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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 17 novembre 2025 36 minContradictoireMixte

Le Sommet Choose France ou comment garder nos entreprises tricolores ?

Source d'origine 4 locuteurs

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Temps de parole

  • Invité27 %
  • Présentateur24 %
  • Invité 222 %
  • Invité 314 %
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  • Auditeur 22 %
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0:00
Locuteur non identifié

France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès

0:10
Présentateur

Le rendez-vous de tous France d'ordinaire, il est là pour vanter l'attractivité de la France, attirer les entreprises étrangères. Cette année, il sert plutôt, j'espère que nos invités ne vont pas m'en vouloir de le dire ainsi, il sert plutôt de calinothérapie pour des patrons français qui ont besoin, semble-t-il, qu'on leur dise qu'on les aime. 30 milliards d'investissements à suivre dont plus de 9 dans des projets nouveaux annoncés aujourd'hui même au sommet de la maison de la chimie. Est-ce que ça suffit pour rassurer sachant que le rendez-vous coïncide avec la semaine de l'industrie ?

L'actualité aujourd'hui même nous montre que le secteur souffre et la crainte des patrons français c'est qu'on ne remonte jamais cette pente-là. L'instabilité politique n'aide pas au moral, c'est le moins qu'on puisse dire, encore moins l'absence de perspective et on verra jusqu'à quel point ça pèse. C'est donc à ceux qui ont choisi parfois contre vents et marées de rester en France et d'investir en France que cette émission s'adresse et à vous aussi qui travaillez dans ces boîtes et qui décident de donc rester en France, de quoi on parle, de qui on parle, de quels produits, de quels investissements est-ce qu'on parle de patriotisme économique ?

Un petit peu sans doute mais ça va évidemment plus loin, personne n'est philanthrope. Alors bien sûr ce soir nous parlerons aussi coûts, nous parlerons fiscalité, on ne va pas faire comme si on n'était pas en plein débat budgétaire et les polémiques même au sein de... sur ce sujet pardon, au sujet des charges supplémentaires mais parlons aussi de main d'oeuvre, de qualification de savoir-faire et là c'est vous qui nous écoutez, qui représentez cela qu'est-ce qui motive un patron à rester en France mais également qu'est-ce qui vous motiverez vous à le soutenir pour qu'il ne parte pas ? Quelle politique pour faire rester les patrons français à vos questions ?

Les remarques les amis, c'est le téléphone son soyez les bienvenus

1:46
Locuteur non identifié

Le téléphone son 0145 24 7000

1:51
Présentateur

Benjamin vous êtes le premier et vous êtes le bienvenu, bonsoir

1:53
Auditeur

Bonsoir Fabienne

1:54
Présentateur

On vous écoute Benjamin

1:55
Auditeur

Merci de prendre mon témoignage et ma question Alors moi je suis salarié d'une entreprise qui fabrique en France puisqu'on produit les cadres des vélos qu'on assemble ensuite pour la marqueur Radior on est situé à Bourg-en-Bresse et on a la chance d'avoir été sélectionné pour la grande exposition du Fabriqué en France en 2024 l'an dernier au Palais de l'Elysée on est chaque année exposant au Salon du Made in France dont celui de cette année a eu lieu il y a quelques jours à Paris et pourtant le constat d'un patriotisme économique je reprends le terme évoqué en introduction reste pour nous assez paradoxal quand on en discute au travail quand on en discute avec notre entourage on se rend compte qu'il y a une période de l'année où on va en parler de manière exagérée je ne sais pas mais en tout cas on va en parler ça va apparaître dans les médias notamment au mois de novembre avec le Salon du Made in France j'en parlais avec le Black Friday les cadeaux de Noël au mois de décembre et puis finalement le reste de l'année on a plutôt l'impression d'un essoufflement et même les collectivités finalement pourraient jouer le jeu dans leurs achats d'une certaine préférence pour les produits fabriqués en France mais elles ne font pas systématiquement l'effort de soutenir les emplois les savoir-faire de leur territoire finalement ma question est donc la suivante est-ce qu'on peut légitimement réclamer une TVA réduite sur les produits qui seraient fabriqués en France pour les rendre plus compétitifs notamment quand on a la statistique suivante de 70% des français qui affirment vouloir faire le choix le choix du fabriqué en France mais que leur premier frein reste le prix de ces produits par rapport à un produit fabriqué à l'étranger

3:24
Présentateur

et bien merci beaucoup pour cette introduction Benjamin je retiens sur la proposition puis je retiens ce que les gens mettent derrière ce patriotisme économique à la fois ceux qui achètent mais aussi ceux qui fabriquent pour discuter ensemble jusqu'à 20h autour de la table il y a Eric Renard bonsoir bonsoir peut-être le directeur général de la Fosséenne Cosmétique il y a Olivier Schiller également bonsoir Schiller pardon Schiller Schiller président du groupe Steptodon vous fabriquez c'est très pointu notamment de la cartouche d'anesthésie locale est-ce que je me trompe

3:54
Invité

exactement nous sommes l'isant mondial dans l'omène des anesthésiques dentaires dans la médecine dentaire nous réalisons 95% de notre chiffre d'affaires en dehors de France et nous avons 40% de nos salariés en France

4:06
Présentateur

vous êtes le vice-président du mouvement des entreprises de taille intermédiaire qui s'appelle le METI et il y a Emmanuel Dutail qui est là avec nous bonsoir Emmanuel bonsoir directeur de la rédaction de l'usine nouvelle c'est vous j'aimerais avoir votre avis l'un et l'autre Eric Renard peut-être pour commencer sur ce que dit notre ami auditeur Benjamin qui dit en gros le patriotisme économique qu'on demande aux gens et qu'on est même censé demander à nos entreprises pour qu'elles continuent à travailler et produire en France ça va bien pendant certaines périodes de l'année puis après on oublie vous avez ce même sentiment vous ?

