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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 avril 2024 24 minContradictoireFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumérique

"Il n'a jamais été question de partager l'arme nucléaire", assure Thierry Breton

Au micro : Nicolas DemorandSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Partagez-vous l'inquiétude existentielle du chef de l'État sur l'avenir du continent européen ?

  • 2:16RelanceRéponse directe

    Vous dites qu'il y a un risque de mort de l'Europe si elle ne bouge pas ?

  • 3:28OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ce bouclier anti-missile évoqué par Macron ? Est-ce sur le modèle israélien ?

  • 4:29RelanceRéponse directe

    Mais avec quelle technologie ? Américaine ? Étrangère ?

  • 5:22OuverteRéponse directe

    Vous défendez un nouvel emprunt commun pour trouver l'argent. Vous parlez de 100 milliards d'euros. Qui soutient cette idée ?

  • 7:28OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous comprenez les craintes que suscite l'idée de partager l'arme nucléaire française ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46PrésentateurFait
    « À l'horizon de la prochaine décennie, le risque est immense pour l'Europe d'être fragilisée, voire reléguée. »
  • 0:52PrésentateurFait
    « Notre Europe aujourd'hui est mortelle, elle peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « A commencer évidemment par la Russie. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « où Poutine voulait en permanence nous empêcher de vacciner nos concitoyens européens et nous imposer son fameux vaccin, on l'appelait Spoutnik, qui ne fonctionnait pas. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « Pour la première fois, nous avons enfin une doctrine ensemble de défense, dans laquelle il est dit très explicitement que les Européens doivent protéger ensemble les quatre espaces contestés. »
  • 5:25PrésentateurChiffre
    « Vous parlez de 100 milliards d'euros. »
  • 6:06Invité politiquePromesse
    « On va, évidemment, l'affiner. »
  • 10:03Invité politiqueChiffre
    « je rappelle que l'Union européenne a déjà livré pour 28 milliards d'équipements à l'Ukraine. »
  • 10:10Invité politiqueChiffre
    « Il y a encore 21 milliards qui sont prévus jusqu'à la fin de l'année. »
  • 11:16Invité politiquePromesse
    « Nous nous étions engagés à fournir, entre le mois de mars 2023 et le mois de mars 2024, donc plus d'un million d'obus de gros calibre 155 à l'Ukraine. »
  • 11:26Invité politiquePromesse
    « On va passer à 2 millions de capacités par an en 2025. »
  • 13:18PrésentateurChiffre
    « c'est une entreprise qui a perdu 3,4 milliards d'euros et 80% de sa valeur boursière. »
  • 20:18Invité politiqueFait
    « la croissance par habitant et à taux de change constant »

Temps de parole

  • Invité politique74 %
  • Présentateur13 %
  • Présentateur 211 %
  • Auditeur3 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin dans le grand entretien le commissaire européen au marché intérieur. Question réaction 01-45-24-7000 et application France Inter. Thierry Breton, bonjour. Bonjour. Et bienvenue dans ce studio. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. La régulation du numérique, les élections européennes, l'état de l'économie dans l'Union Européenne par rapport aux Etats-Unis. Mais commençons, si vous le voulez bien, par le discours d'Emmanuel Macron à la Sorbonne. Un Sorbonne 2 après le discours de 2017. Discours marqué par l'alarmisme. Je cite le chef de l'État.

À l'horizon de la prochaine décennie, le risque est immense pour l'Europe d'être fragilisée, voire reléguée. Notre Europe aujourd'hui est mortelle, elle peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix, a affirmé le Président de la République. Partagez-vous cette inquiétude existentielle du chef de l'État sur l'avenir du continent européen ? Fragilisation, relégation, mort, reprendriez-vous ces mots ce matin ?

