CLÉMENTINE AUTAIN CONVOQUÉE AU POSTE
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Qui peut croire qu'Emmanuel Macron, qui n'a rien fait pendant cinq ans sur l'écologie, qui a mené une politique de violence sociale, va demain être fort sympathique avec les gens qui ne sont rien, pour reprendre son expression effrayante, ou qu'il va d'un seul coup sortir du green machine ? Qui peut croire ça ? Austérité budgétaire, concurrence libre et non faussée, et du coup, j'ai envie de dire, contrôle social à tous les étages. L'écrasante majorité est profondément attachée à la laïcité. L'écrasante majorité est pour une république qui est une république sociale. L'écrasante majorité veut qu'on fasse une nouvelle république qui intègre la question écologique.
L'écrasante majorité, en fait, défend un projet républicain.
Oui, oui, oui, oui, oui.
Bonjour, bonjour à tout le monde.
Oh la vache ! Bonjour Clémentine, je dis la vache parce que tout ça est très raccord avec le code graphique d'Oposte, ce rouge orangé sur les murs, sur le haut là. Ah ouais !
J'ai écrit un tout petit livre, « Les faussaires de la République », c'est la nouvelle collection du Seuil.
Libel.
Libel, et j'adore cette collection parce qu'elle n'est pas chère, c'est 4,50 euros, qu'on peut lire vraiment facilement, c'est sur les faussaires de la République et où justement je m'en prends à l'arnaque de la période en démarrant sur Manuel Valls qui a en particulier fracturé à gauche sur cette question-là, mais en marchant dans les pas de l'extrême droite et en vidant de sa substance le mot république qui est devenu synonyme de laïcité, d'une laïcité comprise dans un sens très différent de celui de ses concepteurs de la loi de 1905 et banalisant au final, je résume à la serpe, parce que je n'imaginais pas le sujet de ce matin. Ah si, si, si.
Du moment qu'on est dans le profond… On peut parler de tout. Ah ben bien sûr, bien sûr. C'est comme ça qu'on était joli.
Alors je développe. Oui, oui, développe, développe. D'accord. Donc je développe du coup, mais je démarre en fait sur le moment où j'ai pris conscience d'une forme de hold-up, de hold-up qui a été fait sur la République. Alors c'était, ça remonte un peu puisque c'était en 2016, en décembre 2016, et en fait j'écoutais France Inter à l'époque chez moi, et là j'entends Manuel Valls qui était l'invité, et il dit, il parle de moi d'un seul coup, et il dit Clémentine Autain a noué des accords avec les frères musulmans. Alors là je suis vraiment assommée quoi, en me disant, mais à Breaking News quand même, une femme, une féministe qui a noué des accords avec les frères musulmans, quand même balèze.
Il y a bien un journaliste sur place qui va dire, relever quoi, juste relever et dire, mais qu'est-ce que vous êtes en train de raconter ? Pas du tout, pas du tout. À ce moment-là, il y a Cohen qui est là, et qui au contraire, on l'entend, j'ai réécouté depuis, on l'entend et il lâche un bref oui, enfin oui. Et donc j'ai demandé un droit de réponse que je n'ai pas eu, et en fait c'était que le début, c'était avant qu'on ait cette espèce d'acharnement, avec ce mot complètement vide d'islamo-gauchiste, qui est une étiquette qui évite le débat politique de fond.
Et Manuel Valls, avec le Printemps Républicain, qui a participé à cette opération de grande ampleur, marchant encore une fois idéologiquement dans les bas de l'extrême droite, a voulu faire une opération politique qu'on n'a pas assez vue à mon sens, qui est de disqualifier, de discréditer tous ceux qui, à gauche, ont critiqué le quinquennat Hollande. Parce qu'à partir de là, le débat a été déporté du bilan de cinq années où la gauche a été massacrée par un gouvernement qui se revendiquait de la gauche et qui a fait une politique de droite.
Mais au lieu d'avoir ce débat-là, Manuel Valls a dit, attention, tous ceux-là, ce sont des ennemis de la République, sans argumenter, sans qu'on ait un vrai débat. Or, ce que je dis dans les faussaires de la République, c'est qu'en réalité, c'est nous qui défendons un idéal républicain qui s'inscrit dans une histoire, celle des révolutionnaires de 1789, de 48, de la Commune. Nous, on a ce fil historique qui est très fort et qui rappelle, comme le disait Jaurès, que la République doit être laïque et sociale, mais elle ne restera laïque que si elle est sociale.
Et que ce qu'ils oublient absolument dans les fondements républicains, c'est tout ce qui relève de l'égalité, de la justice sociale et qui est un ferment considérable de cohésion et de lutte aussi contre l'obscurantisme. Et donc voilà, c'est un livre vraiment sur le fait que nous devons être fiers de notre filiation républicaine, ne pas s'excuser, ne pas arrêter un peu d'être « Ah oui, mais non, je n'ai pas dit ça, mais oui, vous avez raison. » Non, non, on n'est pas d'accord.
Est-ce que ces critiques-là de wokisme, alors là tu as parlé de ce qui a pu être dit de manière dégueulasse en 2016 sur l'antenne de France Inter, est-ce que c'est des choses qui t'empêchent, qui vous empêchent vous, les gens du Parlement Populaire, de l'Union Populaire, de la France Insoumise, d'avancer vraiment ou pas ? Est-ce que vous pourriez faire…
Oui, je pense qu'il y a eu un tournant. Il y a eu un moment, oui, parce qu'il y a eu un moment où on s'excusait, où on se divisait entre nous, beaucoup là-dessus. On s'est écharpé sur l'interdiction du voile dans les écoles ou ailleurs, etc. On s'est écharpé. Et moi, ce que je dis dans les faussaires de la République, c'est qu'il faut regarder absolument ce qui nous rassemble comme projet profondément républicain. Je veux dire, à part des toutes petites marges dans notre grande famille politique, d'un côté ou de l'autre d'ailleurs, je veux dire, l'écrasante majorité, mais profondément attachée à la laïcité. L'écrasante majorité est pour une République qui est une République sociale.
