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interviewFrance 3 Pays de la Loire· 18 février 2026 31 min

Christophe Béchu : "J'ai refusé 3 fois d'être ministre" [Trajectoires]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mon invité est un ancien ministre. Il a côtoyé deux anciens présidents et il se il candidate pour une troisième fois à la tête de la ville d'Anger. Ce qui m'a presque fait entrer en politique, c'est Lionel Josprin.

Et en voyant un ministre avec les cheveux très frisés, je me suis dit donc on peut avoir les cheveux très frisés et faire de la politique et passer à la télé. Pour moi, l'écologie ça doit pas être un prétexte des joutes électorales. Quand vous avez des enfants qui se font interpeller dans la cour de l'école, quand ils entendent des slogans expliquant béchu au bûcher, crié par une bande d'excité un soir devant la mairie. [musique] Et je l'ai pas bien vécu.

Bonjour Christophe Béchu. Bonjour. Vous êtes le maire d'Anger depuis 12 ans.

Vous êtes candidat à un 3è mandat et vous avez été ministre de la transition écologique sous le quinquena d'Emmanuel Macron. On va revenir sur votre parcours, prendre le temps de mieux vous connaître. Le tout sans langue de bois, c'est la promesse ici sur trajectoire.

Votre trajectoire, elle débute à Anger. Vous y êtes né, vous avez grandi et né d'une famille de cinq enfants. Vos parents étaient médecins.

Et alors, ça c'est pas banal. J'ai vu ça en préparant l'émission. Votre père, il s'est également engagé euh pour être ordonné DiaR.

Alors diacre, c'est celui qui assiste le prêtre. Ça donnait quoi à la maison ? Un papa dans l'église pas trop strict.

Non, beaucoup de beaucoup de bienveillance avec vraiment le sens premier du message chrétien de s'aimer les uns les autres. Euh et donc j'ai pas un souvenir de rigidité de ce point de vue. Un attachement évidemment à l'église, à la religion, mais euh pas une éducation qui a été qui m'a traumatisé, vous voyez, avec sans qu'elle vous ait traumatisé, est-ce que c'était plutôt cool ou plutôt strict à la maison ?

On était une famille de cinq, donc une famille nombreuse, il y a du bruit. Euh il faut se servir à table pour qu'il en reste parce que parce que le partage peut ne pas être inégal. Euh quatre garçons.

Donc euh je je avec le recul, je pense à ma sœur pour laquelle tout n'a sans doute pas été très simple, mais on jouait beaucoup de jeux de société, beaucoup de choses de ce beaucoup de choses de ce type et donc plutôt des bons souvenirs de mon enfance. On a parlé de la foi. Vous avez été scouts dans votre enfance.

Vous êtes catholique pratiquant. Lorsqu'on est on veut être maire d'Anger, vous l'êtes déjà. Est-ce que c'est important cette identité chrétienne ?

On sait qu'Anger est une ville avec une forte tradition chrétienne, il y a beaucoup de congrégations religieuses. Très sincèrement, je suis à la fois chrétien et très attaché à la l laïcité, c'est-à-dire au fait que chacun, ceux qui ne croient pas comme ceux qui croient une autre religion puissent se retrouver. Et je crois pas que ce soit un atout, un inconvénient en disant pour comprendre une partie de la population quand même.

En fait, ce que je crois profondément, c'est que la connaissance entre guillemets, de la foi ou de la chrétienté, d'abord, elle est culturellement et dans une ville où on a beaucoup de monuments historiques, où on va célébrer le millénaire d'une abeille, où on a des lieux qui sont riches de notre histoire, ça donne forcément une profondeur historique mais je pense que ça donne aussi une bienveillance dans le dialogue entre les religions. et que on comprend d'autant plus facilement ceux qui croient même un autre Dieu quand on a soi-même une espérance. Puis je pense qu'assez fondamentalement quand on se dit que tout s'arrête pas avec la mort, on fait plus attention à la manière dont on se comporte quand on vit là aussi quel que soit sa sa religion.

Et au quotidien, c'est tellement important de donner aux gens des raisons de prendre soin les uns des autres que ça c'est que ça c'est un appui. Enfant, vous étiez plutôt quel type d'enfant ? Est-ce que vous étiez plutôt chef de bande ?

Est-ce que vous étiez plutôt premier de la classe ? Si si je dois répondre sans langue de bois, je dois dire que j'étais plutôt chef de bande premier de la classe. Eu c'est c'est une assez bonne définition.

