour se caméer à la règle d'or. Vas-y, c'est la règle d'or maintenant.

1:07:59
Invité politique

Merci Jean-Luc. Bon, il y a un autre régime spécial dont ils ne nous parlent jamais, d'ailleurs. Parce que bon, comme ils veulent attaquer les régimes spéciaux, ils pourraient être au moins exhaustifs. Mais non, il y en a certains qui protègent. Celui de leurs amis. Il y a un régime spécial des très riches dont on ne parle jamais. Celui des retraits de chapeau. Les retraits de chapeau, il y en a pour 42 milliards d'encours bancaires. Donc là aussi, s'agissant du déficit, on aurait quelques éléments. Mais surtout, il y a une chose, c'est que jamais on n'interroge le fait de savoir d'où vient le déficit dont a parlé Jean-Luc.

Ils l'ont eux-mêmes construit par le gel des salaires des fonctionnaires, par les exonérations sociales et fiscales. Ce sont les champions. Ils creusent un trou dans la caisse. Ils creusent un trou dans la caisse. Ils attendent que ça se tasse. Puis ils reviennent vers vous en disant « Eh, il y a un trou dans la caisse. On va se serrer la ceinture. On va faire des économies. » Tout ça, vous l'avez compris, je crois que l'argument du déficit, comme celui de l'universalité, est définitivement sapé. D'ailleurs, très franchement, les amis, depuis quelques semaines, l'universalité, elle a pris un sacré coup dans l'aile.

À chaque fois qu'ils craignent qu'une profession rentre dans la grève, « Rassurez-vous, ça ne s'appliquera pas à vous. » Les pauvres policiers, ils ne vont pas avoir le droit à cette réforme juste, simple et pour tous. « Rassurez-vous, ça ne s'applique pas à vous. » « Telle profession, rassurez-vous. » Moi, je ne comprends pas. Si la réforme est si magnifique, si enthousiasmante qu'ils le disent, pourquoi faudrait-il être rassuré au fait que ça ne s'applique pas à nous ? Si c'est si magnifique qu'ils le disent, M. Macron, les gens vont courir pour dire « Vite, appliquez-moi votre réforme formidable ! » Je suis pressé qu'elle s'applique à moi puisque c'est si magnifique.

Alors, s'ils ne font pas l'universalité et s'il n'y a pas de problème de déficit, que font-ils ? Emmanuel Macron procède à une rupture considérable qui suffit à résumer l'ensemble de son projet. Le système actuel est accusé de toutes les tares. On vous a dit à l'instant pourquoi il avait été tellement abîmé qu'on ne le trouvait plus parfait. Mais néanmoins, là où ils sont toujours capables de vous trouver toutes sortes de modèles pour que vous regardiez vos pompes et acceptiez de travailler dans des conditions plus détestables, ils ne comparent jamais le système français des retraites comparativement aux autres s'agissant de la vie des gens.

Car le système de retraite français, le modèle par répartition de sécurité sociale, malgré toutes les difficultés qu'il a aujourd'hui et malgré la pauvreté et l'extension de la précarité, est un système qui permet que la France, comparativement à l'ensemble de ses voisins européens et comparativement à certains des modèles qu'ils prennent toujours en exemple, vous les connaissez par cœur, est un pays, la France, où le taux de pauvreté des seniors est sensiblement inférieur à ce qu'il est dans les autres pays. Et ça, c'est la fierté du modèle de sécurité sociale et c'est sa réussite et nous pouvons en être fiers. Où se trouve donc la rupture à laquelle veut procéder Emmanuel Macron ?

Jusqu'à présent, et malgré tout ce qui s'est passé, dans le système actuel, à mesure que la part des seniors dans la population de ce pays augmentait, la part de la richesse nationale, du produit intérieur brut consacré aux retraites, augmentait aussi. Et figurez-vous qu'à l'augmenter quasiment proportionnellement. Si vous regardez les deux courbes, ça a le mérite d'être clair. Vous avez la part des seniors dans la population qui augmente et vous avez une courbe strictement parallèle qui est la part des richesses que l'on consacre aux retraites.

Avec les évolutions progressives, on en est aujourd'hui à peu près à 14% de la part de la richesse produite dans le pays qui est consacrée à nos retraites. 14%. Comme tout le monde aura compris que dans cette réforme, Emmanuel Macron devenait un ouvrier du gros oeuvre qui adore les plafonds et les modulations de plafonds, il a choisi de faire des 14% actuels un plafond. Une règle arbitraire, aussi ridicule et décorrélée de toute réalité rationnelle économique que la règle des 3% budgétaires européennes que vous connaissez bien. Il s'agit d'instaurer une règle d'or s'agissant de la part des richesses consacrées aux retraites.

Le regretté Jean-Paul Delevoye a eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises 14% du PIB ce sera un plafond. Et ça, c'est historique. Ça n'a jamais été le cas. Oui, mais la part des seniors dans la population française, elle, elle va continuer à augmenter. Donc si vous regardez les deux courbes, que voyez-vous ? Je l'ai dit, jusqu'à présent, la part des seniors augmente, la part des richesses augmente, la part des seniors va continuer à augmenter, mais 14% ce sera un plafond. Donc il y a un décrochage des deux courbes. Et mes amis, rien que cette information suffit à expliquer tout le reste de la réforme.

C'est que c'est l'annonce d'un décrochage qui va inévitablement provoquer la baisse du niveau des pensions. Et quand M. Edouard Philippe vient à la télévision vous dire « Rassurez-vous, le niveau des pensions ne baissera pas », il ment. Et un enfant de quelques années, moins de 10 ans, le comprendrait. Parce qu'en réalité, si vous comparez les deux systèmes, l'actuel et le système qu'ils veulent mettre en place à âge égal, dans le système actuel vous avez un âge auquel vous pouvez partir à la retraite avec un niveau de pension à taux plein, dans leur système au même âge, il faut travailler plus longtemps pour obtenir le même niveau de pension. Donc M.

Edouard Philippe, si au même âge il faudra travailler plus longtemps pour atteindre le même niveau de pension, c'est bien qu'au même âge le niveau des pensions a baissé. Vous êtes donc vous aussi un menteur et vous prenez les Français pour des imbéciles. Dès lors, le système par points est un outil au service de cette règle budgétaire, mes amis. J'ai trouvé cette métaphore avec d'autres qui est utile pour faire comprendre les choses. Imaginez que vous recevez chez vous des invités. Vous avez prévu un nombre d'invités, 10 autour de la table. Vous avez cuisiné un gâteau qui correspond à l'idée que vous vous faites de comment bien servir les gens.

Oui mais voilà, la démographie est telle qu'il arrive plus de gens chez vous. Logiquement, ce qu'on fait quand on est plutôt poli et éduqué, c'est qu'on se dit s'il y a plus de monde, on va cuisiner un plus gros gâteau ou en faire un deuxième. Et c'est ce qu'on a toujours fait s'agissant de la part des richesses consacrées aux retraites. Et bien Emmanuel Macron, en quelque sorte, vous dit non. Vous serez plus nombreux à table, nous le savons, mais je refuse que nous cuisinions un plus gros gâteau. Et dès lors, apparaît l'utilité réelle du système à points.

Le système à points sert simplement à calibrer la taille de la part qui sera toujours plus petite si dans votre génération on est plus nombreux. Pour le dire autrement, et pardon pour le côté morbide de la chose, dans le système par points d'Emmanuel Macron et pour respecter sa règle d'or, vous avez plutôt intérêt à ce qu'au sein de votre génération, on meure vite. Parce que si au sein de votre génération, on meurt plus tôt et qu'on est moins nombreux, et bien la part du gâteau sera plus grosse. Si vous voulez un bon niveau de pension à un âge décent, il y a plutôt intérêt à ce que dans votre génération, on meurt pas trop tard. Voilà en quelque sorte ce qu'est le système par points.

C'est une logique que nous voulons inverser totalement. Pour nous, c'est l'inverse. Ce n'est pas une règle comptable, budgétaire, dont la variable d'ajustement est la vie des gens par l'âge auquel ils pourront partir. En politique, c'est la vie des gens qui est l'objectif, M. Macron. Et la comptabilité, on la met au service de la vie des gens. Pas l'inverse. Pas l'inverse. Oui, mais voilà. Oui, mais voilà, c'est un problème grave. Les amis, il faut qu'on soit triste d'une chose. On vit plus longtemps. Et comme on vit plus longtemps, c'est un problème.

1:15:46
Invité

Ça dépend de qui, hein ?

1:15:47
Invité politique

La transition est faite. Jean-Luc.

1:15:51
Locuteur

Ah bon ?

1:15:52
Invité politique

Mais oui, on vit... Jean-Luc, on vit plus longtemps.

1:15:57
Locuteur 6

Eh bien, la preuve, hein ? Alors, justement, tu as bien conclu. Au fond, notre affaire à nous, c'est la représentation, l'idée qu'on se fait de l'existence humaine, de ce qu'on peut y faire, c'est très important parce que le processus d'humanisation, il ne s'interrompt jamais. Vous devenez un être humain. Vous n'êtes pas équipé, vous êtes équipé d'un corps, mais il va falloir vous construire toute votre vie comme être humain. Et normalement, vous allez vous construire en vous améliorant à mesure que vous allez étendre vos relations, vos connaissances, votre sens de la poésie, de la tendresse, de l'amour que vous allez donner ou recevoir. C'est un fait physique.

