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InterviewCercle Montesquieu· 31 mai 2021 15 minAutoproduitActualité / polémiqueSanté

La Grande Interview du Cercle Montesquieu #3 : Madame la députée Annie Vidal

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « Nous avons opté en France pour une stratégie de vaccination par palier, avec une montée exponentielle au fil du temps. »
  • 0:51Invité politiqueChiffre
    « Nous avons atteint il y a quelques jours les 20 millions de vaccinés. C'était notre objectif à mi-mai. »
  • 1:16Invité politiquePromesse
    « Nous attendons par ailleurs une livraison de doses importante, 51 millions de doses qui vont arriver et qui vont nous permettre de poursuivre cette vaccination de manière exponentielle. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « Nous constatons aussi que les Français souhaitent se faire vacciner. »
  • 2:03Invité politiquePromesse
    « Aujourd'hui, ça n'est pas nécessaire de rendre la vaccination obligatoire à nos yeux. »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « Alors, vous l'avez souligné, le pass sanitaire fait l'objet d'une concertation au niveau européen, et c'est à mon sens une très bonne chose. »
  • 2:32Invité politiquePromesse
    « Ce qui est en question avec ce pass sanitaire, c'est de trouver un équilibre entre le respect des libertés des uns et en même temps de garantir la sécurité sanitaire. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « Le pass sanitaire, il est déjà en place, puisque nous avons mis, pour garantir cette liberté et garantir la sécurité sanitaire, nous avons déjà mis en place un certain nombre de protocoles sanitaires qui permettent de respecter cela. »
  • 3:26Invité politiquePromesse
    « Il va concerner des regroupements en plus grand nombre. Donc on n'aura pas deux catégories de personnes, mais il va être exigé dans des conditions tout à fait particulières. »
  • 4:09Invité politiquePromesse
    « Et l'intérêt de ce pass sanitaire, c'est qu'il est temporaire et exceptionnel. »
  • 5:01Invité politiqueFait
    « Le pass sanitaire, c'est quoi ? Ce sont des documents qu'on produit à un moment T pour répondre à une situation bien particulière. »
  • 7:37Invité politiquePromesse
    « Je ne pense pas que l'obligation réglera mieux les choses que la pédagogie et puis la responsabilité de chacune et chacun d'entre nous. »
  • 8:32Invité politiqueChiffre
    « Nous avons quatre vaccins. Ils sont tous aussi sûrs les uns que les autres. »
  • 12:12Locuteur 1Fait
    « Le vaccin ne sera pas obligatoire. »

Temps de parole

  • Annie Vidal74 %
  • Locuteur 114 %
  • Présentateur13 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:15
Présentateur

Bonsoir Madame Vidal, merci de nous consacrer un petit peu de temps au nom du Cercle Montesquieu. Nous allons discuter de la vaccination ce soir. Je vous présente Claire de Saint-Blanca, Mathieu Guerrino, et nous travaillons notamment au sein de la Commission Santé du Cercle. Madame Vidal, il y a quelques mois, le président de la République, Emmanuel Macron, avait décidé de ne pas rendre la vaccination contre le Covid obligatoire. Vous avez vu que le sujet fait débat en Europe. Estimez-vous aujourd'hui que les conditions pourraient être réunies pour finalement rendre cette vaccination obligatoire en France ?

0:51
Annie Vidal

Nous avons opté en France pour une stratégie de vaccination par palier, avec une montée exponentielle au fil du temps. Nous avons atteint il y a quelques jours les 20 millions de vaccinés. C'était notre objectif à mi-mai. Nous sommes dans les objectifs que nous nous étions fixés. Nous attendons par ailleurs une livraison de doses importante, 51 millions de doses qui vont arriver et qui vont nous permettre de poursuivre cette vaccination de manière exponentielle. Nous constatons aussi que les Français souhaitent se faire vacciner. Donc aujourd'hui, une vaccination obligatoire ne correspond ni à notre philosophie, ni à notre stratégie.

