Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSud Radio· 21 juillet 2026 22 min

Feu vert pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

10h 13h Maxime Liedu. [musique] Merci beaucoup Clément Slobari pour les informations et ravi de vous accompagner pendant encore 1 heure sur sud radio midi 30 13h. [musique] Vous avez été très nombreux à réagir sur cette actualité agricole et cette actualité [musique] politique une loi d'urgence pour nos agriculteurs qui qui a quand même été passé dans la douleur avec cette fameuse crispation autour des pesticides.

Alors appelez ça comme vous voulez. Les agriculteurs parlent de médicaments pour la plante. Pesticides.

D'accord. Il y a aussi le mot un peu plus technique de produits phytosanitaires. La question c'est que quand on voit tout ce qu'utilisent nos voisins européens, quand on voit aussi tout ce dont on prive nous nos agriculteurs, est-ce que la France ne doit pas d'une certaine manière se réconcilier avec les pesticides pour donner un peu de puissance aux agriculteurs, leur permettre ben de poursuivre tout simplement leur culture ?

Venez en parler avec nous au 0826 300. Mais pour le moment, il est 12h5. Notre grand entretien.

Les débats [musique] de l'été Sud Radio et le grand entretien du jour va s'attarder sur cette question des réseaux sociaux. Bonjour Thomas Forê. Oui, bonjour à vous.

Merci beaucoup d'être avec nous ce midi. Vous êtes spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Waller. Et ça tombe bien parce que dans quelques heures là à l'Assemblée nationale va potentiellement se prendre une décision historique parce que ce serait la première fois en Europe qu'un pays prend une telle sanction.

La France serait avant-gardiste donc d'éventuellement interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. C'est la question qui se pose. Et derrière il y a évidemment toute la question de l'interdiction, de la sécurité, de notre souveraineté aussi dans dans ces domaines-là.

Et on parlera forcément avec vous aussi de ce rapport hein du Sénat qui a fait tant de bruit, qui parle d'ingérence et trans avec une une volonté quand même de surveiller les réseaux sociaux. Mais la première question et elle est très simple, dans quelques heures vous êtes débuté vous Thomas Forê, qu'est-ce que vous votez ? Moi, je voterai oui euh pour l'interdiction euh euh des réseaux sociaux au moins de 15 ans.

Je pense que c'est une mesure salutaire pour notre jeunesse. Je vous avoue, moi je défends euh bien souvent d'abord la souveraineté, la liberté d'expression, la défense de la vie privée et cetera. Mais sur les réseaux sociaux, je trouve que le vrai sujet, c'est d'abord que ce sont des plateformes qui sont faites pour capter l'attention, pour faire de l'argent, il faut le dire.

Ce sont des plateformes généralement américaines, encore pire TikTok, plateforme chinoise dont on n pas beaucoup de contrôle et je crois que ça fait beaucoup de dégâts à notre jeunesse. Et sur ce sur cet aspect, moi je défends un point de vue de père de famille. Voilà, moi j'ai des adolescents à la maison évidence.

Vous êtes père de famille. Il y a aussi beaucoup sur ce débat de jeunes parents ou même tout à l'heure on avait la discussion avec nos éditorialistes et on se disait bah oui mais c'est toujours un peu gênant cette loi parce que en réalité l'État vient palier un peu le manque de responsabilité de certains parents. Oui mais je crois que alors d'abord c'est pas du du tout les le seul le seul domaine voyez.

Par exemple l'alcool est interdit au mineur, les cigarettes sont interdits au mineur. Voilà tout ce qui peut faire du mal à la jeunesse. C'est tout à fait normal qu'il y a des lois qui les régulent.

Euh d'autre part, concernant les parents, moi je crois sincèrement qu'il y a il y a beaucoup de parents démunis et c'est pas qu'ils sont pas capables de faire, on va dire, d'imposer des règles à la maison, mais ce dont on parle, c'est l'adolescence. L'adolescence, vous savez, c'est cette période où où les gamins bah ils désobéissent et puis finalement, ils ont de plus en plus de liberté. Et aujourd'hui, tous [grognement] les tous les jeunes quasiment ont des ont des smartphones en classe au collège.

