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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 30 juin 2019 53 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Sébastien Chenu : "On peut très bien porter secours à des migrants et les raccompagner là d'où ils viennent"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 32 %Attaque 50 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:02OuverteÉludée

    Est-ce que ce n'est pas Marion Maréchal qui incarne mieux l'union des droites que vous souhaitez ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a des élus LR qui franchissent le Rubicon ? Combien ?

  • 9:32RelanceÉludée

    Est-ce que vos Républicains ne sont pas plus fascinés par Marion Maréchal que par Marine Le Pen ?

  • 11:10OuverteRéponse partielle

    Vous essayez de briser le plafond de verre, mais n'arrivez pas à prendre le pouvoir. Pourquoi ?

  • 13:10RelanceRéponse directe

    Sur les municipales, Marine Le Pen tend la main. Est-ce qu'il y aura des alliances ?

  • 14:46RelanceRéponse directe

    Quelle est votre position sur le rôle de l'État, l'assurance chômage, les retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:10PrésentateurChiffre
    « 75% des Français considèrent le Rassemblement National comme un parti d'extrême droite. »
  • 3:24Invité politiqueChiffre
    « 75% des Français se trompent et la moitié de vos sympathisants également. »
  • 6:12Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes aujourd'hui, de mémoire, le cinquième groupe au Parlement européen. »
  • 6:14Invité politiqueChiffre
    « Il y a, je crois, 200 parlementaires européens qui sont anti-fédéralistes. »
  • 10:32Invité politiqueFait
    « Dans ma circonscription, j'ai une majorité d'électeurs qui me font confiance et qui, toute leur vie, ont pourtant voté à gauche. »
  • 21:49Invité politiqueFait
    « Ce mépris, Madame, vous l'incarnez à travers votre comportement dans l'hémicycle. »
  • 27:14Invité politiqueChiffre
    « Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs. 60% des chômeurs sont non indemnisés. »
  • 27:38Invité politiqueChiffre
    « Les cotisations rapportent 35 milliards et puis la dette coûte 35 milliards. »
  • 27:38Invité politiqueChiffre
    « les cotisations rapportent 35 milliards et puis la dette coûte 35 milliards. »
  • 28:51Invité politiqueFait
    « En renforçant les contrôles »
  • 29:03Invité politiqueChiffre
    « il a été supprimé l'an passé dans le budget une centaine de postes d'inspecteurs chargés des contrôles »
  • 29:25Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle qu'il y a également 200 millions de retraites frauduleuses versées dans des pays étrangers »
  • 32:06Invité politiqueChiffre
    « 99 000 tonnes de bœuf importés »
  • 33:48Invité politiqueChiffre
    « 75% de français qui pensent que vous l'êtes »
  • 39:40Invité politiqueFait
    « il nous propose en réalité trois voies qui posent toutes je crois des problèmes »
  • 40:03Invité politiqueFait
    « cette présomption de comaternité elle doit refléter la réalité biologique »
  • 40:45Invité politiqueFait
    « GPA marchandisation du corps philosophiquement qu'est-ce que vous en pensez ? »
  • 44:10Invité politiquePromesse
    « Nous évaluerons cette loi nous verrons ce qu'elle a donné en termes de résultats »
  • 46:25Invité politiqueFait
    « la loi Léonetti est la meilleure réponse aujourd'hui en l'état actuel des choses »
  • 48:29Invité politiqueFait
    « plus personne ne sait ce que défendent les républicains »
  • 48:55Invité politiqueFait
    « la défense de la souveraineté française la défense du modèle social »
  • 50:52Invité politiqueFait
    « moi je n'admets pas que des gens des passeurs imposent à des états des passeurs »
  • 51:00Invité politiqueFait
    « oui c'est souvent ça ressemble à des passeurs certaines ONG humanitaires »
  • 51:22Invité politiqueFait
    « le refus de toute nouvelle immigration incontrôlée »
  • 52:00Invité politiqueFait
    « on peut très bien secourir c'est-à-dire porter secours à des migrants qui n'ont ni à manger ni à boire et les raccompagner là d'où ils viennent »
  • 52:17Invité politiqueFait
    « Matteo Salvini a démontré sa fermeté »
  • 52:31Invité politiqueFait
    « le président de la république n'a aucune fermeté en ce qui concerne ni l'immigration clandestine ni l'immigration légale »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu69 %
  • Présentateur9 %
  • Invité8 %
  • Invité 27 %
  • Invité 37 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour et merci d'être fidèle au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Invité, deux questions politiques aujourd'hui. C'est le nouvel homme fort du Rassemblement National. Son parcours est une belle illustration de la recomposition politique passée de la droite à l'extrême droite. Élu dans une circonscription du Nord qui était à gauche depuis 1958 et qu'il a emporté aux dernières élections législatives. Il vient de lancer un appel à ses amis de droite, ceux qui sont toujours chez les républicains, pour qu'ils transgressent les ordres de leurs dirigeants, fermez les guillemets, et qu'ils rejoignent le Rassemblement National. Pas si simple.

Qu'est-ce qui pourrait faire céder la dernière digue ? Nous lui poserons la question. Le porte-parole du Rassemblement National, Sébastien Chenu, s'est installé dans notre studio. Pour intervenir, le hashtag QuestionPol ou l'application France Inter.

0:55
Invité

France Inter. Question politique. Alibadou.

0:59
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de Questions Politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à tous. Vous avez décroché la première interview de Nicolas Sarkozy, une exclusivité ce soir sur France 2.

1:13
Invité

À 20h30 chez Laurent Delahousse.

1:14
Présentateur

Et on parlera du livre Passion, Passion au pluriel que signe Nicolas Sarkozy et qu'a lui également Françoise Fressose. Bonjour Françoise. Bonjour Ali, bonjour à tous. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait Sébastien Chenu. Nous le découvrirons dans quelques instants. C'était l'un des feuilletons de la semaine, le MEDEF qui a renoncé à inviter Marion Maréchal à son université d'été. Mais c'est un épisode, un épisode parmi d'autres, Nathalie Saint-Cricq, qui se sont joués autour des relations entre droite et Rassemblement National.

1:45
Invité

Exactement. Alors on a eu cette semaine un dîner entre des Républicains et puis Marion Maréchal. On a eu une invitation du MEDEF qui a mal tourné, preuve que finalement elle est totalement rentrée dans le paysage politique. Est-ce que finalement ce n'est pas elle qui est dans la bonne voie, c'est-à-dire la vôtre, vous qui avez été le premier à sortir des LR pour aller au Rassemblement National. Est-ce que c'est là que ça se passe, cette fameuse union des droites et qu'elle incarne mieux que Marine Le Pen, cette union des droites que vous souhaitez, que vous appelez de vos voeux ?

2:10
Sébastien Chenu

Merci de me recevoir. D'abord juste, et pour qu'on parte sur de bonnes bases peut-être, vous avez dit, M. Ali Badou, que j'avais rejoint l'extrême droite. Voyez-vous, moi j'ai vérifié, j'ai lu, je me suis renseigné sur ce qu'est l'extrême droite dans l'histoire. C'est la défense de l'antiparlementarisme, c'est la contestation de la démocratie, c'est une doctrine basée sur la race. C'est donc rien du tout de ce que je défends, de ce que défend le Rassemblement National. Et j'aimerais qu'on puisse dire les choses clairement parce que...

2:40
Présentateur

Non mais c'est intéressant justement de savoir pourquoi vous récusez l'expression.

2:42
Sébastien Chenu

Oui, parce qu'elle est fausse et qu'elle est faite pour être dévalorisée, pour dévaloriser la parole des responsables et des élus du Rassemblement National. Il n'y a rien d'extrémiste dans ce que nous défendons. Je me situe dans un cadre parfaitement républicain. Nous défendons un certain nombre d'options politiques qui sont d'ailleurs choisies par d'autres populations à travers le monde. Et le qualificatif d'extrémiste me semble être particulièrement pernicieux.

3:06
Présentateur

Si je l'employais, c'est que c'est le résultat d'une enquête qu'a menée Ipsos il y a quelques mois. 75% des Français considèrent le Rassemblement National comme un parti d'extrême droite. Près d'un sympathisant Rassemblement National sur deux le pensent aussi. 75% des Français se trompent et la moitié de vos sympathisants également.

3:24
Sébastien Chenu

Monsieur Badou, je vous renvoie à une autre enquête qui dit que 75% ou 80% des Français considèrent que les journalistes sont de gauche. Et vous ayant face à moi, je ne dis pas monsieur le journaliste de gauche parce que je ne cherche pas à décrédibiliser ni votre profession ni votre personnalité. Et vous êtes assis à l'Assemblée, dans l'hémicycle, vous êtes assis à droite, tout à droite, à l'extrême droite de l'hémicycle. Il ne vous a pas échappé que cette assise, cette place, nous a été désignée d'office. Nous pourrions tout à fait... C'est la même chose au Parlement européen. Nous pourrions tout à fait siéger au milieu et en haut.

La République En Marche n'est pas un parti que vous retrouvez sur la classification droite et gauche qui, à mon avis, n'existe plus. Je crois que le Rassemblement National n'a rien à partie d'extrême droite. Et je suis sûr que vous n'avez rien d'un journaliste de gauche.

