Affaire Pueyo : "À l'heure où je vous parle Frédéric Pommier n'a officiellement pas encore été convoqué" dit son avocate
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:43OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous aviez connaissance de ces deux témoignages ?
- 1:05OuverteRéponse partielle
C'est quoi ? C'est classique dans ce genre d'affaires ?
- 1:38OuverteRéponse partielle
Mais on peut aussi parler du témoignage de Flavie Flamand...
- 2:05OuverteRéponse partielle
Dans le livre de Frédéric Pommier, il parle de son avocate, c'est vous...
- 2:27OuverteÉludée
Ces nouveaux témoignages... ça va dans le sens de votre client ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Où en est ce dossier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:32InvitéFait
« concernant les faits sont prescrits, l'enquête s'est terminée par un classement sans suite »
- 3:53InvitéFait
« Elle a été déposée au tribunal judiciaire de Paris, qui s'est estimé incompétent, et qui a renvoyé cette plainte vers le tribunal judiciaire de Caen »
- 4:01InvitéFait
« Frédéric Pommier n'a officiellement pas encore été convoqué par un service de police »
Temps de parole
- Invité57 %
- Présentateur33 %
- Présentateur 28 %
≈ 8,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Réveil 100% local, ici matin.
Il
est 7h46. La cellule investigation de Radio France a révélé ce week-end deux nouveaux témoignages qui y accusent Joachim Pueyo, l'ancien député maire d'Alençon, aurait agressé sexuellement deux hommes quand ils avaient 14 et 15 ans. Des faits que conteste Joachim Pueyo, ces nouveaux récits font suite à la publication en avril dernier du livre de Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, derrière les arbres où il révèle son viol présumé à l'âge de 7 ans. Son avocate est votre invitée, Jean-Baptiste Marie. Bonjour, maître Raphaël Guy.
Bonjour.
On a entendu ces deux nouveaux témoignages qui accusent aujourd'hui l'ex-maire d'Alençon, comme Frédéric Pommier dans son livre. Est-ce que vous aviez connaissance de ces deux témoignages
?
On avait eu vent du fait qu'il existait potentiellement d'autres gens qui avaient des choses à dire et à témoigner, s'agissant de Joachim Pueyo.
L
'un d'eux, Tony a expliqué, il y
a
20 minutes sur l'Issi Normandie, que c'est après justement avoir entendu Frédéric Pommier raconter ce qu'il a vécu, qu'il a décidé de parler à son tour. C'est quoi ? C'est classique dans ce genre d'affaires ?
Classique, je ne sais pas. Il n
'y a
pas grand-chose de classique dans l'affaire de Frédéric Pommier, dans la vie de Frédéric Pommier. Ce qui est sûr, c'est que la libération de la parole appelle la libération de la parole et que Frédéric Pommier a pu parler. Ça,
c
'est la première chose. et que manifestement,
ça
a permis à d'autres, à sa suite, de venir témoigner.
D'autant plus que Frédéric Pommier est un journaliste connu et reconnu. Ça a offert une caisse de résolence, entre guillemets, à son histoire, sans faire d'analogie entre d'autres affaires. Mais on peut aussi parler du témoignage, par exemple, de Flavie Flamand, qui accuse Patrick Brurel aussi d'avoir subi des violences sexuelles. Quand c'est une personnalité, forcément, on en parle, ça fait écho
? Oui,
probablement. Encore que là, dans le cas qui nous occupe, je ne sais pas si ces deux personnes-là, et je me garderais bien de parler à leur place, savaient exactement qui était Frédéric Pommier. Ce qui est sûr, c'est que son témoignage leur était parvenu.
Alors, dans le livre de Frédéric Pommier, il parle de son avocate, c'est vous, notamment lorsqu'il essaie de comprendre ce qui lui est arrivé en enfant. On lui parle de rumeurs où certains peut-être lui disent « Oui, j'ai déjà entendu des faits qui concerneraient Frédéric Pommier. » Ces nouveaux témoignages que révèle la cellule d'investigation de Radio France, ça va dans le sens de votre client ?
Je ne
sais
pas quelle est le sens pour Frédéric Pommier, parce que concernant les faits sont prescrits, l'enquête s'est terminée par un classement sans suite qui a été rendu d'ailleurs pour un motif assez intéressant. La dépêche de février 2021 de Dupont-Moretti, qui invite les procureurs de la République et les procureurs généraux à enquêter, y compris sur des faits prescrits, elle a également une deuxième vertu, c'est qu'elle leur demande de bien choisir le motif de leur classement sans suite. Si c'est prescrit, mais que l'infraction n'est pas constituée, il faut classer sans suite au motif que l'infraction n
'est
pas constituée. En revanche, si les faits sont prescrits, mais que l'infraction apparaît, en tout cas à ce stade des investigations, pouvoir éventuellement être envisagée, dans ce cas-là, il faut classer sans suite pour cause de prescription, et pourquoi pas rendre un classement sans suite motivé, ce qui est le cas dans l'affaire de Frédéric Pommier, le procureur de la République de Caen, il a tout à fait motivé la décision de classer sans suite pour cause de prescription, et il indique pourquoi, en gros, n'eût été la prescription, probablement qu'il aurait envisagé de poursuivre un contenu de l'enquête, M. Pueillot.
