🔴COVID-19: revoir l'allocution d'Emmanuel Macron
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pour protéger chacun d'entre nous et pour nous protéger comme nation. Nos décisions se sont toujours fondées sur la connaissance scientifique, sur l'impératif de nous protéger, sur la volonté d'agir de manière proportionnée et sur la conviction que la responsabilité individuelle et collective sont notre première force. C'est cela qui nous a conduit à décider à deux reprises d'un confinement, quand il le fallait, au printemps puis à l'automne 2020. Ensuite, à tenir bon, avec un couvre-feu et des règles adaptées à chaque territoire, au début de cette année 2021, alors que beaucoup de nos voisins fermaient tout.
Nous avons, depuis le début de cette année 2021, pu disposer de vaccins, en acheter puis en produire. L'Union européenne a ainsi produit plus de 2 milliards de doses de vaccins durant cette année, soit plus qu'aucune autre puissance du monde. S'agissant de la France, depuis la première vaccination en décembre 2020, nous avons injecté en 10 mois plus de 100 millions de doses. 51 millions d'entre vous sont aujourd'hui complètement vaccinés, ce qui fait de nous l'un des pays du monde les mieux protégés. Grâce au pass sanitaire et à la stratégie mise en œuvre depuis le mois de juillet dernier, nous sommes parvenus à maîtriser l'épidémie.
En rappelant ces choix et nos résultats, j'ai en cet instant une pensée à la fois respectueuse et émue pour tous nos compatriotes qui ont disparu et pour leur famille. Et je veux à nouveau remercier nos soignants, nos volontaires, nos associations, toutes celles et ceux qui ont contribué à tous ces efforts. Pour autant, nous n'en avons pas terminé avec la pandémie. D'abord parce que des dizaines de milliers de nos compatriotes sont touchés par ce qu'on appelle le Covid long, dont les symptômes qui sont la perte de goût, d'odorat, l'épuisement, la dégradation de la santé mentale font l'objet d'une prise en charge spécifique.
Ensuite, parce que nous le savons, il nous faudra vivre avec le virus et ses variants jusqu'à ce que la population mondiale dans son ensemble soit immunisée. Et c'est pour cela que d'ailleurs, dès le début de la pandémie, la France s'est engagée pour donner des doses aux pays les plus pauvres et les pays en voie de développement. Nous sommes au rendez-vous de cette solidarité internationale et nous continuerons de le faire. Nous n'en avons pas terminé parce qu'à court terme, l'Organisation mondiale de la santé le dit, la cinquième vague a commencé en Europe. Au Royaume-Uni et en Allemagne, plus de 30 000 nouveaux cas supplémentaires sont enregistrés chaque jour.
Et si grâce à vos efforts, la situation en France est plus favorable, l'augmentation de 40 % en une semaine de notre taux d'incidence et la remontée des hospitalisations sont des signaux d'alerte. De même que la situation dans certains territoires d'outre-mer, où la vaccination demeure encore insuffisante dans bien des cas et qui ont beaucoup souffert ces derniers mois. Je veux ici leur dire à nouveau la solidarité nationale et leur dire que tout continuera d'être fait comme depuis le début de la crise. Tout cela doit nous conduire à la plus grande vigilance et nous pousser à agir.
Parce que nous avons fait le nécessaire pour nous protéger, nous pouvons continuer à maîtriser la situation si chacun d'entre nous prend sa part. Mon premier message est ainsi un appel. Un appel à l'esprit de responsabilité des 6 millions d'entre vous qui n'ont encore reçu aucune dose de vaccin. Vaccinez-vous. Vaccinez-vous pour vous protéger. La vaccination est ouverte à tous, sauf aux enfants de moins de 12 ans. Je rappelle qu'une personne vaccinée a 11 fois moins de chances de se retrouver à l'hôpital en soins critiques. Je rappelle aussi que des milliards d'individus sur la planète ont déjà eu le vaccin et que nous avons maintenant déjà un certain recul.
Vaccinez-vous pour pouvoir vivre normalement. Avec le vaccin, il vous sera possible d'obtenir un pass sanitaire et ainsi de vous rendre librement dans les cafés, les restaurants, les lieux de culture, de sport, de loisirs, sans test PCR. Être libre dans une nation comme la France implique d'être responsable et solidaire. Je compte donc sur vous. Face au regain de l'épidémie, les plus vulnérables sont aux aînés et ceux qui souffrent d'obésité, de maladies cardiovasculaires, de maladies respiratoires ou de diabète sévère. Toutes les études montrent en effet que six mois après le vaccin, l'immunité diminue et donc que le risque de développer une forme grave réaugmente.
La solution à cette baisse d'immunité est l'injection d'une dose de vaccin supplémentaire, ce qu'on appelle le rappel. Une campagne a été lancée depuis la fin de l'été pour tous les plus de 65 ans et les plus fragiles. Il nous faut aujourd'hui l'accélérer. Si vous avez été vacciné il y a plus de six mois, je vous appelle à vous protéger en prenant rendez-vous dès maintenant auprès d'un centre de vaccination de votre médecin ou de votre pharmacien. Il est possible de faire ce rappel en même temps que le vaccin contre la grippe. À partir du 15 décembre, il vous faudra justifier d'un rappel pour prolonger la validité de votre pass sanitaire.
Les personnes qui ont moins de 65 ans voient aussi la protection conférée par le vaccin diminuer au fil du temps. D'ailleurs, au moment où je vous parle, plus de 80% des personnes en réanimation ont plus de 50 ans. C'est pourquoi une campagne de rappel sera lancée à partir du début du mois de décembre pour nos compatriotes âgés de 50 à 64 ans. Nous avons saisi les autorités scientifiques afin qu'elles puissent nous indiquer dans les tout prochains jours les modalités pratiques et les échéances à suivre. De la même manière que nous avions d'ailleurs organisé, vous vous en souvenez sans doute, durant le premier semestre, la campagne de vaccination.