Enfin en classe, en tout cas, ils ont dans cet âge là un smartphone, ils communiquent de cette façon-là et ils vont sur les réseaux sociaux. Qu'est-ce qui les empêche de faire ça ? Moi, je suis un papa de six enfants.

J'ai trois, quatre adoss et pourtant, je suis un professionnel du numérique. Et je vais vous dire que malgré ça, moi-même je suis dépassé par cette oppression. social en réalité quand dans une classe vous avez tous les enfants qui sont qui communiquent par ses biais que les sujets d'intérêt dans la cour de récréation les réseaux sociaux c'est les vidéos YouTube et cetera, pas cont l'interdiction en réalité c'est c'est ce que pensent aussi beaucoup d'interlocuteurs et et ceux qui se penchent aussi sur ces questions.

Est-ce que l'interdiction c'est pas la solution de facilité ? parce que un moment ou un autre, en réalité, vous le dites, il y a on est on est on est parfois dépassé par ce qu'on peut y trouver, par le comportement de de certains adoss avec les réseaux sociaux. Ça va aussi tellement vite, il faut le dire.

Il naissent maintenant clairement avec ça dans les mains. Est-ce que ce n'est pas la solution de faciliter l'interdiction ? Parce qu'on pourrait dire, il faudrait surtout mettre le paquet ben sur les contrôles parentales, sur la souveraineté de certaines plateformes, sur le fait notamment que on doivent un peu mieux sanctionner les abus et cetera et cetera sur la formation.

Bien sûr, pour moi, c'est pas de la facilité. C'est une première étape. C'est c'est nécessaire ça.

Ça va pas du tout régler le problème dans son entièreté. Il y a des chiffres, par exemple en Australie où il y a près de 89 % des jeunes parce que là-bas, ils interdisent aussi les réseaux sociaux en dessous de 15 ans, 89 % des jeunes contournent cette interdiction. Je crois qu'il y a une autre étude sortie par le Guardian.

Alors, je connais pas le périmètre géographique, qui qui dit qu'il y a 80 % des jeunes qui contournent. Donc ça va pas régler le problème. Ça c'est vrai.

Mais c'est pas pour Mais on est en train de le présenter comme ça. Non, ça c'est possible que je qu'il défendent leur affaire. Mais moi je crois que c'est nécessaire.

Quoi qu'il en soit, c'est nécessaire. Et on parlait pour revenir sur le sujet des parents, les parents ils sont censés faire respecter la loi aussi. Et si euh euh l'argument de la loi à la maison, c'est un vrai sujet, c'est de dire bah c'est interdit au moins de 15 ans, donc tu vas pas me demander un smartphone ou quoi que ce soit avant 15 ans.

Peut-être que c'est un argument et je crois que c'est une première bonne étape, mais vous avez raison de dire euh d'abord, il y a des vrais sujets de souveraineté parce que ces plateformes, comme je le disais, ce sont souvent des plateformes étrangères dont nous ne maîtrisons pas les les les principes, les tenants et aboutissants, vous voyez, puisque on va parler aussi après de de la transparence des algorithmes. clairement c'est lié et puis il y a un vrai sujet aussi de reconquête numérique en Europe. Il faudrait évidemment que nous ayons nous-mêmes nos propres plateformes, nos propres réseaux sociaux, nos propres enfants ma forêt que en réalité cet argument de il faut les les mêmes plateformes, il faut nos gars femmes européens, il faut se protéger nos données nous tout ça.