4:16
Présentateur

Mais ce n'est pas une insulte, en l'occurrence, d'être un journaliste de gauche, à moins que ça le soit dans votre bouche. D'un mot, 75% des Français qui considèrent le Rassemblement National comme un parti d'extrême droite, et on va passer à autre chose, il se trompe.

4:28
Sébastien Chenu

Oui, je pense, parce qu'à partir du moment où on leur dit, matin, midi et soir, c'est l'extrême droite, ça finit, évidemment, depuis des années, par rentrer dans les têtes. Mais je vais vous expliquer ce qu'était l'extrême droite dans l'histoire, et qu'elle n'a rien de compatible avec ce qu'est le Rassemblement National.

4:45
Invité

Il y a quand même peut-être deux éléments à ajouter. C'est qu'on voit bien que le regroupement des partis populistes au Parlement européen a été quand même freiné par cette question. C'est-à-dire qu'il y a des partis européens qui ont refusé de faire l'alliance avec vous, notamment parce qu'il y avait des suspicions sur ce qu'a été le lepénisme. Et puis il y a le nom de Le Pen, c'est-à-dire que Marine Le Pen a effectivement, d'une certaine façon, entre guillemets, dédiabolisé le parti, mais il y a toujours un doute sur qui sont les militants, qui sont les adhérents du FN, et est-ce qu'il n'y a pas quand même un fond de racisme et d'anti-républicanisme dans vos militants.

Et ça, c'est quand même quelque chose qu'on ressent...

5:22
Sébastien Chenu

Je crois, madame, que ce doute n'existe que dans les esprits de ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face. Nous sommes un mouvement souverainiste, populaire, qui défendons effectivement l'identité de la France, qui défendons la protection du modèle social français, mais en cela il n'y a rien d'extrémiste, je le rappelle.

5:38
Invité

Non mais pourquoi, comme disent certains, au Parlement européen, refusent de travailler avec Marine Le Pen ? Les Polonais, les Hongrois, les Espagnols sont faits quand même quelques-uns.

5:48
Sébastien Chenu

Il y a des tas de raisons aussi différentes qu'il y a de nationalités. Par exemple, les Hongrois de M. Urban ont souhaité, et l'ont indiqué, travailler avec des gens qui ont été en responsabilité gouvernementale, et ne veulent pas se mettre dans des coalitions avec des gens qui ne l'ont pas été forcément. Donc ils ont fait des choix. Donc les choix sont toujours un peu plus compliqués, mais je crois, et puisqu'on parle du Parlement européen, que les choses sont en train de se réorganiser, nous sommes aujourd'hui, de mémoire, le cinquième groupe au Parlement européen. Nous avons multiplié par deux nos élus.

Il y a, je crois, 200 parlementaires européens qui sont anti-fédéralistes, on pourrait dire ça comme ça, ou en tous les cas, ou souverainistes, ou critiques de la construction européenne. Mais ils ne sont pas dans le même groupe. Mais ils ne sont pas dans le même groupe, tout comme d'ailleurs les députés qui sont fédéralistes ou partisans de ce modèle européiste ne sont pas eux-mêmes non plus dans le même groupe.

6:34
Présentateur

La question des rapprochements entre droite et extrême droite, Françoise Fressoz, et j'aimerais justement... Entre droite et Rassemblement National, c'est plus simple, vous savez, c'est pas trop dur à dire. Non, non, en l'occurrence, je l'assume complètement. Entre Rassemblement National et LR, quand on va sur le site du Rassemblement National, on voit que vous avez comme référence le général de Gaulle. Parmi les références, d'ailleurs. Napoléon Bonaparte et le général de Gaulle, mais le général de Gaulle, Napoléon Bonaparte, ce sont des références très fortes chez les Républicains.

C'est un fond culturel commun, aujourd'hui, que vous assumez d'avoir avec le parti dominant, enfin celui qui a été le parti dominant de la droite française ?

7:09
Sébastien Chenu

Non, mais je vous dis en fait, moi ce qui m'intéresse dans ce qu'était le gaullisme, c'était justement la capacité à transcender les courants droite et gauche. Moi, je trouve l'oeuvre du général de Gaulle, la résistance, la constitution, etc. très intéressante. Je trouve plus critiquable sur 62 et l'Algérie. C'est mon approche des choses. Je ne me définis pas comme gaulliste, mais je retiens ce qu'a apporté, notamment en esprit de résistance, de dépassement des clivages, le général de Gaulle à notre pays. Donc, ça fait partie des références possibles.

7:41
Invité

Soyons concrets. Depuis plusieurs jours, je pense à le week-end dernier, je crois, à La Rochelle, Marine Le Pen, qui en appelle au maire LR pour venir, effectivement, au Rassemblement national. Je pense à ce dîner, effectivement, dont parlait Nathalie Saint-Cricq autour de Marion Maréchal. On sent que vous allez...

7:56
Présentateur

Dîner de Marion Maréchal avec...

7:58
Invité

Avec des élus, les Républicains. On sent que vous allez les chercher. Est-ce que ça marche ? Moi, j'ai envie de savoir, très concrètement, est-ce qu'il y en a qui font le grand saut ? Est-ce qu'il y en a qui franchissent le Rubicon ? Combien, aujourd'hui, vous avez d'élus LR qui viennent frapper à votre porte ?

8:10
Sébastien Chenu

Alors, d'abord, ce n'est pas une problématique franco-française. Vous avez peut-être pu voir que l'ancien président de la République allemande, qui n'est pas quelqu'un de très connu, qui ne s'appelle M. Gauck, avait demandé que la CDU envisage des accords avec l'AFD. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les partis populistes ou qui défendent la nation, qui sont en position de force dans un certain nombre de pays, deviennent les points centraux du jeu politique. Mais ce n'est pas ma question. Non, non, mais je vais vous répondre. Nous devenons, et permettez-moi cette trivialité, mieux vaut faire envie que pitié.

Oui, nous faisons envie à nos adversaires politiques, en tous les cas d'hier, comme l'étaient les Républicains. Aujourd'hui, les dirigeants des Républicains, et ça va répondre à votre question, sont fascinés par Emmanuel Macron. Effectivement, nous les verrons les uns après les autres rejoindre Emmanuel Macron, que ce soit Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, etc. Ils iront donner la main à la République en marche. Non, non, justement, M. Bertrand héberge M. Darmanin, ministre de la République en marche, dans sa majorité à la région, majorité que je combats en étant également élu conseiller régional. Donc nous, nous ne nous intéressons pas, j'allais dire, au cadre des Républicains.

Ils sont fascinés par Emmanuel Macron. Ce qui nous intéresse, c'est les gens qui, avec sincérité, il y en a parmi les parlementaires, c'est sûr, il y en a parmi les militants, il y en a parmi les adhérents, il y en a énormément parmi les électeurs des Républicains, qui sont intéressés par le discours que nous proposons, et qui a été, il faut bien le dire, validé par deux fois comme étant la principale opposition à Emmanuel Macron, aux présidentielles et aux européennes.

9:32
Invité

Mais pour répondre à la question que j'ai tenté de vous poser en vain au début, est-ce qu'ils ne sont pas fascinés, vos Républicains, dont vous parlez, plus par Marion Maréchal que par Marine ? Parce que c'est quand même elle qui a l'air, y compris dans sa doctrine économique, d'avoir un corpus, si tant est qu'elle en est un, qui est plus proche des Républicains que Marine Le Pen. Est-ce que ce n'est pas Marion l'avenir, par rapport à votre tentative et votre appel aux Républicains ?

9:53
Sébastien Chenu

Non mais il est probable que Marion Maréchal, avec des positions qui sont peut-être plus conservatrices sur le sociétal et plus libérales économiquement, intéresse davantage les leaders des Républicains. Vous avez intégralisé sur elle, non ? Est-ce que c'est très grave d'ailleurs ? Eh bien non, nous nous avons fait un choix qui dépassait tout cela. Nous nous considérons que l'union des droites, c'est restrictif. C'est un peu comme si vous parliez finalement de l'union de la gauche. On trouverait ça particulièrement obsolète. On aurait un retour en arrière qui aurait l'impression d'être complètement obsolète. L'union des droites me semble très peu ambitieux. Il faut aller bien au-delà.

Vous avez dit, M. Badou, Ça veut dire quoi, bien au-delà ? Je suis élu d'une circonscription qui, depuis 1958, n'avait jamais élu autre chose qu'un député communiste ou socialiste. Donc par conséquent, dans ma circonscription, dans laquelle M. Bellamy a fait à peu près 1% des voix se rangeant derrière le parti animaliste, eh bien dans ma circonscription, j'ai une majorité d'électeurs qui me font confiance et qui, toute leur vie, ont pourtant voté à gauche, probablement. Donc par conséquent, ils ont eux-mêmes cassé les codes.

