Entretien Politique avec Alexandra Dublanche, Porte-Parole de Valérie Pécresse (LR)
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Les derniers sondages sont unanimes. Il existe bien une dynamique autour de la candidature à l'élection présidentielle de Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. La candidate soutenue par les Républicains et l'UDI serait autour des 16% d'intention de vote au premier tour, de quoi lui assurer une qualification face à Emmanuel Macron. Alexandra Dublanche, bonjour. Bonjour. Et bienvenue en plateau. Vous êtes la vice-présidente de la région Île-de-France, maire adjointe de Sartrouville, porte-parole aussi de Valérie Pécresse.
Cette place, justement, qu'occupe aujourd'hui Valérie Pécresse dans les sondages, elle le doit peut-être aussi à la division du vote de l'extrême droite avec les deux candidatures, Éric Zemmour et Marine Le Pen. Est-ce que ça vous amène à relativiser aussi les chiffres de votre candidate ?
Ces sondages, je pense qu'ils montrent surtout une envie d'alternance de la part des Français entre l'immobilisme d'Emmanuel Macron et la démagogie de l'extrême droite. Et donc, ils se sont manifestés. Et maintenant, il y a une adhésion des Français pour un projet, le projet de Valérie Pécresse. Et la droite et le centre ont enfin leur candidat. Je pense qu'il y avait une espèce d'expectative en attendant que la droite ait enfin son candidat. Et maintenant, la droite et le centre vont faire bloc. Après, il faut rester, il faut savoir raison garder. Il n'y a pas du tout de triomphalisme de notre part. Ça va être une campagne longue, une campagne intense.
Il va falloir que Valérie Pécresse aille convaincre chaque Français de la valeur de son programme et des solutions qu'elle apporte aux problèmes des Français.
Vous parlez de cette union de la droite et du centre derrière sa candidate désignée. L'enjeu, c'est de maintenir cette entente aussi. Et quitte à faire quelquefois peut-être un grand écart aussi dans les propositions entre Éric Ciotti et Valérie Pécresse.
Je ne pense pas qu'il y ait grand écart. La droite est diverse. Nous le savons. Chacun a exprimé ses sensibilités pendant une primaire qui s'est extrêmement bien déroulée, qui, je pense, a donné une très belle image de la droite en termes de fond et de solidité des solutions que les candidats apportaient. Et Valérie Pécresse a le projet qui a été choisi par ses adhérents des Républicains. Et bien sûr, elle doit maintenant s'efforcer de rassembler toutes ses sensibilités. Mais elle a déjà un programme très fort sur le régalien, sur l'ordre, sur l'autorité. Et comme elle l'a expliqué, maintenant, il s'agit d'aller reprendre quelques idées des autres pour agrémenter le projet.
Mais le projet, dans ses grandes lignes, va rester exactement le même puisqu'il a été choisi.
Je fais une petite aparté pour parler du département des Yvelines. Certains dans les Yvelines ont quitté la droite pour Emmanuel Macron. Je pense au maire de Poissy, au maire de Saint-Germain-en-Laye. Vous leur dites quoi ? Qu'ils devraient peut-être y réfléchir à deux fois et revenir dans le giron des Républicains, peut-être ?
C'est des personnes qui ont soutenu massivement Valérie Pécresse au dernier régional. Moi, de toute façon, on va s'adresser à tout le monde et à toutes les personnes en montrant que, encore une fois, nos solutions sont les plus efficaces pour répondre aux problématiques d'immigration, de sécurité, de changement climatique, d'emploi, d'éducation. Et donc, on va aller convaincre tout le monde et que ceux qui veulent nous rejoindre, ils sont évidemment tous les bienvenus.
Même ceux qui sont partis, ils sont les bienvenus pour revenir.
Bien sûr, bien sûr.
Valérie Pécresse, si on reste sur l'échelon local, justement, est toujours la présidente de la région de l'Île-de-France. Comment va se passer cette campagne pour ce mandat ?
