Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewfranceinfo (sur YouTube)· 27 septembre 2026 26 min

"La Russie est de plus en plus agressive avec la France et l’Europe" (Jean-Noël Barrot)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur

Jean-Noël Barreau, je voudrais évidemment commencer par la visite du pape en France et ces images impressionnantes. Hier, une marée humaine sur les Champs-Élysées et place de la Concorde. Encore ce matin à Lourde, 150000 personnes qui ont assisté à la messe de de Léon XIV. Le pape qui c'était une de ses premières étapes s'est exprimé à l'Élysée sous les yeux du président de la République. Je vous propose d'écouter un extrait de son discours.

Je constate parfois avec préoccupation les dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprise lucrative favorissant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui l'achat d'organe l'offre d'une morte programmée. Jean-Noël Barot, vous qui appartenez à la famille politique de la de la démocratie chrétienne, euh est-ce que vous êtes sensible ? Est-ce que vous partagez euh cette mise en garde du pape Léon XIV qui vise notamment une partie de de l'action du gouvernement notamment sur la question de la de la loi pour l'aide à mourir ?

D'abord, comme vous, je suis frappé par la ferveur et la lièe des catholiques de France qui accueille le Saint-Père pour la première fois depuis 20 ans, mais aussi par l'affluence euh qu'il a rencontré sur les différentes étapes de son voyage en France jusqu'à présent qui témoigne du fait que il y a dans la société française une attente d'un certain discours qui effectivement prend à bras le corps ces ces questions dont nous voyons bien collectivement que nous avons besoin de les traiter. C'est le cas, je crois, de l'individualisme, de la solitude qui plonge un certain nombre de nos concitoyens dans la détresse. C'est le cas aussi d'une forme de marchandisation du monde.

C'est les propos que vous avez évoqué mais plus largement. Et là, quand il parle quand le papléon XV encore une fois sous les yeux du président de la République, il parle de d'une mort programmée en faisant directement référence à la loi sur la fin de vie. Est-ce que vous vous dites est-ce que vous dites il a raison ? Est-ce que est-ce que vous êtes est-ce que vous êtes au contraire en opposition ? que vous maintenez le le le ce cap qui a été fixé par le par le gouvernement. Mais enfin Benjamin, du il est il est dans son rôle.

N'importe quel chef religieux de n'importe quelle grande religion monothéiste aujourd'hui insisterait naturellement sur la protection de la vie à son commencement et à sa fin. Ensuite, nous avons eu un débat démocratique qui est allé d'une convention citoyenne jusqu'au Conseil constitutionnel cet été. J'ai eu l'occasion de m'exprimer sur mes positions à ce sujet. le la question a été tranchée démocratiquement. Mais je veux ajouter un point qui me paraît être à l'origine de cet écho considérable que rencontre Léon X et son message dans notre pays. C'est cet appel à la paix civile, au dialogue et au respect d'autrui.

Dans une société qui, comme d'autres sociétés européennes ou américaines se polarise à l'extrême. Ça fait énormément de bien d'entendre ce message qui qui nous appelle à une forme de tolérance, y compris dans un débat démocratique qui est devenu extrêmement radicalisé. et l'ouvriage du pape qui continuera puisque demain il se rendra à Messe. Jean-Noël Barot, je voudrais qu'on revienne sur l'une des principales annonces faites par le président de la République jeudi soir à la télévision, l'envoi de moyens militaires français en Arabie Saoudite pour sécuriser le terminal pétrolier de Yambou aux morts de la de la mer rouge et tenter de faire baisser la pression sur les prix de de l'énergie.

Euh c'est un site pétrolier saoudien euh qui est susceptible d'être visé par la milice Outi qui est une milice proiranne. Très concrètement, Jean-Nel Baron, on a besoin de vous pour euh comprendre quels sont les les tenants et les aboutissants de cette mission avec une première question d'ordre général. Euh il va y avoir un envoi de moyens militaire de défense si la France par ses moyens militaires est visée directement par cette milice outil cette milice proiranne ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France réplique, ça veut dire que la France rentre en guerre contre cette milice. Alors, si vous me permettez, on va rembobiner un tout petit peu.