1:15
Invité politique

Nicolas Demorand, je les partage d'autant plus que j'allais presque vous dire qu'ils fondent mon quotidien. Depuis que je suis maintenant 5 ans que je suis commissaire européen, ces termes, les termes tels qu'il les a exprimés, fondent mon quotidien. Bien sûr que le projet européen est un projet qui ne fonctionne qu'en dynamique. Bien sûr que le projet européen est un projet qui, non seulement, j'allais dire, fait des jaloux, mais aussi contre lequel s'opposent la plupart des grands acteurs mondiaux. A commencer évidemment par la Russie.

Enfin, je l'ai vécu de moi-même lorsque je me suis occupé des vaccins, où Poutine voulait en permanence nous empêcher de vacciner nos concitoyens européens et nous imposer son fameux vaccin, on l'appelait Spoutnik, qui ne fonctionnait pas. Je l'ai vécu et je le vis tous les jours, avec ces vélités de déstabilisation de nos démocraties, les cyberattaques, l'utilisation de migrants comme armes, pardon, hybrides. Donc bien sûr, je le vis évidemment avec les rapports de force avec les Etats-Unis.

2:16
Présentateur

Il y a un risque de mort quand vous vous projetez Thierry Breton. Vous dites qu'il y a un risque de mort de l'Europe si elle ne bouge pas ?

2:23
Invité politique

Le véritable projet européen, c'est d'être ensemble pour lutter contre tous ces risques. Et tant que nous sommes ensemble, on progresse, on avance et on protège. Et c'est vrai qu'à partir du moment où on écouterait certains qui veulent nous déstabiliser, eh bien, le risque évidemment, c'est la fin du projet européen. Et donc, bien entendu, quoi ? Ceux pour lesquels la souveraineté et l'autonomie sont des valeurs cardinales, je parle évidemment des Etats-Unis, America First, mais ça a continué sous Biden. Je pense évidemment à la Chine, dont on sait que le seul thème désormais, c'est plus l'économie, mais c'est précisément les aspects de sécurité et de défense.

Et puis, pardon, mais je le vis tous les jours. Si on n'est pas ensemble, on ne peut pas faire les rapports de force. Et évidemment, on se fait balayer. Donc, c'est parce que nous sommes ensemble que nous avons un projet qui fonctionne et puis qui s'impose.

3:14
Présentateur

Alors justement, parlons défense, puisque la défense fait partie de votre portefeuille de commissaire européen, Thierry Breton. Emmanuel Macron invite les Européens à bâtir, je cite, une initiative européenne de défense qui pourrait inclure un bouclier anti-missile. Qu'est-ce que c'est que ce bouclier ? Est-ce que c'est sur le même modèle que ce qu'on a vu à l'œuvre en Israël, quand l'Iran a lancé son attaque de drones et de missiles récemment ?

3:35
Invité politique

C'est très important. Et cette partie, d'abord, le discours du président de la République est très important sur les trois volets. Le volet protection et le volet, évidemment, défense. Le bouclier, qu'est-ce que c'est ? Le bouclier, ça concerne la capacité de se protéger dans ce qu'on appelle les espaces contestés. Revenons, si vous voulez, une seconde à la boussole stratégique, c'est-à-dire le livre blanc, que les 27 ont écrit ensemble, sous la direction du haut représentant, Joseph Borrell, il y a maintenant deux ans.

Pour la première fois, nous avons enfin une doctrine ensemble de défense, dans laquelle il est dit très explicitement que les Européens doivent protéger ensemble les quatre espaces contestés. L'espace aérien, il faut un bouclier missile. L'espace tout court, il faut une constellation qui nous protège de l'espace à l'espace C, ce qu'on a fait avec la constellation Iris Square. L'espace cyber et l'espace maritime. Et donc, pour ces quatre espaces, il n'y a pas d'autre choix que de travailler ensemble.

4:29
Présentateur

Mais avec quelle technologie dirait-on ? Américaine ? Étrangère ?

