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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 5 juin 2020 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

L'interview "Savoir comprendre" : Stanislas Gaudon - 05/06

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteÉludée

    Pourquoi est-ce que ces policiers ne sont pas suspendus ?

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Quelles peuvent être les sanctions dans ce cas-là ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous voulez dire à propos de la plainte du policier noir ?

  • 5:02OuverteRéponse partielle

    Combien de policiers sont sanctionnés chaque année pour propos racistes ?

  • 5:31OuverteÉludée

    Qu'en pensez-vous de l'idée du défenseur des droits sur l'enregistrement des contrôles d'identité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23PrésentateurFait
    « En décembre, Alex, qui est un policier noir, découvre qu'il est la cible de propos racistes de la part de six autres policiers. »
  • 0:38PrésentateurFait
    « Ils affirment qu'ils stockent des armes en vue d'une guerre raciale. »
  • 0:41PrésentateurFait
    « Les Noirs sont appelés les Nègres, les Arabes les Bougnouls, les Juifs des fils de putes qui dirigent le pays avec des gauchistes. »
  • 1:01InvitéFait
    « La suspension n'est pas une sanction. C'est une mesure conservatoire. Ce sont les textes procédurales qui le disent. »
  • 1:26InvitéFait
    « Ça peut aller jusqu'à la révocation. C'est la sanction, je dirais, ultime dans la fonction publique, sanction du quatrième groupe. »
  • 2:31InvitéFait
    « Nous, ça fait plusieurs années qu'on demande à l'administration quelles sont les sanctions pénales prononcées à l'encontre des personnes qui attaquent, outragent, parfois percutent les policiers avec des véhicules ou les attaquent au cocktail Molotov. »
  • 5:16InvitéFait
    « Bien sûr, bien sûr qu'il y en a, mais il n'y a pas de statistiques. »
  • 5:19InvitéChiffre
    « Il y a 2000 sanctions qui sont prononcées administratives à l'encontre des policiers. »
  • 6:02InvitéChiffre
    « Il y a des millions de contrôles d'identité qui sont effectués chaque année. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Invité politique33 %
  • Présentateur5 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Vaux d'indirect.

0:07
Invité politique

Bien, parlons de la police avec Stanislas Godon, qui est délégué général du syndicat de police Alliance, qui est avec nous. Bonjour, Stanislas Godon. Alors, deux faits importants. Nous allons reparler de ce qui s'est passé à Rouen. Je rappelle les faits. En décembre, Alex, qui est un policier noir, découvre qu'il est la cible de propos racistes de la part de six autres policiers. Des policiers qui échangent des messages dans une discussion WhatsApp. Et dans ces messages, les six policiers déversent leur haine. Ils affirment qu'ils stockent des armes en vue d'une guerre raciale.

Les Noirs sont appelés les Nègres, les Arabes les Bougnouls, les Juifs des fils de putes qui dirigent le pays avec des gauchistes. Inconcevable. Inconcevable. Vous êtes bien d'accord, Stanislas Godon. Insupportable. Pourquoi est-ce que ces policiers ne sont pas suspendus ?

0:57
Invité

Alors, je crois qu'il y a confusion. C'est-à-dire qu'on parle beaucoup des suspensions. La suspension n'est pas une sanction. C'est une mesure conservatoire. Ce sont les textes procédurales qui le disent. Et quant à cette affaire-là, si les faits sont avérés, parce que je rappelle qu'il y a une enquête administrative, disciplinaire, et il y a également une enquête judiciaire. Les deux volets sont en cours. Donc, il y aura certainement des sanctions si les faits sont avérés.

1:21
Invité politique

Si les faits sont avérés, vous demandez des sanctions. Mais quelles peuvent être les sanctions dans ce cas-là ?

1:26
Invité

Ça peut aller jusqu'à la révocation. C'est la sanction, je dirais, ultime dans la fonction publique, sanction du quatrième groupe. Donc, ils peuvent être révoqués de la police nationale. Ça fait partie des choses qui sont... Si les faits sont avérés, est-ce qu'il faut qu'ils soient révoqués ? Oui ou non ? Si les faits sont avérés, bien évidemment qu'il y aura des sanctions extrêmement fermes. Est-ce qu'il faut qu'ils soient révoqués si les faits sont avérés ? Alors, si les faits sont avérés, c'est le conseil de discipline, pardon de le dire comme ça, qui staturaille, qui émettra... Oui, mais vous, vous, qu'en pensez-vous ? Non, non, je ne vais pas... Vous êtes policier, Stanislas Godon.

