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interviewLe Média· 18 septembre 2025 17 min

GRÈVE DU 18 SEPTEMBRE : UNE DÉMONSTRATION DE FORCE RÉUSSIE !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Méia TV et le Média 247 et d'activer la cloche. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans le récap, un récap spécial puisque nous sommes le jeudi 18 septembre.

Une journée placée sous le signe de la grève et de la mobilisation sociale partout en France. Tout a basculé le 15 juillet dernier quand François Bairou, alors premier ministre a dévoilé un budget 2026 brutal et austéritaire. Au menu des coupes, suppression de jours férier, attaque contre les services publics et les droits sociaux, nouvelle réforme de l'assurance chômage, gel des salaires des fonctionnaires, doublement des franchises médicales et même une remise en cause de la 5e semaine de congé payé.

Résultat, la colère couve depuis l'été en France, notamment chez les plus précaires particulièrement ciblés par ces mesures du gouvernement. Face à cette attaque de l'exécutif, l'intersyndical a appelé ce jeudi à descendre massivement dans la rue tout juste 8 jours après la mobilisation citoyenne du 10 septembre. La chute du Premier ministre la semaine dernière n'a pas calmé la colère sociale ni même la nomination de Sébastien Lecnu dans la foulée.

Un sondage élabe commandé par BFM TV révèle qu'une majorité de Français soutiennent ce mouvement social. Ils estiment également à 66 % que la ligne politique du nouveau Premier ministre s'inscrira dans la continuité de celle des précédents gouvernements d'Emmanuel Macron. À 17h, la CGT a annoncé plus d'un million de participants dans toute la France.

Pour cette édition spéciale du recap, je vous propose de revenir en détail et en image sur cette grande journée de mobilisation grâce au travail de nos reporters à Paris et en région. C'est parti. Cette grande journée de mobilisation a commencé très tôt, ce jeudi matin, avec les premiers blocages et piquets de grève un peu partout en France.

De nombreux secteurs d'activités ont répondu à l'appel des syndicats comme les personnels de l'éducation, de la santé, les pharmaciens ou même les pompiers. La RATP avec entre 80 et 90 % de grévistes pour cette journée du 18 et la SNCF se sont mobilisés très tôt comme à leur habitude. À Paris, dès 6h, la police avait déjà recensé 6 points de blocage.

Parmi eux, le dépôt de bus de l'Annie dans le 20e arrondissement. Très rapidement, les forces de l'ordre sont intervenues pour évacuer le dépôt à coup de matraque et de gaz lacrymogène. Nos journalistes Lisa Lape et Lydia Ménz étaient sur place.

C'est la continuité de la journée du 10. Déjà le 10, on était là, on a suivi le mouvement de Blocou que c'est un mouvement, c'était fallait faire cette journée et aujourd'hui c'est la continuité et bah c'est on essaie d'envoyer un message fort au gouvernement pour qu'il comprennent la détresse et de des travailleurs des plus précaires, des étudiants. En fait, on peut plus on peut plus le mépris c'est à un moment donné le mépris, on peut pas mépriser on peut pas mépriser le service public comme ça.

On peut pas mépriser les agents hospitaliers, les profs, les étudiants, les agents RATP, agents CCF, l'ensemble de des travailleurs. On peut plus, on est méprisé avec des plans de financement dégueulasses. Là, on est là pour manifester pour les tout ce qui est conditions de travail, salaire et et que le gouvernement veut qu'il change.

Au lieu qu'on travaille 6h40 de conduite maintenant on est passé à 7h22 plus précisément avec avec la suppression de 6 jours de repos sur l'année. Ça veut dire on travaille plus pour gagner la même chose. [Musique] La jeunesse était également mobilisée de bonheur.

Des lycées et autres établissements scolaires ont été bloqués. Après l'évacuation du dépôt de bus RATP de Lannie dont on vient de parler à Paris, les grévistes ont rejoint les lycéens de Maurice Ravel, mobilisés juste à côté pour les aider à tenir le blocus. Nos reporters nous rapportent de nombreux tirs de lacrimau et plusieurs charges policières violentes.

