Philippe Baptiste (CNES) : La crise des lanceurs met l'Europe en plein doute
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
On est très inquiet pour l'Europe spatiale, d'abord le New Space américain ça marche super bien, nous ça commence aussi mais pour les acteurs historiques comme le CNES et l'ESA, est-ce qu'Ariane 6 est toujours prévu pour 2024 ?
- 0:45OuverteRéponse directe
Vous mentionnez le New Space, mais qu'en est-il du New Space français et européen ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Ariane 6 est pour 2024, mais pourquoi sommes-nous dans une situation de crise aujourd'hui ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé avec Vega, Vega C et Soyouz ?
- 2:47FerméeÉludée
Ariane 6 a trois ans de retard, quand est-ce que le premier vol est prévu ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Vous parlez de changer d'organisation, mais c'est un immense chantier. Est-ce que la clause du juste retour fonctionne encore ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22Philippe BaptisteChiffre
« le newspace français et même le new space européen se porte bien voir très bien enfin on a eu des levés le front ces dernières ces derniers mois qui sont absolument spectaculaires ça fait hors de ma part aux courses des nouveaux derniers mois on a levé quelque chose comme 400 millions d'euros »
- 2:05Philippe BaptisteFait
« on disposait de trois lanceurs qui assuré la souveraineté européenne le petit lanceur Vega un lanceur européen mais très italien Ariane 5 lanceur lourd européen mais très français et puis Soyouz qui depuis 10 ans lancer à partir de courroux des satellites »
- 2:47Philippe BaptisteFait
« Ariane 6 a été conçu pour remplacer Ariane 5 et Soyouz mais trois ans de retard c'est quand le premier vol »
- 3:26Philippe BaptisteFait
« on est dans une situation ou avec le départ de en particulier de Soyouz ça met une très très grosse pression sur le programme sur le programme »
- 4:50Philippe BaptisteFait
« le premier lancement il arrivera au moment où on sera prêt donc la raison en fait elle est simple c'est à dire que aujourd'hui on fait des essais en fonction des essais en fonction de ce qu'on voit en fonction de son découvre effectivement on peut avoir des dés on peut avoir des retards »
- 5:32Philippe BaptisteFait
« le marché européen est un marché qui est relativement réduit et donc ça me semble compliqué d'imaginer une situation où on aurait plusieurs lanceurs lourds demain »
- 6:53Philippe BaptisteFait
« une vraie concurrence entre différents lanceurs moi je crois que cette concurrence elle va d'abord s'exercer sur des lanceurs plus petits et ça j'y suis très favorable »
- 9:41Philippe BaptisteFait
« le Président de la République a demandé un certain nombre d'experts de réfléchir à cette question et de faire des propositions c'est le travail est en cours »
Temps de parole
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good morning business le grand entretien avec le micro c'est mieux il est 8h19 notre invité c'est comme pour rien il faut que les moteurs s'allument le président du CNES Philippe baptiste est avec tous ce matin bonjour bonjour alors on va bidon parler de l'Europe spatiale on est très inquiet vous savez parce que d'abord le new space américain ça marche super bien nous ça commence aussi mais pour les acteurs historiques que vous êtes le CNES qui donne beaucoup d'argent à l'Agence spatiale européenne et donc à nos lanceurs d'abord Ariane 5 avant dernier vol la semaine prochaine avec une belle mission dont on va parler vers Jupiter mais enfin bon c'est l'avant dernier et puis Ariane 6 rien en vue est-ce que Ariane 6 c'est
pour 2024 alors vous avez mentionné le new space moi je voudrais dire que déjà le newspace français et même le new space européen se porte bien voir très bien enfin on a eu des levés le front ces dernières ces derniers mois qui sont absolument spectaculaires ça fait hors de ma part aux courses des nouveaux derniers mois on a levé quelque chose comme 400 millions d'euros donc c'est c'est des montants qu'on n'a jamais connu du spatial il y a plein de nouvelles start qui se qui se construisent moi c'est un élément majeur de la politique que je veux mener dans dans aujourd'hui un mois on les soutient on essaye de les aider à travers de la techno etc donc ça marche bien et et à côté de ça on a aussi des acteurs qui sont des acteurs qui sont des acteurs historiques c'est mais dans un sens très
positif c'est-à-dire qu'ils ont une expérience technologique absolument incroyable que ce soit Airbus ou que ce soit Thalès ou que ce soit Ariane groupe qui ont un savoir-faire qui est unique en France et et parmi les tous meilleurs d'Europe Ariane 6 c'est pour 2024 alors Ariane 6 c'est la suite d'Ariane 5 pourquoi on est dans une situation de crise aujourd'hui mais en fait c'est c'est pas très compliqué c'est qu'il y a un peu plus d'un an avant l'invasion de l'Ukraine par par les Russes on disposait de trois lanceurs qui assuré la souveraineté européenne le petit lanceur Vega un lanceur européen mais très italien Ariane 5 lanceur lourd européen mais très français et puis Soyouz qui depuis 10 ans