Ils ont eux-mêmes clarifié la situation et démontré que l'union des droites, en élisant un homme qui vient de la droite, je suis un homme qui vient de la droite, je ne dis pas que nos identités politiques disparaissent, on sait d'où on vient, mais je crois qu'aujourd'hui, ce schéma, droite-gauche, il a été, par les Français, renvoyé aux oubliettes et par deux fois. Françoise Fréceauzin.

11:11
Invité

Ce qu'on sent, c'est que vous essayez de briser le plafond de verre qui fait que vous progressez aux élections, mais vous n'arrivez pas à prendre le pouvoir. Est-ce que la tante et la nièce sont complémentaires ? Est-ce qu'elles se parlent en ce moment ou est-ce qu'elles sont en rivalité profonde pour essayer de faire casser ce plafond de verre ?

11:29
Sébastien Chenu

Elles se sont toujours parlées, elles se parleront, je pense, toujours. Et en ce moment, est-ce qu'elles se parlent ? Je l'imagine tout à fait. Le dîner avec les maires LR,

11:36
Invité

dont on parlait tout à l'heure autour de Marion Maréchal, Marine Le Pen était au courant ou pas ?

11:40
Sébastien Chenu

Alors, je l'ignore, mais Marion n'étant pas dans la politique active, n'assumant pas de responsabilité dans notre mouvement... Il n'y a que vous qui le pensez, ça. Non, mais je veux dire, elle n'assume pas de responsabilité. Elle n'a pas un devoir d'expliquer avec qui elle déjeune. Vous savez, moi, j'ai déjeuné la semaine dernière avec un député UDI. Est-ce que je dois en rendre compte ? Est-ce que je dois, peut-être pour le gêner d'ailleurs, balancer son nom ? Non, je veux dire, on n'est quand même pas en Union soviétique. On a le droit de discuter avec qui on veut. Nous avons des échanges très libres avec beaucoup de parlementaires.

12:06
Invité

Mais ça veut dire que ce n'est pas une initiative du Rassemblement national ?

12:08
Sébastien Chenu

Non, ce n'est pas une initiative du Rassemblement national. C'est une initiative de Marion Maréchal et d'un certain nombre de députés républicains qui ont visiblement plus de mal à l'assumer, si j'en crois, les quelques déclarations, mais qui signifie que le sectarisme, l'ostracisme vient toujours des mêmes. Nous, nous parlons à tout le monde quand nous accueillons M. Andréa Kotarac, élu régional de la France insoumise, qui d'ailleurs s'est démis de son mandat parce qu'il considérait qu'il avait été élu sous le label d'un parti politique qui n'était plus celui qu'il souhaitait rejoindre. Eh bien, nous l'accueillons parce qu'il nous rejoint sur ce que nous défendons.

Nous ne faisons pas un exercice de contorsion. Or, les républicains, parce qu'ils ne savent plus où ils habitent, parce qu'ils ne savent plus ce qu'ils défendent, sont incapables de choisir. Vous les décrivez soumis, je vous cite, aux injonctions du politiquement correct.

12:53
Présentateur

Oui, c'est vrai. C'est la raison pour laquelle il refuse de s'allier, par exemple, avec le Rassemblement national.

12:58
Sébastien Chenu

En réalité, je pense qu'il ne s'agit même pas d'alliances dont il faut parler. Nous, nous n'avons jamais parlé d'alliances. De vous rejoindre. Les histoires de tambouilles, d'appareils politiques bien souvent dépassés...

13:09
Invité

Attendez, c'est moins net que ça, parce que sur les municipales, Marine Le Pen, elle tend quand même la main. Elle dit qu'il y aura peut-être des plateformes communes, donc il y aura peut-être des alliances.

13:17
Sébastien Chenu

Pour les municipales, je vais résumer, je vais vous dire une partie de notre stratégie à cette belle phrase de Montaigne, je vais vers celui qui me contredit. Et pour les municipales, il faut avoir la capacité d'accueillir des gens qui ne pensent pas forcément comme vous au niveau national, mais qui peuvent s'entendre avec vous sur un projet local. C'est ce que nous allons faire et nous accueillerons sur nos listes.

Oui, madame, des gens qui viennent des Républicains, et oui, je vous le dis dans le Nord, des gens qui viennent du PS, du PC, d'appareils syndicaux dont les leaders ne nous font aucun cadeau lors des périodes électorales, nous accueillerons de bonne foi des gens qui sont d'accord avec nous sur ce que nous proposons aux Français.

13:51
Invité

Mais ça, c'est des gens qui rejoignent le Rassemblement national ? Comment vous voulez organiser tout ça ? Vous imaginez un grand parti ? Une confédération ? A quoi ça peut ressembler ?

13:59
Sébastien Chenu

Nous sommes en train de... Thierry Mariani est en train de réactiver la droite populaire, qui pourra être, puisqu'il en est le dépositaire, un mouvement, une structure qui accueillera des gens qui se définissent comme de droite et qui veulent travailler avec nous. On imagine qu'Andréa Kotarak et d'autres pourront eux-mêmes organiser quelque chose qui s'adressera peut-être à des Français qui se définissaient de gauche, mais il n'est pas dans notre option de produire des systèmes d'alliances, de bidouillages entre partis politiques. Nous sommes un mouvement de rassemblement et nous ne comptons pas demander des cartes d'identité politique aux gens qui nous rejoignent.

14:28
Invité

Non mais d'accord, mais indépendamment des cartes d'identité, si vous faites une espèce de rassemblement qui va de la France insoumise avec M. Kotarak à des gens des Républicains, à des gens du Rassemblement national, à tout ça, au bout d'un moment, ça va être une sorte de parti ou de plateforme attrape-tout, sans idéologie, sans fonds, et simplement avec comme dénominateur commun d'être contre ou d'avoir une référence populiste. Donc il va falloir, à un moment donné, que vous nous disiez exactement ce que vous pensez sur le rôle de l'État, l'assurance chômage, les retraites et tout, pour qu'on sache un peu où on va. Alors, madame,

14:54
Sébastien Chenu

je crois que les Français savent à peu près ce que nous pensons sur le rôle de l'État, sur l'immigration, la souveraineté, l'identité, etc. Non mais Marine Le Pen a été élue par les adhérents du mouvement sur une ligne très claire. Et donc les gens qui nous rejoignent savent sur quoi ils nous rejoignent. Mais souvenez-vous, Emmanuel Macron a fait, après Marine Le Pen, la même analyse, celle qui considère à accueillir des gens qui venaient de la droite et de la gauche, à s'allier, lui, il s'est allié avec le Modem. Nous, nous avons eu un partenariat avec Debout la France qui n'a pas perduré du fait du souhait de Nicolas Dupont-Aignan d'aller sous ses propres couleurs.

Mais on ne sait pas si demain, on ne renouera pas ce type de partenariat comme Emmanuel Macron l'a eu avec le Modem. Mais regardez, la France a soumis sur l'immigration. Je vais terminer mon propos. Non, je dis Marine Le Pen a été la première à faire cette analyse. Nous avons donc accueilli des gens qui venaient de la droite et de la gauche. Nous avons accueilli des personnalités qui avaient assumé des responsabilités en étant identifiés comme Thierry Mariani chez les Républicains tout comme Emmanuel Macron a accueilli des gens comme Bruno Le Maire. Et puis, nous avons noué des partenariats. Donc, vous voyez, c'est un effet de miroir. Sur l'immigration,

15:55
Invité

par exemple, on peut considérer qu'entre ce que Marine Le Pen pense ou ce que Mario Maréchal pense et ce que des gens qui ont pu être proches de Jean-Luc Mélenchon ou de la France Insoumise penchent, eh bien, il y a une espèce de grand écart ou d'écart de 180 voire 360 degrés. Eh bien,

16:12
Sébastien Chenu

Insoumise hier, il disait qu'effectivement, notamment sur le communautarisme, il y avait, à travers le Burkini, un repli communautaire très fort. Je crois qu'il y a dans un électorat, même de gauche, un attachement incroyable à la laïcité, à l'esprit républicain, à ce qui fait l'identité française. Je crois que ce n'est l'apanage de personne et nous sommes en capacité d'accueillir qui pensent que oui, la défense de l'identité nationale, c'est quelque chose d'important. Et s'ils ont voté pour la France Insoumise, ils sont tout de même les bienvenus.

16:39
Présentateur

Étonnant, parce que vous fustigez le terrorisme intellectuel de la gauche qui détruit tout depuis des décennies, qu'est-ce que c'est

16:45
Sébastien Chenu

que ce terrorisme intellectuel ? Non, mais c'est cette bien-pensance, vous savez, ce terrorisme intellectuel, et l'actualité nous le montre, il est bien symbolisé, je trouve, par la petite Greta. Vous savez, par cette gamine de 16 ans devant lequel il faut plier le genou qui est la nouvelle Léonarda, en fait, qui vient faire la leçon aux politiques matin, midi et soir. La nouvelle Léonarda ? Oui, vous savez, Léonarda, c'est cette demoiselle. Je ne vois pas le rapport. Leçon au président de la République en lui disant qu'il fallait qu'elle l'accueille. Eh bien, Greta, c'est la même chose.