Il faut aussi poser la question au président de la République. Il arrive bien à faire les deux.
Il est bon plateau, vous l'avez remarqué. Je suis la vraie.
Mais il arrive bien à faire les deux aussi. Et donc, il n'y a aucun sujet. Je rappelle qu'on a voté 80% du projet qu'on a présenté aux Franciliens pour les élections régionales avant l'été. On est tous en train de le mettre en œuvre. Moi, je suis en train de le mettre en œuvre dans le cadre du développement économique. Évidemment, on n'abandonne absolument pas la région et on continue en menant les deux fronts.
Est-ce qu'il y a des déclinaisons, justement, des propositions qui ont été faites et des actions qui sont menées à la région sur le programme pour la présidentielle, même si on ne gouverne pas de la même manière un pays, une région ?
Je pense que la baisse des dépenses publiques, c'est un très bel exemple. Valérie Pécresse a réussi en 5 ans à baisser les dépenses publiques en Île-de-France de 2 milliards d'euros. On a réduit les effectifs de la région. On a supprimé des organismes qui ne brillaient pas par leur efficacité. Donc on a montré qu'avec une politique courageuse, on était capable de diminuer ces dépenses de fonctionnement pour investir ailleurs, investir dans les lycées, investir dans les transports. Et donc c'est aussi un projet qu'elle porte au niveau national en ayant cet exemple, cette espèce d'expérimentation francilienne où elle a prouvé qu'elle pouvait le faire.
Et maintenant, il faut le faire au niveau de la France.
On va parler un peu plus des propositions juste avant. Un mot sur votre candidature aussi, puisque vous avez été désignée candidate dans la 5e circonscription pour récupérer d'ailleurs cette 5e circonscription, parce qu'elle a été gagnée en 2017 par Yael Broun-Pivet pour la majorité présidentielle. Vous êtes donc candidate ? C'est une candidature de reconquête ?
C'est une candidature où je vais porter aussi ce projet pour la France de Valérie Pécresse, dans un territoire auquel je suis très attachée, puisque j'y vis. Mes enfants y sont nés. J'y suis effectivement adjointe au maire de Sartrouville. J'ai le soutien des maires de Sartrouville, de Montesson, du Ménil-le-Roy et de nombreux élus. Et je remercie d'ailleurs ma famille politique qui m'a investie à l'unanimité sur cette circonscription, de Gérard Larcher à Christian Jacob, Eric Sauti, etc. Donc ils comptent sur moi pour effectivement reconquérir cette circonscription. Et je mette toute mon énergie et mes compétences, je pense, au service maintenant de ce territoire au niveau national.
— Même si l'élection législative a lieu après la présidentielle et qu'il y a toujours une dynamique présidentielle. Donc on aura l'occasion d'en reparler, bien sûr, une fois que les choses seront un petit peu plus claires, forcément par la suite. Parlons des propositions pour l'instant de votre candidate Valérie Pécresse, retraite à 65 ans en 2030, fin des 35 heures. Est-ce qu'il va falloir travailler plus pour gagner plus ? Pour reprendre un slogan déjà utilisé ?
Valérie Pécresse, elle tient un discours de vérité. Emmanuel Macron s'est annoncé dès le début de son mandat comme un grand réformateur. Or, on voit bien qu'il y a des grandes réformes qu'il n'a absolument pas faites. Je pense en premier lieu à la réforme des retraites. Je pense à la décentralisation. Mais ça, c'est plutôt lié à son mode de gouvernement qui est très vertical et qui ne veut pas s'appuyer pas assez sur les territoires. Et donc, effectivement, nous allons devoir faire des réformes courageuses pour pouvoir, encore une fois, relever le pays. Tous les pays européens autour de nous sont au minima à 65 ans. Donc oui, quand on vit beaucoup plus longtemps, il va falloir vivre plus.
Mais il y aura aussi une politique sociale très importante pour ceux qui ont commencé très tôt, par exemple, à travailler. Et aussi avec une politique sur le pouvoir d'achat, d'augmentation des salaires nets pour que le travail paye plus que l'assistanat.