Bon, je vais pas faire ici la liste dans l'ordre alphabétique et chronologique des clouds qui sont américains où on stock nos données en réalité, de tout ce qu'on délègue à l'administration américaine ou maintenant en effet parfois certaines administrations, peut-être pas, mais en tout cas certaines plateformes chinoises. Qu'est-ce qui fait que depuis autant de temps rien n'est bougé ? E bien, c'est parce que euh rien ne parce que en tout cas peut-être vous allez me dire il y a plein de choses qui se sont faites mais nous en tant que citoyens on n'a pas l'impression que des choses ont été révolutionnaires et engagées de depuis quelques temps.

Là, il suffit de regarder quels appareils nous utilisons. Est-ce qu'on a des smartphones euh français dans nos poches ? Non.

Euh est-ce que notre moteur de recherche euh est un moteur français ? Non. Est-ce que nos boîtes mails sont françaises ou européennes ?

Non. Bon, qu'est-ce qui s'est passé ? Rien. précisément rien.

Il y a aucune politique de puissance numérique qui a été jamais conduite depuis euh depuis l'abandon du ministère. Comment c'est possible quand quand on voit le le progrès, le changement qui a qui a marqué internet quand on est en train de euh de visiblement de de se prendre dans la tronche, pardonnez-moi l'expression, le bouleversement que va représenter l'intelligence artificielle, comment c'est possible que on on ne parte pas justement à la conquête ? En tout cas, c'est pas possible de continuer comme ça, ça c'est sûr.

Moi, si vous voulez, il y a il y a 40 ans, quand ces virages se sont faits ou plutôt ne se sont pas faits et que l'Europe a et la France en particulier a décroché euh en matière technologique, euh vous savez, c'était l'époque d'ailleurs où on commençait à désindustrialiser le pays. C'est très lié. C'était l'idée de dire "Bah oui, alors nous en Europe, on va être des créateurs d'idées, des des coles blancs et puis ceux qui vont fabriquer, ça sera en Chine, ce sera ailleurs." Euh finalement derrière tout ça, il y a aussi une perte de souveraineté de la technologie en tant que telle, la perte du savoir-faire.

Euh voilà, moi je crois que maintenant toutes ces questions, tous ces constats sont venus au fur et à mesure dans le débat public. Les gens se rendent compte aussi de l'énormité de la puissance du numérique, ce qui était pas le cas au départ. Oui, encore ans euh je dirais entre guillemets Madame Michu n'avait pas forcément conscience que elle utilisait des technos américaines.

Pourtant c'était déjà le cas. Maintenant ces sujetsl sont sur la table. C'est la souveraineté numérique, c'est un sujet qui est transpartisan aussi et ça c'est une très bonne chose.

On va regarder l'année prochaine les programmes présidentiels et on verra aussi que ce sujet sera ceux qui se penchent dessus et ceux qui ne se penchent pas dessus. Oui, exactement. Moi je je ne crains je crains une chose, c'est que tout le monde va se pencher dessus et par conséquent ça ne va pas être dans le débat.

Il faut vraiment que ce sujet soit au cœur du débat parce que ce dont on parle finalement, c'est de la liberté euh euh de nos enfants, hein. Clairement, c'est de notre capacité à à appliquer nos propres règles sur nos propres outils, notre propre nos propres plateformes. Thomas Foreet, vous qui êtes spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Wur, avant qu'on parte en publicité et qu'on poursuive après entre nous notre conversation, euh un mot peut-être à tous ceux qui nous écoutent, qui sont parents, qui sont grands-parents, qui ne sont pas suffisamment euh sensibilisés ou alertes sur ces sujets-là.

Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ce midi là ? Ils entendent vaguement cette interdiction, ils savent pas trop comment ça va se passer. Peut-être que l'AO est actuellement en vacances dans sa chambre en train de scroller sur son téléphone.

Comment les sensibilise ses parents ? Qu'est-ce qu'il faut leur dire ? Pour ceux qui savent pas appréhéender cette question, c'est difficile parce que clairement moi je suis un un cas enfin c'est je vis vraiment ça et les beaux-parents aussi et les grands-parents aussi.