Elle vient faire la leçon aux dirigeants du monde entier, en tout cas aux dirigeants européens qui ont eu quand même, et je tiens à signaler, la bonne idée de ne pas l'accueillir à la tribune pour écouter son discours parce que ça ne reste quand même qu'une enfant de 16 ans qui ferait bien mieux d'étudier en classe, etc. Excusez-moi, je pense que les dirigeants de ce monde ont la capacité à prendre conscience des problématiques climatiques sans avoir à mettre le genou à terre devant cet enfant de 16 ans. Vous êtes sur le plan parce que vous êtes mis pas tout en même temps.

17:42
Invité

Pardon, toute la séquence qui se passe montre justement qu'il y a un retard très fort des chefs d'État par rapport à l'urgence climatique. Donc une gamine de 16 ans vienne tirer la sonnette d'alarme, c'est pas mal.

17:51
Sébastien Chenu

Madame, vous pouvez être fasciné par une enfant de 16 ans, permettez, c'est bien ce que je dénonce, de ne pas avoir la même fascination. Non, mais c'est pas fasciné,

17:58
Invité

c'est simplement qu'elle pose un problème, qu'on l'aime et qu'elle soit agaçante. Mais vous êtes militant vous-même depuis l'âge de 15 ans ?

18:04
Sébastien Chenu

Oui, mais je n'ai pas fait la leçon. Voyez-vous, à l'âge de 15 ans, ne m'a pas offert les tribunes qui sont offertes à cette demoiselle. D'ailleurs, je pense que beaucoup doivent le regretter à l'époque de ne pas m'avoir accueilli dès l'âge de 15 ans dans leurs émissions, probablement. Mais ce que je veux dire, c'est que ce système de la bien-pensance vous oblige parce que cette demoiselle vient vous donner un discours et oblige les politiques à mettre le genou à terre et à vénérer.

18:25
Présentateur

Mais alerté sur le réchauffement climatique, je ne vois absolument pas ce que ça a à voir avec la bien-pensance.

18:30
Sébastien Chenu

Je vous ai dit que ce sujet de fond était important mais qu'on n'avait pas à faire des courbettes à une enfant qui est en fait une jeunesse engagée.

18:37
Invité

C'est plutôt positif, une jeunesse engagée.

18:39
Sébastien Chenu

Mais je vois qu'elle vous fascine. Permettez-vous que ce ne soit pas partagé.

18:41
Invité

Non, mais je voudrais revenir là-dessus parce que ce n'est pas du tout ça. C'est votre détestation

18:44
Sébastien Chenu

qui nous a rappelé. Non, on n'est pas fasciné

18:45
Invité

par cette gamine mais cette gamine a suscité une mobilisation citoyenne. Vous passez complètement à côté ? Madame, elle n'a pas suscité

18:57
Sébastien Chenu

une mobilisation citoyenne. Je crois que les thématiques environnementales et on a pu le voir dans notre pays notamment lors des élections européennes précédentes ont déjà atteint les Français. Les Français ont cette conscience que cette gamine qui soit, je pense, utilisée comme un effet marketing, comme un outil marketing sur la politique... Rassurez-vous,

19:14
Présentateur

elle n'est pas française, elle est en Suède et si la France quitte Schengen comme vous le réclamez elle aura besoin d'un visa pour venir en France.

19:22
Sébastien Chenu

Je n'ai aucune détestation pour cet enfant

19:23
Présentateur

que vous adorez. Merci.

19:25
Invité

On ne va pas y arriver.

19:26
Présentateur

Du compliment, mais si on va y arriver. Il est 12h24, votre portrait Sébastien Chenu, il est signé. Karine Becker.

19:32
Invité

Sébastien Chenu, je le disais à l'instant, vous avez commencé à militer à l'âge de 15 ans seulement, ce qui signifie que vous faites de la politique depuis un petit peu plus de 30 ans et la méthode pour espérer y arriver que vous avez appliqué était au départ assez classique. Je m'explique. D'abord, une implantation locale, à 28 ans, vous devenez adjoint au maire de la ville où vous êtes née, c'est-à-dire à Beauvais. Ensuite, des postes en cabinet ministériel. Vous avez été Sébastien Chenu, on l'avait oublié, le chef de cabinet, entre autres, de Christine Lagarde. Sauf que, ce que vous souhaitez, vous, c'est évidemment une vraie carrière en pleine lumière.

Vous vous rapprochez donc de Nathalie Ciosusco-Morizet. À l'époque, elle est la candidate à droite pour la mairie de Paris. Mais comme vous n'obtenez pas ce que vous espérez, vous allez regarder à gauche du côté d'Anne Hidalgo que vous tentez de rallier et ça n'a pas marché. Voilà comment vous, Sébastien Chenu, défenseur des droits LGBT, c'est vrai que je n'en ai pas encore parlé, en arrive à accepter la main tendue de Marine Le Pen, pourtant opposée politiquement et même farouchement au mariage homosexuel. Nous sommes pour l'abrogation de la loi Taubira, pour l'amélioration du PACS.

Il considère dans sa démarche que cette divergence entre nous n'est pas suffisante pour ne pas venir rejoindre la coalition des patriotes. 13 décembre 2014, vous vous souvenez de cette conférence de presse pour annoncer donc votre ralliement, votre ralliement au rassemblement Bleu Marine. Définitivement, vous quittez l'UMP et définitivement, vous acceptez d'abandonner Guélib, cette association que vous avez fondée à droite et que vous avez portée pendant plus de 10 ans. C'est vrai. Cela dit, en échange, pour vous, Sébastien Chenu, tout s'est accéléré. Les postes, les responsabilités se sont multipliées. Vous êtes devenu conseiller régional des Hauts-de-France pour commencer.

Ensuite, le Front National vous a confié sa fédération du Nord pour la diriger. Et depuis deux ans, vous êtes élu député. Un député dont les formules sont toujours très préparées, assez ciselées avant de passer en salle des quatre colonnes ou avant de monter à la tribune de l'Assemblée.

21:39
Sébastien Chenu

Tout cela, j'allais dire, sans même faire lever les yeux de Mme la Ministre qui préfère probablement envoyer des SMS que de m'écouter, de me regarder lorsque je lui parle de la souffrance d'un certain nombre de personnels soignants dans notre territoire. Ce mépris, Madame, vous l'incarnez à travers votre comportement dans l'hémicycle.

21:54
Invité

Cette escarmouche du 26 novembre 2018, un peu facile, non ? Je vous mets au défi avec votre portable dans l'hémicycle de ne jamais être pris. En tout cas, aujourd'hui, Sébastien Chenu a 46 ans. Vous êtes donc député, porte-parole du parti aussi et proche parmi les proches de Marine Le Pen, la patronne du RN. Alors certes, ce n'était pas le mouvement initialement dont vous rêviez, mais vous êtes arrivé exactement là où vous le souhaitiez.

22:22
Présentateur

Sébastien Chenu, réaction ?

22:25
Sébastien Chenu

Madame, si vous saviez ce que je souhaitais dans la vie, vous n'auriez pas cette conclusion bien native en disant qu'on arrive là où on le souhaite parce qu'on a rejoint un parti politique. Vos portraits partent toujours bien et s'achètent toujours. On a le droit aussi à sa part de secret. Simplement, je connais le procès en opportunisme. Il est fait dès qu'on rejoint et Thierry Mariani l'a subi également le Rassemblement National.

Moi, lorsque j'ai rejoint ce mouvement, après avoir voté toute ma vie, dès 18 ans, puisque vous avez voulu parler d'âge contre le référendum de Maastricht pour des listes eurosceptiques au monde des élections européennes, les listes pas squavilliers et je les ai même, j'ai même milité, c'est-à-dire que je n'ai pas fait ça de façon cachée, eh bien, je n'avais plus de mandat lorsque j'ai rejoint le Rassemblement National. Je ne devais plus rien à une famille politique à laquelle j'ai été fidèle effectivement de l'âge de 15 ans à 40 ans. Je pense que certains ont eu des parcours peut-être moins longs en fidélité. Mais j'ai considéré... Nathalie Cossius-Comorisé ?

Christine Lagarde, j'ai été son salarié, j'ai été son chef de cabinet et je dois dire que si nous avons des différentes approches politiques, je ne faisais pas de politique chez Christine Lagarde. Un membre de cabinet ministériel d'ailleurs ne s'exprime pas, il est au service de son ministre. J'ai considération et respect pour Mme Lagarde et je peux avoir aussi une analyse personnelle. Aujourd'hui, je suis moi-même un acteur politique élu nationalement qui ne soit pas en accord avec elle.

Je ne vois pas bien le rapport quant à Nathalie Cossius-Comorisé qui avait eu l'amabilité de venir me chercher parce qu'elle souhaitait à Paris peut-être incarner une certaine ouverture sur des questions de société. Elle a vite démontré qu'elle était à peu près ce qu'il y avait de pire en politique.

24:01
Invité

Je répondis quand même sur opportunité, enfin procès en opportunisme, quand effectivement vous approchez Nathalie Cossius-Comorisé ou plutôt Nathalie Cossius-Comorisé donc vient vous chercher, ça ne marche pas ? Ça se fait à deux. Ça ne marche pas ? Et vous reconnaissez quand même que vous êtes allé voir un petit peu du côté d'Anne Hidalgo ?

