Service militaire adapté : réussir en Outre-mer | Le journal de la Défense
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« -Le service militaire adapté dépend du ministère des Outre-mer. Nous sommes détachés du ministère des Armées au profit du ministère des Outre-mer. Nous sommes tous au statut militaire, donc les cadres, mais aussi les volontaires. »
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« -Parmi les 6 000 jeunes qui rejoignent l'un des sept régiments de services militaires adaptés chaque année, 80 % d'entre eux trouveront un emploi durable à l'issue de leur formation. »
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« -Le RSMA de Mayotte est aujourd'hui un régiment avant-gardiste sur la formation des métiers de la fibre optique. Nous sommes le seul organisme de formation à Mayotte qui détient la filière de formation professionnelle à la fibre optique. »
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« -Le code du volontaire regroupe plusieurs valeurs qu'un volontaire doit avoir. Je m'engage à acquérir le goût du travail bien fait, de la rigueur et de la discipline. »
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Générique --- Les Outre-mer français, ce sont près de 3 millions de citoyens, une présence sur plusieurs océans et une richesse naturelle exceptionnelle au coeur de la biodiversité nationale. Un patrimoine aussi précieux que fragile. Car ces territoires font face à des défis multiples, qu'ils soient environnementaux, sociaux ou géopolitiques.
Mais ils portent aussi une force essentielle : leur jeunesse. Depuis plus de 60 ans, le service militaire adapté s'appuie sur cet atout. Dispositif d'insertion professionnelle, il forme et accompagne chaque année des milliers de jeunes au plus près des réalités locales avec un objectif clair, leur permettre de construire leur avenir et de participer au développement de leur territoire.
Un modèle unique et résilient qui s'impose comme un outil clé de cohésion dans les Outre-mer. -Le service militaire adapté dépend du ministère des Outre-mer. Nous sommes détachés du ministère des Armées au profit du ministère des Outre-mer.
Nous sommes tous au statut militaire, donc les cadres, mais aussi les volontaires. -L'une des forces du régiment et l'une des forces des armées, c'est de pouvoir s'appuyer sur des valeurs communes qui sont assez facilement transmissibles à la jeunesse locale, de manière à ce qu'ils fassent corps. Et dès leur premier jour ici au régiment. -Souvent on nous pose cette question : c'est quoi la pédagogie militaire ?
C'est la manière que nous avons de commander nos hommes avec paternité. La particularité du militaire, c'est de se préparer à aller au combat. On les encadre comme s'ils étaient de la famille.
Et c'est ça qu'on essaie de transmettre au sein du SMA. On donne des valeurs fortes à nos jeunes, de manière à ce qu'ils deviennent des citoyens responsables. -A 8 000 kilomètres de la métropole, entre le continent africain et Madagascar, Mayotte a connu de nombreuses catastrophes naturelles, mobilisant une entraide hors normes sur l'île. -Le 14 décembre 2024, entre 8 heures et 14 heures, le cyclone Chido a traversé le régiment au plus fort de son intensité.
Dans les heures qui ont suivi, le régiment est de suite intervenu. Et le régiment a participé à des grandes opérations de nettoyage, de déblaiement, des opérations de distribution d'eau, de vivres, de produits de première nécessité, toutes ces opérations d'aide à la population qui ont permis à Mayotte de pouvoir rebondir très rapidement suite au cyclone. -C'était très dur quand même.
Très dur parce que je suis d'origine de Mayotte, j'ai grandi ici. Beaucoup de débris, de tôles, de câbles au sol et beaucoup de souffrance par rapport aux gens. Parce que les gens n'avaient plus maison.
Ils nous demandaient de les aider. On a essayé d'aider du mieux qu'on pouvait. Donc, beaucoup d'émotions et beaucoup de tristesse surtout. -Déjà, les volontaires du RSMA de Mayotte ne sont pas des spécialistes des catastrophes naturelles Ce sont des soldats qui sont formés à un métier, mais en parallèle de leur formation, nous leur délivrons des savoir-faire en secourisme, pour déblayer des routes, des savoir-faire pour utiliser des engins de travaux publics, pour utiliser des machines-outils pour pouvoir découper du bois.