Je sais pas à quel point vous voulez que je m'allonge sur le divant et je pense la politique. Est-ce que vous avez le souvenir du moment où vous avez commencé à vous y intéresser ? Ah oui, ça j'ai un souvenir extrêmement précis et c'est pas tout à fait une confidence parce que j'ai dû le dire à quelqu'un il y a très longtemps mais ce qui m'a presque fait entrer en politique, c'est Lionel Josprin.

Alors là, vous me surprenez. Je m'en doute. Je rappelle que vous êtes droite.

J'avais les cheveux très frisés, petit en voyant un ministre avec les cheveux très frisés, je me suis dit donc on peut avoir les cheveux très frisés et faire de la politique et passer à la télé. Et donc aussi avz quel âge ? J'avais 10 ans.

J'étais en CM1 je crois quelque chose de de Excusez-moi, je rebondis parce que vous me tendez une perche sur la question des cheveux. Vous savez qu'on parle de votre coiffure, de ces bouclettes, certains humoristes s'en sont emparés. Est-ce que vous considérez quand même que c'est une forme de on vous reconnaît à cela.

On sait qu'il y a eu beaucoup de ministres qui se sont succédés. Est-ce que vous avez l'impression qu'on est-ce qu'on vous en parle ? On m'en parle et et c'est vrai qu'on m'en parle sans doute davantage depuis que depuis que certains plaisantent là-dessus euh avec des angevins.

Mais même il y a 5 8 ou 10 ans, je me souviens très bien en marge de vœux d'une galette des rois, d'une association d'envin me donnant des conseils sur la façon dont je devais dont je devais me coiffer. J'ai tr toujours trouvé qu'il y avait quand même une forme de limite et que autant un maire appartient à la population dans une partie de son travail, autant la manière dont dont il s'habille ou dont il se coiffe, ça peut quand même relever de de sa décision sa décision personnelle. Mais attendez, mon point de départ c'était non pas de vous dire [rires] que j'avais un rapport particulier avec mes cheveux, c'est de vous dire que la figure de Lean Jospin et ses boucles qu'il avait quand il était ministre de l'éducation et donc forcément on va y revenir mais pour terminer là-dessus, on peut aussi en jouer de de cette forme de reconnaissance liée à un attribut vestimentaire ou en l'occurrence capillaire.

Il y a un tel bruit médiatique, il y a il y a tellement entre les réseaux sociaux, le toutes les sources de bruit qui nous parviennent, une difficulté à accrocher entre guillemets le le l'attention des autres que parfois on ne le fait pas avec ce qu'on imagine. Je pensais plutôt le faire à partir d'idées ou de programme. Je constate que c'est parfois davantage effectivement la manière dont je me Vous regrettez pas plus que ça.

Ça vous dérange pas ? C'est très bon enfant. Vous parlez justement de l'enfance bon enfant.

Euh à quel moment est-ce que vous vous êtes vous avez commencé à vous dire que vous vouliez faire de la politique ? Et bien, à peu près dans cet âge-là, vers 10 12 ans. Ah oui, donc très jeune.

En fait, j'ai compris qu'à un moment, il y a des gens qui prenaient des décisions pour les autres et je me suis dit bah pourquoi est-ce que je participerais pas moi à prendre les décisions plutôt qu'à seulement les constater ? Et ça a été le début du d'un cheminement. Je me suis intéressé à la politique comme on le fait quand on arrive en 6e.

Donc je me suis présenté pour être délégué de classe. J'ai essayé de me renseigner, je lisais le courrier de l'Ouest auquel papa était abonné. Enfin ce genre de chos et puis de fil en aiguille euh je me suis dit que j'allais faire Science Po puisque c'était l'école pour ceux qui voulaient faire de la politique et les choses.

Un dernier mot làdessus. J'ai pu lire des confidences de certains anciens camarades qui ont pu dire dans des dans des journaux que vous disiez déjà vouloir être président de la République à cet âge-là. C'est une légende.

Je je au sens où j'avais cette ambition politique mais je disais que je voulais être maire de ma ville. Mais vous aviez cette ambition politique que non pas être président. Oui mais pas d'être président.

La différence de plein de gens qui vous disent petit vous voulez être président de la République les camarades de classe qui se souviennent des discussions qu'on a pu avoir en 6e en 3e. Mon horizon c'était le département sans doute parce que j'avais pas spécialement voyagé. J'avais pas de famille à Paris, pas beaucoup d'occasions de d'aller ailleurs et que pour moi ça me semblait déjà très vaste et très grand. de pouvoir avoir des responsabilités locales.

