Françoise Degois : "Retailleau est de plus en plus isolé. On se demande quand il va jeter l'éponge"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Françoise Degouard. Bonjour Jacques Cardon.
Soyez bienvenue dans le studio de Sud Radio. Drôle d'époque avec vous ce matin et un mini séisme, il faut bien le dire, le ralliement de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe.
Oui, alors Jacques, ça n'est pas un ralliement franco-franco. Il trouve Édouard Philippe apte à redresser la France. Donc, ce n'est pas franco-franco, mais ça y ressemble fortement. Le coup est rude pour Bruno Retailleau, de plus en plus isolé. On se demande d'ailleurs, on commence à compter les jours du moment où il va jeter l'éponge, l'ancien ministre de l'Intérieur. On peut y voir une vengeance, certes, c'est vrai. Wauquiez, on s'en souvient, avait été humilié par Retailleau lors du vote pour la présidence des Républicains avec un score digne de Ceausescu, 74% pour l'ancien ministre de l'Intérieur. Mais l'explication n'est pas suffisante.
Si Bruno Retailleau était à 20% dans les sondages, eh bien, il ne parlerait évidemment pas comme ça, Laurent Wauquiez. Et ressortent alors ces déclarations en mai 2025, où il disait à Sonia Mabrouk, Philippe, jamais les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent, ça on le sait. Et puis la force va à la force. Et après Maud Bréjon, on sent bien que beaucoup ne veulent pas traîner pour voler au secours de ce qu'il croit être la victoire.
C'est un point important, en tous les cas, pour Edouard Philippe.
Oui, on sent quand même que l'ancien Premier ministre accélère. Lui qui a théorisé pendant des mois un moment de cristallisation très tardif, c'est-à-dire à la fin de l'année. Il rechignait à avancer, à se dévoiler. Eh bien, il avance plus vite que prévu. Pourquoi ? Parce que l'entrée en campagne d'abord et en fanfare de Jean-Luc Mélenchon n'est pas pour rien dans cette accélération. Car le leader de LFI pointe désormais systématiquement, sondage après sondage, à la place du troisième homme. Et ça, quand vous êtes le troisième homme à un an d'une présidentielle, eh bien, vous pouvez facilement devenir le deuxième homme. C'est ce que se dit Edouard Philippe.
Mais il faut aussi décrocher Gabriel Attal qui s'accroche et se démultiplie. Dernier point, pourquoi fait-il ça ? Eh bien, parce qu'il faut planter son drapeau pour barrer l'entrée du chapiteau du grand cirque présidentiel aux deux candidats qu'Emmanuel Macron voudrait pousser à l'automne. Sébastien Lecornu et Jean Castex. Laurent Wauquiez tombe donc à point nommé pour Edouard Philippe. Et ce soutien concerne aussi la gauche. Oui, alors, vous savez, ce sont des signaux faibles, mais c'est notre devoir de les décrypter en réalité. Sinon, ce n'est pas la peine d'enfoncer des portes ouvertes. Il y a deux pôles d'attraction qui commencent à émerger. À gauche, Jean-Luc Mélenchon.
Et à droite, Edouard Philippe. Si la gauche ne parvient pas à se mettre d'accord sur un candidat unique hors LFI, on pourrait assister à un comportement d'électeur stratège qui voudrait voter utile pour le leader de LFI. Et on voit bien les Verts qui se décomposent avec ces 13 députés hier qui veulent désormais ouvrir les discussions avec Jean-Luc Mélenchon et sortir du tête-à-tête avec le PS. Donc ça, premier réflexe de vote. Vote utile vers Jean-Luc Mélenchon.
Et puis, un vote utile pour une partie de l'électorat social-démocrate qui refuse le second tour Mélenchon, Le Pen ou Bardella et se porterait directement sur le candidat du Bloc central si Jean-Luc Mélenchon devient trop menaçant et croque Raphaël Glucksmann, par exemple, au fil de la campagne. Tout est lié, Jacques. C'est incroyable. Et les militants socialistes qui vont devoir se prononcer sur une primaire très large et populaire ou bien juste réduite aux acais devront regarder cela aussi.
Attention à ces pôles d'attractivité qui émergent et avec l'idée qu'entre ces pôles d'attractivité, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe et Jordan Bardella, eh bien, ils risquent de ne plus rien rester au milieu.
Drôle d'époque avec Françoise Degoua, chronique que vous retrouvez en podcast sur le site sudradio.fr et bien sûr sur la chaîne YouTube. Et de la gauche, il en sera également question avec vous, Jean-François Aquili. Bonjour. Bonjour, Jacques Cardoz. Qui est votre invité ce matin ? Nous avons Karim Bouhamran, candidat à l'élection présidentielle le maire socialiste de Saint-Ointien. Quels seront les deux, trois grands thèmes ? Bon, les deux, trois grands thèmes, la canicule, aussi l'autorité parentale, nous verrons ça avec lui. Et évidemment, 2027, va-t-il en passer par la primaire ? On va voir ça tout à l'heure. 8h15, rendez-vous avec vous, Jean-François Aquili.
Vous retrouverez également de 9h à 10h, bien entendu, pour la vérité en phrase. Il est 7h52 sur l'antenne de Sud Radio. Dans un instant, c'est le Maillot Réveil. Vous êtes bien sur Sud Radio. On a plaisir à vous accompagner. Très belle journée à tous.