Elle ne nous permettrait pas de mieux atteindre nos objectifs, puisque nous les atteignons d'ores et déjà, et que nous les atteindrons avec les doses qui vont être livrées dans les semaines qui viennent. Donc aujourd'hui, ça n'est pas nécessaire de rendre la vaccination obligatoire à nos yeux.

2:03
Locuteur 1

À la place d'une vaccination obligatoire, il y a le pass sanitaire qui a été beaucoup débattu et qui est souhaité par l'Europe et qui est aujourd'hui, qui figure dans le projet de loi de sortie de l'urgence sanitaire. Est-ce que ce pass sanitaire ne soulève pas des questions au regard des libertés fondamentales, et notamment du principe de non-discrimination ?

2:24
Annie Vidal

Alors, vous l'avez souligné, le pass sanitaire fait l'objet d'une concertation au niveau européen, et c'est à mon sens une très bonne chose. Ce qui est en question avec ce pass sanitaire, c'est de trouver un équilibre entre le respect des libertés des uns et en même temps de garantir la sécurité sanitaire. Donc aujourd'hui, d'une certaine manière, le pass sanitaire, il est déjà en place, puisque nous avons mis, pour garantir cette liberté et garantir la sécurité sanitaire, nous avons déjà mis en place un certain nombre de protocoles sanitaires qui permettent de respecter cela.

Donc oui, il peut poser des questions, mais dès lors que nous sommes dans un contexte sanitaire tel que celui-ci, il semble nécessaire d'imposer un certain nombre de protocoles.

3:22
Présentateur

Néanmoins, et pour revenir sur ce pass sanitaire, c'est vrai qu'il faut que les mesures soient bien proportionnées. Et est-ce qu'on ne risque pas quand même, s'il est possible, de créer deux catégories de personnes, celles qui finalement ont accès un peu à la vie d'avant et puis finalement les autres ?

3:37
Annie Vidal

Deux catégories de personnes, je ne pense pas, parce que le pass sanitaire ne va pas s'appliquer à la vie du quotidien. On ne va pas demander un pass sanitaire pour aller au restaurant, par exemple. Il va concerner des regroupements en plus grand nombre. Donc on n'aura pas deux catégories de personnes, mais il va être exigé dans des conditions tout à fait particulières. Et l'intérêt de ce pass sanitaire, c'est qu'il est temporaire et exceptionnel. Et encore une fois, il va répondre à des situations bien spécifiques. C'est aussi un pacte de confiance.

Nous savons que les enjeux autour de la crise sanitaire sont extrêmement importants et nous en appelons à la responsabilité des Français pour pouvoir préserver justement cette sécurité sanitaire.

4:30
Locuteur 1

Il y a dans ce pass sanitaire, il y aura quand même des données de santé, puisqu'on va vous demander à la personne qui porte ce pass sanitaire de montrer certaines choses, soit qu'elle a fait un test PCR, soit qu'elle est vaccinée justement. Est-ce qu'il n'y a pas un sujet sur l'accès à ces données de santé ? Qui va avoir accès ? Comment garantir que vous n'allez pas avoir des tiers qui n'ont pas besoin d'avoir accès à ces données, qui finalement auront accès à des données à caractère personnel de santé, donc particulièrement précieuses ?

5:01
Annie Vidal

Le pass sanitaire, c'est quoi ? Ce sont des documents qu'on produit à un moment T pour répondre à une situation bien particulière. C'est sous format papier ou sous format électronique à travers l'application TousAnti-Covid. Et donc, aucun tiers n'a accès à cette application. Et par ailleurs, lorsqu'il s'agira de voyages à l'étranger, il n'y a que les contrôleurs de l'espace aérien, si on est dans un aéroport, qui auront accès à ces données. Donc, il n'y a pas de risque de consultation de données par un tiers. Et par ailleurs, ce sont des données qui sont vraies à un moment T, puisque c'est l'attestation d'un test négatif ou un certificat de vaccination.

Donc, on n'est pas dans des données médicales qui sont mises sur un site et qui pourraient être consultées par tout un chacun.