Et tous ces savoir-faire nous permettent de pouvoir les employer en cas de catastrophe naturelle pour pouvoir aider aux opérations de nettoyage et de déblaiement. -On sent l'intérêt d'être là et d'être en alerte pour pouvoir aider. On se sent vraiment utile et on se donne corps et âme.
On ne se met pas de limite. Si on nous demande de faire une mission, aller à côté pour ouvrir un itinéraire ou aider des citoyens à découper de la toiture et les dégager, on ne rechigne pas, on y va en fait. Donc on aidait, pas que notre famille et nous, mais la grande famille qu'est la population de Mayotte.
Et ça, c'est un autre niveau en fait. On se sent vraiment utile. -Si c'était à refaire, tu referais la même chose ? -Si c'était à refaire, bien sûr, je le refais volontairement, que ce soit ici, à La Réunion ou dans n'importe quelle île, je le fais. -Au RSMA de Mayotte, la formation se décompose en plusieurs parties.
D'abord une formation militaire initiale, dans laquelle le jeune apprend les valeurs militaires, les valeurs républicaines, les valeurs citoyennes. Il apprend aussi à se comporter, savoir-être. Ensuite, on passe sur une partie de savoir-faire professionnel.
Et il apprend une de nos 23 filières de formation professionnelle. Et à l'issue de ça, notre but est de l'insérer dans le tissu socio-économique mahorais et qu'il participe au développement du territoire. Chaque année, nous faisons un conseil de perfectionnement.
Au cours duquel nous présentons le bilan de nos actions de formation de l'année et nous amendons ces formations pour s'attacher à suivre l'évolution économique du territoire. Au cours de ce conseil, les entreprises, les organismes de formation, les partenaires des métiers de la formation professionnelle nous aident à définir les formations d'aujourd'hui mais aussi de demain et à amender ces formations. Par exemple, le RSMA de Mayotte est aujourd'hui un régiment avant-gardiste sur la formation des métiers de la fibre optique.
Nous sommes le seul organisme de formation à Mayotte qui détient la filière de formation professionnelle à la fibre optique. Et ça nous permet, en partenariat avec des entreprises mahoraises, de pouvoir insérer nos jeunes dans l'installation de la fibre optique à Mayotte. -J'ai choisi cette filière parce que quand Chido est passé, on avait vu qu'il y avait pas mal de problèmes de réseau ici à Mayotte.
J'ai choisi la fibre pour aider un peu la population. Après, j'ai vu que le RSMA accompagnait les jeunes dans la formation, que ce soit la fibre, tout ce que vous voulez ici. Je me suis dit : "Je vais lancer là-dedans pour la fibre." Parce que c'est bien, parce que d'ici à l'avenir, je pense qu'on va faire que ça.
Je projette l'avenir à moi. Dans un an, je finis là. Après, je vais essayer de passer à l'étranger pour suivre aussi la formation, pour avoir beaucoup de compétences.
Après, revenir à Mayotte. -Toi, tu vas revenir sur ton île avec un maximum de diplômes ? -Oui, c'est le but. -C'est une fierté d'aider les jeunes à s'insérer dans le domaine de la fibre.
Sachant qu'on part de rien, on part de zéro. La création du plateau a été faite. Après, il y a des formations.
On essaie toujours chaque année de ratifier un peu. Il faut dire qu'on vient pour aider une population on va dire, défavorisée. Mais le but, c'est de les insérer et de les remotiver et de les remettre dans le monde du travail.
Et quand on y arrive, forcément, on est fier. -Les jeunes qu'on prend, c'est des locaux déjà, donc c'est important. On travaille sur la partie insertion et emploi, donc pour nous c'est primordial.
