Crise politique : Yaël Braun-Pivet demande à Macron de nommer "rapidement" un nouveau Premier ministre
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente de l'Assemblée Nationale dans le grand entretien du 7-10. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01-45-24-7000 et sur l'application de Radio France. Yael Broun-Pivet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter au lendemain d'une journée historique à bien des égards, avec la première censure depuis 1962 d'un gouvernement, celui de Michel Barnier, devenu le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. Yael Broun-Pivet, vous qui appartenez à ce bloc central qui soutenait le gouvernement, comment qualifiez-vous ce qui s'est passé hier à l'Assemblée Nationale ?
C'est une crise sans précédent, c'est un gâchis, c'est un désastre. Quelle est votre analyse ce matin ?
J'ai d'abord une pensée pour le Premier ministre, pour Michel Barnier. Hier, j'ai vu un homme qui s'est engagé pendant des mois pour essayer de donner un budget à la France et qui n'a pas réussi à convaincre l'Assemblée Nationale. Et donc, j'avais de l'empathie pour cet homme.
C'est pour ça que vous aviez l'air, parce que c'est vrai, c'est vous qui avez lu les résultats à 20h30, les 331 voix qui ont voté la motion de censure. Vous vous sentez sombre, grave, accablée.
Pas accablée, mais en tout cas, il ne faut jamais oublier qu'en politique, il y a des hommes et des femmes qui s'engagent, qui s'engagent corps et âme, qui travaillent jour et nuit pour l'intérêt des Français. Alors, on peut être d'accord, pas d'accord avec eux, mais il faut toujours reconnaître l'engagement que ça implique, les sacrifices que ça implique dans tous les bords politiques.
C'est violent pour vous, à vos yeux, comme fin de carrière politique.
Et là, c'est évidemment très dur. Donc, il y a ce moment un peu d'humanité. Il faut rester humain quand vous faites de la politique, c'est important. Après, il y a la gravité du moment, vous l'avez rappelé, ça n'est pas arrivé depuis 62 ans. Nous sortons d'une dissolution qui n'était pas un moment anodin non plus. Donc, nous avons enchaîné dissolution, adoption d'une motion de censure. Donc, oui, le moment est grave. Il faut maintenant que nous réussissions à trouver les moyens pour apporter de la stabilité, pour doter le pays d'un budget.
Dans le moment actuel, lorsque l'on voit l'instabilité dans le monde, lorsque l'on voit les défis qui sont les nôtres, eh bien, il ne faut pas perdre de temps. Donc, il y a ça aussi, de la gravité. Mais cette gravité ne doit pas enlever l'humanité.
Au-delà de la personne de Michel Barnier, cette censure, c'est l'échec de qui, Elbrun Pivet ? Du bloc central auquel vous appartenez ? De cette stratégie qui a consisté à ménager, voire à marchander le soutien du Rassemblement national ? Ou c'est l'échec du président de la République qui, on le rappelle, a expliqué qu'il avait 10 sous pour éviter la censure sur le budget à l'automne et qui obtient la censure du budget à l'automne ?
Je crois que c'est un échec collectif. Je crois que c'est un échec collectif. Nous n'avons pas réussi à dialoguer suffisamment. Nous n'avons pas réussi à construire suffisamment ensemble. Moi, je me souviens, lorsque j'ai été élue présidente de l'Assemblée nationale en 2024, j'ai fait un discours que j'ai improvisé. Je ne l'avais pas préparé. Et j'avais dit, les Français nous enjoignent de travailler ensemble. Les Français nous enjoignent de trouver des solutions aux problèmes qu'ils ont exprimés pendant cette campagne. le pouvoir d'achat, la sécurité, l'accès aux soins, le grand âge, etc. Mettons-nous autour de la table, travaillons ensemble. Eh bien, hier, c'est l'échec de cela.
Nous n'avons pas réussi à nous mettre autour de la table pour travailler ensemble. Mais il faut pourtant le faire parce que...
Mais ils étaient où, pardon, mais ils étaient où les ténors du bloc central pendant ces trois mois où Michel Barnier essaie d'avoir un gouvernement ? Vous les avez vus, vous les avez entendus ? Edouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, François Bayrou ? Parce qu'ils n'ont pas parlé. Si on devait être un peu durs, on dirait qu'ils se sont un peu planqués, non ?