Un conseil, bah faites faire autre chose à à vos enfants, faites-les sortir dehors, faites-leur construire des cabanes, faites-les vivre. Voilà. Moi mes mes éloignez-les du téléphone éloignez-les du téléphone.

Moi mes enfants il ils arrivent ce soir de 3 semaines de campout. Et ça, je peux vous dire ça c'est la clé. Après tout le monde est pas obligé de faire la même chose mais enfin il faut aller dans la nature à cet âge il faut aller fréquenter les vrais gens et sortir des écart du téléphone en réalité c'est ça la recommandation bien sûr Thomas Foret spécialiste du numérique président et fondateur du réseau social où alors vous restez avec nous on poursuit notre conversation après une très courte page de publicité pour tous ceux qui sont en train de de passer à table ou d'être sur la route des vacances 1 ben j'espère que vous êtes bientôt arrivé de pour ceux qui passent à table bon appétit à tout de suite sur ce radio.

Et on poursuit notre échange avec notre invité Thomas Foret, spécialiste du numérique, président et fondateur du réseau social Waller. On était en train de s'interroger sur cette interdiction qui va arriver au moins de 15 ans. Ça sera le texte sera en tout cas débattu tout à l'heure à l'Assemblée nationale.

Un accord en ce qu'on appelle en CMP, commission mixte paritaire nous encourage quand même à penser que cela devrait devrait devrait passer crème selon l'expression consacrée. Mais Thomas Foret, on était en train de discuter aussi de de ce qui pourrait de ce que pourrait représenter cette loi. Vous n'avez dit ce n'est qu'une première étape.

Bon bah si on essaie de de se projeter un peu en France, sachant queon prendrait une décision historique là en interdisant les réseaux sociaux au moins de 15 ans, ce serait quoi les les prochaines étapes, on va dire, pour vivre dans un environnement plus sain d'un point de vue numérique ? Je mets je mets bien sûr beaucoup de parenthèses à tout ça, mais vous avez compris l'idée ? Oui, je pense que la l'étape numéro 2, c'est d'aller euh d'aller au bout de cette idée qui avait été démarrée par Jean-Michel Blanquer d'interdire les les smartphones euh au collège et à l'école de façon générale.

Euh aujourd'hui, les les smartphones sont interdits en classe. Euh moi, je pense qu'il faut les bannir entièrement des établissements scolaires. Euh souvent parce que même les élèves, l'idée quoi, même les élèves ne viennent même pas du tout avec en fait, c'est ils n'ont pas le droit de venir avec.

Euh je soumets cette idée. Alors souvent on dit euh oui mais comment ils vont faire ? Ils ont peut-être besoin d'aller regarder les horaires de bus, parler avec leur mère à la sortie de des classes et tout peut-être.

Tant pis. Moi, je crois que euh le Pourquoi je dis ça ? Parce que encore une fois, je me fondre sur mon expérience, mes adoss dans la cour de récrée passent leur temps sur les écrans.

Il y a plus de de cours de récré comme autrefois. Je veux pas faire de nostalgie he, c'est pas le sujet, mais je pense que le vrai sujet du smartphone dans les jeunes qui passent la plupart de leur temps en classe, au collège, au lycée, c'est l'école l'école de la République. Elle peut être un protecteur de cette addiction aux écrans tout simplement en bannissant les écrans personnel, les smartphones, ça veut pas dire qu'on b informatique et cetera.

Certainement pas, mais il faut supprimer le smartphone des écoles primaires, des collèges et peut-être même des lycées. Mais vous avez donné un exemple assez concret. C'est vrai que pour la plupart qui ont des téléphones souvent d'ailleurs de plus en plus jeune et de plus en plus tôt, tout à l'heure, on était avec une avocate qui faisait des formations sur le numérique devant des classes de CM2.