Le vaccin, pour efficace soit-il, ne suffit pas. Dans ce contexte de reprise épidémique, il nous faut en même temps redoubler de vigilance. Tous les assouplissements, à un moment envisagé, seront donc reportés pour conserver les règles actuellement en vigueur. Même si je sais combien cela est difficile, le port du masque à l'école sera donc pour le moment maintenu. L'application des gestes barrières, qui protège autant contre le Covid-19 que contre les maladies contagieuses de l'hiver, doit aussi faire l'objet d'une attention accrue. Nous avions tous un peu relâché nos efforts, et c'est bien normal. Il faut donc les reprendre.
Les contrôles pour l'application du pass sanitaire dans les établissements concernés et pour les entrées dans les ports, les aéroports, les gares seront renforcées. Et nous continuerons, comme nous avons toujours fait, à adapter nos décisions territoire par territoire en fonction de l'évolution de l'épidémie. C'est donc grâce à la vaccination, au pass sanitaire, aux gestes barrières, que nous pourrons continuer de vivre, ne pas restreindre d'autres libertés et ne pas refermer des activités.
Enfin, c'est parce que la France a très tôt misé sur la recherche sur les traitements et que nous avons su en commander très en amont que nous bénéficierons d'une nouvelle arme pour lutter contre le virus, avec l'arrivée, dès la fin de l'année, des premiers traitements réellement efficaces contre les formes graves de Covid-19. Durant toute cette période, notre nation s'est toujours attachée à protéger chacun d'entre nous sur le plan éducatif, économique et social. Nos enfants, nous avons été l'un des pays du monde qui a le plus ouvert ses écoles. Nos jeunes, nous avons accompagné les étudiants avec le repas à 1 euro et des aides spécifiques pour les boursiers.
Les plus précaires, grâce à une politique d'hébergement social inédite et aux aides exceptionnelles versées, nous avons évité à près d'un demi-million de nos compatriotes de basculer dans la... Nos artistes, artisans, indépendants, salariés, entrepreneurs ont été accompagnés avec le chômage partiel, les prêts garantis par l'État, le fonds de solidarité et de nombreuses aides sectorielles. Nous continuons et continuerons d'adapter nos réponses en fonction des besoins. C'est pourquoi, par exemple, les prêts garantis par l'État seront prolongés jusqu'en juin 2022. Nous avons aussi soutenu nos soignants.
Nos soignants qui ont tant donné durant la crise et éprouvent aujourd'hui une légitime fatigue. Ils ont été augmentés de 200 à 400 euros nets par mois en moyenne. 500 établissements hospitaliers vont être restaurés, des milliers de maisons de retraite rénovés grâce à un effort sans précédent de 19 milliards d'investissements partout sur le territoire. Ces mesures, qui s'ajoutent à beaucoup d'autres, comme la fin du numerus clausus pour les médecins ou l'augmentation du nombre de postes d'infirmés, font que jamais, depuis la création de la sécurité sociale, nous n'avions autant investi dans la santé. Il le fallait. Il le fallait après des décennies d'abandon, de sous-investissement.
Mais il reste, je le sais, encore beaucoup à faire. Cette stratégie du quoi qu'il en coûte, couplée aux 100 milliards du plan de relance que nous avons décidé grâce à notre initiative européenne, non seulement nous a permis de résister à la crise, mais de rebondir plus fort aujourd'hui. Notre croissance dépasse les 6%. La France est en tête des grandes économies européennes. Le chômage est au plus bas depuis près de 15 ans. Et nous sommes l'un des seuls pays du monde où le pouvoir d'achat a continué à progresser en moyenne et où la pauvreté n'a pas augmenté.
Nous avons réussi tout cela en maîtrisant nos dépenses publiques puisque notre déficit sera inférieur à 5% de notre produit intérieur brut dès cette année. Tout cela, c'est le fruit de nos choix collectifs. Et c'est aujourd'hui encore que nous devons prendre de nouvelles décisions pour rester maîtres de nos vies comme citoyens et maîtres de notre destin comme nation pour les années qui viennent. Oui, parce que nous avons devant nous une forme d'accélération du monde, des grandes décisions qui sont à prendre.
D'une part, notre situation économique reste toujours à consolider dans un monde où les tensions sur les approvisionnements et les coûts des matières premières et de l'énergie génèrent pénurie et inflation. Je sais que beaucoup d'entre vous le vivent. D'autre part, parce que nous ne devons pas viser seulement 7% de chômage, mais bien le plein emploi. Nous sommes en train progressivement tous ensemble de réussir, de faire en sorte que chaque Française, chaque Français puisse par son travail construire sa vie, mener à bien ses projets.
Notre économie crée des emplois comme jamais, au point que dans des secteurs comme la restauration, les bâtiments travaux publics, les services, l'artisanat ou l'industrie, tous les entrepreneurs me disent peinés à recruter aujourd'hui. Au moment où 3 millions de nos compatriotes se trouvent encore au chômage, cette situation heurte le bon sens. Pour la dépasser, pour faire en sorte que toutes les offres d'emploi soient pourvues, nous devons agir sur tous les fronts. Depuis 4 ans, le travail paye mieux avec l'augmentation de la prime d'activité de 100 euros au niveau du SMIC, avec la défiscalisation des heures supplémentaires et des pourboires, avec les baisses d'impôts inédites.
Par rapport au début du quinquennat, c'est au minimum 170 euros de pouvoir d'achat par mois en plus pour les bas salaires. Il faudra dans les années à venir poursuivre ces choix et financer notre modèle social en taxant moins le travail encore. Nous avons aussi beaucoup formé. Avec 15 milliards d'euros mobilisés depuis 2017, jamais autant de moyens n'avaient été engagés pour la montée en compétence des moins diplômés et des demandeurs d'emploi. Pour notre jeunesse aussi, nous avons déployé un effort spécifique avec la réforme de l'apprentissage et de l'alternance, atteignant en ce moment même des chiffres records et grâce au plan Un jeune, une solution.
Nous avons aidé 3 millions de jeunes à trouver une formation ou un emploi ou un accompagnement. Ce qui fait qu'au moment où je vous parle, le taux de chômage pour les jeunes est au plus bas depuis plus de 15 ans. Pour les 500 000 jeunes sans emploi et les moins qualifiés, j'ai annoncé dans la lignée de ce que je vous avais dit le 12 juillet dernier, le lancement pour le 1er mars prochain du contrat Engagement Jeune. Un contrat et non un revenu parce qu'aux droits que nous ouvrons, à savoir 20 heures de suivi intensif, une allocation pouvant aller jusqu'à 500 euros, correspondent des devoirs. Un devoir d'assiduité, un devoir de suivre les formations proposées et de s'engager pleinement.