4:34
Invité politique

Mais, encore une fois, le sujet, c'est de nous protéger ensemble. Il se trouve que les technologies, aujourd'hui, dans les quatre espaces, elles existent. Parce que vous savez, en Europe, on peut tout faire en matière de défense. On sait faire des boucliers anti-missiles. Prenons, évidemment, des entreprises qui savent le faire. Et on sait que des entreprises françaises, des entreprises italiennes savent le faire. On sait bâtir des constellations de protection de l'espace tout court. On a tous les éléments pour protéger, aussi, pour avoir un bouclier cyber au niveau européen. Et on a commencé à le faire.

Donc, il faut bien vous dire que ces quatre espaces, désormais, ils vont être à la main, exclusives, des 27 ensembles. Et que c'est pour ça qu'il faut un fonds pour les financer. Avec, évidemment, de la technologie européenne. Parce qu'on la maîtrise.

5:18
Présentateur

Thierry Breton, qui dit défense européenne, dit investissement colossaux. Vous défendez un nouvel emprunt commun pour trouver l'argent. Vous parlez de 100 milliards d'euros. qui, aujourd'hui, dans les 27, soutient cette idée et est prêt à mettre au pot sur une somme pareille.

5:34
Invité politique

Alors, c'est évidemment une proposition qui avait été faite, vous vous en souvenez, par la première ministre estonienne, Kayakalas. Et qui rejoint nos propres calculs avec mes équipes, puisque nous sommes en charge des industries de défense au sein de la Commission. Avec deux piliers. Un pilier pour protéger les espaces contestés dont nous venons de parler à l'instant. Un autre pilier pour augmenter la capacité industrielle. Car c'est de ça dont il s'agit. Il faut impérativement augmenter très vite notre capacité à produire plus et mieux ensemble, en Européen, en termes d'industrie de défense. Alors, on parle, évidemment, on a calculé ce montant. On va, évidemment, l'affiner.

Le Conseil européen nous a demandé, la Commission, de revenir au Conseil de juin. avec des propositions, donc, finalisées, y compris en matière de propositions, de financements. Moi, ce que je dis, évidemment, et ça ne vous surprendra pas, parce que je l'avais déjà fait au moment de la crise du Covid, ou précisément pour bâtir notre constellation d'orbite basse par satellite Iris Square, dont j'ai parlé tout à l'heure, il faut avoir des investissements communs en Europe et en Européen, lorsque nos intérêts vitaux sont, ou existentiels, sont engagés. Et donc, oui, je pense que pour ceci, on a plusieurs formules, on va y revenir. L'une d'entre elles, c'est des eurobondes.

L'autre, c'est, évidemment, d'avoir un endettement totalement en commun, comme on l'a fait pour répondre à la crise du Covid. 100 milliards, Nicolas de Morand, c'est beaucoup, mais 100 milliards par rapport auprès de 16 000 milliards d'euros du PIB européen, si c'est existentiel, bien entendu qu'on saura l'autre.

7:04
Présentateur

Vous avez beaucoup le mot commun à la bouche, et effectivement, hier, Emmanuel Macron, dans une interview à la presse régionale, a dit qu'il proposerait aussi de partager l'arme nucléaire française. Il dit qu'il veut ouvrir ce débat qui inclut la défense antimissile, les tirs d'armes de longue portée et l'arme nucléaire pour ceux qui l'ont ou qui en disposent sur leur sol en Europe. Le Brexit fait que le Royaume-Uni nous a quittés, eux avaient l'arme nucléaire, il ne reste plus que nous.

Est-ce que vous comprenez les mois que cela suscite ce matin dans les oppositions, RN, LFI, LR, qui ont l'impression que la doctrine gaulliste est complètement abandonnée et qu'on brade la souveraineté française ?

