Carburants : "Plus personne ne fait le plein, les gens mettent juste ce qu'ils ont besoin pour se déplacer"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Avec ces prix, est-ce qu'il est encore intéressant d'être distributeur de carburants indépendants ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Parce que vous êtes payé sur vos marges, bien entendu
- 1:23OuverteRéponse directe
vous nous parlez du prix, quand on paie 2,55 euros son litre de diesel, alors où va cet argent ? Comment est divisé cet argent
- 1:53OuverteRéponse directe
vous avez le carburant à vendre, mais est-ce que vous arrivez toujours à vous approvisionner
- 2:17OuverteRéponse directe
Si je vous comprends bien, vous êtes obligé de faire appel à plusieurs fournisseurs pour remplir un seul camion
- 2:33OuverteRéponse directe
donc ces problématiques, est-ce que ça ajoute aussi un coût à ce transport
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07InvitéChiffre
« Je vends 2,55 TTC. Donc quand je vends 1 000 litres, ça me fait 2 550. Voilà, moi je prends 100 euros de marge hors taxe, 120 euros. »
- 1:33InvitéChiffre
« Si on part en hors-taxe, parce que c'est plus facile, on va enlever la TVR, déjà 20 %, donc vous tombez à 2 000, 2 euros, 2 euros, 10, 2,2 euros dans ces eaux-là. »
- 2:54InvitéFait
« Il y a 15 jours, 3 semaines, on a passé 3-4 jours, on ne trouvait pas, c'était surtout celui de 100 plans 95, on n'arrivait pas à trouver de 100 plans 95, donc on est resté 2-3 jours sans produit. »
- 4:31InvitéFait
« Plus personne ne fait le plein. Ils mettent juste ce qu'ils ont besoin pour se déplacer. »
Temps de parole
- Invité57 %
- Présentateur30 %
- Présentateur 28 %
- ?5 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Auxerre, ici matin.
Les
prix des carburants continuent de grimper autour de 2,55 euros le litre de diesel, 2,27 euros pour l'essence dans certaines stations de notre département, une hausse qui touche les automobilistes mais aussi les distributeurs indépendants. Thierry Boulan, vous recevez ce matin Olivier Rousseau, patron de Rousseau Carburant qui possède notamment une station à Carré-les-Tondes. Bonjour
Olivier Rousseau. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Avec ces prix, est-ce qu'il est encore intéressant d'être distributeur de carburants indépendants
?
Intéressant, c'est compliqué. Non, c'est compliqué. Ça fait partie du métier mais c'est vrai que depuis quelques années, ça devient très très difficile. Pourquoi c'est compliqué
?
Plus les prix augmentent, moins le volume, on en vend de moins en moins parce que les gens font beaucoup plus attention, utilisent leur voiture vraiment juste par nécessité. Donc nous, on le ressent au niveau des volumes de vente.
Parce que vous êtes payé sur vos marges, bien entendu
? C
'est ça. Une marge qui n
'est
pas énorme. On va parler, par exemple, sur du gasoil. Je vends 2,55 TTC. Donc quand je vends 1 000 litres, ça me fait 2 550. Voilà, moi je prends 100 euros de marge hors taxe, 120 euros. Derrière ça, il faut payer le chauffeur,
il
faut payer le camion,
il
faut payer plus les frais fixes. Enfin voilà, il ne reste pas grand-chose.
Puisque
vous nous parlez du prix, quand on paie 2,55 euros son litre de diesel, alors où va cet argent ? Comment est divisé cet argent
?
Si on part en hors-taxe, parce que c'est plus facile, on va enlever la TVR, déjà 20 %, donc vous tombez à 2 000, 2 euros, 2 euros, 10, 2,2 euros dans ces eaux-là. Après, moi, vous enlevez 100 euros, donc on arrive à 2 euros. Le reste, ensuite, il
y a
une marge des pétroliers, et puis une grosse part de taxes, il ne
faut
pas se voiler la face.
