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ChroniqueSébastien Gobert· 26 mai 2025 10 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & international

Poutine bombarde-t-il autant l'Ukraine pour obtenir une capitulation?

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Sébastien GobertFait
    « Friedrich Schmerz réalise ainsi une promesse de campagne. »
  • 0:30Sébastien GobertPromesse
    « Les missiles Taurus devraient être livrés à l'Ukraine d'ici une semaine si Vladimir Poutine n'arrête pas ses tirs sur des cibles civiles en Ukraine. »
  • 2:30Sébastien GobertChiffre
    « Les Russes ont lancé une centaine de missiles balistiques et de croisières et plus de 900 drones sur des villes sur tout le territoire ukrainien. »

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Le chancelier allemand Friedrich Schmerz vient d'annoncer que l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne lèvent leur restriction sur la portée des missiles qui ont déjà été livré à l'Ukraine. Friedrich Schmerz réalise ainsi une promesse de campagne. Et d'ailleurs, selon cette même promesse, les missiles Taurus devraient être livrés à l'Ukraine d'ici une semaine si Vladimir Poutine n'arrête pas ses tirs sur des cibles civiles en Ukraine.

Et ça, ça n'a clairement pas l'air d'être une perspective. Et en l'état actuel les choses, on a beaucoup de mal à s'imaginer que la Russie s'arrête. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on assiste à ce qui pourrait être la continuation du réveil et de la montée en puissance des Européens qui est vraiment la seule solution pour qu'ils soient pris en compte dans l'équation du règlement de cette guerre.

Même si évidemment ce réveil et cette montée en puissance, c'est toujours trop peu et c'est toujours trop tard. Lever les restrictions sur la portée des missiles européens pour qu'ils puissent toucher dans la profondeur russe, c'est une demande que les Ukrainiens formulent depuis déjà des mois. Ils ont déjà développé leur capacité alternative, notamment des drones de longue portée qui coûtent moins cher et qui finalement obtiennent des résultats relativement similaires à ceux de missiles de moyenne et de longue portée.

Même si les missiles Taurus sont livrés donc qui sont supérieurs en qualité et en porté au missiles Storm Shadow britannique et scalp français, on ne sait pas exactement ce qu'il pourrait obtenir que les drones ne peuvent pas faire. L'objectif ultime, ça serait de détruire le pont de Kerchelie la Crimée à la Russie. Mais même si le pont est effectivement détruit, les Russes ont déjà développé des routes d'approvisionnement de la péninsule qui sont alternatives et qui passent par le territoire ukrainien occupé depuis 2022 au nord de la mer d'Azof.

Et donc cette annonce allemande et cette décision européenne, elle est majeure mais elle n'est pas de nature à renverser la table et à changer le rapport des forces sur le terrain. J'ai fait une de mes dernières vidéos justement sur ce que les Européens pourraient faire pour changer la donne et ça clairement ça n'entre pas dans cette catégorie. Donc trop peu trop tard.

Dans ce cas précis, on comprend que le changement a été permis par l'arrivée au pouvoir de Friedrich Schmerz, dont le style assez déterminé et vigoureux tranche avec le manque de fermeté d'Olave Scholz. Mais plus généralement, c'est encore une annonce qui nous renvoie à la question qu'on s'est beaucoup posée depuis 2022. Pourquoi est-ce que ce qui était inenvisageable hier est devenu possible, même souhaitable aujourd'hui ?

Il y avait toutes les questions attenantes du temps perdu et des opportunités manquées. Le changement impulsé par Friedrich Schmerz, il est aussi dû à la séquence actuelle avec les Russes qui pilonnent les villes ukrainiennes et qui poussent sur différents secteurs sur le front. Ces secteurs, on les connaît.

C'est d'abord l'est de Pokrovsk. Les Russes ont largement débordé de la route stratégique T0504 et il progresse vers le nord, à la fois vers Constantinfka, mais aussi potentiellement pour relancer une manœuvre d'encerclement de Pokrovsk. La deuxième direction, c'est au nord.

C'est un effort pour occuper la boucle de la rivière au skil. Mais là, les Russes ont des résultats très mitigés. Et le 3è secteur, c'est au nord de l'Oblast de Soumi.