Moi, ce n'est pas le sentiment que j'ai eu parce que je les ai vus à l'Assemblée nationale porter un certain nombre de choses pour ceux qui sont élus. Mais à nouveau... On va dire qu'ils ont fait le service minimum, minimum, non ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ce dialogue, cette co-construction, elle a échoué. Et pourtant, il faut qu'elle marche. Parce qu'aujourd'hui, le gouvernement de Michel Barnier a été censuré. Mais l'Assemblée nationale n'est pas dissoute. L'Assemblée nationale est ce qu'elle est dans sa composition. Et elle ne va pas changer jusqu'à minima en juillet 2025. Donc, il faut bien que cette Assemblée nationale, elle fonctionne.
Il faut bien que les groupes politiques construisent ensemble. Nous n'avons pas le choix. Ça n'est pas une option. Et ça n'était pas une option en juillet. Mais aujourd'hui, ça l'est encore moins. Et donc, nous avons besoin de doter la France d'un budget. Nous avons besoin de travailler ensemble. Donc, allons-y. Ardemment. Et peut-être que cette crise, ce moment de tension que nous avons vécu hier, et ce moment grave, doit permettre aussi le sursaut de chacun, pour que chacun prenne ses responsabilités. C'est une ardente obligation.
Emmanuel Macron doit s'exprimer ce soir à la télévision. Que doit-il dire, selon vous, Yaël Braun-Pivet ? Quel message adresser aux Français ?
Moi, je crois d'abord qu'il doit rassurer les Français. Et c'est aussi ce que je suis venue faire sur votre antenne ce matin. Les institutions sont solides. Elles tiennent. Hier soir, moi, j'ai réuni l'ensemble des présidents de groupe à l'Assemblée nationale, après le vote de la motion de censure, pour discuter du fonctionnement de l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale fonctionne. Et elle fonctionnera jusqu'au bout. Et ça, c'est important. Il faut qu'ils le sachent. Et je pense que le président de la République doit d'abord dire cela. Ensuite, moi, je préconise qu'il procède rapidement à la nomination d'un Premier ministre. C'est important. Il ne faut pas laisser de flottement.
Il faut qu'il y ait un Premier ministre qui puisse justement dresser cette table et discuter avec les gens et les autres pour adopter un vote.
Vous voyez Emmanuel Macron à la mi-journée ? Tout à fait. Il vous reçoit. Vous allez lui dire, ne nous refait pas deux mois et demi en vacances de pouvoir ? Je vais surtout lui dire, il faut nommer rapidement.
Je lui ai déjà dit qu'il fallait nommer rapidement dans cette hypothèse-là. C'est important parce que nous avons le mois de décembre pour travailler sur le budget.
Il en est convaincu ? Je crois, oui. Olivier Faure, qui était à votre micro tout à l'heure, et Marine Tondelier, demande au président de la République de recevoir tous les chefs de parti du Front républicain, tous, à l'exception du Rassemblement national. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Moi, je pense que le président de la République, si dans un moment comme celui-ci, devait recevoir les groupes politiques, et c'est son choix, il doit recevoir tous les groupes politiques. Y compris le Rassemblement national ? Tous les groupes politiques, évidemment. Ça ne veut pas dire que vous travaillez avec tous les groupes politiques, ça ne veut pas dire que vous négociez avec tous les groupes politiques, mais dans votre rôle institutionnel, vous devez recevoir tout le monde. Hier, moi, lorsque j'ai réuni les présidents de groupe, j'ai évidemment réuni également Marine Le Pen et Mathilde Panneau.
Mais cette stratégie qui a été celle de Michel Barnier et d'Emmanuel Macron depuis trois mois, c'est-à-dire de traiter le Rassemblement national, de les considérer, de leur donner des concessions, on l'a vu sur les derniers jours, notamment sur le déremboursement des médicaments, c'est une bonne stratégie ? Il faut que le prochain Premier ministre continue à les traiter, à avoir avec eux leur ligne rouge, pas leur ligne rouge, pour obtenir leur soutien ?
Ce que je crois profondément, c'est qu'il faut écouter le vote des Français, les préoccupations des Français. Les Français ont été 11 millions à voter pour le Rassemblement national et ils nous ont dit des choses. Alors, écouter ce que les Français nous ont dit en votant Rassemblement national, ça ne veut pas dire négocier avec le Rassemblement national. Vous savez, lorsqu'avec Gérard Larcher, on a organisé la marche pour la République et contre l'antisémitisme en novembre 2023, la question de la participation du Rassemblement national s'est posée à nous. Et qu'avons-nous dit ? Nous avons dit, un, nous nous adressons aux Français, nous ne nous adressons pas aux partis politiques.