Un gamin qui est privé d'amour se développe moins bien, beaucoup moins bien, qu'un qui n'en est pas privé et qui en reçoit beaucoup. Et à l'inverse, les petits êtres humains qui n'aissent pas parmi une communauté humaine, vous connaissez les légendes des enfants loups. Donc, bref, tout ça, c'est pour vous rappeler que nous sommes le résultat d'une histoire commune, non seulement à l'échelle de l'humanité, mais de notre vie individuelle. Donc, dans cette affaire est arrivée progressivement une servitude au travail. Certes, le travail n'est pas qu'une torture comme on le présente dans certains textes très vénérables. C'est une malédiction. Ah bon non, il ne faut pas exagérer.

Bien, des gens aiment leur métier. Ce n'est pas le sujet. Je ne dis pas qu'il y a des tâches qui sont en effet tellement absurdes qu'on n'a qu'une hâte de s'en débarrasser et de changer de métier. Je ne vous dis pas que ce n'est pas le cas. Mais, en général, non, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Mais, cette servitude, elle a commencé entre ceux qui étaient nomades et qui sont devenus ensuite sédentaires. Et, figurez-vous qu'un gars ou une fille qui vivait dans une horde de chasseurs-cueilleurs, il bossait trois heures, quatre heures, maximum par jour.

Non, mais, il faut quand même se rappeler que le passage à l'agriculture, ça a d'abord été une servitude terrible pour ceux qui ont dû s'y livrer. Bon, là, je vais passer à l'étape suivante parce que ça, ça se passe il y a moins de 3 500 ans. Alors, si je vous raconte l'histoire depuis moins de 3 500 ans, demain, on y est encore. Mais, c'est pour dire, la servitude au travail, on l'a acceptée, elle a été le résultat d'un certain nombre de développement, mais il y a eu une amplitude terrible.

Et dans le début du travail industriel, les industriels, les patrons, avaient un mal de chien à obliger les gens à rester au même endroit parce que ceux qui avaient la culture rurale et agricole, ils ne se voyaient pas à faire ça, toute la journée le même geste, tout le temps la même chose. Donc, souvent, on mettait des murs, pas pour empêcher les gens d'entrer, mais pour s'empêcher de sortir, en cours de route et d'abandonner le poste de travail. Ça s'est produit comme ça des dizaines de fois.

Et le mouvement ouvrier dont nous sommes les héritiers, on dit comme ça, le mouvement ouvrier, par rapport à ce 19e siècle où ce sont les ouvriers, les ouvrières qui ont constitué les syndicats, qui ont constitué les partis, qui ont commencé à identifier le fait qu'on ne partageait pas honnêtement la richesse produite, que tout ce qu'ils produisaient, évidemment, on ne leur redonnait pas, etc. Ce mouvement ouvrier-là a passé son temps à lutter pour la réduction du temps de travail. C'est lié à notre histoire depuis toujours. La bataille pour la journée de 8 heures, c'est les premières batailles unifiées du mouvement ouvrier mondial. C'est le 1er mai. Le 1er mai vient de cette bataille-là.

La première consigne donnée, tout le monde descend dans la rue et fait la grève le 1er mai pour obtenir la journée de 8 heures. 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos. Et il a fallu qu'il y en ait pour qu'on finisse par arriver à 8 heures. Mais ça a passé par 12 heures, ça a passé par 10 heures. Et puis ensuite, on a voulu que ce soit dans la semaine, la limite. Parce que si on les écoutait eux, même le bon Dieu qui parait s'arrêter le 7e jour, mais avec eux, non, personne ne s'arrête jamais. Le travail du dimanche pour tout le monde. Vous les connaissez, mais en tout cas, il a donc fallu se battre là aussi. Chaque fois, c'est venu de nous.

La semaine de 40 heures, le Front populaire. La semaine de 39 heures, 1981. La semaine de 35 heures, le gouvernement de Lionel Jospin. C'est toujours venu de nos victoires électorales et de nos luttes avant pour éduquer les esprits et les préparer à l'idée contre leurs propres sentiments d'asservissement. à mon pauvre jeune homme. Et puis après, il y avait l'année. L'année, c'est les vacances. Rancourcir l'année de travail. Eh bien quoi ? Les 15 premiers jours, le Front populaire. Les 4 semaines, la libération. La 5e semaine de congés payés, Pierre Moroy. Voilà comment ça a été fait. Là aussi, que des victoires par la lutte.

Jamais une seule fois, ils ont dit, ah ben tiens, allez, le pays va mieux. Il y a tellement d'argent. Il y en a tellement, tellement le pays n'a jamais été si riche. Allez hop, on vous donne une semaine de repos ou une heure de moins dans la journée ou deux heures de moins dans la semaine. Jamais. Ils trouvent qu'on travaille jamais assez. J'ai participé à la discussion parlementaire sur les 35 heures. Je ne suis pas prêt de l'oublier. Alors pour savoir combien on allait passer à 35 heures, il fallait savoir combien déjà les gens travaillaient. Mais il faut voir comment ils se battaient. Alors vous aviez les pauvres gars là-bas du grand marché de Rangis.

Pour entrer et sortir d'une chambre froide, il faut mettre une tenue spéciale pour ça sinon vous êtes morts au bout de deux allers-retours puisque vous passez de la température ambiante à moi je ne sais pas combien. Alors on met la tenue. Ça prend une demi-heure. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ça ne peut pas faire plus vite. Ah ben non, ce n'était pas du temps de travail. On leur dit mais qu'est-ce que vous racontez ? Ils font ça pour leur plaisir. Dans la journée, ils disent tiens, je vais mettre des bottes, un chapeau, un truc parce que ça m'amuse et puis je vais aller chercher de la viande et la ressortir parce que c'est excitant comme boulot.

Ah, vous riez mais eux ça ne les faisait pas rire. Il y avait le métro et les météores à Paris à l'époque. Il fallait descendre avec les bottes une échelle, il y en avait pour 40 mètres à descendre. Et après, il fallait marcher pendant un kilomètre et demi dans la bouillasse. Oh, ce n'est pas du temps de travail. Ah bon ? Ça leur plaît comme ça de descendre des échelles et de se balader sous terre pour aller avec une pelle, une pioche, je les retrouve. Voilà comment ils sont. Ne comptez jamais, vous m'entendez, les plus jeunes, ne comptez jamais sur leur générosité. Ne les croyez jamais capables de vous donner quelque chose. Vous devrez toujours leur prendre.

Et si vous êtes ballon, c'est eux qui vous prendront. Alors, et après, il y avait la vie. Eh bien, la première loi la première loi sur les retraites, elle date de 1910. Alors, pourquoi en 1910, figurez-vous, qu'ils se sont posés la question de faire des retraites ? Parce que tout d'un coup, une bête les avait piquées, qui les avait rendues... Non, ils avaient très bien compris qu'au-delà d'un certain âge, il n'y avait plus aucune valeur de faire descendre un pauvre gars au fond de la mine ou de faire descendre un gamin. Il a bien fallu les empêcher, d'ailleurs, de le faire. Je ne parle pas des gamins, mais des vieux. Ça a été un problème.

Le mien, derrière grand-père, il est parti, on lui a dit « Hé, Barnabé, tu peux t'en aller ? » Il avait 75 ans. Ça tombe bien, il est mort 6 mois après. « Oh, on te donnera un petit quelque chose. Allez vous faire voir, vous et votre petit quelque chose. Nos droits. On ne demande pas l'aumône. On ne demande qu'à lui la richesse que vous avez produite. Bon, voilà pour la retraite. 1910. Ça ne marche pas très bien. C'était la retraite à 65 ans. en 1910. 65 ans. Et maintenant, il est question de faire un grand progrès. La retraite à 67 ans. Et peut-être à 70 parce que l'âge pivot, il se déplace.

Ça veut dire qu'on accepterait de perdre complètement la bataille qu'on a menée depuis plus d'un siècle pour obtenir le droit de s'arrêter de travailler contre le temps récusé. Jamais ! Combien de temps ça va durer la lutte aussi longtemps qu'on peut ? On ne cèdera pas. On ne lâchera pas. Alors, évidemment, c'est comme lui, on casse les tirelires. Ce n'est pas nous qui faisons la grève. Et je ne veux pas ici donner l'impression que je donne des consignes parce que ce n'est pas moi qui en déciderai. La grève appartient aux grévistes et c'est vous qui décidez, les gens, de ce que vous voulez faire. Mais il faut que l'autre qu'ils comprennent pourquoi on est si enragés.

Et comme je vous ai dit au début, comme l'humanisation, c'est un processus, regardez bien ce qui se passe. Ce n'est pas que les gens n'aiment pas leur boulot. Ce n'est pas que, à la retraite, les gens partent, se mettent au lit et puis toute la journée à regarder le plafond. Ce n'est pas vrai. En contraire un retraité, vous verrez, il en fait plus qu'avant, des fois. Ils en font plus qu'avant. Pourquoi ? Il y a une grande différence. C'est que toute ta vie, même si tu aimes ce que tu fais, c'est du temps contraint.

Ce n'est pas toi qui choisis, ni à quelle heure ça commence, ni à quelle heure ça finit, ni si tu vas faire des heures supplémentaires ou que tu ne vas pas en faire, ou que tu vas faire comme ci, ou que tu vas faire comme là. Ça s'appelle du temps contraint. Eh bien, on fait avec. Il y en a des contraintes dans la vie. Et puis, il arrive un âge où le corps est usé, où l'esprit, où les nerfs, et on ne peut plus s'astreindre à cette contrainte parce qu'elle devient insupportable à portée. Mais on peut vivre et que font les retraités ? Ils ont du temps, on dit, libre. Qu'est-ce que c'est le temps libre ? Ben, c'est le contraire du temps contraint. C'est du temps choisi.