Ça fait 2 ans maintenant que des moyens militaires français sont déployés pas très loin de Yambou en mer rouge pour protéger la circulation des navires de commerce contre les attaques de drone ou de missile des outils. Et ça marche puisqu'on a escorté, protégé ainsi plusieurs centaines de navires qui battaient pavillon français sans qu'ils ne subissent aucun dommage depuis le début de la guerre en Iran. Ça n'a échappé à personne que la France est l'un des pays qui a déployé le plus de moyens.

Vous vous souvenez dès les premiers jours de la guerre pour protéger nos partenaires, certains de nos alliés contre les attaques indiscriminées de l'Iran qui tapaient à la fois des pays européens comme Chypre mais aussi des pays du du proche Orient. Qu'est-ce qui se passe désormais ? Et bien alors que on voit que les États-Unis et l'Iran peineent à conclure et mettre en œuvre cet accord qu'ils ont trouvé et qui a été signé même sous nos yeux à Versailles est venu se greffer à ce conflit dont nous payons le prix puisqu'il exerce une pression forte sur les prix des hydrocarbures.

Une un autre conflit qui oppose effectivement l'Arabie Saoudite et ce groupe des outils qui déjà se met le désordre en mer rouge. Que fait le président de la République ? Il annonce qu'effectivement il y a un terminal, un point qui est névralgique. Pourquoi ? Et bien parce que l'Arabie Saoudite utilise ce point pour contourner Ormous pour passer contourner la fermeture des D3 d'Ormous et de Babelem. Et comme on l'a fait comme on l'a fait depuis le début de cette guerre et bien de manière strictement défensive on met à disposition des moyens défensif défens défensif.

Ça veut dire que mais ça veut dire que si les moyens militaires français sont visés qu'il y a pas de réplique des forces militaires françaises positionnées autour de ce site pétrolier. Mais la question se pose à chaque fois que nous avons dans la région déployé des moyens défensifs. Je vous le disais, on le fait depuis 2 ans, on l'a fait à nouveau depuis le début de la guerre en Iran et on le fait là. Il a pas de risque donc il y a pas de risque de cobelligérance à envoyer des moyens militaires dans cette dans cet endroit du monde qui là encore peut-être visé par des forces en soutien de l'Iran. Non, absolument pas.

Sachez que depuis le début de la guerre en Iran, je je le répète, nous avons déployé des moyens militaires pour protéger nos alliés, nos partenaires. Est-ce qu'à un seul moment, nous avons été considérés comme cobelligérant ? Jamais. Ça n'est pas la question. C'est c'est strictement défensif. Ensuite, je sais où vous allez m'emmener qui est la question de l'information du parlement puisque certains responsables. Avant avant la réponse, juste juste avant de de parler de de ce sujet puisqueeffectivement les oppositions demandent à ce qu'il y a un débat au parlement sur ces fameux moyens militaires. Est-ce qu'on peut être un peu plus précis ?

Est-ce que les soldats est-ce que ça se chiffre en dizaines en centaines qui se rendraient en Arabie Saoudite autour de ce de ce site pétrolier ? Est-ce que vous pouvez être un peu plus précis sur les moyens militaires qui vont être envoyés ? Le président jeudi soir que vous avez écouté, j'en suis sûr, a évoqué la la mise à disposition, l'envoi de soldats de radars pour identifier d'où peuvent [raclement de gorge] provenir les attaques et de système de défense aérienne. Ces capacités, elles vont dépendre de la demande précise qui sera formulée par le parten de soldats. Est-ce que là encore c'est une dizaine, une centaine de soldats ?

Ça dépend de du besoin tel qu'il sera exprimé par le partenaire, de nos propres capacités et de l'évolution de la situation. Mais à nous, je je suis frappé de de voir que ces questions se posent aujourd'hui alors que elles ne se sont pas tellement posées lorsque des moyens, j'allais dire encore plus considérables ont été peut-être aussi parce qu'il y a une une intensification du conflit dans cette région.