Environ une douzaine de camions de force de l'ordre et un canon à eau était mobilisé face à près de 500 personnes en lutte. Des élus sont venus en soutien sur place. La députée de l'après, Danielle Simonet, a confié aux médias avoir vu plusieurs blessés dont un crâne en sang et dénonce des violences policières sans sommation.

Je la cite. Il y avait beaucoup de monde aussi en soutien. Et euh et là, sans aucune sommation, la police est venue nous dégager mais avec vraiment des des tirs de gaz lacrima et de de gel grenade direct sur la sur la foule.

Mais vraiment, c'était extrêmement extrêmement violent. Et tout de suite des coups de matraque. On a plusieurs blessés, je sais pas combien il y en a au total mais moi j'ai vu donc quelqu'un attaquer coup de matraque à la tête qui saigne énormément de la tête, un autre qui a le nez cassé.

Donc des violences qui ont été vraiment immédiates et et je vous dis on a on a eu aucune sommation. Voilà. Donc je pense qu'ils sont en sous nombre et qui savent que ce mouvement est extrêmement suivi et soutenu.

Voilà parce que la semaine dernière c'est avec leur bouclier, ils ont dit "Bon ben, reculez reculer" et ils nous ont fait reculer. Ils ont dégagé l'entrée. Il y a pas eu de lacrimeau.

Il y a pas eu à ma connaissance ni lacryme niû ni coup de matraque. Là il y a eu direct usage de la lacrime des grenades hein. C'était des grenades qui euh qui qui éclataient au sol au milieu de nous euh qui s'envoyait vraiment en cloche et euh non, c'était des coups de matraque direct quoi.

Voilà, donc on est vraiment sur un intensification, une autre démarche quoi, pas de sommation et on tape quoi. D'abord, je leur ai demandé puis qu'il y avait une femme qui était allongée si elle avait besoin de de soins, de secours, en était et je leur ai dit que la façon de de leur façon de procéder était selon moi totalement illégale parce qu'onintervient pas sans sommation. Voilà.

Autre événement notable à Paris, l'occupation du ministère de l'économie à Berineaux ce jeudi matin. Le média était également présent à Saint-Denis où plusieurs actions où marquait la matinée. Un piquet de grève a bloqué les bus avec succès tout proche de l'université Paris 8.

Malgré une NAS policière et une dispersion imposée par groupe de qu sans heures majeur néanmoins, un blocage de l'un a été également envisagé au départ de la bourse du travail. Mais faute de force suffisante, nous rapporte-on. L'action a été réorientée vers les lycées.

À suggère, le blocage a tenu malgré une intervention policière musclée qui s'est soldé par quatre interpellations violentes de lycéen racisé. Nous rapportent également nos reporters à Paul Louard et Rosa Parx. Les blocages ont été maintenus jusqu'en début de matinée.

Autre action à Saint-Denis, une centaine de personnes ont bloqué le magasin Carrefour Basilic tenu par le collectif BDS jusqu'à 10h20 levé faute de renfort. La journée s'est ensuite poursuivie par des assemblées générales à la bourse du travail et à la gare du Nord tandis que d'autres groupes ont déambulé dans Saint-Denis avant de rejoindre pour certains le cortège intersyndical parisien à Bastille où rendez-vous était donné à 14h aux Parisiens par les syndicats. La lutte contre l'austérité budgétaire et la défense des services publics ont été évidemment les maîtres mots du rassemblement.

Nos équipes se sont rendues sur place. On regarde leur reportage. Qu'est-ce que vous craignez avec ce nouveau budget ?

On craint que le modèle social ne se relève pas. C'est non seulement l'année 2026 et tous les usagers, les usagères des services publics, de l'éducation, de l'hôpital, mais aussi ceux qui ont besoin de l'assurance chômage et cetera qui soit impacté. Mais au-delà, euh une telle violence déterminerait aussi la possibilité même de continuer à avoir des services publics debout et un modèle social debout pour les années qui viennent.

