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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 9 octobre 2025 9 min

Le président du groupe socialiste au Sénat est l'invité de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation. Bonjour. Le président de la République nommera un premier ministre d'ici demain soir.

Il s'y est engagé. Est-ce que vous avez fait le deuil d'un premier ministre socialiste ? Je vais vous répondre mais permettez-moi de dire à votre antenne expression populaire r le bol.

Ras bol de quoi ? Ras le bol de cette situation. Ça fait exactement un mois aujourd'hui que monsieur le Cornu euh a été nommé premier ministre et la France a perdu un mois. un mois de stabilité politique.

Donc voilà, il faut mettre fin à cette mascara. Donc c'est le premier d'entre nous, le chef de l'État qui qui en décidera. Euh qui pour remplacer Sébastien Lecornu ?

Vous avez réclamé ces derniers jours un premier ministre socialiste et ce matin, je continue à le réclamer au nom de la gauche de responsabilité dans laquelle le Parti socialiste a une place déterminante. Donc nous le réclamons parce que notre programme est clair. Nous nous voulons de la justice sociale, nous voulons de la justice fiscale, nous voulons de la justice écologique.

Euh est-ce que monsieur le cornu a répondu à tout cela ? Il nous a entendu plusieurs fois. euh est-ce qu'il va mettre en œuvre ?

Permettez-moi quand même d'en douter, moi mon sou est-ce qu'il y a des choses qui vous ont rassuré ou encouragé hier en l'écoutant hier sur le plateau de France 2 ? Est-ce qu'il a répondu euh à euh la honte des dizaines de milliers d'étudiants qui vont quasiment tous les jours à la soupe populaire ? Est-ce qu'il a répondu à la détresse de ces smicars ? 5 millions de smicars dans notre pays qui survivent malgré leur travail.

En tout cas, il a pas pu s'engager sur la suspension de la réforme des retraites. Alors, justement, est-ce qu'il a répondu à l'angoisse de ce million de retraités qui vit en dessous du seuil de pauvreté ? Euh, il a laissé filer quelques idées sur les retraites pour répondre directement à votre question.

Il nous a dit que le statut quo n'était pas possible. C'est déjà une petite victoire. petite victoire puisque nous disons que ce n'est pas possible de laisser les choses en l'état mais il n'a pas donné de piste.

En fait, hier soir, nous avons vu non pas un premier ministre démissionnaires, nous avons vu le négociateur désigné par monsieur Macron qui a fait les propositions. Mais dans ce vote ville, ce mauvais vot ville, le dernier acte va être signé par Emmanuel Macron qui peut-être va désigner son 8e, vous entendez bien, 8e premier ministre. Est-ce que vous l'avez senti candidat à sa propre succession ?

Sébasti impossible. Ce n'est pas impossible. Vous entreriez dans un gouvernement le cornu un peu revisité euh avec des engagements clairs sur quelques points seulement.

Vous savez, nous nous réclamons une cohabitation donc le le fait d'être à Matignon, nous ne réclons pas d'être dans un soutien sans participation et encore moins d'être dans une coalition. Et vous pourriez ne pas censurer un gouvernement le corn ? Ah mais on a toujours dit que la censure n'était pas pour nous compulsive. ni encore et encore moins la dissolution et encore moins la destitution du président de la République.

Même si nous prendrons nos responsabilités, si elle devient incontournable, inéluctable, nous serons allés au combat. Simplement ce que nous disons, c'est que la déclaration de politique générale qui peut-être serait annoncée dès lundi prochain au Parlement, à l'Assemblée et au Sénat, l'U au Sénat en l'occurrence et bien nous verrons ce qui sera annoncé. Nous avons vu monsieur le Cornu trois fois officiellement.

Euh entre-temps, il y a eu de multiples contacts téléphoniques, rencontres avec des ministres pour faire passer les messages. Aujourd'hui, la copie n'est que virtuelle. Ce que nous voulons, c'est des actes réels, non pas pour nous, non pas pour le Parti socialiste ou la gauche.

Vous dites toujours, on veut un premier ministre socialiste. Est-ce que vous avez eu des signaux de de l'Élysée depuis hier ? Est-ce que certains d'entre vous ont eu des contacts avec l'exécutif ? pas à mon niveau.

Euh en tout cas, il nous a pas échappé que le silence de monsieur Macron était assourdissant. Peut-être que ce soir, dans un discours qui sera seulement très beau, ça je n'en doute pas un seul instant, à l'occasion de de l'entrée au panthéon de terre, il laissera passer quelques messages subliminaux. Dans toutes les hypothèses, monsieur Macron a échoué en nommant monsieur Barnier, il a échoué en nommant monsieur Baou, il a échoué dans les faits aujourd'hui en nommant monsieur le cornu.

Il est en première ligne. C'est lui qui écrit finalement ces pièces qui tournent mal. Ça devient à chaque fois une tragédie.

Mais c'est pas une tragédie pour les politiques, c'est une tragédie pour le pays. Il y a deux hypothèses que je voudrais balayer avec vous. à la fois l'hypothèse d'un gouvernement technique, est-ce que c'est une solution qui serait adaptée à la France ?