Et moi je suis fierz je suis que mon ps mon président plutôt que de rester les bras ball en se demandant s'il doit baisser les taxes et cetera se disent je vais traiter le problème à la racine je vais protéger le point de sortie du pétrole des 5 millions de barils saoudiens pour qu'on puisse faire baisser la pression alors Jean Barreau puisque vous anticipiez la question que j'allais vous poser Jean-Luc Mélenchon je vous propose d'écouter ce qu'il ce qu'a été sa réaction à la suite des propos du président de la République. la base est frappée, que ferons-nous ? L'Assemblée doit voter sur le sujet article 35 de la Constitution.

Est-ce que vous allez répondre à cette à cette demande formulée par les oppositions ? Il y a Jean-Luc Mélenchon, mais pas seulement, qu'il y ait un débat au Parlement quant à l'envoi de ses moyens militaires en Arabie Saoudite. Alors, d'abord, Jean-Luc Mélenchon ne semble pas connaître la Constitution puisque un vote n'est prescrit par la Constitution dans le cadre de cet article 35 qu'à l'issue d'une période de 4 mois. Mais ça peut être un débat sans vote. Ça peut être un débat sans vote et ça peut d'abord être une information du parlement. Mais qu'a fait le président de la République il y a quelques jours ?

C'est précisément d'inviter les forces politiques du pays représenté au Parlement pour leur donner tous les détails. Est-ce que monsieur Mélenchon a déigné se présenter à cette réunion ? La réponse est non. Et donc avant de faire des tweets et euh des déclarations à l'emporte autant venir autant venir au réunion que les institutions de la 5e République sont fait de telle manière qu'il y a effectivement le président qui peut faire une réunion mais il y a aussi un parlement, une assemblée nationale, un sénat. Donc là, ça veut dire qu'en l'état vous dites cette demande de consultation des députés et des sénateurs, c'est niet. Ah pas du tout.

Je suis moi-même amené dans quelques jours à me présenter devant la commission des affaires étrangères pour rendre des comptes sur l'action diplomatique du gouvernement. Est-ce qu'il pourrait y avoir un débat à l'assemblée sur l'envoi de ces moyens militaires ? Il y en aura nécessairement et nous en avons eu depuis le début de la guerre en Iran à plusieurs reprises.

Nous aurons mis l'occasion de débattre de ces questions et je le disais dans un cadre, rappelons-le, sécurisé, le président de la République a tenu à partager avec les représentants des forces politiques des informations détaillées dont certaines sont protégé par que Jean Mélenchon était représenté par Manuel Bonpard, le coordinateur de la France, mais il n'était pas là et il s'en et ensuite bah il se plaint et il fait des tweets et des et des déclarations qui sont, je le disais imprécis sur notre constitution. Un mot encore sur ce sujet, Jean-Nël Barreau.

Est-ce que discours de vérité pour ceux qui nous regardent et ceux qui nous écoutent sur France Interre ne serait pas de dire quand bien même il y a des moyens militaires qui sont envoyés en Arabie Saoudite, tant que les D3 d'Ormous et de Babel Mandb sont fermés, le prix à la pompe ne baissera pas. Est-ce qu'il n'y a pas une forme de décalage entre eux ? Vous disiez il y a quelques instants, moi je suis fier du président de la République qui va permettre de faire baisser les prix de l'énergie. C'est pas aussi simple que ça et c'est même plutôt la tendance inverse qu'on voit en train de se dessiner. Attention, le le D3 de Babel Mandeb n'est pas fermé. Il y a le trafic est extrêmement limité.

le trafic est possible. Ce qui est très problématique, c'est cette escalade de tension entre l'Arabie Saoudite et les outils, les outils frappants des capacité énergétique saoudienne et l'Arabie Saoudite qui comme chacun sait est un grand exportateur de pétrole et d'hydrocarbure. Et donc, il faut que la la circulation du des hydrocarbures saoudiens puisse reprendre de manière à ce que la pression baisse sur les prix. Et comme l'a rappelé le président de la République, ça peut être très rapide. Mais oui, il nous faut faire baisser l'attention par la diplomatie. notamment, mais on ne peut pas s'en arrêter là.

