Meeting de Valérie Pécresse, campagne d'Anne Hidalgo, Eric Zemmour "fasciste"... Le 8h30 franceinfo d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure.
Je suis en train de boire, pardon.
Ah bah oui, ça commence, ça commence. Bonjour à tous. Pour son premier gros meeting de campagne hier, Valérie Pécresse a repris une expression qui était utilisée et qui est utilisée par Éric Zemmour. Il n'y a pas dit-elle de fatalité au grand remplacement. Quelle est votre réaction ?
La sidération. La sidération de voir une candidate qui se dit républicaine reprendre les mots de l'extrême droite, ses concepts, et pas seulement celui-là, les Français de papier, avoir remis sur le terrain l'histoire des murs qu'on veut construire aux frontières de l'Europe, bref, avoir repris tout le registre sémantique et idéologique de l'extrême droite, franchement, nous avions déjà deux grandes idées de l'extrême droite, on n'avait pas besoin d'avoir une troisième. Et je ne comprends pas, en fait, quelle est cette dérive permanente de la droite qui, visiblement, a perdu tous ses repères.
Où est passé le discours d'il y a 10 ans, même de plus de 10 ans maintenant, de 15 ans, de Nicolas Sarkozy, « Je suis un Français de 100 mêlés ». On a le sentiment que cette droite est partie totalement à la dérive et qu'elle franchit jour après jour tous les rubicons, comme l'a dit hier Anne Hidalgo. Vous considérez qu'il y a trois candidats d'extrême droite désormais ? Je n'en suis pas là, mais enfin, je m'inquiète pour la droite, je m'inquiète de la voir reprendre un registre qui n'est pas le sien, qui est un registre qui est celui de l'extrême droite et qui vient légitimer des concepts qui sont ceux de l'extrême droite. Et donc, quand même, le grand remplacement, c'est quoi ?
C'est un concept complotiste qui laisse penser qu'il y aurait une forme de complot, justement, qui viserait à ce que les élites en France visent à remplacer le peuple français par un peuple qui serait un peuple étranger. C'est quand même complètement fou de la voir dire qu'il n'y a pas de fatalité à ce grand remplacement. Mais non seulement il n'y a pas de fatalité, mais il n'y a pas de grand remplacement. Et donc, la voir reprendre l'histoire des Français de papier, mais Français de papier qui ? Français de papier, en fait, ma mère, qui est arrivée effectivement du Vietnam, elle avait 20 ans, qui a épousé mon père. Et moi, je suis quoi ? Je suis un Français de demi-papier ? Je suis quoi ?
Non, je suis Français à 100%, comme toutes celles et ceux qui aiment ce pays, qui l'ont construit, qui font sa richesse, et qui, aujourd'hui, sont tout simplement ceux qui portent ce pays à bout de bras. On les a tous fêtés il y a un an, au moment du premier confinement. Ce sont ceux qui sont éboueurs, infirmières, qui sont sages-femmes, qui sont caissières. Bref, tous ces gens qui, aujourd'hui, sont aussi là et qu'on veut stigmatiser, ce que je ne comprends pas.
Olivier Ford, l'importance du choix des mots dans cette campagne présidentielle. À propos d'Éric Zemmour, Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, était l'invité de Radio-J hier. Écoutez ce qu'il a dit. Zemmour, au fond, reprend, essaye de réconcilier une partie de la France avec l'Algérie française, avec Pétain, avec l'antisémitisme. Sauf qu'il a une différence avec Le Pen. Et peut-être que c'est la différence la plus perverse. C'est que Zemmour est juif. C'est-à-dire qu'en fait, il fait le juif de service pour les antisémites. Zemmour, juif de service pour les antisémites, vous diriez la même chose, vous ?
