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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 19 avril 2024 23 min

Laurent Nuñez : "Il y a un basculement dans la violence qui se fait beaucoup plus rapidement qu'avant"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Il est 8h23.

0:03
Présentateur

France Inter. Ali Badou. Le 6-9.

0:08
Invité

Le grand entretien de la matinale avec ce matin le préfet de police de Paris. Chers auditeurs, vos questions, vos réflexions au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. La lutte contre la violence des mineurs, la lutte contre la drogue, la sécurité des Jeux Olympiques de Paris. Tous ces sujets seront abordés dans ce grand entretien. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Et bienvenue. On va démarrer avec les déclarations hier du Premier ministre Gabriel Attal depuis Viry Châtillon. Gabriel Attal qui dénonçait un entrisme islamiste qui allait croissant des groupes plus ou moins organisés qui, je cite, prônent les préceptes de la charia, notamment à l'école.

Et il a fait un lien entre la violence et une forme de fondamentalisme religieux. Qu'est-ce qui permet de faire ce lien-là ?

0:59
Laurent Nuñez

Ce lien, le Premier ministre le fait d'abord. Dans son discours, le Premier ministre a bien rappelé qu'il fallait évidemment restaurer l'autorité à tous les niveaux. Restaurer l'autorité à tous les niveaux. Et puis, il y a plusieurs facettes, dont celle évidemment du séparatisme islamique qui n'est pas nouveau, que nous voyons se développer depuis quelques années. Je rappelle qu'il y a eu une loi en 2019 pour lutter contre le séparatisme. Rien de tel n'avait été fait auparavant. C'est-à-dire cette idée finalement que la loi de Dieu pourrait s'imposer aux lois de la République partout dans l'espace public et y compris à l'école. Donc, c'est ça que vise évidemment le Premier ministre.

Et ça peut conduire et ça conduit un certain nombre de jeunes à s'isoler et à pouvoir avoir y compris des comportements violents ou des comportements visant à stigmatiser d'autres jeunes parce qu'ils n'obéissent pas à certains préceptes religieux.

1:50
Invité

Alors, un peu de pédagogie, monsieur le préfet de police. Est-ce que les rixes entre jeunes sont de plus en plus violentes ? Est-ce qu'on constate qu'il y a davantage de violences chez les adolescents que par le passé ?

2:04
Laurent Nuñez

Oui, on le constate en tout cas. Par exemple, si vous prenez un exemple, qui sont les affrontements entre bandes qui restent relativement stables globalement, les affrontements entre bandes de jeunes. Mais on constate que les protagonistes sont de plus en plus jeunes et utilisent de plus en plus d'armes par destination par exemple. Donc, on voit bien qu'on a une montée de la violence qu'il faut évidemment endiguer, enrayer rapidement.

2:25
Invité

Est-ce que le profil de ces adolescents, de ces jeunes, est différent ?

2:29
Laurent Nuñez

Non, le profil n'est pas différent. Ce sont quand même des jeunes gens qui s'isolent, qui sont dans une forme d'individualisme où l'intérêt général disparaît un peu, l'attention portée à autrui disparaît un peu et donc il y a vraiment nécessité de restaurer cette autorité.

2:47
Invité

Parmi les nombreuses propositions formulées par le Premier ministre hier, il y a la question de l'excuse de minorité. Est-ce qu'il faut y mettre fin ? Selon ce principe qui est inscrit dans le Code pénal, un mineur est sanctionné moins sévèrement qu'une personne majeure pour la même infraction. Et Gabriel Attal déclarait hier qu'un débat serait ouvert pour voir si des atténuations, c'est le mot qu'il a employé à ce principe, sont possibles et souhaitables.

3:11
Laurent Nuñez

En tout cas, le Premier ministre a annoncé un débat, une réflexion sur le sujet. Moi, en tant que responsable des forces de police sur l'agglomération parisienne, je peux vous dire qu'effectivement, parfois, nous interpellons des groupes d'individus, des groupes de délinquants où ils peuvent être 4 ou 5, vous pouvez avoir 2 ou 3 jeunes majeurs et puis 2 ou 3 mineurs. Et c'est vrai qu'on peut légitimement se poser la question, en tout cas du côté des policiers et des gendarmes. C'est un débat qu'on attend évidemment avec beaucoup d'impatience.