4:37
Invité

alors en fait nous on est un tout petit peu à part parce qu'on fabrique 100% de nos produits en France avec nos trois marques vous les avez rapatriés surtout c'est ça qui est intéressant et en fait ce qui fait quand même qu'on réussit c'est qu'on a une compétitivité c'est à dire que je crois qu'il ne faut pas se voiler la face si on n'est pas compétitif on n'existe pas et les consommateurs ont envie d'avoir un rapport qualité prix alors pas forcément un prix d'ailleurs c'est souvent la différence mais un rapport qualité prix qui leur convienne et si on n'est pas dans cette logique là c'est sûr que c'est très très difficile et c'est vrai aussi que c'est difficile d'être compétitif en France pour plein de raisons qu'on va évoquer j'imagine mais la réalité c'est que sans compétitivité de notre offre il y a peu de chances de réussir à percer sur un marché alors nous on intervient en hygiène beauté et il se trouve que en hygiène beauté on a encore un patrimoine industriel en France qui est très important on a un parc industriel avec encore de nombreuses usines qui sont en souffrance et on a dans notre métier par exemple deux métiers c'est pour ça qu'on dit l'hygiène beauté en fait vous avez les produits d'hygiène en gros c'est ce qui lave beauté c'est ce qui hydrate si je fais un raccourci très rapide et sur les produits qui lave en règle générale vous êtes plutôt moins cher et les produits de beauté les produits qui hydrate un peu plus cher et on voit petit à petit une forme d'exode de la fabrication des produits d'hygiène vers des produits à moindre coût donc même un métier comme le nôtre qui est un métier sur lequel il y a encore un très fort potentiel industriel on voit ça s'éroder petit à petit

6:12
Présentateur

vous vous êtes rentré si je puis dire vous êtes rentré de Pologne notamment mais pas seulement vous étiez où également quand vous avez racheté quand vous avez racheté vous

6:20
Invité

nous on a toujours fabriqué 100% de nos produits en France il se trouve par contre c'est à ça que vous faites allusion que nous avons racheté récemment une marque historique française qui s'appelle les laboratoires Vendôme exactement et cette marque historique française

6:31
Présentateur

et vous les avez ramenées

6:32
Invité

qui était dans son histoire elle était fabriquée en France appartenant à des français puis elle était vendue à des américains puis à des italiens et nous on l'a racheté à des italiens et il se trouve qu'à ce moment là elle était fabriquée en Pologne et en Italie

6:42
Présentateur

le sens de ma question c'est est-ce que vous avez perdu de l'argent en route et comme je le disais personne n'est philanthrope et c'est bien normal je voudrais savoir comment derrière vous récupérez ce que vous avez perdu notamment au coup de main d'oeuvre rapidement puis on va donner la parole évidemment à monsieur Schiller dans un instant

6:56
Invité

oui alors rapidement sur l'histoire de laboratoires Vendôme comme je vous le disais nous on n'a jamais fabriqué à l'étranger et c'est à cette occasion qu'on s'est aperçu de façon très pragmatique que de la fabrication en Pologne par exemple c'était environ 15% moins cher donc pour nous c'était une découverte puisqu'on n'avait jamais fait ce travail de recherche de fabrication à l'étranger 15% c'est beaucoup et par contre on s'est également aperçu dans le même temps que pour des raisons énergétiques l'émission de carbone de CO2 sur la dimension énergétique de la fabrication des produits laboratoires Vendôme c'était 10 fois moins en France qu'en Pologne pour une raison simple c'est que nous on a une énergie non carbonée qui s'appelle le nucléaire alors que les Polonais utilisent du charbon et donc notre choix c'était de savoir est-ce qu'on a envie de continuer 15% moins cher à émettre du carbone ou est-ce qu'on a envie d'être 15% plus cher et arrêter d'émettre du carbone en fait la réponse elle est dans la question on a évidemment plutôt fabriqué en France

7:43
Présentateur

est-ce que vous avez le sentiment Olivier Schiller qu'au fond quand on est chef d'entreprise et c'est un peu le sens de la question de Benjamin aussi qu'on produise en France ou qu'on ne produise pas en France à la fin tout le monde s'en fout en fait ou est-ce que vous avez quand même le sentiment d'avoir un espèce de supplément d'âme particulier et qu'il est reconnu surtout autour de vous ou pas ?

8:01
Invité

alors en tout cas il est reconnu par notre entreprise et par leurs salariés qui sont très attachés à leur travail et la question c'est pas tellement de demander aux consommateurs est-ce qu'ils sont payés à payer plus cher ou pas c'est de donner aux entreprises françaises la possibilité d'être compétitives quand elles travaillent en France et aujourd'hui les conditions et quand je disais

8:20
Présentateur

être reconnu je parlais plutôt des pouvoirs publics en effet que les gens qui vous achètent surtout sur vous qui est sur un créneau qui est extrêmement particulier est-ce que vous avez l'impression qu'on vous regarde que les pouvoirs publics vous regardent en disant merci bravo oui