7:39
Invité politique

On va revenir une seconde à ce que Pierre Aski vient de dire. Il n'a jamais été question, et Pierre Aski vient de nous le rappeler, de dire qu'il s'agit de partager l'arme nucléaire. Il a même dit que c'était l'inverse. Mais il a dit, là vous avez raison, qu'à chaque fois que le président de la République, c'est la troisième fois, puisqu'il l'avait déjà dit en 2020, il l'a dit en 2022, il le redit désormais en 2024, et j'allais presque dire rien de nouveau, au fond, sous le soleil, si vous permettez cette expression, mais à chaque fois, il y a effectivement ces réactions qui sont des réactions, évidemment, politiciennes. Il ne s'agit pas de cela.

Encore une fois, ce n'est pas à moi à faire, je dirais, l'exerce de ce que dit le président de la République sur l'arme nucléaire. Il est le seul habilité à parler de ces questions. Il n'en demeure pas moins que qu'est-ce qu'il dit et qu'il répète depuis maintenant plusieurs fois, c'est qu'évidemment, l'engagement de l'arme nucléaire, c'est la doctrine de dissuasion. Ça se fait lorsque les intérêts vitaux de la France sont menacés et il rajoute systématiquement que, en ce qui concerne les intérêts vitaux de la France, il y a évidemment une dimension européenne.

8:43
Présentateur

Est-ce que les Européens vont choisir le parapluie français ou le parapluie américain ?

8:47
Invité politique

Et c'est de cette dimension européenne que le président de la République a dit qu'il était prêt à parler avec ses homologues. Mais je pense qu'il ne faut pas s'attendre, encore une fois, ce n'est pas à moi, à commenter surtout ce type de propos dont je rappelle que je ne fais que dire effectivement ce qu'il dit lui-même. Et ce qui est important, parce que la dimension européenne, elle est inhérente, encore une fois, à ses propos. Et depuis maintenant, un certain nombre de fois, qu'il discute maintenant avec ses homologues, c'est ce qu'il propose de faire. Je pense que ça se fera certainement dans le contexte qu'a rappelé Pierre Aski, à l'instant.

C'est-à-dire, évidemment, certainement pas en partageant la décision, en partageant les coûts, en partageant le fait que ça devient des armes européens. Ce n'est absolument pas ce qu'il a dit. Mais laissons-le maintenant faire ce qu'il a à faire. Et certainement, sous les écrans à l'art.

9:37
Présentateur

On l'entendait dans le journal de 8h, les forces russes accélèrent leur progression sur le front ukrainien pour tenter de prendre un avantage stratégique avant les prochaines livraisons d'armes américaines. Sur les livraisons européennes, cette fois, où en sommes-nous ? Sur 100% de nos promesses faites à l'Ukraine, combien ont été tenues et livrées ?

10:00
Invité politique

Alors d'abord, sur les chiffres, je rappelle que l'Union européenne a déjà livré pour 28 milliards d'équipements à l'Ukraine. Il y a encore 21 milliards qui sont prévus jusqu'à la fin de l'année. On est à peu près à 50 milliards. C'est à peu près l'équivalent de ce qu'on fait jusqu'à présent les Etats-Unis. Donc les livraisons, elles sont là, elles arrivent. Ce qui est très important, c'est qu'effectivement, il faut avoir plus de capacité de protection. On parlait tout à l'heure de dôme de protection aérienne. Et c'est une demande réitérée de la part de Woldemir Zelensky.

La décision du Congrès, évidemment que nous saluons, va permettre de livrer très rapidement ces fameuses batteries de missiles, sans doute patriotes, donc pour protéger les éléments les plus critiques en Ukraine. Et c'est une nécessité de le faire assez vite. J'ai cru comprendre qu'un certain nombre de ces équipements sont prépositionnés.

10:51
Présentateur

Sur 100% d'armes promises,

10:53
Invité politique

on a livré combien ? En ce qui nous concerne, on a livré ce que nous avions dit que nous avions livré. On est maintenant en phase de livrer, comme vous le savez, des avions. Il faut d'abord entraîner, évidemment, les pilotes. Et peut-être plus précis sur les munitions, car on sait que c'est un sujet absolument majeur sur la ligne de front. Nous nous étions engagés à fournir, entre le mois de mars 2023 et le mois de mars 2024, donc plus d'un million d'obus de gros calibre 155 à l'Ukraine. Ils ont été fournis. On a augmenté notre base industrielle. Donc désormais, on est à plus d'un million de capacités par an.

