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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 octobre 2024 25 min

Budget, retraites, 49.3... le 8h30 franceinfo de Clémence Guetté

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clémence Guettet. Le gouvernement veut que les Français travaillent plus. Antoine Armand, le ministre de l'économie, a évoqué l'idée d'une deuxième journée de solidarité pour financer les EHPAD. Il en existe déjà une, on le sait, journée non payée qui avait été instaurée en 2004. Est-ce que vous y êtes favorable ?

0:21
Clémence Guetté

Non, je n'y suis pas favorable. Je pense qu'il faut vraiment reprendre le problème à l'endroit. Aujourd'hui, les Français travaillent déjà beaucoup, y compris dans la moyenne européenne. Ils sont extrêmement productifs. Et je pense qu'il faut trouver d'autres sources de financement. Mais en fait, sur cet exemple comme sur d'autres, et j'imagine qu'on va parler du budget, on voit que la Macronie est quand même enfermée dans une logique idéologique qui est celle du néolibéralisme, qui consiste toujours à faire payer les Français, qui consiste à les faire travailler davantage, qui concerne aussi à distiller une petite musique sur la présupposée fainéantise.

C'est exactement la mesure sur les fonctionnaires qui a été l'absentéisme des fonctionnaires.

1:00
Présentateur

Elle est vraiment très douloureuse, cette journée de solidarité de 2004, qui est sur lundi de Pentecôte.

1:05
Clémence Guetté

Elle n'est peut-être pas très douloureuse, mais aujourd'hui, il y a d'autres moyens pour trouver de l'argent.

1:11
Invité

Le fait que c'est 2 milliards 4, une éventuelle deuxième journée, c'est un rapport sénatorial qui a calculé ça. Oui, d'accord. C'est de la solidarité, c'est les EHPAD. Alors peut-être que vous êtes coincés, mais le fait est que la cause vaut peut-être cet effort-là qui n'est pas insurmontable.

1:26
Clémence Guetté

C'est une cause extrêmement importante, mais en fait, la question, c'est comment on finance. Donc, financer la solidarité dans les EHPAD, ça veut dire trouver d'autres sources de financement pour la sécurité sociale. Par exemple, je ne sais pas, faire surcotiser les dividendes. On peut trouver des milliards, parce que vous me donnez le coup. On peut trouver des milliards d'autres façons. Mais la question, c'est est-ce qu'on s'autorise ou non à aller chercher l'argent dans les poches de celles et ceux qui en ont beaucoup ? Ou est-ce que c'est 90% de la population française qui s'est appauvrie dans les 7 ans de macronisme, qui doit toujours continuer ?

90% de la population française s'est appauvrie dans le même temps où les riches ont accumulé des milliards et des fortunes extraordinaires en macronie.

2:07
Invité

Typiquement, sur les carences de fonctionnaires en cas d'arrêt maladie, l'idée de l'aligner sur le privé, 3 jours au lieu d'un. Enfin, pourquoi il y aurait une différence entre le régime du privé et du public ?

2:16
Clémence Guetté

Mais en fait, ce sont des présupposés. Ça n'est pas exact. Alors, je vais vous donner des chiffres. Il y a bien un jour, aujourd'hui, dans le public et 3 jours dans le privé. Est-ce que c'est exact ? Aujourd'hui, dans le privé, 70% des entreprises décident par convention collective de finalement ne pas faire payer les salariés pour ces jours de carence. Ça n'est pas le cas dans le public. Aujourd'hui, le gouvernement choisit de s'en prendre aux fonctionnaires. C'est un actif sur 5 et de distiller, c'est ce que je vous disais juste avant, cette petite musique sur une présupposée absence plus forte. Dans le public, c'est 11,5 jours d'absence en moyenne par an. Dans le privé, c'est...

14 dans le public.

2:57
Invité

Non, c'est l'inverse.

2:58
Clémence Guetté

14 dans le public et 11,7 dans le privé. Dans le public, moi, les chiffres que j'ai. En 2022, l'adresse 11,5 dans le public, 11,7 dans le privé. Et par ailleurs, interrogez-nous sur pourquoi les gens seraient absents. D'abord, ils sont absents parce qu'ils sont réellement malades. Je précise quand même. Les gens sont réellement malades et donc ils prennent...