Il faut également et c'est tout le travail que nous menons notamment au Kedor et bien sécuriser nos approvisionnements pour dans les mois qui viennent si jamais la situation devait persister et puis à terme diversifier nos routes commerciales qu'on soit pas systématiquement obligé de dépendre en quelque sorte de l'ouverture de le discours de vérité c'est que on n'est pas à la veille d'une tendance baissière sur les prix de l'énergie. On fait tout pour parvenir rapidement à à la à une tendance baissière. Et je dois dire que si nous effectivement nous déployons ces moyens, c'est pour que le transit du pétrole saoudien puisse reprendre.

Je suis même étonné que d'autres pays n'aient pas fait cette proposition d'ailleurs parce que tous souffrent de cette situation et à ce moment-là, on peut espérer avoir une une baisse. Aujourd'hui, diesel à 2,40 € même s'il est plafonné dans les stations totales, c'est un étranglement pour des millions de français. Ça ne peut pas durer. On ne peut pas comme ça attendre que la chose passe ou simplement proposer d'engouffrer toute tout le public euh pour régler une crise qui, je le disais euh a une origine directe qui est cette tension euh dans la région. D'où cette mission qui est qui a été décidée. Un mot encore Journal Barot sur le proche Orient.

À la tribune des Nations Unies, Emmanuel Macron a eu des mots très sévères à l'égard d'Israël et une phrase a été très commentée. Elle est au sujet de la colonisation en 6 jours de nuit. Je propose de réécouter le président de la République.

11:40
Non speech

[musique]

11:41
Locuteur

Regardez ce qui se passe en 6 Jordanie où chaque jour des violations sont faites au nom de quoi ? Le Hamas n'a jamais sévi en 6 Jordanie. Voilà, le Hamas n'a jamais sévi en 6 Jordanie. En réaction, Israël a dénoncé, je cite, une absurdité grotesque. Euh à New York, vous avez été interrogé sur les propos du président. Vous avez répondu "Je cite que chacun a bien compris ce que voulait dire le le président. Pourquoi est-ce que c'est si difficile quand on est responsable politique de reconnaître qu'une contre a été dite à savoir qu'évidemment la 6 Jordanie est une des bases arrières du Hamas ?

Non mais chacun a parfaitement compris, je le répète, ce qu'a voulu dire le président de la République. Il y a de la part du gouvernement israélien une complaisance coupable et scandaleuse vis-à-vis de ce qui se passe en 6 Jordanie.

la la le développement effrainé d'une colonisation illégale et l'explosion inédite de mémoire d'homme de la violence des colons extrémistes à l'encontre des palens attz je fin le raisonnement non mais d'accord mais [raclement de gorge] c'est facile de d'extraire des phrases de leur contexte onxrait pas des phrases contex je crois que là ceux qui nous regard nous écoutent ont entendu inex laiss terminer ben oui mais il est à la tribun simplement terminer donc une complaisance je le disais coupable vis-à-vis de ce qui se passe en 6 jordani coupable au regard du droit international des principes mais coupable vis-à-vis de la sécurité d'Israël.

Ce que dit le président de la République et il a raison, c'est que ça n'est pas la lutte contre le Hamas et l'objectif de l'effacer de l'avenir de la Palestine. Objectif que nous partageons qui peut justifier cette politique de complaisance. Ça n'est pas Est-ce que le Hamas sévit en 6 Jordénie ? Mais chacun sait bien ce qu'est le Hamas. Le Hamas a administré Gaza. Le Hamas s'est rendu coupable du pire massacre antisémite depuis la choa et le Hamas doit être exclu de le Hamas agit. Est-ce que le Hamas sévit en 6 Jordanie ?

