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interviewJordan Bardella· 28 mars 2025 8 min

Retrouvez l'intervention de Jordan Bardella à Jérusalem sur la lutte contre l'antisémitisme

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jordan Bardella

Bien, mesdames, messieurs, monsieur le ministre, c'est un immense honneur d'être invité par le gouvernement de l'État d'Israël à prendre la parole devant vous sur un sujet qui nous est cher et qui ne devrait souffrir d'aucune ambiguïté, celui de la nécessaire lutte contre l'antisémitisme. L'antisémitisme, c'est pour nous la définition de l'Ira, que nous reconnaissons et que nous acceptons. C'est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Ce sont les manifestations rhétoriques et physiques qui visent des individus Juifs ou non, leurs biens, mais aussi des institutions communautaires et des lieux de culte.

Je tiens d'abord à saluer les organisateurs de cette conférence et à remercier tout particulièrement le ministre Amikhaï Chikli pour son amitié et pour l'invitation faite aux Patriotes d'Europe de se tenir ici aujourd'hui en cette période si singulière pour nos démocraties. Face à la résurgence inquiétante de la haine anti-juive à travers l'Europe et le monde, face au terrorisme et nos valeurs, nous croyons plus que jamais, nous, Français, à l'impérieuse nécessité pour nos nations d'unir leur voix et de rassembler toutes leurs forces dans ce combat.

Sachez, Monsieur le ministre, que je mesure la portée symbolique éminente de cette invitation qui consacre l'importance du mouvement patriote en France, mais aussi sa responsabilité devant l'histoire à l'heure d'une guerre sans relâche, face à la barbarie qui est aussi la nôtre. Il m'est impossible de prendre la parole sur cette terre chargée d'histoire sans évoquer en premier lieu cette date ô combien tragique du 7 octobre 2023. Votre nation Israël a subi dans sa chair une attaque d'une lâcheté, d'une sauvagerie qui marqueront à jamais la mémoire de chacun d'entre nous.

En l'espace de quelques heures, Israël a vécu son 11 septembre 2001 et son Bataclan, en référence à ce soir de novembre 2015, où des Français furent décimés et assassinés par dizaines par des terroristes islamistes. Le 7 octobre devait être un jour de fête. Il fut un pogrom d'une barbarie inimaginable commise par le Hamas qui a tué indistinctement des femmes, des enfants, des civils et pris en otage des familles entières. Ce jour, 50 citoyens français ont perdu la vie et personne ne peut ignorer la violence extrême de ces scènes. Mais se rendre sur place hier, comme je l'ai fait, avec certains de mes amis, permet de ressentir l'entière pesanteur d'un acte indicible.

Et c'est aussi cette même pesanteur que j'ai ressentie il y a quelques heures dans les allées du musée de Yad Vashem, là encore, dans le souvenir de l'horreur et de l'indicible. L'attaque du 7 octobre, tous ceux qui prônent la haine des Juifs, mais bien au contraire, elle les a revigorées. Et depuis ces attentats, loin de reculer, la haine anti-Juif s'est sentie pousser des ailes en Europe, au point que nous voyons revenir à un antisémitisme d'atmosphère. Presque chaque jour apporte son lot d'insultes, de menaces, d'agressions à l'encontre de nos compatriotes de confession juive. Des scènes d'un autre âge refont surface.

Qui aurait imaginé revoir, chez nous, en Europe, des étoiles de David taguées sur les murs d'immeubles, comme aux heures les plus sombres de l'histoire ? Qui aurait pensé qu'en 2025, en Europe, porter une kippa ou avoir un nom à consonaise juive pourrait vous exposer à la violence, comme ça a été le cas à Orléans, il y a quelques jours, où un rabbin devant son fils de 9 ans a été agressé par un islamiste ? Qui aurait pensé qu'en 2025, en France, le principal parti de gauche aurait détourné sur une affiche la photo d'un animateur de télé en s'inspirant des caricatures juives des années 30 ? Des manifestations appelant à l'intifada ont pris place dans les capitales européennes.

