Sandrine Josso est l'invitée de la matinale de Franceinfo, canal27
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
avec nous. Vous êtes député mode de Loire Atlantique. Soyez la bienvenue sur France Info.
Bonjour Sandrine Josu. Alors cet entretien, on va le commencer par un souvenir douloureux. Nous étions mi novembre 2023.
Vous accusiez à l'époque le sénateur Joël Guerriot de vous avoir drogué à son domicile. Une drogue versée dans une coupe de champagne. Vous vous arriverez à lui échapper.
Entre-temps, il a été mis en examen pour administration de substance afin de commettre un viol ou une agression sexuelle. Le parc a requis un procès en correctionnel. c'était en avril euh défigné par le sénateur.
Mais j'imagine que pour vous l'annonce de ce procès a déjà été un premier soulagement. Il y aura un procès pour Joël Gariot. C'est ce que effectivement le parquet a sollicité.
Et est-ce que vous attendez quelque chose de particulier ? On va parler ensuite de ce que vous avez établi comme travail avec votre rapport sur la soumission chimique, mais c'est ça qui est au cœur du futur procès. La soumission chimique bien sûr.
Euh et puis euh il faut quand même savoir que sur les sujets de soumission chimique, c'est très difficile d'avoir des preuves. Giselle Péico avait des preuves, des vidéos. Euh moi, j'ai eu des preuves grâce à à des prélèvements de sang et d'urine qui ont été faits euh dans les temps parce que c'est souvent un contre la montre et ça c'est important de le comprendre et dans mon rapport euh j'ai eu aussi euh à cœur en fait de travailler pour faciliter euh l'accessibilité aux preuves.
Alors justement cette affaire a mis ce sujet sur le devant de la scène tristement j'allais dire. Et vous avez donc travaillé avec une sénatrice, madame Guillotin, sur un rapport que vous avez remis ces derniers jours au gouvernement. Alors, je je l'ai sous la main, 50 recommandations.
Euh vous aviez commencé à le dire, mais le plus dur, c'est peut-être de bien nommer les choses, en particulier juridiquement puisque dans le code pénal, la soumission chimique a sa place mais pas toute sa place. Dans le code pénal, la soumission chimique a sa place par une loi en fait qui a été votée en 2018. En 2018, exactement.
Donc ça c'est déjà une bonne chose. Après il y a aussi la vulnérabilité chimique. C'est important de prendre ça en compte.
C'est quoi la vulnérabilité chimique ? C'est par exemple quand vous-même vous décidez de boire un verre d'alcool ou par exemple de prendre du cannabis et bien vous êtes en vulnérabilité. Et euh ce qui se passe très souvent, malheureusement, c'est que vous pouvez avoir un individu euh qui profite en fait, qui voit comme une opportunité que vous soyez en vulnérabilité et qui bah décide de vous agresser ou de vous violer.
Et ça, nous on a fait ça en recommandation pour que ce soit vraiment une circonstance aggravante. Quand quelqu'un a bu, quand quelqu'un est pas dans toutes ses capacités de discernement, vouloir l'agresser, vouloir la violer, ça doit être une circonstance aggravante. On plaide là-dessus.
Vous évoquiez tout à l'heure la difficulté des preuves, mais il y a aussi la prise en compte de ce que peut être la soumission chimique. Votre euh collègue sénatrice a déclaré en parlant de de votre travail après le procès de Mazan, donc on revient sur euh Giselle Pélicot euh qui a été éminemment pédagogique et en cela historique, nous souhaitons par ce rapport poursuivre l'effort engagé par Giselle Pédicot pour faire connaître ce phénomène et le combattre. Elle est médecin madame Guillotin.
La sénatrice. Elle dit "Étant moi-même médecin, je me suis particulièrement interrogé sur ces 10 années d'érance médicale et me suis demander si la possibilité que son mari la drogue me serait venu à l'esprit." C'est ça aussi l'un des problèmes, c'est que on n'imagine pas euh que ça puisse être le cas.
On pose la question du consentement mais avec la soumission chimique, c'est altéré. Donc ça aussi c'est dans votre rapport. C'est dans le rapport et puis le combat continue par la fille aussi euh de Giselle Pécelico, Caroline Darian Péronet euh qui a euh donc créé cette association Mendorpop à la soumission chimique dont je suis euh la marine.
On continue parce que maintenant on s'occupe du service aprèsvente du rapport si vous permettez l'expression pour que nos recommandations, les 15 qui sont applicable en 2025 soient bien appliqué et puis d'autres devront être appliqués évidemment par la suite parce que il y a beaucoup à faire tant sur l'accompagnement des victimes, tant sur le traitement judiciaire et puis aussi sur la formation et puis la sensibilisation et la prévention. Et en premier lieu, il va y avoir une grande campagne nationale de prévention sur la soumission chimique. Très prochainement, ça a été acté par la ministre Aurore Berger.
Alors, vous parliez vous-même de service après-vente. On a eu l'impression que au-delà de votre affaire he qui a qui a été à la une des journaux, la remise de ce rapport a été plus ou moins confidentielle. Alors, c'est peut-être un peu aussi la faute des médias, mais est-ce que vous avez vous des assurances de la part du gouvernement ? vous citiz madame Hurore Berger que cela se concrétisera par donc vous dites une campagne d'information mais est-ce que la loi aussi va être appelé à témoins si j'ose dire pour faire évoluer les choses ou est-ce que c'est pas un problème de loi mais un problème de prise de conscience de l'opinion publique ?