5:58
Présentateur

En 2018, la vaccination pour la Rojol avait été rendue obligatoire parce qu'on considérait qu'il y avait finalement un trop faible taux d'immunité collective. Et est-ce que vous pensez qu'on réussira à inciter un suffisamment gros nombre de la population française à se faire vacciner, et probablement, peut-être régulièrement chaque année, sans forcément le rendre obligatoire ?

6:24
Annie Vidal

Alors, moi, je crois que oui, parce que force est de constater d'une part qu'aujourd'hui, si on a pu constater quelque réticence au début de la vaccination, aujourd'hui, le nombre de personnes qui veulent se faire vacciner est croissant de jour en jour. Et par ailleurs, pour deux raisons, parce que les personnes ont conscience que c'est une solution pour se protéger du Covid. Et par ailleurs, tout un chacun, nous avons tous envie de reprendre nos activités, notre travail, nos sorties culturelles, les restaurants, les rencontres familiales.

Et donc, naturellement, outre les gestes barrières, le port du masque et tout ce que nous avons appliqué depuis des mois, la distanciation sociale, la vaccination est quand même un pilier pour reprendre, je ne sais pas si ce sera la vie d'avant, mais en tout cas, reprendre un certain nombre d'activités qui nous sont chères. La vaccination, moi, j'ai titré mes voeux en disant, nous allons commencer l'année 2021 avec un espoir qui est celui du vaccin. C'est ce qui nous permettra de sortir de cette crise sanitaire. Donc, je ne pense pas que l'obligation réglera mieux les choses que la pédagogie et puis la responsabilité de chacune et chacun d'entre nous.

7:43
Locuteur 1

Concernant la volonté de plus en plus de personnes de se faire vacciner, on assiste à quelque chose d'assez unique, c'est le choix des personnes et du type de vaccin qu'il leur administrait, de la marque en particulier. Est-ce que vous pensez que c'est souhaitable d'aller vers cela ?

8:04
Annie Vidal

Alors, c'est vrai qu'on assiste à cette situation très particulière du choix de la marque de son vaccin. C'est un phénomène nouveau quand on se fait vacciner de la grippe. La plupart des personnes qui se font vacciner de la grippe ne savent même pas de quelle marque il s'agit et encore moins, je crois, de quelle technologie. La situation est particulière parce qu'il y a eu une course pour ce vaccin qui fait qu'on a expliqué que différents vaccins venaient sur le marché. Donc aujourd'hui, nous avons quatre vaccins. Ils sont tous aussi sûrs les uns que les autres. Ils sont tous passés par les fourches codines de l'Agence du médicament et de la Haute Autorité de Santé.

Après, certains ciblent les publics différemment. L'AstraZeneca pour les plus de 55 ans. On a le Janssen qui va arriver aussi et qui, lui, pourrait être orienté vers les personnes plus fragiles, plus précaires ou en situation de handicap parce qu'une seule injection. Le choix que nous avons fait, et nous allons l'établir, c'est d'avoir une certaine souplesse, maintenant que nous avons suffisamment de doses, d'avoir une certaine souplesse dans la dispensation des vaccins. Et donc, ça permet à chacun, selon son profil, de s'y retrouver. Pour autant, moi, je ne pense pas qu'il faille donner le choix parce que derrière cette vaccination de masse, quand même, il y a toute une logistique.

Et il faut quand même bien anticiper la manière dont on va organiser cette vaccination. Donc, si on laisse à chacun le choix de son vaccin, ça va être un casse-tête infernal pour organiser les vaccinations dans le temps qui nous est imparti. Donc, la souplesse doit permettre à chacun de s'y retrouver sans pour autant laisser le choix total qui désorganiserait un système, malgré tout, complexe à mettre en place.

9:55
Présentateur

En tant que membre du Cercle Montesquieu, nous représentons aussi des entreprises. Et comme vous le savez, les entreprises sont habilitées à proposer des campagnes de vaccination sur la base du volontariat, assuré par la médecine du travail. Pour autant, ces mêmes entreprises ne peuvent pas non plus refuser l'accès à leurs locaux à des salariés qui ne souhaiteraient pas être vaccinés. Or, ces mêmes entreprises ont quand même une obligation de par la loi d'assurer la sécurité de tous les salariés qui y travaillent. Comment trouver un équilibre entre les deux ?