Maître Raphaël Guy, avocate du journaliste normand Frédéric Pommier, l'invité d'ICI Normandie ce matin. Justement, vous parliez de l'affaire de votre client, il nous avait aussi expliqué, sur l'antenne d'ICI Normandie, il y a quelques semaines, que du coup, une plainte pour dénonciation calomnieuse avait été déposée à son encontre cette fois. Où en est ce dossier
?
Alors, manifestement, cette plainte a bien été déposée. Elle a été déposée au tribunal judiciaire de Paris, qui s'est estimé incompétent, et qui a renvoyé cette plainte vers le tribunal judiciaire de Caen, qu'il n'a pas encore formellement enregistré. De sorte qu'à l'heure où je vous parle, Frédéric Pommier n'a officiellement pas encore été convoqué par un service de police. Le sera-t-il ou cette plainte sera-t-elle classée sans suite immédiatement ? On verra. La dénonciation calomnieuse, elle n'est évidemment pas du tout constituée s'agissant de Frédéric Pommier.
D
'abord, au vu de la motivation du classement sans suite, qui dit tout l'inverse. Et ensuite, parce qu'il faudrait, de la part de Frédéric Pommier, une espèce d'intention de nuire à l'égard de l'homme contre lequel il a déposé plainte, qui, l'un et l'autre, font parfaitement défaut là. Donc, on est assez serein, côté Frédéric Pommier.
Au
contraire, si jamais il venait à y avoir une audience, ça nous permettrait de dire un certain nombre de choses que l'acquisition de la prescription n'ont pas permis de dire jusqu'à présent.
Maître, dans ce genre d'affaires, de libération de la parole, c'est une société qui change, la société française change, et beaucoup ont du mal à comprendre pourquoi ces témoignages arrivent très tardivement. Ça a été le cas pour Frédéric Pommier.
Il
l'a expliqué. Il y a eu des éléments déclencheurs.
Il
y
a
eu ce livre qui a pu révéler ce qu'il avait vécu lorsqu'il était enfant. Là, avec ces deux nouvelles révélations qui accusent l'ancien député maire d'un lancement d'agression sexuelle, ça arrive aussi après ce qu'a pu dire Frédéric Pommier.
Qu
'est-ce que vous pouvez répondre à ces Français, c'est normal qu'ils nous écoutent, et qu
'ils
se disent c'est toujours étrange de parler aussi tard
?
Plein de choses. La première, c'est
que
c'est drôle quand quelqu'un est victime, on a toujours envie de se mettre à sa place, de dire moi je ferais comme ça, j'aurais été parlé plus tôt, plus fort, machin. La vérité, c'est que je vais commencer par ne
pas
me mettre à la place de ces gens et je ne
vais
pas vous faire une réponse. Chacun individuellement a des raisons pour mettre du temps à dénoncer des faits. Ce qui est certain, c'est que n'ayez aucun doute sur le fait que c'est jamais de gaieté de cœur qu'on décide d'aller déposer plainte, de passer la porte d'un commissariat. Il en va des victimes comme des suspects. Personne n'est ravi d'aller dans un commissariat et quand on est victime, souvent, aller déposer plainte, ça requiert d'abord d'accepter l'idée qu'on a été victime. Et ça, je pense que c'est souvent le plus difficile. D'abord parce que c'est jamais une chose qu'on accepte de gaieté de cœur.
Ensuite,
parce que souvent, il faut quand même être soutenu sur le plan familial, social, thérapeutique parfois pour arriver à accomplir cette démarche. Et puis, il y a des gens qui vont aller déposer plainte tout de suite et il y en a pour qui c'est plus compliqué. Là, j'attire votre attention dans le cas de Frédéric Pommier, ce n
'est
pas n'importe qui l'homme qu'il désigne comme l'auteur des faits. Par ailleurs, ça a été un proche de sa famille, etc. Donc, il y avait plein de raisons pour lesquelles ça a été aussi long. Voilà, c'était son cheminement individuel. C'est probablement aussi celui de Tony et Patrick qui ont déposé ce week-end. Moi, je ne suis pas là pour parler à leur place.
Ils ont
des raisons, je n'en doute absolument pas. Et ça n'enlève rien à la réalité de
ce
qu
'ils
dénoncent. Au contraire, d'ailleurs. Parce que précisément, puisque les faits sont a priori prescrits, il n'y a plus d'enjeux sur le plan judiciaire. On est vraiment sur de la libération de la parole pure et dure. Parler pour parler.
Merci beaucoup, Maître Raphaël Guy, avocate de Frédéric Pommier, journaliste normand, d'avoir répondu à nos questions au regard de ces deux nouvelles, de ces deux nouveaux témoignages révélés ce week-end par la cellule d'investigation de Radio France. Bonne journée.
Je vous remercie. Au revoir.