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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 6 février 2026 12 min

"Le public soutient les entrepreneurs et voudrait qu'ils s'expriment plus fort" (Hervé Novelli)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

J'accueille mon duo du vendredi. Jules Torres journaliste politique au JDD. Bonsoir mon cher.

Bonsoir Stéphanie. Quel plaisir de vous retrouver. Non, faites pas trop quand même mon cher.

C'estàd notre duo. C'est-à-dire que c'est formidable quand on arrive comme ça, on a envie d'être là pendant des heures et des heures. Bon ben je je vous invite à à rester.

Victor Héros, j'enviste politique et valeur actuelle. Bonne semaine également mon cher très bonne semaine. Bon, on va parler économie parce que passent pas des bonnes semaines manifestement.

Ils se plaignent beaucoup les patrons. Comme un parfum de fronde hein qui souffle chez eux, petit, moyen, gros. Ils font de plus en plus entendre leur voix à l'approche de la présidentielle.

Alors en solo par exemple, comme l'a fait Bernard Arnaud ou via des associations ou des fing tank peut-être sur pour des patrons un peu moins célèbres que Bernard Arnaud. Parmi ces patrons qui lèvent la voix, Hervé Novelli, ancien ministre des PME qui a créé avec Lionel Rock le cercle des entrepreneur engagé. Bonsoir Hervé Novelli.

Bonsoir. Merci d'être avec nous sur Europe 1. Alors, c'est vrai que c'est une voix qu'on entend de plus en plus he celle des patrons.

On l'entendait davantage par le passé via des organisations comme le MEDEF. C'est quoi ? C'est la séquence budgétaire qui a été la goutte d'eau.

Hervé Novelli ? peut-être la goutte d'eau, mais bien avant les patrons on ont commencé de réaliser. J'aime pas du reste le vocable patron, moi je préfère le vocable entrepreneur qui est beaucoup qui exprime beaucoup plus de valeur, peut-être plus populaire aussi auprès des Français.

Oui, c'est c'est vrai. Mais ils se sont aperçus très très progressivement que les l'essentiel de leur problèmes ne venait pas de l'intérieur de l'entreprise qu'ils arrivent à développer malgré toutes leurs difficultés mais de l'extérieur de l'entreprise par trop de charges, trop d'impôts, trop de normes, trop de réglementation, trop d'interdiction, trop de contrôle. Et tout cela, ils se sont aperçus et l'opinion le corrobore et le conforte.

Ils se sont aperçus qu'il fallait prendre la parole à l'extérieur de l'entreprise puisque c'est à l'extérieur de l'entreprise que se posent les problèmes. Et donc c'est cela qui explique aujourd'hui le bouillonnement. J'ai créé avec beaucoup de de d'entrepreneurs, des petits, des moyens, des gros.

J'ai créé le cercle des entrepreneurs engagés. C'est nous qui avons fait le sondage, nous qui avons commandé le sondage qui a fait beaucoup de bruit et qui est paru dimanche et qui montre que l'opinion publique soutient les entrepreneurs loin des clichés qui font que l'opinion ne les soutiendrait pas. Non, au contraire.

Progressivement l'opinion change et se dit que ces entrepreneurs, ces gens qui prennent des risques, qui innovent, qui inventent, qui développe. Et bien, il serait bon qu'il s'expriment beaucoup plus fort dans l'espace public, qu'il bâtisse une influence, un rapport de force pour éviter les bêtises que trop souvent on fait dans notre pays en surchargeant ces entreprises. Hervé Novell euh c'est une fronde coordonnée parce que c'est vrai que c'est le Figaro magazine he aujourd'hui qui qui titrait sur euh sur ce ralbol de des patrons tout de même puisque c'est le mot qu'ils emploient.

Il y a il y a plusieurs actions hein, je le disais en préambule. Bernard Arnaud euh qui évoque les taxes de son côté, Jean-Philippe Cartier qui a un patron également qui crée le pouvoir de l'action qui a envie de peser sur 2027 et vous vous l'avez dit avec le cercle des engagés. C'est quoi justement ?

C'est c'est un un coup pour 2027 ? Non non pas uniquement. L'ambition, elle naît de cette révolte qui est de dire ça suffit, ça suffit.

Vous vous savez, l'opinion sait que ce sont les entreprises qui créent la richesse avec avec leurs entrepreneurs, avec leurs salariés, avec le la communauté entrepreneuriale. Cette création de richesse, elle est là. Elle n'est pas dans l'État. elle est pas euh elle est nulle part ailleurs que dans les entreprises.