24:16
Sébastien Chenu

J'ai rencontré Anne Hidalgo à l'anniversaire de quelqu'un que je ne dévoilerai pas et je lui dis j'espère que vous battrez Nathalie Cossius-Comorisé. Vous avez rencontré deux de ses adjoints, Julliard et Girard, pour savoir si c'était possible de rallier Anne Hidalgo. Non, j'ai même dit j'aurais beaucoup de mal à siéger avec des verts et des élus communistes. Ils en parlent très ouvertement dans un article du Monde. Et si Christophe Girard veut parler de notre conversation, je serais très heureux de pouvoir la dévoiler. J'ai beaucoup trop d'estime et de tact pour dévoiler ce que lui-même souhaitait faire. C'est pratique.

Au-delà de ça, j'ai vu avec un certain plaisir Nathalie Cossius-Comorisé se faire battre à la mairie de Paris car elle est à peu près ce qu'il y a de plus détestable en politique. Elle est exactement le contraire de ce qu'on aime ou de ce qu'on attend d'un leader politique. C'est-à-dire le respect à la fois de l'adversaire et de ses troupes, la capacité à porter un message avec une cohérence intellectuelle, être prête à tout. Elle-même se définissait comme une tueuse. Mais ne nous acharnons pas. Non, pas moi. Tout ça est une sorte... Elle a quitté la politique et vous avez quitté la droite. Je lui souhaite d'être très heureuse et moi j'ai quitté ce qui était la droite parlementaire.

Françoise Fressouze.

25:22
Invité

On pourra revenir à cette espèce de tentative quand même d'alliance entre vous et la droite. La grosse différence au fond c'est la doctrine économique. La droite est plutôt libérale et vous, vous êtes plutôt souverainiste. Comment est-ce que vous faites ce rapprochement ? Vous avez servi au fond Christine Lagarde puis vous êtes maintenant dans le camp souverainiste. Alors est-ce qu'il y a des passerelles et est-ce qu'il faut revoir la doctrine du Rassemblement National pour attirer davantage d'élus de droite et d'adhérents de la droite ?

25:50
Sébastien Chenu

Je dirais que c'est plutôt à la droite de revoir sa doctrine économique car si j'en crois ce que les Français ont choisi lors des élections européennes et présidentielles, ils sont plus sensibles au modèle que nous proposons dans lequel l'État a effectivement un rôle de régulateur central que plutôt à la dérégulation incarnée par les propositions ultra-libérales de François-Xavier Bellamy ou de Laurent Wauquiez en son temps ou d'un certain nombre de leaders de droite. Donc je crois que c'est plutôt à eux de faire leur mue. Nous, vous savez, notre angle, il est toujours le même.

Il est celui de protéger, développer les PME, les TPE, l'esprit d'entreprise mais de protéger celles et ceux qui, à travers leurs efforts, leur travail, font fonctionner notamment l'industrie et l'économie de notre pays. Donc la protection du modèle social français, oui, est un des piliers du discours du Rassemblement national. Que les Républicains ne s'y retrouvent pas explique probablement leur échec. Alors justement

26:39
Invité

à propos de doctrine économique, le gouvernement a proposé à donner les grandes lignes de la réforme de l'assurance chômage manifestement en durcissant un peu les conditions d'indemnisation. Est-ce que vous considérez que ça va dans le bon sens pour certains disent qu'il y a des gens qui abusent ou qui profitent ou est-ce que vous considérez au contraire que c'est rendre les choses plus dures pour les gens qui gagnent mal leur vie ou qui se trouvent en chômage de longue durée et qui ne trouvent pas de travail notamment dans votre région puisque cette région a été évoquée.

27:05
Sébastien Chenu

Si le choix du gouvernement avait été de s'attaquer aux fraudeurs nous l'aurions probablement suivi. Or il a été de s'attaquer aux chômeurs. Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs. 60% des chômeurs sont non indemnisés. 60% des gens qui sont en recherche d'emploi ne touchent rien. Nous avons de l'autre côté un système qui est excédentaire dont on sait très bien qu'en réalité ce qui coûte particulièrement à ce système c'est la gestion financière de Pôle emploi. Le régime est très largement déficitaire. Non, vous savez en matière d'assurance chômage les cotisations rapportent 35 milliards et puis la dette coûte 35 milliards. Donc on a un système qui aujourd'hui a l'équilibre.

Mais s'attaquer aux chômeurs me semble être une erreur fondamentale je ne parle pas même d'éthique et de morale mais je pense qu'en plus un, ça ne ramène rien économiquement en tous les cas le fait d'attaquer les cadres on l'a vu à travers la dégressivité de l'assurance chômage n'aura pas d'efficience mais surtout ne permet pas le retour à l'emploi des personnes qui elles-mêmes se verront indemnisées de façon de moindre importance. Donc ça n'a pas d'efficacité. Il fallait faire quoi ? Je vais terminer si vous me permettez.

Je pense qu'il y a derrière cela un ballon d'essai voyez-vous qui est lancé par le gouvernement sur les cadres en parlant de la dégressivité des assurances chômage qui tente ce gouvernement de finalement se dire on va faire évoluer notre système vers quelque chose de plus anglo-saxon dans laquelle les protections de l'état vis-à-vis des gens qui recherchent du travail seront à l'avenir moins importantes que celles qui sont connues. Or ce système plus anglo-saxon n'a pas d'efficacité économique ne remet pas les gens sur le chemin de l'emploi et puis je pense que le gouvernement cherche à faire une économie sur le dos des demandeurs d'emploi qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?

Alors la première chose c'est de s'attaquer à la fraude mais nous le demandons depuis des années

28:52
Invité

Mais c'est ce qu'il faut Non, non mesdames

28:55
Sébastien Chenu

ce n'est pas ce qui est fait En renforçant les contrôles Non, ce n'est pas ce qui est fait c'est abroger le travail détaché mais les contrôles ne sont pas renforcés il a été supprimé l'an passé dans le budget une centaine de postes d'inspecteurs chargés des contrôles justement du travail au ministère des finances donc par le ministère des finances C'est vérifier que les gens

29:15
Invité

cherchent bien du travail

29:16
Sébastien Chenu

Et surtout qu'il n'y a pas de fraude Je vais vous donner un exemple La fraude elle est sociale et elle est fiscale dans notre pays et elle coûte terriblement aux français Je rappelle qu'il y a également 200 millions de retraites frauduleuses versées dans des pays étrangers Mais là parlant de l'assurance chômage

29:32
Présentateur

qu'aurait-il fallu faire ?

29:33
Sébastien Chenu

Eh bien je vous le dis d'abord c'est attaquer à la fraude Ensuite c'est je crois mettre le paquet sur la formation Et c'est ce qu'ils font aussi Non madame Parfois ça ressemble exactement au plan présenté par Non pas du tout Non pas du tout Exactement Non non pas du tout Et puis revoir Et puis revoir Non mais ça c'est le Forcément le gouvernement vous présente ça sous les meilleurs auspices mais la réalité n'est pas celle-ci Et revoir le financement total de Pôle emploi 3 milliards et demi pour Pôle emploi Il y a un résultat Résultat on va dire assez modeste en termes d'efficacité de Pôle emploi Ce n'est pas en ajoutant sans conseiller emploi sans poste de conseiller emploi qu'on réussira Je pense qu'aujourd'hui le système d'aide des chômeurs ou en tout cas des personnes en recherche d'emploi est obsolète et ne convient pas Là on a des pistes sur lesquelles il faut peut-être travailler mais le gouvernement préfère finalement des formules qui sont peut-être symboliques mais qui vont pour reprendre les termes d'Emmanuel Lechypre un économiste bien connu sur BFM être un bain de sang pour les personnes en recherche d'emploi Donc le plus dur

30:33
Invité

pour les plus pauvres Vous avez parlé des cadres et des gens modestes Vous considérez que c'est une réforme très de droite

30:38
Sébastien Chenu

Oui j'ajoute Madame qu'il y a dans notre pays une accélération de la destruction des emplois des classes moyennes des ouvriers et des employés et une hausse des emplois précaires type chauffeur livreur de pizza chauffeur Uber profession du nettoyage etc.

C'est qu'on voit bien que notre économie dont l'école économique de Paris a dit que la France avait été la plus impactée par la mondialisation On voit bien que cette économie elle est en train de changer et que le président de la République a choisi d'accompagner cette précarisation et cette libéralisation de l'économie Il refuse de faire du patriotisme économique Il refuse la réindustrialisation de notre pays C'est effectivement ce qui nous sépare

31:18
Présentateur

Justement Françoise Presseau à propos d'un accord de libre-échange

31:21
Invité

Alors dans l'actualité il y a la signature vendredi entre l'Union Européenne et le Mercosur qui c'est en fait une alliance de pays Brésil, Argentine Paraguay, Uruguay pour au fond faire un espace de libre-échange et atténuer les barrières douanières Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour l'industrie française pour nos exportateurs ?

