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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 13 juin 2023 9 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSolidarités & famille

L'interview en intégralité de Marine Tondelier

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Marine Tondelier, bonsoir. Vous étiez donc sur place avec Sandrine Rousseau pour protester contre un projet de golf et d'hôtel de luxe.

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Pourquoi tout d'un coup cette agressivité de la part de cet agriculteur ? Que s'est-il passé ? Racontez-nous.

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Alors Jean-Baptiste Moreau, vous voulez vous interpeller sur le fait peut-être qu'il faut sortir de cette crispation entre les écologistes et les agriculteurs.

  • 5:21RelanceRéponse partielle

    Mais oui, mais pourquoi vous apparaissez finalement comme leur ennemi ? Pourquoi eux, ils vous considèrent comme leur ennemi ?

  • 6:59OuverteRéponse partielle

    Qui les fassent bien vivre.

  • 7:10RelanceÉludée

    Par exemple, un soulèvement de la terre qui est allé détruire une serre, alors que la personne qui était dans cette serre dit qu'elle faisait des efforts écologiques. Elle était en train de transformer son agriculture. Peut-être que vous devez vous dissocier de certains mouvements peut-être plus radicaux.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36InvitéChiffre
    « Il y a 200 exploitations agricoles qui disparaissent chaque semaine en France. »
  • 0:41InvitéChiffre
    « Il y a un suicide tous les deux jours. »
  • 0:44InvitéChiffre
    « Le revenu médian des agriculteurs est inférieur au seuil de pauvreté. »
  • 1:44InvitéFait
    « On a alerté des dizaines d'années là-dessus. »
  • 3:10InvitéFait
    « Là où nous sommes contre, c'est quand on parle de projets de méga-bassines qui vont pomper l'eau directement dans la nappe phréatique et qui bouleversent le cycle de l'eau. »
  • 3:24InvitéFait
    « Moi, je n'en mange pas depuis 2009. »
  • 3:47InvitéFait
    « Le Mercosur, qui se bat au Parlement européen. C'est nous. »
  • 6:40InvitéPromesse
    « On veut installer un million de paysans dans ce pays d'ici 2050. »
  • 8:46InvitéFait
    « Il n'y aura plus d'eau cet été. »
  • 8:34InvitéFait
    « Je suis contre leur dissolution, parce que ce n'est pas comme ça qu'on règle des problèmes. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Invité 210 %
  • Invité 310 %
  • Présentateur8 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Marine Tondelier, bonsoir. Vous étiez donc sur place avec Sandrine Rousseau pour protester contre un projet de golf et d'hôtel de luxe. Pourquoi tout d'un coup cette agressivité de la part de cet agriculteur ? Que s'est-il passé ? Racontez-nous.

0:15
Invité

Pour le coup, c'était avant la lutte contre le golf. C'est un golf. Il y en a déjà trois dans le secteur. Ils veulent en construire un quatrième sur les meilleures terres agricoles de l'Aude. Je ne pense pas que c'était ça le problème des agriculteurs parce que quand je leur ai demandé un moment « Mais qui est contre ce projet de golf ? », ils ont tous levé la main en disant « Non, mais là, on est d'accord ». Comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres sujets en réalité. Je pense que ce qui se passe, c'est qu'il y a une vraie détresse de cette profession. Je l'ai toujours dit, il y a 200 exploitations agricoles qui disparaissent chaque semaine en France. Je ne sais pas si vous vous rendez compte.

Il y a un suicide tous les deux jours. Et le revenu médian des agriculteurs est inférieur au seuil de pauvreté. Donc évidemment qu'on a un sujet. Maintenant, il y a deux possibilités. Soit on explique que c'est de la faute des écologistes, qui peuvent être un bouc émissaire idéal comme dans plein d'autres situations. Mais vous savez, vous pouvez supprimer tous les écologistes de France et même du monde. Il y aura toujours un problème d'accès à la ressource en eau, toujours un problème de changement climatique. C'est d'ailleurs ce qu'on dit depuis des années. Et nous y sommes.