3:38
Invité

Mais vous, vous avez déjà un élément de réponse ?

3:40
Laurent Nuñez

Je vous donne déjà un sentiment.

3:42
Invité

Vous avez été ministre, préfète de police aujourd'hui ?

3:44
Laurent Nuñez

Je vous donne déjà un sentiment. C'est qu'effectivement, il faut se poser la question. Cette question est légitime. Si on veut avoir vraiment des sanctions qui soient adaptées, si on veut donner un signal fort pour éviter tout dérapage, ce débat et cette question méritent d'être posées.

3:57
Invité

Il faut un sursaut d'autorité face à l'addiction à la violence. Ce sont encore les mots du Premier ministre hier à Viry Chatillon. C'est dans cette ville que le jeune Shamsuddin, 15 ans, a été battu à mort il y a deux semaines. Addiction à la violence, l'expression est extrêmement forte. Est-ce que ça veut dire que pour certains jeunes, ils ne peuvent pas s'en passer ?

4:17
Laurent Nuñez

Le Premier ministre a bien rappelé que ça ne concernait qu'une minorité de jeunes. Il ne fallait pas stigmatiser évidemment la jeunesse, loin de là. Mais oui, chez un certain nombre de jeunes gens, des adolescents, parfois, on voit bien qu'il y a un basculement dans la violence qui se fait beaucoup plus rapidement qu'avant. Ou en tout cas, le moindre conflit peut tout de suite entraîner des actes et des gestes violents. Oui, on le constate, nous, sur le terrain. En tout cas, c'est ce qu'on constate sur la plaque de l'agglomération parisienne de la préfecture de police. qu'on a, plus rapidement qu'avant, ont des montées d'une forme de violence.

Et notamment, entre jeunes, des affrontements entre jeunes, oui, effectivement.

4:57
Invité

Est-ce que la réponse à la violence, ça peut être le placement en internat, l'enfermement des plus jeunes, comme l'annonçait Gabriel Attalière ?

5:04
Laurent Nuñez

Écoutez, bien sûr, bien sûr. Bien sûr. La possibilité de sortir les jeunes qui posent le plus de problèmes de leur environnement et d'avoir une chance, finalement, de trouver un autre chemin. Évidemment que c'est une bonne solution, évidemment.

5:20
Invité

Comment employer ? Quel mot employer pour qualifier la situation d'aujourd'hui ? Est-ce que vous parleriez de décivilisation, comme le président de la République, Laurent Nunez ?

5:29
Laurent Nuñez

En tout cas, pour ces jeunes-là qui se rendent dans des démarches extrêmement individualistes, qui pensent que les problèmes ne peuvent se régler que par des actes violents, oui, on peut évidemment utiliser ce terme, évidemment.

5:39
Invité

Vous l'utilisez vous-même ?

5:40
Laurent Nuñez

Moi, je l'utilise moi-même. Vous savez, on a utilisé plusieurs expressions pour caractériser cette violence chez les jeunes. Encore une fois, c'est une minorité de jeunes. Il ne faut pas tomber non plus dans la stigmatisation. Mais évidemment que tous ces termes trouvent tout leur sens quand on voit au quotidien ce qui se passe, quand on voit ces affrontements entre jeunes, parfois pour des motifs extrêmement futiles.

6:00
Invité

Il y a une question importante, et ce sera le deuxième dossier, c'est PlaceNet XXL depuis le lancement de l'opération pour lutter contre le trafic de drogue. 3 814 personnes ont été interpellées, 600 déférées devant la justice. Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur cette semaine. Cette opération PlaceNet, elle a été déclinée dans plusieurs régions de France. Quel est le bilan que vous en faites en région parisienne ? Et est-ce que la consommation de krach a nettement diminué dans certains quartiers de Paris ?

6:29
Laurent Nuñez

Alors, dans votre question, il y a deux choses totalement différentes. D'abord, en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, depuis 2017, on a fait beaucoup de choses. D'abord, il y a eu un rare moment de la police, il faut le rappeler, avec des recrutements, un décloisonnement des services qui luttent contre le trafic de stupéfiants, c'est-à-dire une meilleure coordination entre eux. Il faut aussi le rappeler, parce que tout ça, ça ne se faisait pas avant. Et donc, avec la création notamment d'un office qui s'appelle Lofast, et qui est en charge de mener cette politique de lutte contre les trafics de stupéfiants, et qui a obtenu d'excellents résultats.