Je comprends ce qu'il a voulu dire. L'expression n'est pas très heureuse. Pas très heureuse ? Je pense qu'on n'est pas obligé de qualifier les gens par leurs origines, par leur religion, etc. C'est un fait qu'Éric Zemmour, aujourd'hui, est celui qui réhabilite la pensée de Vichy. Il est celui qui a osé dire que le maréchal Pétain avait sauvé les juifs français en livrant les juifs étrangers. Déjà, rien que ça, ça devrait nous faire sursauter. C'est celui qui, aujourd'hui, nous explique que peut-être Dreyfus n'était pas innocent. Bref, tout ça n'a aucun... Il est celui qui vient réhabiliter la vieille pensée rance de l'extrême droite.
Et sa religion change quelque chose à ça ou pas ?
Et sa religion n'y change rien. Le fait qu'il soit juif d'origine, qu'il soit même juif tout court, ne change rien au fait qu'il est d'abord un pétainiste, un vichyste, un fasciste, pour dire les choses très simplement.
Et donc Yannick Jadot a dérapé en disant ça ?
Non, il n'y a pas qu'il a dérapé. Je ne cherche pas à qualifier ce que font les uns et les autres. C'est simplement que l'expression n'est pas très heureuse. Je ne crois pas qu'il faille qualifier les gens par ce qu'ils sont. On n'a pas à essentialiser qui que ce soit.
Olivier Faure, on va parler de votre campagne. Vous lisez comme nous tous les jours quasiment des papiers dans la presse disant qu'il y a des relations compliquées entre vous, le patron du parti, et la candidate soutenue par le parti socialiste, Anne Hidalgo. Question toute simple. Est-ce que vous êtes en train d'essayer de la débrancher ? Non, pas du tout. Est-ce que ça vous a effleuré l'esprit à certains moments de la campagne, au vu des sondages ?
Non, je vous le dis très franchement et très sincèrement, non. D'ailleurs, je ne suis pas électricien, donc je ne débranche personne. Elle a été désignée par un vote militant à 73%. Elle est aujourd'hui notre candidate et nous la soutenons parce que nous sommes dans un combat, qui est un combat que je sais difficile, je suis lucide, mais en même temps, je crois que nous avons besoin... Regardez, on vient de parler de ce que fait la droite française aujourd'hui. Est-ce que vous ne pensez pas qu'on a besoin en face d'une gauche républicaine qui soit capable de remettre la mairie au milieu du village ? En fait, de remettre ce qui doit être l'essentiel à nos yeux ?
Vous avez dit dire l'église au milieu du village, vous êtes repris pour dire la mairie, c'est plus républicain.
Je ne me suis pas repris. Ah, j'ai lu dans... Non, non, je ne me suis pas repris. J'ai marqué ce temps pour vous laisser penser que je pouvais dire l'église, mais j'ai bien dit la mairie. Et ce que je dis là, c'est que depuis notre origine, depuis plus d'un siècle, quelle est la mission des socialistes ? Quel est le rôle qu'ils se sont donné dans ce pays ? C'est d'aller mener la République jusqu'au bout. La République, c'est quoi ? C'est un horizon qui, comme tous les horizons, ils reculent toujours parce que c'est toujours difficile de lutter contre les inégalités, les discriminations. Mais en même temps, chaque fois, nous faisons des progrès, nous avançons.
À chaque passage de la gauche au pouvoir, à chaque fois, il y a eu de grandes conquêtes, de belles conquêtes qui ont permis d'avancer.
Bon, là, ils ont l'air d'être très lointains, les progrès, Olivier Faure, parce que dans les sondages aujourd'hui, Anne Hidalgo est placée en queue de peloton autour des 2%. Alors, pour que les gens sachent, c'est dans la même fourchette que Jean Lassalle et Florian Philippot. Et derrière le communiste Fabien Roussel, si ça se confirme le 10 avril, est-ce que ce sera une humiliation pour les socialistes ?