Vous avez fait donc vous l'avez dit Sciencepo des études de droit et très vite la marmite de la politique vous a entre guillemets appé. Euh vous avez été conseiller municipal à 21 ans, maire adjoint à 23 ans. C'est des âges où beaucoup doivent encore avoir des petits boulots, des jobs étudiants.

Parfois, on dit des politiques qu'ils sont hors sol. Est-ce que vous vous avez déjà exercé un job étudiant ? Vous savez ce ce type de boulot où on a mal au pied, on a mal au dos à la fin de la journée ?

Alors, je je vais pas m'inventer un CV avec une vie. J'ai fait des jobs étudiants, moins que des gens qui ont dû payer la totalité de leurs études. Mais aller ramasser des tomates avec ce que ça représente, faire des sondages dans les supermarchés pour marketing scan, être vendeur pendant plusieurs semaines, ce sont des jobs d'été que j'ai fait. pas des jobs étudiants à l'année, mais des temps de jobs étudiants l'été pour euh tout simplement pour avoir un peu d'argent pour l'année qui suivait pour euh pour vivre et pour les loisirs.

En préparant cette émission, j'ai vu que vous aviez un handicap, vous avez euh au niveau de l'oreille gauche, euh vous n'entendez pas. Euh comment au quotidien est-ce que vous vous faites avec ce handicap ? Je suis sourd de naissance de de effectivement de l'oreille gauche.

Peu de gens le le savent, sauf ceux qui à un moment sont assis à ma gauche et qui peuvent me parler dans l'oreille euh puisque du coup je n'entends absolument rien. C'est assez handicapant euh pour un dîner ou précisément quand vous avez un voisin qui tient à vous faire une confidence à un moment ou à un autre. C'est assez avantageux quand vous voulez vous endormir que il vous suffit de vous mettre sur la seule de vos deux oreilles qui entend et du coup le silence se fait de manière blague à part de manière immédiate.

C'est quand même handicapant invalidant. Non, je je diraiis pas ça. D'abord parce que comme j'ai toujours été sour d'une oreille, la deuxième oreille entend presque deux fois plus que la normale.

Donc je n'ai pas de difficulté à entendre correctement une conversation, attendre les gens de loin. J'ai un vrai handicap encore une fois pour un bruit qui est proche. Et avec le Covid et avec les masques, j'ai quand même perçu que même si ma deuxième oreille entend bien, j'ai tendance à m'appuyer sur un peu de lecture labiale pour compenser ce qu'éventuellement j'entends moins bien.

Et là, à ce moment-là, je je j'ai pu mesurer que ce handicap avait quand même un impact et que sans la lecture sur les lèvres, il me manquait un petit bout de compréhension, mais je peux pas dire que ce soit handicapant au quotidien. Vous avez appris à vivre avec. En tout cas, c'est ce qu'on exactement qu'on entend.

À 29 ans, vous avez été élu le plus jeune président d'un département de France, le département du Menéloir. Et ensuite, il y a eu beaucoup de candidatures euh candidats aux élections régionales, municipales, régionales, européenne, sénatoriale et règle du cumul des mandats obliges. Vous avez dû abandonner des mandats à peine élus.

Je pense au conseil municipal, je pense au Parlement européen ou je pense encore au conseil régional. Euh est-ce que vous diriez avec le recul péché de jeunesse ? Est-ce que c'est pas tout ce que détestent les Français ?

HH ce qui est certain, c'est que je referaiis pas les choses de cette manière, même si quand vous êtes dedans et que vous disséquez chacune des étapes, il y a des choses qui correspondaient à des choix et d'autres sur lesquelles je n'ai pas su dire non. Être candidat aux élections municipales, c'était pas un péché de jeunesse, c'était un souhait de jeunesse. C'est quelque chose qui remontait de loin et il y avait un un contexte, ce sentiment que notre ville pouvait faire beaucoup plus et que on était en quelque sorte une belle endormie qui nécessitait d'être un peu réveillé et que l'alternance était souhaitable.

Sans revenir sur chacun des mandats parce que c'est l'histoire ancienne après mais vous comprenez ma question c'est aujourd'hui cette boulimie de mandat. Je vais même vous aider. Je vais vous dire une phrase qui m'avait fait beaucoup rire à la fin de cette période, c'est que finalement j'avais été candidat à tout, sauf à Amise France et et je l'ai entendu.