31:42
Sébastien Chenu

Sébastien Chenu Cet accord va avoir des conséquences énormes On nous le présente comme étant sympathique et positif pour l'industrie française en oubliant qu'il est en train de tuer peut-être même définitivement notre agriculteur Il y a des clauses de sauvegarde Elles sont assez risibles madame Elles sont assez risibles parce que les contreparties pour le monde agricole vont être effectivement très importantes 99 000 tonnes de bœuf importés de bœuf qui n'a pas évidemment la même façon d'être traité j'allais dire par ces pays du Brésil de l'Uruguay du Paraguay que dans nos pays européens J'ai les chiffres sous les yeux Une culture j'allais dire industrielle de l'antibiotique des hormones de croissance des pesticides de la déforestation qui vient interroger quand même la sincérité écologique

32:29
Invité

On ne peut pas encore analyser en profondeur l'accord parce qu'on ne sait pas exactement les contreparties mais visiblement il y a eu des garanties données à la fois sur la protection climatique sur la protection contre tout ce dont vous parlez globalement vous vous dites je suis hostile au libre-échange c'est ça votre position ?

32:47
Sébastien Chenu

Je suis hostile à ce type de libre-échange oui madame je pense que ce type de libre-échange vient montrer du doigt que ce système économique dans lequel on accepte d'importer du bœuf nourri aux antibiotiques ou aux hormones du poulet dans lequel on vient mettre à bas notre agriculture n'aura que des conséquences funestes et je reprends par là la déclaration de Pascal Durand député de la République en marche il y a des députés de la République en marche qui sont très mal à aise avec cet accord tant vanté par le président de la République parce qu'ils ont compris que les clauses de garantie n'étaient pas au rendez-vous alors il y aura un vote puisque ça va passer devant le Parlement européen on verra ce que font les députés de la République en marche mais en ce qui concerne les députés du Rassemblement national c'est plutôt lui puisque nous nous votons contre et nous accueillerons avec bienveillance des votes hostiles de messieurs Durand ou de Serles qui sont députés de la République en marche s'ils le souhaitent parce que cet accord va définitivement tuer notre agriculture

33:38
Invité

est-ce qu'il peut y avoir à cette occasion au Parlement européen une alliance entre l'extrême gauche et l'extrême droite

33:43
Sébastien Chenu

alors nous ne sommes pas l'extrême droite donc vous demanderez aux gens d'extrême droite ce qu'ils en pensent 75% de français qui pensent que vous l'êtes mais en tout cas ils sont peut-être tous à France Inter ils sont tous des journalistes de gauche mais nous nous opposerons à cet accord et à ce traité et nous accueillerons évidemment avec bienveillance les parlementaires européens d'où qu'ils viennent qui s'y opposeront parce que c'est l'intérêt national Karine Becker

34:06
Invité

alors nous sommes à 9 mois des élections municipales vous tendez la main on en parle depuis le début de l'émission au maire sortant LR est-ce que c'est parce que vous avez du mal à trouver des candidats ?

34:16
Sébastien Chenu

Non je ne crois pas qu'on ait du mal à trouver des candidats je crois que la fonction de maire intéresse il faut bien le dire beaucoup moins les français on peut comprendre il y a beaucoup d'explications pour ça au contraire

34:28
Présentateur

on dit que c'est l'élection que préfèrent les français que c'est la relation la plus forte qu'ils ont avec leurs élus

34:33
Sébastien Chenu

ce n'est pas antagoniste du fait qu'il y ait 50% des maires qui se posent la question de se représenter et on le voit dans les communes en particulier rurales où peu de gens ont envie d'assumer des responsabilités

34:44
Invité

donc vous avez quand même un petit peu de mal à trouver des candidats ?

34:46
Sébastien Chenu

non mais pas plus pas moins que les autres partis politiques nous aurons des listes dans tous les départements dans tous les chefs-lieux et probablement dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants mais voyez-vous chez moi dans ma circonscription je suis en train de boucler 7 ou 8 listes qui sont dans les villes de plus de 5 000 habitants de ma circonscription et nous présenterons des listes de large rassemblement donc on n'aura pas plus de mal que les autres plus d'un tiers

35:08
Invité

plus d'un tiers des conseillers municipaux RN qui ont été élus en 2014 ont fini par démissionner comment est-ce que vous l'expliquez ça veut dire quoi en fait ?

35:16
Sébastien Chenu

c'est vrai parce que 99% de nos élus se sont retrouvés conseillers municipaux d'opposition parfois seuls face à l'hostilité de 34 élus et c'est vrai qu'être conseiller municipal d'opposition quand on fait aussi autre chose dans la vie car conseiller municipal d'opposition et je le rappelle comme bien souvent conseiller municipal tout court ce sont des fonctions qui ne sont pas défrayées pas indemnisées et bien se retrouver du soir au matin cloué au Puy-Laurie dans sa propre ville par 34 élus majoritaires n'est pas une partie de plaisir et qu'il y a des candidats qui sont devenus des élus d'opposition qui ont eu du mal à aller au bout de ce mandat parce que c'était effectivement très difficile de se retrouver face à cette hostilité

35:51
Invité

peut-être

35:52
Sébastien Chenu

on avait peut-être des marges de progression et aujourd'hui nous nous donnons les moyens de ne pas nous renouveler ce type de difficultés encore une question sur le sujet ayant passé des questions d'actualité Françoise

36:01
Invité

il y a des parties du territoire sur lesquelles vous ne présentez pas de candidats j'ai cru comprendre l'Ouest notamment

36:07
Sébastien Chenu

ah si nous présenterons des candidats si il y en aura partout bien sûr nous aurons des candidats à Rennes, à Nantes enfin dans les départements de l'Ouest au même titre que dans les autres départements

36:14
Invité

quel est votre objectif sur ces municipales ? combien de villes ?

36:17
Sébastien Chenu

il n'est pas chiffré par définition puisque nous partons d'abord d'une dizaine de maires et nous souhaitons les voir tous réélus et que tout ce qui sera toutes les villes qui seront conquises et les français qui choisiront une gestion différente une gestion rassemblement national et bien s'additionneront à ces 10 maires qui je n'en doute pas seront réélus donc on n'a pas d'objectif chiffré j'ai à dire pas plus nous d'ailleurs que les autres je pense qu'En Marche qui part de zéro n'a pas d'objectif chiffré non plus et vous assumerez votre étiquette

36:42
Invité

RN ou pas ? parce que Louis Alliot

36:43
Sébastien Chenu

par 100 mais une étiquette c'est fait pour être assumé et dépassé assumé parce que évidemment vous imaginez bien vous m'avez présenté comme ce que je suis c'est à dire le porte-parole du rassemblement national et je l'assume parfaitement et dépassé dans la mesure où moi j'accueillerai sur nos listes dans le nord mais nous le ferons globalement dans toute la France des gens qui viennent d'ailleurs donc une liste politique

37:04
Invité

ça veut dire que l'étiquette de la liste elle sera quoi ?

37:06
Sébastien Chenu

elle s'appellera comment la liste ?

Louis Alliot l'a dit il fera un rassemblement local mais tout le monde sait qui est Louis Alliot parce que sa personnalité est très forte mais elles seront au rassemblement national ou soutenues par le rassemblement national on ne met pas notre étiquette dans la poche et croyez moi on sait très bien et on pourra compter sur vous pour rappeler qui sont les listes du rassemblement national et quelles sont les listes vous serez toujours là pour indiquer que tel candidat est soutenu par le rassemblement national si vous avancez masqué il faudrait bien éclairer les électeurs je viens de vous dire très concrètement dites les choses très clairement on n'aura pas besoin de le faire très concrètement nous n'avons aucun problème avec ça nos candidats soutenus par le rassemblement national ou adhérents du rassemblement national l'assumeront c'est un peu une habitude dans la maison que d'assumer les choses c'est quand même incroyable que Louis Alliot

37:45
Invité

qui a passé 35 années de sa vie dans ce parti partent sans étiquette c'est bien vécu dans le parti ou pas ?

37:50
Sébastien Chenu

est-ce que vous êtes en train de dire que vous ignorez que Louis Alliot est membre du rassemblement national je pense que 100% de ses électeurs savent très bien que Louis Alliot est membre du rassemblement national il veut élargir localement comme d'ailleurs tous les maires font partout en France sa liste en accueillant à lui des gens qui n'ont pas d'engagement forcément politique mais vous savez c'est ce que font aussi tous les élus d'accueillir sur leur liste des gens qui n'ont pas d'étiquette politique

38:12
Invité

Nathalie Sacréquin le gouvernement s'est décidé à sauter le pas en matière de PMA ça sera au programme du conseil des ministres du 26 juillet est-ce que vous considérez que c'est un débat porteur est-ce que vous considérez que vous allez vous devez vous en mêler beaucoup on a entendu il y a quelques jours Marine Le Pen sur BFM chez Routel-Crieff y aller vraiment carrément est-ce que vous pensez que c'est le sujet de l'année ou alors que tout ça c'est pas exactement confère les résultats de M. Bellamy et évidemment ce que voulait M. Wauquiez c'est-à-dire se focaliser sur les sujets sociétaux est-ce que c'est une bonne plateforme pour vous ?