L'écrasante majorité veut qu'on fasse une nouvelle République qui intègre la question écologique. L'écrasante majorité, en fait, défend un projet républicain. Or, ils ont réussi à nous diviser en faisant que nous nous polarisions sur les questions qu'ils mettent à l'agenda et qui sont là pour faire qu'on s'écharpe. Donc, j'ai l'impression qu'on est sortis de ça, qu'on est sortis de ça et qu'on a maintenant une posture qui est beaucoup plus offensive par rapport à tous ces faussaires de la République, c'est-à-dire ceux qui ont le mot à la bouche du matin au soir, mais qui, en réalité, ne font que la massacrer.
Parce que la République, elle peut mourir de ses ennemis véritables, par exemple, ceux qui sont des royalistes ou alors les terroristes, notamment les terroristes islamistes qui, évidemment, s'en prennent à la République. Mais elle peut aussi… Enfin, la majorité, l'écrasante majorité des Français ne sont pas là-dedans, ne sont ni royalistes ni des terroristes. Donc, ça, ça rassemble. Mais elle peut aussi se nécroser de l'intérieur, c'est-à-dire qu'elle peut mourir parce que les principes qui sont affichés au fronton des bâtiments publics, liberté, égalité, fraternité, sont en train d'être maltraités par les politiques publiques.
Moi, je dis toujours, la liberté, en fait, elle est morte parce qu'elle est devenue un synonyme de libéralisme économique, que l'égalité, en réalité, elle est en marche arrière, et que la fraternité, elle est morte dans la mer Méditerranée. Et donc, vous avez là un cocktail qui est un cocktail de mise à mal de la République par ceux qui nous font, du matin au soir, des leçons de République. Ce qui, moi, me met extrêmement en colère.
Hier soir, Macron, à un moment donné, a dit à Marine Le Pen qui avait tromperie sur la marchandise. Où est-ce que tu trouves qu'il y a le plus de mensonges, au fond, dans ce qu'on a entendu hier et dans ce qu'on entend depuis des mois et des mois ?
Alors, par Marine Le Pen, le plus gros mensonge, c'est le visage social, de compréhension du peuple, d'empathie qu'elle affiche au regard d'un programme qui est un programme antisocial. Tout ce que nous proposons pour améliorer les conditions de vie du grand nombre, que ce soit la hausse du SMIC, il y a des salaires mécaniquement, la hausse des minima sociaux, la retraite à 60 ans, parce que quoi qu'elle en dise, elle n'est pas pour la retraite à 60 ans, la consolidation des services publics, bon, j'en passe, et même la lutte contre l'austérité budgétaire qui permet justement de redistribuer les richesses, tout cela n'est pas dans son programme.
Donc, elle peut avoir des mots d'empathie, ce qu'elle a fait encore hier, on parlait de souffrance du peuple, mais elle n'a pas un programme qui permet de répondre concrètement à cette souffrance, voire même elle va accroître, enfin, ce n'est pas voir, et par ailleurs, elle va accroître les souffrances, parce que la mesure de préférence nationale, c'est très concrètement des millions de gens qui vont basculer dans l'extrême, extrême pauvreté, qui vont être chassés. Donc, ça ne résout pas les problèmes concrets de la majeure partie de la population qui est en souffrance. Donc, ça, pour moi, c'est le mensonge majeur de Marine Le Pen.
C'est vrai qu'elle a fait une espèce de mue par rapport à Jean-Marie Le Pen, son père. Elle a fait une mue parce qu'elle a réussi à être banalisée sur les plateaux, à ne pas apparaître comme néo-nazie, d'une extrême droite extrêmement violente, etc. Donc, elle s'est banalisée. Elle s'est banalisée aussi à la faveur de discours aux accents sociaux qui masquent la réalité de son programme. Quant à Macron, je ne sais pas si on peut vraiment parler de mensonge. C'est-à-dire qu'il raconte n'importe quoi tout le temps. Enfin, il y a une espèce d'agitation. Non, mais je veux dire, la semaine dernière, il était pour la planification écologique. Enfin, je veux dire, les mots n'ont plus aucun sens.
Mais souvenons-nous qu'il a été élu il y a cinq ans alors qu'il était candidat. il avait écrit un livre qui s'appelait Révolution. Donc, je veux dire, pour au final accélérer les politiques qu'on a depuis 30 ans. C'est-à-dire faire pas exactement la même chose. C'est-à-dire aggraver mais ce qui a été fait. Aller un peu plus loin dans ce qui a toujours été fait. Aucune révolution. Ce n'est pas ça la révolution. Donc, il a une capacité à prendre, voilà, comme on dit maintenant, à trianguler en fait avec les termes. Mais je crois que ça ne... Je ne sais pas qui est dupe de ça. Tout le monde voit bien. Il a dit marcher, marcher, marcher, marcher plein de fois hier soir.
Donc, au moins, on est au clair. C'est un projet libéral qui n'a aucune intention de s'affronter aux normes européennes qui sont édictées et donc qui nous laissent dans le carcan de ce triptyque. Austérité budgétaire, concurrence libre et non faussée et du coup, j'ai envie de dire, contrôle social à tous les étages. Parce que pour faire avaler ces politiques néolibérales, on le sait au moins depuis Thatcher, qui sont très violentes sur le plan social. La contrepartie, c'est qu'il faut mettre tout le monde au pas et donc pénaliser les militants, comme on l'a vu aussi bien dans le mouvement social traditionnel qu'avec les gilets jaunes.