8:34
Invité

cette reconnaissance existe depuis une dizaine d'années les pouvoirs publics ont essayé de gommer l'écart de compétitivité qu'il peut y avoir entre la France et puis les pays qui nous entourent ce qui a permis de créer de l'emploi de relire au chômage d'investir et c'est vrai que depuis 2-3 ans on ne voit plus vraiment cette reconnaissance et donc c'est de plus en plus alors qu'il y avait une trajectoire effectivement de réaliment compétitif aujourd'hui la situation est beaucoup moins beaucoup moins positive et c'est effectivement ce dont vous parliez en évoquant le budget 2026

9:08
Présentateur

Emmanuel Duteil il y a beaucoup de gens qui mettent une espèce de barrière effectivement en gros on va dire à 2022 en fait quand quelque chose tangue dans l'économie française et la vision des entreprises également en fait

9:21
Invité

c'est pas seulement

9:22
Présentateur

la dissolution en fait c'est bien au-delà

9:24
Invité

c'est quand même très très très clairement la dissolution les quelques mois avant la dissolution la campagne européenne la dissolution nous on fait typiquement à l'usine nouvelle un baromètre des investissements industriels donc on compte aussi bien les ouvertures les extensions et les fermetures ça se tenait pas trop mal jusqu'au début même 2024 vraiment ça se tenait pas trop mal il y avait pas mal de projets annoncés et à partir de la dissolution là il y a un aversement de tendance très clair et là en 2025 on a un écart assez net entre les fermetures et les ouvertures donc effectivement ça pose un problème dans un pays où on le dit pas assez parce que là on parle d'aimer notre industrie mais ça fait des années que ce pays s'en fichait assez royalement de ses entreprises c'est à dire que si vous vous comparez par rapport à des choses qui sont très comparables à l'Italie l'Italie est un pays qui a encore aujourd'hui allez on va arrondir une vingtaine de pourcents une vingtaine de pourcents de son PIB qui dépend de l'industrie c'est un pays qui est très industriel

10:18
Présentateur

on est pas à 10 nous c'est ça on est à 10 les bonnes années

10:20
Invité

on tangente autour du 10 et on en est très loin parce qu'on a abandonné nos entreprises on en revient toujours à cette phrase de Serge Chourou qui avait été le patron d'Alcatel et qui avait dit pas besoin d'usines en France on va les délocaliser et nous on aura grosso modo la valeur ajoutée aujourd'hui on n'a pas tout le temps la valeur ajoutée on n'a surtout pas assez d'usines il y a eu un petit mouvement vous avez raison au début d'Emmanuel Macron il y a eu une forme de réindustrialisation dans les territoires mais il y a des pans entiers qu'on ne peut pas faire revenir

10:48
Présentateur

et puis il y a eu des promesses aussi on va y venir dans un instant mais il y a eu relance France enfin il y a eu ça quand même à un moment il y a eu des choses qui ont été signées

10:55
Invité

il y a des choses qui ont été faites il y a eu beaucoup d'argent mis sur la table notamment avec un plan qui s'appelle France 2030 où là ça se calcule en dizaines de milliards d'euros il y a eu de l'argent donné ce qu'a fait Emmanuel Macron autour des Choose France dans un premier temps qui était destiné aux entreprises étrangères ça a véritablement fonctionné alors il y a plein d'annonces qui auraient été faites sans ça au fil de l'eau mais on les rassemblait sur une journée mais ça a fonctionné et encore aujourd'hui il faut quand même saluer M.

Schiller en est là aujourd'hui le témoin je crois que vous avez annoncé 40 millions d'euros d'investissement dans un nouveau site de production donc il y a eu quelques annonces aujourd'hui mais la machine elle est malheureusement à nouveau grippée

11:29
Présentateur

on va retourner au standard mais juste en un mot Eric Renard parce qu'on a mangé la question de la TVA réduite de notre auditeur à l'instant est-ce que vous dites oui c'est une bonne idée on fait ça pour les entreprises qui produisent qui fabriquent qui produisent et qui emploient en France

11:42
Invité

je ne sais pas si c'est une bonne idée puis de toute façon c'est à mon avis pas possible mais par contre l'idée d'imposer aux produits que nous importons en France les mêmes normes de fabrication et les mêmes critères que ceux que nous fabriquons localement oui ça non seulement c'est une bonne idée mais on devrait le faire et on ne le fait pas

12:04
Présentateur

et c'est intéressant parce qu'il y va de l'industrie au fond comme l'agriculture si on avait un agriculteur en face de nous il dirait exactement la même chose sur son mode de production et le mode de production de ceux qui font entrer leurs produits à l'intérieur du pays pardon je vous interromps

12:14
Invité

par rapport à ce que dit Benjamin c'est tout dépend de ce qu'on entend par produire en France c'est-à-dire que je pense que même dans son entreprise vu qu'on parle de vélo il parle des cycles qui sont produits mais je ne suis pas certain que les freins les roues

12:23
Présentateur

en effet il parlait des guidons

12:24
Invité

très spécifiquement donc tout dépend de ce que vous mettez derrière le produit en France et quel pourcentage vous mettez je vous ai vu monsieur Schiller je voudrais d'abord

12:33
Présentateur

qu'on écoute Manolo bonsoir Manolo bonsoir Fabienne on vous écoute

12:37
Locuteur non identifié

c'est la culture du paradoxe parce que vos intervenants ce sont l'arbre qui cache la forêt parce que les grandes entreprises qui ont désinvesti et qui sont partis à l'étranger pendant les 30 dernières années aujourd'hui ils se prennent la porte dans le nez avec la Chine qui revient plein pot après lui avoir mis le pied à l'étrier alors il ne faut pas s'étonner non plus qu'on soit dans une situation une situation difficile les gens qui ont perdu leur emploi aujourd'hui ils regardent ce qu'ils achètent et le prix qu'ils payent il ne faut pas rêver non plus