38:42
Sébastien Chenu

C'est un débat sérieux il vient dans le cadre du projet de loi bioéthique qui comporte plusieurs sujets notamment la congélation des ovocytes notamment le don d'organes et puis il y a la PMA c'est un ensemble plus large qui est celui du projet de loi bioéthique la PMA d'abord moi je veux redire le respect que nous avons pour les gens qui veulent avoir des enfants avoir un enfant c'est un projet de vie intéressant mais il ne doit pas se substituer à l'intérêt de l'enfant et je vais y venir dans quelques instants je veux redire aussi que nous n'avons aucun problème avec ce que j'appelle la parentalité on préfère largement évidemment voir un enfant heureux élevé peut-être par deux femmes ou par deux hommes que malheureux tabassé par des couples hétérosexuels ce n'est pas un problème de parentalité mais c'est un problème de filiation et ça nécessite un aménagement du droit qui a et qui aura des conséquences

39:35
Invité

qui est envisagé dans le texte de loi

39:37
Sébastien Chenu

oui mais qu'est-ce que nous propose le gouvernement il nous propose en réalité trois voies qui posent toutes je crois des problèmes l'extension de la PMA aux couples de femmes puisque c'est cela dont il s'agit et aux femmes seules via une prescription de comaternité je parle des couples via une prescription de comaternité or le conseil d'état vous dit que cela ne reflète pas la réalité de la chose puisque cette présomption de comaternité elle doit refléter la réalité biologique un couple de femmes par définition ne peut pas biologiquement avoir deux enfants la deuxième solution c'est le fait de reconnaître l'enfant avant qu'il naisse et de le faire inscrire comme tel reconnaître par les deux parents inscrire comme tel sur le livret d'état civil ça crée une distorsion également avec les enfants biologiques et puis la troisième chose c'est la création d'un mode de filiation qui ne serait destiné qu'aux couples de femmes c'est à dire qu'aux couples homosexuels et qui créerait de fait demain et c'est là où la difficulté supplémentaire vient une distorsion de droits entre les couples avec les couples des hommes d'hommes car les hommes vont dire puisque les couples de femmes ont le droit nous réclamons la même chose avoir ce même droit à l'enfant et donc puisque la PMA n'est pas possible pour les hommes on en vient à la GPA marchandisation du corps philosophiquement qu'est-ce que vous en pensez ?

ça pose philosophiquement une vraie question de conscience

40:52
Invité

vous l'ancien président de Guélib

40:53
Sébastien Chenu

oui mais moi j'avais dit au moment de Guélib que j'étais favorable aux droits des couples homos parce que c'était les droits de bail les impôts la reconnaissance devant une autorité parce que je pense que vivre en couple quel que soit le nombre d'années ça représente quelque chose mais j'avais émis dès l'époque je l'avais même écrit dans un hebdomadaire que ces problèmes de filiation qui nous amèneraient à la GPA ne pouvaient pas avoir notre assentiment

41:17
Présentateur

mais c'est curieux parce que vous allez tout de suite vers la GPA alors qu'on peut très simplement poser le problème par comparaison avec les couples hétérosexuels qui ont recours à la PMA que ce soit à travers la GISE que ce soit à travers je vais à la GPA

41:28
Sébastien Chenu

et si je n'ai pas été très clair je vous prie de m'en excuser mais parce que vous créez un état de droit qui va être contesté par les couples d'hommes et donc leur seule solution ce sera d'ouvrir la GPA

41:41
Invité

au nom de ça va être au nom de la rupture d'égalité entre les couples d'hommes et les couples de femmes est-ce qu'il faut ne pas autoriser la PMA parce que c'est la porte ouverte à la GPA je vous ai juste à comprendre ce que vous pensez je ne crois pas

41:54
Sébastien Chenu

et puis il y a et on l'a touché du doigt un problème également sur l'accès à son ascendance qui n'est pas réglé est-ce qu'il y aura un accord du donneur quand ça c'est prévu dans le texte de loi non justement ce sont toutes les interrogations non mais est-ce qu'il y aura l'accord du donneur à quel moment est-ce que ce sera avant le don ou après le don donc tout ça n'est pas automatique et je pense que ça soulève des vrais problèmes de filiation des vrais problèmes de rupture d'égalité du droit qui fait que je crois aujourd'hui nous ne sommes pas en capacité de soutenir cette proposition c'est plus facile je vais vous dire est-ce que vous allez voter contre vous abtenir aujourd'hui nous voterons contre évidemment et c'est plus facile tous au sein du groupe et c'est plus facile je le pense je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec mes collègues mais en tous les cas c'est la position de notre mouvement que je vous rappelle ici mais il est plus facile aujourd'hui de dire nous soutenons la PMA lorsqu'on est un député c'est quand même beaucoup plus confortable plutôt que d'expliquer confortable bah oui c'est plus facile dans le discours ambiant de dire oui oui on est pour la PMA plutôt que d'expliquer à travers des éléments parce qu'une majorité de français soutient la PMA non mais d'accord mais je veux dire ma démonstration vous démontre que les questions que je pose elles ne sont pas faites pour montrer du doigt des couples elles ne sont pas faites pour le plaisir d'être contre quelque chose elles posent des questions fondamentales pour notre société et qu'effectivement ce n'est pas forcément une position de confort que de dire que la PMA n'est pas une bonne chose pour notre société quand vous avez entendu Marine Le Pen dans l'archive qui est diffusée Karine Becker-Dame au Sébastien Chenier J'ajoute que je crois que les sujets de société sincèrement pourraient et devraient être tranchés par la société c'est aussi en cela que je crois que le référendum a beaucoup d'utilité parce que ça permet de trancher des sujets dans lesquels il n'y a pas de consensus dans notre société

43:38
Présentateur

En l'occurrence l'abrogation de la loi Taubira qu'on entendait réclamer par Marine Le Pen c'est aussi quelque chose que vous metteriez au référendum ?

43:46
Sébastien Chenu

Écoutez je n'ai pas réfléchi sur l'abrogation de cette loi je pense qu'il faudra l'évaluer et puis prendre position Elle prononçait ses mots devant vous quand vous l'avez rejointe Il y a quelques années Marine Le Pen a rappelé sa position qui moi m'allait bien c'est à dire la capacité à reconnaître les mêmes droits pour les couples quels qu'ils soient sans que ça s'appelle forcément le mariage Moi c'est exactement ce que j'ai défendu à l'époque reconnaître les mêmes droits sans que ça s'appelait l'abrogation de la loi Taubira en 2014 Nous évaluerons cette loi nous verrons ce qu'elle a donné en termes de résultats et nous prendrons position Bah oui il faudra bien l'évaluer un moment cette loi Ah pour vous il y a encore possibilité de la contestation de l'abrogé Toutes les lois doivent être évaluées avant d'avoir une position déterminée Nous aurons une position Mais est-ce qu'on évalue

44:26
Invité

le nombre de gens qui se sont mariés ? Je ne comprends pas

44:28
Sébastien Chenu

si cette loi a créé des difficultés dans notre société si elle a créé des fantasmes qui avaient été à l'époque instrumentalisés par certains Moi je suis très à l'aise là-dessus Je souhaite qu'on évalue Il est possible qu'on doive l'abrogé selon vous ? Vous savez c'est aux français qu'il faudra je viens de vous le dire demander si cette loi pose des problèmes si cette loi pose des problèmes c'est pour ça qu'il faut l'évaluer et bien il est possible qu'on puisse un jour demander aux français ce qu'ils en pensent si elle pose des problèmes si elle n'en pose pas et bien nous serons en capacité de vous répondre Et vous n'avez pas la vie là-dessus C'est assez curieux En fait votre raisonnement

44:59
Invité

il s'établit comme si au fond les frontières n'étaient pas très poreuses Il se passe plein de choses partout en Europe C'est vrai Et au fond si vous refusez la PMA on peut aller la faire ailleurs Et donc comment vous résolvez cette difficulté-là ? Non mais madame

45:15
Sébastien Chenu

Nous faisons du droit parce que nous manquons de courage et de charité disait André Comte-Sponville Enfin c'est votre boulot Et faire la loi Et la voter Attendez Nous nous réfugions parfois derrière le droit pour justifier une absence de vision pour un pays Qu'il y ait des pays qui fait le choix de la PMA C'est leur problème ou c'est leur solution etc. Que nous nous fassions et c'est le cas également par exemple sur d'autres problèmes de société comme le cannabis etc.

Que nous ayons des positionnements qui ne soient pas les mêmes que ceux de nos voisins moi ne me choque pas Nous avons le droit d'avoir un système de valeurs ici qui ne soit pas le même que celui de nos voisins et nous n'avons pas nous en excusé

45:50
Invité

Je voudrais aborder un autre sujet de société c'est l'affaire Vincent Limbert Est-ce que vous êtes d'accord avec la Cour de Cassation qui a ordonné vendredi en fin de journée la fin des traitements Est-ce qu'il faut permettre de laisser mourir Vincent Limbert ?

