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interviewPS - Parti socialiste· 6 septembre 2024 113 min

#CamPuS24 : L’ambition pour l’éducation nationale et pour la culture dans les territoires

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Je crois que vous m'entendez bien, je crois que oui. Donc on est réunis pour deux heures, pour un temps de travail autour de la question des politiques d'éducation et des politiques culturelles. Carole Delga n'est pas là pour l'instant, mais elle nous rejoint. Elle avait un tout petit élément avant et elle nous rejoint le plus rapidement possible, mais elle m'a prévenu qu'elle arrivait très vite. Donc on le fait sur ces politiques culturelles et d'éducation en se posant aussi une question de manière assez frontale, c'est que faisons-nous face au c'était mieux avant en matière d'éducation et de culture du Rassemblement National ?

C'était mieux avant parce que c'était mieux avant pour eux la massification scolaire et c'était mieux avant parce qu'ils imaginent une unité culturelle fantasmée dont on se serait défait, etc. Ce qu'on constate dans tous les assemblées où les uns et les autres, on est élu. On le fait avec un panel qui permet à mon avis de voir les choses de la ville jusqu'à l'Europe avec Emma.

Et donc l'idée c'est évidemment d'essayer de voir à chacun de ces étages qu'est-ce que c'est qu'une politique culturelle et d'éducation telle que nous pourrions la mener et comment on se positionne et comment on fabrique des anticorps face au Rassemblement National en renforçant l'émancipation individuelle et collective par ces politiques. Donc je commence tout de suite par, à tout seigneur, tout honneur, l'invité, celui qui joue à l'extérieur, Éric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale. Et je le remercie de sa présence. Fatia, que vous connaissez bien, qui est présidente désormais de la commission éducation culture. Bravo, Madame la Présidente.

Emma Raffowitz, nouvelle députée européenne, présidente des Jeunes Socialistes. Toujours la plus populaire. Yann Gallu, maire de Bourges, ville, ville qui est la capitale européenne de la culture en 2028. C'est ça, 2028 ? Et le tout nouveau député de Paris, anciennement premier adjoint, Emmanuel Grégoire. Bon, moi je propose qu'on commence, du coup, dans la commune, dans la ville, là où les choses se fabriquent en proximité. Et donc, Yann, ma première question, elle est pour toi, c'est de se dire, qu'est-ce qu'on fait dans une ville qui est capitale européenne de la culture ? C'est bien qu'on y fait des choses, d'un point de vue d'éducation et de la culture.

Et est-ce que dans ce que tu fais, tu as l'impression que tu fabriques des antidotes au Rassemblement National et à leur vision du monde ?

2:28
Invité politique

Bien, d'abord, bonjour à toutes et à tous. Merci pour la question. Peut-être vous dire, mais ça ne vous surprendra pas. Je ne sais pas si vous avez suivi l'histoire de la capitale européenne de la culture. Donc, Bourges a été désigné pour être capitale européenne de la culture en 2028. Nous succédons à Marseille, qui était en 2013. Et puis, il y a eu aussi Avignon, qui a été capitale européenne de la culture en 2004. Ce que je veux vous dire, et vous allez comprendre une partie de mon propos. Est-ce que vous savez quelles étaient les quatre villes qui étaient en finale de la désignation de décembre dernier ? C'était quatre villes avec des maires de gauche. Ce n'est pas un hasard, à mon avis.

Vous aviez Montpellier, vous aviez Rouen, vous aviez Clermont-Ferrand et vous y aviez Bourges. Et de mon point de vue, le fait que ce soit quatre villes de gauche ou quatre villes à orientation socialiste, ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard parce que je crois que ce qui nous rassemble ici, avec bien sûr nos amis des autres parties de gauche, c'est que contrairement à certains, on considère que la culture est essentielle. Et rappelez-vous quand même que pendant la période Covid, on a été avec un gouvernement qui nous a expliqué que la culture ne l'était pas essentielle.

Et je veux juste vous dire une petite anecdote que je raconte souvent parce qu'à l'époque, avec Cécile, elle, qui était la maire d'Avignon, socialiste aussi, nous avions lancé un appel à des rassemblements en janvier 2021 pour dire la culture est essentielle. En janvier 2021, moi, j'ai la chance d'avoir une petite fille qui avait 10 ans à l'époque. Je pouvais aller au Décathlon lui acheter des chaussures, des baskets pour son cours de gym et je ne pouvais pas l'amener au musée. Et donc, ça montre l'état d'esprit, ça montre l'orientation politique de dire la gauche considère que la culture est essentielle.

Deuxième chose dont je vais vous dire, c'est que moi, j'ai gagné Bourges en 2020 après trois mandats de droite. Et la question que je me suis posée en préparant mon programme électoral, c'est qu'est ce qui va me permettre de relancer cette ville? Qu'est ce qui va me permettre de faire de faire sens? Eh bien, c'était la culture. Donc, mon projet politique que j'ai présenté à mes habitants en 2020, c'était de dire c'est par la culture et aussi l'éducation, bien sûr. Mais c'est avant tout par la culture qu'on va reconquérir notre ville et la faire revivre. Donc, ça, c'est quelque chose et c'est ce qu'on a mis dans le projet et on s'est pris au jeu.

On a dit pour faire ça, on pensait ne pas gagner, mais on va présenter la candidature de Bourges à être capitale européenne de la culture. Et dans notre projet, eh bien, c'est de faire vivre la culture partout dans Bourges et pour tous et toutes les cultures, toutes les cultures. C'est aussi la différence qui nous sépare, à mon avis, idéologiquement, encore plus avec le RN. D'ailleurs, au delà de notre peur collective d'imaginer que le RN allait pouvoir gagner il y a quelques semaines.

Moi, j'avais une peur personnelle, c'est que si, bien sûr, le RN avait gagné la capitale européenne de la culture avec le programme qu'on a mis dans notre programme, il nous aurait coupé les subventions immédiatement. Mais nous, nous défendons toutes les cultures. Nous défendons toutes les cultures. Alors, qu'est ce qu'on a fait aussi concrètement? Je ne vais pas je ne vais pas monoposer la parole. Peut être que je reprendrai la parole. Il faut aussi me dire.

Mais l'une des premières choses, par exemple, que nous, on a fait, c'est qu'on a fait une opération qui fait que dans toutes les écoles de Bourges, eh bien, on permet à nos à nos à nos enfants, à des écoles élémentaires, puisqu'on s'occupe en tant que mairie de Bourges au niveau des petits, eh bien, d'avoir un artiste qui vient sur place et un an de projet d'accompagnement. Et ce que je peux vous dire dans tous les dans tous les quartiers de Bourges, c'est que l'artiste vient pendant un an accompagner une classe et à la fin, il y a la restitution avec les parents, avec les enseignants et on voit des choses absolument extraordinaires.

Donc, c'est le choix d'abord et avant tout de dire que dans notre budget municipal, la culture est prioritaire, que c'est pour toutes les cultures. Et c'est ce lien là qui, à mon avis, fait que, eh bien, on fera se rencontrer différentes personnes, des artistes viendront concrètement dans les classes, dans la ville, qu'il y aura ce mélange là. Donc, c'est un. C'est pas le seul. C'est un des antidotes, bien sûr, à la montée du Rassemblement national. Mais c'est aussi de dire que de parler de la vision du Rassemblement national, parce que moi, quand j'ai vu qu'ils étaient aux portes du pouvoir, j'ai essayé de regarder le programme culture du Rassemblement national.

Juste aller sur Internet, essayer de voir qui parle de culture. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Il parle un peu de patrimoine. La culture, c'est le puits du fou. C'est rien d'autre. Donc, on a vraiment un combat idéologique. On a un combat politique. Ça passe, cher président de la commission des finances et chère présidente de la commission culture, par des choix aussi financiers, parce que la culture a un coût et il faut l'assumer. Il faut l'assumer dans les budgets. Il faut se dire que, eh bien, parfois, on fait un peu moins de voirie. On fait un peu moins d'autres choses pour faire de la culture.

Mais pour moi, et je dirais pour nous, pour nous, qui sommes des élus socialistes ou des élus de gauche, eh bien, cette question, elle est. Elle est. Elle fait partie de notre ADN. Et donc, c'est ce qu'il faut qu'on continue à mettre en avant. Merci beaucoup.

8:10
Présentateur

Merci beaucoup, Yann. Fatia, peut-être, sur ce, c'était mieux avant quand on a préparé un peu cette table ronde. Tu me disais qu'il y avait un certain nombre de sujets où, comme c'était mieux avant, il y a plein de sujets aujourd'hui dont ils refusent de parler, dont le Rassemblement national refuse de parler. Et toi, vu de la commission qui les côtoie depuis un moment maintenant, comment tu... Quels sont les points, les points aveugles que tu rencontres chez eux ?

8:37
Emma Rafowicz

Merci, Alexandre. Alors, moi, pour préparer cette table ronde, je me suis dit quels sont les sujets que le Rassemblement national refuse de traiter ? Et quels sujets, nous, on doit traiter, justement, en priorité ? Je vais vous donner quelques exemples, puisque depuis 2022, je suis députée à la commission culture et éducation. Un des sujets que le Rassemblement refuse de traiter, c'est l'éducation à la vie affective et sexuelle. Donc, dans l'éducation nationale, depuis 2001, depuis la loi Aubry, il devrait y avoir un programme et des cours d'éducation à la vie affective et sexuelle. Or, la réalité, c'est que moins de 17% des élèves disent, à la fin de leur scolarité, avoir eu ces cours.

Moins de 17%. Aujourd'hui, nous avons décidé, moi, en tout cas, en tant que présidente de cette commission, de auditionner un maximum de personnalités, d'instances qui soulèveraient la détestation du Rassemblement national. Pourquoi ? Parce que le programme, tu en parlais, Yann, du Rassemblement national. Alors, parlons d'abord de la culture. Programme de Marine Le Pen en 2022. J'ai relu les deux. Programme de Jordan Bardella en 2024. En 2022, le mot culture n'existait pas. Il y avait le mot patrimoine uniquement. Et en 2024, il n'y a eu ni l'un ni l'autre. Voilà.

Donc, la culture pour le Rassemblement national, elle se contente de parler de patrimoine, de biens culturels, d'infrastructures et de remettre les moyens financiers larges à la réfection, reconstruction, réhabilitation, notamment du patrimoine religieux. Église, bien sûr. Patrimoine religieux, église. Qu'on ne confonde pas. En commission, pendant deux ans, j'ai été tout ce que le Rassemblement national a détesté et me l'ont dit et me l'ont fait payer largement. Je suis une femme. Je suis féministe. Je suis une femme de gauche. Je viens de Seine-Saint-Denis. Mais quelle horreur. Julien Oudoul aborde la Seine-Saint-Denis. Peut-être que je donnerai des éléments après.

Et puis, je suis issue de l'immigration présumée musulmane. Et donc, j'en ai pris vraiment très cher pour mon grade parce que, en fait, le Rassemblement national a une idée de la culture et une seule idée. Une idée de l'éducation et une seule façon d'éduquer les enfants. Pourquoi c'était mieux avant pour eux ? Parce que c'était mieux avant, c'était mieux avant fantasmé qui n'a jamais existé. J'ai enseigné 30 ans dans l'éducation nationale. J'ai commencé à enseigner en 1993. C'était pas mieux avant. Aujourd'hui, les enfants ont une curiosité. Je suis désolée de vous le dire. Internet a du bon puisque, aujourd'hui, les enfants sont curieux, vont chercher des informations.

Alors, c'est vrai, ils sont un peu abreuvés. Je pense qu'il faut les former. Mais ils ont une curiosité intellectuelle qu'ils n'avaient peut-être pas, en tout cas, à mon avis, de prof en tant que prof il y a 30 ans. Et donc, le c'était mieux avant, c'était mieux avant, avant les années 70, quand il y avait l'uniforme. Donc, c'est dans le programme du Rassemblement national, l'uniforme pour les élèves. Donc, Macron leur a servi sur un plateau d'argent. C'était mieux avant parce qu'il y avait de l'autorité, l'autorité du maître, fantasmé totalement aussi. C'est pas parce qu'un élève se tait que la classe se passe bien. Ça aussi, il faut...

Enfin, voilà, je crois que nous, à gauche, on doit quand même aussi expliciter que la classe, ça doit être un endroit actif, un endroit d'interconnexion. Et pas uniquement un professeur tout là-haut qui parlerait à des élèves ou ça rentrerait par une oreille et ça ressortirait par l'autre. Mais ils sont bien gentils et ils sont en uniforme. Donc, tout va bien. C'était mieux avant. C'est l'imaginaire aussi dans le programme 2024 de Bardella, mais surtout, surtout, très intéressant, le programme éducation de Marine Le Pen, beaucoup plus que celui de Bardella. Pour Marine Le Pen, il faut donner du pouvoir au chef d'établissement pour sanctionner les profs.