Moi, je ne suis pas en train de dire que les sondages sont l'élection. Il y aura une élection et je viendrai avec vous commenter les résultats le jour où on aura des résultats. Pour l'instant, je me bats. Je me bats pour faire entendre... Enfin, regardez ce qui s'est passé ce matin dans Libération. La une sur un village dans l'Aisne où on a 37% de la population qui est en dessous du seuil de pauvreté. Un enfant sur cinq dans ce pays qui est dans la précarité. Un million cinq d'enfants pauvres. Des étudiants que nous avons vus pendant toute la période de crise sanitaire aller chercher à les mendier leurs repas, etc. Ça, c'est la situation actuelle, Olivier Faure.
On n'a pas l'impression que les Français, justement, misent sur Anne Hidalgo pour répondre à toutes ces questions.
Je suis là pour les en convaincre. Je suis là pour vous dire que sur le logement, sur l'éducation, sur les salaires, sur toutes ces questions qui font le quotidien des Français, nous avons travaillé pendant deux ans avec des propositions qui sont extrêmement concrètes et que celles et ceux qui les connaissent saluent. Il y a 15 jours, Anne Hidalgo était devant la fondation Abbé Pierre et tout le monde a salué le travail de fond qui avait été entrepris parce qu'il y a aujourd'hui besoin de solutions. On n'est pas simplement là pour défendre des slogans ou défendre des boutiques. Bien sûr, vous allez dire, je suis le chef du Parti Socialiste. Donc, évidemment, je défends le Parti Socialiste.
Ça peut paraître naturel. Mais plus encore, ce que je défends, ce n'est pas une boutique. Je défends une idée. Je défends une conception. Je défends aussi des solutions qui sont de nature à faire changer la vie de ceux qui, aujourd'hui, sont malheureusement dans la souffrance.
Le patron des Socialistes, Olivier Faure, est l'invité de France Info, 8h41. Une toute petite pause. Le temps du fil info avec Lisa Guyenne.
L'homme qui s'en est pris à la police en Gare du Nord ce matin est mort. Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebari, l'annonce ce matin. Cet homme armé d'un couteau a été visé par trois tirs de riposte. Il a succombé quelques minutes plus tard. Selon le ministre de l'Intérieur, il menaçait des agents de la Brigade des Transports Ferroviaires. La menace d'une invasion russe en Ukraine continue de préoccuper l'Europe. Le chancelier allemand Olaf Scholz est attendu à Kiev aujourd'hui, puis à Moscou demain. L'Ukraine espère aussi la venue du président américain Joe Biden pour témoigner de son soutien.
L'Ukraine qui annonce aussi avoir reçu un lot de missiles anti-aériens fournis par la Lituanie. Ils sont plus d'un millier à avoir passé la nuit dans leur voiture près de Lille. Les conducteurs du convoi autoproclamé de la liberté doivent rejoindre Bruxelles aujourd'hui. Une partie du cortège envisage de se rerouter vers Strasbourg au siège du Parlement européen. 20 ans que la France attendait son titre en danse sur glace et c'est fait depuis ce matin. Gabriela Papadakis et Guillaume Ciseron médaillés d'or aux Jeux Olympiques de Pékin. Ils dépassent aussi leurs propres records du monde et offrent à la France sa 11e médaille de cette édition 2022.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Vous nous disiez juste avant la pause que vous étiez prêt à gouverner, que vous aviez des idées, que depuis deux ans le travail a été fait au Parti Socialiste. Ce n'est pas tout à fait ce que dit un homme qui est socialiste comme vous, qui a été Premier ministre. C'est Bernard Cazeneuve. Il l'a expliqué le mois dernier sur ce plateau. Les socialistes ne se sont pas préparés comme ils auraient dû le faire à cette échéance, que pendant cinq ans, le travail sur le fonds qui devait être fait de réorganisation, de projection d'un projet, de mise en évidence de talent n'a pas été fait.
Et ensuite, après la phase d'impréparation, nous sommes avec le contexte que nous connaissons dans une phase d'improvisation.