Deux, nous n'interdisons personne. En revanche, nous ne marcherons pas aux côtés du Rassemblement national. Eh bien, aujourd'hui, c'est un petit peu la même chose. Nous devons écouter ce que les électeurs du Front national nous disent et ce qu'ils expriment dans les urnes, et le prendre en compte dans les politiques que nous menons. Mais ça ne veut pas dire travailler avec eux, négocier avec eux. C'est deux choses qui sont différentes. Et c'est ce qui a été fait, là. Je vous l'accorde, c'est peut-être un peu ténu. C'est ce que j'allais vous dire.
Pour moi, c'est très clair. Oui, pour vous, c'est très clair. Mais là, ça ne l'a pas été. Je vais dire, nommément, Michel Barnier, à plusieurs reprises... Vous avez vu ? J'ai vu.
Et c'est ce qu'il faut arrêter de faire ? Ça vous a choqué ? En tout cas, c'est quelque chose qui m'a heurtée, parce que mon engagement politique est un engagement politique qui est contre les extrêmes, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite. Et je ne travaille pas avec ces extrêmes, quels qu'ils soient.
Quand vous dites au prochain Premier ministre d'arrêter de dire toutes les trois phrases, Madame Le Pen, j'ai fait ça pour Madame Le Pen, etc.
En tout cas, je dis au nouveau Premier ministre qui sera nommé par le Président de la République, il faut tenir compte de l'ensemble des préoccupations des Français. Il ne faut exclure, a priori, aucun Français de la réflexion que l'on doit avoir sur le programme de gouvernement qui sera mis en place. Tout à fait clair. Pour moi, c'est très clair.
Le gouvernement, en tout cas, va gérer les affaires courantes de le gouvernement des missionnaires avant la nomination d'un nouveau Premier ministre. Que se passe-t-il au Parlement pendant ce temps-là ? Le shutdown ou le travail continue ?
Alors absolument pas. C'est pour ça que j'ai réuni les présidents de groupe hier. Déjà, nous nous parlons et nous dialoguons. Toutes les activités parlementaires qui ne nécessitent pas la présence du gouvernement continuent. Donc les commissions permanentes se réunissent, les missions d'information ont lieu, l'activité de contrôle, les commissions d'enquête se poursuivent, les nominations se poursuivent. Donc tout ce que l'on peut continuer se poursuit et c'est ce que nous avons acté hier avec les présidents de groupe.
Maintenant, il faut qu'il y ait un nouveau gouvernement rapidement pour que celui-ci puisse reprendre les discussions budgétaires puisque là aussi, il y a plusieurs options qui sont sur la table.
Quelle est votre préconisation sur les plusieurs options sur la table ? Est-ce qu'il doit reprendre le budget, le projet de budget définitif ? Définie par Michel Barnier et l'amendée ou un nouveau budget total ?
Alors, s'il y a un Premier ministre avec son gouvernement qui est nommé rapidement, moi, ma préférence va vers la poursuite de la navette parlementaire. Sur le projet de loi de sécurité sociale qui n'a pas été adopté avec l'adoption de la motion de censure, nous pouvons entamer ce que l'on appelle une nouvelle lecture avec une capacité d'amender, etc. Et sur le texte budgétaire, la navette aujourd'hui se poursuit, le texte est en discussion au Sénat. Moi, mon souhait, c'est cela.
À partir du moment où il y a des discussions avec l'ensemble des présidents de groupe pour pouvoir se mettre d'accord, finalement, sur un socle minimum de budget, on pourrait très bien imaginer qu'on prendrait l'engagement d'examiner un budget rectificatif au premier trimestre 2025. Mais là, on pourrait doter, il est encore temps de le faire, doter la France d'un budget avant la fin de l'année. Il est encore temps. Ça n'est pas évident. Le temps est extrêmement serré. Mais vous pourriez voter un budget avant Noël. C'est juridiquement et politiquement possible si, à nouveau, tout le monde se met autour de la table.
Et je ne sais pas si la situation ainsi créée hier par l'adoption de cette motion de censure le permettra. Vous savez, pour se mettre autour de la table, il faut aussi avoir envie de se mettre autour de la table.
