Budget : l'ultimatum de E.Coquerel et C.de Courson - Éric Coquerel est l'invité des 4V du 16 septembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41FerméeRéponse partielle
Dites-nous où vous en êtes à 24 heures maintenant de la fin de votre ultimatum. Est-ce que vous les avez reçues ces fameuses lettres de plafond ou pas ?
- 1:27OuverteRéponse directe
C'est quoi les retours que vous avez ? Parce que ça fait plusieurs jours que vous alertez maintenant.
- 2:18OuverteRéponse directe
Et si vous ne les avez pas, vous allez donc demain arriver. Comment ça va se passer concrètement ?
- 2:47OuverteÉludée
Sur le fond, vous qui avez le nez dans ces comptes nationaux, la situation est présentée comme alarmante par la Cour des comptes. Mais pas seulement. Bruno Le Maire demande au moins 15 milliards d'euros d'économie, même peut-être 20, 25. Est-ce que vous ne pensez pas, vous, que oui, peut-être, effectivement, il faut tailler dans le budget et faire des économies ?
- 4:33OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites, comme Jean-Luc Mélenchon, que de toute façon la dette, ce n'est pas un sujet, on ne la remboursera jamais ?
- 5:22FerméeRéponse directe
Vous l'avez déjà rencontré, Michel Barnier, ou pas, vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:52Locuteur non identifiéFait
« Normalement, il y a une loi organique, c'est-à-dire une loi constitutionnelle, qui fixe le fait que nous ayons les documents budgétaires fin juillet. »
- 3:35Locuteur non identifiéFait
« Vous décidez, par exemple, d'isoler beaucoup plus de bâtiments ou de construire plus de logements sociaux. Ce dont on a besoin, vous faites travailler le BTP. »
- 3:37Locuteur non identifiéChiffre
« Mais c'est ce qu'on fait depuis des décennies et on est à plus de 3 000 milliards de dettes. »
- 3:47Locuteur non identifiéFait
« c'est que, raison d'ailleurs qui explique l'augmentation du déficit, c'est que lui, il a baissé les recettes. »
- 3:58Locuteur non identifiéChiffre
« Les 500 plus grandes fortunes de France ont vu, sous Emmanuel Macron, leur patrimoine passer de 20 à 45 % du PIB. »
- 4:42Locuteur non identifiéFait
« La plupart des économistes, même Éric Wurst, mon prédécesseur, qui est pourtant Macroniste, expliquait que le stock de dette, vous ne le remboursez jamais. »
- 5:06Locuteur non identifiéFait
« La dette pour investir, pour l'écologie, pour l'éducation, pour la santé, c'est de la bonne dette. »
- 5:51Locuteur non identifiéFait
« En réalité, pour continuer à appliquer le programme du macronisme, notamment en matière d'économie, politique de l'œuvre, compétitivité, austérité. »
- 7:23Locuteur non identifiéPromesse
« nous allons proposer les amendements qui déclinent le programme de nouveau populaire et qui taxent effectivement le capital. »
- 7:30Locuteur non identifiéChiffre
« On peut récupérer au moins, à mon avis, sur plusieurs années, 50 milliards d'euros. »
- 7:54Locuteur non identifiéChiffre
« tous les syndicats, 90% des actifs, et manifestement le résultat législatif, lui disent qu'il faut abroger cette réforme des retraites. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié72 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 24 %
- Présentateur 33 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. C'est l'heure du rendez-vous politique de Télématin et Julien Ruffilé puisque vous recevez justement ce matin dans les 4V Éric Coquerel, député La France Insoumise et président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Et bonjour Éric Coquerel. Alors on est content de vous recevoir ce matin parce que vous avez lancé un ultimatum. Et oui, vous montez la pression d'un cran sur le Premier ministre.