La crise d'attractivité qui frappe les métiers des services publics aujourd'hui est tellement forte que un signal de cette violence là empêcherait même que l'on puisse espérer avoir des services publics en capacité de rendre le service aux usagers dans les années qui viennent. Aujourd'hui, on a une précarité étudiante qui a jamais été aussi forte. On a une augmentation de 4,12 % de la précarité étudiant cette année et derrière on a rien qui a réellement été mis en place pour pouvoir palier à cette précarité et mettre de l'argent structurellement sur la table pour pouvoir sortir les étudiants de la précarité.

Donc nous, on se mobilise parce que bah les étudiants, ils sont en colère de cette situation, d'être bah les dernières roues du caros euh par rapport aux politiques budgétaires. Nous l'analyse qu'on fait à l'UNEF, c'est que ça fait maintenant plusieurs années qu'on a une répression de plus en plus forte, donc dans les lycées, mais surtout dans les universités par rapport aux étudiants qui se mobilisent de façon générale. Là, ce matin, et là, je vais parler au nom des universités, on a quand même plus d'une dizaine d'universités bloquées, mais des CRS qui entrent bah sur les fac.

On a bah des étudiants qui se sont déjà fait arrêter ce matin et c'est vrai que bah nous on dénonce effectivement cette augmentation euh de la répression des mobilisation et euh bah on appelle aussi les étudiants à continuer malgré cette répression à se mobiliser dans leur lieu d'étude mais aussi dans la rue. Il y a une diversité de modes d'action qui se nourrissent et qui s'alimentent. Pour la CGT les choses sont claires.

Le secret de la réussite d'une mobilisation c'est un le nombre. Il faut être nombreux et nombreuses et de la grève. Il faut être le plus nombreux et nombreuses à être en grève et à exercer une action économique sur le pays.

Aujourd'hui, c'est la moitié des écoles qui sont fermées, la moitié des enseignants qui sont en grève, l'impact économique est énorme. C'est des centaines de milliers de travailleurs et de travailleuses qui ne peuvent pas aller travailler parce qu'ils et elles sont obligées de garder leurs enfants. Aujourd'hui, c'est des milliers de crèches qui sont fermées avec un impact énorme.

C'est des centaines d'usines dont le fonctionnement est perturbé. Ça ça a un impact et c'est pour ça que le patronat est si fébrile et qu'il nous parle d'organiser des manifes de patron. Ça montre bien que ils sentent que le vent a tourné et que la force est de notre côté.

On doit être conscient de cette force, battre le faire tant qu'il est chaud et se mobiliser jusqu'à la victoire. En région aussi, les mobilisations ont commencé de bonne heure ce 18 septembre. À Tarbe, par exemple, une opération de tractage a été mise en place dès 7h30 à grand renfort de vélo pour attentir la circulation.

Près de 5000 personnes ont ensuite défilé dans les rues quelques heures plus tard en fin de matinée dans la préfecture des Hautes Pyrénées. La journée Tarbaise s'est conclue avec une AG et des actions ciblées, notamment une contre Boloré au relais de la gare de Tarbe. Direction Lyon à présent où notre reporter Julie Debio a suivi les mobilisations toute la journée depuis les premiers blocages jusqu'à la grande manifestation intersyndicale, c'était à 11h entre la manufacture des tabac et la place Bellecour, elle a rassemblé plus de 20000 personnes selon un décompte de la CGT.

Bah nos revendications en fait nous c'est qu'on arrête la casque du service public et de l'hôpital qu'on puisse réouvrir des lits qu'on embauche du personnel parce qu'en fait il y a de plus en plus de lits qui sont fermés. Là il y a pas très longtemps il y a Sébastien Lecnu qui a dit que on avait réinvesti beaucoup d'argent dans les hôpitaux ce qui est extrêmement faux. Aujourd'hui l'hôpital public il est vraiment à bout de souffle en fait.

Ben nous, on souffre au quotidien de nos conditions de travail qui font que de se dégrader et au final c'est les patients qui en souffrent et nous en fait on accepte plus ça. On veut pas se détruire la santé pour soigner des gens dans des conditions qui sont médiocres en fait. Voilà la force des travailleurs c'est la grève.