Des partis de gauche dans nos démocraties se sont levés pour qualifier le Hamas de mouvements de résistance et parfois nier certaines atrocités. A l'école, dans certains territoires, l'enseignement de la Shoah est devenu littéralement impossible tant la politique d'immigration, conduite depuis 30 ans, bouscule les grands équilibres de notre nation. Nous n'oublions pas non plus les drames récents où la France a pleuré ses enfants juifs. Toulouse, un enseignant, sont assassinés par Mohamed Merah parce que juif. Paris 2015, des Français tués dans un supermarché cachère parce que juif. Et à chacune de ces tragédies, nous avons pourtant juré plus jamais ça.

Aujourd'hui, en France, il faut déployer des militaires pour protéger des synagogues. Et ce de ce nouvel antisémitisme d'atmosphère dont je veux vous parler et qui a supplanté les formes que l'on connaissait avant, ce constat nous oblige d'abord au courage, celui de nommer l'ennemi pour mieux le combattre. Depuis le 7 octobre, particulièrement en France, nous assistons à une lune de miel entre l'islamisme et la gauche extrême. L'un fournit les fanatiques, l'autre institutionnalise le mal, fournit l'excuse de victimisation et l'apparence de bonne conscience. Ce constat, mesdames, messieurs, nous appelle à l'action.

Il faut oser le combat frontal, moral, politique, partout, contre ces militants de la haine anti-juive. Il faut rappeler inlassablement que l'antisionisme est bien souvent un alibi, celui de l'antisémitisme, qui est l'idéologie de ceux qui ne supportent pas l'existence d'une nation juive. Tous les gouvernements du monde, bien sûr, peuvent être l'objet de critiques, de débats et c'est là la richesse de chaque démocratie. Mais on ne remet pas en cause un gouvernement quand on remet en cause l'existence même d'une nation. On bafoue un principe intangible, celui du droit d'Israël à vivre en sécurité. Alors pour conclure, il faut avoir la lucidité d'affronter la menace islamiste.

Elle est votre ennemi, tout autant qu'elle constitue notre péril le plus existentiel. L'islamisme est le totalitarisme du XXIe siècle. Il menace de détruire tout ce qui ne lui ressemble pas. L'islamisme ne veut pas se séparer de nos sociétés. Il veut les conquérir, imposer ses interdits, ses obsessions et ses haines. Ici, vous combattez entre autres le Hamas. Nous combattons, nous, la présence de ses idées et de ses soutiens sur le sol de France. Enfin, et parce que le sujet est incontournable, il nous faut oser voir le lien qui existe entre la montée de l'islamisme, la recrudescence de l'antisémitisme et le phénomène migratoire qui fracture toutes les sociétés occidentales.

Mesdames et Messieurs, le combat qui nous a rassemblés aujourd'hui ici, à l'invitation du ministre de la Diaspora, dépasse nos frontières. La haine des Juifs et de l'État d'Israël est un fléau mondial que nous devons combattre sans relâche. Et j'aimerais vous le dire très sincèrement par ses positions, par ses propositions, par sa constance, face à la menace en France, le Rassemblement national, aux côtés de Marine Le Pen, est aujourd'hui le meilleur bouclier pour nos compatriotes de confession juive. Alors ce seront mes derniers mots. Ce soir à Jérusalem, je prends un engagement solennel. La France combattra l'antisémitisme partout, tout le temps et sous toutes ses formes.

Qu'il provienne d'islamistes fanatiques, de l'extrême gauche camouflée en antisioniste, ou encore de groupuscules d'extrême droite et de leur complot délirant, aucune de ces haines n'a de place en France et en Europe. Aucune n'est excusable. Aucune n'est tolérable. Ce déplacement est historique par son symbole. Il le sera également, je l'espère, par les actes. Face à la haine et à la violence, nous vaincrons. Longue vie à l'amitié entre la France et Israël. Vive les nations libres et fières. Et vive la France.

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