Impréparation, improvisation, vous le prenez pour vous ? Pas du tout. D'ailleurs, je m'en suis expliqué avec lui. Je l'ai appelé. Je lui ai demandé des explications, comprendre quels étaient les sujets sur lesquels il avait des difficultés. Et je lui ai rappelé ce qu'avait été le projet socialiste adopté au mois de septembre dernier, qui a très largement inspiré le projet d'Anne Hidalgo. Et il a été... D'ailleurs, il est revenu sur ses paroles il y a quelques jours en disant qu'il s'incluait dans cette absence de réflexion. Mais voilà, il y avait... Et honnêtement, regardez ce qu'est le projet aujourd'hui qui est défendu par Anne Hidalgo.
Regardez ce que nous avons produit pendant 24 mois en rendant compte chaque mois publiquement de ce que nous faisions.
Oui, mais avouez qu'elle est entrée en campagne en prenant une proposition, c'était le doublement du salaire des profs, qui n'était pas inscrit dans le projet socialiste. Entrée en campagne en disant « je m'assois sur ce qu'ont décidé mes petits camarades pendant deux ans », avouez que c'est difficile de suivre la ligne, non ?
Non. En fait, d'ailleurs, là-dessus, regardez le projet tel qu'il a été présenté par Anne Hidalgo au mois de janvier. Et les choses sont extrêmement claires. Et il n'y a pas de sujet qui puisse vous faire bondir en vous disant « ayez, ils ont décidé de faire n'importe quoi ». Tout est chiffré, tout est en mesure concrète qui permette demain de faire changer la vie des gens.
Olivier Faure, quand on demande à Christiane Taubira ce qu'elle a de différent d'Anne Hidalgo, elle répond, c'était hier dans Le Parisien Aujourd'hui et en France, elle répond « moi je n'ai pas été élue par 75% de 22 000 militants et puis j'ai été garde des Sceaux, j'ai une expérience de gouvernement ». C'est quoi ça ? C'est du mépris ou pas ?
Je ne veux pas commenter les uns les autres. Je suis venu vous parler ce matin de ma candidate, pas de chercher à donner des bons points aux uns et aux autres. Je pense que cette atmosphère où chacun pense que ce qu'il a de mieux à faire c'est de taper sur le voisin, c'est ce qui dégoûte tout le monde. Donc je ne participerai pas à cette compétition que je trouve vraiment délétère et qui n'apporte rien à personne.
C'est pourtant ce qui se passe, même votre candidate Anne Hidalgo a dit des choses sur Christiane Taubira, sur le psychologiste Anne Hidalgo.
Je vous dis les choses telles que je les pense. Je pense que nous n'avons pas à entrer dans une compétition, dans cette division qui désespère les Françaises et les Français qui veulent voter à gauche. Donc je n'y participe pas. Je suis depuis toujours un artisan, un partisan du rassemblement. Malheureusement, je vois que la main tendue par Anne Hidalgo au mois de décembre n'a pas été saisie. Je le regrette. Mais maintenant, j'avance. Elle a tendu la main dans des conditions un peu compliquées à suivre.
Elle a dit « je tends la main » à condition que vous alliez à la primaire populaire. Et finalement, elle a expliqué qu'elle ne participerait plus à la primaire populaire. Ce qui a d'ailleurs donné lieu à un échange entre vous. Elle avait dit « j'étais pour ». Finalement, elle n'y est pas allée.
Non, elle était favorable à une vraie primaire. Une vraie primaire, c'est-à-dire une primaire où tous les candidats s'associent pour un débat, plusieurs débats, et qu'ensuite, à l'issue de ce débat, on puisse trancher et où chacun reconnaît le résultat. Il y a eu ensuite une votation citoyenne qu'il faut respecter, mais qui n'était pas une primaire. Donc c'était autre chose. Et donc, s'il y avait eu une primaire, nous aurions toutes et tous respecté le résultat de cette primaire. Simplement, il n'y a pas eu de primaire.
Mais vous voyez bien que Jean-Luc Mélenchon, par exemple, dans les sondages, c'est le seul à gauche à atteindre les 10%. Finalement, est-ce que vous ne dites pas que c'est lui qui incarne le plus le vote utile à gauche ?