Pour Bruno Le Maire, ancien républicain, lui aussi, aujourd'hui ministre d'Emmanuel Macron, les premières propositions de votre candidate sont, je cite, du recyclage. Il dit que le projet Le Frappe, c'est un projet de recyclage, un projet pour le XXe siècle et pas pour le XXIe siècle.
Écoutez, moi, voilà, ce genre... Moi, je me souviens de Bruno Le Maire en plein milieu de l'organigramme de François Fillon de Campagne. Voilà, c'est des gens qui se targuent d'avoir fait une politique forte, alors économique, certes, sur les entreprises et le soutien pendant la crise, mais irresponsables en termes de dette et de déficit public. Et donc c'est pas du recyclage, c'est juste que ça n'a pas été fait. Donc maintenant, il faut le faire. Et c'est ce que propose Valérie Pécresse, c'est d'enfin faire ces réformes que tout le monde a promises et qui n'ont pas été faits dans les quinquennats de François Hollande et d'Emmanuel Macron.
Si, forcément, on se présente à l'élection présidentielle, c'est pour aborder la réalité de la fonction. Mais il y a aussi toujours un moment où il faut faire rêver, adhérer autour de son projet. Aujourd'hui, vous dites quoi aux électeurs ? Vous dites... Bien sûr, il faut faire rêver et vous donner de l'espoir. Mais la situation économique, notamment, sera compliquée pour le quinquennat qui suivra, avec la situation de la crise sanitaire, forcément, qui n'a pas aidé.
C'est vraiment... Il y a des projets... C'est un projet d'avenir aussi. C'est un projet qui fait face à l'urgence climatique. C'est un projet qui propose de refonder l'école pour que chaque enfant de France ait ses chances. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Et c'est un projet responsable. Moi, voilà, c'est vraiment aussi ce que je retiens. C'est un projet qui ne va pas hypothéquer l'avenir de nos enfants en s'endettant avec des chèques en blanc sans cesse. Vraiment, c'est un progrès sérieux, budgété et qui propose un meilleur avenir à tous. C'est aussi un projet qui va vers plus d'autorité de l'État.
On constate depuis plusieurs années une impuissance totale de l'État en termes de sécurité, de faire face à une immigration incontrôlée. Et donc, c'est un projet pour que chaque Français puisse vivre mieux demain, bien évidemment.
Même s'il y a une période un peu compliquée avec la situation économique.
Il ne faut pas dire l'avenir, mais il faudra reconstruire aussi. Bien sûr, de toute façon. Puis d'ailleurs, on l'a montré, je reviens à la région Île-de-France. On a su être au rendez-vous parce qu'on avait aussi fait des économies avant, des difficultés économiques de nos commerçants, de nos restaurateurs. On a été très présents. On a même aidé l'État sur l'aspect sanitaire avec les masques, les tests, etc. Donc on a été très présents et on saura l'être dans une période compliquée ou plus positive.
Sur l'immigration, justement, le projet, c'est de mettre en place des quotas d'accueil par métier, aussi par pays, à travers une loi constitutionnelle ?
Oui. Alors la différence, je pense, de Valérie Pécresse aussi pendant cette primaire, c'est qu'elle est jusqu'au fond des choses. Il y a beaucoup d'intentions. D'ailleurs, on entend aussi de l'extrême droite, beaucoup. Bon, le diagnostic, je pense qu'on le partage à peu près tous. Après, c'est l'action, la politique, c'est être en mesure de faire et de mettre en œuvre parce que tout le monde est capable de faire un discours. Et c'est vrai que Valérie Pécresse est allée au fond des choses avec ce projet de loi constitutionnelle.
Donc oui, les quotas migratoires qui avaient été aussi proposés lors de la dernière présidentielle et qu'on n'a évidemment pas pu mettre en œuvre puisqu'on n'a pas été élus, il faut le faire maintenant puisqu'on voit bien toutes les problématiques. On est incapable d'accueillir toute la misère du monde, pour reprendre une bien expression. Il faut être davantage sélectif pour mieux aussi accueillir les gens et avoir moins d'implication sociale de l'immigration.