Oui, parce qu'en l'état, sur ces questions de budget, Michel Barnier a évoqué une menace bien réelle. S'il n'y a pas de budget pour 2025, le barème de l'impôt sur le revenu ne sera plus indexé sur l'inflation. L'impôt augmentera pour 18 millions de Français. 380 000 ménages deviendront automatiquement imposables. Sauf si est votée une loi spéciale très rapidement pour empêcher cela. C'est la priorité.
Alors en fait, justement, ce que je viens de vous expliquer, c'est que la loi spéciale est une des options. Ça n'est pas la seule. Il y a aussi une autre option qui est celle qui avait été utilisée en 1962. Ce qui est formidable avec ces événements, c'est qu'on se replonge dans l'archéologie politique de notre pays. Et c'était la présentation d'un nouveau budget qui doit être présenté avant le 11 décembre. Vous conviendrez que c'est extrêmement serré, mais c'est aussi une option qui existe. Après, il y a effectivement la loi spéciale que vous avez évoquée, qui est la dernière option qui est sur la table et qui est la reconduction des impôts tels qu'ils existent aujourd'hui.
Et il faudra voir, et nous l'avons évoqué également hier avec les différents présidents de groupe, s'il n'y a pas un moyen d'adapter cette loi spéciale pour... Donc vous êtes très claire ce matin,
vous espérez une nomination de Premier ministre aujourd'hui ou demain pour qu'il puisse reprendre le texte et l'amender et pouvoir le déposer avant le 11. Après le 11, c'est fini. Il n'y a pas de budget avant Noël.
Je n'ai pas été claire alors parce que avant le 11, c'est un nouveau budget. Là, si le Premier ministre est nommé aujourd'hui, il peut très bien reprendre le budget tel qu'il est. Et ce n'est pas un nouveau texte.
Votre préconciliation...
C'est de reprendre le budget tel qu'il existe aujourd'hui, de reprendre la navette telle qu'elle existe aujourd'hui et d'amender en fonction des discussions politiques qu'il y aura entre les différents groupes politiques.
Alors on passe au standard d'Ontaire. Pardon, moi je n'avais pas compris.
Non mais c'est tellement technique qu'effectivement je ne m'exprime pas forcément très clairement, mais c'est important de le préciser pour que vos auditeurs comprennent bien toutes les options qui sont sur la table. Moi j'aime bien justement ne pas mentir aux Français et leur expliquer justement quelle est l'exacte situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.
Plusieurs auditeurs ont des questions à vous poser. Bonjour Sébastien.
Oui, bonjour. Bonjour France Inter. Bonjour Madame la Présidente. Bonjour Monsieur. Lors de la précédente législature où votre parti avait une majorité relative, vous n'avez pas réussi à travailler, à faire travailler l'Assemblée. Vous êtes un peu le visage de cet échec. Vous vous êtes représenté, vous avez été réélu, grand bien vous fasse. Mais comment vous comptez travailler avec une Assemblée aussi divisée, alors que vous n'aviez même pas réussi à travailler avec une Assemblée qui vous était plus favorable ?
Merci Sébastien pour cette question. Yael Brown-Pivet vous répond.
Merci Monsieur, mais je vous permettrai de ne pas partager votre appréciation. L'Assemblée de 2022 à 2024 a adopté plus d'une centaine de textes et nous avons créé à mon initiative justement ce que l'on a appelé des semaines transpartisanes où pour la première fois, les textes étaient dès l'origine portés par des députés de la majorité, des députés de l'opposition. Ça ne s'était jamais fait et dans ce cadre-là, nous avions adopté plus d'une trentaine de textes à l'unanimité.
Je vous indique que sous cette mandature, là, depuis 2024, depuis la rentrée, donc depuis octobre 2024, nous avons décidé, toujours sur ma proposition avec l'ensemble des présidents de groupe, de continuer ces initiatives transpartisanes et nous avons déjà, d'ores et déjà adopté, depuis le début de l'année, huit textes à l'unanimité. Donc moi, je ne suis pas d'accord sur le fait que l'Assemblée nationale
n'est pas capable de se retrouver. Vous arrivez à parler à tout le monde, c'est ce que vous nous dites. Donc pourquoi pas vous, en fait ? Pourquoi pas vous ? Non mais je pose la question,
Yael Brown-Pivet, pourquoi pas vous ? Juste pour terminer là-dessus, ce qui est intéressant, c'est que la vie de l'Assemblée est très diverse. Nous avons voté hier, il y a eu une motion de censure. Avant-hier, il y a eu quatre textes adoptés à l'unanimité. Avant-hier, ça n'est pas, il y a un an ou il y a deux, vous comprenez ce que je veux dire ? Pourquoi pas vous ? Parce que moi, je suis à la présidence de l'Assemblée nationale et j'ai le sentiment que c'est là que je suis vraiment la plus utile. On a besoin de stabiliser les institutions. On souligne souvent l'entente parfaite que je peux avoir avec le président du Sénat.