3:17
Présentateur

14,5 jours d'absence dans le public, 11,7 par an dans le privé.

3:21
Clémence Guetté

Moi, je vous ai donné les chiffres de l'adresse.

3:24
Présentateur

J'entends vos chiffres, je vous donne ceux qui nous sont donnés également.

3:26
Clémence Guetté

En tout cas, on peut voir que l'écart n'est pas aussi important que ça. Donc, les gens sont réellement malades. Ensuite, pourquoi ils sont absents au travail ? Aujourd'hui, dans la fonction publique, il y a une souffrance au travail qui est extrêmement importante.

3:39
Invité

Qui existe dans le privé, qui est immense.

3:41
Clémence Guetté

On le sait, ce mal-être, il existe aussi dans le privé. Il existe aussi dans le privé. C'est pour ça que moi, je ne tiens pas à mettre en concurrence les salariés du privé et du public comme le fait le gouvernement, supposément, pour faire comprendre que dans la fonction publique, les gens seraient des feignants. Parce que c'est ça que le gouvernement sous-entend aujourd'hui. Il y a de la souffrance dans la fonction publique. Il y a de la souffrance chez les profs. Il y a de la souffrance chez les soignants. Pourquoi ? Parce qu'il y a des mauvaises rémunérations. Parce qu'il y a des mauvaises conditions de travail. Quand toute la journée, vous devez tenir aux urgences en sous-effectif.

Quand toute la journée, vous devez tenir devant des classes qui sont surchargées. Et là aussi, vous n'avez pas les moyens de faire votre métier aussi bien que vous voudriez le faire. Ça crée de la souffrance au travail, évidemment. Donc, ça crée des arrêts maladie. Et par ailleurs, il y a des études qui ont montré que ce ne sont pas les salariés les mieux protégés qui s'arrêtent le plus et qui, entre guillemets, en profiteraient. Mais qu'au contraire, quand on a une bonne protection sociale, il y a moins de jours d'arrêt maladie. Voilà. En fait, ce dont on parle, c'est le sens du travail et les conditions de travail.

Et pour ça, je suis désolée, mais j'en reviens à la question budgétaire, il faut des moyens. Parce qu'il faut des moyens pour rémunérer correctement tous ces personnels qui font nos services publics dans le pays.

4:45
Invité

Ce sera un amendement qui arrivera à l'Assemblée le 5 novembre lorsque vous reprendrez l'examen du budget qui a été suspendu, si on peut dire, puisqu'il n'a pas été terminé à tant sème d'histoire. Vous avez attaqué le budget de la Sécu et d'ailleurs balayé dès hier les trois premiers articles du texte avec le soutien ou l'abstention du RN. On en parlera sans doute, mais excite par exemple la rectification du déficit de la Sécu lui-même. Le texte dit 18 milliards d'euros cette année au lieu des 10 prévus. Et vous, vous contestez ce chiffre ?

5:15
Clémence Guetté

Oui, alors en fait, il y a une question de sincérité du gouvernement. On voit quand même que dans toutes les prévisions... Donc les comptes de la Sécu sont insincères là ? Non, mais attendez, je ne sais pas, je n'en ai pas les chiffres, je ne suis pas rapporteur général du budget de la Sécurité sociale. Vous interrogeriez M. Noder à ce propos. Il n'empêche qu'il y a une question de sincérité de toutes les trajectoires budgétaires que nous ont présentées le gouvernement jusqu'ici. Vous le savez, la commission des finances se transforme d'ailleurs en commission d'enquête sur le budget de l'État cette fois-ci pour savoir, pour comprendre comment on en est arrivé dans cette situation.

Donc ça, c'est la première chose. Ensuite, pour revenir à votre question quand même, je fais un bilan rapide de ce qui s'est passé sur le PLF, c'est-à-dire le budget de l'État, avant de passer au budget de la Sécurité sociale. Il y a eu trois enseignements extrêmement importants. D'abord, qu'il y avait une majorité à l'Assemblée nationale pour en faire un budget de justice sociale. Nous avons fait passer, sur la partie recette, donc comment on trouve de l'argent, des mesures en faveur de la taxation des plus riches, des plus grands groupes.