Le Hamas est un mouvement qui a au départ administré Gaza et qui effectivement chaque fois que le gouvernement israélien adopte une politique qui repose sur la violence, le le mépris des droits des des païsiens se renforce. D'accord. Oui. Alors là encore, je peux poser la question une fois, deux fois, trois fois. Est-ce que le Hamas agit comprends pas ce que vous comprenez pas mais l'argument du président de la République est limpide.

Le la politique du gouvernement israélien ne permet pas d'affaiblir le pas réponse sur cette question de savoir si le Hamas ou non en 6 Jordanie puisque là encore tous les spécialistes de la région sont d'accord pour dire que la 6 Jordanie est une des bases arrières du Hamas. Tous les les observateurs sincères seront ou se retrouveront pour saluer la position qui est celle de la France et qui consiste à dire qu'il n'y a pas d'autres solutions pour venir à bout de ce conflit.

Euh d'autres vous diront Jean- Noël Barreot que cette phrase du président de la République a donné des arguments que cette phrase du président de la République a donné des arguments au gouvernement israélien pour répondre que là c'était une erreur factuelle que de dire pardonnez-moi de vous le dire Benjamin Damel mais le les certains responsables politiques israéliens n'hésitent jamais à extraire une phrase de leur contexte pour critiquer la position de la France qui il est vrai est différente de celle du gouvernement israélien actuel dont nous considérons que la politique hypothèque la sécurité dans la région la sécurité du peuple israélien à laquelle nous sommes indéfectiblement attachés et bien sûr le droit international et là-dessus ceux qui nous regardent et nous écoutent auront constaté l'absence de de réponse sur ce point.

Il faut qu'on parle Jean-No Barreau de la menace russe en Europe. Le président de la République, il a encore jeudi soir a reconnu que la Russie pouvait viser directement le le territoire français. Pour être très concret puisque parfois les choses sont un peu difficiles à envisager. Est-ce que ça veut dire que vous vous préparez au gouvernement à ce qu'un drone russe puisse frapper directement un aéroport français comme on l'a pu le voir en Allemagne cet été ? une centrale nucléaire française. Est-ce que ça fait partie des scénarios plausibles ? Ça fait partie des possibilités et oui, on s'y prépare depuis longtemps car non, ces actes hostiles ne sont pas une nouveauté.

Ce que nous constatons, c'est que cette ces actes hostiles ont tendance à se multiplier ces dernières semaines et ces derniers mois de manière inversement proportionnelle, si je puis dire, à ce qui se passe sur ce caslà, pourquoi continue-ton à parler de guerre hybride ? Est-ce que le mot hybride il est pas de trop Jean-Noel Barre ? Je ne l'utilise pas très souvent car je considère qu'effectivement il ne dit pas tellement les choses. La vérité c'est que depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine, elle redouble d'agressivité à l'encontre des pays européens et notamment la France qui s'est tenu au côté de la résistance ukrainienne.

Cette agressivité, elle a pris la forme de campagne de désinformation, de campagne cyber, de sabotage dans un certain nombre de pays européens, d'intimidation. Voyez bien qu'il y a des drones qui franchissent les espaces aériens de certains pays et désormais des attaques comme cell qu'on a connu en Allemagne. Et suite au propos du président de la République, on a eu plusieurs expression des oppositions. Je voudrais vous faire écouter coup sur coup deux déclarations de la semaine, l'une de Jean-Luc Mélenchon et une autre de Marine Le Pen.

16:32
Non speech

[musique]

16:34
Locuteur

Personne n'a l'air de s'inquiéter de la raison pour laquelle la menace paraît plus grande aujourd'hui de la part de la Russie qu'elle ne était il y a quelques temps. Pourquoi ? Faut peut-être se demander si ça a pas un rapport avec les tirs en profondeur que fait l'Ukraine. Nous pouvons continuer à former leurs soldats. Nous pouvons former leur hiérarchie militaire. Nous pouvons leur accorder des aides matérielles et notamment en terme de matériel militaire. Nous ne pouvons plus aider financièrement l'Ukraine. Ce sont les deux favoris des sondages en l'État. Il faut rester bien sûr prudent sur la la nature des enquêtes d'opinion. Quel regard est-ce que vous portez sur ces deux déclarations ?