Les profs doivent être des fonctionnaires irrépochables avec aucune liberté d'expression. Aucune. Aucune liberté pédagogique, mais même aucune liberté d'expression. Et le prof ne doit surtout pas avoir d'idées politiques ou de notions politiques dans même sa vie personnelle. Il faut que ça ne transpire pas. Pourquoi ? Parce que nous, à l'Assemblée, moi, pendant deux ans, j'ai entendu que les profs étaient des islamo-gauchistes. Et le rassemblement... Et pourtant, il y a des profs qui votent encore Rassemblement National aujourd'hui. Enfin, beaucoup plus qu'avant Rassemblement National aujourd'hui. J'ai entendu que les chaînes de télévision publiques étaient des chaînes islamo-gauchistes.

Alors ça, c'est tous les jours, chaque commission, tous les mercredis. Pourquoi ? Parce que le Rassemblement National est pour une télévision bollorée, une télévision privée. D'ailleurs, dans la commission, on a un vice-président qui s'appelle M. Ballard, qui est vice-président de la commission culture, et qui était journaliste à e-télé, l'ancêtre de CNews. Et donc, pour eux, les chaînes de télévision publiques doivent disparaître. Ils le disent, ça, ils s'en cachent pas, parce que c'est un repère de gens de gauche et de wokistes. C'était mieux avant parce que, pour eux, je pense qu'ils se inventent une France, peut-être des années 30, et encore une France blanche, une France catholique.

Et donc, aujourd'hui, ce qui les dérange beaucoup en Seine-Saint-Denis, c'est qu'on a une culture mixte, on a une diversité importante, mais aussi on a, en fait, un choix culturel qui est complètement en phase avec la réalité du territoire. Et là, ça dérange terriblement. Je vous rappelle que Aya Nakamura, elle vient de Seine-Saint-Denis, et elle a sa maison de production dans ma circonscription. Et ce genre de personnes dérangent profondément le Rassemblement national, parce que c'est pas la culture qu'ils veulent voir. Eux, ils veulent rester dans une culture qui n'existe pas, fantasmée, blanche, et si possible, catholique. C'était mieux avant, enfin, pour finir.

C'était mieux avant parce qu'avant, il n'y avait pas de problème de mixité scolaire. Puisqu'il n'y avait, semble-t-il, pas d'enfants de pauvres à l'école. Oui, en effet, en 1900, il y avait 2% de bacheliers en France. Aujourd'hui, on est à plus de 80%. Et donc, dans les établissements scolaires, si on ne crée pas, et là, je prêche pour ma paroisse, puisque j'ai déposé une proposition de loi sur la mixité scolaire, si on ne prêche pas, si on n'oblige pas, excusez-moi, si on n'oblige pas les établissements scolaires à avoir une mixité sociale, qui les obligera à avoir des écoles, des classes mixtes, c'est-à-dire à respecter les indices de position sociale.

Tant qu'on ne fera pas cela, ça ne marchera pas. Et donc, Papendiaï a commencé à le faire très gentiment. Il s'est fait taper sur les doigts et il a reculé en disant non, non, non, je ne sanctionnerai pas. Alors, il paraît qu'il faut que je précise. L'indice de position sociale, c'est un chiffre qui nous dit si dans les établissements, il y a de la mixité. Je vais vous donner deux exemples. En Seine-Saint-Denis, l'indice de position sociale le plus bas doit être autour de 60. En moyenne, il est de 112 au niveau national. Et nous avons des établissements privés en Seine-Saint-Denis où l'indice de position sociale est de 140, c'est-à-dire le plus haut de France. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'entre dans deux collèges à Montreuil, je vais prendre Montreuil parce que c'est une ville qu'on connaît bien en général, en 93, avec une distance de 200 mètres, et je peux vous donner le nom des collèges. Vous avez le collège Polizère et puis vous avez une école privée qui s'appelle Henri Matisse. 200 mètres de distance, il y en a un où c'est le plus bas de France et en face, on a le plus haut de France. Est-ce que c'est normal ? Non. Donc la gauche, toute la gauche, d'ailleurs, on a mené un travail avec tous les partenaires de gauche depuis 2022, avec Idir Boumertit, avec Soumya Bouhara, avec Francesa Pascuini qui n'est plus avec nous.

On a mené un travail sur la mixité sociale. On continuera à le mener, mais il va falloir absolument que la gauche tienne le coup et ait envie de faire des propositions, des vraies propositions de gauche et menons le combat, s'il vous plaît.

17:57
Présentateur

Peut-être qu'on poursuit donc avec l'autre président, Eric. Et il y a une actualité financière, finalement, sur les questions qui sont les nôtres en matière de politique d'éducation et culturelle, puisque la ministre des missionnaires, Nicole Belloubet, dans une conférence de presse, a dit « Il me faut au moins ce que j'ai et ce qui m'est demandé par Matignon ne fonctionnera pas pour mon ministère ». Donc j'aimerais bien que tu nous donnes, toi, un petit peu ta vision de cela. Et puis peut-être qu'on déborde aussi sur ce que, dans notre projet, on avait mis sur les questions d'éducation, ce qu'on a voulu y faire sur tous ces sujets. Merci, Alexandre.

Merci au Parti Socialiste de cette invitation. Je réponds tout de suite à ta question. Je voudrais juste faire une petite insise d'abord, puisque j'ai la chance d'avoir Fatia à côté de moi. Donc vous avez les deux présidents de commission de gauche qui sont en face de vous, élus Seine-Saint-Denis, tous les deux. Et ce n'est pas, je veux dire, un détail. Mais surtout, c'est une preuve quand même, parce que lors des élections de président de commission, lors des élections du bureau de l'Assemblée nationale, il y a eu de fait une alliance assumée entre les macronistes et la droite républicaine.

Et le fait que tous les deux en aient été élus malgré ça, le fait que nous avons eu la majorité absolue au bureau de l'Assemblée, ça montre juste qu'on peut être majoritaire à l'Assemblée. Je dis ça comme retour à moi, évidemment, d'une alliance de fait avec le RN, que, à mon avis, n'hésitera pas à faire le macroniste s'il en a l'occasion. Mais sinon, ça veut dire qu'on peut être majoritaire à l'Assemblée, et pas seulement, à mon avis, au niveau des personnes que nous présentons à tel ou tel poste, mais également, à mon avis, au niveau du contenu. Voilà un petit peu, c'était... Je voulais profiter du fait d'avoir Fatia à côté de moi pour faire cette remarque.

Écoute, il y a une chose évidente, en tout cas, parce que la conférence de presse de Belloubet, elle avait manifestement, même si elle n'a pas donné les détails, mais elle devait très certainement s'appuyer sur les lettres de plafond que les ministères ont reçues, puisque pour aller vite, l'année prochaine, pour correspondre au 4,1% de déficit prévu dans le programme de stabilité, du côté de l'exécutif, ils espèrent un gouvernement qui va proposer 15 milliards de dépenses publiques en moins au niveau budget de l'État et 5 milliards au niveau de la Sécu. Et dans ces 15 milliards, il y a des lettres de plafond qui ont été envoyées.

Théoriquement, lundi, j'ai été, hier, j'ai été voir Cazenave, ministre des missionnaires, et lundi, je devrais avoir, si ce n'est le détail, en tout cas, les différents plafonds proposés.

Mais manifestement, si Belloubet a réagi comme ça, c'est qu'il y a eu, dans ces lettres de plafond, il y a une diminution très certainement importante au niveau du ministère de l'Education nationale, en se rappelant qu'il y a déjà une première diminution de 700 millions d'euros environ au moment de l'annulation des 10 milliards de crédits au début de l'année, et en sachant que, rien que pour 2024, vous avez à peu près 7 milliards d'autres de crédits qui sont prévus d'être adulés qui ont été également envoyés. Donc si elle réagit comme ça, c'est que même elle dit qu'elle n'y arrive plus. Et pourquoi elle n'y arrive plus ?

Parce que quand Emmanuel Macron, quand, pardon, Gabriel Attal a présenté le budget à l'époque, il était ministre de l'Éducation, pas encore Premier ministre, pour le PLF 2024, son estimation, c'était de dire, bon, finalement, écoutez, on va être grand seigneur, on ne va pas supprimer des postes, on va garder les postes, on va geler les postes, et comme il y a une baisse démographique des élèves attendus, en réalité, ça veut dire qu'on fait un effort pour l'enseignement. Bon, et les 700 millions d'euros, la première annulation, remet déjà en question ça, c'est-à-dire remet en question cette promesse.

Bon, du coup, Belloubet s'est retrouvée devant des difficultés telles qu'au moment où je vous parle, on ne sait toujours pas comment le ministère a décliné ces 700 millions d'euros. On n'a jamais réussi à le savoir. Et je ne suis pas sûr qu'à Bercy, ils le savent également. Bon, première somme. Deuxième somme, évidemment, ça l'empêche de répondre positivement à des revendications légitimes. On est en Seine-Saint-Denis, il y a eu un plan d'urgence pour l'éducation qui a été demandé de 340 millions d'euros pour pallier aux différentes inégalités de la Seine-Saint-Denis. J'ai conscience qu'il n'y a pas que la Seine-Saint-Denis qui en souffre. Mais enfin, là, il y avait une bataille.

Elle n'a pas été capable de répondre d'un iota par rapport à ça, par rapport à l'étranglement. Donc, pour te répondre, il est vraisemblable que dans les plans d'austérité prévus qu'ils ont prévus pour 2024 et 2025, le ministère de l'éducation prenne cher. Ça, c'est la première chose.

Et pour répondre à ton débat avant de passer à nos propositions en contre, c'est qu'on a là une politique qui, à la fois, est une politique qui, finalement, ne donne pas les moyens à l'éducation nationale et remet même en réalité l'idée d'une éducation nationale qui est la promotion pour toutes et tous et notamment qui peut appuyer un ascenseur social qu'on a connu dans les 30 glorieuses avec différents facteurs. Le choc des savoirs et la remise en question du collège unique et différentes mesures qui étaient envisagées.

Ce n'est rien de moins que d'en finir avec l'idée d'arriver à 80% d'une génération de bacheliers qui peut envisager des études après, c'est acter le fait que, finalement, il y a des élèves. Et puis, comme par hasard, c'est les élèves de classe sociale défavorisés qui pourraient être orientés rapidement vers des circuits courts, enfin, vers des cycles courts et qu'on en finisse avec ces idées de promotion.

Il y a ça derrière le macronisme de manière extrêmement importante avec une autre idée, à mon avis, qui doit être dans nos têtes, c'est que dans leur politique du tout apprentissage, ce n'est pas la question de remettre en question l'apprentissage comme outil à un moment donné participant à une formation, mais eux, c'est une politique du tout apprentissage. Il y a finalement le retour au 19e siècle où pour toute une classe, une partie des classes populaires, d'enfants des classes populaires, ça semblait normal que l'enseignant soit le patron, pour aller vite. Je ne caricature pas tellement en disant ça.

Donc ça, première base de leur politique, la remise en question de l'éducation comme moyen d'émancipation pour tout le monde, y compris pour permettre justement aussi la question de la science sociale. Deuxièmement, intégration déjà de mesures très réactionnaires que moi, je pense être liées à l'extrême droitisation de la société. Ça a été dit avec l'uniforme. Le fait que l'uniforme, on pense à un moment normal, au-delà de ce que ça signifie de dépenser des milliards d'euros pour des uniformes, alors que par contre, on ne va pas pouvoir répondre à un plan d'urgence pour la Seine-Saint-Denis.

Il y a effectivement, tu l'as dit, toute la campagne qui a pu avoir lieu sur l'islamo-gauchisme, c'était plutôt sous Blanquer, mais enfin, le wokisme, etc., avec une espèce de chasseur sorcière organisée dans l'éducation de manière totalement lunaire et qui reprenait pour aller vite à certains moments des choses que finalement qui étaient les arguments de l'extrême droite. Donc on a une politique qui est en termes d'idéologie, y compris sur la revalorisation aussi uniquement de matières fondamentales en laissant de côté des matières qui finalement seraient uniquement dévolues pour des élèves appelés à des cycles plus longs.

Cette remise en question par le fait de ne pas mettre les moyens de l'école émancipatrice pour toutes. Et puis enfin, idéologiquement, notamment l'université, ce qui a pu accompagner le mandat de Blanquer, on a, je trouve, un budget d'austérité, une remise en question de l'éducation nationale et en même temps, une politique d'extrême droite. Le Nouveau Front populaire propose exactement l'inverse. Voilà, je crois que c'est important de se le dire. Il y a plusieurs points.