D'abord, elle m'a fait rire et ensuite en trouvant qu'elle était assez juste et qu'il y avait eu trop de campagne en trop peu de temps. Euh vous regrettez ? Ah, je je regrette d'avoir effectivement enchaîné en 4 ans euh quatre campagnes dont certaines uniquement parce que ma famille politique me l'avait demandé en m'expliquant que c'était mon devoir et qu'il fallait que je fasse les choses.

De ce point de vue, la maturité, la sagesse, l'expérience tout court euh et puis la distance que j'ai pu prendre avec les partis politiques tout au long de cette période, faut que je ne suis plus le même. Justement, cette boulimie de de mandat a fait qu'on vous a donné un surnom à l'époque, bébé Sarco euh l'ancien président de la République. Vous l'avez connu, vous l'avez connu, nous on connaît entre guillemets l'animal politique.

Vous vous l'avez connu à l'Élysée, plusieurs fois, il vous a il vous a reçu euh un dans l'intimité, dans la coulisse. Comment il est ? Qu'est-ce qui vous a marqué chez lui ?

Ce qui m'a marqué, c'est que quand vous êtes tout seul avec lui, mon tout petit comité, il met la même énergie que s'il était en face de 500 personnes. et et ça donne le sentiment qui donne tout pour vous convaincre et que l'espace d'un instant vous avez l'impression qu'il est plus que vous et dans la manière y compris physique dont dont il vous dont dont il vous interpelle dont il vous propose un chocolat il y a une il y a une intensité qui est assez exceptionnelle et il vous laisse en placer une. Alors, l'expérience la plus intense que j'ai eu avec lui, c'est quand même quand j'ai refusé de devenir son ministre euh en 2011.

Et là, vous mesurez quand même que c'est pas quelqu'un qui aime qu'on lui dise non. Parce que vous aviez pas réussi à lui dire non avant. C'est ce que vous nous avez dit par exemple pour les élections européennes.

C'est exactement l'histoire. C'est donc là, vous l'avez dit non. Je lui ai dit non.

Et et là, vous sentez à quel point il y a une contrariété profonde si les choses ne passent pas comme il le souhaitent. Mais ça participe aussi, j'allais dire, de l'animal politique, de l'animal politique tel qu'il est. Vous avez ensuite un peu plus tard côtoyer un autre président.

Vous avez été avec lui en en conseil des ministres bien sûr, Emmanuel Macron, vous avez été son ministre pendant un peu plus de 2 ans de la transition écologique. Euh, il vous a, paraît-il, pas vraiment ménagé à vos débuts. Il vous a un peu secoué en disant, il imprime pas assez.

Euh alors imprimer, ça veut dire on l'entend pas assez sur la question environnementale. Ça a été une claque pour vous. D'abord, le respect que j'ai pour pour la fonction présidentielle et pour ce que ça représente fait que les discussions que j'ai pu avoir en petit comité avec le président de la République n'ont pas vocation à sortir d'ici.

Donc, je me contenterai de commenter les choses qui entre guillemets peuvent être peuvent arrêter pour partir. Et tout comme pour Nicolas Sarkozi, vous avez pu nous dire un petit peu mais parce que ces informations ont fini par passer avec le temps. Mais pour le président Macron, est-ce qu'il y a quand même eu une une forme de de D'abord, moi j'assume parfaitement.

C'est sans doute aussi une des différences entre la politique nationale et la politique locale que la communication est moins importante que l'action et que les résultats que vous êtes capable de produire. Je pense que toute une part du du désamour des Français pour la politique nationale, c'est que vous entendez des gens sur des matinales et vous attendez parfois longtemps avant que ce qui vous a été annoncé finisse par se réaliser. Là où en local, quelle que soit la sensibilité des maires ben quand vous promettez quelque chose, à la fin vous l'inaugurez et ça correspond à une réalité.

Et en même temps, vous savez parfaitement que la politique, ça s'incarne, ça fait partie du job. Euh et donc je comprends et j'avais dans ce domaine certainement des choses à à apprendre. Puis on a eu quelques désaccords par exemple sur la consigne pour les bouteilles en plastique pour le 1 % logement et le fait de laisser les partenaires sociaux continuer à gérer une partie de ce qui permet de construire du logement social.