Je ne sais pas ce que c'est qu'un gouvernement technique. Il peut y avoir entre guillemets des experts qui deviendraient ministres mais à un moment donné ils doivent rendre des comptes dans un dans une République parlementarisée et ils doivent rendre compte au Parlement parce qu'il faut faire des choix à un moment plus ou moins d'impôts. Donc c'est toujours le parlement qui aura le dernier mot.

Donc des techniciens qui ne comprendraient rien à la vie politique, c'est un non sens qu'il y ait des mais avec un focus sur par exemple le budget, sur l'idée qu'il faut s'en résumer aux finances, pourquoi pas par exemple là c'est vraiment des hypothèses de directeur général du trésor, le gouvernement de la gouvernement de la Banque de France. Très honnêtement, j'ai jamais considéré que la politique était une profession, mais il y a quand même des codes et il vaut mieux demander à des professionnels de connaître ces codes pour pouvoir durer. Alors, il y en a qui a les codes, c'est Jean-Lou Borlot.

Son nom revient depuis quelques heures sur une hypothèse. Non, pas du tout. Mais j'en revenais à l'affiche de poste que vous veniez de dresser.

Vous l'avez connu beaucoup y compris dans le nord de la France où vous êtes élu à Valencienne. Oui. Qu'est-ce que vous dites de cette hypothèse ?

Est-ce que ce serait un profil qui pourrait vous amadouer ? Déjà, les relations entre monsieur Borlot et monsieur Macron sont pas excellente depuis notamment le fameux rapport Borlot sur le devenir de la politique de la ville rendu en 2017 à la demande de monsieur Macron et qui a été jeté à la poubelle. Il y a pas d'autres mots par le président de la République.

Donc pourrait satisfaire les LR qui demande à un premier ministre qui n'est pas proche de d'Emmanuel Macron. Alors monsieur Borlot connaît parfaitement l'appareil d'État. Je connais parfaitement monsieur Borlot. aussi et il est évident que ce n'est pas un perdre de l'année, permettez-moi l'expression populaire, il connaît la musique et il sera gérer une administration des administrations centrales.

Vous pourriez travailler avec lui ? Jamais dans son gouvernement s'il était nommé. Euh mais je sais que c'est quelqu'un qui lui renverserait la table pour reprendre l'expression de monsieur le cornu.

Est-ce que monsieur Macron est prêt à rentrer dans une forme de cohabitation avec quelqu'un qui lui dirait "Moi, j'ai rien à te j'ai rien à te proposer sauf à changer le pays de fond encomble ?" C'est la volonté de Jean-Louis Borlot. On s'est déjà croisé plusieurs fois dans les semaines précédentes.

Euh ce serait un un sacré paris. Euh mais j'ai envie de dire lui qui est un nordiste au moins au moins de cœur, je j'aurais plutôt envie de dire chiche. Mais ce chiche, quoi qu'il arrive, ne remplace pas notre volonté initiale de gouverner ce pays.

Je crois que c'est aujourd'hui non pas notre tour, mais nous sommes les mieux placés pour mettre en œuvre les politiques que nous pensons être les bonnes pour le pays. L'actualité est internationale. Également avec ce dossier très important.

Donald Trump a affirmé que le Has et Israël avaient accepté la première phase de son plan de paix. Pensez-vous qu'il puisse se traduire réellement dans les faits avec la libération des otages opérationnels ? Je l'espère pour les peuples israéliens, les peuples palestiniens.

Nous avons toujours défendu la solution à deux états. Cette solution à deux état ne pourra s'imaginer, se construire, se mettre en œuvre que si le cesser le feu et une paix juste et durable se place au proche Orient. Le temps est venu, pour reprendre une expression maintenant consacrée, le temps est venu du respect, de la confiance et ça semble se concrétiser et je et je l' et je l'espère aujourd'hui d'un avenir meilleur pour ces deux peuples qui ont trop souffert.

Une dernière question, vous serez tout à l'heure justement à l'entrée au pantthéon de Robert Badinter à suivre sur France 2 des 17h. Vous avez connu l'homme, quel souvenir vous avez de lui et qu'est-ce que ça vous fait à vous qu'il avait connu de voir Robert Badinter entrer au Puron ? Vous savez, j'ai j'ai une anecdote à vous confier.

Dernière fois que j'ai vu Robert Badter, c'était chez lui il y a je crois 2 ans maintenant dans son bureau qui était un musée, un véritable musée passionné de la révolution. française et euh en en finissant l'entretien sur un projet une proposition de loi que je voulais soumettre euh il m'a dit "Mais venez voir monsieur Caner. Il m'a sorti deux documents, un document originaux, un document signé par Denton, un document signé par Robespèpierre." Il m'a dit "Regardez Denton, une grande signature très large, très belle.

Robespierre une petite signature toute petite m'a dit "Voilà le caractère de ces deux hommes et je préfère Denton." et on finira sur ces mots.