Le premier point, c'est qu'on ne peut plus considérer normal qu'au-delà même du nombre de postes d'enseignants supprimés, chaque année, on a environ 3000 enseignants qui ne sont pas trouvés parce que le métier d'enseignant est un métier que les gens ne veulent plus faire. Ils ne veulent plus faire pour des raisons différentes. Il y a une raison de revenu, de valorisation. Vous savez qu'aujourd'hui, un enseignant, en début de carrière, ça gagne environ 30 400 euros en France contre 69 000 euros en Luxembourg, 65 600 en Allemagne et que c'est 1,2 fois le SMIC contre 2,2 fois le SMIC dans les années 80.

Donc il y a eu une paupérisation du métier d'enseignant qui en plus se retrouvant dans des situations souvent difficiles, c'est à peu près normal qu'on ait du mal à recruter des enseignants.

Donc nous avons, dans notre programme, un grand plan de revalorisation à la fois par le point d'indice mais aussi particulière sur le métier d'enseignant, un grand plan d'embauche pour arriver à 19 élèves par classe qui est à peu près la moyenne en Europe puisque nous sommes un des pays européens où il y a le plus d'élèves par classe et puis un grand plan d'embauche qui doit aussi compter pas seulement la question des enseignants mais la question des personnels de vie scolaire, AAS et puis les personnes aussi de tout ce qui est médico-scolaire, médecins, infirmiers et je voudrais le dire souvent parce que quand on parle des problématiques de RICS et de violences dans la jeunesse, je pense qu'on doit s'interroger sur le sous-équipement en France, le sous-équipement n'est pas un mot très beau mais enfin chacun comprendra en France, du côté du psy.

Je veux dire, on a véritablement un problème majeur là-dessus. Il n'y a quasiment plus de psychologues dans les écoles donc là-dessus, il y a un plan. Donc c'est une question de revalorisation et d'embauche. Question aussi de faire en sorte je conclue de faire en sorte que les élèves et les jeunes puissent faire leurs études sans forcément avoir recours à des boulots précaires ou autres. Donc il y a l'idée d'un garantie revenu pour la jeunesse qui pourrait être à partir de 16 ans pour les élèves qui sont dans les lycées professionnels et à partir de 18 ans pour les autres qui puissent justement permettre de faire des études dans des bonnes conditions.

Il y a une revalorisation et démocratisation de l'enseignement supérieur qui serait à rebours des politiques qui ont été prises depuis des années. Donc c'est la suppression de parcours sup et la suppression plutôt de faire en sorte de les universités des moyens plutôt que d'adapter les universités j'allais dire à des moyens toujours en baisse par tête d'étudiants et donc en finir avec la sélection à l'université et de permettre là aussi de revaloriser le monde le monde de l'université.

Et puis en termes de en termes de de moyens aussi pour les écoles je dois le dire il y a l'idée de moduler la dotation des écoles y compris le privé sous contrat parce que je ne sais pas si vous avez suivi mais il y a eu une un travail d'une mission d'une commission d'enquête à l'université avec un député macroniste et un député nouveau front populaire qui était Paul Vannier qui conclut qu'en gros le privé aujourd'hui on ne sait même pas combien il y a véritablement de dotation c'est entre 10 et 12 milliards d'euros et personne n'est trop capable il sait qu'on me l'accorde des comptes qu'il le dit de savoir comment tout ça est contrôlé en termes de contenu d'éducation et je ne parle même pas de la sélection qui est faite donc là dessus il y a quelque chose à laquelle s'attaquer qui pourrait aller par une dotation des écoles modulées justement en fonction des efforts de mixité sociale qui pourraient être faites et évidemment aussi une grande aide par rapport notamment aux collectivités sur les questions d'établissement que ce soit lycée collège etc.

Donc voilà nous notre politique que nous voulons mettre en place c'est une politique où véritablement l'éducation nationale est une priorité absolue parce qu'elle est quelque part notre trésor et qui est à rebours de ce qu'on a vécu avec le macronisme et que manifestement d'après ce que je vous ai dit en introduction sur les lettres de plafond ne n'imagine pas être remis en question par un gouvernement qui serait un gouvernement s'adaptant à la politique du macronisme voilà ce que je voulais dire Merci beaucoup Eric bon je salue l'arrivée de Carole Delga présidente de la région Occitanie présidente de région de France merci beaucoup Carole d'être d'être avec nous et je vais te passer immédiatement la parole avec une question sur voilà j'ai deux choses en fait j'ai d'abord une question sur comment on a des compétences obligatoires on a des compétences facultatives quand on est président de région et il y a beaucoup en matière culturelle et d'éducation qui tient au volontarisme politique on dit que la région Occitanie c'est la région qui est la rentrée la moins chère de France voilà et vous êtes fiers de ça je crois là-bas et deuxième question moi c'est le rapport au RN j'ai été conseiller régional et je me souviens à quel point le RN pratiquait et c'est ce qui peut-être m'a choqué le plus en arrivant à la région en tout cas chez moi dans les Hauts-de-France une forme de censure culturelle ils prennent projet par projet et si un malheureux metteur en scène a eu le malheur de dire une fois quelque chose contre Marine Le Pen il demande que la subvention soit retirée et ça ça me semble quand même un point extrêmement important dans leur rapport aux faits culturels bref je voulais savoir si c'était ça pareil chez toi et puis évidemment la politique que vous venez en Occitanie

31:24
Emma Rafowicz

Merci Alexandre bonjour à toutes et bonjour à tous je m'excuse pour le retard mais j'avais d'autres rendez-vous parce qu'hier soir j'étais encore en Occitanie et donc ce matin on est parti tôt d'Occitanie on est arrivé et puis il y a eu pas mal de rendez-vous donc je m'excuse pour mon retard je vais en effet vraiment orienter mon propos parce que sur la question du programme du nouveau Front populaire Eric vient de le présenter Fatia je pense que tu as parlé de tout ce travail sur l'Assemblée au niveau législatif et sur Bourges magnifique magnifique ville gagnante pour la culture on est bon joueur voilà donc voilà mais bravo bravo Yann parce que c'était c'était un beau projet voilà c'était un beau projet puis on est on est fiers que ce soit toi et avec toute la composante quand même de ton projet culturel qui est qui est remarquable alors l'Occitanie pour un peu présenter parce que une politique elle doit partir du réel et aller vers l'idéal pour paraphraser Jouresse c'est 6 millions d'habitants c'est une région si qui est dirigée par une majorité régionale de gauche nous avons 12 départements sur 13 qui sont de gauche mais nous avons mais nous avons Perpignan donc Béziers Moissac je ne peux pas pour tous pouvoir les évoluer mais beaucoup de villes qui sont détenues par l'extrême droite nous avons donc au deuxième tour de la législative le total d'extrême droite c'est 46% voilà c'est 46% nous sommes la deuxième région la plus pauvre de France après de France parmi les 5 départements les plus pauvres de France 3 sont en Occitanie et nous sommes une région très rurale c'est à dire que nous avons 60% de la population 60% de les 6 millions d'habitants qui sont dans une commune de moins de 10 000 habitants et si on prend les communes de moins de 2 000 habitants il y a quand même 26% de la population qui sont dans des communes de moins de 2 000 habitants donc un revenu par habitant moyen très faible avec des très fortes disparités pour faire court vous prenez le centre-ville de Toulouse les ingénieurs un bus super salaire et vous avez les agriculteurs dans les corbières qu'elles soient catalanes ou qu'elles soient occitanes revenus par habitant très très très très faible une très grande pauvreté et certains quartiers à Nîmes où il y a vraiment une indignité dans le logement et aussi dans la présence des services des services publics donc il est nécessaire de redonner espoir à une population de redonner la dignité à une population qui est pauvre qui est très marquée par le sentiment de l'éloignement on est loin de tout quand on est en Occitanie vous voyez on n'a pas de LGV ainsi de suite et donc c'est le premier des investissements éducation culture premier c'est ça s'il faut renouer avec la promesse républicaine la promesse républicaine de l'émancipation par l'éducation et par la culture donc avec ma majorité régionale donc depuis maintenant un peu plus de 8 ans nous avons décidé d'augmenter trois budgets malgré les baisses de dotation de l'Etat l'éducation la culture et l'agriculture l'agriculture voilà je vous l'explique parce que nous avons le revenu agricole le plus faible de France donc augmentation des budgets malgré la baisse des dotations clairement qui ont été permises ces augmentations de budget par la fusion des deux régions et des économies de fonctionnement qu'on a fait par une taille plus grande et en effet nous avons convenu qu'on devait absolument redonner confiance donc à la population dans l'école au sens large du terme et la culture ça permet d'ouvrir des horizons plus larges de considérer que la différence est une richesse comme c'était le cas l'autre soir à la cérémonie d'ouverture des jeux paralympiques à Paris où on voyait l'être humain dans toute sa diversité mais la force que ça donnait cette diversité c'était vraiment magnifique et donc avec des mesures très concrètes donc alliant pouvoir d'achat et éducation et aussi sur la question de la culture alors sur la question de l'éducation nous avons décidé de faire en sorte que la rentrée scolaire pour les lycéens soit la moins chère possible donc nous cumulons plusieurs dispositifs pour la rentrée scolaire d'où les fameux 800 euros d'économisés par enfant en Occitanie nous fournissons la région l'ordinateur les livres les équipements professionnels très important dans les lycées professionnels j'ai entendu je crois que c'était toi Eric qui en parlait donc c'est la région qui fournit parce qu'on sait très bien que les mallettes ça coûte encore plus cher ça coûte même plus cher qu'un ordinateur et les mallettes professionnelles ainsi de suite la gratuité des transports scolaires voilà donc nous avons mis cela en place nous donnons également 20 euros pour l'achat d'une licence sportive UNSS parce que nous la question de la pratique artistique mais la pratique sportive aussi c'est important et 20 euros également dans une librairie indépendante pour pouvoir acheter des livres parce que nous pensons aussi que voilà c'est important d'avoir ce dispositif là alors c'est pas les mêmes budgets bien sûr mais on a décidé de mener cela parce que on ne peut pas accepter que un enfant soit contraint par les revenus de ses parents quand nous avons été élus il y a deux à huit ans nous avions des témoignages d'enseignants qui nous disaient mais en fait ils n'ont pas tous le même ordinateur et donc pour pouvoir mettre le travail pédagogique il y a une vraie inégalité dans les lycées professionnels la première année rencontrer des enseignants ou des parents dire la mallette elle sera complète après les étrennes de la famille pour le père noël parce qu'il n'y a pas l'argent avant ça veut dire que le jeune il passe quatre mois il n'y a pas l'équipement en entier donc pour pouvoir vraiment assimiler l'ensemble des notions c'est quand même assez complexe et bon mais ça c'est clairement ce qui est plébiscité voilà on est sur le terrain les gens nous disent merci pour l'ordi et ainsi de suite donc ça c'est un facteur d'émancipation fort bien sûr le Rassemblement National vote contre bien entendu ils votent contre l'ordinateur gratuit contre enfin ils votent les quatre mesures que je vous ai dit ils votent tout le temps contre et nous avons mis en place là maintenant depuis bientôt un an la gratuité des enfin ce qu'on appelle la gratuité d'usage pour les 12-26 ans c'est à dire pour ceux qui ont entre 12 et 26 ans ils prennent dix fois en moyenne dans le mois le quart ou le train ils ont la gratuité du quart et du train et donc là bien entendu aussi le Rassemblement National a dit mais non on ferait mieux d'aider l'achat d'une voiture ainsi de suite ils disent ça et après quand on dit on va donner une prime ce qu'on met en place pour acheter un véhicule électrique pour les classes modestes en milieu rural ils votent contre aucune cohérence c'est la démagogie la plus complète il y a la question aussi de l'orientation donc là on voit bien qu'il y a une forme d'éterminisme social donc Bourdieu a magnifiquement écrit sur la question du capital culturel et au moment du choix de l'orientation la différence de capital culturel explose explose parce que ceux qui ont un réseau pour trouver le stage ceux dont les parents savent bien expliquer ce que c'est que normal sup moi j'ai rencontré des parents qui confondaient normal sup avec les écoles normales voilà en disant mais pourquoi ils ne font pas normal sup et je me revois le papa me dire mais pourquoi tu veux qu'ils deviennent qu'instituteurs alors voilà mais c'est ça quand t'es ouvrier dans le bâtiment quand t'es caissière à intermarché bon voilà que t'as découpé que t'as pas d'argent que t'es que t'es à 10 euros près que tu vis pas 1400 euros par mois même en Lozère j'ai vu le président de la république hier en tant que président de toute région de France et à un moment il me dit non mais 1400 euros tu vis en Lozère où il me dit à Bagnères-de-Bigorre puisqu'il est originaire de la vallée pyrénène à côté de la mienne mais Emmanuel je lui dit mais même à Bagnères-de-Bigorre tu vis pas 1400 euros parce qu'à Bagnères-de-Bigorre pour aller bosser tu fais 30 bornes aller 30 bornes retour t'as vu le coût du prix de l'essence caissière t'as un coupé qui fait 4 heures et pendant les 4 heures t'as pas l'argent pour pouvoir rentrer chez toi avec ta bagnole et ça veut dire que pendant 4 heures t'es bloqué dans ta voiture sur un parking à la cong et que tu peux rien faire d'autre voilà je lui dis c'est ça la réalité donc là il faut qu'on se batte sur la question de l'orientation pour donner les clés de lecture de compréhension et on a mis en place un gros dispositif de maison d'orientation mobile donc c'est comme un peu une sorte de caravane en fait qui se déplie et on va dans les fêtes de village bien sûr dans les lycées mais on va dans des manifestations sportives enfin on fait en sorte de populariser la question de l'orientation parce que bon Parcoursup on va pas développer ce que certains ont dû dire qui est une machine à broyer les rêves et là pareil ceux qui ont le capital culturel savent contourner la question des algorithmes de Parcoursup donc là nous on déjà il y a une vraie inégalité sur la connaissance de la diversité des métiers de la diversité des métiers de la réalité des métiers et ensuite de comment on fait pour accéder à ces métiers du parcours de scolarité c'est encore aujourd'hui par exemple l'industrie on est une grosse région industrielle sur l'aéronautique encore aujourd'hui des familles et des jeunes ont l'impression que les avions ils se fabriquent à la main la pénibilité ils se voient découper si vous préférez les plaques de métal ils ont pas conscience que tout est numérisé qu'il n'y a pas de pénibilité ou ils ont aussi une vision de la viticulture ou de l'agriculture qui est complètement passéiste donc il faut vraiment développer toute cette question de l'information et après l'information et l'orientation et on voit aussi un sujet qui est vraiment qui est très préoccupant en France et en Occitanie l'écart est encore plus grand pour les bacheliers de même niveau qui ont des dossiers scolaires aussi bons le niveau d'ambition n'est pas le même selon qu'un jeune vienne d'un milieu modeste ou d'un milieu éduqué c'est à dire il manque d'ambition il n'ose pas et donc c'est pour ça qu'on met vraiment tout beaucoup beaucoup de dispositifs sur la question de l'orientation et ensuite aussi sur l'enseignement supérieur on donne des bourses pour les doctorants parce que souvent ils s'arrêtent quand ils y arrivent au bac plus 5 et on a beaucoup développé les premières et deuxièmes années donc de licence dans des petites villes parce que la question de la proximité permet d'oser et d'aller vers des grandes études donc une de nos grandes fiertés c'est qu'il y a une première année de licence une deuxième année de licence dans une petite ville de 5000 habitants qui s'appelle Le Vigan qui est dans les Cévennes qui est très éloigné et on a chaque année 30 jeunes qui y vont et ces jeunes là quand ils sont sollicités maintenant ça fait c'est la quatrième année la rentrée là ça sera la quatrième année quand on leur dit est-ce que vous seriez allé à la fac à Montpellier ou à Nîmes à 80% ils répondent non parce qu'il y a la question de l'éloignement le coût du loyer puis parfois de ne pas vouloir aller dans une dans une dans une grande ville et puis la question de la culture alors là je parle sous les regards et sous les oreilles attentives de mes deux vice-présidents Kamel Chibli vice-président à l'éducation l'orientation et au sport et Claire alors j'allais encore dire ma vice-présidente à la culture mais non maintenant elle est députée européenne elle a depuis quelques jours bon c'est c'est ravi vraiment et donc avec Claire voilà nous avons développé la culture pour tous partout et cela donc c'est à dire en ayant un soutien à la création ou à la diffusion des représentations dans tous les territoires donc avec une attention toute particulière pour les territoires ruraux pour les quartiers pour faire recours politique de la ville où on majeure les subventions comme on majeure les subventions sur les petits clubs sportifs là avec avec Kamel dans des territoires pour justement favoriser la cohésion sociale soit par la culture soit par le sport et puis en ayant également un travail partenariel sur la question de la tarification sur les équipements culturels c'est à dire en condition de nos subventions à la question de la tarification de l'entrée en particulier dans les musées ou dans des grands lieux culturels voilà donc c'est une ambition voilà on fait on a vraiment une réalité de terrain clairement l'action je pense sur les politiques éducatives que nous menons alors qu'ils sont tu l'aurais dit Alexandrie Grandor de nos champs obligatoires c'est un volontarisme politique qui alors pour vous dire le budget de tout ce qui est éducation jeunesse et sport donc le budget de Kamel Chivli c'est 1 milliard d'euros sur 3 milliards 7 voilà donc il est lourd budgétairement voilà voilà tout le monde l'a vu voilà et puis voilà sur la culture nous investissons voilà aussi sur la question de la culture c'est pour vous dire c'est assez complexe parce que souvent l'état intervient beaucoup dans la culture et depuis clairement depuis 7 ans ils sont vraiment sur des politiques de plus en plus élitistes et sur des structures nationales qui sont quand même très objectivement très concentrées sur des grandes villes et donc pour arriver à faire de la diffusion dans des territoires ruraux et de montagne parce que souvent on est les deux principaux financiers et la région c'est assez complexe et voilà là aussi Claire il travaille beaucoup sur ces sujets voilà donc nous sommes convaincus que c'est par l'éducation et la culture qu'on peut reprendre confiance dans l'autre et que les idées d'extrême droite peuvent régresser parce que ce que nous avons réussi à faire en majorité régionale lors de la première élection il y a de ça 8 ans l'extrême droite était à 34% lors de notre renouvellement donc il y a de ça à 3 ans l'extrême droite a été à 24% donc il n'y a pas de fatalité il n'y a pas de fatalité il n'y a pas de fatalité il faut un volontarisme politique il faut des moyens il faut expliquer il faut se mettre à la hauteur des gens il faut des politiques de gauche voilà qui soient très très engagées et il faut qu'il y ait voilà une action déterminée ferme et aucune complaisance avec les idées d'extrême droite ni bien sûr avec le communautarisme