De deux, c'est les personnes du territoire, donc qui connaissent très bien les zones sur lesquelles on déploie. Et en même temps, c'est notre vocation de former des jeunes sur des métiers d'avenir, et la fibre est un métier d'avenir avec de la pérennité. -Parmi les 6 000 jeunes qui rejoignent l'un des sept régiments de services militaires adaptés chaque année, 80 % d'entre eux trouveront un emploi durable à l'issue de leur formation. -A Mayotte, il y a une connotation particulière, parce qu'il y a une forte jeunesse, il y a une jeunesse très développée, la moitié de la population a moins de 18 ans.
Donc en fait, cette jeunesse, elle fait partie de Mayotte. Je pense que cette intégration au sein de la société, elle est vraiment particulière à Mayotte. Ici à Mayotte, où la sensation d'être français est vraiment prégnante.
Partout, on sent qu'ici c'est la France. Et cette jeunesse, en passant le portail du RSMA de Mayotte, elle rentre dans la formation française, dans la République française. Musique -Comment on crée un socle commun ?
C'est surtout autour de valeurs. La valeur première : le drapeau, celui qui est juste derrière moi, celui devant lequel les volontaires sont présentés à l'issue de leur classe. Ces valeurs transpirent au travers des cérémonies militaires mais aussi au travers de cette devise.
La devise qui est la nôtre, c'est réussir par le travail et l'effort. Et je pense que cette prise de conscience qu'on apporte quelque chose à son territoire, mais au-delà du territoire, au pays, ce sont des bons moyens de prendre en compte l'importance qu'ils ont au sein de la République. -A 24 heures d'avion de la métropole se trouve le RSMA de Koumac.
Ici comme ailleurs, la mission reste la même : encourager l'insertion professionnelle des jeunes Calédoniens tout en s'adaptant le plus finement possible aux contraintes économiques et écologiques de leur île. -Ils chantent. --- -Allez, vous vous mettez sur une ligne face à moi, dans cette direction.
Donc là, on va faire un nettoyage de la plage, parce que la plage leur appartient, c'est le caillou, donc on veut le rendre propre. Tout le monde est content d'arriver sur une belle plage, et donc ça les sensibilise aussi à l'environnement. On a fait des cours là-dessus où on fait attention aux autres, à ce qui nous entoure.
Donc c'est un peu le respect de l'environnement là-dedans. Et là-dessus, après, ils seront fiers de leur action. Au service militaire adapté, ils sont là pour apprendre un métier et se responsabiliser.
Donc on les responsabilise aussi dans la propreté de leur environnement et le respect de leur environnement, ce qui est très important. Je les sensibilise là-dessus pour qu'ils puissent prendre conscience que si tout le monde met la main à la pâte, ils resteront dans quelque chose de préservé et d'authentique comme la Nouvelle-Calédonie, et qu'ils puissent aussi faire passer le message autour d'eux après, quand ils vont quitter le RMSA, afin que tout le monde prenne ces petits gestes. -C'est important ce que vous faites ? -Oui, c'est très important, c'est pour protéger la nature.
Et comme il y a des animaux, il y a des tortues qui viennent sur la plage, donc il faut les protéger de tout ça. Comme on n'est pas tous dans la même commune, il y en a qui viennent du sud, du nord et des îles. Voilà, c'est pour mieux nous entendre et tout et mieux pour la cohésion. -Et ça fonctionne ? -Oui, ça fonctionne très bien. -Ici, le régiment, de parses 40 ans d'histoire sur le territoire, et de par le fait qu'il accueille un jeune mélanésien sur trois depuis de nombreuses années, est vraiment implanté dans l'environnement local et dans les esprits locaux.
Et ça en fait un vrai objet de consensus, ici en Nouvelle-Calédonie, quels que soient les bords politiques de mes différents interlocuteurs. Depuis que je suis chef de corps au régiment, j'ai connu deux présidents de gouvernement calédoniens. L'un était indépendantiste, l'autre est loyaliste.
Et tous deux n'hésitent pas à faire appel au service militaire adapté et à son régiment calédonien pour développer leurs ambitions au profit de la jeunesse. Réellement ici, en Nouvelle-Calédonie, le RSMA est un objet de consensus. L'année dernière, en 2025, nous avons mené un chantier pour replanter une espèce endémique de l'île.