Elle expliqué que toute la classe de CM2 avait des téléphones et c'est vrai qu'il y a un argument pour peut-être pour ne pas regarder la réalité en face des parents qui est vous comprenez il va au sport il voyage il est avec ses copains donc il a besoin d'un téléphone mais comment on fait est-ce que vous pensez qu'il y a un moment ou un autre une possibilité qu'on en soit presque à revenir en arrière sur la technologie je vais pas trahir toutes les discussions off de ce micro mais tout à l'heure quelqu'un me disait mais supprimons peut-être même le téléphone. Moi en tout cas ça me choquerait pas. Est-ce qu'on pourrait arriver jusqu'à une sorte de bannissement de de de d'une forme de technologie pour mieux vivre ?

En fait, moi je crois que alors je j'irais pas jusqu'à bannir tout. Toute façon, c'est impossible honnête. Enfin, c'est impossible.

Voilà. Mais je pense qu'il faut créer voilà d'où mon ma proposition qui est de créer des enclaves dans lesquels euh le smartphone est interdit de la même façon qu'on ne peut pas euh euh arriver habillé n'importe comment au collège de on ne peut pas vivre venu dans la rue et cetera et cetera. Euh moi je crois qu'il faut des enclaves, des sanctuaires euh où précisément nos enfants vont pouvoir respirer parce que c'est difficile de faire ça à la maison, je pense.

Et puis après tout, c'est le rôle des parents, pourquoi pas ? Euh voilà. Alors ensuite, on peut aller encore plus loin.

On peut effectivement imaginer que les téléphones en tant que tel, pas les réseaux sociaux, ne puissent pas arriver dans dans les mains des gamins au primaire. C'est vrai que ce ce moi je vis la même chose en CM2, la plupart des élèves ont un smartphone. Mais moi je crois que si la société par sa décision, par ses décideurs politiques avance précisément sur des règles un petit peu plus contraignantes, les gens s'adapteront.

Souvenez-vous du Covid du jour au lendemain, tout a été bouleversé. Les gens se sont adaptés. Donc je crois que la mère de famille qui voudrait savoir où est son enfant après le sport et cetera, elle s'adaptera.

C'est il est plus important pour moi euh de privilégier sa santé mentale et son son épanouissement que de savoir où est-ce qu'il est à chaque instant aussi parce que d'ailleurs ça rassure les par voilà c'est ça et puis c'est des fausses excuses. N'importe quel enfant qui vous dit "Papa, maman, je je peux avoir un smartphone et tout comme ça vous saurez toujours où je suis. On activera la fonction localisée eut comme dirait l'autre.

On n'est pas de l'année dernière lui. Il y a aussi toute cette question parce que ça m'y a fait penser quand vous avez développé l'argument du Covid, il y a aussi beaucoup qui sont en fait gênés par la tournure que prend tout ce débat autour des réseaux sociaux même. Je ne sais pas si ça vous frappe aussi Thomas For en tant que spécialiste de de de des questions du Numéri et vous-même président et fondateur du réseau social Waller.

On on va presque ça pose des débats autour de la liberté la liberté individuelle de faire plus ou moins ce qu'on veut. J'ai même vu par exemple des candidats à la présidentielle dire que il faut faire comme en Chine, comme si on nous les une grande une grande une grande démocratie comme la France, on devait s'inspirer de ce qui se fait en Chine pour par exemple couper l'État couperait les réseaux sociaux à 22h, faire une sorte de grande de de d'écran noir à partir de 22h30. Comment vous regardez tout ça et ce débat autour des libertés ?

Moi, je trouve que c'est quelque chose qui évolue. C'est ce qu'on voit en fait. Le numérique a dans son sein et dans sa nature même une dimension totalitaire.

C'est une évidence. Il a cette dimension là. Donc voilà, de deux choses l'une, soit on regarde ça en face et on réagit, soit on l'ignore.

Et au bout d'un moment, évidemment le sujet et le départage des opinions va se faire sur précisément sur le fait de s'éloigner du numérique en tant qu'instrument totalitaire ou d'épouser sa forme induite, c'est-à-dire créer des lois totes. Clairement, moi je suis farouchement contre ce genre de chos. Il va falloir maintenir dans ces débats précisément la liberté des personnes pour revenir un tout petit peu en arrière.