13:12
Présentateur

merci beaucoup Manolo Olivier Schiller est-ce que vous êtes l'arbre qui cache la forêt je trouve que la remarque de Manolo est intéressante en fait

13:19
Invité

écoutez je ne pense pas parce qu'il y a tout un tissu d'entreprises de teint intermilière d'ETI en France beaucoup d'antelles sont familiales 75% sont familiales ils sont très attachés au Made in France et qui produisent l'essentiel de leurs produits en France en fait il y a deux conditions vraiment pour réindustrialiser le pays un c'est qu'on gagne en compétitivité on parlait tout à l'heure de TVA il y a beaucoup beaucoup de charges qui pèsent sur les entreprises et plus sur les entreprises sur les produits Made in France que sur les produits importés donc il faut rééquilibrer ça et une des façons de faire c'est de baisser un petit peu beaucoup les charges sur le Made in France et en le compensant peut-être par une petite hausse de TVA Benjamin parlait de TVA comme ça on taxerait de la même façon les produits importés et les produits Made in France ça c'est un deuxième élément

14:04
Présentateur

votre exemple par rapport à la suite Benjamin est à l'inverse mais allez-y je vous en prie

14:07
Invité

le deuxième élément c'est qu'il est très important d'avoir des familles qui sont propriétaires des entreprises qui maillent le territoire français ces entreprises familiales sont absolument essentielles pour réindustrialiser le pays on parle aujourd'hui beaucoup des impôts sur la transmission etc.

mais si on n'arrive pas à conserver je dirais ce noyau familial d'entreprise c'est sûr que la désindustrialisation va s'accélérer en Allemagne vous avez le Mittelstand en Italie il y a une forte concentration notamment de l'ordre de l'Italie d'entreprises industrielles il est absolument essentiel de préserver les entreprises familiales si on veut réindustrialiser le pays si cet odon avait été vendu à un groupe étranger la probabilité que l'investissement soit fait en France sur notre site historique de Saint-Bord-des-Fossés serait extrêmement faible

14:54
Présentateur

je serais même probablement proche de zéro Eric Renard votre maître mot c'est soyons évidemment compétitifs je peux l'entendre s'agissant des taxes s'agissant des prélèvements etc. moi je voudrais savoir quand même encore une fois parce que vous n'êtes pas philanthrope ce qui vous ramène ici en fait qu'est-ce qu'on a malgré tout de plus donc qu'est-ce qu'on est quand même encore capable de vendre aujourd'hui et qui tient encore la route et qui fait que des gens comme vous peuvent encore s'installer en France rester en France

15:22
Invité

heureusement beaucoup de choses heureusement mais d'abord nous on a toujours fabriqué en France donc on bénéficie quand même dans notre univers d'un écosystème l'hygiène beauté française est leader mondial donc on a des industries on a des sous-traitants nous on achète par exemple 95 un peu plus de 95% de nos achats c'est-à-dire on fabrique 100% mais on achète nos bouchons nos flacons à 95% en France donc il existe encore un réseau un réseau industriel qui nous permet de le faire il y a des métiers le textile dont on parle très souvent où ça n'existe plus donc ce n'est plus possible donc il faut préserver moi je crois qu'il faut en fait avoir une vraie j'ai envie de dire presque un plan marchal de l'industrie en France parce qu'en fait on fait face à plein plein de problèmes en réalité souvent on dit oui c'est le problème de la main d'oeuvre oui mais c'est aussi le problème de l'implantation sur les territoires mais c'est aussi le problème de la formation des personnels parce qu'on a plus de jeunes qui veulent aller dans l'industrie c'est le problème des taxes en réalité on n'a pas un problème on a plein de problèmes et c'est pas en s'attaquant à un seul de ces problèmes qu'on trouvera une solution c'est plutôt en essayant de donner à notre pays l'envie de faire de l'industrie de fabriquer de refabriquer des choses qu'elle a arrêté de fabriquer c'est quand même de mon point de vue un pur scandale qu'on n'ait pas été capable de fabriquer des médicaments enfin des vaccins et qu'on ne soit plus capable de fabriquer du doliprane enfin il y a des choses comme ça où c'est presque un problème de santé publique et on se doit d'avoir une industrie et puis je finirai là-dessus l'industrie si on était à 20% du PIB comme vient de le dire mon voisin on n'aurait pas de problème de dette parce qu'on aurait on générerait des milliards et des milliards de valeurs ajoutées et on aurait beaucoup moins de problèmes de dette peut-être pas mais en tout cas beaucoup moins

17:11
Présentateur

On disait tout à l'heure Emmanuel Duteil qu'il y a eu une tentative de relance et puis qu'elle a un petit peu fait chou blanc ou pas il y a eu ce moment on a tous eu un moment Covid en fait et un moment post-Covid et c'est à ce moment-là qu'on a promis beaucoup de choses j'y pense parce que Eric Renard donne l'exemple du médicament par exemple des médicaments on s'est rendu compte de ce qui nous manquait de ce qu'il faut qu'on arrive à fabriquer en quoi ça nous a quand même aidé ou est-ce qu'on est revenu aujourd'hui 5-6 ans plus tard à la case départ d'avant Covid selon vous ?

