Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope1fr· 12 juillet 2026 6 min

Procès du RN : Jean-Philippe Tanguy assure que les Français «jugeront» Marine Le Pen dans les urnes

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

L'accord de cassation par l'intermédiaire de Rémi Hetz a dit qu'elle se prononcerait au plus tard début avril. Le premier tour c'est le 18 avril, donc si son rôle est d'infirmer ou de confirmer l'arrêt en appel, il n'en demeure pas moins que si son pourvoi est rejeté, sa condamnation sera définitive et elle devra alors porter un bracelet électronique dans les derniers jours de sa campagne. Elle a toujours dit qu'elle ne ferait pas campagne avec un bracelet.

0:24
Jean-Philippe Tanguy

Mais la campagne sera finie. Déjà nous ne pensons pas que Marine Le Pen sera condamnée. Ça a été peu compris par un certain nombre d'observateurs et surtout d'adversaires politiques.

0:31
Invité

Mais c'est un coup de poker que vous faites. Vous dites qu'on ne pense pas mais vous ne savez pas.

0:35
Jean-Philippe Tanguy

Non mais c'est-à-dire que Marine Le Pen par définition, ça aussi ça a été moqué alors que c'est une évidence, sait qu'elle est innocente. Donc elle pense qu'elle va pouvoir prouver son innocence. La justice en décidera.

0:43
Invité

La cour de cassation ne se prononce pas sur le fond, M. Tanguy, elle se prononce sur le droit, sur du juridique.

0:47
Jean-Philippe Tanguy

Oui mais ça c'est un peu abscond parce que ce qui va être attaqué, c'est le centre de l'accusation, c'est le cœur de l'accusation, à savoir l'utilisation d'un article qui pour nous n'est pas adapté au cas de Marine Le Pen pour qualifier les faits qui lui ont été reprochés. Donc si cet article, l'utilisation de cet article tombe, l'accusation tombe et au-delà du fait qu'on rejoue, on refait un procès d'appel...

1:11
Invité

Oui, pour résumer, l'article dont vous parlez, c'est l'article qui dit que c'est de l'argent qui est pour des fonds publics pour de l'argent en français, alors qu'en réalité ça a été utilisé au niveau de l'Europe. Mais ça reste une mission de service public.

1:21
Jean-Philippe Tanguy

Ce sera le cas de la cour, c'est ce que la cour de cassation devra décider et de toute façon Marine Le Pen, elle ira au bout et comme elle l'a dit, les français jugeront, non pas pour remettre en cause la décision de justice,

1:33
Invité

Elle dit ce matin qu'elle ira au bout, même si la cour de cassation la condamne définitivement, ça veut dire qu'elle fera d'autres recours pour éviter d'avoir apporté ce... En tout cas, il n'y aura pas un changement de candidat dans les derniers jours.

1:49
Jean-Philippe Tanguy

Évidemment non, Marine Le Pen ira... Évidemment non, ça va mieux en le disant. Oui, il n'y a pas de difficulté à le dire, d'autant plus qu'on est tous évidemment ravis, heureux...

1:55
Invité

Non mais elle dit en substance, on fait ce pourvoi en cassation, mais bon, même s'il ne m'est pas favorable, je continue quand même. C'est ça, c'est ça ce qu'elle dit.

2:03
Jean-Philippe Tanguy

Mais on prendra acte de la décision de justice. Vous savez, de toute façon, les françaises et les français, cette décision de justice, ils l'ont bien comprise. Parce que ça fait 12 ans, je crois, que ça dure. On allait aux élections avec l'enquête, le soupçon, la première instance, maintenant l'appel. Les françaises et les français sont au courant, ont bien compris les enjeux et ils jugeront, si je puis dire, Marine Le Pen sur le fond, en votant pour elle de manière très large.

2:29
Présentateur

Mathieu Bocoté. Mais pour ce qui est du procès, au fil du temps, votre discours à propos du procès a un peu changé. À un certain temps, vous disiez que c'est un procès qui a une dimension politique, c'est un procès politique. Diriez-vous encore aujourd'hui que c'était un procès politique de bout en bout ?