48:39
Présentateur

merci merci beaucoup Carole on voit que pour toucher tous les publics il faut avoir une action extrêmement protéiforme je reviens maintenant à Emma la question de la culture c'est consubstantiel à l'identité de l'Union d'ailleurs elle est connue à travers le continent par des grands programmes comme Erasmus mais aussi en Europe évidemment on l'a vu dans les dernières élections l'extrême droite est en train de s'implanter de s'imposer et donc comment comment vous appréhendez ce mandat comment vous voyez les choses au Parlement européen pour réussir à porter des ambitions culturelles

49:15
Invité

merci merci Alexandre merci à toutes et à tous pour votre présence et puis je veux me remettre saluer Jean-Marc Germain et Claire Fita qui sont également élus dans le groupe dans la délégation socialiste au Parlement européen avec moi c'est vrai qu'on a fait campagne en parlant quand même beaucoup de culture nous les socialistes avec Raphaël Glucksmann on a parlé de cette bataille culturelle qu'on avait envie de mener en parlant de nos propositions sur la culture tu parlais d'Erasmus plus de tout ce qui on va dire est emblématique de l'Union européenne je pense que c'est en effet sans doute le dispositif de politique publique européenne avec sans doute les capitales européennes de la culture mais qui sont les plus emblématiques de l'action de l'Union européenne en tout cas beaucoup de gens connaissent le mot sans forcément d'ailleurs y avoir accès et c'est peut-être là que le bas blesse pendant toute cette campagne des élections européennes c'est vrai qu'on a souhaité parler de bataille culturelle on a souhaité parler de culture parce qu'on sentait bien que c'était là un des endroits où était finalement un des nœuds qui nous opposait à l'extrême droite en France mais aussi dans toute l'Europe quand on est arrivé avec les autres camarades eurodéputés au Parlement européen on a tout de suite été confrontés à des camarades qui venaient d'autres pays et qui nous racontaient leur expérience j'ai la chance d'être dans la commission culture et c'est vrai que quand on parle avec des collègues polonais hongrois qui nous parlent de leur vécu et de leur rapport à la lutte contre l'extrême droite au quotidien dans leur mandat c'est des choses extrêmement concrètes qui appellent en tout cas de notre part une grande vigilance et un grand travail pour à la fois protéger des acquis mais aussi pour construire de nouvelles choses quand on est attaché et tout à l'heure tu parlais de cette question de l'automatité de la censure venant de l'extrême droite pour la culture c'est effectivement dans leur posture d'opposition qu'ils sont comme ça dans nos hémicycles en France mais en Europe quand ils ont des responsabilités c'est également parfois la possibilité pour eux ça a été fait en Hongrie avec Victor Orban d'aller attaquer la liberté de création des artistes d'aller attaquer évidemment les journalistes d'aller attaquer finalement tous ceux qui pour nous sont constitutifs d'une liberté d'expression et donc de création qui est extrêmement importante et donc à protéger quand on parle avec les camarades socialistes d'une de nos propositions importantes des élections européennes qui était l'exception culturelle européenne vouloir défendre quelque chose qu'on a réussi à créer en France qui est toujours à protéger mais qu'on veut étendre à l'échelle européenne ça veut dire finalement protéger ces secteurs qui pour nous sont des secteurs essentiels comme le disait Yann tout à l'heure dire que c'est essentiel c'est dire que l'échelon européen doit protéger aujourd'hui la culture là aussi l'industrie culturelle par moment protéger les artistes parce que si on ne le fait pas on sait que d'autres s'y attaquent et que ce n'est pas juste qu'ils s'y attaqueront demain quand ils seront majoritaires ou plus forts ils s'y attaquent déjà quand dans nos commissions respectives dans la commission culture par exemple l'extrême droite prend déjà alors que nous n'avons eu qu'une ou deux réunions systématiquement la parole pour demander par exemple à ce que chaque c'était une proposition d'une députée d'une eurodéputée du Rassemblement National Française que chaque eurodéputée ne puisse parler dans la commission culture que d'oeuvres culturelles étant et je reprends le thème native à son pays d'élection ce sont des vraies propositions qui ont été émises par des députés Rassemblement National en France au Parlement européen mais par des français et d'extrême droite mais quand on voit surtout le rapport ensuite de la droite à ces propositions c'est à dire parfois il faut le dire un petit doute alors ils se disent bien que c'est pas tout à fait bien et qu'en fait c'est pas tout à fait quand même dans la lignée de ce qu'ils ont toujours défendu et de ce qu'ils ont envie de défendre mais qu'ils se posent quand même la question parce qu'on observe un glissement de l'ensemble de l'hémicycle du Parlement européen vers la droite et parfois vers l'extrême droite en tout cas dans les commissions dans lesquelles je suis membre on voit que du coup le rôle de la gauche est extrêmement important et essentiel et qu'il faut que on soit très clair sur ces sujets là et c'est pas uniquement défendre la culture défendre c'est intéressant depuis le début on parle évidemment de culture et d'éducation et on lit très régulièrement les sujets mais que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen c'est vrai que les deux sujets sont liés dans les commissions Erasmus défendre Erasmus ce n'est pas uniquement défendre l'acquis d'Erasmus d'Erasmus plus aujourd'hui qui est effectivement une très belle politique publique qui a fait beaucoup de choses qui est un budget conséquent de l'Union européenne mais c'est aussi dire qu'aujourd'hui ça doit aller bien plus loin parce que quand l'extrême droite parle d'Erasmus plus il l'utilise comme finalement symbole absolu de un droit des élites à la mobilité là où d'autres n'y ont pas accès alors qu'on sait qu'Erasmus a évolué évolué ces dernières années qu'il s'est étendu qu'il parle d'apprentissage qu'il parle sport qu'il parle plein d'autres dimensions qu'il a d'autres dimensions mais force est quand même de constater que dans la campagne des élections européennes qu'on a faite et on est ici quelques-uns à avoir sillonné le territoire quand on allait à la rencontre de missions locales d'agences Europe directe qui vont s'occuper de faire du lien dans les territoires pour encourager les jeunes à avoir des mobilités européennes que ce soit par les services civiques européens pour parler de manière schématique ou qu'on parle d'Erasmus plus beaucoup nous disaient oui mais c'est compliqué on n'arrive toujours pas à passer on va dire le cap du syndrome de l'imposteur parce que on a réussi et tu disais ça par rapport à l'ambition à l'instant Carole aujourd'hui la réalité c'est que ce sont des programmes qui sont plutôt très bien dotés financièrement le sujet n'est plus forcément uniquement une question financière pour l'accès à ce type de programme de mobilité beaucoup d'aides au logement existent beaucoup d'aides également et de prise en charge des frais d'inscription à l'étranger on a même vers certains pays européens une prise en charge quasi totale de la nourriture du logement de beaucoup de choses des mobilités sur place pour autant on n'arrive pas à passer encore la barrière et la frontière on va dire on n'arrive pas encore à complètement casser le syndrome de l'imposteur et je pense que ça va devoir faire partie du travail important qu'on va mener au sein de la commission culture et éducation au parlement européen en lien avec les collectivités territoriales en France mais dans d'autres régions d'Europe également c'est comment faire en sorte que tous ces programmes-là qui existent et qui nous rendent fiers puissent être déployés de manière réellement efficace et au plus proche des citoyennes et des citoyens parce que si on ne le fait pas comme ça l'extrême droite réussit à faire de très belles réussites qui évidemment sont encore à parfaire mais arrive à les transformer en fantasmes qui encouragent le recroqueillement qu'ils encouragent je vais vous donner un autre exemple et terminé ici je pense qu'il n'y a pas de sujet qu'on est illégitime à porter en tant que socialiste et en tant que parlementaire de gauche pour parler plus largement évidemment un des sujets importants pour nous quand on parle culture en tant que français c'est le sujet de la francophonie porter la francophonie porter la langue française dans la culture dans la création l'encourager porter aussi la production audiovisuelle j'en discutais avec Claire pendant l'été et avec Carole parce que j'avais vu passer une information qui disait que la région Occitanie espérait devenir une des premières régions de production audiovisuelle d'ici 2028 je crois en Europe c'est incroyable pourquoi on n'en parle pas plus c'est un peu quand même fou et c'est des choses qui à mon avis à l'échelle européenne et dans cette commission on va devoir porter avec beaucoup de force parler de francophonie parler de tout ça parce que si on ne le fait pas la réalité c'est que c'est l'extrême droite qui en parle alors que parler de la culture française parler de la culture francophone de nos poètes de nos auteurs parler de comment est-ce qu'on a envie que tout ça se retrouve dans les bibliothèques et dans les programmes scolaires partout en Europe comme nos collègues qui parlent plutôt l'allemand qui sont germanistes ont eux envie qu'on découvre des auteurs autrichiens ou allemands dans les programmes français je pense que c'est une beauté culturelle qu'il faut qu'on arrive à diffuser et en s'appropriant ces sujets en s'en emparant avec beaucoup plus de force je pense qu'on arrivera à combattre l'extrême droite qui bâtit sa bataille culturelle sur le recroquevillement mais aussi beaucoup de fantasmes