Avec le dispositif PlaceNet, que le ministre de l'Intérieur nous a demandé, dans chaque territoire, de mettre en place, c'est un dispositif, on passe encore à la vitesse supérieure, puisqu'il y a une meilleure coordination qui se met en place avec l'autorité judiciaire. On cible en amont des objectifs, qui sont en clair des trafiquants, d'ailleurs pas que sur les stups, dans les quartiers où nous intervenons, nous pouvons aussi lutter contre les sauvettes, contre la criminalité organisée d'une manière générale. Bien sûr, les stups, mais pas que. Et il y a des opérations qui sont menées simultanément, d'où l'expression XXL, sur plusieurs territoires.

Il y a plusieurs dossiers qui sont menés, et donc des interpellations en lien très direct et très étroit avec l'autorité judiciaire qui participe à cette planification. Et puis ensuite, nous sécurisons le territoire pour éviter qu'il y ait une réimplantation des trafiquants.

7:46
Invité

Et on peut en faire un premier bilan ?

7:47
Laurent Nuñez

Pour ce qui est de l'agglomération parisienne, le ministre de l'Intérieur a donné le bilan national, nous, pour ce qui est de l'agglomération parisienne, c'est-à-dire sur les quatre départements que sont le Paris, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Barre et la Seine-Saint-Denis, nous avons 931 gardes à vue.

Après trois semaines d'opérations XXL, on a saisi une cinquantaine d'armes, fermées parce que derrière, il y a des sécurisations, fermées, 21 commerces, débits de boissons, et réalisées de nombreuses opérations de sécurisation que les Parisiennes, les Parisiens, les Franciliennes et les Franciliens ont vues, puisqu'elles ont eu lieu dans les gares, elles ont eu lieu dans les endroits où il y avait énormément de ventes sauvettes, et c'est une opération qui a été menée avec beaucoup d'efficacité, et nos partenaires, que sont les élus locaux, les opérateurs de transport et autres, ont fait part de leur satisfaction.

8:34
Invité

Il y a donc aussi le dossier des Jeux Olympiques, Laurent Nunez, et beaucoup d'auditeurs sont inquiets, ou en tout cas se préoccupent du sujet. Sans jour, je ne sais pas si vous êtes serein, mais avant le coup d'envoi des Jeux Olympiques et Paralympiques, des plans B et C sont à l'étude pour la cérémonie d'ouverture en cas de menace terroriste, c'est ce que déclarait Emmanuel Macron cette semaine. Question toute simple, est-ce qu'il y a un vrai risque ? Est-ce qu'il y a aujourd'hui une menace terroriste que l'on peut définir sur la sécurité des Jeux Olympiques ?

9:04
Laurent Nuñez

D'abord, la sécurité des Jeux Olympiques, elle se fait à très haut niveau, je veux le rappeler à vos auditeurs. Enfin, on est à un très haut niveau de sécurité, on n'a jamais organisé un tel événement sur le territoire national, et donc nous mobilisons énormément d'effectifs, énormément de moyens spécialisés pour assurer un contrôle à la fois des sites olympiques, à la fois, et finalement, de l'ensemble des lieux où vont se dérouler les Jeux. Par exemple, pour l'agglomération parisienne, la région Île-de-France, qui va accueillir entre 80 et 85% de l'activité olympique, ils ont un dispositif policier partout, y compris dans les zones touristiques. Donc il y aura un gros dispositif policier.

Donc ça, il faut quand même le rappeler.

9:44
Invité

C'est juste qu'on a du mal parfois à y voir clair, parce que la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, a expliqué sur France Info récemment qu'aucune menace spécifique visant les JO n'avait été relevée jusqu'ici.

9:54
Laurent Nuñez

Alors, il y a plusieurs choses. D'abord, la sécurité des Jeux. Vous me parliez de la cérémonie d'ouverture, on y reviendra, c'est évidemment l'événement.

9:59
Invité

Oui, on va en parler, bien sûr.

10:00
Laurent Nuñez

C'est évidemment l'événement majeur. Mais la menace terroriste, elle est permanente dans notre pays. Elle est permanente et depuis de nombreuses années. Donc le ministre de l'Intérieur, d'ailleurs, l'a rappelé. Vous voyez, on voit la propagande de l'État islamique qui se développe, qui vise à inspirer un certain nombre d'individus qui peuvent être présents sur le territoire national, les inspirer à passer à l'action. Et donc cette menace, elle reste permanente.