Ce chantier était porteur de nombreuses valeurs. D'une part parce qu'il était conduit par les institutions calédoniennes, à savoir la mairie de Koumac. D'autre part parce qu'il était validé et soutenu par les chefs coutumiers locaux qui voyaient un intérêt à replanter sur les îlots calédoniens.
Et finalement, parce que ça concourt à la mission du régiment, qui est d'intégrer les jeunes à la citoyenneté et de leur montrer qu'ils sont là aussi pour développer leur territoire. -Voilà, voici le santal bleu de Koumak, qui rappelle...
C'est endémique chez nous. Si un jour il n'y en a plus ici, il y en aura plus du tout partout. Ca fait que tous nos petits-enfants, l'avenir après ne verront pas toutes ces plantes-là.
Tous les jeunes du SMA, c'est bien, c'est à nous. Même si ce ne sont pas des gens de Koumak, c'est à nous, c'est à la Calédonie. Il faut garder ça.
Alors oui, c'est bien de faire ces projets-là quand même avec ces personnes. -Le santal bleu est, comment dire, on ne peut pas dire qu'il est endémique à Koumak mais il est vraiment spécifique à la zone du Grand Nord et de Koumak en particulier. Et du coup il s'avère que dans le périmètre de la propriété du RSMA il y en a pas mal.
Donc l'idée c'est de pouvoir les repérer, les nettoyer et les entretenir de façon à ce qu'ils puissent vivre leur meilleure vie et produire des graines pour pouvoir après les replanter. Si demain, avec ces petites choses qu'on met en place, on arrive à faire les multiplier, de fil en aiguille, on aura fait quelque chose de beau. -Ah voilà, ça c'est un santal, ça.
On a l'écorce, si tu veux bien voir. Elle ressemble à ça, lui. Le bois. -Ca, c'est un santal, ça ? -Le santal, de manière générale, a un intérêt économique.
C'est possible que ce soit une super opportunité. Et puis, en fonction du sol, en fonction du terroir, on va avoir une huile d'une qualité moindre ou top. Ca, on ne sait pas.
Si on mise sur ça, il faut qu'on ait au moins la certitude que ça va être bingo. Au moins qu'on aura une qualité d'huile qui sera au top. -En réalité, c'est gagnant-gagnant.
La commune, au travers de cette pépinière, c'est la participation au développement durable, c'est la protection de l'environnement, c'est le recul du trait de côte, donc tout ce qui est changement climatique. Et ce que l'on espère au travers de ces échanges aussi, c'est que ces jeunes repartent avec une vision différente de l'environnement et de la protection. Et ce que l'on fait à Koumac, demain, peut se multiplier. -Sans tomber dans des stéréotypes qui viseraient à dire que tous nos jeunes sont issus des tribus mélanésiennes, la plupart d'entre eux viennent d'origine extrêmement rurale, extrêmement diverse, et beaucoup vivent dans des tribus assez éloignées de certaines notions qu'on connaît très bien en France hexagonale.
Dans ce cadre-là, le fait d'intégrer des jeunes dans un giron militaire pour leur expliquer le pourquoi de nos traditions, le pourquoi de notre engagement, ça concourt à développer chez eux un esprit citoyen qui est particulièrement adapté aux circonstances actuelles. Musique -On est en train de réaliser la marche pour l'obtention des bérets. C'est la dernière marche.
Ca finalise un peu les grosses épreuves physiques de la formation militaire initiale. Chaque jeune doit réussir la marche et à l'issue, ils auront la remise des bérets. Et ils entreront dans la famille des troupes de marine.
Elle fait 15 kilomètres la marche et du coup on a démarré un peu plus au nord de Koumac et on va arriver sur la plage des flans voyeurs. -Le don de soi, l'engagement, la fidélité, toutes ces valeurs sont transmises dès la phase de formation initiale aux jeunes qui rejoignent le régiment et elles sont particulièrement pertinentes dans la mission du SMA parce qu'elles sont intégralement transposables à la société civile et au travail en entreprise. -A un moment donné, ça va être peut-être un peu dur la marche, ils devront serrer les dents pour réussir.