Mais il est certainement aujourd'hui le plus haut. Mais ça ne veut pas dire qu'il incarne le vote utile. Qu'est-ce que c'est que le vote utile ? Le vote utile, c'est celui qui a une chance de gagner. C'est celui qui transforme derrière la vie des gens. Autrement, si c'était simplement le vote utile, vous pourriez dire que Marine Le Pen est un vote utile, ou Éric Zemmour. Vous ne pensez pas que Jean-Luc Mélenchon transformera la vie des gens s'il est élu ? Il est possible qu'il la transforme. Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ma vision à moi de la transformation. Nous avons des désaccords qui sont importants, notamment dans le domaine européen, dans le domaine international.
Je ne me vois pas l'allié de Poutine ou l'allié du régime chinois. Je n'ai pas oublié qu'il a refusé, il y a quelques semaines, quand j'étais à l'Assemblée, à défendre la reconnaissance du génocide des Ouïghours. Je n'ai pas oublié qu'il était de ceux qui avaient refusé de reconnaître ce génocide.
Pour vous, c'est l'international, les points que vous avez rappelés là, qui vous rendent irréconciliables, qui fait que, par exemple, vous ne pourriez pas voter pour lui ?
C'est ça ? C'est Poutine ? C'est les Ouïghours ? C'est Poutine, c'est les Ouïghours. C'est sa position sur l'Union européenne. Moi, je ne crois pas qu'il faille se replier sur nous-mêmes dans un moment où nous faisons face justement à une compétition internationale qui est face à des géants. Et donc, même si l'Europe reste imparfaite, il n'en demeure pas moins que c'est une Europe qui permet d'avancer. Et on le voit, y compris dans la crise sanitaire, ça a été aussi une façon d'avancer et de trouver le rebond, le ressort possible pour l'ensemble des États. Donc, je suis un Européen et je le demeure.
Et je ne crois pas qu'on puisse complètement effacer l'œuvre de ceux qui, depuis Jean Monnet, ont conduit à ce que nous serions en un espace de paix, de prospérité, même si, je le sais, cet espace-là est un espace imparfait.
Emmanuel Macron, en fin de semaine dernière, a annoncé la relance du nucléaire en France avec la construction de nouveaux EPR, mais aussi en demandant à EDF de réfléchir à une prolongation de vie des centrales. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée ?
Moi, je crois qu'il faut être dans ce domaine extrêmement pragmatique. Nous avons aujourd'hui une consommation électrique dont on sait qu'elle devrait augmenter de moitié d'ici 30 ans. que nos usages vont être de plus en plus électriques, parce que nous aurons des voitures électriques, parce que nous avons des tas d'objets connectés, pas connectés, enfin bref, nous sommes dépendants de cette énergie et donc nous avons besoin d'électricité.
Donc, à ce moment-là, évidemment, moi, je ne suis pas un religieux du nucléaire, mais je ne vois pas comment on fait pour que dans les 30 prochaines années, on puisse se passer de cette énergie, qui est une énergie qui nous permet d'avoir, d'être souverain, de ne pas dépendre, par exemple, du gaz russe. Et on voit bien, aujourd'hui, que cette dépendance au gaz russe pourrait être un vrai problème avec la crise en Ukraine. Donc, il faut, effectivement, maintenir une capacité nucléaire, maintenir une filière. En 30 ans, c'est ça. 30 ans, c'est le chiffre que vous avez donné. Non, non, je dis simplement que, dans ces 30 prochaines années, il faut que nous soyons pragmatiques.
À quand la fin du nucléaire en France, si Anne Hidalgo est élue ?
Moi, je ne peux pas vous donner une date sur la fin du nucléaire. Ce que je vous dis, c'est que, bien sûr, qu'il faut faire le grand carénage, que c'est une obligation. On doit maintenir la durée de vie le plus longtemps possible des centrales existantes. Et ensuite, en fonction de ce que nous dira l'autorité de sûreté nucléaire, en fonction de la durée de vie de ces centrales, être en capacité, éventuellement, de continuer à relancer une filière nucléaire.