17:38
Invité

ça nous a quand même un petit peu aidé parce que ça nous a permis de nous rendre compte même si beaucoup de gens le savaient mais que ça nous a permis de nous rendre compte que nous n'étions pas souverains sur des choses capitales effectivement en 2025 ne plus être capable de fabriquer du Doliprane en France quand on a vu l'attachement quand Sanofi a vendu une partie du capital à des américains c'était un petit peu dommage donc oui il y a eu quand même des choses mais vous voyez par exemple sur l'usine Séquence qui a été créée pour ramener justement les principes actifs pour enfin les fabriquer en France puisque pour avoir toute la chaîne on n'est pas encore à l'ouverture vous vous souvenez du moment où ça a été annoncé mais malgré tout il y a un petit mouvement mais la santé est un très bon exemple d'un endroit où on avait complètement désinvesti on faisait partie des plus gros producteurs de médicaments en Europe aujourd'hui on est derrière la Belgique on est derrière la Belgique ne dites pas ça comme ça on a beaucoup de gens de Belge qui nous écoutent vous avez l'air de dire

18:28
Présentateur

d'une manière absolument terrifiante

18:29
Invité

il suffit de regarder la taille du pays c'est à dire qu'on est derrière la Belgique on va bientôt être rattrapé par l'Espagne qui sont des pays comparables mais parce que l'Espagne par exemple a mis des dispositifs réglementaires pour faire les tests de médicaments beaucoup plus facilement qu'en France il y a un exemple où ça va aujourd'hui très très bien c'est l'exemple de la défense la journée d'aujourd'hui le montre avec la commande de San Rafael même si c'est une lettre d'intention on verra combien ils en achèteront au final là il y a eu des choses qui se sont passées parce que pareil nous n'avions même plus de fabricants de poudre à canon en France donc c'est quand même un peu dommage quand vous êtes le deuxième vendeur d'armes au monde de même pas être capable de mettre de la poudre dans vos canons là il y a eu des choses on peut regarder le verre à moitié plein si vous regardez le verre à moitié plein depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron il y a plus d'emplois industriels et plus d'usines qui se sont ouvertes si vous le regardez à moitié vide un peu envie de dire tout ça pour ça on en revient au début aujourd'hui pourquoi on a fait un Choose France aujourd'hui ?

Parce qu'une fois de plus le chef de l'Etat voulait faire des promesses aux industriels et leur dire on vous aime mais quelle est la vraie réponse ? Ce ne sont que des promesses de taxes

19:32
Présentateur

des lettres d'intention donc en quelque sorte pour en revenir à Raffaël on va y aller justement est-ce qu'on peut le rattraper ce retard là et comment est-ce qu'on a atteint un point de non-retour et c'est Fabrice qui va nous aider à répondre à cette question grâce à la sienne bonsoir Fabrice

19:47
Auditeur

on vous écoute pour vos émissions alors j'ai une question assez simple quelle est la stratégie d'investissement et notamment d'investissement industriel de la France et de l'Etat français on entend beaucoup d'annonces qui semblent être beaucoup plus opportunistes qu'axées sur une stratégie de production de produits ou de services dont on aurait besoin et comme ça a été dit justement à l'instant on s'aperçoit que ce dont on aurait besoin finalement on ne produit plus alors que ces besoins là que ce soit tiré par la démographie ou tiré par l'évolution de notre système énergétique ou nos moyens de transport en fait ils sont hautement prévisibles donc qu'est-ce qui manque pour que la France puisse se doter comme d'autres pays voyants voisins d'une stratégie d'investissement structurée sur du moyen et long terme

20:39
Présentateur

Vraie bonne question qu'est-ce qui manque Olivier Schiller comment est-ce qu'on peut aider notre auditeur Fabrice qu'est-ce qui manque

20:45
Invité

Alors si on prend la question des médicaments qui est fondamental il y a un vrai problème de la demande c'est-à-dire que l'administration va tirer les prix vers le bas et quand il y a des appels d'offres s'il y a deux centimes d'écart entre un produit made in France et un produit importé de Chine ils vont choisir les produits chinois Les Allemands font exactement l'inverse ils favorisent le made in Germany dans les landers au niveau national l'Etat et puis les collectivités publiques ont des moyens considérables ça représente des sommes tout à fait considérables donc il faut changer la culture des appels d'offres françaises pour vraiment privilégier le made in France

21:23
Présentateur

Un mot Eric Renard ?

21:25
Invité

Oui j'ai envie de répondre que ce qui nous manque c'est la volonté la volonté d'avoir une industrie forte

21:32
Présentateur

Mais la volonté de qui pardon ?

21:34
Invité

La volonté du législateur la volonté du gouvernement je ne suis pas sûr qu'il faille que le gouvernement investisse des milliards parce que d'abord il n'en a pas la capacité on le voit tous les jours en ce moment mais déjà qu'il libère la possibilité à des entreprises comme les nôtres de le faire c'est à dire que nous on est capable d'investir pas des milliards pour la fausse haine mais des millions on est capable de le faire mais à condition qu'on arrête de nous mettre des bâtons dans les roues à condition qu'on ne parle pas en permanence d'augmenter les impôts de là de ci de là à condition qu'on nous autorise à fabriquer sur des territoires la fameuse loi qui restreint la possibilité de la ZAN de zéro artificialisation même s'il a été réformé maintenant les produits industriels en sortent en fait tout est compliqué chez nous tout est difficile on est dans un pays qui est suradministré et en fait c'est cette volonté moi j'ai souvent j'ai souvent envie de dire ne nous donnez pas d'aide laissez-nous faire et on nous laisse pas faire