58:28
Présentateur

merci beaucoup Emma Emmanuel bon Paris par rapport à l'Occitanie aussi vrai que l'Occitanie est rurale Paris est urbaine c'est de la palissade de le dire et au sein de l'exception culturelle il y a eu une vitrine ou une exception culturelle c'est Paris donc moi j'aimerais un peu t'interroger pour voir comment tu vois le rapport entre Paris et ce qu'on disait affreusement avant le désert français qui n'est évidemment plus une réalité mais comment tu vois le rapport d'un point de vue culturel et d'éducation entre la tour Eiffel et le reste du pays voilà

59:06
Invité

Carole me rappelait que je vais souvent m'inspirer me ressourcer en Occitanie dans plusieurs endroits d'ailleurs dans les rots d'abord où il y a ma maman parce que le plus important c'est les mamans et ensuite dans le centre cosmogonique du monde qui n'est pas la gare de Perpignan contrairement à ce que pensait Dali mais le comminge d'abord non le Paris et le désert français ce n'est pas une réalité et Yann en a témoigné rapidement mais je vais le redire nous avons un tissu d'une exceptionnelle qualité et de densité culturelle mais et je vais revenir sur quelques éléments mais nous avons des villes extrêmement dynamiques sur le plan culturel en France tu en as cité beaucoup on peut citer Clermont-Ferrand Lille Lens alors tu commences un exercice difficile dégrenage j'en n'oublie j'espère n'en oublier aucun dans la salle mais il y en a évidemment beaucoup d'autres mais par contre c'est vrai que nous avons une offre en périurbain ruralité qui commence à poser question c'est d'ailleurs une illustration qu'on a sur les taux d'usage et typologie d'usage du pass culture c'est absurde mais au départ il n'a pas été pensé que les frais de transport devaient pouvoir être partiellement pris en charge par pass culture vous pouvez offrir ce que vous voulez en dizaines d'euros à un gamin qui habite à la campagne au fin fond de la campagne s'il n'a pas un financement de ses transports il forcément une difficulté d'accès bien plus grande et c'est un adolescent collégien et lycéen dans un village de 200 habitants à Saint-Fort-sur-Géronde en Charente-Médime qui vous le dit il y avait un club de sport c'était le foot et il n'y avait rien d'autre rien d'autre et pour trouver quelque chose il fallait aller à au moins 35 km au moins pour trouver la moindre association musicale et le moindre théâtre c'était 80 km sauf l'été parce que l'été heureusement bien des zones ont des activités plus denses c'est à dire la Rochelle tout le sud de la Charente-Maritime et tout l'est de la Charente-Maritime c'était très très dur et quand bien même il y a des pôles touristiques et culturels majeurs j'en oublierai mais Cognac Saint-Extra ce que je veux dire c'est que nous devons travailler sur la question de la répartition de l'effort territorial et de l'investissement territorial et dans les mécanismes sérégationnistes ils ne font pas non plus oublier ce qui existe aussi en milieu urbain et même si le théâtre le cinéma la bibliothèque etc il est qu'à deux stations de métro parfois pas beaucoup plus c'est pas pour ça qu'on y va c'est pas pour ça que spontanément on pense à y aller c'est pas pour ça évidemment les collectivités territoriales ont un rôle majeur de décloisonnement et de déségrégation là-dessus et honnêtement on va pas rentrer dans le détail ici mais les politiques publiques des collectivités territoriales sont vraiment très très puissantes et à mon avis soulèvent plusieurs sujets c'est d'abord la coordination des politiques d'éducation artistique et je dirais même d'éducation populaire au sens large dans lesquels des lieux de sérendipité et de proximité extrêmement utiles se déploient dans les associations de quartier dans les conseils de quartier vous connaissez vous connaissez ça évidemment dans ces nouveaux équipements hybrides et à Paris nous avons j'estime en la matière une expertise pas les seules évidemment mais une expertise à partager dans lequel à la fois Bertrand Alanoé et Anne Hidalgo ont conçu des nouveaux outils qui sont des lieux de convergence dans lequel on fait travailler art et science dans lequel on fait travailler informatique et création dans lequel on fait travailler éducation populaire et initiation artistique dans lequel notamment il y a un lien très fort avec le périscolaire ce qui m'emmènera au sujet fondamental qu'est celui de l'éducation dans un deuxième temps pour pas être trop long et pas répéter tout ce qui a été dit je voudrais mettre quelques idées au débat pour la suite de nos échanges comment on fait pour lutter contre l'extrême droite et est-ce que la culture est un levier et l'éducation le sont évidemment la réponse est oui mais quels sont les chantiers majeurs sur lesquels nous allons devoir travailler prochainement où je pense intéressant de travailler le premier comme ça marche c'est de renforcer considérablement les moyens et le champ d'action des collectivités territoriales d'abord parce que et que ce soit les trois blocs d'ailleurs régional départemental et communal parce que de par la connaissance qu'ils ont des acteurs de proximité de par peut-être la stimulation positive qu'ils engagent sur les les dracs sur les grands établissements publics nationaux culturels et le fait de les rappeler à leur devoir d'ouverture etc il faut renforcer et le budget et les moyens des collectivités territoriales par exemple je le dis je l'assume je me préoccuperai beaucoup plus de renforcer le budget des collectivités territoriales que d'abord de renforcer le budget de l'état sur le sujet de la culture je vais redire pourquoi dans un instant deuxième grand chantier là aussi il faudrait en parler longtemps mais c'est décloisonner l'éducation nationale et la culture ou imposer un travail beaucoup plus estroit entre l'administration de l'éducation nationale et l'administration du ministère de la culture que ce soit à travers évidemment les programmes scolaires et les ouvertures et beaucoup de choses sont faites je ne vais pas donner de leçons mais je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin et ensuite pour donner beaucoup plus d'agilité à des mécanismes de financement qui me paraissent encore beaucoup trop beaucoup trop cloisonné non pas pour être efficace parce qu'ils le sont mais en tout cas pour ne pas arriver à franchir un cap dans les phénomènes contre les phénomènes ségrégationnistes troisième sujet qui me paraît fondamental c'est la question de la stimulation et là encore une fois je ne veux pas donner le sentiment de critiquer les établissements publics nationaux enfin les établissements culturels d'état mais c'est les fameux opérateurs de la santé le programme 131 budgétaire c'est grosso modo la culture c'est dans le budget de l'état c'est sous le contrôle de ces 4,4 milliards d'euros dont la plus grande partie contrairement à ce qu'on pense mais c'est vraiment le patrimoine c'est 1,1 milliard 1 milliard pour la création et il y a des établissements nationaux qui ont fait leur révolution d'ouverture et qu'est-ce que ça veut dire d'ouverture c'est d'abord de se projeter en proximité auprès des publics y compris en allant chercher les publics qui naturellement ne viennent pas et ça de le faire en passant des partenariats avec les associations avec les lieux de médiation culturelle que sont les services publics de la culture les bibliothèques etc.

de le faire avec les écoles et beaucoup ont des programmes extrêmement inspirants celui moi pour lequel j'ai une admiration immense c'est pas le seul mais c'est évidemment les programmes de projection hors les murs de la Philharmonie pour moi l'une des plus belles réalisations culturelles de ces 20 dernières années et il faut obliger également les grands établissements ça a été amorcé à faire de la projection hors les murs dans les territoires alors nous l'avons fait de façon assez spectaculaire on se dit on ne s'est pas du tout fait ça je m'en occupe pas mais il y a eu des réalisations un peu spectaculaire quand vous créez le Louvre le Louvre-Lance au Pompidou-Metz et il faut continuer à le faire dans d'autres territoires dans lesquels quand on fait une cartographie et bien il y a des endroits où il y a des grands vides mais pas seulement peut-être aussi dans des formats plus sous plus léger parce qu'on ne va pas pouvoir construire des mini-louvres partout ce serait démagogique de ma part de les laisser à penser et le dernier sujet parce que je pense qu'on ne peut pas faire une table ronde sur ce sujet sans l'évoquer contenu de son urgence démocratique et je sais que je vais parler ici je l'imagine qu'à des convaincus c'est la question des médias la question puisque je le dis parce qu'il relève de notre champ de compétences à l'Assemblée nationale et avec les collègues qui travaillent au Sénat nous avons assisté non pas un phénomène nouveau on va pas les faire les naïfs mais qui a connu une accélération spectaculaire et insupportable insupportable qui est évidemment l'idée que des puissances d'argent se mettent au service de la transformation de l'opinion de la fabrique de l'opinion et en l'occurrence pour servir les intérêts de l'extrême droite la gauche a toujours eu une relation complexe au phénomène de concentration des médias qui est liée à l'idée que les puissances d'argent influent sur les médias au service de leurs propres intérêts c'est on va dire une lecture économique du fonctionnement des médias nous avons assisté et là aussi je dis que c'est pas nouveau ça a toujours existé des grands industriels qui est financé de la presse d'extrême droite c'est pas nouveau mais dans une organisation tellement assumée tellement systématisée qui à mon sens se traduit au moins par une anecdote une anecdote le groupe Bolloré et je cite Vincent Bolloré en la matière nommément puisqu'on comprend que c'est son hobby se fait supprimer une fréquence TNT c'est la plus lourde des décisions sur ces sujets là de ces dernières années David y a travaillé pendant des années c'est la plus lourde décision qu'est-ce qui se passe quelques jours après Cyril Hanouna sur cette fameuse émission qui a été créée après l'annonce de la dissolution comme un créneau d'influence un créneau de manipulation d'opinion Cyril Hanouna après la suppression ce qui montre qu'ils en ont rien à faire recrute comme chroniqueuse vous avez dû voir ça l'ancienne porte-parole de génération identitaire ces gens ne reculent devant rien pas même contre les sanctions pas même contre la menace que nous puissions nous législateurs nous en saisir donc je vous le dis et j'espère qu'on y travaillera collectivement dans les semaines et mois qui viennent à gauche et pas que à gauche parce que je pense que ça ne préoccupe pas que à gauche sur ce sujet en démocratie l'une des questions l'une des questions essentielles de la fabrique de la citoyenneté de l'éducation a fortiori quand nos enfants quand la jeunesse est confrontée de façon systématique à la profusion d'informations que tu citais tout à l'heure la question de l'indépendance des médias la question de la protection de la pluralité des opinions la question de la lutte contre les manipulations d'opinions en particulier par des puissances d'argent au service d'idéologie particulière quelle qu'elle soit en général mais évidemment en particulier d'extrême droite est à mon avis un sujet tout aussi urgent que le budget de la nation