Et nous avons trouvé des milliards qui correspondent et qui correspondront à la fin de l'examen, peu ou prou, aux 60 milliards de coupes budgétaires que nous a annoncés. On ne va pas faire tout le budget par-dessus. Monsieur Barnier, qu'on a beaucoup évoqué, et l'actualité sur le budget de la Sécurité sociale. Avant de passer au budget de la Sécurité sociale, la logique politique est la même. Ce à quoi on a assisté, c'est la Macronie en déliquescence totale. Ils n'étaient pas là. Ils étaient quatre, mais vraiment littéralement quatre, les quatre cadres du parti pour défendre ce budget. Deux à la droite républicaine, c'est quand même le budget de Monsieur Barnier.

C'est comme si on avait un budget France Insoumise et qu'on était deux sur nos travées pour le défendre. Donc la Macronie, il n'y a plus personne. Tout le monde s'en fiche. Personne n'est derrière Monsieur Barnier, qui a un budget illégitime. Et la troisième chose, c'est que le RN est en soutien de ces budgets austéritaires et qui vont faire payer la majorité des Français. Et sur la Sécurité sociale, nous allons voir ce qui va se passer. Vous savez qu'en commission des affaires sociales, il a été rejeté, ce budget. C'est historique. Il n'y a pas de majorité pour le budget de la Sécurité sociale qu'on nous présente. Là, ça commence tout juste en hémicycle.

Et d'ailleurs, aujourd'hui, on a un enjeu très intéressant, puisqu'on a à nouveau une occasion de voter sur la question de la retraite. De la retraite dont nous demandons l'abrogation, la réforme passée par Monsieur Macron.

7:16
Invité

Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget, n'exclut pas de revoir la copie là-dessus sur le report de la hausse des pensions de retraite. L'indication sur l'inflation qui est repoussée de six mois. Il parle d'une compensation pour les retraites inférieures à un seuil, par exemple, de 1 200 euros. Est-ce que ça vous satisfait ?

7:32
Clémence Guetté

La question, c'est la mécanique. Eux, ils veulent désindexer ces pensions de retraite, puis nous dire qu'ils vont rehausser pour les plus petites. Dans six mois. Nous allons, nous, amender pour que les retraites soient indexées sur l'inflation. Nous allons aussi amender pour que ça concerne tout le monde. 1 200 euros, c'est un seuil qui est choisi de manière individuelle.

7:52
Présentateur

Un retraité qui a 4 500 euros par mois de retraite, il a besoin d'avoir 1,8% d'augmentation au 1er janvier ?

7:58
Clémence Guetté

Non, mais beaucoup moins que quelqu'un qui a 800 euros, je vous l'accorde. Quelqu'un qui a 3 000 euros, quelqu'un qui... Oui, mais c'est une question d'universalité. On peut défendre l'indexation des salaires et des retraites sur l'inflation quand les gens, avec des budgets alimentaires qui ont explosé, voient leur budget complètement rajouté. C'est moins vrai pour quelqu'un qui a 4 000 euros par mois. Je vous l'accorde, ça n'est pas la priorité sociale dans le pays.

Il n'empêche que beaucoup de retraités, vous le savez très bien, ont des toutes petites retraites et que pour le coup, quand tout augmente, notamment les produits alimentaires et notamment l'énergie, ça fait un sacré trou dans le budget à la fin du mois.

8:30
Présentateur

Elle est là, la logique du gouvernement Clémence Guettet, c'est de dire les petites retraites, il reste à définir le seuil, donc peut-être ça peut être 1 200, 1 400, je ne sais pas, ne sont pas concernés par cette non-indexation. En revanche, les retraités qui ne sont pas modestes, qui vivent à peu près correctement, qui ont 2 000 ou peut-être plus ou 1 800 de retraite, ils peuvent attendre 6 mois. Ça, ça vous semble inacceptable.

8:52
Clémence Guetté

Non mais d'accord, mais ce n'est pas exactement comme ça que ça nous a été présenté, c'est-à-dire c'est des indexations pour tout le monde et ensuite il va y avoir un débat en hémicycle et ça ne vous aura pas échappé, on a le droit d'amender, on a le droit d'augmenter le seuil, on a le droit de faire en sorte que ça soit davantage de retraités qui soient concernés par cette indexation.