1:07
Présentateur

Et donc je pense que celles et ceux qui nous présentent un bouc émissaire en général...

1:11
Invité

Non mais vous savez que... Vous a insulté en fait pour essayer de comprendre. Je vous dis juste, quand on fait des boucs émissaires... Non mais quand on fait des boucs émissaires, quand on fait des boucs émissaires en général, c'est qu'un, on n'a plus rien à répondre aux gens, donc on fait un bouc émissaire. Et deux, les boucs émissaires sont toujours innocents. Je pense que celles et ceux qui ont emmené l'agriculture, qui l'ont enfermée dans cet impasse productiviste et qui aujourd'hui ne savent plus répondre à la détresse des agriculteurs là où ils les ont emmenés, présentent l'ennemi idéal des agriculteurs, les écologistes. Mais c'est quand même un peu plus compliqué que ça.

Parce que le mur dans lequel on les a envoyés, on a alerté des dizaines d'années là-dessus. On propose un autre modèle qui fasse mieux vivre les agriculteurs, qui fasse mieux vivre les consommateurs et qui soit plus respectueux des écosystèmes. Voilà, et puis vous savez, vu les défis qui nous attendent, parce qu'on va quand même tous dans le mur, y compris en termes d'habitabilité de la planète, quand il n'y aura plus d'eau, il n'y en aura plus pour les agriculteurs, plus pour le consommateur, plus pour l'écosystème, plus pour personne. Donc on est condamnés en fait à coopérer.

Et donc c'est pour ça que quand on m'annonce qu'il y a des gens qui sont très virulents, qu'il ne faut pas que j'aille à tel endroit parce qu'ils ne sont pas contents, j'y vais toujours par principe, parce qu'il faut discuter. Et nous, ce que nous savons mieux faire chez les écologistes, c'est apaiser, protéger, réparer. Et donc évidemment qu'on va les voir, et ça peut être virulent parfois. Vous savez, moi j'ai quelques années d'opposition au Rassemblement national, à Élan Beaumont derrière moi, j'ai été forgée dans l'adversité. Donc je vais vous dire, j'en ai vu d'autres. Mais Marine Tondelier... Mais pourquoi on y va ? C'est parce qu'on est obligé de leur expliquer.

Et la plupart d'entre eux d'ailleurs ont compris. Voilà. Mais Marine Tondelier, en fait, c'est parce que vous représentez une espèce de bloc anti. Vous êtes anti-chasse, vous êtes anti-corrida, anti-tradition, anti-bassine, anti-viande. Et donc voilà, vous représentez tout ce qu'eux vivent, en particulier dans certaines régions. Et ils ne veulent pas de vous parce que vous venez leur faire la leçon. Vous symbolisez l'interdiction en fait. Mais vous savez que la discussion était très très différente. Parce que sur les bassines, par exemple, il me dit vous nous interdisiez de récupérer l'eau. C'est pas vrai.

J'ai comme plein de Français, des Français, un récupérateur d'eau de pluie dans mon jardin. Et je pense que tout agriculteur devrait en avoir un dans sa ferme. Là où nous sommes contre, c'est quand on parle de projets de méga-bassines qui vont pomper l'eau directement dans la nappe phréatique et qui bouleversent le cycle de l'eau. Et là, ils disent oui, ça c'est sûr, il ne faut pas le faire. On est d'accord sur la viande. Je leur dis que moi, je n'en mange pas depuis 2009. Que de toute manière, il faut en manger moins parce que les grands élevages industriels où on met des dizaines de milliers de poulets en batterie, c'est même plus de l'élevage. Ils sont d'accord avec ça.

Eux, ils veulent en élevage paysan. Sur la corrida, je pense que ce n'était pas trop leur sujet hier. Et sur tous les sujets que vous citez, on est là. Sur y compris la défense de leur source de revenus contre les traités internationaux, le Mercosur, qui se bat au Parlement européen. C'est nous. Et donc je veux bien que certains veuillent faire de nous les ennemis publics numéro 1. C'est un peu plus compliqué que ça.