Des sujets sur lesquels il y a des désaccords qui ont filtré du conseil des ministres ou qui ou dont les journalistes ont pu avoir écho et que je parlais du conseil des ministres pardon. Je reviens un tout petit peu là-dessus. Lorsque vous êtes rabroué en plein conseil des ministres par exemple, c'est difficile à vivre quand on est jeune ministre comme vous à l'époque.

Je considère vraiment que ça fait que ça fait partie du job et de la mission. Quand vous êtes maire, il vous arrive d'expliquer à un de vos adjoints que la gestion d'un dossier n'est pas la bonne, que la manière dont on s'y est pris est pas bonne et qu'il va falloir vous changer de position communiquer autrement. Il est normal quand vous êtes ministre que le président de la République qui est le patron puisse déterminer ce que les points sur lesquels vous devez vous-même intensifier votre action, votre communication ou votre façon d'être.

Sinon ben vous venez pas en équipe de France. Pendant les deux années, vous avez été ministre de la transition écologique, il y a pas eu de grande loi comme on dit parfois à votre nom plutôt une stratégie des des petits pas. Est-ce que c'est à la hauteur des enjeux ?

Vous savez quand je vois ce qui a été décidé dans le domaine de l'écologie depuis les 2 ans où je ne suis plus au ministère, je pense que beaucoup d'acteurs mesurent que au moins on a pris un certain nombre de décisions extrêmement concrètes ou qu'on a posé les bases de choses qui existent aujourd'hui. C'est vrai pour le plan d'adaptation de la France à 4 degrés. C'est vrai pour un plan haut qui n'avait pas eu d'équivalent dans les 30 précédentes années qui continuent à se déployer.

C'est vrai dans d'autres domaines mais plus largement. Pour moi, l'écologie ça doit pas être un prétexte et des joutes électorales. Le sujet c'est pas de savoir qui marque un but, c'est de savoir comment on préserve le terrain.

Et donc dans ce domaine, ce qui est en train d'abîmer l'écologie, ce qui l'abîme et ce qui explique aujourd'hui une part de de ce reflux, c'est quand vous avez des partis politiques qui vous disent "Non, non, l'écologie c'est pas pour tout le monde, c'est réservé à la gauche. Si vous êtes pas de gauche, vous avez pas le droit d'être écolo." Mais vous voyez bien pourquoi je vous pose la question.

Il y a eu un ancien ministre qui vous a précédé la transition écologique qui a dit dans une matinale radio, Nicolas Hul pour ne pas le citer, je m'en vais parce que la stratégie des petits pas, ça nous mène dans le mur. Et vous comprenez bien que cette question de l'adaptation à Je suis total désaccord avec ça. D'abord parce que si on attend un grand soir, on va l'attendre longtemps et et qu'ensuite il n'y a pas de pas qui soit inutile.

Et je on a encore le luxe entre guillemets de cette stratégie des petits pas. Je me permets de vous dire que les années où j'ai été ministre, j'en suis évidemment pas le seul responsable, mais ça correspond aux années qui ont été record en matière de baisse d'émission contenu de politique qui avait été décidé avant, mais contenu de politique aussi qu'on a amplifié quand on était là, comme le fond vert, comme le plan pour les 50 sites les plus émetteurs et cetera. Ensuite, il faut comprendre que le climatodéfétisme qui consiste à expliquer qu'on n'y arrivera pas, que la marche est trop haute ou alors que la France c'est trop petit et que c'est pas à nous de faire des efforts et que c'est aux Chinois ou aux États-Unis, c'est l'inverse de ce qu'il faut.

Si vous faites de l'écologie, un sujet qui consiste à braquer les gens les uns contre les autres, si vous faites de l'écologie punitive en culpabilisant les gens à la fin, alors très concrètement pour les téléspectateur regard pour les spectateurs qui nous regardent, c'est quoi votre geste du quotidien vous par exemple pour la planète ? Mais c'est la somme des gestes qui est importante. Ce ce ce que je veux dire, c'est que euh quand on parle de petit pas, si chacun dans plein de domaines fait attention à sa consommation, on est rendu à 40 vêtements achetés par personne et par an alors que euh nos anciens savaient que il fallait parfois être capable de réparer les choses, penser à la durée de vie, de la sobriétée.

Vous savez qu'après on entend beaucoup de d'injonctions aujourd'hui de la part des hommes politiques sur le le réchauffement climatique et la nécessité de d'adapter ces gestes au quotidien. Comme je vous l'ai dit ici, pas de langue de bois, on voudrait de la franchise. Est-ce que vous il y a vous admettteriez peut-être un geste pas très écolo que vous continuez à à faire ?