Plus largement, pour que le travail permette de vivre dignement et paie toujours davantage que l'inactivité, nous conduisons en ce moment même une indispensable réforme de l'assurance chômage. Depuis un mois, les règles ont commencé à changer pour rendre la reprise du travail plus attractive dans tous les cas. Et à partir du 1er décembre de cette année, une nouvelle étape va s'engager. Il faudra avoir travaillé au moins 6 mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé. Alors qu'aujourd'hui, les droits au chômage sont ouverts au bout de 4 mois de travail.
Enfin, Pôle emploi passera en revue les centaines de milliers d'offres d'emploi disponibles sans réponse dès les prochaines semaines. Les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues. Le 12 juillet dernier, j'avais évoqué devant vous la nécessaire réforme des retraites. La situation sanitaire que nous vivons et qui est en train de se dégrader partout en Europe, le souhait unanime exprimé par les organisations syndicales et professionnelles de concentrer les efforts sur la reprise, le besoin de concorde dans ce moment que vit notre nation font que les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd'hui ce chantier.
Pour autant, notre volonté de sauver notre modèle par répartition et d'en corriger les inégalités n'a pas changé. Ce 1er novembre, la retraite minimale pour les agriculteurs qui est attendue depuis si longtemps est entrée en vigueur. Et dès 2022, il faudra, pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires. Elles feront légitimement l'objet de débats démocratiques indispensables. Mais elles devront suivre à mes yeux des principes simples. Travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal.
Aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé, et en faisant en sorte qu'au terme d'une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1 000 euros. Aller enfin vers plus de liberté, c'est-à-dire permettre de partir en retraite progressivement, d'accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent, d'encourager le travail au-delà de l'âge légal aussi, pour celles et ceux qui en ont envie. La retraite ne doit être ni une contrainte ni une angoisse, mais un choix plus libre, plus simple, plus lisible.
Aujourd'hui comme hier, vous le voyez, le travail continue donc d'être notre boussole, le fil rouge de notre action. Non seulement parce que pour chacun d'entre nous, c'est le travail qui nous permet de créer des liens, d'augmenter notre pouvoir d'achat, de progresser tout simplement dans la vie, en accédant à la propriété, en protégeant notre famille, nos proches, en concrétisant nos projets, mais aussi parce que sur le plan collectif, le travail de tous est ce qui nous permet en tant que nation de faire nos choix et de garantir notre indépendance.
C'est par le travail et par plus de travail que nous pourrons préserver notre modèle social, nos retraites, la prise en charge des malades, l'accompagnement des familles, la meilleure inclusion à l'école, au travail ou dans les structures adaptées pour les personnes en situation de handicap. C'est par le travail aussi que nous permettrons à nos aînés de vivre plus longtemps chez eux ou d'être accompagnés. Une cinquième branche de la sécurité sociale a été créée. Elle sera pleinement mise en œuvre dans les mois qui viennent et d'ici au 1er janvier, les professions du soin et de l'aide à domicile auront vu leur salaire revalorisé.
Nous sommes en train collectivement, en ce moment même, malgré la pandémie, de construire pas à pas un véritable service public de l'autonomie pour nos aînés. Nous le finançons et le financerons par davantage de travail. C'est par le travail de tous que nous pourrons continuer de rendre notre État plus solide. Nous avons, depuis 2017, recruté 10 000 policiers et gendarmes. Nous avons substantiellement augmenté le budget de la justice d'une manière inédite. Les résultats sont là. 36 attentats déjoués, la baisse d'un quart du nombre de cambriolages et de vols de véhicules, des saisies et des arrestations records en matière de trafic de drogue.
Mais très clairement, nous sommes lucides sur le travail qui reste à faire. La violence est de retour dans toutes les sociétés occidentales et exige d'aller plus loin. Nous devons ainsi poursuivre et renforcer nos actions pour lutter contre les violences faites aux femmes, pour mieux protéger nos enfants. Et dans le prolongement des travaux du Beauvau, une loi de programmation pour nos sécurités intérieures est en cours de discussion. Elle sera présentée au premier trimestre 2022 et donnera plus de moyens et allégera les contraintes bureaucratiques de nos forces de l'ordre.
Nous avons aussi lancé des états généraux de la justice qui, réunissant tous les acteurs, déboucheront au printemps sur des mesures fortes à la fois pour que la justice soit rendue plus vite et que les peines prononcées soient réellement exécutées. C'est par le travail de tous, enfin, que nous pourrons bâtir notre indépendance énergétique. Nous vivons chaque jour les conséquences de la situation actuelle. Le plein plus cher à la pompe, la facture de gaz et d'électricité qui augmente. Ce que nous vivons ces dernières semaines nécessite des réponses d'urgence. C'est pour cela d'ailleurs que le gouvernement a bloqué les prix du gaz.
C'est aussi pour cela que ceux d'entre vous qui gagnez moins de 2 000 euros net par mois et recevoir une indemnité inflation exceptionnelle de 100 euros. Mais si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l'étranger, il nous faut tout à la fois continuer d'économiser l'énergie et d'investir dans la production d'énergie décarbonée sur notre sol. C'est pourquoi ? Pour garantir l'indépendance énergétique de la France.
Pour garantir l'approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050, nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables. Ces investissements nous permettront d'être à la hauteur de nos engagements. Au moment où nous allons clôturer la COP26 à Glasgow, c'est un message fort de la France. Vous le voyez bien. Et nous le pressentons tous. Dès à présent, nous nous préparons à affronter les défis de l'avenir. Car nous vivons une révolution profonde. Avec la pandémie, nous avons éprouvé notre vulnérabilité.