Je ne suis pas surpris parce que depuis longtemps Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ont choisi leur camp et leur camp n'est pas celui de l'Ukraine. Je considère comme irresponsable. Ils disent tous les deux on enfin en tout cas dans leur déclaration, ils continuent de dire non mais on soutient bien sûr l'Ukraine. Non mais pardonnez-moi Jean-Luc Mélenchon dit je soutiens l'Ukraine mais c'est tout de la faute de l'Ukraine. C'est l'Ukraine qui a commencé et parfois même c'est l'OTAN qui a commencé. Vous vous rendez compte de l'inversion de la réécriture voire même du révisionnisme historique dont Jean-Luc Mélenchon se rend coupable.

La résistance ukrainienne, c'est la lutte pour l'indépendance, pour la liberté. Nous avons connu aussi des périodes dans notre histoire où notre indépendance, notre liberté était contestée. Et alors quoi ? Il aurait fallu retenir nos coûts. Il aurait fallu que euh les forces françaises libres, la la résistance intérieure euh fasse preuve de retenu pour défendre son intégrité et son et l'intégrité territoriale de notre pays.

C'est c'est affligeant d'entendre ça pas très é Marie Pen, elle dit "On a plus les moyens euh quand on voit euh les sacrifices qui sont demandés aux Français, on ne peut pas aider financièrement l'Ukraine, même si on peut continuer à former des soldats, envoyer des armes." Vous avez raison. Jean-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens. Marine Le Pen, elle les a conservé. Mais au fond, c'est le même message, c'est une défiance vis-à-vis euh de l'Union européenne, de notre organisation politique. Euh et c'est une complaisance vis-à-vis euh de Vladimir Poutine.

Parce qu'au fond, rappelons-le toujours, ce qui est visé de la part de Vladimir Poutine, c'est l'Union européenne comme organisation politique. Car chacun de nos pays prit isolément et bien il a une taille modeste à l'égard de ce qu'est le concert des nations aujourd'hui. Mis tous ensemble et unis, rien ne peut résister à l'Union européenne. C'est ça qui est visé par Vladimir Poutine. Et sans surprise, Jean-Luc Mélenchon comme Marine Le Pen qui se défie de l'Union européenne, même s'ils le disent de manière masqué si je puis dire, et bien sans surprise, ils choisissent systématiquement d'aller dans le sens de Vladimir Poutine et de réciter sa rhtorique.

Jean-Noël Barreot, quelques mots sur la stratégie européenne qui est notamment une stratégie de sanction. On a appris cette semaine qu'après avoir été visé par un arrêté d'expulsion en France, c'est maintenant l'Union européenne qui a visé Xenia Fedorova, ancienne chroniqueuse de de C News, relais de la propagande du Kremelin. Elle n'a plus le droit de circuler sur le territoire européen. Ses avoirs sont gelés. Sauf qu'on a appris, c'est une information de nos confrères du site Les jours, qu'elle était toujours salariée du groupe Canal Plus, que son contrat n'avait pas été rompu. Est-ce que c'est choquant ?

C'est choquant dans la mesure où cette personne a été sanctionnée par l'Union européenne, pourquoi ? pas parce qu'elle soutient la Russie, il est autorisé dans notre pays de soutenir la Russie. Ça ça s'appelle la liberté d'expression. Et moi, je me battrai toujours pour que quelqu'un avec lequel je suis en désaccord radical puisse librement exprimer son opinion. Non, madame Fedorova, ça n'est pas son opinion qu'elle exprime. C'est ce qu'elle fait, c'est de mobiliser des méthodes, des réseau, des argumentaires du Kremelin euh pour les diffuser dans notre pays et dans l'Union européenne à à des fins de déstabilisation euh du débat public français pour manipuler notre opinion publique.