Et le temps que vous choisissez d'occuper comme vous voulez. Et c'est le moment, souvent, où beaucoup de gens, tout d'un coup, choisissent d'épanouir des talents qu'ils avaient en eux et qu'ils n'avaient pas le temps avant. Soit qu'ils vont se mettre à faire de la musique, soit qu'ils vont se mettre à faire de la politique, et c'est comme ça que vous retrouvez 43% des maires de ce pays sont des retraités. Mais tant mieux ! Tant mieux ! Parce qu'on ne peut pas à tous les âges donner une telle part de sa vie au service du bien commun. Parce qu'il y a la famille, parce qu'il y a les gosses, parce qu'il y a la carrière, qu'il y a plein de choses.

Donc cette façon d'organiser la réduction du temps de travail, ben eux, ils la combattent sur tous les plans. Tous les plans ! Et maintenant, ils sont sur la durée dans la vie. 64, 67, 70. Mais le monsieur, il veut aussi changer la durée du travail dans la journée. Parce que dans la journée, vous êtes obligés d'arrêter à une certaine heure, et après c'est des heures supplémentaires, et après c'est des heures de nuit. Plus les heures supplémentaires coûtent cher, plus ils ont du mal à en prendre, et nous on le fait exprès, pour les obliger à aller chercher d'autres ouvriers, d'autres salariés, d'autres employés de toutes sortes.

C'est pour ça qu'on leur met les heures supplémentaires à plus cher. C'est pour ça qu'on le fait. Et bien eux, ils ont décidé, ah, que les heures supplémentaires seraient moins chères que jamais. Et ils ont passé la possibilité de les payer que 10% de plus. Je vous rappelle que nous, on voulait 50% à la première. On en était à 25%. Ils l'ont réduit à 10%, vous comprenez ? Si vous augmentez la valeur du travail de 10% seulement, ben c'est rien du tout. C'est pas un cliquet, ça bloque pas. Donc il a... C'est pas tout. Il en a inventé encore une autre. On attend les ordonnances. C'est... Dites-donc le travail de nuit, là. C'est à quelle heure la nuit ? Nous, la nuit, on pensait que c'était 21h.

On est sympa. Non. Lui pense que, quand même, la nuit, c'est à partir de 23h ou minuit, mon gars. Ils vont changer, donc, la législation sur les heures de travail et la rétribution des heures de travail de nuit. L'ordonnance devrait arriver. Voilà. Ça, je le redis pour tous ceux qui peuvent croire qu'il y a quelque chose de bon à attendre de cette bande-là. Non. Alors, vous verrez, après, ils viendront aux congés payés. Mais c'est sûr ! Ah, ils viennent tout le temps en vacances dans ce pays quand vous les écoutez. Les travailleurs français passent leur vie à se la couler douce. Et la journée, c'est à peine si on arrive à les capturer pour les faire travailler.

Dans l'année, à la première occasion, les voilà partis en vacances. Et puis, bon, à la première occasion, vous vous rendez compte ? Les Gouthiers, là, mon pote qui est là, il doit partir à 52 ans à la retraite. Et le conducteur d'une rame de métro, c'est pas un scandale, une chose pareille, vous avez vu comme il se la coule douce, il est là, il fait de la politique. Moi, je leur dis à chacun au truc qu'il se la coule douce, ben, allez faire son boulot. Ben, allez le faire, juste une semaine pour voir comment vous ressortez de là-dedans. Ce travail pénible, c'est normal qu'on ait voulu en raccourcir la durée. Bon, tout à l'heure, je vous l'ai expliqué, maintenant, je vous redis.

C'est toujours nous qui avons fait ça. Et le résultat, ça donne qu'on vit plus longtemps. Vous prenez l'allongement de la durée de vie et la réduction du temps de travail et les deux marchent côte à côte. Et si on peut réduire le temps de travail et produire plus de richesses, c'est parce que les ouvriers et les ouvrières sont plus productifs qu'avant et parce qu'ils ont des machines et que les machines sont là pour libérer la peine des êtres humains. Elles sont là pour libérer, pas pour asservir. Et voilà pourquoi la courbe suit. Plus on réduit le temps de travail, plus les gens vivent vieux. Plus on rallonge la durée du travail, moins les gens vivent vieux.

Eh bien, maintenant, ça fait, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, une dizaine d'années qu'on a commencé à augmenter le temps de travail en violant la loi de toutes les manières possibles, en vous créant des comptés par une tente qui fait qu'en réalité vous ne vous reposez pas, vous avez un tonte, ça vous fait une belle jambe et ainsi de suite. Et le résultat, on l'a sous les yeux. Pour la première fois, l'espérance de vie stagne. Je vais vous l'apprendre parce que vous ne le savez pas, mais nous avons gagné pendant le XXe siècle 30 ans de vie. 30 ans de vie pendant le XXe siècle.

Mais c'est pendant le XXe siècle que se sont menées toutes ces batailles pour la réduction du temps de travail. C'est pour ça qu'on a pu faire un bon pareil. Et maintenant, je vous dis l'espérance de vie stagne, aux Etats-Unis d'Amérique, qui est toujours le pays qui résume à lui tout seul toutes les horreurs qu'on peut faire aux autres, eh bien, l'espérance de vie recule. Et la stagnation de l'espérance de vie en France est en fait nouveau depuis un siècle. Ça ne s'était pas produit. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Oui, notre environnement tout plus que d'habitude. Mais il y a ce rapport avec le temps de travail. Alors, on les connaît par métier, on sait ce qui se passe.

On sait bien que certains ont une durée de vie qui est extrêmement plus raccourcie que ceux des autres. On m'a fait une petite lille, je vous la lis à toute vitesse. Égouttier, mortalité deux fois plus importante avant 65 ans que le reste de la population. Infirmière, 7 ans d'espérance de vie en moins par rapport à la moyenne des femmes. Marins, 5 ans d'espérance de vie en moins par rapport à la moyenne des hommes. Ouvriers bûcherons, espérance de vie de 62 ans. Femmes de ménage, selon une étude norvégienne. Parce qu'on a tendance à considérer que femmes de ménage, bon, c'est tout juste si elles ne font pas ça pour leur plaisir.

L'exposition des agents d'entretien aux produits chimiques nettoyants a les mêmes effets sur les voies respiratoires que fumer 20 cigarettes par jour. Restauration et services, selon une étude, celle-là, les Belges, les serveurs ont 7 ans d'espérance de vie de moins que les ingénieurs et les cuisiniers 5 ans en moins. Donc, vous voyez, c'est ce qu'a dit tout à l'heure Adrien. Nous, on n'a jamais dit tout va très bien. Ce n'est pas ça qu'on dit. On dit, il y a trop de gens qui partent trop tard et trop pauvres. Mais trop tard. Il faut donc raccourcir la durée du travail. Le dire, ce n'est pas être contre le travail.

C'est être sur le choix du travail et la liberté d'utiliser son corps comme on l'entend. Voilà de quoi il est question dans cette affaire de temps de travail. Il s'agit ni plus ni moins que du processus d'humanisation. Le but de la société n'est pas de faire tourner l'économie pour qu'on puisse produire des choses qui ne servent à rien pour des gens qui sont en état de les payer tandis que des choses qui sont indispensables ne sont pas accessibles aux autres. Le but de l'économie doit être de produire de quoi vivre dignement de son travail avec des objets qui servent à quelque chose sans saccager la planète. Réduire le temps de travail c'est une mesure écologique.

1:32:47
Invité politique

Une catégorie de la société, un sexe, les femmes qui sont paraît-il les grandes gagnantes de cette réforme des retraites. Pour autant, vous les avez vues, dans les flashmob, dans les chorégraphies, c'est toujours des femmes qu'on voit. Alors si même les grandes gagnantes de la réforme n'en veulent pas, vraiment, Emmanuel Macron est dans la panade. Elles vont l'être d'abord pour une raison. C'est que jusqu'à présent, on sait ce qu'est une carrière complète dans le calcul de la retraite puisqu'on se base sur des annuités et des trimestres. Jean-Luc l'a dit, avant, pour le privé, c'était les 10 meilleures années. Première rétrogradation, désormais, c'est les 25 meilleures années.

Et pour les fonctionnaires, c'est les 6 derniers mois parce qu'avec les évolutions d'échelons, ils ont une carrière plutôt graduelle et donc à la fin de leur carrière, les 6 derniers mois sont les plus favorables. Désormais, avec le système à points, c'est toujours très confus quand on leur demande ce qu'est une carrière complète parce que moi, je sais vous dire ce qu'est une carrière complète quand on compte avec des annuités et des trimestres. Mais ils ont toutes les plus grandes difficultés à nous dire ce qu'est une carrière complète même si c'est ludique quand on compte ces petits points dans sa besace.

Alors, une chose est sûre, c'est que si désormais on prend l'ensemble de la carrière pour comptabiliser la retraite plutôt que les 25 dernières années, meilleures années ou les 6 derniers mois, alors oui, l'essentiel vont être perdants et particulièrement celles et ceux qui subissent les carrières hachées. Et il se trouve que les femmes sont celles et ceux, pardon, celles qui subissent le plus les carrières hachées et les contrats précaires. 80% des temps partiels sont des femmes. 60% des contrats courts à durée déterminée sont occupés par des femmes.