22:28
Présentateur

très rapidement ça c'est très important

22:31
Invité

ce que vient de dire Eric Renard sur le côté laissez-nous faire mais pas dans le sens laissez-nous faire ce que l'on veut quand on veut où on veut je vous prends un exemple qui je pense est très parlant justement l'entreprise Renko qui a rapatrié les poudres en France il s'est dit si je veux aller vite parce que je dois répondre maintenant à la demande à cause de la guerre en Ukraine je vais prendre les normes je vais les multiplier par deux comme ça je suis sûr que personne ne vient que je suis dans les clous donc par exemple ces murs ils sont deux fois plus épais que ce qu'on demande pour ce type d'usine parce qu'il s'est dit la dépense que je vais avoir là elle sera plus utile que le temps que je vais perdre pareil il faut des portes hyper sécurisées dans ce genre de choses il les a multipliées par deux et il y a un point juste dont vous n'avez pas parlé c'est l'acceptation parce qu'il y a un grand paradoxe en France on a envie d'avoir de l'industrie mais on ne la veut pas au bout de chez nous et ça c'est un point qui est très compliqué et vous savez qu'aujourd'hui

23:17
Présentateur

Not in my backyard mais il y va de ça comme de tout mais ce qui est un point très important

23:21
Invité

c'est à dire chaque usine qui ferme est une usine à cause, pas à cause parce qu'il y a des gens qui ont envie d'avoir de l'industrie mais en grande partie à cause de ça et on en est peut-être tous les premiers concernés à ne pas vouloir avoir une usine au bout de chez nous et quand on va se poser la question d'installer le nouveau nucléaire ou les petits nucléaires qu'on appelle du SMR bon courage pour trouver des terrains pour pouvoir les ouvrir donc l'acceptation je pense que c'est quelque chose il faut re-raconter et les industriels ont sûrement un tort ils doivent faire cet énorme travail de re-raconter à quoi ça sert de la valorisation quand vous travaillez dans une industrie de voir tous les jours ceux que vous êtes en train de fabriquer j'imagine dans votre entreprise vos collaborateurs ils savent pourquoi ils se lèvent le matin ce qu'ils fabriquent et à quoi ça va servir

24:03
Présentateur

Montrez-nous ce que vous faites Montrez-nous comment vous le faites ouvrez les usines laissez-nous rentrer etc. et on en saura tellement mieux vous avez évoqué Eric Renard à l'instant une affaire d'énergie Eric nous envoie une note vocale pile sur le sujet

24:17
Locuteur non identifié

Bonjour c'est Eric de Nantes pourquoi ne pas avoir des tarifs préférentiels au niveau de l'énergie notamment pour les entreprises qui consomment énormément d'électricité pour leur production ce serait un moyen aussi d'aider significativement la production merci

24:35
Présentateur

Vous l'achetez l'édit d'Eric Eric Renard non ?

24:37
Invité

Oui oui je l'achète mais en fait c'est la réponse que j'ai fait auparavant c'est un problème de volonté c'est est-ce que notre nation a envie d'être un pays industriel et si elle a envie d'être un pays industriel elle va mettre les forces les moyens les ambitions en conséquence ce n'est pas le cas c'est intéressant

24:56
Présentateur

aujourd'hui à la COP30 par exemple on voit que on verra bien ce que ça donne mais on voit que l'Union remet une couche sur la taxe carbone aux frontières etc ça veut dire que à la fois je vous suis sur le fait qu'on avance un petit peu à la vitesse de l'escargot mais la prise de conscience et donc l'idée elle est quand même sur le tapis non ? ou pas Olivier Schiller ?

25:14
Invité

Oui alors il est clair que la consommation d'électricité va augmenter dans les années futures si on veut décarboner nous par exemple on va transformer deux grosses chaudières à gaz en chaudières électriques on va diminuer 70% de nos émissions de CO2 sur le scopin de notre site de Saint-Mort-des-Fossés beaucoup d'entreprises sont engagées dans des transitions environnementales et pour cela il faut avoir des conditions d'achat de l'électricité compétitive et nous on fonde beaucoup d'espoir sur le dialogue avec le nouveau directeur général d'EDF au niveau du métier Bernard Fontana exactement donc on s'est groupé pour aller négocier entre guillemets avec EDF des contrats compétitifs pour les entreprises électro-intensives ou électro-sensibles et c'est un facteur de compétitivité mais je pense que de ce côté-là il y a une vraie prise de conscience et je suis assez optimiste sur la capacité de payer moins cher de l'électricité

26:06
Présentateur

c'est votre cheval de bataille Eric Renard après j'ai une question sur Whatsapp qui sera pour vous Emmanuel Dutay allez-y

26:10
Invité

oui oui alors là moi je suis vraiment à fond là-dessus parce que nos prix ils doivent aussi intégrer la notion de carbone en France on a un atout compétitif majeur c'est le nucléaire c'est un atout compétitif extraordinaire c'est dix fois moins carboné que le charbon et si dans le prix pratiqué à la fois à l'importation et à la fabrication locale on intégrait cette notion de carbone et bien la France deviendrait une industrie compétitive beaucoup plus compétitive instantanément

26:37
Présentateur

d'où la taxe carbone aux frontières qui commence

26:40
Invité

l'électricité française est sept fois moins carbonée que l'électricité allemande

26:45
Présentateur

mais aux frontières l'EU la lance en 2023 il va y avoir une expérimentation en 2026 on verra les industriels

26:50
Invité

ils ont réclamé de leurs voeux et puis finalement aujourd'hui quand ils regardent le texte ils disent qu'il est inapplicable c'est comme souvent avec l'Europe malheureusement

26:57
Présentateur

aluminium ciment engrais électricité hydrogène pour l'instant restreinte en plus pour les gens qui nous écoutent et qui n'en ont pas forcément le détail cette question qui me semble intéressante c'est celle de Jacques écoutez là Emmanuel Dutail il dit mais est-ce que c'est grave de ne pas avoir d'industrie en France dans un contexte européen est-ce qu'on ne devrait pas focaliser sur quelques filières d'excellence qu'est-ce qu'on lui répond à Jacques ?