On va passer à 2 millions de capacités par an en 2025, grâce au financement européen. Donc on est, je dirais, dans la dynamique que nous avions promis. Est-ce que ça suffit ? Non. On sait qu'il faut accélérer. On sait qu'il faut accélérer que l'Europe, comme je le dis, 2025, c'est une capacité de 2 millions, un peu plus, de production par an. Donc sur ce segment, oui, on est passé en économie de guerre, mais il faut aller encore plus vite.

C'est un élément très important et donc je tiens à dire que nous nous réjouissons et je me réjouis du fait que les Américains qui ont mis beaucoup de temps, beaucoup de temps à se décider, on voit que la démocratie américaine est lente, plus lente que la démocratie européenne du reste, vont revenir donc en soutien. Je crois que c'est très nécessaire et je le rappelle existentiellement.

12:09
Présentateur

Encore une question, Yael, avant de passer à l'économie. Voilà, autre sujet, sujet de souveraineté française, celui-là, Bruno Le Maire a annoncé hier soir que les actifs stratégiques du géant informatique français Atos, que vous connaissez bien, dans le militaire, dans le nucléaire, dans le renseignement, allaient être partiellement rachetés par l'État. Est-ce que c'est une bonne solution que l'État intervienne pour sauver Atos, que vous avez dirigé pendant plus de 10 ans ? Est-ce une forme de nationalisation ?

12:34
Invité politique

Alors, Yael Gauze, l'entreprise Atos, je la connais bien puisque pendant 11 ans, je me suis efforcé avec le conseil d'administration d'en faire une entreprise leader, leader dans les domaines les plus critiques pour le traitement des données. J'ai quitté cette entreprise il y a plus de 5 ans. Elle était quoi, il y a plus de 5 ans ? Après 11 ans, précisément, de travail patient, collectif, avec l'ensemble des parties prenantes. Elle était devenue numéro 1 en matière de services de cybersécurité en Europe et numéro 3 mondial. Elle était devenue numéro 1 en matière de supercalculateurs, notamment pour la modélisation de l'arme nucléaire française et numéro 3 mondial.

Elle était devenue numéro 1 en matière de... Vous parlez au passé,

13:17
Présentateur

mais aujourd'hui, c'est une entreprise qui a perdu 3,4 milliards d'euros et 80% de sa valeur boursière.

13:22
Invité politique

C'est effectivement l'entreprise que j'ai bâtie avec le conseil d'administration, avec les salariés et je vous dis simplement ce qu'elle était il y a 5 ans. Elle a été également numéro 1 en matière de traitement des données sécurisées et tout ça a été fait et je le dis parce que je lis quelques erreurs par moment. C'est pas moi qui le dis, du reste c'est un an après, il suffit de regarder dans le rapport annuel de l'entreprise, c'est les dirigeants d'après qui l'ont dit, c'est une entreprise qui avait zéro dette nette. Tout ceci a été fait sans endettement nette.

13:52
Présentateur

Est-ce que l'État qui vole au secours c'est pas bien ?

13:55
Invité politique

Pourquoi est-ce que j'avais voulu faire ça ? Parce que j'estimais que ces actifs étaient très importants pour avoir de la souveraineté dans le traitement de l'information en Europe. Alors il se trouve que pendant deux ans ensuite, l'entreprise elle a continué à être l'une de celles qui performait le mieux au niveau européen. Elle a traversé la crise du Covid en continuant à progresser. Après, il y a eu des divergences stratégiques, des orientations totalement orthogonales, le remplacement du directeur général et je n'ai pas l'intervention sur l'État est-elle nécessaire ? Il y a eu cinq directeurs généraux qui se sont suivis. Donc ce qui reste

14:33
Présentateur

aujourd'hui,

14:34
Invité politique

ce qui reste aujourd'hui, c'est une entreprise effectivement dont les actifs sont très stratégiques et je n'ai pas d'autres commentaires à faire que ceux que je viens de faire. C'est à reconnaissance que cette entreprise dispose d'actifs stratégiques pour l'Europe. C'est très important et des femmes et des hommes qui les font

14:54
Présentateur

que l'État les protège.