Ce virus, soudain, a bloqué le monde entier. Nous avons redécouvert notre dépendance vis-à-vis de l'étranger, y compris pour des produits de première nécessité, des masques, le paracétamol ou d'autres. Nous avons réappris avec le vaccin que l'innovation pouvait tout changer et parfois en quelques mois avec une rapidité inédite. En même temps, les grands enjeux d'avant la crise n'ont pas disparu. La protection de la planète, le défi démographique, le vieillissement, la montée des inégalités. Nous avons donc d'une manière inédite tant de décisions à prendre en même temps. Tant d'investissements historiques à faire pour relever tous ces défis, pour maîtriser notre destin.
Le marché seul ne suffit pas. Il faut assumer une intervention publique forte avec, dans quelques domaines clés, des investissements importants. Des investissements de la nation, des investissements aussi de l'Europe. C'est pour cela que j'ai lancé le plan France 2030 doté de 30 milliards d'euros sur 5 ans pour investir dans 10 secteurs très porteurs d'avenir comme la décarbonation de l'industrie, le véhicule électrique, l'avion zéro carbone ou encore la culture, la santé, le spatial ou le maritime. Pour éduquer et former nos jeunes dans ces métiers d'avenir.
Pour sécuriser en France la production de composants et de technologies essentielles comme les semi-conducteurs, la robotique ou le cyber. Notre objectif est clair que les produits et les technologies qui feront l'économie, les emplois et en quelque sorte les vies de 2030 ne viennent pas seulement des Etats-Unis ou d'Asie mais bien aussi de France et d'Europe. Certains pensent ce rêve inatteignable. Je crois tout le contraire. Je crois que cela relève même de l'ambition faisable, du volontarisme lucide si aujourd'hui nous continuons de mener les réformes, les transformations et si nous investissons.
Oui, la France a les moyens de conforter ses positions de grande puissance éducative, industrielle, agricole, d'innover, de créer et produire en tenant nos objectifs climatiques et de biodiversité si nous investissons, si nous levons les freins à l'action, les complexités inutiles et les corporatismes. Mais la France ne sera pas forte seule. Les enjeux sont tels dans le choc des puissances continentales qui se déploient sous nos yeux que seule une entente européenne, solidaire et volontaire peut apporter à chacun de nos pays européens un relais et une force de frappe. Il suffit d'ouvrir les yeux pour mesurer combien nos intérêts se rencontrent et s'accordent.
C'est dans ce contexte du choc des puissances américaines, chinoises, russes et de déstabilisation de nombreuses zones du monde que notre pays aura dans deux mois la charge de présider l'Union européenne. Car les orientations de l'Union ne sont pas lointaines ou évanescentes. Elles sont même la trame de nos vies et des années qui viennent. Sans l'Union européenne, nous n'aurions pas si vite disposé du vaccin. Nos partenaires ne sont pas des étrangers. sur ce continent qui nous a été donné par le destin, ils sont confrontés aux mêmes vagues, aux mêmes orages que ceux que nous rencontrons.
C'est donc avec eux que nous tâcherons dans les prochains mois de mieux affronter les défis qui sont les nôtres. Ensemble, de mieux protéger nos frontières extérieures. Ensemble, de continuer à rebâtir avec l'Afrique une relation de paix, de stabilité et de croissance. Ensemble, de mieux réguler les géants du numérique. Ensemble, de bâtir une stratégie crédible de réduction de nos émissions de CO2 compatibles avec notre souveraineté industrielle, technologique. Ce nouveau modèle d'investissement et de croissance auquel je crois pour la France et pour l'Union européenne est celui que je défendrai en votre nom dès janvier prochain en prenant la présidence de l'Union.
Mes chers compatriotes, nous avons surmonté ensemble ces derniers mois une conjonction inédite de crise. La pandémie, ses conséquences, le terrorisme, les désordres géopolitiques et j'en passe. J'ai tâché à la cavalcade de retranscrire tout ce que nous sommes en train de faire et ce qu'il convient de conduire pour les mois à venir. Mais durant tous ces mois, nous sommes restés soudés, fidèles à ce que nous sommes, profondément humains. Alors je vois bien, je sens bien, j'entends bien l'incertitude, les doutes, parfois la fatigue, quelquefois la colère quand je viens à votre rencontre qui se manifeste. La période est difficile pour beaucoup d'entre vous, angoissante.
Mais regardez ce que nous avons réussi durant ces derniers mois en agissant ensemble, unis. nous avons réussi l'impensable. Alors je vous le dis avec beaucoup de conviction, n'ayons pas peur. Croyons en nous, croyons en la France, en une France qui reste elle-même forte de son histoire, de sa culture, de sa langue, de sa laïcité, de ce qui l'unit. Forte de son esprit de résistance à la dilution dans un monde qui va à la soumission aux dogmes, aux obscurantismes, au retour du nationalisme. Forte de sa volonté d'embrasser l'avenir et de continuer d'assumer sa part d'universel. Croyons en nous, nous le méritons. Vive la République et vive la France.
Figaro, là-et-Villet, 20h27 et quelques petites secondes, voilà, vous venez d'entendre et de suivre en direct sur le figaro.fr et sur notre page YouTube Figaro Live, la dernière allocution du président Macron. Alors, pour lutter contre la reprise épidémique, il vient d'annoncer notamment que le pass sanitaire des seniors des plus de 65 ans sera conditionné à la troisième dose et ce, dès la mi-décembre et que les 50-64 ans seront bientôt, eux aussi, éligibles au rappel vaccinal. Il a également annoncé qu'un traitement contre le Covid serait disponible en décembre.
Et puis ensuite, il a fermé ce chapitre Covid et il a donc déroulé son bilan, agrémenté de quelques annonces un petit peu pêle-mêle. On va y revenir. En tout cas, vous êtes très nombreux à nous suivre sur les chats du figaro.fr et sur notre page YouTube. Je vous en remercie. Bonjour à Versinger, César, Tuchère, Agathe Cé notamment sur le chat du figaro.fr. N'hésitez pas à continuer de poser vos questions ou de donner votre avis et de nous dire si Macron vous a convaincu ou pas. Je vous lis et je relierai vos commentaires en direct. Je suis en studio avec Christophe De Vogue. Bonsoir, Christophe.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous au Figaro pour débriefer cette allocution. Je rappelle que vous êtes prof à Sciences Po, politologue spécialiste des idées et de la rhétorique politique notamment. Alors, qu'est-ce que vous avez pensé de ce discours ?
