Jn 20, 24-29 - Frédéric-Marie Lauroua
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
RCF Notre-Dame L'un des douze, Thomas, dont le nom signifie jumeau, n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient, nous avons vu le Seigneur. Mais il leur déclara, si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas. Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison et Thomas était avec eux. Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées et il était là, au milieu d'eux. Il dit, la paix soit avec vous. Puis il dit à Thomas, avance ton doigt ici et vois mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté.
Cesse d'être incrédule, sois croyant. Thomas lui dit alors, mon Seigneur et mon Dieu. Jésus lui dit, parce que tu m'as vu, tu crois ? Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Frères et sœurs, nous venons d'écouter l'évangile selon saint Jean au chapitre 20, versets 24 à 29, en cette fête de saint Thomas. Nous fait ton Thomas, celui qui ne croit que ce qu'il voit. Ah et bien, regardez, cela voudrait dire qu'il ne croit pas vraiment. Car ce que l'on voit, on n'a pas à le croire puisqu'on en a l'évidence. Du seul point de vue de la connaissance, connaître quelque chose par expérience immédiate, c'est plus que de le croire réel ou possible, à partir du témoignage d'un autre. Jésus alors aurait-il tort d'affirmer heureux ceux qui croient sans avoir vu ? Un passage de la première épître de Jean nous propose un autre rapport entre connaître et croire.
Nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru. Dit l'apôtre Jean. Dans notre relation à Dieu, tout commence par une reconnaissance. Dans la vie de foi, ce qui vient à nous, c'est une évidence, celle de l'amour de Dieu pour nous. Cette évidence se donne à nous par des actes concrets, le don de Jésus dans sa passion. Cette expérience va conduire les apôtres, après sa résurrection, à reconnaître, au travers de la passion, la mort et la résurrection du Christ, l'amour gratuit, héroïque et victorieux de Dieu. C'est le premier moment de la foi, reconnaître, en l'affirmant, cet amour, à partir de ce que Jésus a fait pour nous. Cela suffit-il ? Non.
Car reconnaître, ce n'est pas encore en faire un chemin personnel. Croire, c'est alors s'appuyer sur cet amour pour en faire notre espérance et notre manière de vivre. Ainsi heureux sommes-nous si nous croyons sans avoir vu, car l'amour est fait pour être cru, c'est-à-dire reçu et vécu.
Notre Père, qui es aux cieux, Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, Mais délivre-nous du mal, Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, La puissance et la gloire, Pour les siècles des siècles. Amen. Donne-nous.