C'est quand même un gouvernement qui n'a pas hésité à éborner, qui n'a pas hésité à être d'une répression très forte et de faire vivre, ça c'est vraiment typiquement Macron, une forme de monarchie présidentielle avec beaucoup d'autoritarisme. Donc je ne sais pas s'il y a tromperie, je dirais que ça fait partie du personnage de Macron qu'on fait maintenant
depuis cinq ans. Je suis obligé de faire la voix qu'il y a du diable, en plus j'aime bien ça. Est-ce qu'on ne peut pas dire d'une certaine manière qu'il est plus transparent qu'en 2017 ou en 2017 il vendait un programme qu'il n'a absolument pas fait par la suite où il donnait un peu des gages de barrage républicain justement pour reprendre ce que tu disais tout à l'heure. Alors que là, aujourd'hui, il n'y a rien.
C'est la promesse de la poursuite de ce qu'il a fait. D'ailleurs, il n'y a pas de mesure saillante. La seule mesure saillante, c'est la retraite à 65 ans et honnêtement, c'est une catastrophe. C'est aussi une catastrophe parce que ça nous met en danger face à Le Pen. Il nous met en danger. avec des mesures pareilles parce qu'on peut avoir des gens de peu, comme on dit, qui disent « Écoutez, il y en a une, c'est la retraite à 62 ans, l'autre, c'est la retraite à 65 ans. » Donc, c'est quand même dangereux d'avoir pris une telle mesure violente socialement.
Alors, on peut dire qu'il s'est cru sans doute si fort et ayant tout pouvoir et donc en capacité de promettre ça pour mieux l'imposer aux parlementaires ensuite. Mais en même temps, c'est un projet qui a vraiment sa cohérence. Le projet de Macron n'est pas dans la forme, pas dans les mots parce qu'il va d'un bout de l'autre, il dit une chose puis il dit l'autre. Il est même fatigant d'agitation en termes de concepts, de façon de s'adresser à nous. Mais je crois qu'il a frappé les gens par son arrogance et encore hier, il avait des postures très arrogantes par son arrogance, par son mépris profond et c'est ce qui a généré une haine.
Moi, je suis impressionnée par la haine qu'il dégage au point que l'idée d'aller remettre pour certains, mettre ou remettre un bulletin Macron dans l'urne contre l'extrême droite est devenu un geste qui nous est insupportable. Voilà, qui nous est insupportable. Alors, chacun le règle d'une façon ou d'une autre en y allant quand même ou en n'y allant pas, mais en tout cas, ce qu'il a généré de façon extrêmement massive, qu'on y aille ou qu'on n'y aille pas, c'est vraiment que c'est insupportable ça. Et ça participe du coup à analyser l'extrême droite.
C'est un duel qui maintenant devient convenu entre le pouvoir en place et l'extrême droite et qu'il y a quelque chose qui tourne plus rond avec ça. Comment les gens peuvent repérer quand les mots sont à ce point utilisés à l'envers de ce que ça veut dire ? C'est incroyable. Interdire le voile au nom des libertés, je veux dire, c'est... C'est un roué lien.
C'est un roué lien. C'est un roué lien.
Exactement, c'est roué lien. Mais nous, on a l'habitude avec Macron du roué lien parce que pendant cinq ans à l'Assemblée nationale, c'était quasiment à chaque débat qu'on se dit mais ce n'est pas possible, c'est Orwell. Orwell. Vraiment, c'est Orwell. Quand ils ont fait la loi asile-immigration, ils nous répétaient sans cesse que c'était au nom de l'humanité. Non mais on se... Voilà, on était en train de débattre de tests osseux, de liberté réprimée avec le droit d'asile cassé, etc. Mais ils nous répétaient que non, non, ce n'était pas ça le sujet puisqu'il y avait de la fermeté mais beaucoup d'humanité dans ce texte.
D'ailleurs, j'avais terminé en disant, Monsieur le ministre, nous avons bien vu la part de fermeté, est-ce que vous pouvez nous dire où est l'humanité ? Jamais eu de réponse. Jamais eu de réponse. Il n'y avait pas d'humanité dans ce texte. Mais ils sont capables par la rhétorique de nous raconter une chose et à des moments, on se disait mais les marcheurs, ils croient. Ils n'ont pas lu les textes, ils n'ont lu que les éléments de langage et ils croient vraiment que dedans, il y a peut-être des choses qui vont dans le sens de l'humanité mais en réalité, non.
Passion Cata te demande vos mots sont justes mais comment se fait-il que les Français n'y adhèrent pas vraiment ?
D'abord, ce n'est pas complètement vrai parce que là, on a vu que le paysage politique, il s'était profondément redessiné. Je pense que ce n'est pas nouveau parce que moi, il y a longtemps, je l'avais écrit dans « Regards », cette histoire de tripartition, c'est-à-dire que maintenant, on a trois gros blocs. On a le bloc central, celui qui gouverne, en gros, qui d'ailleurs fracture la droite classique et la gauche classique en ramenant au centre ceux qui ont gouverné depuis 30 ans à peu près des politiques néolibérales. L'extrême droite ou la droite dure qui elle aussi se reconfigure, s'élargit avec Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan et au fond, une petite partie de la droite classique.