Et bien, tout ça, on ne peut pas l'accepter. C'est pour ça qu'on a pris des sanctions au niveau français que j'ai proposé que ces sanctions soient prises au niveau européen, ce qui n'a posé aucune difficulté puisque vous avez entendu et vous avez entendu Jean-Noel Barot la réaction du du de la chaîne en question C News qui a protesté qui d'ailleurs cette semaine a fait une émission avec la photo de Xenia Fedorova qui était devant le micro. Est-ce que vous pourriez continuer à vous rendre sur une chaîne qui n'a pas renoncé à à inviter et ou à faire intervenir Xena Fedrova à distance ? Je vais vous dire, je suis affligé qu'on continue de voir ou de lire madame Fedéro dans des médias français.

J'imagine que les Françaises et les Français euh sanctionneront ceux qui continuent de vouloir à toute force leur imposer cette cette lo changeront de crèmerie, choisiront d'autres médias. Bah oui, enfin je veux dire quand même si vous imaginez si vous si vous dans vos matinales et dans vos émissions vous invitez des repris de justice ou des personnes qui sont sanctionnées, au bout d'un moment les gens se détourneraient de vous. Quant à moi, je considère que ce n'est pas à moi de de je dirais de fixer les les règles de savoir qui. Bon, c'est-à-dire quoi ?

C'estàdire que c'est pas à moi de m'adapter plus précisément à la ligne éditoriale des médias français, c'est au médias français de respecter la loi et les règles. Donc vous continuerez d'y aller. Je continuerai d'y aller mais vous savez la la le pluralisme de la presse, son indépendance et sa liberté que nous défendrons toujours, elles ont des limites également qui qui sont qui sont surveillés par le gendarme des médias qui s'appelle l'Arcom.

qui n'a pas hésité à fermer une chaîne de télévision C8 quand elle est que ses règles n'étaient pas respecté et donc le pluralisme des médias une contrepartie c'est une certaine responsabilité par de la fermeture de C8 ça veut dire que il pourrait y avoir une enfin une fermeture de tout je dis simplement que on peut à la fois être attaché farouchement à la liberté éditoriale au pluralisme médiatique et en même temps défendre l'idée qui a des limites à ce qu'on peut faire sur les ondes. Encore un mot sur les sanctions Jean-Noel Barreau.

Cette semaine, la France a obtenu de l'Union européenne que Alicher Ousmanov, un oligarque russe proche de Vladimir Poutin, soit retiré de la liste des personnalités sous sanction. Cet oligarque qui va donc de nouveau pouvoir circuler en France, bénéficier de ses avoirs qui sont dégelés. L'objectif de la France qui était en contrepartie d'obtenir la libération d'un de nos compatriotes emprisonnés en Azerbaïdjan. L'Ukraine est furieuse de cette de cette décision. Est-ce que vous assumez Jean-Noel Barreau d'avoir fait passer l'intérêt d'un de nos compatriotes avant ceux de l'Ukraine ?

Ce que j'assume, c'est les 3000 désignations, les 3000 sanctions euh que européennes que nous avons soutenu depuis le début de la guerre. C'est pas la question, je vous pose là, je vous pose précisément la question sur un oligarque que vous avez souhaité voir retirer de cette liste. Et moi je mets votre question en perspective et je dis que de tous mes collègues si j'y arrive de tous mes collègues européens, je suis l'un de ceux qui a proposé le plus de désignations pour qu'on atteigne ce chiffre des 3000. Ces sanctions, il fallait jusqu'à présent les renouveler tous les 6 mois, sinon elles s'évaporaient. Qu'est-ce qu'on a proposé cette fois-ci ?