1:09:35
Présentateur

merci beaucoup Emmanuel je ne sais pas si vous voulez réagir les uns et les autres sur certains propos ou sinon on passe à un moment d'échange et de discussion si ça vous va donc n'hésitez pas donc je vous vois je pense que peut-être en se levant ça suffit ou vous voulez le micro

1:10:01
Invité

bonjour je suis de je ne suis pas tout à fait au centre du monde puisque je suis à Montesquieu Volvestre pas loin c'est pour parler un petit peu de la relation entre les structures culturelles et les collectivités locales nous avons créé un milieu rural à 4 km de Montesquieu Volvestre pour ceux qui connaissent une structure qui accueille en résidence des artistes d'art contemporain venus d'Afrique et nous avons un autre programme c'est montrer l'Afrique vue par les photographes africains on n'a pas besoin on arrive à fonctionner dans un système économique qui fait que notre coopérative fonctionne mais ce qu'on cherche c'est un partenariat et c'est très compliqué j'ai été rencontrer la région chaque fois on me parle subvention mais j'arrive pas à dire est-ce qu'on peut travailler sur autre chose que des subventions si on peut travailler sur des partenariats j'ai fait pareil avec le conseil départemental c'est la même chose c'est la même réponse on ne sait répondre qu'en termes de on va vous donner de l'argent on n'a pas obligatoirement besoin de l'argent on a besoin d'un soutien politique quand on crée un lieu comme ça on a besoin d'un soutien politique on a besoin que vous soyez là on a mis 6 ans pour que une des adjointes de Carole se déplace enfin 3 kilomètres puisqu'elle habite à 3 ou 5 kilomètres pour venir voir le lieu pour nous c'est dur on a eu très peur on a eu vraiment quand on a cru que le rassemblement national était là on a besoin de vous pas seulement en termes de subvention on a besoin de vous pour que vous nous aidiez à amener le public notre public nos voisins ils viennent alors c'est pas on n'est pas le Louvre on a 800 visiteurs par an mais c'est nos voisins c'est les agriculteurs d'à côté c'est l'agriculteur qui arrive en bleu de travail avec ses bottes et qui nous dit excuse moi j'étais sur mon tracteur et tout d'un coup je me suis rendu compte que l'exposition allait se terminer et que je ne l'aurais pas vue ça c'est notre bonheur est-ce que vous pouvez comment vous pouvez nous aider vous autrement que par des subventions les subventions on verra vous savez faire en termes de partenariat comment on peut travailler mieux ensemble

1:12:36
Présentateur

est-ce qu'il y a d'autres questions là-bas

1:12:42
Invité

merci beaucoup bonjour je m'appelle Soraya je suis une nouvelle adhérente de la fédération de Melun en cinéma alors moi je voulais juste faire une petite parenthèse par rapport à ce qu'avait dit madame Delga vous avez parlé d'ambition il n'y a pas assez d'ambition peut-être dans certains milieux considérés comme défavorisés oui et non j'ai envie de dire moi j'ai eu des parents qui m'ont toujours beaucoup poussé personnellement et moi le manque d'ambition on me l'a on a voulu me le contraindre dans l'éducation nationale c'est à dire que quand moi je voulais j'ai dit à la conseillère d'orientation de m'aider à m'orienter pour être magistrat sa réponse a été vous voulez pas plutôt faire un BTS tourisme parce que c'est quand même dur les études pour être magistrat heureusement que j'avais des parents qui m'ont beaucoup poussé et c'est grâce à eux que j'ai gardé mes ambitions intactes bon j'ai pas été magistrat j'ai finalement été responsable juridique dans un fonds d'investissement mais bon je travaillais sur l'Afrique il y avait de l'impact donc ça restait quand même enrichissant donc voilà il y a aussi peut-être se poser la question dans l'éducation nationale qu'est-ce qu'on peut faire pour aider et vraiment inciter un petit peu plus les gens qui sont au contact des élèves pour les pousser vers les voies d'excellence et mieux les informer aussi parce qu'il faut aussi que le personnel éducatif montre qu'il croit aux jeunes et pas juste à chaque fois les pousser vers des voies de garage j'ai beaucoup de gens dans mon entourage qui ont été poussés vers des voies de garage qu'est-ce qu'ils ont fait quand ils ont eu l'âge de quitter l'école ils sont engagés dans l'armée parce qu'ils ne trouvaient pas de solution parce qu'on les avait enfermés dès le collège dans des voies dans lesquelles ils ne pouvaient plus sortir donc ça c'était une première parenthèse et puis l'autre chose alors je remercie tout ce que vous avez dit c'était technique il y avait des expériences très enrichissantes et vraiment des projets qui nous donnent matière à réfléchir et de l'espoir mais il y a une chose dont je n'ai pas entendu parler c'est l'avènement de l'IA qui est en train de changer déjà notre façon de travailler et qui a touché le monde artistique et ça a été il y a une prise de conscience à Hollywood donc qu'est-ce qu'on en fait en France aussi de cette prise de conscience et aussi ça change notre façon de travailler mais ça change ça doit aussi changer la façon d'enseigner et ça doit aussi changer même ce qu'on va enseigner dans l'éducation nationale et il y a vraiment un effort énorme qu'on doit faire je pense au sein de l'éducation nationale pour préparer les jeunes et les générations futures à l'avènement de l'IA qui va être un outil dont on peut se dire qu'il va détruire des emplois mais aussi ça peut être une perspective intéressante pour créer de la productivité tout en déchargeant beaucoup l'effort sur l'individu et il faudrait aussi réfléchir à comment capter la richesse générée par l'IA pour mieux la redistribuer dans la société voilà un petit peu mes réflexions

1:15:52
Présentateur

est-ce qu'il y a d'autres questions ? je vois pas ah pardon

1:16:01
Invité

bonjour à tous j'ai une question très très brève il s'avère qu'en France en 2023 et en 2024 le plus grand distributeur de livres pour enfants c'est McDonald's il distribue un million de livres pour enfants par an quand vous prenez un Happy Meal vous pouvez choisir un livre aujourd'hui on ne vit pas ça comme une sorte d'impérialisme culturel ou une volonté d'un grand groupe américain de peser sur la culture des enfants parce que les livres sont assez neutres si demain ça change qu'est-ce que nous collectivement on peut faire pour éviter cela et est-ce que c'est pas finalement un petit signe annonciateur d'une guerre culturelle qui est effectivement chez CNews mais qui est en train de redescendre la pyramide des âges vers les tout-petits

1:16:53
Présentateur

j'en prends encore une et puis après vous répondez

1:17:00
Invité

donc bonjour merci beaucoup je suis lycéenne et je trouve ça très bien de revaloriser le capital scolaire au lycée etc mais comment pouvons-nous le revaloriser sans avoir le temps de le faire c'est vrai qu'aujourd'hui dans notre système scolaire on fait du 8h 18h on rentre chez nous avec une charge de travail important mais bien sûr il faut se coucher à 21h pour notre bien-être donc est-ce que c'est possible d'envisager un système scolaire par exemple à l'espagnol ou est-ce que c'est trop compliqué je voilà

1:17:44
Présentateur

merci beaucoup dernière question

1:17:49
Invité

bonjour alors du coup moi j'avais une question déjà enchantée alors ma question est la suivante je voulais savoir est-ce qu'éventuellement le système au niveau de l'éducation nationale prévoit pour les étudiants qui sont issus du cycle enfin pour vous expliquer un petit peu je sais qu'il y a un cycle universitaire donc d'autre part on a des étudiants en fait qui passent par le système purement par enfin les écoles qui font donc un système de la première année jusqu'à la cinquième année et finissent sur un master et généralement en fait ces étudiants sont confrontés à des difficultés pour ce qui est de basculer et faire de la recherche parce que généralement les universitaires enfin les universités ne prennent pas les étudiants qui passent par ce système là qui veulent faire éventuellement de la recherche et sont confrontés à des difficultés notamment dans la recherche d'un directeur de thèse parce qu'ils proviennent d'une école et non d'un système universitaire du coup est-ce que à ce niveau là l'éducation nationale prévoit quelque chose pour la reconnaissance du moins faciliter ce basculement pour favoriser et permettre à ces étudiants de faire de la recherche pour ceux qui le veulent parce qu'on parlait justement d'excellence et ça revient justement ce cas là merci beaucoup

1:19:13
Présentateur

merci beaucoup je laisse peut-être répondre qui peut sur ces différents sujets Eric oui surtout qu'après je dois m'absenter donc je ne pourrais pas aller jusqu'au bout je voudrais juste dire deux trois choses rapidement la première chose ça a été dit par Émile Grégoire tout à l'heure mais ça me semble extrêmement important c'est qu'on ne peut pas imaginer dans ce pays appliquer une politique de gauche si on ne règle pas la question de ce que est en train de se passer vis-à-vis des médias et particulièrement des médias audiovisuels voilà parce qu'on pourra dire tout ce qu'on nous voudrons quand le seul lien social extérieur le seul le seul approvisionnement d'informations dans de multiples régions de France et je pense notamment à tout ce qui est villages petites communes ou le lien social moi je vois en Seine-Saint-Denis les associations les collectifs etc il y a des liens importants qui permettent quand même d'avoir des contacts avec l'extérieur on sait que les gens peuvent être isolés rapidement dans bien d'autres endroits où en plus les services publics ont régressé quand il n'y a plus que la télé qui rentre chez eux et qui leur bourre le crâne à longueur de journée la question de l'extrême droitisation de la pensée idéologique par les médias est absolument déterminante et de ce point de vue là je crois qu'on ne peut pas rien faire sur la question de concentration de médias en plus aux mains de gens d'extrême droite et par rapport à ce qui a été dit tout à l'heure sur McDonald's j'attire quand même l'attention sur le fait que Bolloré a aussi une maison des éditions qui font des bouquins pour l'éducation notamment H7 etc pour l'instant encore c'est relativement modéré mais là aussi ça peut vite participer à une politique de bourrage de crâche d'extrême droite moi je pense que ça c'est quelque chose à dire la deuxième chose c'est que là encore tout à l'heure je donnais des questions de moyens mais si on veut faire une véritable politique de la culture il faudrait peut-être faire en sorte qu'on ait un budget de la culture de budget public qui soit à la hauteur des ambitions et de ce point de vue là moi je suis satisfait que le programme de Nouveau Front Populaire mette à 1% ce fameux 1% qui est dans tous les programmes de gauche malheureusement pas encore appliqué le fait de dédier des financements publics à la culture et qui là aussi ne peuvent pas parce que c'est le problème aujourd'hui du ministère de la culture où une grande partie de son financement passe par le pass culture qui parvient des aspects est un effet d'aubaine pour des choses qui n'ont pas forcément besoin j'allais dire de l'aide publique pour permettre d'accéder à la lecture et autres donc moi je crois qu'il y a une vraie question et qui dit culture dit aussi que les gens qui les artistes puissent en vivre donc ça veut dire renforcer le statut d'intermittent ça veut dire très certainement réfléchir à un statut d'artiste auteur toutes choses qui sont aussi dans notre programme on a un petit peu ce que je voulais dire sur la question de la culture mais j'insiste vraiment sur ce que disait Emmanuel tout à l'heure ça me semble dans des mesures d'urgence que devrait prendre un gouvernement nouveau front populaire la question d'en finir avec ce qui est en train de se passer vis-à-vis des médias où on arrive presque à trouver que le CI est un média progressiste quand on regarde BFM et CNews et absolument BFM avec quand même juste une petite adotation quand même c'est que Saadé a acheté BFM grâce à la niche fiscale qui est celle de la taxation des transports qui est une niche fiscale absolument aberrante l'argent c'est comme ça qu'il peut acheter BFM donc on voit bien à service de qui et de qui après il le met donc je pense que c'est une question absolument essentielle pour lutter contre le néolibéralisme et l'extrême droite merci merci Carole