9:09
Invité

Pourquoi c'est-à-dire 1 200 ? Un seuil comme ça, effectivement, sur les petites retraites ? Là, ça s'argumente totalement.

9:16
Clémence Guetté

Et eux, ils déterminent ce seuil en fonction du nombre de milliards qu'ils ont bien envie d'accorder ou pas d'accorder. Il y a une question budgétaire, il faut l'entendre aussi.

9:22
Invité

Et donc, c'est une question de recette à la fin. Il y a une question budgétaire qu'il faut entendre.

9:25
Clémence Guetté

Oui, c'est ça, c'est une question de recette à la fin, ça veut dire que si on ne veut pas les chercher...

9:28
Invité

D'entendre que les petites retraites, elles ne peuvent pas être... Il y a une urgence d'augmenter les petites retraites et pas forcément les autres, vous devriez être d'accord avec ça.

9:37
Clémence Guetté

Non mais d'accord, ce n'est pas ça que je conteste. Je conteste le seuil. Parce que jusqu'ici, là, on nous dit 1 200, mais jusqu'à hier, on ne savait pas encore. Eh bien, je ne sais pas, on va amender. Mais si le plus de personnes possibles peuvent avoir leur retraite indexée sur l'inflation, ça me paraît quand même être une mesure de justice sociale. Aujourd'hui, les gens galèrent dans ce pays. Donc peut-être que ça fait longtemps que vous n'avez pas expérimenté ça, mais à 1 400 euros par mois, on n'est pas à l'aise non plus dans le pays. Voilà. La taxe sur le sucre, mesure de santé publique, là, vous signez ? Je pense que ça n'est pas le bon mécanisme, ça n'est pas les bons outils.

Autant nous sommes absolument d'accord, et mon collègue Loïc Prudhomme notamment, a fait tout un travail sur la malbouffe et la quantité de sucre. Parce que vous savez qu'en France, on a une épidémie des maladies qui sont liées au taux de sucre et de gras dans les aliments extrêmement transformés. Donc autant nous sommes d'accord pour interdire la malbouffe, pour améliorer le Nutri-Score, c'est-à-dire l'information pour... Non, on interdit la malbouffe, non, on interdit. Eh bien, on met des normes, on met des taux de sucre autorisés. Et on met une taxe comme ça ? Non, la taxe, ça, ça fait payer tout le monde. Et ça n'est pas, à mon avis, le bon levier.

C'est-à-dire que pénaliser les gens qui n'ont pas les moyens d'acheter autre chose que de la nourriture qui est très transformée et qui contient beaucoup de sucre. Ça n'est pas la même chose que, excusez-moi, laissez-moi finir. Mais non, mais dans toute la nourriture, vous avez des plats transformés qui contiennent énormément de sucre. Ça n'est pas uniquement le soda. Donc, faire payer les industriels, exactement, et les obliger, finalement, à améliorer la nourriture qui puisse être disponible ensuite pour tout le monde.

Mais pénaliser les gens qui sont obligés de se nourrir à peu de coûts, et on revient sur la question de l'inflation, vu comment tout a augmenté ces dernières années, je ne pense pas que ce soit la bonne solution.

11:28
Invité

Vous créditez, vous vous accordez le bénéfice du doute au gouvernement sur la volonté d'aller au bout de ce débat sur le budget de la Sécu ?

11:37
Clémence Guetté

Est-ce que je crois encore le gouvernement ? La réponse est non, dans sa volonté vraiment de faire travailler le Parlement. C'est vrai qu'on a assisté à toute une séquence où le gouvernement nous disait, le Parlement va amender, évidemment, c'est important d'entendre les oppositions. Et puis là, on voit bien que, pour l'instant, c'est surtout le budget de l'État dont on a débattu très longuement. On voit bien que nos arguments sont caricaturés. On voit bien que la majorité minoritaire qui n'est pas présente en hémicycle n'assume pas son budget. Et on voit bien qu'aussi, ils installent une petite musique sur le 49-3.

Je pense qu'on va avoir une logique des débats à peu près symétriques pour le budget de la Sécurité sociale. Toujours est-il que, s'ils font un 49-3, nous déposerons une motion de censure. Parce que ça n'est pas possible d'être passé en force sur le résultat des élections le 7 juillet dernier, de passer en force sur un budget qui n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale aujourd'hui.