Et il continue de nous dire qu'avec ce changement du calcul qui va prendre toute la durée de votre carrière en considération, il n'y aurait que des gagnants. Mais là aussi, je vais encore faire référence à mon enfant de l'école primaire, mais essayez si vous avez un neveu ou une nièce qui a eu un bon bulletin scolaire à son dernier trimestre. Vous lui dites « Bon, est-ce que tu préfères qu'on calcule ta moyenne sur ton dernier trimestre qui était plutôt favorable ou est-ce que tu préfères qu'on calcule sur l'ensemble de ta scolarité ? » Lui, je vous assure qu'il va savoir vous répondre et il va savoir ce qui est plus favorable.

Là aussi, ils vous prennent pour des imbéciles, sachant qu'en plus, le travail et la situation de l'emploi en France est toujours gravissime. Ils voudraient qu'on se réjouisse de la baisse du chômage et on s'en réjouira toujours lorsque le chômage baisse. Mais en l'occurrence, les baisses du chômage qui nous sont présentées sont d'abord et avant tout des réalités statistiques qui ne modifient absolument pas la réalité sociale dans ce pays. A. Nous avons, à mon avis, pour bonne partie d'entre nous, entendu les voeux présidentiels. Les voeux présidentiels du 31 décembre, c'est formidable. C'est un moment qui est un peu suspendu hors du temps. On a l'impression que tout va très bien.

Comme si... Même les huîtres baillent,

1:35:37
Locuteur

bon, pote.

1:35:38
Invité politique

Comme si... Même les huîtres baillent, oui. Avec les voeux du président de la République, c'est un peu comme si l'Élysée sous Macron était une autre planète, pas dans notre système solaire. Le 31 décembre, toutes celles et ceux qui subissent la précarité, l'extension de la pauvreté, ont appris dans la bouche du président que, je cite, « la France n'avait jamais connu un tel élan ». Tout le monde le sent, cet élan formidable. D'ailleurs, Mme Pénicaud, la ministre du Travail, nous a dit « Oui, nous n'avons jamais, M. Katénin, à s'embaucher autant que ces 20 dernières années ». J'ai vérifié et je lui donne le point. Mme Pénicaud a raison.

Nous n'avons jamais autant embauché que ces 20 dernières années. Mais pour être tout à fait exact, il faudrait plutôt qu'elle dise, Mme Pénicaud, « Nous n'avons jamais signé autant de contrats de travail qu'aujourd'hui ». Pourquoi ? Vous le savez. Parce que le travail, et ils ont aggravé la situation, est extrêmement précaire. 87% des contrats qui sont signés, 87% des embauches sont des contrats à durée déterminée, alors que le droit commun, la règle et normalement le CDI, et le contrat court fait pour pallier à une activité supérieure temporaire ou des remplacements. 87% des embauches sont des contrats courts. Sur ce 87% de contrat courts, 83% sont des contrats de moins d'un mois.

Et les amis, accrochez vos ceintures. Sur ce stock d'emplois précaires, un tiers. Un tiers sont des contrats de moins d'un jour. Voilà l'immense précarité du travail dans notre pays. Alors, bon courage, messieurs, dames, pour aller dans ce contexte, faire une carrière complète dans leur foutu système par points. Nous n'en voulons pas. Mais avec Emmanuel Macron, tout est toujours très simple. Vous l'avez vu ? Pour trouver un emploi, il s'agit juste de traverser la rue. Tout le monde le comprend. Alors nous, on regarde quelle est la réalité de l'emploi. Saluons à cet instant les agents de Pôle emploi qui font un travail extrêmement dévoué.

Mais vous le savez comme moi, compte tenu de ce qu'est la situation de l'emploi dans ce pays, Pôle emploi est malheureusement davantage devenu le lieu où on vérifie que votre recherche d'emploi est véritablement frénétique plus que l'endroit où on vous en propose un. Parce que la réalité est la suivante. C'est que si vous prenez tous les contrats non pourvus et que vous mettez ça en corrélation avec la masse de chômage qu'il y a dans le pays, vous tombez sur cette statistique qu'il y a en moyenne un emploi non pourvu pour 100 chômeurs disponibles, c'est-à-dire capables de commencer le travail dès demain matin.

Alors ça veut dire que même si l'on remplissait toutes les cases vides, ces emplois non pourvus, eh bien nous aurions encore une masse considérable de chômeurs. Voilà pourquoi les femmes aussi qui subissent les premières ces carrières précaires vont subir de plein fouet cette réforme des retraites. Je termine sur cette partie. Quand il s'agit de faire des cadeaux aux plus riches, ce gouvernement est toujours très, très conséquent avec les résultats qu'on connaît. Vous avez vu le dernier rapport d'Oxfam. En France, 7 personnes possèdent autant 7 milliardaires que 30% de la population réunie. Et on a lu cette histoire à dormir debout incroyable s'agissant de la fortune de Bernard Arnault.

Vous avez vu ça ? Si vous étiez en mesure d'économiser depuis le jour de la prise de la Bastille, 14 juillet 1789, et là vous allez voir que dans la fiction, que vous étiez encore vivant aujourd'hui, et que vous aviez économisé 8 000 euros par jour depuis la prise de la Bastille, ça fait beaucoup de fiction là, 8 000 euros par jour d'économiser depuis la prise de la Bastille, toujours vivant aujourd'hui. Oui, mais même si vous aviez fait tout ça, à l'heure où nous nous parlons, vous n'auriez accumulé qu'un petit pourcent de la fortune de M. Bernard Arnault.

Ce qui montre bien que le principal problème que nous avons dans ce pays, avec lequel on ne relance pas l'activité, c'est qu'il y a un manque de répartition de la richesse. Mais pour faire des cadeaux aux plus riches, ils sont toujours très conséquents. Par contre ici, pour les femmes, ils nous disent « On fait un cadeau ! » Et vous allez voir que les cadeaux au peuple, ils ne les font qu'à moitié. Ils nous disent « Jusqu'à présent, quand une femme avait un enfant, il fallait attendre qu'elle en ait trois en réalité pour avoir une majoration de sa pension. Lorsque vous aviez trois enfants, effectivement, vous aviez une majoration de 10% de votre pension de retraite. » Et là, arrive M.

Macron qui fait un formidable cadeau aux femmes, qui leur dit « Maintenant, ce sera dès le premier enfant. » Oui, mais ce sera 5% seulement. Vous voyez ? Il n'arrive pas à faire des cadeaux complètement. C'est compliqué. C'est trop compliqué. 5% seulement. Et là où c'est superbe, et là où toutes les femmes vont être heureuses de cette réforme des retraites, c'est qu'il se trouve que les 5% de majoration de pension vont être affectées par défaut à la femme, mais qu'à discrétion du couple, c'est écrit comme ça dans le projet de loi, eh bien, on pourra affecter cette majoration de pension soit à la femme, soit à l'homme.

Oui, mais vous le savez comme nous, dans un couple hétérosexuel, en général, les hommes gagnent plus que les femmes. Et donc, si le couple veut mieux majorer sa pension et ses revenus de couple, eh bien, il y a fort à penser que cette majoration, cadeau à moitié que fait Emmanuel Macron aux femmes, soit en quelque sorte un cadeau fait aux hommes. Les femmes, oui, vous avez toutes les raisons de continuer à faire des flashmob et des chorégraphies parce que vous ne serez pas les grandes gagnantes de cette réforme. C'est une évidence.

1:41:17
Locuteur 6

Parce que depuis le temps qu'on démolit tout ce qu'il y a autour de nous, tu crois ? Je fasse ça rapidement. Oula ! Qu'est-ce que t'en penses ? Attendez, on arrive. Je vais faire ça très vite. Bon, mais il faut que tu fasses le contre-projet sinon ils vont croire qu'on a les moyens à tout démolir.

1:41:34
Invité politique

J'accélère, j'accélère.

1:41:35
Locuteur 6

Non, accélère pas.

1:41:36
Invité politique

Une dernière chose pour décrypter tous leurs enfumages. Comme ça, pardon de ce marathon, mais personne ne pourra ressortir de cette salle après les 5h30 de meeting sans prétendre que c'est encore flou. vous avez intérêt toutes et tous à être très contagieux après, qu'on n'ait pas fait tout ça pour rien et que vous ne vous soyez pas colquiner toutes ces heures de meeting pour ne rien en faire. Avec un meeting comme celui-là, on doit gagner, les amis. On doit gagner la bataille. Je résume l'affaire la mascarade de l'âge pivot. Il faut que personne ne sorte de là sans avoir compris.

Édouard Philippe s'est figuré qu'en introduisant une petite cerise sur le gâteau indigeste qu'il avait cuisiné, tout le monde n'allait plus parler que de la cerise et que quand provisoirement il la retirerait, vous alliez bouffer le gâteau. Parce que je vous rappelle quand même que le mouvement social a démarré avant que la question de l'âge pivot ne soit introduite dans le débat. Et donc il se figure qu'avec un compromis sur un objet qui est arrivé après que ce qui avait justifié que les gens sortent dans la rue, les gens allaient rentrer chez eux. Ben non, ça ne marche pas. Mais sur l'âge pivot, il faut être très clair.