27:15
Invité

Il a totalement raison et c'est sûrement l'un des problèmes français c'est que nous n'avons ces dernières années pas su faire le choix de ce que nous voulions faire et donc on a essayé de faire un peu tout en concurrence et très souvent en concurrence avec les allemands avec les italiens donc c'est vrai qu'on aurait mieux fait de se dire il y a quelques années mais c'est vrai aussi pour l'agriculture on devrait être bon dans cette filière agricole donc Jacques je crois que c'est comme ça que votre auditeur s'appelle bien sûr qu'il a raison puisque dans tous les cas nous n'avons pas les moyens c'est un tout petit peu ce qu'on fait aujourd'hui parce que vu qu'on a plus de sous dans le plan France 2030 ils ont décidé de le resserrer sur 3-4 domaines notamment l'IA et ce genre de choses le nucléaire également dedans donc c'est un peu ce qu'on fait forcé par le fait que les caisses sont vides

28:00
Présentateur

c'est intéressant parce que dans l'enveloppe promise là à Choose France il y en a notamment une partie qui est dévolue à un data center autant que je sache donc ça veut dire que c'est dans cette direction là

28:09
Invité

après il faut faire attention à ce qui a été annoncé aujourd'hui 31 milliards là-dessus il n'y en a que 9 milliards de nouveaux et même au milieu de ces 9 milliards vous avez le fameux 4 milliards ils étaient déjà privés ils sont dans les 9 ou dans les 30 d'accord donc ils sont de l'autre côté ils étaient déjà mais une fois de plus ce que je disais tout à l'heure c'est déjà bien 4, 5, 6 milliards en plus je ne suis pas forcément d'accord avec vous parce que je ne crois pas du tout en un état stratège qui va faire des grands plans pour dire aux industriels vous devez investir dans ci ou dans ça je pense beaucoup plus à la liberté d'entreprendre à la diminution de la réglementation sans faire n'importe quoi et à libérer les forces vives en diminuant les coûts de production je pense que c'est vraiment l'initiative individuelle qui va permettre des entrepreneurs qui va permettre de développer l'industrie des projets majeurs prenons par exemple le futur avion de combat le SCAF on va finir par en fabriquer un en Allemagne et en fabriquer un en France parce qu'on est un foutu de s'entendre alors qu'on sait que le problème principal ça va être l'argent donc au final alors qu'aujourd'hui on a la plus belle technologie au monde pour savoir fabriquer des avions de guerre même si on pourrait aimer avoir des technologies mondiales dans des secteurs peut-être plus utiles mais bon sur l'IA c'est totalement impensable de croire qu'on va avoir un chat de GPT français même si on a Mistral qui sera concurrent de chat de GPT de deep sick en Chine c'est ça que je voulais dire c'était dans ces quelques secteurs de pointe je ne pensais pas un état dirigiste qui dit ces quatre trucs et point à la ligne et pas d'idée pour inventer

29:34
Présentateur

on s'interroge sur ce qu'on peut rattraper en termes d'industrie mais effectivement en termes d'intelligence artificielle aussi quel est le retard qu'on a pris est-ce qu'on pourra vraiment jouer dans la cour des grands et à quel moment voici une autre question c'est celle de Jean qui est avec nous bonsoir Jean

29:45
Auditeur

oui bonsoir

29:46
Présentateur

on vous écoute Jean

29:48
Auditeur

oui je voulais intervenir je travaille dans le sud-ouest avec beaucoup d'entreprises qui travaillent avec de l'acier d'hérologie et moi ce qui m'étonne beaucoup c'est qu'en France il y a beaucoup d'entreprises qui utilisent de l'acier et bizarrement il n'y a pas de corrélation et qui touche aux subventions de l'état il n'y a pas de corrélation entre leurs besoins et la production française c'est à dire que chacun regarde ce dont il a besoin mais s'il trouve moins cher à l'étranger il le prendra alors que c'est des entreprises qui quand même bénéficient d'argent de l'état et de subventions et n'en font pas profiter les autres entreprises finalement c'est un consortium qui se disent unis mais qui chacun regarde de son côté

30:39
Présentateur

merci beaucoup Jean pour votre question qui veut répondre je vous voyais opiner du chef les uns comme les autres Emmanuel ou Olivier Schiller

30:47
Invité

l'Europe et le continent qui encore aujourd'hui croient le plus en une forme de ce qu'on avait qualifié un moment de mondialisation heureuse c'est à dire que nos portes sont plutôt ouvertes parce qu'on pense que c'est comme ça et pendant très longtemps ça a été le cas sauf que l'acier chinois est arrivé massivement en Europe et il faut arrêter de croire par ailleurs aujourd'hui que la Chine ne serait que des copieurs ou que les usines chinoises sont plus performantes dans plein de secteurs qu'en France elles sont plus performantes donc aujourd'hui on a une réalité d'acier de bonne qualité parfois même vert qui arrive à des prix beaucoup moins chers que les européens donc ArcelorMittal qui est notre géant franco-indien mais fortement présent en France est en énorme difficulté donc l'Europe a pris des mesures pour essayer de décider de fermer des jours où Novasco

31:30
Présentateur

ferme une partie de ses portes mais aujourd'hui

31:32
Invité

Novasco qui est une faillite majeure 500 collaborateurs qui se retrouvent aujourd'hui sans job 3 sites qui vont fermer 1 seul qui est repris c'est l'exemple même de choses où on a perdu le combat parce qu'on a sous-investi parce qu'on a eu des règles trop fortes parce qu'on a cru à un moment que les Chinois vous voyez Carlos Tavares que vous avez reçu à France Inter il y a quelques jours dans son livre dit entre le moment où la Chine s'est fermée pour le Covid et le moment où il s'est rouvert nous on a perdu 10 ans ils ont pris 20 ans parce qu'on n'a pas pris la rapidité avec laquelle le pays a élacé on est un très bon exemple

32:04
Présentateur

Voici Laurence pardon vous vouliez ajouter quelque chose Eric Renard ?