12:28
Présentateur

Clémence Guettet, vous restez avec nous. On se retrouve juste après le fil info. 9h moins le quart, Maureen Suignard.

12:34
Invité

Des partenariats, des contrats entre la France et le Maroc. 10 milliards d'euros au total et cela au premier jour de la visite d'État d'Emmanuel Macron hier. Alstom vend 18 rames de TGV. Total signe un accord pour développer la filière hydrogène. ENGIE pour décarboner le plus gros industriel du Maroc. Les femmes fonctionnaires seront les premières touchées par l'allongement du délai de carence dans la fonction publique, affirme l'ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau. 63% des agents qui travaillent dans cette fonction publique sont des femmes. L'exécutif veut passer d'un à trois jours de carence en cas d'arrêt maladie pour faire des économies.

Foodwatch dénonce sur France Info un scandale sanitaire. L'ONG affirme que les boîtes de thon commercialisées sont contaminées par un dérivé du mercure avec parfois des taux jusqu'à quatre fois supérieurs aux normes européennes. Des normes déjà élevées pour protéger le commerce selon l'ONG. Finalement c'est Rodri qui est sacré meilleur joueur de la saison passée. Le milieu de terrain de Manchester City est le troisième espagnol de l'histoire à remporter le ballon d'or. Une victoire inattendue tant Vinicius était favori. Chez les femmes, l'espagnol Eytana Bonmati est sacré pour la deuxième année de suite. France Info

13:44
Présentateur

Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Beck

13:49
Invité

Et ce matin Clémence Guettet, vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée LFI du Val-de-Marne. Vice-présidente, ça veut dire que vous êtes passée de l'autre côté ? Puisque vous avez présidé les débats. J'ai toujours du bon côté quand même. Alors, vous vous retrouvez quand même à faire rentrer dans le rang vos propres camarades comme ici. On va l'écouter, Louis Boyard. Madame Thévenot, vous dites de travailler les dossiers. Vous êtes ancienne secrétaire d'État à la jeunesse. Monsieur Boyard, sur l'amendement s'il vous plaît. Il y a un débat. Non, non, non, non, sur l'amendement s'il vous plaît. Eh bien écoutez. Non, je suis désolée monsieur Boyard. Monsieur Mauvieux.

Vous avez l'air exaspérée franchement sur les images.

14:24
Clémence Guetté

Non, je ne suis pas du tout exaspérée. Bon, il faut comprendre quand même que les débats durent très longtemps. Donc en fait, c'est un exercice assez fatigant que je découvre cette mandature parce qu'en effet, je ne présidais pas les débats avant. C'est un exercice fatigant. Ça demande d'être concentré, de regarder bien qui veut prendre la parole. Il faut savoir quand même que vous avez coupé. Mais j'ai coupé la parole de monsieur Mauvieux, député du Rassemblement national, juste après l'avoir coupé à Louis Boyard parce qu'on parlait d'un autre sujet. On était passé à un autre sujet. On était d'abord sur la jeunesse.

14:51
Invité

Absolument, la prise de parole était sur l'amendement.

14:52
Clémence Guetté

Voilà, et puis en fait, après, on est passé à un amendement sur la question du remboursement des obsèques. Bref, ça me paraissait, en tant que présidente, je dois veiller au bon déroulement des débats. Et laisser un débat se réenclencher sur un sujet qui est clos alors qu'on avait abordé un nouveau sujet important, ça ne me paraissait pas adapté. Et c'est une fonction qui permet d'abord de veiller à ce que chacun puisse s'exprimer sur le sujet. Donc, c'est vrai qu'on peut varier le nombre de prises de parole, permettre au débat le temps d'avoir lieu. Et puis, qui nécessite d'être impartial parce que c'est une fonction qui permet à l'institution de...

15:27
Présentateur

Voir quelquefois que vos collègues de la France Insoumise peuvent, pardon pour l'expression, mais faire preuve d'une forme de bordélisation. Est-ce que, quand on est au poste qui est le vôtre, c'est quelque chose dont on se rend compte ?