Vous avez l'intention d'aller à Matignon directement, toquer à la porte, dire bonjour monsieur pour chercher ce qu'on appelle les lettres plafond, des documents évidemment qui sont très très importants pour le budget. Dites-nous où vous en êtes à 24 heures maintenant de la fin de votre ultimatum. Est-ce que vous les avez reçues ces fameuses lettres de plafond ou pas ?
Non, non, pas encore. Donc il y a deux solutions. Soit le Premier ministre nous dit que ces lettres de plafond comptaient envoyées par Bercy, c'est-à-dire par l'ancien ministre des Finances de Valorien. Je les déchire. Donc il n'y a pas de raison que vous les ayez.
Elles ont été envoyées aux différents ministères déjà.
Voilà, c'est ça. Bon. Et ce qui lui posera un problème de délai à mon avis pour essayer de construire un budget. Soit ce n'est pas le cas, ce que je crois, c'est-à-dire je pense que ça va être au moins la base de travail importante du prochain budget. Et dans ces cas-là, il faut qu'on ait ces lettres de plafond. Il faut qu'ils nous le disent aujourd'hui. ou le même document, mais qui détaille de la même manière le budget. Donc c'est aujourd'hui qu'on lui demande sa réponse. Et sinon, effectivement, avec Charles de Courson, nous irons demain à Matignon.
C'est quoi les retours que vous avez ? Parce que ça fait plusieurs jours que vous alertez maintenant. Vous avez des contacts avec le gouvernement. Ils vous disent oui, oui, ça va venir. Patience ou bien lettre morte.
Les seuls retours que nous avons, c'est que je pense qu'ils comprennent notre demande, qui est au nom de l'Assemblée, au nom des représentants du peuple, au nom de ma commission, qui d'ailleurs est partagée par tout le monde, j'allais le dire, y compris des députés qui soutiennent ce gouvernement, parce que ça va, quoi. Il faut bien comprendre une chose. Normalement, il y a une loi organique, c'est-à-dire une loi constitutionnelle, qui fixe le fait que nous ayons les documents budgétaires fin juillet. Vous vous rendez compte le nombre de semaines que nous avons de retard ? Or, ces documents ont été envoyés et nous ne pouvons pas en disposer.
La représentation nationale, je sais qu'Emmanuel Macron a tendance un peu à s'essuyer dessus, mais là, il faudrait peut-être la respecter. Et c'est une demande qui n'est pas partisane, puisque vous la partagez avec Charles de Courson,
qui n'est pas vraiment de votre bord politique. Et si vous ne les avez pas, vous allez donc demain arriver. Comment ça va se passer concrètement ? Il y a les huissiers qui vont vous attendre ? Vous allez tenter de passer un peu en force ?
On préviendra. Non, non. On préviendra. On préviendra. Très franchement, moi, je préférerais éviter. Je préférerais que je ne suis pas spécialement un adepte du buzz et autres. Donc je préférerais qu'aujourd'hui, le Premier ministre nous fasse ci et nous explique quand il va nous transmettre ces documents. Mais si c'est le cas, nous irons effectivement à la porte de Matignon et nous demanderons ces documents de manière très polissée.
Alors sur le fond, vous qui avez le nez dans ces comptes nationaux, la situation est présentée comme alarmante par la Cour des comptes. Mais pas seulement. Bruno Le Maire demande au moins 15 milliards d'euros d'économie, même peut-être 20, 25. Est-ce que vous ne pensez pas, vous, que oui, peut-être, effectivement, il faut tailler dans le budget et faire des économies ?
Non, non, non. Surtout pas. Surtout pas. Oui, pour deux raisons. D'abord parce que quand vous avez une période de reflux de l'activité économique, c'est le cas aujourd'hui. La croissance va être moindre, par exemple, au quatrième trimestre qu'attendu. Quand vous baissez les dépenses publiques, en réalité, c'est un effet récessif. Voilà. C'est peut-être du... C'est une question d'équilibre. C'est une question d'équilibre, mais c'est peut-être dur à comprendre. Mais comprenez que les dépenses publiques, c'est aussi des recettes. Je donne un exemple. Vous décidez, par exemple, d'isoler beaucoup plus de bâtiments ou de construire plus de logements sociaux.