Je crois qu'aujourd'hui, président du Sénat, président de l'Assemblée nationale, on doit être pleinement dans cette mission de stabilisation de notre République.
Retour au standard. Bonjour Françoise. Oui, bonjour. Vous nous appelez de Bordeaux. Oui, j'appelle de Bordeaux, je m'appelle Françoise donc. Et donc, je voudrais poser une situation. Je suis une citoyenne de base et je n'ai pas très bien compris les réponses à l'ambité de madame la présidente. Seulement, je pose une simple question. Quand, à l'heure actuelle, ça s'est passé hier, c'est une dame qui risque d'être qui est en suspicion d'inéligibilité d'un côté et de l'autre. M. Mélenchon, qui n'a aucun pouvoir politique et qui est type erreur partout, la démission et que ceci et que cela, est-ce que la démocratie n'est-elle pas déjà en péril voire un état d'encéphalogramme plat ?
Voilà ma question concrète à madame la présidente. Plus personne n'y croit. Merci. Merci Françoise pour cette intervention. Yael Brunpivet vous répond.
Merci beaucoup. Vraiment, je suis navrée de ne pas être assez claire. Moi, ce que je crois, c'est qu'il ne faut travailler avec aucun extrême, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite. Moi, j'appelle de mes voeux un gouvernement d'union républicaine, des démocrates et de ceux qui partagent les mêmes valeurs, allant du Parti Socialiste aux Républicains et en revanche, et ça, je suis très claire là-dessus, il faut prendre en compte les préoccupations des Français, quels que soient leurs votes. Donc vous voulez
un gouvernement qui va du PS au LR ? C'est ce que vous dites ce matin ? Avec quelle incarnation ? Quel Premier ministre ? Quelqu'un qui vient du Bloc Central ? Du PS ? Ou des LR ?
Moi, j'aimerais, dans un monde idéal, j'aimerais ce gouvernement-là. Maintenant, si ça n'est pas possible, au moins, que nous mettions d'accord entre démocrates et républicains sur un programme législatif qui nous permette de traiter et de répondre aux priorités des Français telles qu'ils les ont exprimés dans les urnes. Après, quelle incarnation ?
Moi, j'ai évidemment des idées, j'en parlerai tout à l'heure au Président de la République et j'imagine qu'aujourd'hui, c'est une journée de consultation mais il faut quelqu'un qui, je crois, connaisse très bien l'Assemblée nationale parce qu'on voit qu'elle est d'une complexité folle et qui, effectivement, ait cette capacité à animer et à dresser cette table et à animer le dialogue et la concertation.
Vous n'allez évidemment pas nous donner le nom au micro, ce matin, vous allez le dire à Emmanuel Macron dans deux heures, mais vous l'avez cette personne ? Vous pensez qu'il y a quelqu'un qui aujourd'hui serait
idoine ? Je crois qu'il y a plusieurs personnes qui répondent à cette définition mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que
nous avons besoin d'avancer et donc... Mais pardon, il y a deux choix aujourd'hui pour Emmanuel Macron, soit de prendre, comme vous dites, quelqu'un qui serait plutôt central et qui pourrait être compatible avec le centre-gauche, soit choisir quelqu'un et rester sur la même ligne de LR ou ex-LR comme Sébastien Lecornu qui serait LR compatible et RN compatible.
Vous connaissez la sensibilité qui est la mienne et moi, je préférerais qu'il y ait un élargissement de la majorité vers les sociodémocrates et vers la partie de la gauche de l'hémicycle qui partage les valeurs républicaines. Donc, ce n'est pas tout le nouveau Front Populaire, j'ai toujours été claire là-dessus, aucune alliance et aucune compromission avec la France insoumise mais il y a dans l'hémicycle un certain nombre de sociodémocrates avec lesquels nous devons travailler et j'ai envie de travailler. Si nous devons nous tourner vers quelqu'un, moi je souhaite que nous tournions vers eux et je ne souhaiterais pas nous tourner vers l'extrême droite. Vous avez croisé Olivier Faure
dans les couloirs-là
et vous lui avez dit quoi ? Et nous avons échangé et comme j'échange avec beaucoup de parlementaires, des LR, OPS, moi je vois qu'il y a d'un côté les têtes de pont, les chefs de parti, les chefs de groupe et puis de l'autre côté moi je discute aussi beaucoup avec les parlementaires, avec les députés. Eh bien moi les députés me disent qu'ils ont envie qu'on travaille ensemble parce que c'est ce qu'ils font dans ces textes transpartisans dont je vous parlais, dans les commissions, sur leur territoire, dans l'hémicycle, eh bien maintenant il faut qu'on franchisse une étape supplémentaire.