Vous utilisez la voiture par exemple toujours bien sûr, c'est certainement dans ce domaine que je que je suis le moins écolo. Maintenant encore une fois c'est une somme de choses et et ce que je veux dire c'est que OK le sujet est centré sur moi, je vais vous répondre mais je je peux pas laisser entendre que les petits pas ce serait pas bien parce qu'en faisant ça on décourage les Français et tous les efforts qui ont été faits pour trier pour limiter le gaspillage alimentaire pour mettre un mousseur de manière à ce que vous vous puissiez gaspiller moins d'eau, apprendre le vélo ou aller marcher pour un trajet de quelques kilomètres derrière le discours sur les petits pas il y a en fait une façon d'aller critiquer ce que toute la société est en train de faire pour bouger. On a entendu votre plédoyer en faveur des petits pas.

Les gens qui nous regardent se feront leur propre opinion. Qu'est-ce que vous répondez aux militants écologistes qui disent lorsque vous étiez ministre, Christophe Béchu, il parle climat à Paris ou dans les instances internationales et dans sa ville au local à Anger, il bétonne. C'est juste n'importe quoi.

Il y a 68 hectares de plus d'espace vert qui en avait que quand je suis devenu maire. Il y a cinq fois plus de bio dans les cantines que quand des écologistes étaient en responsabilité. On a fait deux nouvelles lignes de tram, on a créé deux réseaux de chaufferie.

La vérité, c'est que vous avez des gens qui parce qu'ils pensent qu'ils ont le monopole de ces questions d'un point de vue idéologique s'autorise ou à faire n'importe quoi ou à faire le contraire de ce qu'ils disent. Nous, c'est l'inverse. Si on a été classé il y a quelques années ville la plus écologiste de France, si la part de la voiture est passée sous les 50 %, si on a la seule cuisine publique zéro plastique de France, on le doit pas aux écolos qui nous ont enfermés dans des choix idéologiques de triécobiologique qui ont été construire un centre commercial avec 4000 places en périphérie.

On le doit avant que vous soyez maire en 2014, 2 ans plus tard en 2016. Je voulais revenir sur un épisode de votre premier mandat de maire. Il y a eu cette affiche euh que je vais décrire où on voit un couple gay euh qui s'enlasse sobrement, on va dire.

C'est une campagne d'affichage en faveur de la lutte contre le sida. Et à Anger, vous mère, vous avez décidé de retirer ces affiches de la ville. Est-ce que avec le recul vous vous dites c'est c'est une erreur que je regrette ou est-ce que vous le referiez aujourd'hui ?

Tout ça est très raccourci. D'abord parce que c'est la société de coère les panneaux d'affichage et que suite à des courriers que j'ai reçu de beaucoup d'enevins, j'ai fait part de cette émotion auprès de la société de C. Mais peu importe.

Vous avez fait partie quand même des rares villes qui ont pris une telle mesure. J'ai fait partie des villes dans lesquelles aussi, y compris un certain nombre de collectifs, ont fait remonter que l'image qui était donné de euh ces couples autour de un coup d'un soir ou des choses de ce type aller à l'encontre de ce qu'on s'efforçait de faire passer comme message sur euh le respect qu'on devait à tous les types de couples. Mais peu importe qu'est-ce au fond quand on voit cette photo ?

Qu'est-ce qui qu'est-ce qui est gênant ? Comme j'avais voté contre le mariage pour tous et vous avez dit que d'ailleurs vous ne feriez pas la même chose aujourd'hui. Tout ça a été exploité, utilisé.

J'ai eu l'occasion d'abord depuis cette date de marier des couples homosexuels, y compris au sein de ma propre équipe municipale lors des mandats précédents. Et ça, c'est certainement un vote que je ne n'émettrai pas de la même manière. J'ai déjà eu l'occasion de le dire.

Vous avez trois enfants, un petitfils depuis tout récemment. Si l'un de l'un d'entre eux vous disait "Je veux faire de la politique", qu'est-ce que vous lui diriez ? Est-ce que vous chercheriez à le dissuader ?

C'est une bonne question qui ne se pose pas pour mes trois enfants et donc pour mon petitfils, j'ai quand même un peu de temps avant de me poser la question. Donc elle ne s'est pas posée pour vos trois enfants et quatre figures où ça se poserait. Est-ce que vous savez ce que vous lui diriez ?