10:28
Annie Vidal

Alors, c'est un sujet qui a été particulièrement débattu, cet équilibre entre le souhait de respecter la volonté individuelle et puis de garantir la sécurité de l'ensemble des professionnels d'une entreprise. Pour ce faire, Mme Borne, notre ministre, s'est beaucoup engagée et a établi tout un tas de protocoles sanitaires en spécificité de chaque entreprise avec les partenaires sociaux. Ce qui permet finalement d'avoir une adaptation des choses dans chacune des entreprises.

Et ça doit permettre à chaque employé de pouvoir discuter de son temps de présence, de respecter les protocoles sanitaires et de pouvoir reprendre son activité sans vaccin, mais bien évidemment en respectant les gestes barrières, la distanciation, les repas, etc. L'entreprise ne peut pas imposer. Là encore, c'est une question de liberté individuelle. Mais pour autant, je crois que dans un sujet comme celui-ci, la question de la responsabilisation de chacun est extrêmement importante et nous savons que nous pouvons compter là-dessus. Il s'agit là encore une fois de garantir une sécurité sanitaire qui est ô combien importante. Ça fait un an que nous sommes dans cette crise sanitaire.

Je crois que c'est vraiment sur la responsabilisation individuelle qu'il faut compter pour pouvoir se sortir de cette crise, mais préserver à chacun sa liberté, ne pas rendre le vaccin obligatoire, mais permettre à ceux et celles et ceux qui ne veulent pas se faire vacciner de pouvoir malgré tout continuer à intégrer leur entreprise, à rentrer dans leur entreprise.

12:08
Locuteur 1

Le vaccin ne sera pas obligatoire. Et aujourd'hui, on a pourtant l'impression que le vaccin est la seule solution de la sortie de crise, du retour à la vie normale que vous mentionnez tout à l'heure. Mais pourtant, il y a beaucoup d'essais en cours à différents stades et donc des traitements qui sont attendus. On n'en a pas du tout parlé. Est-ce qu'il y a des solutions alternatives justement au vaccin qui nous permettraient ce retour à la vie normale ?

12:37
Annie Vidal

Alors, on a des solutions, on a tout un panel de solutions pour la crise. Encore une fois, ça passe par le respect des gestes barrières, ça passe par l'engagement des uns et des autres à s'adapter et ça passe par la vaccination. Aujourd'hui, nous avons quatre vaccins. Nous avons Sanofi qui aussi va arriver avec un nouveau vaccin à l'automne probablement. Et puis, il y a des protocoles de recherche qui sont en cours pour nous proposer des solutions alternatives. Mais aujourd'hui, on n'a pas de solution alternative définie, arrêtée, validée, à proposer. Donc là encore, nous comptons sur la recherche médicale.

Les chercheurs nous ont prouvé la capacité qu'ils pouvaient avoir à mettre en place des solutions avec ce vaccin qui a été mis au point en une année. Donc, c'est quelque chose d'assez remarquable. Et puis, la technologie ARN messager est aussi prometteuse puisqu'elle peut répondre à d'autres pathologies. Aujourd'hui, l'alternative médicamenteuse n'est pas encore arrêtée, mais les chercheurs y travaillent.

14:02
Locuteur 1

Merci beaucoup, madame la députée, pour cet échange très instructif sur un sujet d'actualité encore débattu aujourd'hui au Sénat. Et j'espère que ce sera très utile pour tous les membres du cercle et tous ceux qui vous écouteront.

14:15
Annie Vidal

Eh bien, je suis ravie d'avoir partagé quelques informations avec vous. Et je ne doute pas que cet échange nous aidera, nous de notre côté, à pouvoir développer cette pédagogie auprès des uns et des autres au regard de la vaccination et des enjeux qui y sont liés.