Je vois que dans notre pays, eh bien c'est cette fameuse culture du compromis, cette fameuse culture de la coalition on a du mal à y venir, c'est difficile, eh bien il faut y aller pourtant et donc il y aura probablement des sous-bresseaux mais ça ne veut pas dire qu'il faut renoncer. À nouveau je reviens sur ce que je disais au début, nous n'avons pas le choix puisque nous n'avons pas d'autres assemblées. Nous n'avons pas d'autres assemblées donc cette assemblée doit apprendre à travailler ensemble.
Question au standard de Frédéric. Bonjour, bienvenue. Bonjour Inter, Madame Brontivet, bonjour. Bonjour Monsieur.
Nous avons bien entendu vos désiratats mais ce ne sont peut-être pas ceux des Français, tout le monde aura compris hier. que ce n'est pas Michel Barnier qui a été censuré mais M. Macron pour avoir d'abord laissé la France sans gouvernement pendant des semaines puis appelé un attelage rejeté par les Français sans programme.
Dès lors, ne pensez-vous pas qu'il serait logique institutionnellement qu'il appelle aujourd'hui un ou une première ministre issu des rangs du nouveau Front populaire qui a été validé qui a été validé par les Français et qui a un programme en sachant que ce programme est un programme de législature sur cinq ans et que donc il peut être adapté avec des concessions avec une façon de travailler telle que vous l'avez décrite en tenant compte des réalités actuelles de la Samolais.
Bien compris Frédéric, merci. Réponse rapide de Yael Brontivet.
Le Président de la République pourrait très bien effectivement appeler un Premier ministre plutôt de sensibilité de gauche. En revanche, je pense que les Français n'ont pas validé le programme du nouveau Front populaire en ce qu'ils n'ont donné la majorité à personne. Donc c'est pour ça que maintenant ils étaient en tête
des législatives.
Ils ont eu plus de sièges que d'autres députés mais la coalition mais non pas que moi puisque moi je n'aurais pas été élue présidente de l'Assemblée nationale si le nouveau Front populaire avait été en tête des législatives. Je n'ai pas été élue avec des voix du nouveau Front populaire. ils avaient un candidat qui a été battu. Donc moi je pense qu'il n'y a à l'Assemblée et je la vois tous les jours aucune majorité qui se dessine. Il faut la créer sur un pacte de législature sur plusieurs moi je l'espère sur l'ensemble de la législature donc sur au moins trois ans. Maintenant c'est je n'exclus pas par principe un Premier ministre de sensibilité de gauche.
Un dernier mot sur les appels à la démission d'Emmanuel Macron qui se multiplient hier sur X. Jean-Luc Mélenchon a estimé que même avec un barnier tous les trois mois Macron ne tiendra pas trois ans. Marine Le Pen estime que le départ du président pourrait débloquer la crise mais le centriste Charles de Courson et Jean-François Copé maire de Meaux sont sur une ligne comparable. Il ne peut pas tenir jusqu'en 2027 estime Jean-François Copé. Qu'en pensez-vous ?
Moi je crois que ceux qui prônent le départ du président de la République prônent l'instabilité et prônent un chaos supplémentaire. Moi je pense que les Français si on veut respecter la démocratie les Français ont élu le président de la République en 2022 pour cinq ans. C'est ça le mandat du président de la République et la destitution du président de la République ou sa démission ne réglerait strictement rien parce que les élections devraient avoir lieu dans un moment d'urgence et donc je crois que le nouveau président n'aurait pas la capacité d'exprimer au pays et de présenter au pays une vraie vision pour la France avec un programme construit.
J'ajoute que l'Assemblée nationale ne changerait pas et donc ça ne changerait strictement rien à la situation actuelle dans laquelle nous nous trouvons.
Yael Brunpivet merci présidente de l'Assemblée nationale.
Yaël Braun-Pivet