Souvenez-vous que au départ, quand ils ont expliqué cette réforme des retraites, ils avaient envisagé de la faire s'appliquer à partir de la génération née en 1963. Vous vous en rappelez ? Et puis, la grève a démarré. Peut-être se sont-ils dit « Oula ! » Dans cette génération née en 1963, il y en a un paquet dans les syndicats qui tiennent les drapeaux rouges, qui sont dans les cortèges et les banderoles. Donc il y a eu un premier vrai recul qui a consisté à dire « Enjambons cette génération ! » Et Édouard Philippe est arrivé devant vous, a fait ses petits cadrages et il a dit « Eh bien non, la réforme des retraites par point va s'appliquer à partir de celles et ceux qui sont nés en 1975.

» Et là, à cet instant, tous ceux qui sont nés avant se sont dit « Ouf ! » On y échappe, on n'est pas concernés. Ben non, pas vraiment les amis. Parce que dans le même discours un peu plus tard, Édouard Philippe a dit ceci « Toutes celles et ceux qui partiront à la retraite en 2027 devront avoir atteint un âge d'équilibre de 64 ans. » Et là, vous prenez un petit post-it, un petit crayon, vous vous dites « Mais attendez, en quelle année faut-il être né pour avoir atteint 64 ans en 2027 ? » 2027 moins 64, bizarrement, vous tombez sûr, 1963.

Donc en fait, ce qu'il a fait, c'est de vous dire « Je ne vous applique pas le système à point à vous qui êtes né avant 1975, mais je vous applique la principale conséquence qu'aurait eue tout de même sur vous, son application. » Et les amis, c'est uniquement sur ce point-là, rien d'autre, pas le projet de loi dont on va avoir à discuter, pas le système à point, juste sur cet élément-là qui précède l'application de la réforme par point que les syndicats dits réformistes ont crié au loup et qu'on a commencé à parler de l'âge pivot. On en a tellement parlé que tout le monde a fini par penser que l'âge pivot, c'était le fameux âge d'équilibre pour tout le projet de loi, mais pas du tout.

Et leur conférence de financement d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le projet de loi. Il s'agit juste de leur dire « Trouvez-nous des mesures d'économie pour ceux à qui finalement on ne l'appliquera pas. » J'espère que tout le monde a compris que l'âge pivot n'a pas été retiré de ce projet de loi et que les amis, je suis au regret de vous le dire, mais l'âge pivot ne va pas rester bloqué à 64 ans. Si vous l'aviez cru, il fallait lire le rapport de Levoix et ses 1000 pages. C'est très clair. Plus vous allez avancer, plus l'âge va se décaler. L'âge va toujours se décaler. 64 ans, c'est la première marche de leur escalier.

Et comme l'a dit Jean-Luc, c'est au-delà de l'espérance de vie en bonne santé. Ça veut dire que le projet d'Emmanuel Macron consiste à vous faire vous lever d'enthousiasme pour une réforme qui consiste à dire « Vous allez travailler à minima au-delà de l'âge où statistiquement on a les premiers pépins de santé. » Alors pour tous les autres, rapportez-vous au rapport de Levoix. Il y a une colonne avec votre année de naissance et en face, il y a l'âge d'équilibre qu'il faudra envisager. Moi, j'ai regardé pour la mienne et il y en a quelques-uns dans cette salle. 1990, ouf ! 1990, âge d'équilibre, 66 ans et demi.

Et à cet instant, je pense à tous mes collègues que j'ai laissés sur le plateau de conseillers clientèles lorsque j'ai été élu député. Je ne les vois pas ! Il y en a quelques-uns dans la salle. Super ! C'est la surprise en plus ! Eh bien les amis, je crois que vous serez d'accord avec moi. Je ne vous vois pas continuer à décrocher le téléphone du matin au soir jusqu'à 65, jusqu'à 66, jusqu'à 67 ans. Nous n'en voulons pas ! Bon ! Donc, plus rien ne reste de leurs éléments de langage. Mais comme nous sommes des gens sérieux, nous avons entendu la commande que nous a passée Édouard Philippe l'autre matin sur RTL.

Il nous a dit « Je suis prêt à entendre toutes les solutions qui permettraient le retour à l'équilibre financier. » Eh bien, nous lui avons adressé ce petit document qui s'appelle le contre-projet de la France insoumise et qui permet le retour à l'équilibre financier. Mais le problème, c'est que même si nous avons remis ce document dans les mains d'Édouard Philippe qui dit qu'il est prêt à entendre toutes les modalités, parmi toutes les modalités, il y a donc celle-là, lui n'entend qu'une seule modalité, vous faire bosser toujours plus longtemps. Sauf que comme la productivité a augmenté et que les richesses ont été mal partagées, vous savez qu'il y a d'autres solutions.

Je résume ce contre-projet en un instant. comme leur logique à eux, c'est une règle comptable, budgétaire, arbitraire, austéritaire, dont vous toutes et tous, nous toutes et tous, sommes la variable d'ajustement par la date à laquelle nous pourrons partir à la retraite à taux plein, nous nous voulons renverser l'équilibre et répondre finalement aux deux seules questions que se posent les Français s'agissant des retraites. Les deux seules questions que se posent les Français s'agissant des retraites sont deux questions auxquelles Emmanuel Macron et son projet de loi ne peuvent pas répondre. Un, à quel âge je pourrais partir ?

La seule réponse que l'on a avec eux, c'est toujours plus tard et au moins 64 ans. Et avec quel niveau de pension ? Eh bien ça, ça dépendra de tout un tas de paramètres. Eh bien avec nous, c'est clair les amis. La retraite, c'est toujours 60 ans pour nous et 40 annuités pour le taux plein avec la prise en compte des carrières précaires et du RSA et des trimestres passés au RSA. Pour une carrière complète, personne ne devrait avoir une pension inférieure au SMIC et personne, même pour une carrière incomplète, ne devrait vivre dans ce pays sous le seuil de pauvreté. Car sous le seuil de pauvreté, on ne vit pas, on survit. Et là, vient sans cesse la même question.

Avant même de savoir si c'est désirable, vient la question des fichiers Excel et des calculatrices. Comment vous financez ? Ça tombe bien, tout est écrit là-dedans. Comment on finance ? C'est simple. Pas en faisant bosser les gens plus longtemps, mais en partageant les richesses. D'abord, en faisant l'égalité salariale réelle entre les femmes et les hommes. Pas des vœux pieux, mais l'égalité. Parce que les femmes gagnent 22% de moins que les hommes en moyenne et que si les cotisations des femmes étaient au même niveau, eh bien alors, vous auriez largement de quoi financer pour le court terme la retraite à 60 ans.

Et si ça ne vous suffit pas, toutes les projections économiques montrent qu'à moyen-long terme, on peut augmenter le salaire et les cotisations, et les cotisations moins vite que le salaire. Les gens, M. Macron, ont compris que quand vous dites « je vous baisse vos charges », en fait, vous les privez d'une partie de leur salaire. Ça a été rappelé par Jean-Luc. Les cotisations, c'est une part de votre salaire. Et quand on vous fait un cadeau par une baisse de cotisation, c'est un cadeau empoisonné. Car on vous met dans une poche ce qu'on vous retire de l'autre. Et ensuite, c'est moins de soins à l'hôpital.

C'est des services publics qui se délitent et c'est en bout de course une retraite avec un moins bon niveau de pension. On peut augmenter les salaires et les cotisations pour financer le fait que l'on parte à la retraite à un âge décent avec un niveau de pension digne. Et pour faire cela, il n'y a pas besoin de faire la révolution. J'ai dit tout à l'heure que pour faire leur affaire, ils voulaient geler à 14% la part du PIB. En vérité, on a appris récemment que leur projet de loi va même faire fondre la part des richesses consacrées aux retraites. Elle va tomber à 12%.

Pour financer les propositions que je viens de formuler et que nous formulons avec Jean-Luc et les 15 autres parlementaires du groupe, il ne faut pas faire la révolution. Il faut juste deux petits points de PIB d'ici à 2040. Oui, la révolution, nous allons la faire. mais d'ici à 2040, deux points de PIB et on finance cela. C'est tout à fait possible si simplement, on s'emploie à faire ce que le système par points permet de ne pas faire, partager les richesses. Le système par points, c'est la solution de celles et ceux qui refusent l'essentiel. Partager la richesse produite. Oui, nous voulons partager.

1:50:25
Locuteur 6

Un peu perdu dans nos papiers. Bon, on a fait le tour des critiques. J'espère que vous avez retenu ou compris certains arguments. On est conscient du fait que tout ça est technique, c'est beaucoup à la fois. Et puis, comme on n'a pas enseignant, c'est un métier, on n'a pas forcément le talent de bien expliquer toujours. Alors, on sait qu'il en reste toujours quelque chose. Notre bataille à nous, la révolution à laquelle on aspire, on dit c'est une révolution citoyenne. Ça veut dire que son objectif est dans les moyens qu'elle utilise.

C'est la révolution pour contrôler, pour décider par nous-mêmes, pour que le grand nombre puisse imposer les mesures d'intérêt général au profit du bien commun. Ce sont nos deux grands mots d'ordre qui font de nous des collectivistes, c'est-à-dire des gens qui croient d'abord au fait que c'est par le collectif qu'on règle les problèmes, qu'à plusieurs on est plus intelligent que tout seul, qu'à plusieurs on est plus fort et que nous allons entrer dans une époque où cette question qui peut paraître très philosophique va devenir très concrète. Il est clair que quand le changement climatique commence et il est commencé, vous êtes mis au pied du mur de savoir ce que vous faites.