2:42
Jean-Philippe Tanguy

De bout en bout, non. On est revenu, que ce soit dans la tenue de l'appel ou dans le délibéré, à des considérations juridiques. Je suis désolé, lors de la première instance, il y a eu des incidents de séance. Par exemple, le procureur ou la substitue, je ne sais plus, qui a un prévenu envers lequel elle demandait la relaxe. Elle disait, ça me fait de la peine ou ça me fait trop de mal de demander la relaxe, alors qu'il n'y a rien. C'était quand même un incident de séance.

Vous avez un certain nombre d'attendus dans le délibéré de première instance sur l'invention du trouble à l'ordre démocratique, faisant de la candidature et de l'élection probable possible de Marine Le Pen un trouble à l'ordre démocratique qui n'existe pas dans le droit. Une considération sur l'enrichissement partisan qui n'existait pas dans le droit. Il y avait un certain nombre de problèmes. Et, ce faisant, l'exécution, la condamnation avec exécution provisoire, qui a posé un problème, pour le coup, un trouble à l'ordre démocratique, tant et si bien que la Cour d'appel est venue quand même corriger ce trouble réel pris contre l'ordre.

3:36
Présentateur

Que la justice puisse dire une chose et à peu près son contraire d'un tribunal à l'autre, est-ce qu'il n'y a pas une part de subjectivité telle qu'aujourd'hui, on a moins besoin de juristes, finalement, que de cartomanciens, de théologiens ? Ce qui est certain, c'est que l'erreur judiciaire est toujours possible.

3:50
Jean-Philippe Tanguy

C'est pour ça que nos adversaires politiques, moi, je ne remets pas en cause la justice, mais que nos adversaires politiques, par opportunisme, est totalement manqué, comment dire, d'à propos, de modestie, de réserve, quant à l'interprétation du premier jugement. Ça m'autrefait bien que l'état de droit, parce que c'est comme, au-delà du cas de Marine Le Pen, je sais qu'elle-même, la première, ne veut pas faire son cas une généralité, ça n'a pas d'intérêt. Mais par contre, politiquement, l'invocation de l'état de droit par nos adversaires en permanence, on voit bien que c'est de l'opportunisme, ce n'est pas de la sincérité. Parce que quand M.

Attal dit que c'est de la guérilla judiciaire que Marine Le Pen aille devant la cour de cassation, alors que c'est l'état de droit dans sa pure interprétation, on voit bien que ces gens, en fait, tout est politique pour eux. Enfin, tout n'est pas politique, tout est politicien. Voilà, c'est, nous, on parle de fond, eux, ils traînent, ils se pavanent dans les bas fonds.

4:39
Invité

Oui, mais Mathieu le disait, Marine Le Pen, elle a quand même changé de ligne de défense lors du procès en appel, puisque le premier procès, elle dit, c'est un procès politique. Dans le deuxième procès, ce n'était plus du tout ça. Il y a aussi une évolution de son côté.

4:50
Jean-Philippe Tanguy

Parce que l'audience ne s'est pas du tout tenue de la même façon. Tous les journalistes qui étaient présents, tous les spécialistes, les journalistes spécialistes des affaires judiciaires qui étaient présents, le ton n'était pas le même, sincèrement, et tant mieux d'ailleurs. On s'en félicite.

5:03
Invité

C'était peut-être une meilleure ligne de défense, ceci dit, quand on voit le résultat.

5:06
Jean-Philippe Tanguy

Ce que les prévenus avaient dit à l'ouverture de l'appel, c'est que tenir compte de la première instance, c'est respecter l'autorité judiciaire. Donc, nous, on respecte l'autorité judiciaire. Je rappelle que Marine Le Pen est avocate. Alors, beaucoup prennent ça comme une anecdote. Mais moi, pour, je ne vais pas prétendre bien la connaître, pour en tout cas travailler avec elle, ce n'est pas du tout anecdotique. Marine Le Pen a une analyse juridique très poussée, très fine, et elle tient à son innocence. Et je crois d'ailleurs que beaucoup ont sous-estimé cette soif de justice de Marine Le Pen dans les grands choix politiques qu'elle a fait à l'occasion de se délibérer.