On l'a vu d'ailleurs avec l'attentat qui a été déjoué dans l'Est de la France et dont le ministre a parlé, où un certain nombre d'individus prépare un attentat en étant en lien avec des membres de l'État islamique, notamment en l'occurrence les membres de l'État islamique en Afghanistan. Donc on a toujours cette menace qui est permanente. Mais la ministre des Sports rappelait simplement qu'il n'y a pas de menace caractérisée. Nous n'avons pas de menace connue, identifiée contre les Jeux. Donc c'est autre chose. Mais évidemment que de toute façon, vous imaginez bien que le dispositif qu'on a conçu, de sécurité qu'on a conçu, il est adapté à un niveau très élevé de menaces terroristes.

10:54
Invité

C'est-à-dire qu'on est en urgence attentat. Nous sommes en urgence attentat. Urgence attentat depuis le 22 mars, c'est le plan Vigipirate. On sera toujours en urgence attentat pour les Jeux Olympiques.

11:03
Laurent Nuñez

Mais bien sûr, j'ai envie de vous dire ça. De toute façon...

11:07
Invité

Non, je vous pose la question même de manière naïve. Est-ce que ce sera malgré tout des Jeux où on va pouvoir s'amuser ? Est-ce que ce sera une fête ? Ou est-ce que ce sera un événement sous très très haute surveillance ?

11:18
Laurent Nuñez

L'événement, ça sera très haute surveillance à un niveau maximal. Voilà, donc ça c'est sûr, certains, avec un gros dispositif de sécurisation, notamment pour la cérémonie d'ouverture, où il y aura un périmètre de contrôle extrêmement strict, qui sera instauré huit jours avant la cérémonie, où tout le monde sera fouillé, il faudra monter patte blanche, il y aura des enquêtes administratives, on aura un très haut niveau de sécurité.

11:37
Invité

Il faudra un QR code pour pouvoir se déplacer d'un endroit à un autre, dans le centre de Paris par exemple ?

11:42
Laurent Nuñez

Pour rentrer dans la zone. Non, ce n'est pas pour se déplacer dans l'ensemble de Paris, on raconte beaucoup de bêtises sur le sujet. C'est pour rentrer dans la zone.

Pour rentrer dans le périmètre de protection, le périmètre de protection de la cérémonie d'ouverture, qui a été instauré, qui va être instauré huit jours avant, et qui va englober toute la scène et tous les immeubles riverains, pour rentrer dans ce périmètre, oui, il faudra demander une attestation, un droit d'entrée en quelque sorte, qui donnera lieu d'ailleurs à délivrance d'une attestation numérique ou d'un QR code, qui donnera lieu à des enquêtes administratives, mais c'est uniquement pour rentrer dans ce périmètre, et évidemment, il n'y aura pas de restrictions, sauf si l'enquête administrative donne un hit positivement, mais il n'y aura pas de restrictions, la vie va continuer comme avant.

12:25
Invité

Donc la ville ne sera pas en état de siège et vous ne conseillez pas aux Parisiens de quitter la ville pendant les JO ?

12:30
Laurent Nuñez

Il y aura un très haut niveau de sécurité, et tout a été mis en place d'ailleurs, y compris sur la circulation automobile d'ailleurs, tout a été mis en place pour qu'on ait à la fois ce haut niveau de sécurité et en même temps que la vie puisse continuer autant que faire se peut normalement.

12:42
Invité

Avant d'aller au standard, retrouvez les auditeurs d'Inter Laurent Nunez. Dès aujourd'hui jusqu'à lundi, la vidéosurveillance algorithmique sera à nouveau expérimentée en vue des Jeux Olympiques, c'est ce qu'a autorisé la préfecture de police de Paris. Elle va être testée sur deux grands événements ce week-end, le concert des Black Eyed Peas à la Défense Arena, un match de foot PSG contre l'OL. De quelle surveillance est-ce qu'on parle concrètement ?

C'est une analyse très fine avec des caméras qui vont pouvoir analyser en temps réel certains comportements, certains personnages qui ne rentrent pas dans le cadre ou qui seraient susceptibles d'être détectés avec un délit de faciès de l'algorithme ?