Est-ce qu'on va assister pendant cette campagne à une surenchère des propositions sur ces questions-là avec les candidatures à l'extrême droite notamment ? Est-ce que la droite va garder son cap ou est-ce qu'il va y avoir des propositions, une course à l'échalote malheureuse sur ce sujet ?
Je ne pense pas. Il ne s'agit pas d'aller toujours plus à droite. Ce n'est pas ça. C'est de répondre aux inquiétudes des Français qui sont réelles et le faire avec des solutions crédibles, ce qui n'est absolument pas le cas de l'extrême droite. Et je pense que c'est ce qui nous distingue. C'est peut-être aussi ce qui est en train d'expliquer un peu les tendances des sondages. On se rend compte que la droite partage un diagnostic mais apporte des solutions concrètes et réalistes, contrairement à l'extrême droite.
On vient de célébrer le 116e anniversaire de la séparation de l'Église et de l'État. La laïcité qui est aujourd'hui mise à mal, ça c'est une réalité. Juste revenir sur quelques chiffres et sur un chiffre notamment. 40% des lycéens... Je rappelle que les lycées c'est une des compétences de la région. 40% des lycéens estiment que les normes et les règles de leur religion sont plus importantes que les lois de la République. C'est un chiffre qui vous inquiète ? C'est terrible. C'est parce qu'un lycéen sur deux qui estime que sa religion doit primer sur les lois de la République ?
C'est terrible. Et on essaye d'agir énormément. Alors là, c'est les lycéens au niveau national, bien sûr. On essaye au niveau de la région. Je vous rappelle, on était la première région, la première collectivité même de France à lancer une charte de la laïcité pour qu'il n'y ait pas un euro d'argent public qui aille à des associations qui prenaient valeur contre la République. Donc on agit beaucoup, on forme tous nos cadres sportifs. Donc c'est un travail minutieux qu'il faut faire pas à pas. C'est ce qu'on a fait. C'est ce qu'on veut faire évidemment au niveau du pays. D'ailleurs, l'État s'est inspiré de nous puisqu'ils ont repris après cette charte de la laïcité, par exemple.
On sent qu'il y a un travail à faire auprès des plus jeunes générations aussi sur cette question de la laïcité.
Bien sûr, ça commence très tôt. Et donc il faut avoir aussi un discours fort, un discours d'amour de la France, ne pas expliquer qu'il n'y a pas de culture française, par exemple, comme l'avait fait le président de la République. Et donc c'est un travail très transversal que Valérie Pecresse a mené dans sa région et qu'elle mènera au niveau national.
Il nous reste quelques instants pour conclure cet entretien. L'élaboration du programme va se poursuivre, j'imagine, jusqu'au début vraiment de la pleine campagne dans les dernières lignes droites. Comment va se passer cette élaboration des rencontres avec les Françaises, les Français, malgré la situation sanitaire compliquée et qui rend compliquée la tenue, ne serait-ce que d'un meeting ?
Valérie Pecresse va continuer à se déplacer dans le respect des contraintes sanitaires, bien évidemment. Cette semaine, elle a été auprès d'Éric Ciotti aux alentours de Nice, auprès de Philippe Juvin. Aujourd'hui, elle est à Lille avec Xavier Bertrand. Donc elle continue à aller à la rencontre des Français sur les thématiques qui leur sont chères. Et bien sûr qu'elle va continuer à enrichir ce projet. On va rentrer encore davantage dans le détail, même si la structure et les grandes propositions resteront identiques et ne changeront pas.
Merci beaucoup, Alexandra Dublanche. Je porte parole de Valérie Pecresse, candidate à l'élection présidentielle. C'est la fin de cet entretien politique. On se retrouve bientôt sur TV78. Sous-titrage Société Radio-Canada
Valérie Pécresse