1:22:52
Emma Rafowicz

je vais essayer de répondre à plusieurs questions juste sur la question du régime à l'espagnol sur le temps mais de quelle région parce qu'en Espagne le temps scolaire n'est pas le même selon les régions c'est quel modèle à l'espagnol parce qu'il y a des régions qui sont sur 4 jours et demi c'est celui-là dont tu parles ah oui donc le temps scolaire finit à 15h et après il y a du temps oui d'accord ok oui parce que comme il y a une enfin les régions espagnoles sont beaucoup plus autonomes que les régions françaises et donc le système éducatif a un tronc enfin des dispositions communes mais après chaque région a une possibilité d'évolution qui est plus ou moins forte selon les régions je pense en effet que cette question du temps scolaire c'est fondamental clairement je suis pour la semaine de 4 jours et demi je suis pour la semaine de 4 jours et demi financée par le budget national parce que c'est une question d'égalité les questions de l'éducation nationale de la santé de la sécurité pour moi sont des missions régaliennes donc ça doit rester compétence et donc financement de l'état mais moi je crois à l'absolue nécessité d'avoir une semaine de 4 jours et demi parce que nous avons les journées les plus denses d'Europe au niveau de l'école et quand je dis l'école c'est aussi bien que le primaire que le collège que le lycée et il faut avoir plus de temps pour qu'il y ait les apprentissages des notions fondamentales et après l'ouverture au monde parce que justement pour combler les différences du capital culturel que ça soit la pratique artistique pratique sportive que ça soit la question des langues sur les programmes éducatifs en France on a un vrai retard sur la question de l'apprentissage des langues étrangères que ce soit aussi sur la découverte des métiers là c'est le corollaire avec la lutte contre le déterminisme social par rapport à l'orientation et il faut commencer tôt pour cela parce que quand on les acteurs touristiques la région Occitanie est une des premières régions les plus touristiques de France donc c'est un poids économique très fort ils me disent non non pas 4 jours et demi parce que le week-end va être tronqué ainsi de suite voilà donc non mais j'étonner un pays qui ne met pas comme priorité absolue l'éducation nationale et les conditions les plus favorables pour apprendre c'est un pays qui économiquement se sacrifie donc il faut avoir absolument cette question de la priorité à la formation de façon générale et je pense qu'en effet on sait très bien toutes les neurosciences le démontrent que l'apprentissage se fait le mieux à certaines heures de la journée qu'on ne doit pas avoir un volume d'informations et qu'il faut solliciter différentes fonctions cérébrales pour l'apprentissage et la pratique artistique et culturelle j'insiste sur la pratique parce qu'au niveau en plus des neurosciences on voit que c'est tout à fait différent de l'éducation culturelle que nous avons pu avoir nous de techniques de nos générations que de pratiques culturelles ou sportives donc ça c'est des sujets qui pour moi sont fondamentaux on ne peut pas continuer à avoir aussi peu de jours de classe en France ça veut dire qu'il faut aussi réduire les vacances parce que sur la question du décrochage et sur la question aussi de se soustraire à de la manipulation donc idéologique de par les médias la question des deux mois où pour certains jeunes tu es enfermé dans l'appartement et où tu ne vas voir sur les réseaux sociaux que certaines formes de médias il y a un emprisonnement intellectuel et une manipulation idéologique qui est très très forte deux mois de coupure ça casse vraiment la dynamique d'émancipation qui peut être générée par l'éducation nationale sur la question de l'ambition le témoignage quand je disais c'est un déficit d'ambition c'est pas forcément l'ambition de par la famille c'est tout simplement les chiffres sont là c'est que les études supérieures sollicitées sont moins moins larges quand on vient d'un milieu modeste parce qu'en effet justement au niveau des services de l'orientation de l'état il y a cette forme d'enfermement dans sa condition sociale voilà sa condition territoriale parce que là aussi la question de la réforme du lycée est en train de produire ses effets c'est d'ailleurs selon que l'on habite une grande ville où on peut changer de lycée parce qu'il y a des transports en commun qui permettent les liaisons facilement et donc d'avoir accès à des options des matières différentes quand on dit à un jeune arriégeois tu même du Loir-et-Cher tu es dans telle petite ville et pour aller apprendre telle manière tu dois faire 30 kilomètres ça ça marche pas quoi ça marche pas ça veut dire parce que parfois dans le lycée il n'y a pas d'internat aussi il faut connaître quand même le réel et donc là il y a vraiment une ségrégation sur la possibilité de choisir et donc d'avoir de l'ambition sur la question du partenariat ça c'est toute la question le partenariat est-ce qu'il doit être à l'échelle de la région quand on a 4500 communes ou il doit être sur des structures intermédiaires alors moi je suis et régionaliste et départementaliste et je suis pour les territoires de projet donc là moi clairement les services de la région les élus régionaux ou les services ne peuvent pas être ne peuvent pas initier ce partenariat parce qu'il y a 4500 communes sur 13 départements et c'est pourquoi la région finance une partie des salaires des pays PETR pour que ces territoires de projet puissent emmener cet accompagnement ce partenariat alors on est dans le même pays le pays du Sud Toulousain donc je rappellerai au président qu'il y a un financement de la région pour ce genre de choses mais ce que tu dis est vraiment symptomatique de notre société avec ce sentiment d'isolement sentiment d'isolement qu'on mène une initiative culturelle sentiment d'isolement chez nos concitoyens d'où la présence de la télé en boucle et moi au fil des années des campagnes je commence à en faire depuis un certain nombre d'années et la campagne des législatives j'ai fait du porte-à-porte comme j'avais déjà fait en 2012 et où je suis très étonnée c'est quand on fait du porte-à-porte donc en 12 ans quand on va dans les maisons il y a de ça 12 ans rarement la télé a été allumée là quelle que soit l'heure dans laquelle on va en porte-à-porte que ça soit en habitat collectif ou en habitat dispersé de lotissement ou que ça soit dans un village dans les trois quarts des cas la télé est allumée et la télé est allumée très souvent sur CNews et donc on peut être dans un village de s'habitants on va prendre Montesquieu-Volvestre on peut être à Montesquieu-Volvestre et quand vous faites du porte-à-porte les gens ils vous parlent des problèmes d'insécurité et voilà de choses qui n'existent pas mais seulement par bien sûr le prisme de CNews et bien ils importent le sentiment d'insécurité dans des territoires où ça n'existe pas et c'est clairement un terreau un ferment pour le vote Rassemblement National et la question de l'isolement et la question que le seul lien social le seul accompagnement la seule présence qu'il y a c'est la télé et c'est pour ça que je partage tout à fait l'alerte d'Emmanuel sur cette question qu'aujourd'hui on a les effets au niveau électoral mais au niveau également de l'imaginaire collectif de la politique Bolloré clairement et on voit même en deux ans vraiment l'accélération qui est très très forte sur sur cette manipulation et qui est extrêmement inquiétante c'est pour ça qu'on doit tous mobiliser pour stopper vraiment le développement du Rassemblement National qui est en grande partie généré par les politiques injustes d'Emmanuel Macron

1:32:07
Présentateur

Merci beaucoup Carole Emmanuel

1:32:10
Invité

Deux réactions rapides sur deux sujets qui ont été évoqués qui me paraissaient très intéressants sur l'IA tu as évoqué les aspects économiques qui sont fondamentaux c'est peut-être moins le thème aujourd'hui mais il y en a au moins un autre de l'IA c'est qu'il va on est vraiment à l'aube d'une révolution cognitive qui va bouleverser l'univers et j'espère juste qu'on sera encore là pour le voir collectivement c'est vraiment une révolution de l'éducation précisément il faut comprendre que dans cette révolution technologique il va y avoir une inversion sensorielle c'est à dire là où l'un des éléments de l'éducation était aussi la capacité à prendre de la distance à ce qu'on voit à ce qu'on lit etc l'IA est capable de telles innovations en termes de qualité d'exécution en termes de ciblage par rapport au profit de la personne qui le perçoit etc il va falloir que nous éduquions et que nous nous éduquions nous-mêmes à prendre de la distance avec ce qui fait quand même l'essence de notre relation au monde c'est à dire nos sens de voir quelque chose en se disant ce que je vois n'est peut-être pas vrai alors que tous nos sens nous disent que c'est vrai et on commence c'est pas encore une réalité mais ça le sera la question c'est dans 5 ans ou dans 10 ans et ça va soulever des questions sociétales absolument majeures le deuxième sujet moi je parle pas des lycées parce que je connaissais ça beaucoup moins que Carole mais la question que tu posais est bien plus intéressante que les lycées seulement parce que tu poses une excellente question c'est qu'en fait on peut parler de culture d'accès à la culture etc la question repose sur au moins deux discriminations c'est le temps et l'argent pour profiter il faut avoir du temps or on sait que c'est l'un des sujets sur lequel il y a des phénomènes sérégationnistes très fort il y en a un qu'on connaît c'est la sérégation spatiale je dois aller loin pour avoir accès et le deuxième c'est plutôt temporel c'est je dois avoir du temps et moi j'ai par exemple une population à Paris sur lequel je souhaiterais que nous puissions renforcer nos efforts c'est les familles monoparentales dont à 90% je rappelle qu'elles sont composées de femmes pourquoi je dis ça c'est quelque chose que j'ai éprouvé vraiment dans mon analyse et comptoir de bar et quand même un peu documenté et sociologique de la crise du Covid la crise du Covid c'était intéressant parce que vraiment il faut les chercheurs en sciences sociales vont avoir beaucoup de travail sur cette crise c'est pas pareil de vivre la crise Covid quand on est chez soi à Paris dans un appartement plutôt grand si possible si possible avec un pouvoir d'achat suffisant pour aller s'acheter du fromage de la bonne viande et des bons vins en bas de la rue ce qui est incontestablement pas à la portée de tout le monde si on a 14 abonnements à des plateformes numériques c'est pas tout à fait aussi chiant que si on a pas d'abonnement du tout si on a la capacité si on a la capacité de faire des visios etc ce que je veux dire c'est que dans les phénomènes d'isolement que la crise Covid a en milieu urbain accéléré on a vu des éléments intéressants de compréhension de ce qu'est la ségrégation urbaine à l'intérieur même de la ville sur l'argent on le sait c'est contre quoi on se bat mais il n'y a pas que ça il n'y a pas que ça c'est l'âge c'est l'insertion sociale c'est sa propre relation psychologique au travail etc et l'une des réflexions sans vouloir faire l'éloge du droit à la paresse parce que les mots étaient fort beaux au 19ème ils sont un peu galvaudés aujourd'hui mais c'est exactement le même thème qui était évoqué avec provocation à l'époque c'est le temps à soi comment la société provoque des discriminations telles que certains ont beaucoup de temps pour eux-mêmes qu'ils utilisent comme bon leur semble en faisant du sport en faisant de l'associatif en lisant en vagabondant en flânant peu importe et des gens qui n'en ont pas qui n'en ont pas du temps pour eux parce que leur journée elle est remplie par le boulot les enfants quand ils ont le bonheur d'en avoir et de toute façon pas la capacité par l'argent de s'offrir du temps s'offrir du temps par l'argent c'est payer quelqu'un pour faire le ménage à sa place c'est payer quelqu'un pour garder ses enfants pour sortir etc et je crois qu'il est de notre devoir de réfléchir sur ce temps à soi parce que c'est incontestablement dans ce temps à soi qu'on trouve peut-être les respirations dont on a besoin pour moins regarder ces news et un peu plus lire ou tout simplement aller au théâtre

1:36:36
Présentateur

merci beaucoup Fathia puis Emma et peut-être le mot de la fin au maire de la capitale européenne de la culture si on veut bien il nous reste 15 minutes donc chacun s'autodiscipline je sais qu'on est capable de le faire merci

1:36:50
Emma Rafowicz

bien moi je vais axer ma réponse sur les voies d'excellence et puis je vais ouvrir à ma réponse à l'orientation bac moins 3 bac plus 3 mais aussi à l'accessibilité de la culture et vous allez voir qu'il y a un point commun donc c'est vous qui avez posé une question sur les voies d'excellence et sur le problème de l'orientation des jeunes vers d'autres voies que celles qui devraient leur être prédestinées ce qu'il faut dire en France c'est que l'orientation a été totalement détricotée détricotée depuis qu'on a créé le métier de conseiller d'orientation psychologue qui n'est plus le même métier que le conseiller d'orientation le conseiller d'orientation psychologue a d'autres missions que l'orientation des élèves et à partir de là la réalité c'est que en France tous ces postes que l'on avait ont disparu et on a donné cette mission aux enseignants de fin de cycle aux enseignants donc de 3ème aux enseignants de seconde et aux enseignants de terminale en leur donnant des HSE c'est à dire des heures supplémentaires quelques j'allais dire une petite dizaine d'heures supplémentaires dans l'année pour orienter les élèves et c'est un métier qu'ils ne connaissent pas ce n'est pas leur métier ils sont professeurs d'une discipline certains je parle en connaissance de cause puisque j'étais moi-même prof de collège et prof de lycée certains se sont aux formes donc dans leurs heures de liberté et d'autres ne le font pas mais ce n'est pas leur métier en réalité en réalité le professeur doit proposer aux élèves les différentes orientations possibles et ça s'arrête là il ne doit pas expliciter chaque orientation puisqu'il ne les connaît pas lui-même donc aujourd'hui en France on a un énorme problème et moi pourquoi je parle de bac moins 3 bac plus 3 parce que la réalité le problème se pose dès la 3ème et il se repose en première année de fac puisque la massification veut que tout le monde aille à la fac mais quand les étudiants arrivent parfois ils ne se plaisent pas ils ne se reconnaissent pas et c'est assez souvent puisqu'il y a 40% d'échecs en première année de licence bac moins 3 Emmanuel Macron Nicole Belloubet et compagnie et Gabriel Attal ont eu une superbe décision avoir le brevet des collèges pour passer en seconde pourquoi ?