J'attends de voir ce que va faire M. Ciotti. Ça va être intéressant dans les temps qui viennent. Donc, ça fait un deuxième bloc. Et un troisième bloc, nous, l'Union populaire, qui avons fait quand même 22% à cette élection et probablement un peu plus parce qu'avec les communistes, on partage beaucoup parce qu'avec une partie des Verts, on a aussi des points de convergence, etc. et donc ça, ça nous fait trois grands blocs. Et je crois du coup que nous ne sommes pas… C'est pas qu'on… Voilà, on est un peu nouveau dans le paysage politique par rapport aux deux autres blocs. Donc, c'est peut-être ce qui fait qu'on n'a pas réussi à être au second tour.
Mais enfin, je rappelle d'un seul point, ce n'est pas considérable non plus et que nous avons une responsabilité maintenant à faire grandir et à viser absolument la majorité. Parce que cette gauche qui est forte, qui est une gauche radicale au sens de prendre à la racine les problèmes, elle n'a pas vocation à jouer les utilités auprès d'une autre force plus modérée qui, elle, serait dominante. Ça, c'était le schéma classique. Donc là, c'est complètement un paysage nouveau qui apparaît. C'est-à-dire que c'est cette gauche forte, franche, moi, j'aime bien parler de gauche franche. Je pense que c'est ce qu'on est, une gauche franche.
Cette gauche franche est celle qui, à l'avenir, peut porter... Ce n'est pas facile
à dire gauche franche. Qu'est-ce qui fait le plus dur pour toi, à ton cœur ? C'est d'être récupéré par Macron ou par Le Pen ? Quand ils viennent chasser sur vos terres ?
Ce qui est insupportable avec Le Pen quand elle vient chasser sur nos terres, c'est comme si elle voulait faire oublier que leur projet est le nôtre, mais c'est une opposition frontale. Voilà, je veux dire, frontale point par point. Or, elle utilise, en effet, ça, ça fait très très mal au cœur parce qu'on voit bien, on l'a vu depuis le traité constitutionnel européen parce qu'il y a malgré tout en effet des phrases entières qu'on pourrait dire comme un certain nombre de leaders de l'extrême droite.
Pour autant, ça masque ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire à quel point nous n'avons absolument pas la même vision de la société, la même vision du monde et du coup, il y a une espèce d'arnaque profonde qui est insupportable, enfin, moi qui m'ai particulièrement insupportable, ça je dois le dire, je trouve ça insupportable.
Et je l'ai vécu beaucoup au moment du traité constitutionnel européen puisqu'il y avait le oui, le non et que nous, on se retrouvait dans le non pas avec façon de parler mais en tout cas, voilà, et la bonne idée qu'on a eue à ce moment-là, c'est de constituer cette dynamique du non de gauche qui a permis d'ailleurs de polariser le non autour de nos questions à nous et non pas de celles xénophobes, de replis, racistes, rétrogrades de l'extrême droite. Donc ça, ça a été très très fort. Mais aujourd'hui, on voit bien qu'il y a une dispute aussi de cette nature. Donc oui, ça m'est insupportable.
Mais Macron, je dirais que j'ai le sentiment que ceux qui sont avec nous ne vont absolument pas se faire entourlouper par ça. On ne voit que la manip. Qui peut croire qu'Emmanuel Macron qui n'a rien fait pendant 5 ans sur l'écologie qui a mené une politique de violence sociale va demain être fort sympathique avec les gens qui ne sont rien pour reprendre son expression effrayante ou qu'il va d'un seul coup sortir du greenwashing. Qui peut croire ça ? Voilà. Donc c'est... Je ne crois pas que ça fonctionne et je pense que si des gens de notre famille politique vont voter Macron de toute façon c'est malgré Macron parce que c'est... Et quelque part c'est quoi qu'ils disent. Voilà.
C'est quoi qu'ils disent parce que c'est une réflexion... Non mais je veux dire c'est une réflexion qui a à voir avec la menace de l'extrême droite mais à aucun moment à une adhésion à Macron.
Tu disais tout à l'heure, tu rappelais justement en 2002, 21 avril 2002, tu as immédiatement des manifestations sauvages puis après des grandes manifestations contre Jean-Marie Le Pen etc. Aujourd'hui ça c'est fini et même aujourd'hui on a ce slogan ni Le Pen ni Macron c'est-à-dire on met sur le même pied d'égalité les deux. Là, est-ce que c'est pas l'échec de la gauche franche que d'avoir laissé cette chose-là se faire ?
Je pense que la première responsabilité pour moi elle est liée à l'ambiance générale qui a banalisé l'extrême droite. Je veux dire, c'est pas d'abord nous qui avons banalisé l'extrême droite. C'est notamment le pouvoir en place en l'installant une habileté de Marine Le Pen déjà qui a donné un visage plus rond qui a axé sur le social en mettant moins en premier lieu toute sa haine raciste etc.
