Trêve Hamas/Israël : un premier pas vers un cessez-le-feu ? - C à vous - 24/11/2023
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« On sait, selon une ONG palestinienne, que 39 palestiniens prisonniers ont été libérés. »
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« Si tu n'escalade à l'armée, ce n'est pas un nâtre qui est rapporteux, ce n'est pas un nâtre qui est réalisé. »
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« Il y a eu une cinquantaine d'attaques contre les intérêts américains dans la région depuis le 7 octobre. »
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« Celle qui a eu lieu dans les six derniers mois, dans les quatre derniers mois, n'a pas eu les résultats escomptés, c'est très clair. »
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« La défaite ou la victoire, ça se mesure toujours aux objectifs qu'on s'est fixés. »
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Le Hamas a déclaré que pour chacun des otages relâchés, trois prisonniers palestiniens, des femmes et des jeunes vont être libérés. On sait, selon une ONG palestinienne, que 39 palestiniens prisonniers ont été libérés. Donc le ratio n'est pas tout à fait celui auquel on s'attendait ? Écoutez, c'est globalement un ratio qui est très différent de celui de précédentes libérations d'otages israéliens qui ont été négociés contre des prisonniers palestiniens avec le Hamas. En général, le Hamas est plus gourmand, si vous me permettez cette expression, là pour des raisons que je ne connais pas, parce que nous ne connaissons pas encore les détails de la négociation, le ratio est différent.
L'annonce sur l'accord de la libération des otages a été faite par le Qatar, qui était aussi au centre des négociations. Est-ce qu'il est en train, ce pays, cet émera, est-il en train de devenir incontournable dans la région ? C'est un petit pays qui, depuis longtemps, joue un rôle majeur dans la diplomatie au Moyen-Orient. C'est un des seuls à pouvoir parler à tout le monde. C'est évidemment un pays qui n'a pas les relations directes avec Israël, qu'ont par exemple les Émirats arabes unis. C'est un pays qui est très proche de la Turquie, puisque bien sûr, il y a l'influence des frères musulmans qui est extrêmement forte au Qatar.
Mais le Qatar, qu'on a beaucoup stigmatisé peut-être, en disant qu'ils hébergent des dirigeants du Hamas, mais peut-être que c'est justement parce qu'ils hébergent ces dirigeants du Hamas qu'il a pu jouer un rôle clé dans la négociation. La diplomatie, ce n'est pas toujours très propre, mais force est de constater que là, le Qatar semble avoir joué un rôle positif. Ces libérations et cette trêve humanitaire, est-ce que c'est un premier pas vers un cessez-le-feu durable ? Non. Je vais être très clair. Je ne pense que ceci ne dit absolument rien de la possibilité de cette trêve humanitaire, appelons la pause de trêve humanitaire, de se transformer en véritable cessez-le-feu.
Je crois au contraire qu'il y aura, dès que l'échange aura été réalisé, les combats reprendront, les opérations israéliennes reprendront, ce qui n'empêchera pas qu'il y ait éventuellement d'autres opérations d'échange. Mais je ne crois pas une seconde qu'Israël souhaite cesser les opérations à ce stade. Israël ne le souhaite pas, mais est-ce que paradoxalement, cette trêve et cette première vague de libération d'otages, ça ne rend pas plus difficile la poursuite politique de l'offensive israélienne ?
Je ne crois pas vraiment parce que finalement, l'opération commencée dès le 8 octobre par Israël a été plutôt bien accueillie par la population du pays, alors même qu'il y avait plus de 200 otages qui étaient aux mains du Hamas. Et cette pression de l'opinion publique ne va pas s'accentuer là ? Non, je ne le pense pas. Tous ceux qui ont été en contact avec des Israéliens, vous êtes nombreux à l'avoir été ces dernières semaines, sont frappés de voir à quel point le coup sur la tête qui a été reçu le 7 octobre a changé la manière dont les Israéliens voient justement cette équation otages versus opérations militaires. Donc moi, ma conclusion, c'est que non, ça ne changera pas grand-chose.
Évidemment, attendons de voir si tout se passe bien, si la trêve est respectée jusqu'au bout, car ni l'une ni l'autre des partis n'est totalement à l'abri d'un dérapage. Il peut y avoir des petits accidents. Il va y avoir probablement des tests de la part du Hamas pour voir si Israël réagit. Donc franchement, je sais que c'est facile de dire ça, mais soyons très prudents. On sait que les États-Unis soutiennent Israël jusqu'à un certain point. Le président Joe Biden a rappelé son soutien, certes, mais a menacé des sanctions contre les colons israéliens qui attaquent les Palestiniens en Cisjordanie. C'est peut-être là où se trouve le prochain risque d'escalade ?