pourquoi cette décision ?

et bien tout simplement parce qu'il y a trop d'élèves il y a trop de lycéens qui ont le bac et donc la porte d'entrée à l'université elle est plus possible puisqu'il n'y a plus de place à l'université c'est une façon de faire un barrage à tous ces jeunes qu'on veut envoyer en lycée professionnel alors qu'on sait très bien qu'il n'y a pas de place en lycée professionnel mais c'est une façon de les mettre dans une impasse donc le bac moins 3 il faut vraiment le surveiller comme un lait sur le feu en se disant les réformes que le gouvernement Attal a voulu ont en réalité c'est pas un sursaut d'autorité c'est pas le diplôme qui a une valeur extraordinaire le brevet des collèges c'est pas du tout pour ça ce qui est sous-entendu c'est de dire voilà on a trop d'élèves au lycée parce que ces élèves du lycée vont avoir à 80% le bac et il faudra les envoyer à la fac et il n'y a pas de place aujourd'hui moi ce que je prône ce que je demande en tant que d'abord ancienne prof mais en tant que présidente de la commission éducation c'est un vrai métier de l'orientation de vrai professionnel de l'orientation qui serait rémunéré par l'éducation nationale et qui n'aurait comme fonction unique d'orienter les élèves et là je pense que les voies d'excellence on les proposerait à tous et on essaierait vous imaginez que maintenant on en est venu à la bonne volonté des enseignants ça n'est pas leur mission première que de se dire que de dire à un élève de banlieue oh mais moi je te vois bien faire une prépa et de pousser les parents et de pousser les familles et de on devient un peu et conseillère d'orientation psychologue prof sociologue enfin tout ce que vous voulez ça n'est pas la mission d'un professeur disciplinaire normalement un professeur il a bac plus 5 pour enseigner dans une discipline les lettres et puis pour faire passer le bac aux gamins deuxième deuxième problématique c'est l'accès et l'accès dans ces voies d'excellence mais aussi l'accès aux mondes inconnus moi je suis prof de Seine-Saint-Denis mais j'ai aussi été élève de Seine-Saint-Denis puisque j'ai toujours habité dans le 93 j'ai eu la chance d'être plutôt une bonne élève mais autour de moi l'accès à la culture j'ai jamais osé aller à l'opéra j'ai habité Montreuil Mairie de Montreuil donc le métro ligne 9 assez direct pour aller à l'opéra de Paris je n'y suis jamais allée avant l'âge de 17 ans pourquoi avant l'âge de 17 ans parce qu'à 17 ans j'ai eu une médiation culturelle c'est à dire des professionnels de l'opéra de Paris qui sont venus nous expliquer ce que c'était que l'opéra que c'était un accès libre gratuit pour les moins de 18 ans qu'on pouvait aussi venir faire des ateliers à l'opéra de Paris de façon complètement gratuite pour les jeunes s'il n'y a pas de médiation l'accès à la culture l'accès à l'éducation elle se fait par de la médiation humaine moi je ne crois pas je vous le dis honnêtement par exemple au Smart Université où on est tout seul devant son ordinateur on apprend des tas de choses et ensuite on a une espèce de bilan de compétences pour savoir si on sait bien faire ceci, ceci, cela je veux bien mais je pense que l'accès à l'humain doit être tout le temps prévalu pourquoi ?

parce que chaque jeune est différent chaque accès est différent je vais vous donner deux accès à la culture différents les jeunes de on va dire de banlieue et les jeunes du monde rural l'accès à la culture pour le monde rural le pass culture la part collective elle est de 30 euros par élève elle est totalement totalement sous-utilisée dans le monde rural j'ai une carte géographique de la France avec l'utilisation du pass culture en France là je parle de la part collective pas de la part des 300 euros qu'on vous donne et vous achetez des jeux vidéo non c'est pas celle-là la part collective c'est le prof qui va dire tiens je vais emmener ma classe à une sortie culturelle théâtre, cinéma opéra cette part collective en Ile-de-France elle est utilisée dans les grandes villes les métropoles elle est utilisée dans la ruralité elle n'est pas utilisée et donc l'accès il y a la frontière invisible des banlieues où les jeunes n'iront pas parce qu'ils n'ont pas de médiation au théâtre ou au cinéma mais il y a aussi l'accessibilité avec les transports le problème des transports qui font que les profs disent moi c'est 30 euros je vais en faire quoi il me faudrait 30 euros pour le transport et 30 euros pour emmener mes élèves donc il me faut 60 euros je les ai pas je les emmène pas donc conclusion l'accessibilité de rendre accessible la culture rendre accessible l'éducation ça se fait par de l'humain ça se fait par une médiation humaine avant tout

1:44:14
Présentateur

merci Fatia Emma 2 minutes

1:44:21
Invité

je vais être courte j'ai senti les regards menaçants d'Alexandre Roussil donc je vais être très courte je pense qu'on a parlé d'énormément de sujets mais en fait ce qui m'intéresse énormément dans vos questions c'est que beaucoup d'entre vous parlent d'émancipation et du chemin qu'on choisit collectivement en fait pour y parvenir et quelles propositions on essaie de porter en tant que parlementaire élu de gauche ce dont je suis persuadée et c'est notamment les camarades tout à l'heure qui parlaient du temps et Emmanuel a formidablement bien parlé du temps qui nous reste le temps qu'on a pour soi donc je vais pas tout répéter mais je pense qu'aujourd'hui il faut qu'on arrive à réinvestir cette question du temps libre et du temps libéré de comment est-ce que nous on construit toutes ces choses là quand on parle des jeunes et tu as bien fait Fatia de parler du pass culture on a parlé du pass culture européen pendant cette campagne des élections européennes même ça on est aussi parfois face à des contradictions assez importantes qui sont liées à la fois à comment est-ce qu'on a envie d'amener des jeunes à se cultiver à avoir accès à la culture et en même temps des débats sur des débats qui reviennent tout le temps est-ce que c'est vraiment des oeuvres qualitatives est-ce que les mangas c'est vraiment lire des débats qui parfois en plus sont surtout je dirais assez méprisants pour une classe d'âge qui a tendance à se cultiver de manière différente sans que ce soit moins bien mais bien différemment et je pense qu'il faut absolument qu'on réinvestisse ces sujets là qu'on parle aussi du temps qu'on a à notre disposition pour avoir accès à la culture aux jeunes socialistes aux partis socialistes maintenant depuis la campagne présidentielle de 2022 on défend l'allocation d'autonomie pour les jeunes c'est une proposition qui vient des organisations de jeunes des organisations syndicales de dire qu'on a besoin aujourd'hui de vivre si on veut avoir accès à la culture si on veut avoir accès à la santé si on veut avoir accès à un quotidien finalement de dignité et bien il faut avoir les revenus qu'ils permettent et il faut pouvoir vivre dignement et on a quand même beaucoup parlé de jeunesse en même temps parce qu'on a parlé d'éducation on a parlé de culture on a beaucoup parlé de jeunesse d'orientation si on veut réellement que la jeunesse ait accès à la culture il faut aussi qu'elle ait accès à l'autonomie et notamment qu'on lui permette de ne pas être uniquement lié à ses parents uniquement lié à son lieu d'habitation et donc permettre l'autonomie c'est aussi permettre d'avoir les moyens financiers d'y accéder et je pense que ce sera une de nos batailles dans les différents parlements et dans les collectivités locales pendant les prochaines années

1:47:00
Présentateur

merci beaucoup Emma Yann pour le mot de la fin

1:47:05
Invité politique

bien je ne sais pas si ce sera le mot de la fin moi d'abord je voulais toutes et tous vous remercier pour cet atelier pour cette conférence parce que ça montre quand même que la culture est essentielle pour les socialistes et les gens de gauche et que ça fait partie je le dis ça fait partie de notre ADN je disais avant que tu arrives Carole je disais je disais la chose suivante en finale de la capitale européenne de la culture française c'était 4 villes de gauche 4 villes de gauche et pourquoi ?

parce que c'est vraiment notre histoire et on sait que c'est un moyen extraordinaire d'émancipation d'émancipation notamment des plus jeunes mais pas que en revanche il y a un problème et vous l'avez souligné tu l'as souligné tu l'as souligné dans nos interventions c'est qu'il y a une discrimination territoriale liée à la culture moi quand j'ai préparé le dossier pour poser la candidature de Bourges en tant que petit poussé encore au deuxième tour je me suis rendu compte que les flux financiers madame la présidente de la commission les flux financiers venant du ministère étaient deux fois plus importants dans les métropoles que dans les villes à taille humaine comme les miennes et encore dans les territoires ruraux et donc notre enjeu collectif c'est aussi de mener cette bataille de la répartition des crédits culturels au niveau de l'ensemble du territoire national deuxièmement et ça rejoint ça il faut une nouvelle étape de la décentralisation culturelle nous on a mis en avant alors quand je dis ça c'est pas du tout contre les agglomérations qui font le boulot que les choses soient très claires je vois ce qui est fait par Montpellier par Rouen par Clermont-Ferrand qui était au deuxième tour mais on a besoin d'une deuxième étape de la décentralisation culturelle nous notre projet à Bourges il s'est dit on a mis en avant pour la capitale européenne de la culture en 2028 le temps des villes à taille humaine est venu le temps des villes de moins de 100 000 habitants est venu et en plus ce temps il permet quand même une intervention différente parce que l'objectif aussi chers camarades c'est que nous ne soyons pas des consommateurs de la culture mais des acteurs de la culture et c'est beaucoup plus facile de pouvoir accompagner faire créer par les associations par les individus par les écoles par les collèges par les lycées quand vous êtes dans une ville à taille humaine que quand vous êtes dans une métropole enfin il y a quelque chose qui m'a touché dans vos propos même de ce que ici c'est vous avez raison tu as raison sur le rapport au temps alors au temps à consacrer à la culture mais aussi au temps on n'en a pas du tout on n'a pas du tout abordé je terminerai là dessus on n'a pas du tout abordé la dimension écologique et la dimension développement durable dans la culture moi le 13 décembre un jour de la victoire de Bourges on était les 4 maires rassemblés au ministère de la culture c'est un jury européen qui a choisi la ville de Bourges et à la fin j'ai demandé à la présidente du jury qui est une italienne je lui ai dit mais pourquoi in fine vous avez privilégié Bourges elle m'a dit la chose suivante elle m'a dit nous avons privilégié Bourges dans cette désignation au delà du fait que vous avez développé cette idée de petite ville par rapport aux métropoles au fait que nous dans notre projet on a réfléchi de la manière suivante sur le fait que comment les européens et comment les français vont se rendre dans la ville lauréate en 2028 et on s'est dit on ne peut pas faire comme ça se faisait avant comme ça s'est fait à Marseille comme ça s'est fait à Lille comme ça s'est fait à Matera en 2019 quand ils ont eu le titre alors que c'est une ville de la même taille de Bourges on s'est dit ils ne peuvent pas privilégier l'avion donc nous dans notre projet on a dit quand vous viendrez à Bourges en 2028 vous privilégierez le train et notamment les trains de nuit parce que l'empreinte carbone cher chers camarades quand vous faites un rassemblement comme le printemps de Bourges comme ce qui se passe à Toulouse à Montpellier ce n'est pas ce n'est pas les artistes c'est le public qui se déplace et je sais que vous dans votre région en plus vous avez une politique spécifique sur le déplacement en train c'est le cas aussi à Avignon etc.

et donc nous on a proposé que les Européens viennent à Bourges en passant par Paris en passant par le Sud aussi en train et notamment en train de nuit dans lesquelles il y aurait des propositions artistiques voilà mon mot de la fin chers amis chers camarades c'est venez à Bourges en 2028

1:52:12
Présentateur

merci beaucoup merci à tous pour votre participation il y a Chloé Riedel qui me fusille des yeux parce qu'elle annule la table de rond du vent donc à très bientôt et poursuivez avec le programme merci à tous