3:53
Présentateur

Voilà. Alors Jean-Baptiste Moreau, vous voulez vous interpeller sur le fait peut-être qu'il faut sortir de cette crispation entre les écologistes et les agriculteurs.

4:00
Invité

Il ne s'agit pas de dire que les écologistes sont l'ennemi public numéro 1. Ce n'est pas ça. C'est qu'on a un état de tension dans ce pays entre une population rurale et agricole qui est majoritaire dans ces territoires-là, qui se sent totalement non écoutée, incompris, et qui voit de l'écologie effectivement que des interdictions ou des obligations qui tombent d'en haut, conçues par des technos dans les ministères. Mais à coups-le-pas, j'en fais partie puisque j'ai été de 2017 à 2022 député. Il y en a quelques-uns quand même aussi, pour être tout à fait honnête. Ils ne sont pas des écologistes. C'est exactement ce qui se passe quand l'écologie n'est pas faite par des écologistes.

Oui, heureusement parce que l'écologie est trop sérieuse pour être confiée à des écologistes politiques. Mais justement... Ça se voit. Merci pour le résultat et pour les ordres et pour les leçons que vous nous donnez. Vous avez expliqué pendant des années qu'il fallait que tout le monde se convertisse à l'agriculture bio. Aujourd'hui, l'agriculture bio est économiquement plantée. Les agriculteurs n'arrivent plus à vivre et certains se déconvertissent parce qu'ils ne trouvent plus de débouchés. Mais non, juste parce que le consommateur n'achète pas, c'est tout. Je ne suis pas venue pour écouter des imbécilités sur l'agriculture.

Le consommateur n'achète pas parce que c'est trop cher et que c'est... Non, non, vous avez raison, je suis agriculteur, je ne connais pas mon métier, vous avez raison, vous êtes sachante. Moi, je suis venue vous parler des violences faites en politique et du risque, du problème... Non, non, mais c'est vous-là, sachant que je suis agriculteur, je ne connais pas mon métier, je ne connais pas le secteur. J'étais président de coopérative, mais tout ça, je ne connais pas la vie économique de l'agriculture, je n'y connais rien. C'est vous qui savez depuis le Nord.

5:21
Présentateur

Oui, mais Marie-Tondelier, vous voyez...

5:23
Invité

Oui, mais moi, j'ai une famille d'agriculteurs, je ne suis pas ennemi des agriculteurs.

5:26
Présentateur

Mais oui, mais pourquoi vous apparaissez finalement comme leur ennemi ? Pourquoi eux, ils vous considèrent comme leur ennemi ? Et c'est ça qu'on essaie de comprendre. Parce que si vous dites, moi je suis là pour les aider, et que quand vous arrivez, ils vous insultent, c'est qu'il y a quelque chose qui a été loupé quand même.

5:41
Invité

Alors, on va reprendre plusieurs choses. La première, c'est que ce n'est pas les agriculteurs qui m'insulent, ce sont des agriculteurs en colère... À Sainte-Soline, à Sainte-Soline, à Sainte-Soline, vous avez été insultés aussi. Attendez, attendez, on ne peut pas tout mélanger. Soit vous me laissez répondre, soit je ne réponds pas. Donc, en fait, hier, on voyait bien qu'il y en avait avec qui on pouvait discuter, et que les plus virulents, on m'a dit, lui, il est très en lien avec l'extrême droite, il y a aussi ça qui joue. Il y a certains politiques qui instrumentalisent l'agriculteur pour les remonter contre les écolos, parce qu'ils ont des intérêts politiques à le faire. C'est une chose.

La deuxième, c'est que moi je discute avec la plus grande majorité des agriculteurs. On a passé beaucoup de temps sur le stand de la FNSEA, où c'est dans l'agriculture, où on avait des désaccords, certes, mais aussi des désaccords. Je viens d'une famille d'agriculteurs et je ne laisserai pas des gens m'expliquer que je suis pour ou contre l'agriculture. C'est un peu plus compliqué que ça, surtout celles et ceux qui donnent des leçons d'amour de l'agriculture à longueur de semaine et qui les ont amenées. Ça, en fait, je n'entends pas ces leçons de morale-là. Ce n'est pas possible. On discute avec la plupart. Certains sont très en colère. Moi, je peux le comprendre.