15:41
Clémence Guetté

Non, franchement, j'ai assisté, enfin, j'ai présidé beaucoup de débats sur le budget. Et là, je suis dans un autre rôle, mais députée France Insoumise. Mes camarades, Marianne Maximi, Aurélien Lecoq, David Guiraud, Manuel Bompard, sur le budget, ont vraiment démontré la solidité de nos arguments et la force de leur prise de parole. Donc, ce n'est pas vrai, cette petite musique-là, que nous bordés.

16:05
Invité

Vous êtes d'un calme olympien, et c'est assez frappant, justement, et vous l'avez toujours été, si on est honnête, mais reconnaissez que dans le groupe, on en a suffisamment parlé, ce n'est pas du but d'esprit depuis deux ans.

16:15
Clémence Guetté

Chacun son style. Et par ailleurs, j'ai coupé aussi la parole de M. Mauvieux, député du Rassemblement National, de M. Wauquiez, qui faisait des rappels au règlement, qui était indu. M. Wauquiez, ça vous étonne moins ?

16:28
Présentateur

Non, ça étonne moins que vous coupiez la parole à des personnes qui, habituellement, sont vos adversaires politiques.

16:31
Clémence Guetté

Et c'est là que vous vous trompez, et c'est là que peut-être, certains des présidents précédents de l'Assemblée Nationale n'ont, à mon avis, pas pris la mesure de ce rôle. C'est que quand je suis au perchoir, je ne suis pas députée la France Insoumise, je préside l'Assemblée Nationale. Et je m'applique à le faire avec le plus d'impartialité possible, parce que je veux que mes collègues parlementaires, qui sont représentants du peuple, puissent s'exprimer, puissent avancer leurs arguments, qu'ils puissent être entendus, et que ce débat puisse être constructif.

16:59
Présentateur

Clémence Guettet, vous, à la vice-présidence de l'Assemblée Nationale, votre collègue, Aurélie Trouvé, à la tête de la Commission des Affaires Économiques, Éric Coquerel, à la Commission des Finances, vous avez une idée de stratégie de respectabilisation, j'allais dire, à la France Insoumise ?

17:17
Clémence Guetté

Pour nous, c'est important de se préparer à tout instant à gouverner le pays. Et donc, avoir des fonctions institutionnelles qui sont importantes, ça fait partie...

17:27
Présentateur

Je parlais même aussi de la forme.

17:29
Clémence Guetté

Oui, oui, non, mais la France Insoumise, c'est une formation politique qui est récente, en fait. Elle a émergé en 2016, donc on a huit ans d'existence. Et arriver aujourd'hui à avoir en effet la présidence de la Commission des Finances, de la Commission des Affaires Économiques, deux vice-présidentes de l'Assemblée Nationale avec ma collègue Nadej Abomangoli, pour nous, c'est une fierté. Et pour nous, c'est aussi une façon de démontrer que les Insoumis ne peuvent pas être réduits aux caricatures qui en sont faites. Et que nous sommes capables de présider des débats, de faire avancer nos idées à d'autres rôles et à d'autres postes, y compris au sein de l'institution. Et je crois que...

18:05
Invité

Ça veut dire que vous calmez le jeu intentionnellement, là, objectivement ? Il y a un petit changement de ton, indépendamment de l'incident Louis Boyard, par rapport à il y a deux ans, par rapport aux deux années écoulées.

18:15
Clémence Guetté

Peut-être qu'il y a un changement d'appréciation aussi du regard journalistique et des observateurs. Mais honnêtement, quand nous avons fait la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2022, nous sommes les seuls à avoir fait un exercice de chiffrage intégral. Nous sommes les seuls à nous être projetés...

18:30
Invité

La tête d'Olivier Dussopt sur un ballon sous le pied de Louis Boyard, on ne l'a pas inventé, ce n'est pas un regard journalistique. Pardon, vous êtes gonflé, quoi. Oui, mais non.

18:39
Clémence Guetté

Comment dire ? Nous n'allons pas cesser... Et il y a un autre exemple. Nous n'allons pas cesser d'utiliser tous les registres qui s'offrent à nous pour alerter sur nos propositions. Je pense que... Le ballon, c'est pas acceptable. On est d'accord. Non, mais... La tête du ministre sur le ballon. Mais non, c'est pas inacceptable. C'est dérisoire, c'est en dehors de l'Assemblée nationale. C'était une manifestation d'inspecteur du travail. Ça n'est pas un puni que nous, nous avons monté.