Je peux vous donner l'exemple du coin dont je suis député, les Bouches-du-Rhône. Il pleut maintenant des quantités d'eau absolument incroyables que personne n'avait jamais vues jusque-là. Cette eau dégringole sur un sol qui est imperméabilisé, elle dévale et elle emporte tout, elle détruit les réseaux souterrains, réseaux d'eau potable, réseaux d'égout, c'est-à-dire les réseaux fondamentaux de la vie en ville. Bon, il faut les réparer. Et pourquoi c'est comme ça ? C'est comme ça parce que la mer Méditerranée se réchauffe plus vite que les autres mers du monde parce que c'est un quasi-lac. L'entrée sur l'océan mondial, c'est 13 km au détroit de Gibraltar.

Il faut 100 ans pour que la flotte se renouvelle entièrement. Donc, vous voyez à peu près l'écosystème. Comme ça chauffe davantage, ça s'évapore davantage, les nuages sont plus denses et ils tombent des trompes de flotte à intervalles réguliers. Et il va y en avoir de plus en plus. Donc, quand vous êtes comme ça, alors pour l'instant, comment ça se passe ? Eh bien, on répare et puis on nettoie. Enfin, après, on nettoie tout ce qu'on peut, on répare ce qu'on peut. Et puis, on voit arriver le jour où on va dire, écoutez, responsabilisez-vous. Ils ont été capables de le faire pour l'assurance maladie. Alors, il faut vous responsabiliser.

Moi, j'avais dit, je suis très responsable, je suis d'accord pour avoir la grippe au mois d'août si ça peut vous arranger, mais c'est pas là qu'il y a l'épidémie. Mauvaise blague, hein ? Mais comme ils ont des raisonnements comptables, il faut faire des mauvaises blagues parce que l'humour noir est plus décapant qu'un argument. Moi, on m'a déjà expliqué, oui, 60% des dépenses de santé dans une vie, on les fait, que les 8 derniers mois, ben, mourrez 8 mois plus tôt. Alors, les gens me regardent et ils disent, mais qu'est-ce qu'ils viennent de dire ? Ben, oui, le temps qu'ils comprennent. Si vous n'avez que des raisonnements comptables, ben, allez au bout de vos raisonnements comptables.

Là, c'est pareil. Ils vont nous dire, il faut vous responsabiliser. Bon. Alors, il faut vous responsabiliser. Un jour, on va vous dire, ben, écoutez, d'accord, l'eau potable, madame, on ne va pas faire encore un trou de 40 mètres pour vous faire plaisir. Enfin, je veux dire, pour vous amener l'eau, quoi. Ça va se passer comme ça. Citerne. Je connais plein de pays où il n'y a pas de réseau d'alimentation d'eau potable, il y a la citerne. Alors, on prend l'eau qui arrive du ciel et puis on croise les doigts en espérant qu'elle soit pure. Enfin, moi, je peux vous dire qu'elle ne l'est plus.

Parce que l'eau qu'aura traversée le nuage de diesel de Marseille, il ne vaut mieux pas la boire telle qu'elle arrive. Et puis, au passage, elle est remplie de plastique. Parce que tous les plastiques qu'il y a dans l'eau de mer, il y en aura bientôt plus que de poissons en 2050, c'est prévu. Le plastique, il redescend partout. Sur la neige en Suisse, au Groenland, au point que dans certains pays, on interdit aux femmes enceintes de manger des poissons parce qu'eux aussi, ils sont remplis de plastique. Mais on vous dira, il faut vous responsabiliser, vous mettez un filtre. Bref, vous aurez chacun votre station d'épuration. Et quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Vous n'avez plus l'électricité ?

Responsabilisez-vous. Vous pouvez vous acheter un groupe électrogène quand même. Et puis comme ça, on ne cassera pas les pieds à ces pauvres agents qui sont là, ils ne sont pas assez nombreux, blablabla, blablabla, blablabla. Ou bien alors, vous direz, écoutez, on va faire face. Et chaque fois qu'on va venir au secours, on va réparer en changeant. Et on va mettre les installations aux nouvelles normes pour qu'elles correspondent à la catastrophe du changement climatique. Pour que l'humanité puisse continuer à avoir une société organisée d'entraide mutuelle alors même que les conditions naturelles, dans un premier temps, vont se retourner contre nous.

Ça, c'est votre génération qui va se taper ça, qui va connaître ça. Plus que la mienne. Mais moi, déjà, la mienne, elle est sidérée de ce qu'elle voit. Les gens qui sont dans ma génération, nous sommes sidérés en regardant le monde autour de nous. Et parfois, nous nous demandons si c'est bien celui dans lequel on était jusque-là, s'il ne s'est pas passé quelque chose d'une nuit qui nous a emmenés ailleurs et pas là où on était. Moi, j'ai connu la mer Méditerranée où on voyait des bandes dauphins qui passaient sans arrêt, qui escortaient tous les bateaux. Il y avait des bandes tant rouges dans l'eau tant et tant qu'on pouvait penser que c'était inépuisable.

Et combien d'autres choses que je pourrais vous raconter et qui ont disparu et qui ne réapparaîtront pas à moi qu'on prenne des mesures qui seront les mesures d'intérêt général et de bien commun, nos deux drapeaux. Alors, dans cette affaire, nous retrouvons la dispute du monde dans lequel nous voulons vivre. Eux, c'est le monde du chacun pour soi. Et je vais vous dire, pour eux, ça leur est indifférent ce qui arrive aux gens. Regardez la situation des Etats-Unis d'Amérique. Avant, ils vous ont vendu le modèle allemand. D'accord ? Voilà la troisième puissance du monde. Il y a 13 millions de pauvres là-dedans.

Et les gens qui arrivent à l'âge de la retraite sont pauvres d'une manière terrifiante de pauvreté, de dénuement, d'opposition à la richesse moyenne qui s'affiche partout autour d'eux. Ça se passe à côté de chez nous. Regardez les Etats-Unis d'Amérique. Ces millions de personnes qui disparaissent d'absolument toutes nos manclatures qui n'existent plus, qui n'existent plus dans les listes électorales, qui n'existent plus comme accédant à quelque réseau du collectif que ce soit.

Ces Etats-Unis d'Amérique où, si nous en avions la chance, si Bernie Sanders pouvait être vainqueur de l'élection interne, parce que voilà un homme qui n'a pas peur, eh bien, cet homme, encore récemment, il emmenait dans un car par une série de gens qui avaient besoin d'aller acheter des médicaments pour se soigner de leur diabète, parce que le prix de ce médicament est inaccessible pour une personne malade. Et le système, il s'en fout que la personne malade meurt. Ce n'est pas son problème. Ce qui compte pour le système, c'est celui qui est capable de payer, celle qui est capable d'avancer les bifetons. Et les autres, ils s'en fichent.

Ne croyez pas qu'ils ont le problème du goût de la vie en société. Les riches ont commencé une sécession. Ils vivent entre eux dans des quartiers avec des barrières. Même en France, j'ai ça à Marseille, la première fois que j'ai vu ça, je ne revenais pas. Il y avait une route qui ressemblait à toutes les routes et il y a une porte coulissante qui est là. Et combien d'autres choses de cette nature ? Et nous, par goût, nous vivons ensemble. Nous ne sommes pas désolés d'être avec les autres. Nous sommes enthousiastes d'être avec les autres, de partager, d'échanger, de vivre. C'est ça, vivre. C'est échanger, c'est partager. Et la bataille qu'on mène sur les retraites, c'est ça qu'elle dit.

Ceux qui sont usés par le travail ont le droit d'arrêter pour continuer à être des êtres humains au milieu des autres et y apporter leur part d'amour, leur part de tendresse, leur part d'intelligence, leur savoir aux autres parce qu'ils en débordent et qu'ils sont prêts à le donner à tout instant. Ils n'ont pas l'intention de le garder pour eux parce que la richesse humaine, la richesse de ce qu'on appelait le bon cœur ou la belle intelligence, c'est la seule richesse que plus on la partage, plus il y en a. Plus il y en a. Partagez de l'amour, partagez du savoir, partagez de la poésie et vous serez plus riches que vous l'étiez avant. Voilà deux fois et des questions.

C'est pour ça qu'on est comme des enragés. Alors, bon, j'en ai vu un, je ne sors pas de l'œuf. Je vous l'ai dit, c'est la sixième bataille que je fais sur le sujet. J'y arrive avec toute mon expérience. Je suis content de voir la jeune génération qui monte en ligne, elle apprend vite. ça veut dire que s'ils croyaient qu'ils étaient débarrassés du sujet avec moi, ils s'en tapent pour un siècle derrière. D'accord ? Et vous autres, c'est plus dans ma génération que dans la sienne, rappelez-vous que c'est ça qu'on doit faire. C'est préparer comment on va faire cette transition parce qu'ils vont avoir un monde drôlement rude, les amis, les jeunes de notre temps.

Et nos petits-enfants, on les regarde en se demandant, pour ceux qui en ont, comment ils vont faire. Comment ça va ? Ils vont trouver la solution. Il y a toujours des solutions à tout. Il ne faut jamais désespérer. Il ne faut jamais dire c'est perdu, je baisse les bras. Il y a des pauvres gens qui ne peuvent plus qui sont usés au point de baisser les bras. Et bon, c'est celui-ci, c'est celle-là dans la lutte, c'est si dur. C'est pourquoi je vous rappelle à ma consigne du début et délai. Alors nous, on est à l'Assemblée. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Regardez le nombre de violences que ce type a déjà accumulées. Il déclenche des lois d'agression de la vie des gens.