lancer à partir de courroux des satellites et en particulier des satellites très importants pour la défense pour etc plein dessus pour plein de sujets qu'est-ce qui s'est passé et bien effectivement on a eu il y a eu à la fois Vega qui a connu qui a connu un échec qui va qui va évidemment se remettre vegacer mais mais Mika connu un échec et donc on a là on a pas Vega pour le pour le moment pour les prochains mois Ariane VI est en retard et puis en même temps Soyouz Soyouz et les Russes sont les Russes évidemment ne lance plus à partir de Kourou c'est de la situation internationale et donc ça nous plonge dans une crise des lanceurs qui est très très ennuyeuse qu'on va surmonter moi j'en suis profondément convaincu Ariane 6 a été conçu pour remplacer Ariane 5 et
Soyouz mais trois ans de retard c'est quand le premier vol donc le premier vol aujourd'hui on est sur la toute fin du développement on a on découvre et c'est normal puisqu'on est sur la toute fin du développement des problèmes techniques des problèmes à résoudre on est surmontent les uns après les autres moi je suis confiant on est sur on est vraiment sur la sur la fin le développement le lanceur est sur son pas de tir on est en train de faire les essais combinés on va aller au bout on a fini les essais à feu à lampauld en Allemagne enfin je le programme avance le programme et pas à l'arrêt le programme avant on va y arriver maintenant évidemment la difficulté dans laquelle on se débat aujourd'hui c'est qu'à la fois on est dans une situation ou avec le départ de en particulier de
Soyouz ça met une très très grosse pression sur le programme sur le programme et puis d'autre part évidemment on souffre aussi d'organisation de choix qui ont été faits il y a une dizaine ou une douzaine d'années et ces choix leur objectif premier était peut-être pas un objectif de rationalité économique et technique et je pense que évidemment il faudra un moment donné faire des retours d'expérience de tout ça et moi je suis convaincu que évidemment les prochains lanceurs seront développés dans un cadre qui sera radicalement différent de celui qu'on connaît aujourd'hui le cadre différent président différent à André Hubert Roussel a été remplacé par Martin Sion à la tête d'Ariane groupe un c'est la décision qui est de qu'est-ce que ça change
qui est une entreprise avec des conseils d'administration et des actionnaires et ce sont les actionnaires d'Ariane groupe Airbus et ça prend Airbus et sa Franck qui ont fait qui ont fait ce choix évidemment moi je voudrais dire que André Hubert Roussel quelqu'un qui j'ai travaillé pendant plusieurs années et qui est quelqu'un qui a de grandes qualités humaines qui a été qui a repris Ariane groupe dans une situation qui évidemment pas simple parce que c'est la fin du développement le programme est en retard etc moi je l'ai toujours vu avec beaucoup d'énergie mener ses équipes donc c'est quelqu'un que je que chalut très amicalement et et Martin Sion qui arrive c'est un professionnel très reconnu du secteur voilà et on va travailler on va très bien travailler ensemble
et qui nous regardent ils sont pas spécialistes mesurent comme la gravité la crise que traverse le repascia parce que d'abord Ariane 6 vous n'êtes toujours pas dit quand est-ce que serait le premier lancement 2024 non mais la question en fait le premier lancement il arrivera au moment où on sera prêt donc la raison en fait elle est simple c'est à dire que aujourd'hui on fait des essais en fonction des essais en fonction de ce qu'on voit en fonction de son découvre effectivement on peut avoir des dés on peut avoir des retards si tout se passe bien et si tout se passe de manière absolument nominale on peut encore imaginer un lancement aux dates qui sont prévus aujourd'hui honnêtement le sujet est passé est pas là le sujet c'est simplement il faut réussir il faut réussir la fin du
développement et Philippe Baptiste vous disiez l'autre gravité de la de la crise c'est que vous dites il faut changer d'organisation mais c'est un immense chantier jusqu'à présent on subit la clause du juste retour c'est à dire que chaque programme doit être divisé comme un puzzle entre les pays qui ont participé au financement évidemment c'est ça ne fonctionne plus et dans le même temps on a nos amis allemand italien qui veulent faire leur propre lanceur est-ce que vous êtes sûr qu'il y aura demain un constructeur européen alors je je ne sais pas répondre évidemment à cette question parce que ça ne dépend évidemment pas que que de nous moi ce que je constate aujourd'hui c'est que le marché européen est un marché qui est relativement réduit et donc ça me semble compliqué