On a maintenant la confirmation par les cartes que les Russes se sont installés dans le nord de l'Oblast, donc au sud de la zone qui a été anciennement occupée par les Ukrainiens en territoire russes. C'est désormais enregistré par les cartes, même si on savait que à la fois les Russes et les Ukrainiens évoluent de part et d'autre de la ligne administrative qui est la frontière et ça depuis déjà plusieurs mois. La justification officielle de cette prise de contrôle territoriale qui est enregistrée par les cartes, c'est un ordre de Vladimir Poutine d'établir une zone tampon le long de la frontière russe.

Ça, je vais revenir sur cette question de la zone tampon. Donc ça, ce sont les trois secteurs. Il pourrait potentiellement y en avoir un 4e puisqu'on parle de troupes qui s'amassent au nord de l'oblast de Harkif dans le secteur de Wovchonsk.

Mais pour l'instant, il n'y a rien de très significatif qui a été lancé. Bon, tout ça c'est du grignotage. Ce sont des avancées qui sont très lentes et qui sont très coûteuses et qui ne sont pas de nature à faire changer le cours de la guerre de manière dramatique.

Mais on voit que ça maintient une très forte pression sur les Ukrainiens. En fait, ce qui est particulièrement remarquable ces derniers jours, ce sont les bombardements intensifs sur les villes ukrainiennes puisque les Russes ont lancé une centaine de missiles balistiques et de croisières et plus de 900 drones sur des villes sur tout le territoire ukrainien. Et donc on parle de ça en l'espace de 3 nuits, vendredi, samedi, dimanche.

Bon est-il besoin de le rappeler ? a provoqué des dégâts considérables et une vingtaine de morts en Ukraine. Les Ukrainiens ont répliqué en envoyant justement des essins de drones dans la profondeur russe pour viser des cibles militaires ou encore énergétiques et industrielles.

Ça a forcé plusieurs aéroports de Moscou à interrompre le trafic pendant plusieurs heures. Ça, c'est un des points faibles de la Russie que j'avais mis en exerg dans une précédente vidéo. Et s'il y a un bilan humain en Russie suite à ces frappes, on ne le connaît pas.

Ces frappes des uns et des autres en profondeur, c'est régulier dans le cadre de la guerre russe en Ukraine, mais cette fois-ci, c'est relativement intéressant du côté russe puisque effectivement la Russie a des capacités de production à grande échelle, mais quand même envoyer autant de missiles et autant de drones en l'espace de 3 jours, c'est un investissement assez conséquent. Selon moi, c'est vraiment lié à la fin de cette séquence diplomatique trumpienne. Le Kremelin essae de jouer son vatou puisque Vladimir Poutine a compris que Donald Trump en a marre et que les Américains veulent se désengager et il a compris que les Européens sont faibles.

En tout cas, il les perçoit tel queux. Et ça rentre parfaitement dans la logique russe que j'ai déjà décrite dans plusieurs de mes vidéos, c'est-à-dire négocier avec une méthode d'ultimatum. Et pendant que la Russie procède avec l'Ukraine à un échange de 1000 soldats contre 1000 soldats et pendant qu'elle promet la rédaction et la signature d'un espèce de mémorandum pour définir le cadre de négociation de paix, et bien elle maintient une très forte pression sur l'Ukraine dans le but que cette pression se traduise par des résultats concrets dans le cadre des négociations.

Et donc le calcul d'après ce que moi je peux percevoir, c'est que le Kremelin a décidé de pousser très fortement sur terre et dans les airs pour tenter d'obtenir une rédition de l'Ukraine à ce moment précis où les Américains se désengagent et où les Européens ne veulent pas ou ne peuvent pas les remplacer. Moi, c'est comme ça que je le vois parce que c'est quand même un énorme investissement en terme de ressources militaires. Et donc ça veut dire qu'au contraire des bombardements réguliers que on a connu ces derniers mois, ces dernières années, là il doit vraiment y avoir un calcul pour que ça soit aussi intense.

Et dans cette veine là, on a aussi une accumulation de menaces. Par exemple, Dimitri Medvedf, l'ancien président et le chef adjoint du conseil de sécurité de la Fédération de Russie, qui a publié cette carte sur Twitter X pour filer la métaphore de la zone tampon en estimant que l'entièreté de l'Ukraine ou la quasi entièreté de l'Ukraine pourrait devenir une zone tampon. Bon après cette carte ne va faire peur qu'à ceux qui n'ont pas écouté le Kremelin depuis 2021-2022 puisque le but ultime, c'est de subjuguer toute l'Ukraine et soit de la conquérir territorialement, soit de faire de tout le pays une zone tampon.