19:03
Présentateur

S'il fallait le refaire, il faudrait le refaire.

19:04
Clémence Guetté

Non, mais attendez. Je veux bien qu'on passe dix minutes à dire que les Insoumis sont des bordélisateurs. Mais ce qui se passe en matière démocratique dans ce pays, le scandale et le chaos de la crise politique actuelle, c'est M. Macron. Enfin, je veux dire, il a dissous l'Assemblée nationale. Il ne respecte pas le résultat. Oui, mais on va avancer. Mais moi, je veux le dire, parce qu'ils ne respectent pas le résultat des urnes. C'est ça, le scandale démocratique du moment. Et les Insoumis, nous nous faisons une haute idée de l'Assemblée nationale.

Donc, nous y investissons des postes, du temps, de l'énergie, parce que nous voulons que les représentants du peuple puissent débattre et puissent être souverains. Et ceux qui vont mettre un 49.3, c'est le gouvernement Barney. Alors oui, la bourgeoisie peut-être fait ça dans les formes, avec le bon vocabulaire, avec les bons types de happening. Mais le résultat du résultat, c'est que c'est de la brutalité démocratique et c'est de la brutalité infinie contre les gens.

19:51
Invité

Et qu'un point que ça vous écoutait, peut-être des points dans les sondages par des gens qui vous jugent inquiétants.

19:56
Clémence Guetté

Nous avons fait 22% la dernière élection présidentielle et le NFP, nouveau Front populaire, est arrivé en tête des élections législatives. Donc, voilà. Je pense que nous avons fait la démonstration que nous sommes prêts.

20:05
Invité

C'est un fait qu'il faut tirer au clair, parce que ça a fait beaucoup de prix depuis hier. Sur les images, on voit une de vos collègues insoumises, Farida Amrani, pour ne pas la citer, députée de l'Essonne, qui semble voter à la place d'un député absent, qui, franchement, les images montrent qu'elle vote sur le clavier du rang derrière elle. Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que vous confirmez que c'est bien ce qu'elle a fait ?

20:23
Clémence Guetté

C'est une polémique qui est montée par l'extrême droite. Vous vérifierez la place... Non, mais je vais vous le dire. Vous vérifierez la place de Farida Amrani dans l'hémicycle. Elle est normalement au dernier rang. Elle est à la place dans laquelle elle se retourne pour voter sur son bouton. Et elle est assise, sur les images que vous n'avez pas montrées, mais à la place de Jean-Philippe Nylor, député des Outre-mer, qui n'était pas là à ce moment-là, elle est juste assise à cette place. Elle se retourne et elle vote sur son bouton. C'est une polémique. Elle vote pour elle-même. Non, mais je vais en dire un mot, parce que j'ai vu ça... On vous pose la question pour que vous ayez l'occasion.

Non, mais tout à fait. Mais j'ai vu ça sur les réseaux. C'est l'extrême droite et la Macronie, d'ailleurs, qui montent ce type de polémique. C'est même peut-être davantage encore la Macronie. Pourquoi ? Parce que, je reviens à ce que je disais, ils n'étaient pas là. Ils viennent d'être réélus. Ils ont autre chose à faire, visiblement. Ils sont cinq en hémicycle à défendre le budget de M. Barnier. Ils se contredisent les uns les autres. Ils amendent. Savez-vous que, cette fois-ci, pour le budget, 50% des amendements déposés l'ont été par les groupes de la Macronie et de la droite ? C'est-à-dire les groupes qui sont censés, supposément, soutenir le gouvernement de M. Barnier.

21:27
Présentateur

Il nous reste très peu de temps, Clémence Guettet. Donc, on va passer à des questions courtes et des réponses courtes, si vous le voulez bien. Un QCM, alors. Posez-moi des questions simples. Matignon annonce que le Premier ministre a subi une opération au niveau des cervicales. C'est public. Est-ce que c'est bien cette transparence ?

21:46
Clémence Guetté

Je pense que le communiqué, je l'ai lu en l'occurrence, était très simple, très sobre. Et elle nous annonçait que M. Barnier était au travail immédiatement. Donc, évidemment, comme tout le monde, je lui souhaite un très bon rétablissement. Je pense que les choses ont été faites avec simplicité et que c'est bien.