32:08
Invité

Oui juste en quelques mots en fait il faut qu'on fasse attention parce que la Chine d'abord on est complice un peu de cette évolution de la Chine parce qu'on a transféré notre savoir-faire sur ces 40 dernières années mais là elle est en train de faire un truc terrible c'est qu'après avoir détruit une grande partie de notre industrie elle est en train de détruire nos circuits de distribution et ça c'est absolument dramatique parce qu'on voit tous les magasins qui ferment les uns derrière les autres on voit l'arrivée de Chine de Temu c'est à dire qu'ils ont attaqué avec notre bienveillance notre parc industriel sur ces 40 dernières années et là ils sont en train méthodiquement de détruire notre circuit de distribution là il faut quand même qu'on se réveille

32:45
Présentateur

Laurence bonsoir oui bonsoir

32:48
Locuteur non identifié

soyez la bienvenue Laurence je voulais savoir si compte tenu de l'expérience très positive du financement de Duralex on ne pourrait pas imaginer aussi la possibilité d'un fonds souverain financé par des français qui pourrait exprimer des choix industriels ou de réindustrialisation

33:06
Présentateur

Olivier Siller qu'est-ce qu'on répond à Laurence ? est-ce que vous le dites chiche ?

33:12
Invité

non mais Laurence Laurence a raison on manque de fonds en France pour investir dans l'industrie comme c'est le cas aux Etats-Unis qui ont une retraite par capitalisation vous avez des fonds absolument énormes qui investissent dans l'industrie et on manque et on manque de capitaux en France donc encourager les français au lieu d'orienter leur épargne sur la assurance de vie mais vers le financement de l'économie ce serait quelque chose qui serait extrêmement rentable et bien sûr que c'est quelque chose qu'il faudrait faire

33:43
Présentateur

on parlait de Novasco je ne voudrais pas dire de bêtises mais Grébul c'est un fonds d'investissement non ? c'est un fonds d'investissement

33:47
Invité

qui ce soir dit qu'il a respecté tout ce qu'il avait promis ça n'a pas l'air d'être bien sûr mais l'histoire de Duralex c'est effectivement une belle histoire alors après il faut finir la phrase ils proposent 8% de rendement ça fait quand même rêver aujourd'hui il n'y a pas une seule assurance vie en France mais ce qui est vachement symbolique avec cette histoire je trouve que c'est quand c'est bien raconté quand il y a du sens parce que là le sens c'est sauver Duralex ils se sont constitués en scope les salariés ont un courage fou de relancer cet outil industriel qui était vieillissant pas un seul investisseur qui a voulu y aller pas un seul investisseur

34:18
Présentateur

mais c'est vrai que c'est joli cette histoire de Duralex Emmanuel Dutay mais j'ai l'impression qu'on a déjà entendue à intervalles réguliers on réentend une histoire comme ça d'ouvriers qui s'approprient leur outil leur entreprise et qui essayent de le faire vivre

34:28
Invité

j'espère qu'ils vont y arriver parce que typiquement ils avaient besoin de beaucoup d'argent pour se sauver parce qu'ils ne vont pas très bien pour acheter de nouvelles machines parce qu'ils ont eu le courage ces gens connaissaient l'outil industriel quand ils l'ont acheté ils savaient qu'il était vraiment pas top j'espère qu'ils vont réussir à se relancer grâce à ces millions

34:47
Présentateur

ça s'appelle le savoir-faire et c'est ça qui compte et c'est ça aussi qui vous attire vous toujours et qui vous laisse ici en France il y a finalement une question à laquelle on n'a pas répondu on arrive à la fin de cette émission Eric Renard est-ce que en y mettant les bouchées doubles ou triples on le rattrape notre retard ou faut-il faire le deuil d'une industrie d'une industrie forte ou au moins d'un rapport au PIB puisque vous l'avez beaucoup cité par rapport à nos voisins italiens ou allemands qui seraient à peu près équivalents

35:12
Invité

ah non moi je crois qu'il ne faut absolument pas faire le deuil vraiment pas je pense qu'on a des compétences des savoir-faire ce qui nous manque encore une fois c'est la volonté mais on a justement on l'a encore on l'a peut-être pas partout est-ce qu'on peut réindustrialiser le textile j'en suis pas sûr je suis pas l'homme le plus compétent pour répondre là-dessus mais il y a plein de métiers la santé l'hygiène beauté dont on a parlé il y a des tas des tas de métiers dans lesquels on peut encore être très très fort et encore meilleur donc non non il faut y aller allons-y

35:41
Présentateur

ben voilà vive les cosmétiques et l'anesthésie locale que vous fabriquez l'un et l'autre je vous remercie beaucoup tous les trois merci vraiment pour cette émission merci à tous pour vos nombreux appels