Moi, je crois qu'interdire les smartphones, l'usage numérique euh euh on va dire tous les jours, tout le temps, au collège et cetera pour nos enfants, c'est précisément maintenir leur liberté. Alors après, l'âge adulte, c'est différent. La liberté, elle prend une autre forme.

La personne adulte, elle est plus mature a priori, mais elle subit encore ses mais oui, parce que ces technologies, elles sont addictives. Euh donc, on peut dire qu'on est mature, on fait ses choix, mais bien sûr, un enfant, il y a pas de question. Voilà.

Et il faut préserver bien sûr la liberté d'usage, ça il y a pas de question. On a fait le tour de de cette question. On a essayé en tout cas d'en faire le tour concernant les les réseaux sociaux, mais sur les réseaux sociaux, il se passe aussi beaucoup de choses politiques où ça fait réagir aussi les réseaux sociaux.

On observe quand même maintenant depuis un certain nombre de temps une certaine volonté de l'État de l'État de s'ingérer un peu dans ses réseaux sociaux en estimant qu'ils sont pas suffisamment contrôlés, que c'est trop la relipe, que tout le monde peut s'exprimer et il y a eu un rapport qualifié de transpartisan pour mieux lutter contre les manipulations de l'information avant la présidentielle de 2027. C'est euh le travail du Sénat qui a qui a qui a établi euh ce rapport en évoquant les zones grises de l'information avec à l'intérieur quand même dans les recommandation une notion qui a énormément fait réagir, celle d'ingérence intérieure. comme ça que le rapporteur de ce rapport en conférence de presse qui est un centriste, en plus, c'est pas comme c'était un héritier d'un parti totalitaire, il a dit voilà, il y a cette notion d'ingérence étrangère à un d'ingérence intérieure, c'est-à-dire que quelqu'un qui tout d'un coup met de l'argent avec son compte développe des idées, bon ça fait réagir quel regard vous vous avez eu sur ces mots-là ?

Je suis très circonspect. Euh je pense que là on touche à un sujet extrêmement sensible et c'est ce qu'on voit d'ailleurs, le débat est là hein. Euh on touche à savoir précisément ce que pourrait être par nature ces ingérences intérieures.

Par ailleurs, l'ingérence intérieure, c'est deux mots qui s'opposent. Une ingérence par définition, elle ne peut être qu'extérieure, elle ne peut être qu'étrangère. Et puis là-dedans, il y a il y a une histoire d'argent, de pouvoir et cetera.

Quelle différence va-t-on faire entre la promotion d'une idée, la promotion démocratique d'une idée, d'une idée contradictoire ? On parlait tout à l'heure, très bon exemple, quelqu'un un homme politique qui voudrait défendre euh l'idée qu'il faut couper les réseaux euh sociaux à 22h. C'est une idée, nous l'avons qualifié à l'instant totalitaire, mais elle avoie au chapitre dans le le dans la démocratie.

Et d'ailleurs, peut-être que toutes les les idées comme celle-ci ou les idées qui peuvent choquer, qui peuvent interpeller, c'est précisément des idées qu'on doit mettre sur la table. Exactement. Exactement.

Exactement. Exactement. Donc moi, je suis euh évidemment prudent euh prudent au sens inquiet aussi euh de dire qu'il y a des zones grises.

Je suis assez d'accord de dire que les plateformes produisent des mécanismes où qui peuvent influencer la démocratie et les votes. On l'a vu, on l'a vu en Angleterre par le scandale Cambridge Analytica, on l'a vu à trois quatre reprises dans d'autres pays, jamais en France. Ça c'est un sujet ça.