On a proposé que que ces sanctions elles soient elles durent pendant 3 ans d'affilé plutôt que d'avoir à les renouvel pendant 6 mois. Olig on a proposé de sortir cette oligarde au sujet duquel un certain nombre de nos partenaires internationaux ont attiré notre attention. On a estimé que c'était notre intérêt de le faire, que ça n'enlevait rien au et Volodimir Zelenski est furieux et s'est élevé contre cette décision à la tribu des Nations unies. Et nous avons expliqué à nos partenaires ukrainiens qui connaissent qui connaissent le travail que nous faisons.

Je le dis parce que moi je vais tous les mois à Bruxelles, d'accord, et à chaque fois quasiment je propose des sanctions, elles sont adoptées et il y a pas un journaliste français qui relait ces sanctions. Et là 3000 Oui, mais sur 3000, voyez, il y en a une qu'on retire sur 3000 alors que moi j'en ai proposé des centaines. Et là, on vient m'interroger sur on a estimé que c'était notre intérêt de le faire et on a on s'est assuré que désormais il faudrait 3 ans enfin que ces sanctions duraient 3 ans plutôt que 6 mois.

Juste avant d'accueillir Natacha Polini pour le débat Jean-Noël Barreau, je voudrais vous poser une question politique sur le budget qui va être présenté officiellement dans quelques jours. Vous êtes au Modem, votre parti politique, je crois, fermement opposé à l'idée de priorité nationale qui est avancée par le RN. Est-ce que ça veut dire que vous êtes contre l'idée proposée par Sébastien Lecornu d'un d'un délai de carence pour les étrangers avant de pouvoir bénéficier d'allocation sociales comme les aides au logement ou les prestations familiales ?

Ce qu'a proposé le Premier ministre, c'est simplement qu'on puisse harmoniser les dispositifs, qu'on puisse faire en sorte aussi c'està-dire harmoniser les dispositifs et bien faire en sorte que les délais de carence ils soient les mêmes pour des Français, pour des étrangers, qu' soient les mêmes pour les étrangers qui arrivent en France que pour les Français qui vont à l'étranger. Et c'est une sorte de mesure d'équité qui alors vous me permettez que je m'arrête sur ce point.

Il s'avère que je suis allé vérifier et que pour les Français de l'étranger qui reviennent d'expatriation, il n'y a aucun délai de carence pour précisément ces ces aides sociales non contributives pour les aide au logement ou pour les allocations familiales. L'argument de la réciprocité, Jean-Në Barreau, il ne tient pas. Si ce dont je viens de parler, c'est le traitement dont bénéficient les Français qui vont à l'étranger comme des étrangers qui viennent en France et c'est cela l'objectif poursuivi par c'est pas c'est pas du tout ce qu'a dit Sébastien Lecnu. Sébastien Lecnu, il a dit on va aligner le traitement des étrangers sur les Français de l'étranger qui reviennent en France.

Il s'avère qu'il y a pas de carence pour les Français qui reviennent de l'étranger. D'où ma question, au nom de quoi euh un étranger qui travaille, qui est en situation légale devrait attendre un certain temps avant de pouvoir bénéficier d'aide au logement ou d'allocation familiales ? Alors d'abord, ça ne concerne pas les allocations contributives, c'est uniquement les allocations pour ça que j'ai parlé des aides au logement et des allocations primou mais vous parlez d'un d'un étranger qui travaille.

Euh oui oui mais la la mesure concernée touche ou touchera ou va ouvrir un débat sur les allocations dites non contributive celles qui ne dépendent pas du fait qu'on travaille ou non et l'objectif je le redis c'est de faire en sorte qu'il y ait une équité entre les pays où nos compatriotes se rendent et non mais là pardon J bar on parle on parle des français de l'étranger qui reviennent en France pourquoi non je vous parle aussi des Français qui vont à l'étranger et pourquoi est-ce qu'un étranger devrait attendre avant de bénéficier d'aide au logement ou d'allocation familiale quand il est en France en situation légale.

Non, l'objectif c'est d'avoir une équité et une forte de proportionnalité, y compris vis-à-vis des pays dans lesquels se rendent nos compatriotes.