Je condamne ses propos s'ils soient avérés, bien sûr. Et ça, personne ne dira le contraire. Mais lorsqu'il y a un conseil de discipline, il faut respecter les instances. Tout comme il faut respecter aussi les tribunaux. On ne fait pas des procès dans la rue, on ne fait pas des procès devant le TGI de Paris, on ne fait pas des procès sur les réseaux sociaux. On fait des procès dans des prétoires. Et pardon de le dire, mais il faut quand même rappeler les choses et remettre les choses dans leur contexte. Et là où on décide ces choses-là.

2:24
Invité politique

Alors, à propos de la justice, vous vous posez des questions sur ceux qui attaquent les policiers.

2:31
Invité

Bien sûr, parce que tout le monde demande de la transparence par rapport aux policiers. Mais il faut savoir que nous, ça fait plusieurs années qu'on demande à l'administration quelles sont les sanctions pénales prononcées à l'encontre des personnes qui attaquent, outragent, parfois percutent les policiers avec des véhicules ou les attaquent au cocktail Molotov. C'est quand même inconcevable que le ministère de l'Intérieur ne puisse pas nous fournir ces informations. parce que, du coup, il règne un sentiment, en fait, finalement, d'impunité par rapport à ceux qui attaquent la police.

2:59
Invité politique

Vous ne savez pas si ceux qui attaquent les policiers sont condamnés ? Bien sûr. Vous ne le savez pas ? Pour l'instant, nous sommes dans la veuille. Mais c'est la question que je vais poser à Nicole Belloubet tout à l'heure, la ministre de la Justice.

3:09
Invité

Je suis impatient d'entendre sa réponse.

3:10
Invité politique

Moi aussi, je suis impatient. Dites-moi, autre chose, autre affaire, alors là, c'est autre chose, tout autre chose. C'est un policier noir qui a décidé de déposer plainte à Paris. Pourquoi ? Parce qu'il a été traité de vendu mardi dernier lors de la manifestation parisienne contre les violences policières et en soutien à Adama Traoré.

3:31
Présentateur

Oui, c'est ça, la scène a été filmée et la vidéo circule largement depuis mardi sur les réseaux sociaux. On y voit effectivement ce policier noir, casqué, impassible face à des manifestants qui le traitent de vendu en raison de sa couleur de peau. Écoutez.

4:05
Invité politique

Alors, honte à toi, vendu, tueur, enfin bon, ce policier est noir, on le voit, il est impassible, il reste impassible et ce sont des propos qu'on peut qualifier aussi de racistes.

4:16
Présentateur

Et ce policier a décidé de porter plainte, il a reçu le soutien du préfet de police d'idéalement. Qu'est-ce que vous voulez dire à ce propos ?

4:22
Invité

Cette scène est insupportable et elle remet un peu les choses dans le contexte. C'est que la police nationale, elle est à l'image de la société française. Nous avons des policiers, qu'ils soient arabes, qu'ils soient noirs, qu'ils soient d'origine asiatique, ils sont français et ils font leur travail au quotidien et ils subissent aussi cela. Et je suis vraiment désolé de vous le redire, mais hier, le président d'une association a notamment essayé d'excuser et de dire... SOS Racisme, disons les choses clairement, Stanislas. Le président d'ESOS Racisme, qui expliquait notamment que ce n'était pas le policier noir qui était ciblé.

Pardon, mais je crois que là, pour le coup, les vidéos sont sans appel.

5:02
Invité politique

Bien. Stanislas, Godon, combien de policiers sont sanctionnés chaque année pour avoir tenu des propos racistes ou eu des comportements racistes ?

5:14
Invité

Est-ce qu'il y en a ? Est-ce qu'il y en a ou pas ? Bien sûr, bien sûr qu'il y en a, mais il n'y a pas de statistiques. Par contre, il y a 2000 sanctions qui sont prononcées administratives à l'encontre des policiers. C'est le dernier rapport, notamment de l'IGPN de 2018. Nous attendons celui de 2019.

5:28
Invité politique

Bien. Dites-moi, le défenseur des droits a une idée. Il dit qu'il faut absolument, absolument, que l'on enregistre, en quelque sorte, d'une manière ou d'une autre, les contrôles d'identité. Qu'en pensez-vous ?