Ça veut dire que, sur ce sujet, vous êtes sur la même ligne qu'Emmanuel Macron ?
Non, je ne suis pas sur la même ligne qu'Emmanuel Macron. Parce qu'Emmanuel Macron, il a une ligne qui est une ligne en faux-semblant. Il nous dit, je suis pour le nucléaire et pour le renouvelable, en même temps. Mais en même temps, justement, il y a un chiffrage pour le nucléaire, rien sur les énergies renouvelables.
Ah si, il y a eu des annonces sur les énergies renouvelables.
Des annonces, oui, mais enfin, les milliards, ils sont où ? Ils sont sur le nucléaire, ils sont nulle part ailleurs.
Mais Olivier Faure, sur la prolongation des centrales, vous êtes d'accord ? Sur la prolongation des centrales, vous êtes d'accord ? Sur le fait d'en construire de nouvelles, pour cette période de transition, oui ou non ?
Je dis éventuellement, en fonction de ce que nous dira l'autorité de scientifiques nucléaires, sur la durée de vie des centrales, parce que je ne veux pas...
La durée de vie, on a compris, mais sur les nouvelles centrales, EPR ou pas EPR ?
Oui ou non ? On en ouvre des nouvelles ou pas ? Moi, je suis éventuellement favorable à cette ouverture, en fonction de ce que nous dira l'autorité de scientifiques nucléaires. C'est-à-dire que, est-ce qu'on a la capacité, avec le grand carénage, à aller jusqu'au bout ou pas ? Est-ce qu'on en sera arrivé à maturité avec les énergies renouvelables ou pas, au moment où on pourra s'en passer ?
Mais ça veut dire qu'on ne sera pas, en votant pour Anne Hidalgo, si elle, à l'Elysée, Olivier Faure, elle ouvrira de nouvelles centrales. Vous dites que ça dépendra de ce que dira l'autorité de scientifiques nucléaires ?
Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il faut être en la matière extrêmement pragmatique. On voit bien que la crise ukrainienne, qui doit modifier notre regard sur tout ça, on ne peut pas, à chaque fois, passer des durées infinies sur les plateaux de télévision, etc., ou de radio, et expliquer que la crise, c'est grave, etc., que ça menace notre indépendance énergétique, et après, n'en tenir aucune conclusion.
Il n'y a que l'extrême droite qui soutient le nucléaire, dit Yannick Jadot. Vous êtes d'accord avec lui ?
Je ne crois pas qu'on puisse encore situer Emmanuel Macron à l'extrême droite. Et Fabien Roussel.
Et vous aussi.
Et Fabien Roussel, et moi non plus. Mais ce que je dis, c'est... Moi, je ne suis pas... Encore une fois, je n'ai pas une approche religieuse. Vous n'avez pas de religion, mais vous dites qu'on en aura besoin dans la période de religion. Mais je dis qu'il faut être pragmatique, et qu'on ne peut pas, dans la période où nous sommes, faire comme s'il y avait une espèce d'idéologie qui devait s'imposer à nous, et nous dire que ce sera forcément zéro. Non, ce n'est pas forcément zéro. Il y a maintenant une réalité à laquelle nous devons nous contraindre. Et cette réalité, c'est que nous ne pouvons pas dépendre sur le plan énergétique de qui que ce soit.
Ni rouvrir la centrale à charbon, ni dépendre demain du gaz russe.
Je n'ai pas de religieux sur l'horloge, mais je tente quand même de lancer les titres à l'heure. C'est raté pour cette fois-ci. 8h52, le fil info, Lisa Guyenne.