14:55
Invité politique

C'est très important que comme moi lorsque j'ai bâti cette entreprise, je ne voulais pas que certains de ces actifs partent dans des mains qui n'étaient pas des mains européennes. C'est pour ça aussi que je les avais acquis. Donc je crois que c'est très important que ça reste en Europe.

15:08
Présentateur

On va passer au standard d'Inter où nous attend Marc, Marc du Pas-de-Calais. Oui, bonjour. Bonjour Marc, bienvenue.

15:17
Auditeur

Bonjour monsieur, merci de m'avoir pris ma question. Alors j'ai un constat, ça fait le mois prochain, ça fera 500 jours que monsieur Poutine a lancé son offensive sur l'Ukraine. Alors question multiple, ne pensez-vous pas que l'Europe semble une sorte de forteresse assiégée ? Je m'explique.

Une armée russe qui ne cesse de grignoter les positions ukrainiennes, une Chine en embuscade via Huawei, TikTok et peut-être la route de la soie, une défense commune à la ramasse, un soutien US qui a trop tardé, doublé d'une victoire de Trump qui nous lâcherait, qui nous lâcherait, des pays d'Afrique qui un à un se retournent de nous et enfin un rassemblement national en tête de sondage aux élections du 9 juin avec des idées que l'on sait. Bref, comment à ce jour être optimiste avec un marché intérieur qui risque de s'effondrer nos belles valeurs démocratiques à l'avenance ?

16:08
Présentateur

Merci Marc, je rigole parce qu'effectivement comment aujourd'hui être optimiste vu le tableau que vous venez de faire ? Je laisse la parole à Thierry Breton sur l'optimisme.

16:20
Invité politique

Écoutez, d'abord c'est effectivement en partie parce que le président de la République n'a pas repris tous les éléments que Marc vient de citer mais c'est en partie cette analyse qui a fondé le discours de la Sorbonne de la semaine dernière du président de la République Emmanuel Macron parce qu'évidemment le paysage tel qu'il est décrit et géopolitique en particulier en ce qui concerne la Russie en ce qui concerne les Etats-Unis en ce qui concerne la Chine en ce qui concerne ce qu'on appelle d'une façon générale le sud global c'est effectivement ce que le président de la République a dit en qualifiant cet environnement géopolitique qui évidemment n'est pas favorable

16:55
Présentateur

à l'Europe

16:59
Invité politique

alors je nuancerai sur le fait de dire qu'une défense qui s'effondre c'est l'inverse alors je peux en porter témoignage c'est vraiment l'inverse la défense européenne est vraiment en mouvement nous avons aujourd'hui la capacité de tout faire en Europe ce qu'il faut maintenant c'est le faire plus vite et ensemble et je n'ai aucun doute qu'on va y arriver alors est-ce que nous sommes une forteresse assiégée on est dans des logiques aujourd'hui Nicolas Demorand de rapports de force globaux et pour mener ces rapports de force c'est certain qu'on ne peut plus le faire en étant un pays isolé regardez ce qui se passe avec la Grande-Bretagne c'est le contre-exemple absolu et c'est parce que nous sommes ensemble parce qu'on pèse 450 millions de concitoyens parce que nous sommes le premier marché intérieur au monde qui ne s'effondre pas contrairement à ce qui vient d'être dit que nous pouvons peser que nous devons peser dans le monde d'aujourd'hui de demain c'est la seule issue que nous avons mais on a cette chance d'avoir ce projet ce projet commun qui fait que oui on saura faire des rapports de force comme je les ai fait par exemple avec les grandes plateformes pour leur imposer désormais nos lois et non pas l'inverse