d'imaginer une situation où on aurait plusieurs lanceurs lourds demain plusieurs très gros lanceurs qui seraient concurrents faut avoir en tête que l'Europe aujourd'hui est un point de vue institutionnel c'est-à-dire en gros les les gouvernements la commission etc fait 5 4 5 lancements par an donc c'est très très peu après il y a des lancements commerciaux c'est peu c'est beaucoup moins qu'aux États-Unis et donc est-ce qu'il y a la place pour avoir un pour avoir deux lanceurs lourds européens je crois pas mais après pourquoi pas on peut l'imaginer demain puis aussi c'est vrai que une vraie concurrence entre différents lanceurs moi je crois que cette concurrence elle va d'abord s'exercer sur des lanceurs plus petits et ça j'y suis très favorable et cette concurrence elle va
permettre aussi de baisser les coûts et donc mais il faut par contre se donner des armes où on se sort aussi des carcans tous les industriels demandent à arrêter j'en suis évidemment profondément j'en suis évidemment profondément convaincu parce que c'est un outil fabuleux pour développer le spatial dans des pays qui aujourd'hui ne sont pas forcément des champions du spatial parce que pourquoi parce que quand vous arrivez vous êtes capable de garantir qu'avec l'argent que vous mettez sur la table vous allez avoir une industrie qui va se créer exactement à la hauteur de ce que vous mettez forcément le plus construire une partie de l'Europe spatiale et c'est remarquable pour un certain nombre de missions comme des missions scientifiques ou des missions d'observation de la Terre où on n'a pas
d'enjeux économique majeur ou le ou le ou le l'enjeu numéro 1 et pas de faire le la mission au coût le plus bas possible mais quand vous êtes sur un marché commercial évidemment cette question se pose la prochaine mission c'est la semaine prochaine le 13 avril à Kourou la prochaine mission d'Ariane 5 ça sera donc l'avant mais ça sera l'avant-dernière Darian 5 on va les faire quoi exactement avec cette mission alors on va on va faire un long voyage on va faire un long voyage jusqu'à Jupiter et on va aller explorer Jupiter et puis trois lunes glacées de Jupiter vous savez que Jupiter a pas loin de 80 lunes qui sont autour de autour de Jupiter de cette planète qui est géante on va aller regarder et on va
aller on va aller regarder à la fois lamentosphère on va aller aussi regarder l'atmosphère la composition la composition de ces différentes lunes et de et de Jupiter et le but c'est de regarder ce qu'on appelle l'habitabilité d'un certain nombre de lunes de Jupiter pourquoi parce que c'est des lunes qui sont des lunes glacées il y a une croûte et sous cette croûte il y a de gigantesques masse d'eau qu'on connaît encore assez mal donc on a besoin d'étudier cette composition pour voir l'habitabilité alors quand on dit habitabilité on peut avoir l'image de la semaine prochaine non c'est l'habitabilité au sens est-ce que c'est pour au sens de la vie est-ce que c'est un est-ce que c'est un endroit qui ou qui aurait pu à un moment ou un autre enfin accueillir des des formes de vie
primitives voilà et c'est ça qu'on va rechercher et donc c'est quelque chose d'assez extraordinaire on va aussi étudier tout le système autour de Jupiter qui a une espèce de mini-système solaire et donc qui intéresse particulièrement les scientifiques c'est une mission incroyable c'est une mission de lézard le CNES et la France sont très impliqués dans plusieurs des instruments son assez un très très beau mission il faut sept ans pour aller sur Jupiter pour pour recevoir les signaux bon on en a parlé avec Anthony Morel pour les missions humaines on envisage maintenant l'hibernation pour les êtres humains on est en train d'étudier ça l'émission humaine parce que les Américains eux ils veulent aller sur la lune sur Mars est-ce que justement les Européens
est-ce qu'on va aussi envoyer des hommes dans l'espace est-ce que les vols habités sont sur votre feuille de route alors c'est un sujet c'est un sujet passionnant vous savez que le Président de la République a demandé un certain nombre d'experts de réfléchir à cette question et de faire des propositions c'est le travail est en cours et le cadre européen est un cadre essentiel pour faire ça parce qu'on parle du coup qui sont quand même des coups significatifs qui sont vraiment à l'échelle européenne je pense que il y a de vrais il y a un vrai intérêt technique scientifiques économique à se lancer là-dedans mais avant tout c'est une décision politique c'est un choix de l'Europe des grands pays d'Europe des politiques européennes savoir si oui ou non ils veulent se lancer dans ce dans
ce sujet là et donc il y a plein de défis techniques autour de ça vous avez mentionné l'hibernation je suis pas certain que ce soit la première enfin je pense qu'il y a déjà pas mal de sujets compliqués et je suis pas certain qu'il fallait commencer par celui-là mais voilà c'est un choix qui sort merci beaucoup Philippe Baptiste d'avoir été avec nous au président du CNES
Philippe Baptiste