Et ils peuvent retrouver ça dans la vie de tous les jours ou même dans leur futur travail, confrontés à des obstacles qu'il va falloir dépasser et réussir à trouver des solutions pour y parvenir. -Ca va permettre de valider notre formation qui a duré depuis un mois déjà. Ca va bientôt faire un mois.
Et puis on a dû endurer des épreuves un peu dures, un peu chiantes. Je dis les mots. Et on va faire la marche du béret pour avoir le béret pour notre formation.
On doit tous penser à nos objectifs, pour faire la marche du béret, avoir de la rigueur, de la discipline. C'est tout. -Là, on est bientôt arrivés. -Qu'est-ce qui se passe s'il y en a un qui flanche ? -Il n'y a personne qui va flancher.
Il n'y a personne qui flanche en général. La motivation et la fierté personnelle font qu'ils vont aller jusqu'au bout. -Vous verrouillez.
Rappelez-vous, il y a un petit bouton derrière la tête. Vous appuyez dessus et vous allez y arriver. C'est la dernière marche.
Vous avez le béret qui vous attend jusqu'au bout. C'est en avant. -Seul, on ne ferait rien.
Je pense que c'est important d'avoir ça en tête. C'est la combinaison de tous les talents, des efforts des uns et des autres qui permettent à ces jeunes de se relever et d'être capables d'affronter le monde. Et c'est ce qu'on leur demande. -Volontaires stagiaires de la FMI2, le béret reçu aujourd'hui n'est pas un simple couvre-chef.
Il est le signe visible de votre appartenance à l'armée française. Par sa forme sobre, souple et robuste, Il symbolise l'égalité et l'unité entre tous ceux qui le portent, qu'ils soient soldats, engagés ou volontaires. En recevant aujourd'hui le béret et son encre d'or, vous entrez dans une communauté d'hommes et de femmes soudées par l'honneur, la discipline et le dépassement de soi.
Portez-les avec dignité et ils vous rappelleront chaque jour la force de votre engagement. Garde à vous ! Rompez les rangs ! -Ca a été dur, très dur pour tout le monde.
Mais on l'a fait, on a réussi, on a eu nos bérets, on est fiers de nous et je suis fier de nous. Dans le RSMA, on peut retrouver le respect. Le respect de la hiérarchie et surtout le respect des anciens.
Le respect de la hiérarchie, c'est tout ce que je retrouve. Et on est tous en cohésion, tous ensemble. Même si c'est dur, on le fait ensemble.
Si on ramasse, on ramasse ensemble. Renfo, on refait renfo ensemble. -J'ai l'habitude de dire que le RSMA ici, c'est un peu un phare en pleine mer.
Le régiment a toujours été stable sur sa mission, sur sa vocation, sur l'appui qu'il peut apporter au territoire et à la jeunesse calédonienne. Et c'est resté inchangé depuis la création du régiment. Quelles que soient les circonstances politiques et économiques.
Donc naturellement, les jeunes continuent de venir au régiment pour y servir, pour ce pourquoi il est fait, à savoir servir d'outil au développement, d'outil à l'intégration citoyenne et professionnelle des Calédoniens. -On est l'armée de la nation et je pense que c'est important de l'avoir en tête parce qu'on ne va pas juger les gens sur leurs convictions politiques. On demande juste aux jeunes qui viennent chez nous de se former, de prendre confiance en ses capacités, de parler fort, de pouvoir grandir, mûrir, gagner en maturité pour demain construire sa propre vie.
Et ça, effectivement, notre outil militaire pour ça est bien adapté. La manière dont on commande, la manière dont on fait attention à chacun d'entre eux, pour le collectif, participe justement à cette manière d'appréhender la cohésion nationale. -Créé en 1961 par le général Nemo pour répondre aux crises sociales, le RSMA de Martinique a été le premier à voir le jour.