46:05
Sébastien Chenu

Vous savez je vous ai fait cette citation d'André Cansponville qu'on pourrait adapter Moi cette affaire Lambert me met mal à l'aise sur le fond et sur la forme sur la forme parce que ce côté feuilleton est particulièrement difficile à supporter et pour les personnes qui sont concernées en premier lieu je l'imagine Pour le reste la fin de vie moi je crois que la loi Léonetti est la meilleure réponse aujourd'hui en l'état actuel des choses Vincent Limbert sort peut-être un peu de ce cadre mais je pense qu'il faut s'en tenir aujourd'hui il faut s'en tenir aujourd'hui à la loi Léonetti c'est en tous les cas ma conviction ça fait La société française

46:40
Invité

n'est pas assez mûre pour accéder à

46:42
Sébastien Chenu

Ce n'est pas l'idée de la société française c'est un problème de société et là encore je ne suis pas sûr que ce soit le droit qui résolve tous les problèmes de société Enfin c'est votre travail Et la loi Léonetti et je vous dis il y a une loi la loi Léonetti et je la trouve satisfaisante il est possible que la loi ne résolve pas tous les problèmes que Vincent Limbert et c'est pour ça qu'on a ce feuilleton juridique passe à travers la capacité que cette loi aurait à répondre aux problèmes mais je crois que la loi Léonetti demeure la meilleure réponse Nathalie Saint-Cric

47:07
Invité

Petite question d'actualité Nicolas Sarkozy fait son retour en librairie vous riez que vous aspire ce retour alors un sourire déjà on l'a vu envie de le lire l'envie de l'acheter

47:16
Sébastien Chenu

Moi je lis tout ce qui passe avec beaucoup de gourmandise vous dites il a fait son retour en librairie est-ce vraiment un retour juste en librairie ou n'est-ce pas un énième retour en politique c'est la question que je vous pose je note aussi en parallèle que 76% des français avaient déclaré ne pas vouloir vouloir voir revenir Nicolas Sarkozy probablement et je suis sûr que si on faisait ce sondage dans la maison France Inter on montrait au-delà de 76% à l'idée de voir revenir Nicolas Sarkozy en politique pour être plus sérieux

47:47
Invité

est-ce que ça ne veut pas dire quelque chose sur le manque de leadership et d'incarnation qui peut y avoir chez les républicains quand vous voyez monsieur Jacob qui va prendre la tête des républicains qui est très estimable et tous les candidats est-ce que finalement cette envie de Sarkozy que certains ont ne veut pas dire qu'il y a besoin de leaders qui font bouger les choses qui sont un peu incarnés qu'on ne peut pas mettre non pas n'importe qui mais tout le monde

48:11
Sébastien Chenu

ils ont indiqué qu'ils allaient désigner un nouveau président de leur parti politique et que celui-ci s'engagerait à ne pas être candidat aux élections présidentielles et bien que les républicains nous disent qu'ils ne s'engageront plus à faire de politique ce sera beaucoup plus facile pour tout le monde de comprendre exactement où ils en sont parce que je pense que ce n'est pas un problème de leadership c'est un problème de conviction plus personne ne sait ce que défendent les républicains et à partir de là il n'y a plus grand et pas grand mot pour défendre le vide

48:35
Présentateur

vous l'avez connu quand vous étiez et je l'ai même soutenu

48:40
Invité

et qu'est-ce qui s'est passé dans votre ancienne famille politique c'est quoi votre analyse

48:46
Sébastien Chenu

je crois qu'à partir du moment où ils ont abandonné ce qui faisait l'essentiel des combats menés ensemble c'est-à-dire la défense de la souveraineté française la défense du modèle social ça c'était un des principes gaullistes voyez-vous et bien ils ont tout abandonné en vertu d'un schéma ultra libéral qui les a fascinés incarnés par le fait que des gens comme Bruno Le Maire aient rejoint Emmanuel Macron et puis doubler d'un manque total d'efficience de résultats lorsqu'ils ont été aux manettes sur l'insécurité sur l'immigration sur le chômage et bien tout ça vous donne ce type de résultat qui est à peu près le même que celui du parti socialiste et qui amènera mes collègues des républicains à dire je suis de droite et à mourir en disant je suis de droite ils finiront par mourir en disant je suis de droite ils feront 5, 6, 7, 8% avec un réseau d'élus locaux vous me direz c'est déjà bien mais ils n'incarneront plus une possibilité d'alternance cette possibilité que nous sommes en train de construire

49:39
Invité

alors vous dites on est en train de construire l'alternance et quand on vous écoute sur tous les projets on sent qu'il y a du contre partout mais on ne voit pas le projet alternatif crédible c'est à dire sur l'assurance chômage par exemple on ne voit pas comment vous équilibrez les choses est-ce que vous n'êtes pas en train de vous noyer dans une opposition systématique ?

49:59
Sébastien Chenu

Non madame parce que voyez-vous nous faisons des propositions chaque semaine à l'Assemblée nationale sur tous les sujets dont je vous ai parlé chaque semaine elles sont retoquées par la majorité qui ne voit en l'opposition que des empêcheurs de tourner en rond nous nous nous battons pour des choses nous nous nous battons pour la défense du modèle social français nous nous battons pour la défense de l'identité française pour l'écologie vous vous battez pour l'écologie nous nous battons pour le localisme parce que nous considérons ça ne résout pas quand même tous les problèmes il y a quand même un sujet d'actualité malgré tout sur lequel on voulait

50:27
Présentateur

vous entendre Sébastien Chenu puisqu'on va savoir assez rapidement si vous êtes pour ou contre hier le bateau humanitaire Sea-Watch 3 est entré dans le port de Lampedusa sa capitaine Carola Raquette qui avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes a été arrêtée elle avait à son bord à bord de ce bateau 42 migrants qu'est-ce que vous inspire cet épisode qui se passe une nouvelle fois sur les côtes italiennes

50:52
Sébastien Chenu

moi je n'admets pas que des gens des passeurs imposent à des états des passeurs bah oui des passeurs des gens qui font passer des migrants imposent à des états on peut appeler ça une ONG humanitaire oui c'est souvent ça ressemble à des passeurs certaines ONG humanitaires ressemblent souvent à des passeurs sauver des vies non non non il ne s'agit pas de sauver des vies dans le cas présent il s'agit souvent de commerce pour certaines organisations dites humanitaires c'est vraiment pas son cas imposé à des états qui ont élu démocratiquement à leur tête des dirigeants qui ont comme ligne de conduite et ce serait bien que ce soit la même chose en France le refus de toute nouvelle immigration incontrôlée essayez d'imposer par la force à des états démocratiques ce type de procédure ce type d'actes il aurait fallu

51:32
Présentateur

laisser bloquer ce navire dans les eaux internationales il aurait fallu le raccompagner elle a expliqué

51:37
Invité

qu'ils étaient 42 elle a expliqué qu'ils faisaient une chaleur à crever d'ailleurs on est tous payés pour savoir que ça a été une horreur elle a expliqué qu'ils ne pouvaient pas boire qu'ils allaient mourir dans le bateau qu'est-ce que vous faites si vous êtes capitaine de ce bateau est-ce qu'à un moment donné vous vous dites

51:49
Sébastien Chenu

je ne dis pas qu'il ne faut pas donner à boire et à manger à des gens vous ne m'entendrez jamais à avoir ce discours là ça c'est un j'espère que ce n'est pas un procès d'intention du tout mais on peut très bien secourir c'est-à-dire porter secours à des migrants qui n'ont ni à manger ni à boire et les raccompagner là d'où ils viennent parce que si nous ouvrons une possibilité en tous les cas l'Italie ouvre cette possibilité d'accueil supplémentaire alors ce sera 10, 15, 20 bateaux demain et nous n'en finirons pas il faut une certaine ligne de fermeté Matteo Salvini a démontré sa fermeté demandant d'ailleurs à l'Allemagne je crois et à d'autres pays de prendre en charge ces migrants et bien je crois

52:25
Présentateur

qu'il a entièrement raison et donc la France fait bien d'accueillir un certain nombre de ces migrants qui étaient à bord du Sea-Watch 3

52:31
Sébastien Chenu

le président de la république n'a aucune fermeté en ce qui concerne ni l'immigration clandestine ni l'immigration légale

52:37
Invité

mais Matteo Salvini demande une solidarité européenne la même qu'Emmanuel Macron en fait vous ne défendez pas la même politique migratoire avec Matteo Salvini entendons-nous bien aussi

52:45
Sébastien Chenu

non mais monsieur Salvini défend les intérêts de l'Italie nous nous défendons les intérêts de la France et nous considérons qu'accueillir des migrants et une immigration incontrôlée dans notre pays va à l'encontre des intérêts de la France

52:54
Présentateur

l'émission se termine merci Sébastien Chenu d'avoir été notre invité c'était la dernière de la saison merci à toutes les trois c'est un bonheur de travailler avec vous et une chance aussi merci au grand monsieur au fantastique Alexandre Gillardi à nous croche ainsi qu'à toute l'équipe technique de questions politiques et bravo à tous vous faites un travail formidable merci de nous avoir suivis tout au long de la saison d'avoir fait de ce rendez-vous le premier rendez-vous politique du PAF et nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour d'autres questions politiques passé un très bel été