Donc il y a d'abord il y a aussi je dirais une habileté de l'extrême droite mais le pouvoir en place en reprenant ces thèmes a contribué à la banaliser c'est à dire que quand on voit que le pouvoir en place explique que oui il y a de l'islamo-gauchisme dans les universités que je sais pas on pourrait prendre mille exemples mais qui marche au fond vers l'extrême droite idéologiquement c'est ça qui a sauté c'est les verrous idéologiques et on ne combat l'extrême droite qu'à la condition de la combattre véritablement sur le fond politique et là pour le coup j'ai pas le sentiment qu'on est lâché là-dessus on va continuer on va continuer à s'opposer idéologiquement frontalement à cette extrême droite qui gangrène les têtes et notamment dans le monde populaire parce que c'est cette dispute-là qui est très importante et une dispute profonde c'est que l'extrême droite elle a aussi grandi sur le ressentiment lié aux politiques néolibérales
d'acte 91 qui dit est-ce que Marine Le Pen n'apporte pas d'empathie uniquement pour la souffrance transformant les gens en martyr et en fait le cas échéant en faire valoir c'est-à-dire qu'il y a une instrumentalisation de la souffrance puisque le programme de Marine Le Pen ne modifierait pas du tout cette souffrance au contraire l'aggraverait
exactement exactement mais elle utilise cette empathie qu'elle donne et aussi c'est une autre chose qui me met en colère le fait d'être une femme et d'ailleurs il y a un sondage qui est tombé qui dit que les français pensent que Marine Le Pen aura un programme plus féministe qu'Emmanuel Macron alors là les bras m'en tombent heureusement il y a plusieurs médias qui ont fait des papiers je pense en particulier un papier du Monde qui explique très concrètement les positions et les votes de Marine Le Pen sur les droits des femmes évidemment que l'extrême droite est un ennemi absolu des droits des femmes il n'y a pas de doute et dans son projet dans son programme dans tout avec Le Pen il n'y aura pas d'amélioration des conditions de vie du grand nombre il n'y a rien dans son programme qui va permettre de gagner mieux sa vie d'être davantage protégé en termes de droits ça n'est pas le projet de Marine Le Pen absolument pas le projet de Marine Le Pen il est structuré autour de la préférence nationale de la chasse aux immigrés de la chasse aux musulmans et qu'avec ça on n'améliore pas les conditions de vie du grand nombre ça n'est pas le sujet par ailleurs non seulement on va avoir notre vie quotidienne qui ne va pas bouger par exemple le blocage des prix elle est contre lutter contre la libéralisation des services publics ce n'est pas son sujet ça fait beaucoup j'ai dit tout à l'heure elle n'est pas pour la hausse du SMIC elle n'est pas pour la hausse des minima sociaux bon je ne trouve pas dans son programme de mesure qui soit de mesure de nature à bouleverser la donne et donc à faire qu'on vive mieux avec elle en particulier dans le monde populaire donc ça c'est arnaque numéro un deuxièmement on va avoir en revanche un contrôle social et des surveillances accru très fortement donc si vous n'avez pas aimé chez Macron la pénalisation des mouvements sociaux le fait qu'on est des éborgnés dans les gilets jaunes et qu'on est une monarchie présidentielle avec Marine Le Pen ça sera sans doute bien pire vraiment bien pire parce que l'autoritarisme fait partie intrinsèquement du projet politique de l'extrême droite c'est Marine Le Pen mais c'est aussi tous ceux qui vont venir avec il ne faut pas oublier que si on donne l'appareil d'État à des gens qui viennent du GUD à des gens qui ont l'idéologie de Zemmour etc croyez bien que l'État de droit ils vont en faire des cocottes en papier des cocottes en papier donc on a un sujet liberté république qui est démocratie qui est très important avec l'extrême droite enfin troisième sujet majeur c'est que sur l'écologie alors là c'est le néant mais vraiment le néant c'est-à-dire que ça ne les intéresse pas
la seule chose c'est que c'est quand même le Front National qui depuis 20 ans avec Marine Le Pen ou 15 ans présente une femme à l'élection présidentielle la gauche franche ne fait pas tellement ça
effectivement c'est un sujet on a besoin à gauche alors il y a eu après ça suffit pas d'être une femme mais on a besoin que
ça change beaucoup ça changerait beaucoup non ? tu crois pas ?
à la fonction suprême à la candidature à la présence de la République oui je pense que c'est important que des femmes puissent être candidates et incarner notre famille politique ça c'est clair ça c'est clair c'est important et de manière générale à la fonction suprême mais plus globalement je pense qu'on a besoin de féminiser notre représentation politique ça c'est clair il faut aussi que il y a beaucoup de bois les images qu'on voit c'est beaucoup c'est très blanc aussi donc ça ça me soucie également et voilà il faut diversifier les profils on essaye de le faire c'est pas si facile ça pose plein plein de questions mais il faut en avoir une volonté farouche
tout à l'heure c'était très intéressant ce que tu disais c'est à dire que vous en tant que député vous avez eu une mandature enfin vous avez eu une difficulté finalement à débattre parce qu'en face vous aviez Rouëlle je pense que ça sera pareil lundi enfin pas lundi mais en mois de juin quand vous allez être ceux qui vont être réélus