L'homme, visé par des tirs de policiers en gare du Nord, a succombé à ses blessures, atteint par trois coups de feu vers 7h ce matin. Ce sont des agents de la brigade des transports ferroviaires qui ont répliqué alors qu'il les menaçait avec un couteau, d'après le ministre de l'Intérieur. Il doit durer quatre semaines. Le procès de l'assassinat du père Jacques Hamel s'ouvre aujourd'hui à Paris, cinq ans et demi après l'attentat de Saint-Etienne du Rouvray. Les deux djihadistes sont morts, abattus par la police à l'époque. La cour va juger quatre de leurs proches, dont un homme considéré comme l'instigateur de l'attentat, mais présumé mort en Irak.
A son tour, l'Ukraine hausse le ton face à la menace d'une invasion russe. Kiev exige une réunion urgente avec la Russie et les pays occidentaux. Le gouvernement ukrainien accuse Moscou de ne pas partager d'informations sur ses déplacements massifs de troupes militaires à la frontière ukrainienne. Une onzième médaille pour les Bleus aux Jeux Olympiques de Pékin. Gabriela Papadakis et Guillaume Ciseron médaillé d'or en danse sur glace au petit matin. Un titre qui échappait à la France depuis 2002. Et puis en ski achromatique, la française Tess Le Deux est qualifiée pour la finale. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel. Je joue avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Un collectif de footballeuses milite en ce moment pour le droit de porter le voile lors des compétitions sportives. Est-ce qu'il faut les laisser jouer avec leur voile ces femmes ?
Il me semble qu'il y a un règlement de la Fédération française de football qui interdit tout signe à la fois religieux, politique, syndical. Et donc il y a un règlement, il s'applique à tout le monde. Voilà, point.
Alors c'est interdit au niveau de la FFF, c'est autorisé au niveau de la FIFA. Est-ce que vous considérez que c'est du prosélytisme comme le dit Marlène Schiappa ?
Mais je ne veux pas rentrer dans toutes les polémiques qui sont habituelles à cette période de l'année où on va faire maintenant du voile le sujet exclusif de la campagne présidentielle. Donc je vous dis, il y a un règlement, il s'applique à tout le monde, qu'on soit garçon ou fille. Et il y a un règlement de la Fédération française de football qui a toujours été respecté par tout le monde. Et c'est bien de le respecter.
Parce que c'est le cas pour la FFF, c'est le cas pour le football, mais ce n'est pas le cas dans d'autres disciplines. Donc la question peut être soulevée.
On peut soulever tout ce qu'on veut. Moi ce que je vous dis, c'est qu'on va faire de quelques footballeuses un phénomène mondial. Pendant 15 jours, on va ne parler que de ça. Moi ce que je vous dis, c'est que ce matin, ce que je vois, c'est qu'il y a des gens qui vivent dans l'extrême pauvreté pendant qu'il y a des bénéfices considérables qui sont faits par le CAC 40. C'est 137 milliards je crois. On allait vous intéresser là-dessus. Allons-y.
Anne Hidalgo, présidente, vous voulez taxer les 137 milliards de bénéfices, vous prenez combien ?
Mais d'abord, la première chose, c'est qu'il faut revenir sur ce qu'on appelle la flat tax. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, vous êtes un peu plus... Enfin, vous rentrez en impôts sur le revenu, vous payez proportionnellement plus d'impôts que quelqu'un qui évite ses dividendes. Est-ce que vous trouvez ça normal ? La flat tax, c'est un taux uniforme d'imposition qui a été mis en place au début du quinquennat. Et qui rend aujourd'hui les revenus du travail plus imposables que les revenus de la rente. Eh bien, cette situation-là, elle est insupportable.
Comment pouvez-vous expliquer que demain, la dette Covid, elle va être payée par toutes celles et ceux qui, classe moyenne, classe populaire, etc. continuent à payer leurs impôts. Et pendant ce temps-là, les autres se gaubergent. Ça n'est pas possible. Je ne peux pas comprendre que Total soit aujourd'hui une entreprise dont on sait qu'elle continue à être une entreprise polluante, qui fait des bénéfices records, qui fait l'aumône de quelques millions sur les milliards qu'elle vient de gagner. Et on devrait s'en contenter et dire bravo. Mais non, on ne dit pas bravo.