Écoutez, j'étais, comme vous, très attentif vis-à-vis d'un discours qui fait partie des discours plutôt longs. On est à près de 30 minutes en fait. Emmanuel Macron fait rarement en dessous de 20 quand on regarde l'ensemble de ses interventions.
Là, il fait vraiment quand même dans le discours je dirais de moyenne durée il peut faire beaucoup plus on l'a vu au moment du grand débat mais c'est finalement un discours très court par rapport au nombre de sujets qu'il aborde et ça, c'est une première impression comme ça c'est, on en a reçu beaucoup dans les oreilles et le président lui-même semble s'en apercevoir en disant voilà, j'ai passé en revue j'ai noté l'expression à la cavalcade c'est-à-dire qu'il a galopé à travers la forêt des sujets passés, présents et avenirs de la santé au numérique en passant par le cyber l'éducation des jeunes enfin
on a du mal à retenir tous les thèmes qu'il a abordé
on a beaucoup de mal mais ça va être votre travail le travail des commentateurs et des journalistes et je crois qu'on ne va pas pouvoir rentrer dans le détail de chacun d'autant que c'est toujours un petit peu une petite faiblesse dans sa rhétorique c'est à la fois donc cette accumulation ça a tendance à accumuler le nombre de destinataires en mentionnant un tas de catégories et puis un nombre considérable de sujets et à se répéter puisque tout ce qui est numérique investissement avenir on en a entendu parler pendant à peu près 10 minutes des répétitions pendant les dernières 10 minutes voilà donc en fait il y a eu 4 moments si on regarde un petit peu il y a eu un moment Covid oh non il y a toujours un long moment chez Emmanuel Macron qui est le moment de mise en bouche et qui est peut-être une des raisons aussi de la longueur de ses discours qui est le moment de la justification alors les mauvaises langues disent de l'autosatisfaction mais il commence toujours ses discours par dire nous avons bien fait quel que soit le sujet et particulièrement sur le Covid nous avons suivi les scientifiques nous avons fait mieux que les autres nous sommes exemplaires la France a une situation enviable ça c'est vraiment toujours une marque du macronisme qui dure longtemps 6 minutes quand même sur
la campagne de vaccination a porté ses fruits
6 minutes c'est à dire entre un quart et un cinquième du temps total et puis après les annonces Covid et puis qui ont duré encore à peu près 6 minutes et puis ensuite bilan 6 minutes et ensuite annonce à venir justement on va juste 4 parties ce qui est beaucoup ce qui est vraiment beaucoup
on va justement écouter donc la principale annonce pour lutter contre la reprise épidémique que le président a faite c'est donc ce conditionnement à la troisième dose pour le pass sanitaire des plus de 65 ans on va écouter cet extrait
l'épidémie les plus vulnérables sont os aînés et ceux qui souffrent d'obésité de maladies cardiovasculaires de maladies respiratoires ou de diabète sévère toutes les études montrent en effet que 6 mois après le vaccin l'immunité diminue et donc que le risque de développer une forme grave réaugmente la solution à cette baisse d'immunité est l'injection d'une dose de vaccin supplémentaire ce qu'on appelle le rappel une campagne a été lancée depuis la fin de l'été pour tous les plus de 65 ans et les plus fragiles il nous faut aujourd'hui l'accélérer si vous avez été vacciné il y a plus de 6 mois je vous appelle à vous protéger en prenant rendez-vous dès maintenant auprès d'un centre de vaccination de votre médecin ou de votre pharmacien il est possible de faire ce rappel en même temps que le vaccin contre la grippe à partir du 15 décembre il vous faudra justifier d'un rappel pour prolonger la validité de votre pass sanitaire
est-ce que c'est une mesure cette mesure qui est annoncée qui va peut-être s'étendre à toutes les catégories de la population est-ce que c'est une mesure qui sera acceptée par la population
alors là bien malin qui peut le dire alors comme toujours dans ces cas là on reprend toutes les mesures depuis le début Emmanuel Macron sauf quand il y avait vraiment l'urgence nous sommes en guerre Emmanuel Macron procède par avec un calendrier c'est-à-dire qu'il étale il y a une sorte de gradualisme qui est bien sûr de nature à essayer de faire passer plus facilement bon d'abord il y a des raisons pratiques on ne peut pas vacciner tout le monde en 15 jours on s'en saurait et puis on va donc faire par catégorie de même qu'on avait fait la première vaccination par catégorie sauf que là ça va aller plus vite d'après ce que je vois puisque en décembre ce seront les 50-64 ans puis ensuite je ne sais pas
c'est pas encore déterminé
c'est pas encore déterminé mais on sent que alors cela dit est surpris qui veut bien l'être dès qu'on a introduit un pass sanitaire j'ai eu l'occasion de l'écrire à plusieurs reprises dès le mois de juillet on savait qu'on irait vers par définition puisque vous avez un pass sanitaire avec deux vaccinations vous aurez trois vaccinations puis quatre puis cinq c'est vraiment inévitable avec une maladie qui connaît des mutations des variants et cela donc était je suis étonné que les gens soient étonnés si vous voulez il est vrai qu'on ne les a pas beaucoup aidés à ne pas l'être puisque on a entendu là des choses un peu étonnantes vous vous rappelez pendant très longtemps les deux doses c'était fini tous vaccinés tous protégés je vous rappelle et là le président a encore parlé de complètement vaccinés avec deux doses non mais justement on ne l'est plus complètement vaccinés et ça c'est un peu une contradiction dans la rhétorique il aurait dû dire vaccinés à deux doses et non pas complètement vaccinés bref on s'y perd d'autant que il semble qu'il faille le faire vite cette troisième dose et qu'il nous promet en même temps l'arrivée d'un traitement et alors là peut-être c'est quand même la contre-vérité manifeste du discours la France a misé depuis le début sur la recherche sur le traitement ça va faire sourire beaucoup puisqu'on sait très bien que justement on n'a pas misé sur la recherche sur le traitement donc là il y a quelque chose qui n'est pas clair il faudra que le gouvernement éclaircisse ce rapport traitement vaccin qui est vous le savez un des grands problèmes de la situation actuelle beaucoup de gens notant qu'on a tout mis sur la vaccination peut-être qu'on n'avait pas le choix mais on ne peut en tout cas pas dire qu'on a misé sur le vaccin depuis le départ ça ça fera sourire les commentateurs