alors moi je me bats pour qu'on ait une majorité en juin donc je ne renonce pas à me projeter dans une opposition à l'un ou à l'autre ce qui ne serait pas tout à fait la même chose d'abord dans l'ambiance du pays aussi bon mais disons que je sens qu'il y a en germe une colère très grande et donc moi je ne sais pas dans quel état on est en septembre en octobre si on ne gagne pas je ne sais pas je ne sais pas parce que parce que je sens encore une fois que avec la hausse des prix l'inflation c'est un vrai sujet très très gros sujet quotidien la panique devant la hausse des prix fait que les gens vont commencer à stocker voilà vont commencer à stocker donc ça donne une petite ambiance du pays moi à chaque fois que je fais enfin à chaque fois je n'ai pas beaucoup fait mais là depuis que ça a explosé que j'ai rempli que j'ai fait le plein d'essence dans ma voiture j'ai été mais ahurie donc je me dis mais comment peuvent faire les gens et là ils vont être pris à la gorge et quand on est pris à la gorge à ce point et qu'on va avoir des politiques qui ne vont pas répondre à cette urgence sociale je ne sais pas où ça va aller même si c'est Macron qui est élu et qu'il a une majorité en juin ce qui n'est pas sûr ce n'est pas parce qu'il est élu dimanche qu'il a une majorité en juin soyons prudents et visons vraiment la victoire en juin et ça c'est mobilisateur aussi notamment pour le monde populaire qui souvent ne va voter que quand il pense que ça peut concrètement changer sa vie je crois que c'est très très dynamisant la proposition qu'a fait Jean-Luc Mélenchon de viser ce troisième tour et par ailleurs je pense qu'il faut le faire parce que la situation n'est pas stabilisée on n'a pas réglé la question avec cette élection où on voit qu'on a un deuxième tour Macron-Le Pen ce n'est pas vrai il y a quelque chose qui reste de coincé il y a une colère qui reste vivace et si on perd tout je n'ai pas envie de me mettre dans cette hypothèse-là mais après il y a un quatrième tour social probablement
qu'est-ce que la France insoumise répond aux critiques d'hégémonie de volonté hégémonique de votre part de vouloir écraser les autres les cocos les verts
je réponds qu'il faut lire la déclaration que nous avons faite de l'intergroupe parlementaire parce que la proposition qui a été formulée là est une proposition je crois ouverte et qui n'est pas hégémonique après il faut être très attentif à ça à la fois regarder les rapports de force sortis des urnes 22% et des candidats qui n'ont pas franchi la barre des 5 ça plante quand même un décor politique l'attitude hégémonique elle est par nature elle n'est pas une bonne attitude voilà mais il faut malgré tout intégrer les équilibres politiques et essayer de comprendre le sens aussi du vote c'est-à-dire qu'il y a une stratégie qui a été mise en place par Jean-Luc Mélenchon et que cette stratégie a été validée donc il faut quand même l'entendre c'est ça que je veux dire et après il y a de la marge de discussion il y a de la marge de discussion et il faut créer un cadre qui respecte le pluralisme politique et qui sache faire vivre le pluralisme autour d'un projet partagé qui dégage une cohérence d'ensemble je veux vraiment dire qu'aujourd'hui l'attitude n'est pas la même et que la main est réellement tendue aux communistes et j'espère que très vite il y aura un accord aux législatives avec les communistes elle est tendue au NPA et elle est tendue à Europe Écologie Les Verts Génération a répondu déjà favorablement et la discussion est ouverte avec Europe Écologie Les Verts donc moi je reste j'ai toujours été une femme de rassemblement j'espère vraiment qu'on va réussir ce rassemblement et je sais aussi que pour qu'il fonctionne on a besoin que chacun et chacune soit respecté mais je veux ajouter une chose c'est qu'il faut entendre que notre main tendue c'est pas simplement aux organisations politiques parce que ça ne suffira pas ça ne suffira pas de s'entendre entre états-majors d'organisation politique donc on a un besoin d'aller chercher dans la société à mobiliser comme on a su le faire remarquablement notamment dans les territoires d'outre-mer et dans les banlieues populaires comme la Seine-Saint-Denis où on a eu des scores absolument incroyables au-delà de 50% mais on n'a pas fini le travail on n'a pas fini le travail et on a bien analysé les résultats et on sait que alors d'ailleurs on a discuté avec François Ruffin pour savoir exactement comment on nomme cette France périphérique cette France de la diagonale du vide cette France des gilets jaunes voilà il y a un peu débat sur ça mais je crois qu'on voit bien parce que c'est à la fois le monde rural mais il y a beaucoup de villes dans ce monde rural aussi mais qui sont plutôt des sous-préfectures ou des petites villes et qui se sentent délaissées et là dans ces territoires il y a je crois des habitants que nous avons encore à convaincre et ça fait partie de l'extension de notre force que d'être capable aussi de trouver des médiations pour que se lèvent là aussi des masses de personnes qui viennent voter pour exprimer leur adhésion à un projet qui nous fait avancer vers le partage des richesses vers le partage des pouvoirs le partage des savoirs mais qui répondent aussi aux problématiques posées par les Ginés Jaunes notamment une fondamentale qui est l'égalité entre les territoires jusqu'ici la gauche elle a pensé l'égalité sociale l'égalité des droits et pour moi une des thématiques fortes qui doit être plus centralement enfin centralement plus au cœur en tout cas de notre discours c'est la question de l'égalité entre les territoires ça c'est fondamental et je pense que c'est une des clés c'est une des clés pour réussir à être audible dans notre projet auprès de populations qui ne se sentent pas forcément aujourd'hui encore représentées par nous
tu parlais là de territoire malgré tout l'EPS c'est aussi les collectivités locales c'est aussi un tas d'élus un maillage d'élus locaux qui pourraient peut-être répondre à ce dont tu es en train de parler ou pas du tout ?