Première violence, une violence humaine. Ça déclenche une réaction par la grève. Deuxième violence humaine, c'est de la paie perdue, c'est de la difficulté, c'est à la maison, des tensions. Ce n'est pas facile. On le sait bien. Il y a des couples qui n'y résistent pas dans ce genre de situation de tension. Allez, encore une violence. Après ça, ça a été une violence contre la démocratie. Tirer sur des gens qui vont dans les manifs, c'est agresser la démocratie. On l'a dit tout à l'heure. On a fait la démonstration que ça l'était. La violence policière est une violence anti-républicaine. La violence contre les manifestants est une violence anti-démocratique.

La violence est uniquement du côté du pouvoir, pas du côté des gens. Alors que celui-ci ou celle-là deviennent violents, ce n'est pas le sujet. C'est un métier de l'empêcher qu'ils le deviennent. Ce qui est le vrai problème, c'est ce dont le métier qui deviennent, eux, des violents. Eh bien, moi, je vais vous dire, le moment venu, si nous dirigeons ce pays, je n'accepte pas qu'il y ait des fonctionnaires qui soient capables de tirer dans la figure d'un autre français. Je ne suis pas d'accord avec ça. Et ceux-là n'ont rien à faire dans la police nationale. Ils n'ont rien à faire là-dedans. Et je laisserai partir. Et ils peuvent toujours venir faire le siège de mon parti.

On verra bien ce qui aura le dernier mot. Ça sera la démocratie. Ça sera le peuple. Ça sera nos forces. Pas eux ! Alors, la dernière violence, c'est une violence parlementaire. Écoutez, on a une dignité, je vous demande de l'entendre. Je comprends bien que quand on est la minorité, la plus grande chance, c'est qu'on ne gagne pas dans le vote. Je le comprends. Mais les formes de la démocratie ne sont pas un encombrement. Ah, il y a toujours les gens qui veulent que ça aille plus vite. Ben non, discuter, réfléchir, ça prend du temps. Et il faut que ce temps ait lieu. Alors, qu'est-ce qu'on décide ? On nous amène un texte, il y a 29 trous dedans.

Et on est semblant, on nous demande de faire semblant de ne pas l'avoir vu. Mais nous ne sommes pas des pantins. Nous sommes là comme des législateurs. J'admets d'être battus, mais encore, je veux savoir sur quoi. Et c'est normal qu'on vote avant et qu'on le sache. Ah, pour eux non. Ce sont ces inimutables DRH, comme vous le savez, il faut que tu ailles plus vite. Ils ne veulent pas parler. Bon, ben très bien, ben si, on parlera quand même. 29 trous dans le texte. 29 ordonnances. Tout le monde ne sait pas ce qu'est une ordonnance. Mais quand ils ont inventé les ordonnances au début de la Ve République, nos prédécesseurs ont hurlé en disant « Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?

» On vote une ligne qui dit « Le gouvernement est habilité à décider que dans tel domaine il fixera la taille de la longueur des cheveux, le prix du coiffeur, par quelle rue il faut passer. » Enfin, je plaisante, mais vous comprenez. Un pouvoir énorme avec deux lignes. Et puis alors, évidemment, ils arrivent un an après et puis ils disent « habilité ». Peut-être bien, mais en attendant, ils l'ont fait. Hein ? On vote après. C'est incroyable. 29 ordonnances. Si bien que le texte est illisible. Si vous faites 29 trous en disant « On verra ce qu'on va mettre à cet endroit-là. » Et ils ont tous les... Alors, ça, c'est le Conseil d'État qui l'a dit tout à l'heure.

Il vous a raconté comment on commence avec un rapport de 1000 pages. Alors, on dit « Il y a 1000 pages ! Oui, t'as 4 jours pour les lire. » Et oh, oh, oh, oh. Eh ben, on les lira pas. Si on les a quand même lus. Mais c'est incroyable, non ? Et 1000 pages où on tourne, il y en a quand même qui bossent du matin au soir et ils partagent le texte et on découvre que c'est tout du pipeau parce qu'ils ont fait semblant d'un âge pivot comme il vous l'a bien expliqué qui ne bouge pas. Donc, il y a 1000 pages qui ne servent à rien. Toutes les hypothèses qu'il y a là-dedans sont toutes fausses. Certaines sont peut-être justes mais en attendant, tout est faux. Le Conseil d'État, bon, c'est une...

Il donne un avis, on ne va pas dire non plus qu'une fois que le Conseil d'État a décidé, il faut faire exactement. Mais il donne un avis de conformité. ça arrive d'être anti-constitutionnel. Ça, là-bas, bon, non, ça ne colle pas avec l'autre loi que vous avez décidée. Ça, par exemple, vous écrivez dans une loi « Bientôt, on va discuter d'augmenter les enseignants. » Ben, peut-être bien mais ça ne se fait pas dans un pays ou bien vous les augmentez ou bien vous ne les augmentez pas mais vous ne dites pas que vous allez le faire et dans une loi donner un ordre pour la loi suivante. Ça peut vous paraître formel tout ça mais la procédure est aussi une garantie de la démocratie.

Si on écrit les lois comme ça ce n'est pas de la démocratie. Donc, ils ont contre eux un rapport pipoté un rapport du Conseil d'État qui leur dit « Mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? » C'est un texte auquel on ne comprend rien parce qu'on ne voit plus la visibilité à cause des trous. C'est un texte qui a de graves risques d'anticonstitutionnalité sur de nombreux points. Alors, on peut dire nous, on peut dire on s'en fout on la retrouvera au Conseil constitutionnel mais on ne peut pas faire vivre un grand pays et légiférer dans des conditions pareilles. C'est invraisemblable. Alors, voilà comment ça commence. Donc, qu'est-ce qu'on va faire ? On a réfléchi entre nous.

Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire ? Alors, ceux qui étaient là avant nous il y a eu des moments où ils étaient sévères. La privatisation de GDF 130 000 amendements. Il faut pouvoir. Alors, on sait, on dit « Vous faites de l'obstruction ! » Alors, pardon, alors là, pas l'obstruction s'il vous plaît. On n'a pas dit qu'on va déposer 130 000 amendements. On en doit en mettre à 12 000, là.

2:05:26
Invité

Bon, 12 000.

2:05:31
Locuteur 6

Alors, alors, il dit « Vous faites de l'obstruction ! » Non, mais c'est quand même le monde à l'envers. Nous faisons de l'obstruction parlementaire. C'est eux qui envoient des textes avec des trous où on ne comprend rien où on a très bien compris ce qu'il va y avoir dans les trous et c'est pour ça qu'ils ne nous le disent pas. Et c'est nous qui faisons de l'obstruction. Non, c'est eux qui font de l'obstruction à la vie parlementaire normale. Et nous, ce qu'on va faire, c'est du zèle. On va faire la grève à notre manière par le zèle. C'est-à-dire que nous allons déposer beaucoup d'amendements pour discuter de chaque point précisément, en détail, encore et encore et encore.

Alors, ils disent oui, ben, avec le règlement, le nouveau règlement intérieur, on va vous en jeter à la poubelle. Mais faites, faites que tous les Français vous voient la République en marche, les plaies mobiles du Président qui lève le bras en cadence, quel que soit le sujet, quelle que soit la matière, y compris quand ils font une mine comme ça, parce qu'ils savent eux-mêmes que ce qu'ils font est une honte. Eh ben, allez-y, dites aux Français, si vous allez dans la rue, vous êtes libre d'y aller, mais vous êtes libre aussi de vous faire gazer, matraquer, éborner et amputer d'une main.

Et si vous arrivez au Parlement, vous avez le droit de déposer des amendements, mais nous, on les jette à la poubelle. Faites-le. Et après, venez nous faire des cours sur la dictature dans l'avion, en nous disant, ah mais quand même, une dictature, c'est un endroit où un homme et un clan décident la loi tout seuls. Mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? C'est vous qui dites qu'on est en dictature. Nous, on a dit que vous êtes un régime autoritaire. Le libéralisme est partout maintenant un régime autoritaire. Ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas vous convaincre que grâce à vos efforts personnels, vous alliez tout d'un coup vous tirer d'affaires.

Et donc, dans tous les pays du monde, ça se traduit de la même manière. Écoutez les gens, vous ne trouvez pas bizarre qu'on crève les yeux en France, mais aussi au Chili, mais aussi au Liban, mais aussi en Irak, que chaque fois, c'est les mêmes techniques de répression ? Ça veut dire que sur la planète entière, ils ont décidé de mettre en oeuvre les mêmes moyens pour faire peur aux gens. Et les gens ont peur. Voilà le contexte dans lequel on va travailler et sur lequel je vais conclure pour que vous sachiez quelle bataille on va mener. On aura besoin de votre aide. On va devoir se relayer. C'est très dur pour nous, vous savez.

Bon, déjà, le groupe parlementaire les insoumis, alors c'est moi le président, j'aime mieux vous dire que ça occupe, parce que c'est pas 17 gentils qui sont là, c'est des caractères, donc il faut arriver à... Non, mais bon, les chats font pas des chiens, hein, bon. Alors, bon, il faut faire avec, quoi. Ils sont combattants. Alors, ce groupe, mais nous, nous ne sommes que 17. Et dans les 17, bon, chacun a aussi une vie, hein, faut pas non plus passer là-dessus comme si ça n'existait pas. Et puis il y en a un qui habite très loin, c'est Jean-Hu Grappenon qui est à La Réunion. Le gars pour venir, il fait 11 heures d'avion, d'accord ?