C'est grâce au travailleur que la société fonctionne. Et c'est pour ça que moi je suis là pour dire aujourd'hui OK, on est ici le 18 mais il faudrait que dans les entreprises, il faudrait dans les hôpitaux et ben qu'on discute avec nos collègues, qu'on se réunisse et qu'on discute de nos actions. [Musique] À Marseille, Jean-Luc Mélenchon a pris part au défilé ce jeudi matin dans les rues de la cité Fosséenne.

Il a dénoncé l'entêtement d'Emmanuel Macron qui s'accroche au pouvoir malgré ses défaites électorales et le rejet de ses chefs de gouvernement. Il faut que le premier ministre s'en aille, mais faut surtout que le président de la République, lui s'en aille parce que c'est lui le responsable de tout ça. Et je vous rappelle qu'il a perdu toutes les élections depuis la sienne, n'est-ce pas ?

Donc il a perdu trois fois et il a perdu quatre premiers ministres. normalement dans une ambiance euh comment dire normale de démocratie, bah on en tire les conséquences. Imaginez-vous que Degul est parti pour un pauvre référendum euh sur euh les régions et le Sénat et bon à la à la première secousse, ça a été terminé.

C'est il a dit qu'il ne partira pas. Oui, mais on dit toujours que voulez-vous pas vous dire qu'il va partir sinon il sait bien que demain il s'en va. Donc il tâche de résister, c'est dans son rôle mais ça n'ira pas bien loin tout ça.

Le chef de fil des insoumis, comme ses élus d'ailleurs a insister sur la nécessité de mobilisation pacifique. Selon lui, toute violence profiterait surtout à Bruno Retaillot qu'il n'a d'ailleurs pas manqué de cibler dans ses prises de parole. On l'écoute.

Toute action violente ne sert qu'une seule et unique personne, monsieur Rotaillot, qui a besoin de la violence, qui a besoin des poubelles qui brûle, qui a besoin de tout ça pour affirmer son rôle de sauveur de je ne sais quoi. En réalité, cet homme est une provocation ambulante et le président de la République ferait bien de le ramener à la raison. Qu'a-t-on affaire d'un dirigeant politique national qui passe son temps, vous avez vu à quoi exciter les uns contre les autres.

à se taire quand il y a certains crimes euh euh islamophobes ou racistes euh qui n'ont pas l'air de le déranger plus que ça. Ensuite nous met en cause, je vous invite tous aussi à à la maîtrise euh de de ce que vous vous pouvez répondre quand même. Cet homme a osé dire qu'il nous accusait solennellement des violences qui sont commises contre des policiers qui sont des faits de droits commun et pas des faits politiques.

Il l'a fait, il a osé le faire. Cet homme est odieux. Il représente une forme de notre pays racisineuse méfiante contre tout et tout le monde et qui donne continuellement le sentiment de détester la vie.

De son côté, le ministre de l'intérieur des missionnaires Bruno Rotaillot a sorti une fois encore l'artillerie lourde. 80000 forces de l'ordre mobilisé, 24 blindés des canons à eau et des drones. un dispositif comparable au pic des mobilisations des gilets jaunes.

Dans les jours qui ont précédé, il a martelé sur les plateaux télé ses consignes de fermeté. On écoute, c'est-à-dire de la fermeté de l'autorité. Euh quand il y a des blocages, on débloque.

Dès qu'il y a dégradation atteinte au bien ou aux personnes, on va au contact très vite en étant mobile, en étant agile pour interpeller et déférer à la justice. Cette journée du 18 septembre ara donc été marquée par une mobilisation massive, des blocages des lobes, des manifestations d'ampleur à Paris comme en région, mais aussi par une répression policière particulièrement visible. Avec plus d'un million de personnes dans les rues selon la CGT, le signal envoyé au gouvernement est clair.

La colère sociale ne faiblit pas malgré le départ de Bairou et l'arrivée de Lecornu à Matignon. Reste désormais une question. Cette démonstration de force sera-t-elle suivie des faits ou faudra-t-il de nouvelles journées de mobilisation pour faire plier l'exécutif ?

En tout cas, nous on suivra tout ça de très près dans nos prochaines éditions. Merci d'avoir regardé cette édition spéciale du Reap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou bien email si vous nous regardez à la télé.

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Très bonne soirée sur le média. [Musique]