Donc vous dites à Patrick Pouyanné, le patron de Total, attention, si la gauche revient, ça va changer.
Oui, je dis si la gauche revient, effectivement, ça va changer. Il se passera quoi ? Ça doit changer. Ça doit tout simplement. On doit pouvoir imposer les super bénéfices. On doit pouvoir imposer les GAFAM à l'endroit où ils font leurs bénéfices. Il faut pouvoir être en mesure de revenir sur la question de la flat tax. Il faut rétablir un impôt sur la fortune parce qu'il n'est pas normal, là aussi, que les grandes fortunes s'épargnent quand tous les autres payent. Mais vous vous rendez compte qu'on est en train... Le gouvernement a décidé de maintenir ce qu'on appelle la CRDS, la contribution... De remboursement de la dette sociale. ...de la dette sociale qui devait être éteinte en 2023.
On va maintenir cet impôt qui est proportionnel sur tous les revenus, donc sur les retraités, sur les plus petits revenus. Et pendant ce temps-là, on dit qu'on ne touche pas à l'impôt des riches. Mais non, il y a un moment où il faut, dans la vie, faire des choix. Et la politique, c'est faire des choix. Et moi, je préfère qu'on choisisse de faire payer ceux qui peuvent plutôt que de faire payer ceux qui n'en peuvent plus.
Justement, Anne Hidalgo a fait un choix. Aujourd'hui, il y a 85% des héritiers qui ne paient pas d'impôt au moment de la succession. Et pourtant, Anne Hidalgo va encore réduire ce nom. Est-ce que ça, c'est fidèle à ce que vous venez de dire, là, à l'instant ?
Non, ce n'est pas ce qu'elle dit. Elle dit, pour les successions, au-delà de 2 millions d'euros. Mais enfin, je ne sais pas combien vous transmettrez à vos enfants. Moi, j'ai 4 enfants. Je peux vous dire que je leur transmettrai autour de...
Non, je reprends les chiffres que donnait Salia.
C'est très, très loin même des 500 millions d'euros.
La réalité, aujourd'hui, Olivier Faure, 85% des héritiers ne payent pas 1 euro au moment d'une succession. Anne Hidalgo dit, je vais faire passer ce chiffre à 95%. C'est-à-dire, je vais exclure des impôts encore 10% supplémentaires. Oui. Il y a des gens qui...
C'est-à-dire que ceux qui sont en dessous de 2 millions d'euros de transmission n'auront pas, effectivement, à se voir surimposés. En revanche, ceux qui ont des successions qui sont supérieures à 2 millions d'euros, donc les très grosses successions, là, effectivement, il faut faire quelque chose. Est-ce que vous trouvez logique ? Enfin, on nous parle toujours du mérite. Mais quel est le mérite de quelqu'un qui est né avec une cuillère d'or ou d'argent dans la bouche et qui a simplement à attendre que tout lui revienne ? Et 1,5 million, on n'est pas né avec une cuillère en or ? En dessous de 2 millions ? Il faut faire un choix à un moment. Oui.
Il faut faire un choix parce que 2 millions, ça correspond parfois à un patrimoine immobilier qui peut avoir... Enfin, vous savez, vous connaissez cette histoire des gens qui ont acheté l'or et l'or et l'or. Voilà, donc, il y a un moment où vous êtes héritier de 15, 20, 30, 40 millions d'euros. Est-ce que vous trouvez logique qu'au début de votre vie, vous puissiez simplement avoir à regarder les étoiles parce que plus rien n'a... Enfin, voilà, vous n'avez plus besoin de faire d'effort. Ben non, et je crois qu'il y a effectivement besoin de remettre un peu les compteurs à zéro.
Merci à vous, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste. Merci à vous. Invité ce matin de France Info. Merci à vous.
Olivier Faure