Arrêtez arrêter de de les de de les suffoquer, de les de de les les empêcher de se développer en leur imposant beaucoup trop de contraintes. Partout ailleurs, on a compris euh que c'était les entreprises qui créaient la richesse, qui créait l'emploi, qui créait le développement, qui innovaient. Et donc s'appuyer sur les entreprises, sur les entrepreneurs, c'est euh toute l'ambition du 21e siècle et c'est cette prise de conscience qui qui va, je l'espère, se développer de plus en plus chez les entrepreneurs pour qu'ils s'expriment, pour qu'ils prennent toutes leur positions, qu'il polémiquent, qu'il s'opposent à à à des des des actions qui seraient néfastes aux entreprises, aux entrepreneurs et donc à la parle assez souvent en effet icielli, pourquoi Pourquoi ne pas avoir appelé au secours un parti politique ?

Pourquoi les les patrons finalement maintenant éprouvent le besoin de de parler eux-mêmes et ne se retournent pas par exemple chez les Républicains. Vous vous êtes senti trahis lors de la dernière séquence budgétaire ? Non, je je n'emploierai pas ces mots.

J'étais entrepreneur, j'ai fait de la politique, je suis retourné dans je suis retourné dans l'entreprise. C'est c'est là que que je m'exprime le mieux. Et et c'est pour cela que constatant que euh durant le débat budgétaire, on a imposé un certain nombre de taxes, qu'il y a une atonie à défendre les entrepreneurs, y compris euh dans y compris à droite de l'échiquier politique.

Et bien, je me suis dit pendant cette vacances politique, pendant cette grande fatigue politique qui s'exprime aujourd'hui et que les Français constatent, il est temps que les entrepreneurs s'engagent et c'est ce que je fais avec les entrepreneurs engagés. Jules Torz, bonsoir. Est-ce que vous avez l'impression et et c'est une donnée qu'on a quand même, c'est qu'à l'Assemblée nationale et bien il y a assez peu finalement d'anciens entrepreneurs.

Il y en a quelques-uns, par exemple qui sont au Parti socialiste et encore il y en a assez peu. Il y en a quelques-uns qui sont du côté de l'UDR, d'union des droites de la République. En terme de pourcentage, c'est le groupe qui a le plus d'anciens entrepreneurs.

Est-ce que vous avez l'impression que cette ce manque d'entrepreneur au sein des 577 députés et bien a des conséquences sur par exemple le budget qui a pu être voté sur un certain nombre d'articles ou d'amendements favorables par exemple à la taxation des entreprises ? Est-ce que vous avez l'impression que ça joue au contraire les députés ont raison gardé et et votent un budget qui va pour tous les français. Vous avez vous avez parfaitement raison mais vous avez parfaitement raison mais je voudrais vous dire que ça vient de loin et lorsque je suis arrivé comme député j'étais entrepreneur j'ai eu beaucoup de mal à faire les deux et mon entreprise en a souffert mais je voulais m'engager.

J'avais un certain nombre de convictions que je voulais porter à l'Assemblée nationale. J'avais constaté à l'époque qu'on se comptait sur la les doigts d'une main comme entrepreneur. Ça n'a pas changé et c'est cela aussi qui est à la racine des problèmes que dans un fonctionnaire en revanche à l'assemblée.

Oui, parce que c'est plus facile, c'est plus simple. C'est plus simple, c'est moins risqué euh puisqu'on retrouve son poste. Euh et donc euh il y a cette disproportion aujourd'hui qui qui est à la racine du mal français.

Est-ce qu'on aurait intérêt à avoir plus de patrons ? parce que c'était j'imagine aussi le sens de la question de Jules Torres, plus de patrons qui connaissent les contraintes de l'entreprise. Il faut que il faut que l'Assemblée nationale représente beaucoup mieux la société française.

La société française, elle est diverse. Certes, il y a un poids important de la fonction publique dans la société française mais qui n'est pas à la hauteur du poids de la fonction publique dans l'Assemblée nationale. C'est à peu près le double. on est presque à la moitié de la représentation nationale en terme de fonction de fonction publique.

Donc il il y a une difficulté à prendre conscience des réalité de l'économie lorsque l'Assemblée nationale ne représente pas elle-même la société française. Donc notre ambition, elle est d'aller de porter loin cette nécessité de prendre part au débat et et de et de s'opposer à ce qui c'est c'est c'est tout à fait louable mais mais c'est vrai que on constate souvent que les les il y a un discours, il y a les opprimés, les oppresseurs, on le voit avec les parties de gauche qui ramènent, vous l'avez dit vous-même, les les taxes sur la table, on ne se sort pas de de ce réflexe très français français. Comment réconcilier justement ces ces deux camps que certains beaucoup aiment aiment opposer ?