Donc, au bout de trois voyages, il est comme moi quand je reviens de Marseille toutes les semaines, avec le nez comme ça, les yeux qui coulent et ainsi de suite, parce que c'est la clim tout le temps. C'est nous qui avons dû lui dire, écoute, non, on te demande de ne plus faire le voyage toutes les semaines, parce que tu vas te tuer, voilà ce que tu vas faire. Et nous, on n'est pas d'accord avec ça. Je vous donne ces petits détails pour que vous sachiez que la bataille politique, c'est des êtres humains qui l'amènent, hein. Nous, nous sommes 17. La rotation du groupe, c'est deux jours et demi.

Quand vous êtes à La République En Marche, la rotation de votre tour de garde, c'est un mois et demi. C'est pas le même traitement, d'accord ? Alors, les plus jeunes, ils ont aussi des familles, ils ont des petits à la maison dont il faut s'occuper, c'est compliqué tout ça. Mais on va te dire, bon, autant de temps qu'il faut pour que, ralentir le système et surtout, faire que ceux qui vont regarder, ils en apprennent tous les jours. Ça va être un peu saoulant, mais vous savez, sur le code du travail, on avait dit, ça n'intéressera personne. Mais c'est pas vrai. Il y avait des milliers de gens qui suivaient ce qu'ils pouvaient, hein. Puis ils le racontaient aux autres.

Et puis après, ils revenaient voir en arrière ce qui s'est passé. À la fin, pour nous autres, de la révolution citoyenne, c'est très important parce que ça élève le niveau. Nous, on n'est pas en train de créer un parti révolutionnaire. Ce qu'on essaye de créer, c'est un peuple révolutionnaire. Parce que si on doit tout changer, c'est le peuple lui-même qui va le faire. Ce n'est pas une avant-garde que nous serions nous. Mais croyez-moi, c'est le fond du projet politique. Bon. Voilà ce que va être cette bataille. Et puis après, on ne va pas... Pourquoi aussi on fait tout ça ? Pour que les gens y pensent, après. Parce qu'en 2022, il va y avoir des élections présidentielles.

C'est une élection clé. D'accord ? Bon. S'il vous plaît, j'espère que vous n'aurez pas oublié. Non, mais parce que vous allez retrouver tout le monde. Y compris ceux qui sont très discrets en ce moment. D'accord ? Il y en a qui sont pour la retraite. Mais pas celle-là. Bon, laquelle ? Laquelle ? Ah, on n'a pas entendu. Pas celle-là, mais une autre. Non, ni celle-là, ni une autre. Celle qu'on a, marche très bien. J'espère que vous en rappellerez. Parce que, vous vous rappelez la dernière fois, la loi El Khomri, bon, quand même, vous vous en êtes rappelé au moment d'aller voter, vous avez réglé vos comptes. Ben, la prochaine fois, vous ferez pareil.

Et ce qu'il faudra qu'on fasse, c'est que ce soit un choix positif. Parce que nous, on n'est pas juste pour dire on ne veut pas d'eux. On veut l'intérêt général et les biens communs. Pour l'instant, c'est dans le programme, pour nous, l'avenir en commun, sur lequel on s'est déjà battus et on a regroupé 7 millions de voix. C'est pas rien. Puis les 7 millions qu'on votait, ils savaient ce qu'ils faisaient. Parce que c'était pas à ma personne qu'ils en avaient. Parce que c'est pas ce qu'il y a de plus attachant dans l'affaire. Puis en plus, comme j'ai dit à mon premier meeting, j'ai dit, moi, je ne vous demande pas de m'épouser. Je vous demande juste d'être d'accord avec moi sur un programme.

Et ça a marché parce que les gens sont d'accord avec ça, avec un programme. Et depuis, on a tellement bossé. En deux ans et demi, vous verriez le nombre de sujets qu'on a approfondis, les propositions, les projets de loi qu'on a déposés. On est dix fois plus préparés qu'on l'était en 2017. Dans le groupe La France Insoumise, et alors celui de l'Assemblée Nationale, puis celui de l'Europe, il y a de quoi faire un ou deux gouvernements, rien qu'avec cela, sans compter ceux qui sont dehors. Parce qu'ils se sont endurcis, aguerris, et en plus, ils sont restés les pieds dans la glaise.

Quand vous avez une aide-soignante comme Caroline Fiat, bon, maintenant, c'est devenu une super-forte de toutes les questions de santé, mais elle reste, la femme qu'elle était il y a encore deux ans, c'est-à-dire une femme pauvre, d'accord, travaillant à l'aide aux personnes âgées, une aide-soignante. Et de la même pour d'autres de nos camarades. Et lui, comme je l'ai dit tout à l'heure, il croyait se moquer de lui. Eh bien, moi, j'ai dit, mais t'es fou, on est fiers ! Parce que, voilà, la nouvelle classe salariale des classes moyennes, c'est cet homme-là. Et puis, il en vient, il a ses collègues qui sont encore là au fond, c'est que c'est pas si vieux que ça. Non, ça va, c'est bon, ça.

Voilà. Voilà tout ce que je voulais vous dire. C'est une étape dans une bataille. Chacun d'entre vous, maintenant, a un boulot à faire. C'est convaincre les autres. Il faut qu'ils comprennent ce qui se passe. Je sais pas ce que vous avez retenu de tout ce qu'on vous a expliqué, parce que vous en établiez déjà un morceau. Vous-même, vous vous renseignez, on sait bien que on est oublié à cette époque. Vous en avez appris d'autres, des manières de dire, des manières de faire. Ne croyez jamais qu'une lutte sert à rien. Ça existe pas. Tout finit par un moment ou un autre produire du résultat. Toujours. Il n'y a pas d'effort qui soit vain.

Mais le principal, c'est d'élever le niveau, de faire comprendre que les gens se rendent possesseurs de la société dans laquelle ils vivent, qu'ils comprennent qu'est-ce qu'un système de retraite. Moi, vous savez, j'y connaissais rien du tout. Au début, moi, mon éducation, ma formation, c'est la poésie du 16e siècle. Vous voyez le tableau ? Bon, qu'est-ce que ça peut bien avoir ? Eh bien, on apprend le reste. J'ai appris des syndicalistes qu'est-ce que c'était que des conventions collectives ? Qu'est-ce que c'était que les qualifications dans tous les métiers ? J'étais même ministre de ce truc-là. Donc, on peut tous apprendre dans des domaines où on ne sait rien en arrivant.

Il ne faut pas faire de complexe. Il ne faut pas avoir honte de demander une explication à un ou une qui sait quand on ne sait pas. Il faut le faire parce que c'est comme ça qu'on devient plus fort, meilleur, de plus haut niveau. Et du coup, on peut être plus utile aux autres. Rien ne remplacera jamais la science, le savoir, la capacité des êtres humains à se rendre maîtres par leur cerveau de leur propre existence, de leur propre culture, de leur propre développement. Ça y est, j'ai tout dit, chef.

2:13:54
Invité politique

Non, on ne rompne pas avec une habitude. On finit toujours, en général, un meeting avec une citation qui nous éclaire.

2:14:02
Locuteur 6

Voyons.

2:14:03
Invité politique

Généralement, on cite les grands auteurs. Victor Hugo, Jean Jaurès. Alors, ce soir, je vais faire une petite exception.

2:14:10
Locuteur 6

Grand Bespierre.

2:14:11
Invité politique

Non. Perdu, patron. Je vais faire une exception sur la qualité du personnage que je vais citer, mais ça ne sera pas une exception sur le caractère très éclairant de la citation. Vous allez voir. Puisqu'il paraît qu'aujourd'hui, il fait l'actualité et qu'il est de retour à la télévision, mais il a été celui qui nous a le plus éclairés au démarrage sur la bataille que nous sommes en train de mener. Je veux citer François Fillon. Alors, ne le huet pas, une fois n'est pas coutume, François Fillon a été dans cette affaire un éclaireur.

Devant un parterre patronal pendant la campagne de la primaire de droite, il avait résumé et Jean-Luc, tu m'excuseras, mais il avait mis moins de 3h30 pour le faire, ce que nous avons fait ce soir tous les deux, la retraite par point. Alors, une fois n'est pas coutume, je vais citer François Fillon. François Fillon, s'agissant de la retraite par point, disait la chose suivante. La retraite par point, dit-il, j'y suis favorable. Mais, il ne faut pas qu'on raconte d'histoire aux Français. Ça ne va pas régler le problème des retraites, non. La retraite par point, dit François Fillon, permet une chose qu'aucun homme politique n'avoue.

c'est que ça va permettre chaque année de baisser la valeur du point et donc le niveau des pensions. Eh bien, M. Macron, depuis Lille ce soir, nous vous le disons, la France, cette République sociale, n'a pas envie de danser avec vous le black rock'n'roll. Cette bataille, tous ensemble, nous allons la gagner et on ira, les amis. Faisons-nous-en la promesse ce soir jusqu'au retrait.

2:16:01
Locuteur 6

Les puissances de la terre, les malheureux sont les puissances de la terre. Ils ont le droit de parler en maître au gouvernement qui les néglige. C'est injuste. Sous-titrage Société Radio-Canada