Vous
avez le carburant à vendre, mais est-ce que vous arrivez toujours à vous approvisionner
? Alors
en plus, voilà, ça c'est un gros problème. On a beaucoup de dépôts qui ne sont pas approvisionnés. Ou alors nos fournisseurs nous ont des prix, mais quand on passe commande, en fait, ils n'ont pas de produits. Donc il faut se rabattre vers des dépôts qui sont beaucoup plus loin. Par exemple, comme moi, je monte sur Vatry dans le 51 ou sur Lyon, donc les coûts de transport augmentent. Et on est obligé de répercuter sur le prix.
Si je vous comprends bien, vous êtes obligé de faire appel à plusieurs fournisseurs pour remplir un seul camion
?
C'est souvent le cas, oui. Par exemple, sur une semille de 36 m3, des fois, il faut faire deux fournisseurs pour remplir le camion.
Et
donc ces problématiques, est-ce que ça ajoute aussi un coût à ce transport
?
Oui, parce qu'inconsciemment, celui qui a du produit, il va le vendre forcément plus cher que celui qui n
'en
a pas. Chez mes fournisseurs,
vous
comprenez,
c
'est un peu, voilà, si tu en veux, tu le payes plein pot.
Et vous êtes déjà arrivé de vous retrouver à sec, de ne pas avoir assez de carburant ?
Il y a 15 jours, 3 semaines, on a passé 3-4 jours, on ne trouvait pas, c'était surtout celui de 100 plans 95, on n'arrivait pas à trouver de 100 plans 95, donc on est resté 2-3 jours sans produit.
Et dans ces cas-là, on ferme quoi
? On
bloque les pompes, il
n
'y
a
plus de distribution.
Vous avez notamment une station à carrer les tombes, dans une zone où il y a peu de stations. Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de fermer certains points de vente, vu la baisse de rentabilité, notamment ces stations en zone rurale
?
J'ai la chance quand même que les stations soient amortipayées, donc je n
'ai
plus de financement dessus. Et après, malgré tout, c'était un, comment vous dire, les mairies étaient demandeuses, donc après, voilà, ça reste quand même un service, parce qu'à la campagne, tout le monde a, comme je dis toujours, une famille avec deux enfants, quand ils arrivent à 18 ans, il y a quatre véhicules. On n
'a
pas de transport en commun, donc c'est quand même une nécessité.
C'est aussi pour cette raison que vous continuez votre activité, même si la rentabilité baisse
?
Oui, et puis il faut garder l'espoir. Un jour, tout reviendra normal, on espère. Il ne
faut
jamais être fataliste.
Plusieurs responsables politiques demandent une baisse des taxes sur les carburants. Est-ce que cela changerait réellement votre situation ?
Oui,
si les prix baissaient, bien sûr. Bien sûr, parce que les gens,
je
vous dis, en plus, c'est des petits volumes.
Ils
mettent 20 litres, 20 euros, 30 euros, 40 euros. Quand on regarde les ventes,
il
y a très peu de... Enfin, vous vous rendez compte, maintenant, un plein de 50 litres, ça fait plus de 150 euros.
Donc,
plus personne ne fait le plein. Ils mettent juste ce qu'ils ont besoin pour se déplacer. Merci. Allez-y, terminez. Non, je disais, par exemple, vous prenez les personnes âgées, maintenant, qui n
'ont
pas besoin de... Avant, ils roulaient quand même pas mal, maintenant, ils font le plein, ils mettent ce qu'ils font, puis ils vont faire leur course une fois par semaine, et après, ils ne bougent plus de chez eux.
Après,
on va en ouvrir.
Merci, Olivier Rousseau, pour votre témoignage ce matin. Je rappelle que vous êtes le patron de Rousseau Carburant, qui possède notamment une station à Carré-les-Tombes. Merci, bonne journée et bon courage. Merci, merci,
bonne journée.
De même, au revoir.