18:01
Présentateur

pour peser il faut être crédible économiquement retour en France Thierry Breton la France échappe à une dégradation de sa note par les agences de notation Moody's et Fitch quel commentaire est-ce que ça vous inspire ? Sachant qu'aucune des deux ne pense qu'on reviendra sous les 3% de déficit public du PIB

18:17
Invité politique

d'ici à 2027 les notations sont évidemment des éléments importants lorsqu'on est un acteur public qui travaille dans le secteur de l'économie bien entendu j'ai cru comprendre du reste que ces deux agences avaient déjà dégradé la France lors de leur dernière notation donc je pense que je dirais c'était déjà exprimé maintenant qu'est-ce qui est important pour la France c'est la trajectoire pour la France et pour l'Europe du reste parce que évidemment nous sommes tous engagés dans une dynamique commune notamment les partenaires de l'euro alors la trajectoire française alors la trajectoire française elle indique elle a été acceptée elle a été proposée donc notamment par la commission que la France devait revenir donc en 2020 sous la barre des 3% et il n'y a aucune raison que cette trajectoire soit remise en cause à charge maintenant évidemment pour la France comme pour tous les états qui se sont engagés sur la propre trajectoire de le tenir et c'est ça est-ce qu'on peut échapper

19:11
Présentateur

à une procédure pour déficit excessif puisque ça c'est le rôle de la commission

19:14
Invité politique

la réponse est oui puisqu'encore une fois désormais cette procédure elle s'inscrit dans ses trajectoires et c'est la raison pour laquelle à juste titre le ministre de l'économie des finances mais le président de la république disent de façon claire que ce qui est très important c'est évidemment que la France tienne cette trajectoire et c'est cette trajectoire qui a été présentée donc à la commission et qui doit être tenue désormais

19:34
Présentateur

Avant quelques questions politiques sur la campagne des élections européennes un autre mot sur l'économie il y a dix jours les échos faisaient leur une croissance l'Europe à la traîne du monde prévision de croissance pour la zone euro à 0,8% c'est 2,7% pour les Etats-Unis l'écart est considérable comment l'expliquez-vous cet écart Thierry Breton et sommes-nous en train de décrocher ?

19:57
Invité politique

Alors d'abord il faut toujours regarder les choses en économie donc de façon très précise lorsque on regarde puisqu'on se mesure finalement à partir de j'ai vu qu'il y a un certain nombre d'analystes qui indiquent par rapport à 2 000 effectivement et je le dis ce qui est important c'est la croissance par habitant quand on regarde la croissance par habitant et à taux de change constant parce que si on ne prend pas les taux de change constant évidemment on a cet écart mais ce qui est important c'est la création de richesses créées par habitants elle est identique donc au niveau européen et au niveau américain depuis 20 ans la parité de pouvoir d'achat est la même c'est très important parce que ce n'est pas assez dit entre les Etats-Unis et l'Europe depuis 20 ans qu'est-ce qui s'est passé

20:39
Présentateur

c'est pas la richesse par habitant

20:40
Invité politique

si je parle je parle encore une fois de la création mais qu'est-ce qui se passe ce qui se passe c'est qu'il y a effectivement une croissance il faut parler à taux de change constant c'est pour ça que je parle à taux de change constant et donc en parité de pouvoir d'achat alors qu'est-ce qui se passe c'est que la démographie aux Etats-Unis a augmenté considérablement depuis 2000 plus 18% et de façon assez faible en Europe 4% ce qui explique en partie les éléments de croissance que l'on voit au niveau en valeur absolue donc sur les Etats-Unis il n'en demeure pas moins qu'il faut faire plus évidemment en Europe la compétitivité est un problème et un enjeu majeur et que les propositions du rapport l'Etat du reste il y a Enrico l'Etat qui vient de les remettre vont dans le sens qui me semble être le bon sens pour accroître notre compétitivité

21:18
Présentateur

Allez on en vient à la campagne des européennes J-42 des sondeurs ont tenté de mesurer s'il est 1h49 minutes du discours du président de la République à la Sorbonne avait un effet dans l'opinion sans doute est-ce trop tôt mais pour l'instant pas du tout et même certains instituts voient la liste Glucksmann se rapprocher de celle conduite par Valérie Ayet qu'est-ce qui ne marche pas dans la campagne de votre camp en renaissance ?