Et il faut qu'on trace un chemin ensemble. C'est ce qu'on va faire. Il n'y a pas de problème. On veut installer un million de paysans dans ce pays d'ici 2050, parce qu'on veut se nourrir local. On veut que ce métier puisse vivre correctement. Et on veut un autre chemin pour l'agriculture. Point. Peut-être parce que, alors, de ce que vous nous dites, vous dites, moi, je suis pour le dialogue, pour une agriculture constructive, mais peut-être qu'on vous assimile aussi à ceux qui cassent. Qui les fassent bien vivre. Non, mais attendez.

Par exemple, un soulèvement de la terre qui est allé détruire une serre, alors que la personne qui était dans cette serre dit qu'elle faisait des efforts écologiques. Elle était en train de transformer son agriculture. Peut-être que vous devez vous dissocier de certains mouvements peut-être plus radicaux. Ils ont construit une serre. Ils ont construit une serre, par ailleurs. Et ça méritait la destruction ? Donc, bref. Ça justifiait la destruction ? Moi, ce que je vous dis juste, c'est que, moi, je suis secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts. Jamais je n'ai fait un seul acte qui soit violent. Oui, mais est-ce que vous dénoncez ce que fait le soulèvement de la terre ?

Vous vous solidarisez, alors ? Je suis pour la désescalade. Je suis pour la désescalade de la violence. Alors, est-ce que vous dénoncez ce que font les solidarités des adhérents de ce parti ? Par contre, quand un ministre de l'Intérieur parle d'éco-terrorisme, quand toute la journée on dit que c'est la faute des écolos, oui, ça crée des tensions sur les territoires. Oui, mais vous êtes ambiguë, Marie-Thourdonier. J'entends, des agriculteurs m'ont dit, il y a de l'agribashing, c'est pour ça qu'on n'est pas content. Vous faites l'agribashing. Je leur ai dit, à quel moment ? Citez-moi une fois où j'ai dit un truc pas bien sur l'agriculture. Ils n'avaient pas d'exemple.

Mais non, mais on le sait bien, vous en faites. Est-ce que vous désolidarisez de soulèvements de la terre ? Mais vous ne répondez pas à nos questions. Il y a aussi de l'écolobashing omniprésent. Et ça finira par causer un problème, parce que ça fait monter la violence. Mais peut-être, mais on vous pose la question, Madame Pondelier. Donc il faut désescalader la violence. J'ai beaucoup de discussions avec les soulèvements de la terre, puisque vous m'en parlez. Ce n'est pas facile d'être coupé comme ça, quand je suis à distance, donc je ne vous vois pas. Mais répondez aux questions. Sur les soulèvements de la terre, on passe beaucoup de temps à discuter.

Oui, mais ne les posez pas pendant que je réponds à la précédente. Donc il n'y a pas de problème avec les soulèvements de la terre. J'ai toujours été très claire. Je suis contre leur dissolution, parce que ce n'est pas comme ça qu'on règle des problèmes. Mais si vous voulez, si vous considérez qu'aujourd'hui, le problème pour l'humanité, c'est les soulèvements de la terre, c'est que vous n'avez pas compris ce qui va nous tomber dessus, ce qui commence à nous tomber dessus. Il n'y aura plus d'eau cet été. Alors si le problème, c'est celles et ceux qui dénoncent des méga-bassines, vous risquez de vivre un été un petit peu compliqué. Donc je ne suis pas d'accord. Quand je leur dis, je leur dis.

Mais est-ce qu'il faut les dissoudre ? Est-ce que c'est ça la solution à tous les problèmes du monde agricole ? Je pense que c'est un petit peu plus compliqué que ça. Voyez-vous.