c'est un sujet moi je dois dire sincèrement qu'on est sorti de cette présidentielle dans un état de colère maximale vis-à-vis d'Anne Hidalgo et de la campagne des socialistes qui s'est quand même bien obsédée contre Jean-Luc Mélenchon seul candidat qui pouvait accéder au second tour et qui a prononcé des injures quand même d'un niveau assez inégalé tu veux dire expliquer qu'on est les amis de Poutine les amis des textos les amis des dictateurs qu'on est des Poutinos insoumis qu'on est ambigus avec la République et du jour au lendemain embrassons-nous Folle Vie comprenez quand même que voilà il faut atterrir c'est pas évident c'est et donc on avait déjà un débat politique de fond depuis le quinquennat Hollande très franc et très frontal au sens où nous nous disons pour que la gauche progresse et d'ailleurs cette élection on a fait la démonstration elle doit être en rupture avec les politiques néolibérales est-ce que vous faites comme nous ce constat clairement et donc vous faites un aggiornamento par rapport à ce qu'a été le quinquennat Hollande je n'ai pas le sentiment qu'au cours des cinq dernières années cet aggiornamento ait été particulièrement bien énoncé voilà c'est à dire qu'il était audible il était argumenté dans des livres ou des interviews qui donnent la mesure de ce pourquoi le quinquennat Hollande a échoué donc ça c'est un problème politique de fond voilà de fond et s'ajoute à ce problème politique de fond structurel un problème qui est un problème de la nature de la campagne qu'a voulu Anne Hidalgo et qu'ont soutenu les socialistes et qui ne nous créent pas tout à fait une ambiance de dialogue une ambiance chaleureuse d'échange donc voilà la situation dans laquelle ne sont trop donc du coup nous dans la déclaration ce qu'on a fait c'est qu'on commence par le fond politique parce que si on veut dénouer cette situation y compris avec des socialistes partons à ce moment là du programme du fond politique dans la lettre et c'est pourquoi je vous invite vraiment à lire cette lettre nous disons qu'il y a un certain nombre de points de programme sur lesquels nous proposons de nous entendre et qui est une forme de préalable c'est pas tout le programme ça ne veut pas dire qu'on demande à tout le monde de se rallier à nos je ne sais plus combien on en a mais centaines de propositions mais il faut quelques marqueurs quelques points clés sur lesquels on s'entend et ces points clés ils sont clairs la retraite à 60 ans nous on ne veut pas canner sur la retraite à 60 ans est-ce que les socialistes sont prêts à défendre c'est pas ce qu'a défendu la candidate Anne Hidalgo c'est pas ce qui a été défendu au moment de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale donc est-ce que c'est ok ça est-ce qu'on est ok pour taxer les profits et faire une réforme de la fiscalité qui soit plus juste est-ce qu'on est capable de mener la planification écologique c'est-à-dire d'avoir un ensemble de transitions en profondeur de notre modèle de production est-ce que ça c'est ok est-ce qu'on est d'accord pour en finir avec la loi El Khomri de l'abroger et d'arrêter avec la casse du code du travail ce que je veux dire et est-ce qu'on est d'accord avec la sixième république ce qui n'est pas pour l'instant la proposition politique du parti socialiste est-ce qu'on est d'accord ou est-ce qu'on n'est pas d'accord avec tout ça donc nous on pose ces grands marqueurs et je dirais que de ce point de vue on a besoin d'entendre aussi les socialistes pas simplement dans un vote qui dit on est ok pour bosser avec vous et on aurait l'impression qu'il s'agit juste de sauver des députés socialistes en perdition mais est-ce qu'on est ok pour avoir un accord politique nous on ne veut pas un accord technique on veut un accord politique pour construire dès juin une majorité capable de gouverner c'est ça notre enjeu donc il ne faut pas faire preuve de sectarisme y compris à l'égard des socialistes je suis d'accord mais reconnaissez que l'ambiance de travail n'a pas été bien posée
il y a des gens qui te trouvent très conciliante alors qu'ils ont été hardcore Asparo
je ne suis pas bon il me trouve conciliante non non je ne suis pas conciliante ce matin non j'essaie d'avoir un esprit d'ouverture alors je veux bien répondre là dessus j'essaie d'avoir un esprit d'ouverture parce que c'est notre responsabilité parce qu'on est en tête mais comme vous l'avez entendu je suis aussi assez ferme sur les prix c'est à dire que je pense qu'il faut cet esprit d'ouverture mais il ne faut pas raconter d'histoire on ne va pas faire un bricolage et ce n'est pas notre état d'esprit de dernière minute avec des socialistes qui ont pour préoccupation de sauver leur siège voilà nous ce qu'on veut c'est construire une majorité politique cohérente donc voilà si ça ça paraît conciliant je suis
à partir de combien de députés ça devient intéressant d'être un groupe
qu'en dessous de 15 il n'y a pas de groupe pour l'instant à l'Assemblée nationale il faut être 15 voilà si vous n'avez pas 15 députés vous ne pouvez pas faire un groupe voilà mais nous notre enjeu c'est pas de nous adresser aux uns et aux autres uniquement pour savoir s'ils vont sauver leur groupe pour pouvoir constituer un groupe comprenez que là on est en train de parler de l'avenir des français on est en train de parler d'un programme politique et c'est vrai que nous on ne lit cet accord des places qu'à la condition qu'il y ait un accord de fond on tiendra on tiendra bon sur le contenu et que celles et ceux qui nous ont fait confiance justement pour incarner cette gauche de rupture à plein d'égards on n'a pas l'intention sur l'autel d'un petit accord au dernier moment pour des postes législatives de mettre tout ça à la poubelle non on veut rester ferme sur ce qui a été ce qui a créé de l'élan ce qui a créé de l'espoir et on ne veut pas le dilapider maintenant la porte est ouverte parce qu'on sait qu'il va falloir agréger plus encore on ne va pas y arriver tout seul il faut qu'il y ait encore plus de monde alors ça passe d'abord par des citoyennes et des citoyens que nous avons à convaincre ça passe aussi avec d'autres sensibilités politiques à qui on doit tendre la main s'ils veulent nous rejoindre encore une fois sur des bases programmatiques claires voilà clairement identifiées
ici je ne sais pas s'il y a beaucoup de socialistes mais il y a beaucoup de gauches franches qui participent au tchat etc et parmi eux il y a ceux qui ne croient plus tellement en la démocratie représentative en tout cas telle qu'elle est elle est aujourd'hui c'est à dire que comme par exemple je ne sais pas si c'est le cas d'Azparock mais Asparock pose souvent la question plusieurs fois est-ce que l'union populaire pourrait passer d'un rôle politique à celui d'une organisation citoyenne est-ce que quand on veut participer à la chose publique mais sans forcément passer par le vote c'est quelque chose qui vous intéresse à la France insoumise ou pas ?