Tout cela étant dit, est-ce que ce calcul russe, il peut payer ? Moi, j'ai l'impression que les Russes sont un peu en train de refaire une erreur d'appréciation comme en 2022 en sous-estimant leurs adversaires. D'une part, les Ukrainiens ne vont pas capituler et ce malgré les bombardements intensifs sur leur ville.

D'autre part, les Européens, oui, ils sont lents et très souvent ils sont beaucoup moins efficaces que ce qu'ils ne croient. Mais il est clair maintenant qu'ils ne vont pas abandonner l'Ukraine au milieu du gay et ce malgré le désengagement américain. Et puis ce désengagement américain, il n'est pas encore complètement acté.

Il peut encore se passer quelque chose. Donald Trump ce matin a publié encore un post sur Truth Social, son réseau qui est complètement hallucinant. Un de plus dans lequel il estime que Vladimir Poutine en fait, il sait pas ce qui s'est passé mais il est complètement devenu fou.

Ce qui en dit quand même beaucoup plus sur l'aveuglement de l'Américain que sur la brutalité du russe que l'on connaît très bien depuis 25 ans, depuis la seconde guerre de Tchenny. Et donc c'était encore un poste surréel qui montre que oui, Donald Trump peut bien être déçu par l'attitude de Vladimir Poutine qu'il considérait comme son ami. Mais moi, j'imagine pas que Donald Trump prenne des mesures directement contre la Russie et directement pour soutenir l'Ukraine.

Et d'ailleurs dans ce même poste sur Truth Social, il n'arrive pas à critiquer uniquement Vladimir Poutine. Il faut tout de suite qu'il rajoute quelque chose sur Vladimir Zelenski. Avec cette logique, Vladimir Poutine, je sais pas ce qui s'est passé mais il est devenu fou.

Par contre, Vodimir Zelenski, je sais très bien ce qui se passe et il m'embête. Donc d'ici à ce que Donald Trump en vienne à soutenir l'Ukraine, je pense qu'il va falloir se lever tôt. Par contre, ce qui peut se passer, c'est que Donald Trump peut laisser passer sa base républicaine au Congrès et notamment au Sénat qui là pour le coup a le doigt sur le bouton d'un nouveau paquet de sanction.

Et donc même si l'administration de la Maison Blanche se refuse à prendre des mesures contre la Russie, peut-être que ça passera par le Congrès. En fait là, j'ai vraiment l'impression que les Russes souffrent d'un excès de confiance qui s'est caractérisé par leur attitude à Istanbul et ensuite par les bombardements massifs des derniers jours. J'ai l'impression qu'il croit que toute la machine occidentale va s'effondrer ou s'est déjà effondré et d'une certaine manière, c'est déjà vrai, c'est déjà acté.

Moi, je suis persuadé que ce processus de divorce transatlantique, il est en cours. La relation ne sera plus jamais comme elle a été auparavant. Mais d'un autre côté, disloquer un bloc aussi intégré depuis déjà 80 ans, ça ne se fait pas en un jour.

Ça se fait par à coup, ça se fait par des chocs successifs et les Russes devraient être bien placés pour le savoir puisque les relations au sein de l'espace post-soviétique sont quand même resté très étroite et très cordial entre les différentes Républiques pendant très longtemps. Enfin, jusqu'àattant que la politique du Kremelin dégoûte une grande partie de ces pays et les pousse à aller regarder ailleurs comme ça a été le cas avec la Moldavie, avec l'Ukraine, avec la Geéorgie et maintenant avec l'Arménie. Et donc à mon avis, les failles dans cette relation transatlantique, elles ne sont pas encore suffisamment béantes pour que la Russie s'y intègre pleinement.

Et donc l'effondrement de l'Ukraine que les Russes tentent de provoquer, je le vois pas trop arriver et ce qui fait qu'à mon avis, leur investissement en terme de missile, drone et aussi sur le terrain en ce moment, il ne va pas vraiment porter des fruits. En tout cas pas dans la séquence actuelle. Bon et puis la conclusion de tout ça, c'est que quel que soit le calcul du Kremelin, quoi qu'il se passe dans la tête de Donald Trump, la situation est indéiablement compliqué pour l'Ukraine et ce sont d'abord les Ukrainiens et les Ukrainiennes qui meurent et qui luttent contre cette menace existentielle.

Bon, on va continuer à suivre tout ça, notamment la capacité des Russes à poursuivre cet effort offensif sur la durée. Et pour l'heure, je vais vous remercier d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.