Ce modèle d'insertion sera progressivement dupliqué à d'autres territoires ultramarins. Aujourd'hui, le régiment accueille chaque année plus de 600 nouveaux stagiaires, sans discontinuer. -Nous, on s'adresse à une catégorie de jeunes qui est très spécifique. 18 à 25 ans, éloignés de l'emploi et éloignés de l'éducation.
Cette population-là, on travaille naturellement avec plein d'acteurs, les missions locales, l'Education nationale, pour l'identifier et venir proposer cette formation dans ce beau régime. -Je te remets ce petit coupon qui va te permettre de réaliser ton circuit d'incorporation. Bienvenu, félicitations. -Merci. -Ce qui les intéresse ici, c'est le cadre sécurisé, dans lequel ils n'auront pas à se soucier de savoir s'il y aura de la violence dans la famille ce soir, s'ils auront de quoi manger ce soir, et si les acteurs qui sont face à eux sont bienveillants ou pas.
Ici, on leur assure un cocon dans lequel ils vont pouvoir se poser eux, se construire et regarder vers l'avenir. Ce qui, lorsqu'ils arrivent chez nous, est souvent un vrai défi. Parce que quand on a des difficultés pour répondre à ces besoins fondamentaux, on n'est pas capable de se projeter sur le déroulé d'une vie professionnelle qui va s'inscrire dans les prochaines années. -Ils évoluent beaucoup, ils arrivent souvent renfrognés quand on leur dit : "Il y a cours", à nouveau, ils se disent : "Bon, on a laissé le système scolaire, pourquoi revenir s'asseoir à l'école ?" Et ils se rendent compte qu'effectivement, ils apprennent, mais différemment.
On n'est pas dans le même système pur, on a quand même les programmes à respecter, les programmes scolaires, mais on a cette possibilité, comme vous avez vu pendant le cours, de sortir du cadre tout en restant dans le cadre, bien entendu, et d'aborder d'autres sujets sans tabou, sans crainte, quelque part, en libérant la parole. Ils ont oublié, pour la plupart, qu'ils avaient des compétences. Ils doutent beaucoup d'eux.
Donc, susciter à nouveau leur motivation, parce que souvent, la motivation, j'aurais dit, "est en berne". Donc, on leur donne le goût des apprentissages, tout simplement. On a une jeunesse qui doute, comme partout dans le monde, et qui a quand même envie d'apprendre.
Donc, le but, c'est de leur donner les clés, pour qu'ils soient autonomes dans la vie. Surtout ça, l'autonomie. -C'est ça le ceinturon.
Vous verrez sur le ceinturon qu'il y a deux bouts. Les deux bouts, quand vous les mettez, doivent être vers le haut. -Actuellement, nous sommes en train de voir comment on met nos rangers, donc la paire de chaussures pour les militaires.
Donc on voit comment faire les lacets, comment les attacher avec les boucles et ne pas faire d'erreur. Voilà. Personnellement, j'ai intégré pour faire une formation de cuisinier.
A la suite de cette formation, je vais aider un peu au niveau cuisine, ma mère, tout ce qui s'en suit. Et pour plus tard, j'ai pour projet d'ouvrir un hôtel-restaurant avec mon petit frère. Au début, c'était une ambiance assez souple parce qu'on ne savait pas sur quoi on était tombé.
Tout le monde prenait tout à la rigolade. Et puis là, le cadre a changé. Maintenant, on a compris quels étaient les enjeux.
Maintenant, on évite tout débordement. -On se rend compte qu'ici, notre coeur de métier, c'est ce qu'on sait faire de mieux. C'est prendre quelqu'un tel qu'il est, prêter attention sincèrement à sa situation et à ce qu'il est, et le faire grandir vers quelque chose.
La plupart du temps, nous, on forme des combattants, mais là, on forme des citoyens armés pour occuper une place dans la société en Martinique. -Messieurs, pas compliqué, très simple. Vous allez courir 1 600 mètres, quatre tours le plus vite possible.