Vous êtes pas naïf ? Vous êtes bien écoutez, c'est une bonne question et j'ai la réponse, je crois, c'est l'opinion. L'opinion est aujourd'hui un vecteur très important sur lequel nous devons et nous pouvons compter.

Le sondage qui a été réalisé il y a quelques jours montre que l'opinion soutient euh euh les entrepreneurs et pensent qu'ils sont trop taxés, que leurs entreprises sont trop taxées, qu' ne parlent pas assez dans le débat public. que il feraiit bien d'apporter leur expérience, leur expertise, leur dynamisme dans le champ du débat public. Et bien, nous allons nous appuyer sur sur l'opinion pour faire entendre notre voix et notre voix, elle se fera entendre bien au-delà de la présidentielle.

Merci beaucoup Hervé Novéelli, entrepreneur. Je rappelle que vous étiez ancien ministre des PME et créateur du statut de l'auto-entrepreneur. D'ailleurs, la micro-entreprise, c'est la majorité des des 4,9 millions d'entreprises en France.

Merci d'avoir été sur l'antenne d'Europe 1. Alors, c'est vrai que Victor H, on rappelle ce ce sondage il y a quelques mois, je crois dans le JDD, 82 % des Français qui aiment leur patron. Mais c'est vrai qu'on entend aussi beaucoup de discours dissonnants et notamment à gauche qui imprime parfois dans l'opinion française des Français qui font souvent la différence d'ailleurs entre les petites entreprises et et les grosses entreprises un petit peu accusé de tous les mots mais avec beaucoup de bêtises.

Oui, c'est c'est le mais la santé des grosses entreprises découle sur les petits aussi. Oui, c'est le bou. Non non, mais il y a d'une part effectivement ce relllement là, il y a aussi le c'est le bouqu émissaire du grand méchant riche patron qui oppresse ses employés et qui fait qui en plus ne paye pas ses impôts et qui empêche à l'économie française de fonctionner.

Bon ça c'est vieux comme Marx maintenant moi oui mais parce qu'on inverse complètement. Alors déjà on a une très mauvaise culture économique dans ce pays. Ça vaut pour les politiques comme pour la population.

D'ailleurs, on ne comprend pas une majeure partie de la population ne comprend pas comment fonctionne l'économie. comprend même parfois euh comment dire dirigé par la gauche hein parce que le discours est dirigé par la gauche comprend à l'envers le discours économique euh en pensant qu'il y aurait de l'argent qui viendrait de nulle part et que ce qui compte le plus c'est de le redistribuer sans oublier que pour redistribuer de l'argent il faut qu'il y ait de la production d'argent pour qu'il y ait de la production d'argent il faut qu'il y ait des meneurs d'hommes, c'est-à-dire des patrons dont les principaux intérêts ne sont pas 200 m plein les poches comme on pourrait le croire mais de faire fonctionner leur entreprise et d'élargir au maximum leur entreprise faisant donc des créations d'emplois faisant au passage rayonner leur image et de marque et l'image de la France à l'international. Bref, tout ça fonctionne de concert.

Moi, ce qui m'inquiète le plus au-delà encore plus que la situation des entrepreneurs actuels, qui est donc parfaitement lié avec la la santé économique du pays actuel, ce qui m'inquiète encore plus, c'est la situation des futurs entrepreneurs, des entrepreneurs en herbe, ceux qui ont aujourd'hui 15, 18, 20 ans qui voudraient peut-être se lancer dans cette aventure et qui ne comprennent qu'une seule chose dans le message politique aujourd'hui, c'est "Il vaut mieux que je me lance dans cette aventure ailleurs qu'en France". Et vous avez bien raison. C'est vrai que [rires] j'entends beaucoup de jeunes en ce moment.

D'ailleurs, j'irai aux États-Unis monter monter ma mais pas seulement les jeunes. On parle souvent, vous savez des licornes françaises, les grandes entreprises qui sont côté à plus de 1 milliard. Il y en a 23 en France, il y en a 46 qui sont actuellement aux États-Unis, des licornes bien françaises.

Donc on voit très bien que il y a plus aucune a plus aucune attractivité finalement pour la France parce que il y a une fiscalité et surtout une haine des entrepreneurs qui est extrêmement élevé. un des bilans peut-être d'Emmanuel Macron qui pourtant se dit se dit très fier de ce qu'il a fait. On en parle dans dans quelques instants.

"Le public soutient les entrepreneurs et voudrait qu'ils s'expriment plus fort" (Hervé Novelli) — Hervé Novelli · Pourquijevote