Oui, tous les experts du pays sont d'accord pour dire que ça ne se voit moins, ça se voit un petit peu moins que ce qui se passe au nord, par exemple, avec le Hezbollah. Mais c'est très clairement la situation la plus inquiétante. Il y a plusieurs dizaines de morts depuis début octobre. C'est là que malheureusement, les deux ministres d'extrême droite du gouvernement israélien mettent de l'huile sur le feu en permanence. Joe Biden, lorsqu'il envoie ce message, il est conforme à... Il s'inscrit dans une longue tradition américaine. À part Donald Trump, tous les présidents américains, depuis 30 ans, ont averti les gouvernements israéliens qu'il ne fallait pas jouer avec le feu en Cisjordanie.
Donc là, il s'inscrit dans une... D'abord, il est cohérent avec lui-même. Et ensuite, il s'inscrit quand même dans quelque chose qui est une vraie tradition américaine, seulement rompée par Trump. L'escalade, vous le disiez, elle se passe aussi au nord d'Israël, avec des échanges de tirs pratiquement quotidiens ces dernières semaines entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, qui est soutenu par l'Iran, allié du Hamas. Et hier, justement, le ministre des Affaires étrangères iranien a prévenu que le conflit pouvait s'étendre.
Si tu ne se passe pas à la voie d'Israël, si tu ne c'est pas le privilegedement, ce ne c'est pas un nlépte. Si tu n'escalade à l'armée, ce n'est pas un nâtre qui est rapporteux, ce n'est pas un nâtre qui est réalisé. Pour l'Iran, il y aura un avant et un après cette trêve.
Je n'y crois pas beaucoup. Je pense qu'il parle pour ne pas dire grand-chose. C'est un test aussi ? Bien sûr. Les vrais tests, pardon, mais ils sont beaucoup plus concrets et plus meurtriers. Ce sont les missiles qui sont lancés depuis le nord vers Israël et depuis le sud par les outils du Yémen vers Israël et les forces américaines dans la région. C'est vrai que la situation est complexe parce que rarement on a eu autant de missiles qui pleuvent d'autant de directions différentes. Il y a eu une cinquantaine d'attaques contre les intérêts américains dans la région depuis le 7 octobre.
Mais, mais, mais, il reste que la plupart des grands acteurs, y compris l'Iran, semblent vouloir, au-delà de ces petits tests, c'est l'expression qu'on emploie en stratégie, semblent ne pas vouloir déclencher une autre guerre, c'est-à-dire ajouter la guerre à la guerre. Donc, je pense que cette déclaration n'annonce pas quelque chose, une transformation du conflit dans les jours à venir après la trêve humanitaire. L'Iran qui fait partie avec la Russie, la Chine et la Turquie des néo-empires. Des néo-empires dont vous... des néo. Des néo-empires. Des néo-empires dont vous écrivez dans votre livre « La guerre des mondes » qui ne joue pas le jeu des règles et des normes communes admises.
Leur point commun à ces néo-empires, c'est d'être persuadés que l'Occident veut réduire leur puissance. Ils sont paranoïaques, ils sont autoritaires, ils veulent leur revanche, ils sont persuadés que l'Occident les a humiliés depuis des décennies, voire des siècles. Et donc, aujourd'hui, ils souhaitent prendre leur revanche. Ils sont expansionnistes, soit territorialement, comme la Russie ou la Chine, soit en cherchant à étendre leur influence dans la région. C'est le cas de l'Iran. Et ils ont malheureusement une caractéristique que l'on oublie parfois. Ce sont quatre néo-empires, je n'hésite pas à le dire, qui ont eux-mêmes ou leurs alliés des pulsions quasi-génocidaires.
C'est le cas de la Russie de Vladimir Poutine en Ukraine. C'est le cas, alors pas de la Turquie, mais de son allié l'Azerbaïdjan en Arménie. C'est le cas de l'Iran à travers son allié le Hamas. Et c'est aussi, n'oublions pas, la Chine à propos, bien sûr, qui réprime sa propre population, les Ouïghours, des musulmans d'ailleurs, dont tout le monde à peu près se fiche dans le monde musulman, et qui, eux, sont victimes de pratiques que j'hésite à qualifier de génocide pur et plantes, mais on va dire de pratiques de type génocidaire. Donc ces néo-empires, ils sont dangereux pour nous, mais aussi dangereux pour les populations de leur propre voisinage.