5:42
Invité

Alors, vous savez, ça, c'est un vieux débat. Oui, c'est un vieux débat. Il suit à la trace, c'est le cas de le dire, la police nationale. Et puis, tant qu'il peut mettre un coin dans une faille, il le fait. Non, mais là, c'est un commentaire, en fait, Stanislas Godon. Je vous demande simplement... Concernant les contrôles, concernant les contrôles, je crois qu'il faut relativiser les choses. Il y a des millions de contrôles d'identité qui sont effectués chaque année. Je crois qu'il ne faut pas jeter l'opprove sur les policiers par rapport aux contrôles d'identité. Il avait été évoqué le récépissé du contrôle d'identité, mesure qui a été écartée.

Il avait été proposé, notamment, la généralisation des caméras piétons. Et d'ailleurs, il y avait une expérimentation qui avait été mise en place avec l'obligation de filmer. Et alors ? Nous, on préfère que ce soit l'initiative. Nous n'avons pas eu de bilan. Oui. Voilà, ça, c'est le premier point. Deuxième chose, nous avons pu constater sur le terrain que les caméras piétons étaient une des solutions parce qu'effectivement, ça permet de relativiser et de calmer les choses. Il faut une traçabilité. Le défenseur des droits demande une traçabilité du contrôle d'identité. Alors ça, pour nous, c'est plutôt une mauvaise idée. Parce qu'en fait, la traçabilité, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que quand vous serez contrôlé une fois le matin, vous ne pourrez plus être contrôlé dans la journée parce que vous allez revendiquer le fait que non, non, je ne peux plus être contrôlé. Or, je rappelle qu'il y a un code de procédure pénale, que le contrôle d'identité se fait dans plusieurs cas. Il peut y avoir des réquisitions du procureur de la République. Ça, ça se fait beaucoup pour un temps et un lieu donné. Et puis, il y a aussi ceux qui tentent de commettre une infraction. Donc, il faut procéder à un contrôle d'identité. Ça, ça fait partie des procédures. Et là, ce n'est pas moi qui vais changer le code de procédure pénale aujourd'hui.

7:13
Invité politique

Enfin, une fois, deux fois, mais quand c'est quatre ou cinq ou six fois par jour ?

7:17
Invité

Il faut bien quand même comprendre que le contrôle d'identité, ça peut arriver d'être contrôlé plusieurs fois dans la journée. Mais vous savez, je vais vous raconter un témoignage si j'ai une minute. J'étais hier dans un VTC et il y avait un chauffeur de taxi qui était de couleur noire, français, mais qui a vécu aux Etats-Unis et qui a vécu notamment en Afrique puisqu'il est originaire d'Afrique. Et il m'expliquait qu'on ne peut pas faire de comparaison entre ce qui se passe aux Etats-Unis et ce qui se passe en France. Il dit en France, moi, je suis contrôlé et ça me va bien d'être contrôlé parce que moi, je préfère que la police fasse son travail.

Et le contrôle d'identité est un des outils administratifs très importants pour la police nationale.

7:58
Invité politique

Il est certain qu'entre le contrôle aux Etats-Unis et le contrôle en France, il y a une différence.

8:02
Invité

Vous me donnez raison lorsque j'ai dit qu'il ne faut pas apporter le problème des Etats-Unis en France.

8:07
Invité politique

Non, mais ça, c'est sûr, les contrôles de police ne sont pas du tout, mais alors pas du tout de même nature. Bien, merci Stanislas Godon, merci. Mais ce qu'il faudrait, parce qu'il va falloir rapprocher la police d'une partie de la population, une grande partie de la population française.

8:21
Invité

Une grande partie ou une minorité de la population ?

8:24
Invité politique

Une partie, une minorité, je ne sais pas, Stanislas Godon, mais il y a aussi un fossé qui s'est creusé quand même. Avec, c'est vrai, une partie de la population française. Donc, il va falloir trouver des solutions.

8:37
Invité

Moi, je crois qu'il faut arrêter... De dialogue. Le dialogue, certes, mais il faut arrêter aussi de souffler sur les braises. Je crois qu'il faut avoir un discours et des mots qui apaisent. Et la transparence, et la vérité. Ce n'est pas quand on chante une chanson en appelant à l'insurrection armée qu'on appelle à l'apaise-vent.

8:57
Invité politique

Bien, merci Stanislas Godon d'être venu nous voir ce matin.