Il y a pas de de questions là-dessus mais enfin attention de ne pas aller trop loin et de regarder d'arriver finalement dans cette tentation totalitaire dont je parlais à l'instant. Ça n'est pas parce que les mécanismes des plateformes euh sont elles-mêmes totalites qu'il va falloir faire et appliquer de la politique totalitaire. Il va nous falloir dans l'exercice de notre démocratie euh être extrêmement prudent et chercher du recul parce que je pense que la vraie réponse à ces sujets, c'est du recul par rapport à ces plateformes.

À une époque, j'avais dit même pourquoi pas euh pourquoi ne pas interdire ces plateformes américaines tout simplement parce qu'on interdit un certain nombre de choses. Mais ça c'était aussi pour faire la promotion probablement de technologie européenne qui pourraient naître. Voilà.

Mais il faut avoir des débats sur ces sujets. Mais est-ce que est-ce que la classe politique, on voit quand même la la dérive pour ne pas dire d'une certaine forme de tentation attentatoire aux libertés ? Vous vous parliez du Covid mais il y a énormément d'exemples.

Rappelons-nous de la loi Avia aussi qui avait provoqué beaucoup de remou, c'est-à-dire un contrôle de tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux là qui plus quelques mois avant une élection présidentielle où on sait qu'elle va être compliquée dans le sens où ça risque d'être violent politiquement et ça va être un véritable basculement après 10 ans de macronisme. Est-ce que la tendance peut s'inverser chez les politiques ? C'est-à-dire privilégier la liberté à une fausse sécurité ?

Vous avez vu l'autre jour Elon Musk sur X défendant Marine Le Pen h euh et la classe politique française euh Saindignant de cette soi-disant ingérance. Alors là, moi je vais vous dire un truc, c'est très simple. Euh on est impuissant et donc c'est pour ça que laattentation vient par enfin arrive vers des décisions très féroces parce qu'on est impuissant. ces technologies, c'est pas nous européens ou français qui les avons construites.

Donc il y a pas de dialogue. Enfin, il y a peu de dialogue. On a vu il y a quelques années euh évidemment encore ces frictions qui s'étaient passées entre Thierry Breton et Elon Musk.

Euh incroyable. [grognement] Ces gens-là, les Américains, ceux qui ont créé ces réseaux sociaux ou qui les ont rachetés ont bien compris que c'était un instrument d'influence. Il y a pas de question là-dessus.

Et donc on dépend, on dépend de ces plateformes, mais euh moi je moi je suis euh à la fois euh à la fois euh inquiet, à la fois désespéré de voir que le seul réflexe que nous avons, c'est toujours la régulation. Alors elle est nécessaire mais enfin tout de même est-ce qu'on pourrait pas aussi un peu euh créer euh un plan d'industrialisation numérique pour créer nos plateformes ? Ça serait il est il sera temp sûr.

Oui, ça c'est sûr. Et je suis persuadé que parmi tous ceux qui nous écoutent, ça aussi on l'a déjà entendu notamment sur des questions aussi importantes que le numérique, que l'intelligence artificielle et autres. Merci beaucoup Thomas Forêté d'avoir été avec nous ce midi spécialiste du numérique, président et fondateur donc du réseau social Wur, merci beaucoup de nous avoir éclairé, nous avoir non pas peut-être remonter le moral, j'irai pas jusque là mais nous avoir éclairé en tout cas sur la situation.

Il est 12h28 et dans un instant c'est la France au bout du fil 12h30 13h. On discute, on dialogue, on échange, on s'interroge, on débat finalement c'est le camarade Manu qui vous attend. On va revenir sur le sujet qui vous a fait réagir ce matin, l'adoption de la loi agricole avec la la réintroduction de d'un de quelques pesticides et une fois de plus euh parfaitement encadré pour une très petite portion d'agriculteur uniquement pour [musique] qu'ils ne perdent pas leur récolte et l'objet de leur travail.

Mais est-ce qu'il ne faut pas se réconcilier [musique] avec cette politique là ? Oui, du pesticide mais du pesticides parfaitement contrôlé.