22:02
Présentateur

Il faut une transparence sur tous les responsables politiques, y compris, pardon, il a à peu près le même âge que Michel Barnier, sur Jean-Luc Mélenchon, par exemple.

22:09
Clémence Guetté

Ils ne sont pas aux mêmes fonctions, actuellement, ça ne vous aura pas échappé. Donc, peut-être que Jean-Luc Mélenchon peut garder sa vie privée pour lui-même. En tout cas, ça m'amène à un autre sujet sur lequel j'ai déposé une question au gouvernement. Et je trouve ça intéressant. C'est qu'en France, nous n'avons pas de transparence sur les agendas des ministres, de l'Elysée tout particulièrement, et de Matignon non plus. Alors que dans d'autres pays, pour les journalistes, notamment, pour faire votre travail le plus efficacement possible, il y a une transparence beaucoup plus importante. Et notamment, une mise à jour quasiment quotidienne des agendas des ministres.

Ce qui n'est absolument pas le cas en France. Donc, j'ai interpellé le gouvernement.

22:45
Présentateur

Je vous confirme également que l'association de la presse présidentielle s'en inquiète. Une question sur la présidentielle aux Etats-Unis. Clémence Guettet, les Américains votent dans pile une semaine aujourd'hui. Donald Trump dit cette nuit, je ne suis pas un nazi. Est-ce que pour vous, il est un nazi ?

22:59
Clémence Guetté

Je réserverai ce type de qualification, parce que c'est ses opposants politiques qui l'ont fait. Il est certain qu'en tout cas, il représente une droite réactionnaire. Il est en lien également avec des groupuscules qui sont violents aux Etats-Unis.

23:11
Invité

Vous qualifiez comment, donc, Donald Trump ?

23:13
Clémence Guetté

Mais ce n'est pas la réponse que je vais vous faire, donc vous allez vous satisfaire de ma réponse. En l'occurrence, il représente une droite réactionnaire et une extrême droite raciste dans ce pays. Ce que je veux dire sur les élections américaines, c'est que les enjeux internationaux, notamment, et le génocide qui est en cours à Gaza, va être aussi assez déterminant dans cette élection pour que les électeurs se fassent une opinion. Et il y a un enjeu très important, puisque vous savez que les Etats-Unis occupent une place, notamment dans les institutions internationales. J'étais à l'ONU, à New York, il y a deux semaines de cela, une place importante.

Et si Trump gagne, devait gagner, ça provoquerait évidemment un repli des Etats-Unis, un désinvestissement de ce type d'organes multilatéraux.

23:52
Présentateur

Donc vous voteriez Kamala Harris, plutôt ?

23:54
Clémence Guetté

Je ne suis pas américaine, donc je ne vais pas vous faire cette réponse. Mais Kamala Harris est la moins mauvaise présidente. Il est évident que je ne voterai pas Donald Trump.

24:01
Invité

Sur ce sujet, vous pensez réellement que Kamala Harris aurait eu une autre politique et une fermeté différente vis-à-vis d'Israël ?

24:07
Clémence Guetté

Ce que je sais, c'est que pour avoir rencontré des activistes, notamment du Mouvement pour la paix aux Etats-Unis, ce que je sais, c'est que ces prises d'opposition ont été décevantes pour beaucoup de gens qui estiment que ce qui se passe en Palestine aujourd'hui est un sujet prépondérant. Et on le sait, il y a eu beaucoup de critiques de la politique de M. Biden sur ce sujet. Et pour l'instant, ils n'ont pas la certitude que Kamala Harris va mener une politique extrêmement différente. Donc je pense que les derniers jours de campagne vont être assez déterminants, qu'elle doit pouvoir à nouveau s'exprimer sur ce sujet. Je laisse aux citoyens états-uniens le libre choix de leur vote.

Je n'ai pas davantage à en dire.

24:43
Présentateur

Mais ce ne serait pas une mauvaise nouvelle pour la France et l'Europe si Kamala Harris était élu ? Ce serait plutôt une bonne nouvelle à vos yeux ?

24:50
Clémence Guetté

Je préférerais que Kamala Harris soit élu par rapport à M. Trump, ça me paraît assez évident.

24:55
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne, vice-présidente de l'Assemblée nationale.