Le but, ce n'est pas d'avoir une bonne note. Mais de vous donner le goût de l'effort et d'avoir une progression sur la dernière épreuve qui va se dérouler dans six semaines. Ce sera la même. 1 600 mètres, les pompes et les abdos.
Allez, trois, deux, c'est parti ! Musique --- -C'est tout ce qui fait un homme, la motivation. On n'a pas de motivation, on va nulle part dans la vie.
Donc moi, j'ai ma motivation, j'ai une image à tenir auprès de ma famille. Je ne veux pas décevoir ma mère. Moi, je suis là pour ça aujourd'hui, pour moi et pour ma famille. -Le bu, c'est de sortir de votre zone de confort.
C'est exactement ce qu'on veut. C'est dans la difficulté que vous allez vous améliorer. Il n'y a pas de secret.
OK ? -Reçu, chef ! -Messieurs, en avant ! -A compter de cette année, le RSMA de Martinique va mettre sur pied une compagnie de réserve prête à intervenir sur l'île en cas de catastrophe naturelle.
Parmi eux, une grande partie aura déjà connu le RSMA et bénéficié de l'expertise de la sécurité civile. -Nous, on est ici et on donne notre savoir sur tout ce qui est catastrophe naturelle, sauvetage, déblaiements suite à tremblements de terre. On sait qu'il y a les ouragans, mais aussi les tremblements de terre assez fréquents, comme on a pu le voir en fin et début d'année.
L'objectif, ils sont sur leur territoire, ils le connaissent par coeur, on n'a pas ça, nous quand on vient ici. Et nous, on vient juste leur amener le savoir pour qu'ils montent en gamme, pour qu'ils soient professionnels dans le secours et qu'ils interviennent le jour J quand il y en aura besoin. -Bien sûr, le RMSA ne va pas intervenir seul. il se propose d'être un levier supplémentaire pour l'Etat pour interagir en complémentarité des autres moyens.
Il y a déjà des forces de sécurité civile sur l'île. Il y a d'autres dispositifs qui seront complémentaires à notre action. Et tous ces acteurs vont être coordonnés par l'échelon territorial zonal ici.
On part du principe qu'en sensibilisant et en formant notre jeunesse à ces cas-là, on contribue directement à la résilience du territoire. Musique -Quel que soit le territoire, un régiment du service militaire adapté est intégré au sein de sa société. Je pense qu'en fait, il n'est pas la solution, il est une des solutions qui permet à cette jeunesse de se transformer. -Ce que j'attends du RSMA, c'est qu'il soit au contact du territoire dans lequel il se situe, au contact de la population avec laquelle il travaille, au contact de l'environnement dans lequel on va placer ces jeunes. -La formule obtenue par le RSMA aujourd'hui, elle est héritière de toutes les adaptations depuis 60 ans.
Nous, on est convaincus que nous sommes des semeurs de graines dans le parcours de ces jeunes. Et on aime à croire que si ça ne germe pas tout de suite, ça germe quelques années plus tard. On croise pas mal de nos anciens qui nous remercient parfois dans les rues de Fort-de-France. -C'est tout l'enjeu de leur faire comprendre qu'ils ne sont pas des simples acteurs passifs, mais qu'ils peuvent être de vrais citoyens, autonomes, responsables et engagés dans leurs convictions. -Le code du volontaire regroupe plusieurs valeurs qu'un volontaire doit avoir.
Je m'engage à acquérir le goût du travail bien fait, de la rigueur et de la discipline. Fier de mon engagement, mon attitude est irréprochable au quartier comme au dehors. Car je suis toujours et partout un ambassadeur de mon régiment, du SMA, des armées françaises et de mon pays. -Avec son plan Impact 2030, le service militaire adapté trace un avenir où chaque jeune ultramarin trouve sa voie.
Des formations utiles, proches des réalités des territoires, pour faire face aux crises, se relever plus vite et renforcer ce qui unit les Outre-mer à la nation. Musique