alors beaucoup de commentaires négatifs dans les chats notamment sur Youtube j'en cite quelques-uns je ne peux pas tous les citer mais sur la personnalité en tout cas du président Macron qui ne fait pas l'unanimité en tout cas chez les internautes qui nous regardent au Figaro Baptiste Leclerc qui nous dit tout est faux Sergio 1977 quel manipulateur ce commercial est ombre de lune c'est de l'arnaque il nous en fume grave quel est votre avis là-dessus à votre avis pourquoi n'a-t-il pas convaincu ces internautes
bon alors d'une part on est sur un médium particulier je pense que si vous aviez si on était je ne sais pas sur BFM TV on aurait peut-être des réactions plus favorables parce que ce qui m'a beaucoup frappé c'est que alors disons les choses déjà maintenant c'est un discours électoral bien sûr si on avait suivi la rhétorique après bon le moment l'urgence ensuite le bilan puis les projets puis l'Europe à partir de janvier on attendait quand même il ne manquait qu'une phrase et j'annonce la candidature à la présidence de la République bon mais tout le monde l'aura je pense suppléé donc à partir de ce moment-là le discours est quand même orienté vers le cœur de son électorat de premier tour c'est-à-dire centre droit il y a beaucoup de choses pour le centre droit la valeur travail il insiste beaucoup là-dessus et à juste titre on peut dire que s'il y a une continuité dans le quinquennat et y compris par rapport au programme d'Emmanuel Macron en 2017 c'est la valeur travail ça c'est indiscutable donc ça c'est de nature à plaire au centre droit la responsabilisation des chômeurs enfin tout ça ce sont des thèmes qui parlent à la droite la promesse d'une loi sur la sécurité la énième loi mais qui par hasard elle aura lieu avant l'élection présidentielle alors qu'on n'a pas le temps
de faire la réforme des retraites
ni de renouveler le pass sanitaire vous vous souvenez ça et puis le centre gauche l'autre partie du pancronisme sera content de voir que les retraites vont être augmentées les retraites minimales qu'il y a un gros effort de formation qu'il y aura une garantie pour les jeunes etc donc il a visé son électorat donc il n'est pas étonnant peut-être que on va dire que d'autres publics soient moins convaincus la preuve d'ailleurs qu'il a visé son électorat c'est qu'il n'a justement pas mentionné deux sujets qui sont pourtant évoqués par d'autres candidats mais il n'a pas dit un mot il n'y a pas un mot sur l'immigration pas un et pas un mot sur l'identité nationale à part des généralités nous sommes un grand pays etc donc là on voit très bien qu'il laisse tomber en quelque sorte parce que il a bien raison de le faire d'ailleurs en premier tour ça n'est pas son public ça n'est pas son audience et donc il concentre sur son cœur de cible de premier tour
justement on va écouter une annonce du président Macron c'était une annonce un peu surprise la suspension des allocations chômage aux chômeurs qui ne sont pas en recherche active
nous conduisons en ce moment même une indispensable réforme de l'assurance chômage depuis un mois les règles ont commencé à changer pour rendre la reprise du travail plus attractive dans tous les cas et à partir du 1er décembre de cette année une nouvelle étape va s'engager il faudra avoir travaillé au moins six mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé alors qu'aujourd'hui les droits au chômage sont ouverts au bout de quatre mois de travail enfin Pôle emploi passera en revue les centaines de milliers d'offres d'emploi disponibles sans réponse dès les prochaines semaines les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues
alors je relève quelques commentaires de nos internautes sur le chat YouTube qui abonde dans ce que vous disiez Christophe Natalia Loureiro qui dit moi j'entends ce discours comme un votez-moi et vous n'allez pas le regretter et non pas comme un point sur la situation sanitaire Indian Tonic qui nous dit un discours clairement orienté vers les boomers avec une pincée de clientélisme vers les paysans il a une autre interprétation de la cible de Macron et puis Mejot 85 qui conclut il est en campagne effectivement dans son point de vue dans sa posture dans la rhétorique qu'est-ce qui indique que c'était vraiment un discours de campagne
alors déjà dans ce qu'on peut appeler le body language vous voyez qu'il est très posé la voix est sereine unie pendant toute la première partie du discours il n'y a quasiment pas de mouvement de main juste pour marquer ou pour assurer un petit peu sa volonté avec le point ça s'anime ensuite quand il commence à faire son bilan et qui est merveilleux qui est vraiment formidable le chômage qui n'a jamais été aussi bas la croissance qui revient comme nulle part ailleurs et puis et puis la fin qui est tout à fait intéressante parce que elle signale les grands moments du macronisme qui est la conclusion vous avez vu d'ailleurs c'est marqué par nos techniciens nous le diront par le close-up c'est-à-dire la caméra se rapproche et là il délivre son message final sur une voie quasiment religieuse d'ailleurs il emploie un vocabulaire religieux rappelez-vous il reprend la phrase du pape n'ayez pas peur n'ayons pas peur croyons en nous ce vocabulaire religieux dit sur un ton inspiré qui tranche avec le début un peu je dirais intime sur le ton de la confidence ou de la confession on est dans une sphère religieuse là qui pour moi signe typiquement avec tout le reste notamment la valeur travail ce que j'appelle le saint-simonisme profond d'Emmanuel Macron qui est son inspiration vous savez saint-simon qui était un grand théoricien du début du 19ème siècle et qui disait qu'il fallait produire qu'il fallait travailler qu'il fallait créer des richesses pour les répartir ensuite en faveur du peuple et puis qu'il fallait en quelque sorte aider stimuler et surtout se battre contre les oisifs saint-simon se battait contre l'oisiveté vous avez entendu là il faut être une recherche active d'emploi et saint-simon apportait autre chose il apportait ce qu'il disait ce qu'il appelait un nouveau christianisme vous voyez l'idée c'est son dernier livre l'idée de créer une nouvelle foi qui rassemble le peuple français on est en plein saint-simonisme et encore une fois ceux qui voient dans Emmanuel Macron un libéral ou un social-démocrate en seront pour leurs frais