13:29
Laurent Nuñez

Non, pas du tout. Ce n'est pas du tout ça, du tout. Alors il y a ceux qui combattent l'intelligence artificielle, il y a un certain nombre d'associations qui effectivement tweetent sur les réseaux sociaux une description de l'intelligence artificielle algorithmique qui n'est pas ce qu'elle est. Il n'y a pas de reconnaissance faciale, on ne peut pas croiser des fichiers.

13:48
Invité

Il n'y aura pas de reconnaissance faciale.

13:49
Laurent Nuñez

Il n'y aura pas de reconnaissance faciale, la loi nous l'interdit, il n'y a pas de croisement de fichiers, il y a simplement une utilisation de la vidéoprotection pour détecter des choses anormales, par exemple un mouvement de foule en sens inverse du sens normal de circulation, la pénétration d'individus dans des zones interdites. Donc on a simplement un dispositif qui vise à aider nos opérateurs, les effectifs qui sont devant les caméras, qui visent à les aider à détecter des situations anormales.

14:16
Invité

Donc aucune inquiétude pour l'état de droit ?

14:20
Laurent Nuñez

Il n'y a aucune inquiétude d'abord. L'état de droit c'est la loi et cette expérimentation est menée dans le cadre d'une loi qui a juste un peu été votée. Et donc ça se passe évidemment sous un étroit contrôle et il n'y a pas d'inquiétude à avoir, c'est un dispositif qui va nous aider à mieux utiliser les caméras de vidéoprotection. C'est une assistance extrêmement importante. Et évidemment que dans d'autres pays, on utilise cette technique pour procéder à de la reconnaissance faciale, ça n'est pas le cas, il n'y aura pas de reconnaissance faciale, c'est vraiment un outil qui est absolument indispensable et qui est très attendu par les forces de l'ordre.

Par exemple, un individu qui rentre, ou plusieurs individus qui rentrent dans une zone interdite, la caméra signalera, enfin il y aura une détection qui permettra à l'opérateur d'aller regarder à la vidéo ce qui se passe.

15:07
Invité

Alors on va filer au standard Laurent Nunez et rejoindre Laure. Bonjour Laure.

15:13
Présentateur

Bonjour, bonjour messieurs.

15:14
Invité

Merci de participer au grand entretien.

15:17
Présentateur

Mais ça me fait très plaisir, parce qu'une question me taraude depuis très longtemps. Je voulais savoir si la préfecture de Paris et le CIO, ou bien une instance quelconque, avaient pris contact avec les autorités britanniques pour connaître les enseignements que la Grande-Bretagne avait pu retirer de la tenue des JO. De Londres. De la tenue des JO de Londres, oui bien sûr. Pardon.

15:42
Invité

Merci pour votre question.

15:43
Présentateur

Voilà, et j'ajoute juste que est-ce qu'il y a autant de caméras de vidéosuréliance dans les rues de Paris que dans les rues de Londres ? Est-ce que ce serait éventuellement une différence notable ? Voilà, merci beaucoup.

15:57
Invité

Merci à vous Laure. Réponse Laurent Nunez. Beaucoup de questions sur cette question. Bonjour Laure, je vais répondre très rapidement.

16:03
Laurent Nuñez

Oui, nous travaillons évidemment avec notamment le CIO. Et d'ailleurs pas plus tard que tout à l'heure, en quittant ce studio, nous avons une nouvelle réunion avec eux. nous travaillons évidemment pour tirer tous les enseignements des JO, mais pas seulement de Londres, de tous les JO qui ont eu lieu. Et donc nous travaillons avec eux. D'ailleurs, je tiens à dire que le CIO est très satisfait de la façon dont nous organisons le dispositif de sécurité.

16:24
Invité

Oui, mais je reprends la question de Laure. Il faut noter quand même que le président du comité olympique britannique, Andy Hansen, a fait part de sa, je le cite, très grande préoccupation concernant la sécurité de la cérémonie d'ouverture des Jeux. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

16:37
Laurent Nuñez

Dans le même trait de temps, je note ce qu'il a dit. Dans le même trait de temps, il dit qu'il est très confiant dans l'engagement et l'investissement des autorités françaises. Voilà. Donc on travaille avec le CIO, on tire tous les enseignements de ce qui s'est passé. Et d'ailleurs, c'est très enrichissant. Sur la deuxième question, oui, il y aura énormément de caméras de vidéoprotection. Nous avons les caméras de voix publiques qui sont présentes partout en région Île-de-France, qui sont d'ailleurs la plupart du temps interconnectées entre elles.