Je je pourrais pas le dissuader parce que je considère qu'il y a il faut des gens qui s'engagent euh et j'allais dire que si c'était un de mes enfants, il n'ignorerait rien des difficultés qui vont avec cette vie. Voyez ce que vous venez de faire, de nous projeter une image d'un truc qui s'est passé il y a 10 ans. Quand vous avez des enfants qui se font interpeller dans la cour de l'école, quand ils entendent des slogans expliquant béchu au bûcher, crié par une bande d'excité un soir devant la mairie, cette violence-là, la façon dont elle impacte un entourage qui lui n'a pas choisi de s'engager en politique, vos enfants, votre femme, vos parents, si vous êtes suffisamment jeune pour les avoir encore, ils subissent ça. fait de vous retrouver à faire vos courses au supermarché dans un moment de détente avec quelqu'un qui vient vous expliquer qu'il aimerait avoir une croix jaune devant chez lui euh ou qui une croix jaune devant chez lui un bateau pour pouvoir regarder sa voiture de manière plus facile ou quelqu'un qui je reviens pardon juste au bouchet vous nous avez dit à l'instant c'est c'est des mots très fort c'est arrivé dans dans quel contexte et comment vous l'avez vécu après les affiches très précisément et je l'ai pas bien vécu et je l'ai surtout encore une fois pas bien vécu par rapport à mon entourage immédiat.

Ce que je veux dire, c'est que quand vous êtes dans des moments qui sont des moments en famille et ils sont pas nombreux parce que la charge qui va avec un engagement comme celui-là, être maère, vous pointez pas avec la badgeuse à la mairie le lundi matin et puis vous finissez pas votre semaine. Ça veut dire participer à des moments avec les enjeins le dimanche, le soir, le weekend et si on aime pas ça, il faut faire un autre job. mais que dans les moments où vous n'êtes pas dans une représentation et vous avez vous allez avec un de vos fils, des trucs bêtes à la boulangerie, acheter quelque chose dans un magasin de jouets, assister un match, quelqu'un vient de vous interpeller en vous disant que il faut vraiment aider son cousin qui cherche un travail, qui a besoin d'un logement pour tel ou tel. 365 jours par an pour l'entourage cette charge là et ces moments qui sont déjà rares et qui sont pour partis entre guillemets un peu à paix ça rend l'exercice compliqué.

Tout à l'heure vous m'avez dit que vos trois enfants ont choisi de ne pas être en politique. Est-ce que c'est aussi peut-être pour ça ? Est-ce qu'ils ont vécu difficilement certaines certaines certains événements comme ça pendant leur enfance ?

J'ai trop de respect pour eux pour parler à leur place et ils sont suffisamment grands si un jour ils ont quelque chose à dire. En tout cas, je je pense que eux mesurent que derrière l'espèce d'image et et tout le politique bashing qui va avec que dès que vous avez quelqu'un qui faute de manière scandaleuse sur le plan moral, la petite phrase du tous corrompu quand vous êtes extrêmement vigilant que vous êtes dans la transparence et que vous êtes attention à tout, elle est aussi insupportable pour l'entourage. En politique, vous avez un ami qui est aussi un candidat à l'élection présidentielle.

Vous êtes son bras droit, on peut dire, au sein du parti qu'il a créé, le parti Horizon. Vous avez reconnu Édouard Philippe, l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron. Si je vous donne une télécommande et que vous pouvez vous téléporter dans 5 ans, vous aurez, je crois 56 ans, on serait en 2031.

Est-ce que vous avez qu'un choix possible ? Est-ce que vous préféreriez être maire d'Anger être à la tête d'un grand ministère, Matignon, l'Élysée ou rien de tout cela ? Si je peux choisir et que vous me dites dans 5 ans, mon souhait politique est exaucé.

Merdanger dans 5 ans. Que merdez ce que je souhaite, merde. Je vous pose la question parce que lors du dernier mandat, vous avez été rappelé à Paris.

Je veux dire, je vais vous simplifier la vie. L'Élysée, c'est exclu. J'ai un bon moyen même sans télécommande de ne pas y être que il n'y a aucun monde dans lequel je me présente à cette élection.

Et Matignon, c'est pas un fantasme. Je j'ai refusé trois fois d'entrer dans des gouvernements. Vous comprenez pourquoi je vous pose la question ?