Ce dont on a besoin, vous faites travailler le BTP. Autrement dit, pour l'économie, c'est des choses qui sont positives. Mais c'est ce qu'on fait depuis des décennies et on est à plus de 3 000 milliards de dettes. Non, ce qu'on fait depuis maintenant plusieurs décennies, c'est qu'on attaque les dépenses publiques, on attaque le service public. Et ce qui s'est passé avec Emmanuel Macron, c'est ça la singularité, on va dire, c'est que, raison d'ailleurs qui explique l'augmentation du déficit, c'est que lui, il a baissé les recettes. Et notamment à travers des cadeaux fiscaux aux plus riches, qui en ont largement profité. J'ai donné souvent cet exemple.
Les 500 plus grandes fortunes de France ont vu, sous Emmanuel Macron, leur patrimoine passer de 20 à 45 % du PIB. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. 500 personnes qui possèdent 45 % du PIB de la France en termes de patrimoine. Donc ça, il faut aller reprendre cet argent. C'est-à-dire que le problème, c'est d'abord les recettes. Si on va reprendre cet argent, eh bien non seulement on peut peut-être à terme réduire les déficits, je le crois, en tout cas on ne fera pas pire que le gouvernement actuel, mais en plus on pourra investir, notamment en termes de bifurcation écologique, d'éducation, de santé, beaucoup de domaines dont on sait que la France pâtit aujourd'hui.
Est-ce que vous dites, comme Jean-Luc Mélenchon, que de toute façon la dette, ce n'est pas un sujet, on ne la remboursera jamais ? Ah, le stock de dette, oui. Ce n'est pas que Jean-Luc Mélenchon qui le dit. La plupart des économistes, même Éric Wurst, mon prédécesseur, qui est pourtant Macroniste, expliquait que le stock de dette, vous ne le remboursez jamais. Vous savez pourquoi ? Parce qu'en fait, en réalité, les investisseurs considèrent que la France est tellement sûre qu'ils continuent à prêter. Ce qui est vrai, qui est problématique, c'est la charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts que nous payons cette année. Donc il ne faut pas les cultiver pour les cultiver.
Et en fait, la question de fond, c'est qu'il y a de la bonne dette et de la mauvaise dette. La dette pour investir, pour l'écologie, pour l'éducation, pour la santé, c'est de la bonne dette. La dette pour faire des cadeaux aux plus riches, ce n'est pas de la bonne dette. Et c'est là-dessus que nous voulons revenir.
Et là, c'est le discours militant, évidemment, qui revient. Vous en êtes toutes vos rapports avec la politique. Vous l'avez déjà rencontré, Michel Barnier, ou pas, vous ?
Non, je ne l'ai jamais rencontré, mais je ne l'ai jamais rencontré. En général ? Je l'ai croisé une fois, oui. Non, je ne le connais pas du tout. D'accord. Et que pensez-vous de ces premiers pas ? Écoutez, il a des premiers pas qui... J'allais dire, en politique, moi, je ne me soucie pas tellement de la personne, très sincèrement. Bon, si la personne est plutôt aimable et autre, c'est plus facile même de s'opposer qu'une personne qui est revêche et qui est autoritaire. Mais ce que je constate, c'est son programme. Et il a été élu, pourquoi ? En réalité, pour continuer à appliquer le programme du macronisme, notamment en matière d'économie, politique de l'œuvre, compétitivité, austérité.
Donc c'est ça que je juge. Et ça m'étonnerait fort qu'il en change. Je pense même que c'est pour ça qu'il est à Matignon, et que ce n'est pas Lucie Castet et le nouveau populaire qui ont été nommés par Emmanuel Macron, comme il aurait dû le faire.