Elles arrivent toutes à la préfecture de police, ce qui nous permet d'assurer un contrôle, d'avoir une visibilité sur ce qui se passe sur l'espace public, mais pas que. Nous avons aussi des interconnexions avec les caméras qui sont notamment dans les transports en commun, RATP, SNCF. Donc oui, il y a un gros réseau de vidéoprotection.

17:14
Invité

Question de Catherine sur l'appli France Inter. Elle s'agace de n'entendre parler que de sanctions surveillées et punir. Mais où est donc passée la prévention, Laurent Nunez ? L'un ne va pas sans l'autre. Et on l'oublie totalement.

17:30
Laurent Nuñez

Non, on n'oublie pas du tout la prévention. Enfin, c'est faux. Nous avons une politique de prévention, notamment de prévention de la délinquance dans ce pays qui est vraiment à très très haut niveau. Évidemment que quand il y a délit, crime, évidemment qu'il y a sanction. C'est indispensable. Mais tout le volet prévention est mis en place. Et d'ailleurs, je rappelle que dans son discours, le Premier ministre hier a rappelé cette politique et a appelé à ce que nous l'intensifions. Donc la prévention de la délinquance a toujours existé. Elle continuera d'exister.

18:01
Invité

Il y a une question qui est régulièrement posée aussi par des auditeurs. Elle concerne la légalisation du cannabis. Pourquoi la France ne fait-elle pas, comme l'Allemagne ou comme d'autres grandes démocraties ? À quoi sert une loi inappliquée et inapplicable, Laurent Nunez ?

18:18
Laurent Nuñez

Écoutez, moi j'ai un avis très personnel sur le sujet, sur la légalisation des drogues. D'abord, il y a un enjeu...

18:24
Invité

Ou la dépénalisation.

18:25
Laurent Nuñez

Il y a un sujet de santé publique qui m'échappe un peu, mais en tout cas, sur lequel je n'ai pas en prononcer. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que dans les pays où ceci a été pratiqué, on n'a jamais empêché les trafics en réalité, puisque le cannabis qui se vend de manière illégale n'a pas la même teneur toxique que le cannabis qui est légalisé dans les pays où ça s'est fait. Et puis, je rappelle que les stupéfiants, ça n'est pas que le cannabis. Il y a aussi des drogues plus dures, la cocaïne, les drogues de synthèse qu'on voit apparaître de plus en plus. Donc, c'est vraiment une très... C'est vraiment une fausse bonne idée.

18:58
Invité

Question de Anne, toujours sur l'appli France Inter. Je suis parisienne et je circule à vélo. Je vois très peu de policiers dans les rues de la capitale, dit-elle avec plusieurs points d'exclamation. Donc, les voitures, les scooters, les vélos ne respectent pas les feux, prennent des rues à contresens, gênent les piétons. Pourquoi si peu de policiers se la participe de la violence ressentie chaque jour dans Paris et pas simplement par les piétons ? Monsieur le préfet de police.

19:23
Laurent Nuñez

Alors d'abord, il y a beaucoup de policiers dans Paris. Leurs effectifs ont augmenté. Et d'ailleurs, plus on va s'approcher des Jeux, plus vous allez voir des policiers, et d'ailleurs des gendarmes aussi, que nous accueillons au travers des forces mobiles, des gendarmes mobiles dans Paris.

19:36
Invité

Combien seront-ils ?

19:37
Laurent Nuñez

On aura des pics à 45 000 personnes. 45 000 ? Des pics à 45 000, et en moyenne, c'est 30 000 personnes. Donc, on a énormément, en tout cas, moi, c'est ce que me demande le ministre de l'Intérieur, c'est d'augmenter la présence de voies publiques, la présence de policiers de bleus sur la voie publique. Le Premier ministre, d'ailleurs, a rappelé l'objectif. Il faut qu'on la double d'ici 2030. Il l'a rappelé hier dans son intervention.

19:58
Invité

Ce qui impliquera des recrutements ?