21:40
Invité politique

Alors d'abord sur le discours du président de la République je crois qu'il l'a précisé et c'est la réalité ce discours il avait vocation à s'exprimer auprès de l'ensemble des 27 parce qu'il va y avoir aux diplomates plus qu'aux Français parce qu'il va y avoir un conseil fin juin très important un conseil européen où précisément la stratégie pour les 5 ans qui viennent va être proposée et décidée à 27 et le président de la République a souhaité présenter sa stratégie pour les 27 et je peux vous dire que dans les capitales européennes j'y passe évidemment ma vie c'est mon travail le discours a été bien compris il n'y a pas que le chancel

22:16
Présentateur

Oui mais ce sont les Français qui votent nos jours

22:17
Invité politique

Oui mais je vous redis par rapport puisque vous m'interrogez sur le discours le discours c'est un cap qui va être discuté il l'a partagé évidemment avec ses concitoyens c'est normal c'est ce discours et son fondement qui va être discuté auprès de ses pairs au mois de sur la campagne alors maintenant sur la campagne vous voyez vous êtes des experts et vous voyez donc comme moi aujourd'hui les chiffres mais moi ce que je vois aussi c'est qu'on n'est pas rentré encore dans le fond des propositions on n'est pas rentré encore dans ce qu'il faut pour que l'Europe de demain celle qui puisse exercer des rapports de force cette Europe puissance qui soit consciente de sa puissance ensemble qui puisse l'exprimer dans les rapports de force qui ne vont pas manquer avec une Amérique qui si elle devient l'Amérique d'un nouveau président Donald Trump on sait qu'il ne comprend que les rapports de force mais que ça fonctionne lorsqu'on exerce ces rapports de force c'est pareil avec la Chine c'est pareil avec le reste donc voilà on n'est pas encore entré

23:13
Présentateur

Georgia Meloni en Italie chef du gouvernement va elle-même endosser le rôle de tête de liste aux élections européennes pour son camp et comme chef du gouvernement est-ce qu'on ne devrait pas en prendre de la graine en France aussi ? Est-ce que Gabriel Attal Premier Ministre devrait se mouiller un peu plus

23:25
Invité politique

pour le dire clairement ? Elle le fait tardivement Georgia Meloni a l'ambition de faire peser davantage le groupe européen auquel elle appartient qui s'appelle ECR c'est sans doute la raison je ne vais pas faire encore une fois de commentaires politiques qui ne m'appartiennent pas mais on voit bien pourquoi elle le fait ce que je peux dire c'est que pour l'instant je n'ai pas entendu une seule proposition de la part par exemple du Rassemblement National sur l'Europe de demain sur comment il entend exercer M. Bardella les rapports de force Et alors comment expliquez-vous

23:55
Présentateur

qu'il soit à 30%

23:56
Invité politique

dans les intentions de vote ? Je ne suis pas un expert politique je vois bien je vois bien je vois bien effectivement ce qu'il y a derrière mais je vois aussi qu'on n'est pas encore rentré dans les propositions et que du reste M. Bardella semble avoir du mal à y rentrer et moi qui le côtoie quelque part quelque part assez souvent au Parlement européen ça ne me surprend pas

24:17
Présentateur

Merci Thierry Breton commissaire européen au marché intérieur d'avoir été au micro d'Inter ce matin il est 8h47 M. Bardella