Italy 27 qui dit il est déjà en campagne c'est un discours pour son deuxième mandat effectivement si on fait un peu le ratio que vous avez commencé tout à l'heure Christophe effectivement on va dire qu'il y avait une dizaine de minutes sur le Covid et puis après une vingtaine de minutes on va dire sur son bilan sur ses quelques annonces qu'il a faites on peut parler aussi de la date Christophe pourquoi il a choisi de s'exprimer aujourd'hui le 9 novembre alors si vous avez regardé Figaro Live tout à l'heure ce matin ou lors de Point de vue c'est vrai que le 51e anniversaire de la mort de De Gaulle a été traité aussi aujourd'hui beaucoup il y a beaucoup de candidats LR ou pas de droite d'ailleurs qui lui ont rendu hommage aujourd'hui la veille hier il y avait le débat des LR il a choisi un petit peu son moment aussi pour se remettre en scène
c'est un homme qui a le sens du timing on le sait bien puisqu'il est le maître des horloges et ça il a tout à fait raison ça c'est son inspiration machiavélienne au sens technique du terme la politique est une affaire de temps du bon moment et là évidemment c'est tout sauf un hasard ça correspond évidemment il fallait qu'il intervienne puisque l'épidémie reprend on veut dire qu'il fallait qu'il intervienne dans les prochains jours mais évidemment le jour de l'anniversaire de De Gaulle et surtout ce message qui est un message quand même que je dis majoritairement orienté vers le centre droit qui est une sorte de pied de nez aux républicains pour dire attendez le candidat du centre droit c'est pas vous c'est moi et donc c'est tellement évident le jour où vous allez tous célébrer De Gaulle moi je suis le vrai De Gaulle en place et c'est moi qui vais parler au rassemblement du peuple français j'ai envie de reprendre presque l'expression puisqu'il a dit il y a beaucoup assisté sur l'unité nationale à la fin donc il y avait tout un message subliminal disant le De Gaulle d'aujourd'hui c'est moi et votre électorat c'est le mien
justement on va parler un petit peu de ce format c'est quand même la neuvième allocution du président comme ça à 20h depuis la crise du Covid
non la douzième
la douzième si on compte les vœux etc le 31 décembre etc mais pure Covid on va dire que c'est la neuvième on va dire que c'est un peu le président des allocutions c'est un peu le président des 20h c'est un peu son moyen de communication préféré il avait fait à l'époque quelques conférences de presse mais il n'avait pas il n'a pas continué on va dire qu'est-ce que ça révèle de lui ce mode de communication où il prend l'antenne à 20h simultanément sur toutes les radios les télévisions et puis les médias les médias web comme Ficarolive
d'une part c'est tout à fait gaullien c'est tout à fait l'adresse directe du président au peuple de Gaulle vous savez a annoncé de très grandes décisions politiques de cette façon là en s'adressant directement au peuple alors il est moins conférence de presse ça peut-être parce que François Hollande l'était beaucoup peut-être parce que c'est pas l'exercice qui lui réussit le mieux je crois quand même que son meilleur exercice là où il est le meilleur indiscutablement c'est dans le débat on l'a vu justement au moment du fameux grand débat il est excellent face à à un journaliste deux journalistes des contradicteurs il est excellent face à Marine Le Pen rappelez-vous là la force de Macron ce qui sera une force en campagne c'est quand même dans le débat comme orateur il est on l'a vu il est bon mais c'est pas de Gaulle quand même
Chris Cross justement qui est un internaute très fidèle de Figaro Live je le salue et qui nous donne son avis donc sur Figaro Live il parle trop Mitterrand et Chirac parlaient beaucoup beaucoup moins souvent est-ce que la parole de Macron est trop présente dans les médias
alors écoutez je pense que la pandémie a tout changé c'est à dire que les gens étant désorientés inquiets surtout une population qui vieillit donc qui est menacée par la maladie plus que que les jeunes cette population qui ne le cachons pas qu'on n'entend pas qui ne manifeste pas mais qui est sans doute le socle électoral du président et qui quand on regarde les sondages sur le Covid est favorable au pass sanitaire majoritairement je crois qu'on découvrira assez vite qu'elle est favorable à la troisième dose on va vite le savoir je pense qu'il peut compter sur une majorité de la population sinon d'ailleurs ça se passerait différemment donc il sait qu'il a cette majorité silencieuse donc il faut qu'il mobilise une bonne partie pour les élections et donc il a besoin de ce contact régulier et comme la pandémie justifie puisqu'il y a des hauts des bas on est d'accord confinement déconfinement reconfinement un an à moitié confinement donc il peut je dirais sans brusquer les institutions ou choquer prendre la parole parce que justement il y a une urgence le temps dicte la parole présidentielle et il fait ça pour notre bien comme il nous l'a dit et que ce soit soit pour resserrer la vis soit au contraire pour ce qu'il préfère faire comme tous les les présidents soit pour nous donner plus de liberté
si vous nous rejoignez merci d'être en direct avec nous nous sommes toujours sur le figaro.fr et sur notre page youtube figaro live pour débriefer cette neuvième allocution ou douzième selon les statistiques cette neuvième ou douzième allocution du président Macron que vous venez de suivre en direct sur figaro live vous étiez très nombreux à nous suivre vous êtes toujours très nombreux donc n'hésitez pas si vous avez des questions à nous soumettre ou pour nous donner votre avis ce que vous en avez pensé est-ce que vous est-ce que vous avez été convaincu par le chef de l'état je vous lis je vous vois c'est pour ça que j'ai mon ordinateur devant moi et Christophe De Vogue qui est avec moi je rappelle qui est spécialiste de la rhétorique politique pourra donner son avis et vous répondre je voudrais qu'on revienne sur cette réforme des retraites qui l'enterre définitivement en tout cas pour cette fin de quinquennat je vous propose d'écouter le président