Parce que vous avez une proximité avec ce candidat là. Je souhaite que dans 5 ans Édouard Philippe soit à l'Élysée. Ça je Et vous souhaitez l'accompagner j'imagine à Mais ça n'est pas une obsession.

J'ai, vous savez, j'ai refusé trois fois l'entraînement des gouvernements dont une fois Corédouard Philippe me l'a proposé en 2018 alors qu'il était premier ministre. J'ai été heureux de servir mon pays pendant pendant près de 2 ans et demi. J'ai été heureux de le faire dans un contexte pas simple et sur un portefeuille exigeant, mais c'est pas mon moteur dans la vie.

On traverse des circonstances qui sont compliquées, qui nécessitent de de pas se cacher, de pas se planquer. Mais pour autant le le cœur de mon engagement politique, c'est mon engagement municipal. Donc à vous entendre, vous refuseriez si on vous proposit Matignon.

Mais de la politique fiction sur ce qui se passera dans un an quand tous les sondages nous indiquent avec répétition queon aura le droit à monsieur Bardella ou à madame Le Pen. Ça ne me motive que pour une chose, c'est pour éviter que cette prédiction arrive parce que je considère que les extrêmes sont un danger mortel pour notre pays. Le reste, c'est de la politique-fiction.

Est-ce que c'est ce qui vous inquiète le plus dans les années à venir, l'arrivée du du Rassemblement national au pouvoir ? Ce qui m'inquiète, c'est la montée des extrême. Ce qui m'inquiète, c'est le poids du RN et c'est la manière dont LFI lui sert formidablement de carburant électoral.

Les excès de de monsieur Mélenchon et de ses amis font que les gens du RN sont devenus des gens raisonnables. Mais moi des gens qui font de la politique et qui considèrent que le problème c'est l'autre à cause de sa couleur de peau, à cause de sa religion ou à cause de son compte en banque ou de la catégorie sociale à laquelle il appartient, c'est insupportable. Et ça c'est ce qui mine une société, c'est ce qui mine une démocratie. c'est quand tout à coup au lieu d'être dans un débat, vous n'avez pas seulement des différences ou des divergences d'opinion, mais vous avez une forme de haine qui légitime ensuite la violence vis-à-vis d'une partie du corps social.

Et LFI, RN pour moi ce sont des dangers qui sont équivalents et ce sont surtout des dangers qui s'autoalimentent et qui se renforcent. Et quand je vois le poids qu'il pèse dans le pays, la manière dont aujourd'hui vous dites pas c'est un échec auquel vous vous associez puisque vous avez participé à l'aventure macroni si je puis l'appeler ainsi. Mais je pense que c'est un échec qui vient encore plus loin que ça parce que malheureusement c'est pas comme si il y avait des scores élevés pour l'extrême droite seulement depuis 5 ou 8 ans.

La est-ce que cet échec de du Est-ce que vous l'endossez en partie ? Vous vous dites cet échec dans le fait dans le fait de convaincre les Français de ne pas voter pour les extrêmes pour reprendre votre votre développement. Est-ce que vous en assumez une part de responsabilité ?

Vous avez été aux affaires, vous avez accompagné des gens qui ont été aux affaires ? et j'en ai assum une part de responsabilité générationnelle pas personnelle parce que je me permets de vous indiquer que non seulement il y a jamais eu ni dans mes expressions ni dans mes positionnements le moindre début de doute de subsons ou de quoi que ce soit de ce type mais surtout emmenerloire ni LFI ni RN droit de citer et je vous assure qu'on va continuer à se battre pour que ce soit le cas c'est un territoire dont j'ai été le président pendant 10 ans. Je suis mère depuis 12 ans.

Et si le RN n'a pas fait 5 % aux dernières élections municipales, si LFI a fait 5,1, c'est je pense parce que cette culture vivre ensemble ça joue aussi de manière importante. Je vous montre une affiche que vous connaissez, c'est vous. Oui.

Question rituelle. Dernière question ici dans trajectoire. Je voudrais que vous vous adressiez à cette personne.

Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ? continue de te rappeler que que tout est à faire et que tout est à construire. Merci Christophe Béchu.

Merci à vous de nous avoir suivi et vous pouvez également visionner sur notre chaîne YouTube les autres entretiens accordés aux autres candidats à l'élection municipale d'Anger mais également de Nantes.

Christophe Béchu : "J'ai refusé 3 fois d'être ministre" [Trajectoires] — Christophe Béchu · Pourquijevote