Face à ces quatre néo-empires, il y a une famille occidentale qui, effectivement, est sur la défensive. Je pense quand même qu'elle sait se défendre, qu'elle a de beau reste, et qu'on sous-estime parfois sa capacité de résilience. Mais nous entrons dans ce que j'appelle la guerre des mondes, c'est-à-dire cette sorte d'affrontement hybride entre deux grandes familles, une famille plutôt libérale et plutôt démocratique, avec toutes les imperfections des démocraties, et non pas un axe, mais une famille autoritaire autour de ces grands pays que sont la Chine et la Russie. Le plus gros des quatre et le plus agressif, c'est la Russie.
Vladimir Poutine, qui était absent du 18e sommet du G20 en septembre dernier, était bien présent cette semaine, mercredi, mais il ne s'est pas déplacé, évidemment. Je pense qu'il n'aurait pas été accueilli, donc c'était en visioconférence. Et il est revenu sur les opérations spéciales ou la guerre, comment il dit maintenant ? Parce qu'il a dit une fois guerre, là, bon, on ne sait pas, on va voir.
C'est-à-dire que les collègues, déjà, en leurs выступления, ils ont parlé de leur présence, qu'ils ont révélé la guerre, la guerre, la guerre, la guerre, la guerre, la guerre, la guerre, la guerre. Oui, évidemment, les действes, c'est toujours tragédie. C'est-à-dire des personnes, des personnes, des personnes, des personnes, et, bien sûr, nous devons penser à l'avance, comment on прекrater cette tragédie.
La guerre Hamas-Israël a éclipsé celle d'Ukraine, mais qui continue. Vladimir Poutine a beaucoup de raisons de se réjouir en ce moment. Je dirais qu'il a davantage de raisons que ce n'était le cas il y a un an, d'être un peu plus confiant dans la capacité de la Russie à résister aux contre-offensives ukrainiennes. Celle qui a eu lieu dans les six derniers mois, dans les quatre derniers mois, n'a pas eu les résultats escomptés, c'est très clair. Ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas d'autres. Il y en aura d'autres, probablement au printemps. Et les Ukrainiens savent qu'ils n'ont pas tellement le droit de ne pas réussir quelque chose. Pourquoi ?
Parce qu'ils savent, comme tout le monde, qu'au mois de novembre, il pourrait y avoir un gros accident démocratique aux États-Unis. Vous êtes très nuancé et prudent dans vos propos, et vous avez sans doute raison, mais vous avez forcément été frappé comme nous tous par la manchette du Figaro il y a quelques jours, l'Ukraine face au spectre de la défaite militaire, ce qui évidemment claque après un an et demi de guerre. Qu'est-ce que vous pensez de ces spéculations ? La défaite ou la victoire, ça se mesure toujours aux objectifs qu'on s'est fixés.
À partir du moment où l'Ukraine s'est fixée, et on la comprend, la reconquête totale de son territoire, crime et comprise comme objectif, eh bien on peut dire, évidemment, si la guerre s'arrêtait aujourd'hui, s'il y avait une négociation entre les deux partis, ça serait une forme de défaite, après une résistance héroïque, mais une forme de défaite. On n'en est pas là. Les Ukrainiens, vous savez, moi j'ai rencontré le ministre des Affaires étrangères ukrainien il y a quelques mois quand il était à Paris, il m'a semblé extrêmement lucide quant au scénario Trump, il se prépare déjà en Ukraine au scénario Trump, ils savent que ça se prépare...
Et Poutine aussi, Poutine espère, l'élection de Trump en novembre prochain. Mais en tout cas, les Ukrainiens sont très lucides, et donc ils savent qu'ils devront obtenir des résultats tangibles entre, on va dire, le printemps et l'automne 2024, absolument. C'est parce qu'à partir du moment où Trump est élu, qu'est-ce qui peut se passer ? Alors, ce n'est pas un robinet, ce n'est pas un switch, ce n'est pas on-off, blanc ou rouge. Les livraisons d'armes, elles continueraient pendant un certain temps.
Il y aurait sans doute des débats au Congrès, parce que personne ne sait quel serait le Congrès exactement qui serait élu en même temps que Trump, mais très clairement, ça deviendrait plus difficile. Les Européens ont commencé à y réfléchir aussi. Il se demande dans quelle mesure il pourrait compenser, en partie, mais en partie seulement, d'éventuelles livraisons américaines déclinantes. Donc tout ça, tout le monde y réfléchit. Et Poutine, évidemment, plus on se rapproche de début novembre 2024, plus Poutine aura de raison de se réjouir.