Il essaie de s'ouvrir à gauche quand même. Il a fait des appels du pied à plusieurs personnalités, le maire de Saint-Ouen, également Olivier Le Foll. Est-ce que vous y voyez quand même, et qui ont tous refusé, est-ce que vous y voyez un gage d'ouverture ? Vous l'avez dit, ils ont tous refusé. Ah bah oui, mais c'est peut-être parce que eux, ils ne sont pas ouverts.
Non mais c'est un peu simple. On a aujourd'hui le Premier ministre du parti qui est le plus grand perdant de cette élection. En fait, c'est un gouvernement perdant. Et on nous dit, parce qu'il va donner des coups de téléphone à des procédures de gauche, il s'ouvre à gauche. Moi, ce qui m'intéresse, encore une fois, c'est le programme. Et le programme, c'est la continuité du macronisme qui a été battu aux élections législatives. Donc là, il y a un vrai déni démocratique. M. Barnier a décidé d'accepter cette mission. Mais il accepte une mission qui est celle d'un déni démocratique et d'une politique qui n'est pas bonne pour le pays.
Alors sur le programme, quand même, dans sa première déclaration, il se dit favorable à une plus grande justice fiscale. Quand on lit les échos ce matin, on lit que ce serait plutôt sur la flat tax des revenus du capital que ça pourrait concerner. Ça, ça doit vous plaire.
Ah bon, on va voir. Moi, je vais voir sur les faits. Il y a un an et demi, on a eu les dialogues de Bercy. Vous savez, c'était la réunion proposée par Bercy. Et on nous a dit, vous allez voir, on va taxer les rachats d'actions. À la fin de l'année, on n'a rien taxé du tout. Donc j'attends de voir. À chaque fois qu'il parle de ça, à la fin, il n'y a pas de trace de taxation du capital. Nous, ça tombe bien parce que dans ma commission, nous allons proposer les amendements qui déclinent le programme de nouveau populaire et qui taxent effectivement le capital. On peut récupérer au moins, à mon avis, sur plusieurs années, 50 milliards d'euros.
Rien que sur cette question, on verra bien l'ouverture à ce moment-là du gouvernement.
Et on verra aussi l'ouverture sur la réforme des retraites. Parce que pareil, dans cette première déclaration, il s'est dû ouvert à un débat pour l'amélioration de la réforme. Est-ce que vous êtes ouvert à ce débat où vous vous dites, non, nous, c'est l'abrogation, un point, c'est tout ?
Bercy, je pense que c'est un peu une manière de contourner le problème. Le problème qu'il a, oui, le problème qu'il a, c'est que tous les syndicats, 90% des actifs, et manifestement le résultat législatif, lui disent qu'il faut abroger cette réforme des retraites. Donc c'est ce que nous demandons, c'est ce qu'on va essayer de faire dans les trois mois à venir, que ce soit à travers la proposition que nous allons mettre dans notre niche fin novembre, à travers le projet de loi de finances de la sécurité sociale. On va y arriver, parce que je pense qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour l'abroger.
10 secondes sur l'ambiance à LFI, ambiance règlement de compte avec François Ruffin, qui dit en gros que vous faites campagne aux faciés, sensiblement un électorat communautaire musulman. Vous lui répondez quoi ?
Que c'est faux déjà, et que ça m'embête que François aille sur ce terrain, qui est celui du printemps républicain, qu'on connaît, qui est de, en gros, nous dire, nous reprocher, de considérer que l'antiracisme est une lutte globale. Si la gauche ne le mène pas, qui va le mener ? Et de nous traiter de communautarisme, parce que justement, on veut faire en sorte que tous nos concitoyens, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs religions, aient une égalité des droits. Donc je regrette que François aille là-dessus. En plus, il nous divise. Ce n'est vraiment pas le moment. Il nous a fait le coup de nous dire unité, unité, et là, il nous divise. François, arrête, quoi.
Allez, rendez-vous demain matin devant les grilles de Matignon avec Éric Coquerel. Donc merci beaucoup. Merci beaucoup, Éric Coquerel. Merci, Julien. Bravo pour cette première. Et merci également à Annick Mottin pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.