bien sûr alors pour nous c'est pas une enfin c'est que la politique ne s'arrête pas au vote ça mais je le dis mais très clairement pour nous enfin pour moi depuis très longtemps et pour nous je crois à l'union populaire on est tous absolument convaincus que la politique elle se joue dans notre capacité à faire vivre des idées dans notre capacité à se mobiliser à créer des rapports de force avec les différents pouvoirs en place donc évidemment que la politique ne se joue pas qu'au moment du vote en revanche on pense que le moment du vote est un moment décisif et très important parce que sinon on n'arrive pas à créer la majorité qui change structurellement la donne donc il y a une limite aussi à l'action syndicale à l'action de mobile enfin même quand on fait il y a tout un tas de choses hyper utiles qu'on peut faire à l'échelle de son quartier à l'échelle de son village et qui politisent qui participent à la politisation mais il nous semble que en tout cas l'échelon du vote est un échelon qui permet d'avancer plus fortement et plus structurellement voilà Alma Dufour je ne sais pas si certains la connaissent qui est une activiste écologiste que j'ai rencontré moi dans cette campagne et que j'ai trouvé absolument remarquable elle a réussi à formidablement énoncer pourquoi elle a basculé justement de l'activisme à la politique parce qu'elle dit qu'à un moment donné elle avait l'impression de se confronter à un mur et de se dire peut-être d'abord on n'arrivait pas à gagner elle a mené des luttes c'est elle qui a été notamment connue parce qu'elle a mis des chaises dans une banque et condamnée pour ça mais aussi les tableaux de Macron enfin bon voilà de l'activisme vraiment que nous on a soutenu et qui est utile et qui est vraiment utile mais à un moment donné elle a passé le pas parce qu'elle a vu aussi la limite de cet activisme là et elle s'est dit il faut faire quelque chose qui permet justement qu'on ne soit pas simplement en train de nous adresser à mais d'être en responsabilité pour pouvoir transformer plus structurellement et ça ne suffira pas ça ne suffira pas c'est à dire que si on gagne en juin par exemple si on a une majorité il ne faut pas croire que nous tout seuls en nous délégant des postes de ministre et une majorité au parlement la messe est dite et on peut rentrer chez soi et attendre que ça se passe c'est pas du tout comme ça que ça va se passer on aura toujours besoin de cette action au quotidien de cette mobilisation populaire au long cours et moi j'ai en tête 36 par exemple je veux dire en 36 les congés payés ne sont pas dans les programmes politiques et ils le deviennent parce qu'il y a un grand mouvement social qui le réclame et c'est cet aller-retour entre la mobilisation de la société et l'action au sommet de l'État qui est de nature à transformer la société en profondeur donc moi je ne vois pas la politique comme étant juste le moment des élections et on gagne et puis merci à rentrer chez vous mais plutôt comme quelque chose qui irrigue l'ensemble de la société et donc qui peut se faire par différents biais qui se complètent les uns les autres mais moi j'invite quand même à ne pas rater le moment du vote qui est quand même un moment je crois très important pour pouvoir s'exprimer même si quand on n'est pas content on va voter blanc ce qu'il faudrait d'ailleurs comptabiliser ces votes blancs malheureusement ne le sont pas aujourd'hui nous on est favorables à cette comptabilisation et on a le droit aussi à ce moment-là de dire écoutez moi il n'y a rien qui me convainc
la question médiatique par exemple est-ce que tu trouves que les choses ou le regard des journalistes les médias mainstream a changé sur vous ?
moi j'ai trouvé les médias mainstream moins violents qu'en 2017 alors dans mainstream il y a aussi la gauche mainstream c'est-à-dire que la dernière fois on a pris cher de la part de médias qui étaient des médias comme par exemple la une de l'Obs en 2017 ou avec un texte de Honfray qui lui cassait la tête ou des éditos de Libération extrêmement violents contre Jean-Luc Mélenchon j'ai trouvé que là c'était quand même moins rude et tant mieux voilà et tant mieux après
et ça a de l'importance ou pas ? pour vous oui évidemment mais au-delà de vous
on ne cherche pas non plus à être totalement normalisé je veux dire si d'un seul coup on devient les coqueluches des médias mainstream il faudra s'inquiéter quand même il y a un truc qui ne tourne pas rond
on sera là pour le
voilà c'est qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond mais entre ne pas être les coqueluches des médias mainstream et se prendre des tas de boue H24 ce n'est pas tout à fait la même voilà ce n'est pas tout à fait la même donc je ne dis pas qu'on est sorti des caricatures je ne dis pas qu'on ne s'en prend pas plein la tête etc ça continue mais il me semble que le climat cette fois-ci a été moins moins hard
et la presse indépendante alternative
c'est une presse indépendante qui fait son travail voilà donc elle doit impérativement le faire avec ses termes et je crois qu'on ne peut pas demander à cette presse indépendante qui est proche de nous qui est proche de nous de ne faire que des papiers expliquant qu'on est formidable du matin au soir ça je pense que ça n'est pas correct d'un point de vue démocratique ça n'est pas correct si on croit au travail journalistique donc moi en tout cas pour ma part alors évidemment dans une campagne électorale la presse indépendante qui pense que ça serait quand même mieux que ce soit nous qui gouvernions que les fachos ou la maternie bon a aussi une responsabilité à ne pas en rajouter dans ce moment-là voilà mais faisons attention à aussi accepter qu'une presse indépendante est donc indépendante voilà même si elle nous est proche elles ne sont pas nos laquées je ne sais pas si je suis claire mais
ah si si très clair c'est très bien on garde on garde merci infiniment d'avoir pris le temps merci à toi et merci à tout le monde
bonne journée
et puis on se retrouve avant les législatives quand même
on se retrouve avant les législatives
une nouvelle convocation quand même bon merci beaucoup bonne journée à toi merci beaucoup ciao ciao bonne journée merci merci à tout le monde
merci à tout le monde merci à tout le monde
Clémentine Autain