19:59
Laurent Nuñez

Les recrutements, ils ont été faits, et ils vont continuer à être faits. Donc, on a eu des baisses d'effectifs par le passé, et depuis 2017, les effectifs ne cessent d'augmenter. Sur les vélos, les trottinettes, effectivement, oui, il y a des contrôles. Je peux vous dire que nous faisons des contrôles qui sont, malheureusement, et c'est un peu inquiétant pour le comportement des vélos, des trottinettes dans Paris, très fructueux. Ce sont généralement des contrôles très fructueux. J'ouvre des guillemets, évidemment, mais nous verbalisons énormément de contrevenants. Les vélos n'hésitent pas assez régulièrement, on va dire, à griller des feux.

Je vous renvoie d'ailleurs sur le site internet de la préfecture, où nous avons communiqué, nous avons mis en ligne, par exemple, le simple fait de rester deux minutes sur un feu rouge, vous serez assez impressionné du nombre d'infractions que l'on constate, et notamment, dans le respect de la signalisation et des feux rouges.

20:47
Invité

Dans l'actualité aussi, Laurent Nunez, il y avait la conférence de Jean-Luc Mélenchon sur la Palestine, qui était prévue hier soir, et qui a été annulée par le préfet de police du Nord, qui a invoqué un risque de trouble à l'ordre public. Est-ce que vous comprenez l'indignation de ceux qui disent qu'ils doivent pouvoir s'exprimer et que la liberté d'expression est brimée sans forcément que ce soit justifié ?

21:12
Laurent Nuñez

Je comprends surtout la décision qu'a prise mon collègue le préfet du Nord. Je comprends surtout cette décision. Quand vous avez des réunions, des colloques, même des manifestations de voix publiques, qui sont porteuses de troubles à l'ordre public, la liberté d'expression, elle a toujours une limite. C'est de ne pas aller contrarier la liberté des autres.

21:32
Invité

Avant même que la conférence ait lieu ?

21:34
Laurent Nuñez

Oui. Généralement, on s'appuie sur des précédents, des précédentes conférences, ou pour une manifestation de précédentes manifestations, où il y a eu des troubles à l'ordre public. Et donc, l'action de l'État, dans ces cas-là, elle est légitime, puisque notre mission, c'est de prévenir des troubles à l'ordre public. Et le trouble à l'ordre public, il faut que vos auditeurs comprennent, ce n'est pas que des affrontements. Ça peut aussi être des propos qui sont porteurs de haine, ou qui sont des incitations à la violence, voire évidemment de l'apologie du terrorisme. Je ne sais pas dans quel cadre cette décision a été prise.

Moi, je ne sais pas dans ma zone de compétence, mais je peux vous dire que je la comprends parfaitement, et que d'ailleurs, moi-même, j'ai décidé d'interdire une manifestation dimanche.

22:11
Invité

Hier, contre le racisme et l'islamophobie qui était prévue ce dimanche, sur le même motif.

22:16
Laurent Nuñez

Exactement, pour le même motif, le risque de troubles à l'ordre public, avec des organisateurs qui ont un dispositif de sécurité qui n'est pas à la hauteur, et avec des mots d'ordre qui sont, je pense, porteurs de troubles à l'ordre public. Et j'ai des précédents où il y a eu des troubles à l'ordre public.

22:29
Invité

Il y a ceux qui s'inquiètent d'un détournement, justement, de ce risque de troubles à l'ordre public, pour des raisons politiques. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

22:35
Laurent Nuñez

Mais non, ce n'est pas pour des raisons politiques. De toute façon, il y a toujours, vous savez, tous les arrêtés que prennent les préfets sont soumis aux juges administratifs. Il y a des recours, et c'est le juge qui tranche. Et nous, notre seul critère, notre seul baromètre, c'est le respect de l'ordre public. Et donc, dès qu'il y a un risque de trouble, il est de notre devoir d'interdire une manifestation, un rassemblement, et c'est ce que nous faisons régulièrement. Régulièrement, j'ai envie de vous dire, pour l'ultra-droite, pour l'ultra-gauche, voilà, c'est ce que nous faisons régulièrement. Le baromètre, c'est le risque de troubles à l'ordre public.

23:06
Invité

Merci, Laurent Nunez, d'avoir été l'invité du Grand Entretien, préfet de police de Paris. Bonne journée.