le 12 juillet dernier j'avais évoqué devant vous la nécessaire réforme des retraites la situation sanitaire que nous vivons et qui est en train de se dégrader partout en Europe le souhait unanime exprimé par les organisations syndicales et professionnelles de concentrer les efforts sur la reprise le besoin de concorde dans ce moment que vit notre nation font que les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd'hui ce chantier pour autant notre volonté de sauver notre modèle par répartition et d'en corriger les inégalités n'a pas changé ce 1er novembre la retraite minimale pour les agriculteurs qui est attendue depuis si longtemps est entrée en vigueur et dès 2022 il faudra pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations prendre des décisions claires elles feront légitimement l'objet de débats démocratiques indispensables mais elles devront suivre à mes yeux des principes simples travailler plus longtemps en repoussant l'âge d'égal aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu'au terme d'une carrière complète aucune pension ne puisse être inférieure à 1000 euros aller enfin vers plus de liberté c'est à dire permettre de partir en retraite progressivement d'accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent d'encourager le travail au-delà de l'âge légal aussi pour celles et ceux qui en ont envie la retraite ne doit être ni une contrainte ni une angoisse mais un choix plus libre plus simple plus lisible
Alors abandonner cette réforme de la retraite pourquoi l'avoir fait c'est trop compliqué c'est trop risqué à 5 mois de la présidentielle
Alors écoutez j'ai une double impression c'est du vrai en même temps vous dites abandonner non pas vraiment puisqu'il dit ça n'est pas le moment toujours le thème du bon timing mais il en parle quand même beaucoup puis il en donne toutes les principales clés donc on sort très bien que ça va être au coeur de son programme avec visiblement peut-être une autre réforme que celle qu'il avait prévue puisqu'il n'a pas parlé de retraite à point pour proprement parler il a parlé d'un report de l'âge de la retraite donc il est clair que
il va peut-être modifier son choix il est fondamental
vis-à-vis de l'électorat qu'il convoite encore une fois celui de centre droit et celui des retraités qui est tout à fait d'accord pour qu'on réforme la retraite des autres vous voyez ce que je veux dire il a tout à fait compris cela et donc il va il va la reporter alors ce qui est très intéressant en revanche c'est que l'argumentation qu'il utilise pour le report des retraites vaut très exactement pour la réforme du chômage c'est-à-dire qu'il parle de la pandémie il y a la pandémie aussi pour le chômage il parle de l'opposition des syndicats je sais que vous allez voir la réaction des syndicats elle sera furax demain il parle de besoins de concorde nationale visiblement il y aura beaucoup beaucoup de voix dissidentes donc pourquoi le chômage et pas la retraite alors là la raison est très simple c'est qu'il a pour le chômage beaucoup plus de facilité politique pour le faire et beaucoup plus d'appui justement dans cet électorat de centre droit
il a peut-être moins de syndicats dans les pattes on va dire très justement
les syndicats vont en effet hurler comme je disais il y a une seconde mais enfin ils ne se sont jamais battus on le sait très bien pour le chômage ils se battront en revanche beaucoup plus pour la retraite des régimes spéciaux et la différence privée publique au moment de la retraite alors là ce sera une autre paire de manches donc cette réforme là la vraie raison pour laquelle il a fait le chômage c'est parce qu'elle est plus facile c'est tout politiquement c'est pas du tout à cause des raisons qu'il a données
et il y a un autre revirement on va dire au changement de position d'Emmanuel Macron également c'est sur le nucléaire qui est acté on va dire avec ce discours puisqu'il annonce la construction de nouveaux EPR alors qu'il s'était fait élire sur justement la fermeture de Fessenheim
oui je pense pas que c'était déterminant dans son élection
non mais c'était un argument
il doit y avoir quand même quelqu'un qui doit se sentir mal ce soir c'est la ministre de l'environnement qui est quand même numéro 2 du gouvernement qui est quand même avalé la pas une couleuvre mais un piton puisque c'est exactement tout ce qu'elle ne voulait pas et c'est aussi très clairement un choix là encore qui parle au centre droit vous savez très bien que Edouard Philippe a toujours été pour le nucléaire Bruno Le Maire aussi donc toute la partie du gouvernement de centre droit est pour le nucléaire l'électorat de centre droit est pour le nucléaire et là il est clair qu'Emmanuel Macron fait le choix encore une fois de cet électorat là
il ferme la porte on va dire à la gauche écolo qui pourrait encore voter pour lui mais bon
combien de divisions il regarde des sondages
oui il orgne plutôt à droite on va dire
il orgne plutôt à droite et en plus il le fait au moment précis où les LR n'ont pas encore de candidat donc avant qu'il y ait une cristallisation en faveur d'un candidat LR c'est le bon moment pour le faire c'est à dire couper l'herbe sous le pied d'une candidature LR c'est à dire ce qu'il fait exactement au centre droit c'est ce que fait Zemmour à la droite de la droite
on va terminer avec cette dernière question je pense qu'on vous l'a déjà posé plusieurs fois en tant que spécialiste de la rhétorique Christophe Devoix est-ce que Macron est un bon orateur ?
écoutez j'ai tenté un petit peu de le dire c'est toujours très difficile à dire parce qu'un bon orateur ça change un petit peu selon le média très important le médium c'est le message c'est un grand sociologue de la communication donc ça change aussi selon le moment les circonstances évidemment le public je pense que ça n'est pas un grand homme de discours c'est pas encore une fois De Gaulle c'est pas Jaurès d'accord ça n'est pas Mitterrand c'est en revanche encore une fois un très bon débatteur donc un homme qui est redoutable en campagne cela dit son niveau on vient de le voir son niveau reste quand même très élevé vu la concurrence si vous voyez ce que je veux dire ce qui compte c'est pas d'être très bon mais d'être le moins mauvais
Merci Christophe Delocq merci d'avoir été avec nous en direct sur Figaro Live et sur notre page Youtube pour pouvoir débriefer cette dernière allocution du président Macron vous retrouverez donc toutes les principales annonces dont nous avons un petit peu balayé ensemble certaines d'entre elles sur le figaro.fr dans le papier ce qu'il faut retenir de la dernière allocution du président Macron quant à moi je vous retrouve très bientôt pour un prochain direct sur Figaro Live à très vite
Merci Merci
Merci
Emmanuel Macron