Il y a effectivement une nécessité de faire en sorte que toute la société soit mieux informée et en fait soit aussi plus protectrice et ait des bons comportements. Que ce soit par exemple un médecin qui pourrait être amené à rencontrer une victime pour qu'il ait les les bons réflexes. On a demandé dans le rapport qu'on fasse une une sorte de référentiel si vous voulez avec la haute autorité de santé pour que le monde médical et aussi toutes les personnes que ce soit par exemple dans les commissariats ou les travailleurs sociaux qui sont amenés à rencontrer des victimes et des bons réflexes pour accompagner les victimes pour pouvoir qu'elles aient accès à des preuves et que en fait la la peur aussi change de camp pour les accompagner à porter plainte et que que les prédateurs qui font ça aujourd'hui en toute impunité puissent se dire que ça va être beaucoup plus compliqué pour eux.
Alors, on suivra effectivement ce qui sortira de de votre travail parlementaire, conjoint assemblée et Sénat et une autre affaire parce que là on parle de violence sexiste et sexuelles faites aux femmes. Il y a un procès qui vous a intéressé, c'est le réquisitoire aujourd'hui dans le cadre du procès de monsieur le Squarnec. Vous avez assisté à plusieurs audiences et vous allez nous en parler.
Je résume rapidement he 299 victimes, viol, agression sexuelle pour la plupart sur des mineurs. Euh certaines victimes ont écrit au ministère de la santé et au commissaire à l'enfance, je cite, il demande une refonte du système pour une meilleure protection des victimes de pédocriminalité, prescription, formation des professionnels de santé. C'est aussi le procès du silence.
Qu'est-ce qui a échappé au pouvoir public dans cette affaire ? Est-ce qu'elle était évitable ? Est-ce qu'elle est évitable dans le futur ?
C'est aussi un peu votre combat sur la soumission chimique. C'est aussi la parole qui est en jeu. La parole est en jeu.
Et puis sur le sujet des victimes, ce qu'il faut vraiment bien comprendre, c'est que s'occuper des victimes, c'est aussi un antidote à la violence. Et c'est pour ça que le gouvernement et on doit tous s'emparer de de ce sujet de l'accompagnement des victimes. C'est quand même très important.
Aujourd'hui, une victime qui parle, elle fait un cadeau. Elle fait aussi quelque part un elle pose un acte de fraternité. Et ça, on doit le reconnaître.
Les victimes, ce qu'elles ressentent aujourd'hui très souvent, c'est que lorsqu'elles parlent et bien en fait elles deviennent coupables d'avoir parlé. Ça, il faut vraiment que ça change. Alors, vous ne serez pas étonné puisqu'on parle de violence physique, de violence sexuelle.
Il y a une affaire qui concerne au plus haut point le Premier ministre François Beou, c'est Betaram. Alors, on parle des violences scolaires mais en particulier de Betaram. J'aimerais avoir votre avis.
Vous êtes dans le groupe des démocrates, le Premier ministre est président du Modem. Votre sentiment sur l'audition du Premier ministre qui qui avait lieu le le 14 mai dernier. Est-ce que il avait besoin de vous convaincre et avez-vous été convaincu ?
A-t-il dit la vérité ? Moi, ce qui m'intéresse et je l'ai toujours dit, moi je suis du côté des victimes. Je pense que il y a les justifications.
Maintenant, je crois que l'heure est à l'action. Donc moi, j'attends des actions de sa part, de la part du gouvernement et puis de toute la de quel type sur par exemple ne serait-ce que euh bah il faut un conseil des victimes parce que les victimes en fait elles sont expertes. Il y a déjà des dispositifs en place mais il faut que ce soit mieux coordonné.
Je pense notamment aux comités locaux euh en fait concernant les victimes qui sont pilotées par des préfets. Il va falloir que tout ça prenne de l'ampleur. Il faut qu'au niveau national on ait une coordination beaucoup plus efficace.
Euh monsieur Bairou euh a fait par exemple euh bah a pris l'exemple de l'Allemagne. Euh hier, j'étais à Matignon pour discuter de ce sujet parce que dans mon rapport, il y a des recommandations qui euh euh plébiscitent en fait une un vrai euh conseil des victimes. Je crois qu'il y a des choses à faire maintenant.
Faut plus attendre l'heure est à l'action. Donc vous attendez ça aussi dans les préconisations du rapport mais aussi euh du rapport de la commission d'enquête partaire mais aussi que ça vienne directement du plus haut sommet de l'État en particulier. de Matignon.
Absolument. Et vous avez l'impression qu'il va le faire ? Alors, je je le souhaite en tout cas.
Je moi je suis déterminé. Je suis pas toute seule en fait. Je crois que c'est aussi ça, c'est l'opinion publique ne peut plus entendre tout ce qu'on entend.
Je crois qu'il y a aussi, je pense, une vraie politique d'état à mettre en place sur les violences en France. On a des bonnes volontés, mais aujourd'hui, il faut doubler de détermination. Euh, dernière question.
Vous avez l'impression que le silence plus le déni parfois le mensonge, c'est un cocktail explosif que et qu'il faut lutter contre tout cela en même temps. Il faut prendre en compte tout cela. Il faut surtout, on va dire plutôt être du côté de tous ceux et de toutes celles qui souhaitent que ces sujets de violence, que ce soit pour les enfants et que ce soit aussi pour les hommes, hein.
Il y a quand même 10 % d'hommes qui subissent des violences sexuelles dans notre pays. Quelle que soit cette forme de violence, il faut aujourd'hui qu'on aille plus loin et plus fort et que enfin on prenne ça au sérieux. Sandrine Joso, je vous remercie d'être passé sur le plateau de France Info ce matin.
Sandrine Josso