"Écouter les Groenlandais" : la France installe un nouveau consul général à Nuuk
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« Le Président de la République a annoncé il y a quelques mois cette ouverture »
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« Nous avons également une coopération très ancienne qui ne fait pas la une des journaux »
- 1:07PrésentateurPromesse
« Est-ce que ces propos-là, vous pourriez les reprendre à votre compte ? »
Temps de parole
- Invité75 %
- Présentateur25 %
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France Inter, Marion Lourdes, le 6-9.
Et notre invité est le nouveau consul français, Anouk, au Groenland. Bonjour Jean-Noël Poirier.
Bonjour Pindam.
Vous prenez vos fonctions aujourd'hui sur fond de tensions entre les Etats-Unis. On le sait qu'ils souhaiteraient prendre le contrôle du Groenland d'un côté et les Groenlandais et les Européens de l'autre. Est-ce que votre arrivée aujourd'hui, c'est aussi un signal politique ?
Écoutez, moi je suis très heureux d'arriver à Anouk, au Groenland. Le Président de la République a annoncé il y a quelques mois cette ouverture et là très concrètement, mon arrivée traduit l'intérêt et toute l'attention que le Président de la République et le gouvernement portent à ce territoire. Mais vous savez, nous avons également une coopération très ancienne qui ne fait pas la une des journaux naturellement, mais une coopération très ancienne entre la France et le Groenland.
Mais quand le Président de la République, puisque vous le citez, Emmanuel Macron, dit que le Groenland est un territoire ni à vendre, ni à prendre. Est-ce que ces propos-là, vous pourriez les reprendre à votre compte ?
Je crois que c'est d'abord les Groenlandais qui les reprennent à leur compte et les Danois d'eux-mêmes et nous ne faisons que les soutenir dans cette vision, qui est une vision qui n'est pas, je veux dire, c'est pas un scoop. Effectivement, le Groenland n'est ni à vendre, ni à prendre, il ne l'a pas été. Et à entendre les Groenlandais et les Danois, j'étais hier à Copenhague, ce n'est pas le cas et ce ne sera pas le cas avant un bon moment.
Alors, pourquoi maintenant finalement ? Parce que vous dites qu'il y a une coopération très ancienne de la France avec le Groenland, les Groenlandais. Pourquoi maintenant ? D'autant plus que si on parle du signal politique, Donald Trump semble avoir mis de l'eau dans son vin, en tout cas sur ses revendications sur ce territoire.
Il est clair que l'actualité de ces derniers mois qui a amené le Groenland au devant de l'actualité est pour beaucoup dans l'annonce faite par le président de la République. Mais c'est une idée qui flottait déjà depuis un petit moment et qui trouve là une raison supplémentaire de se concrétiser. Le ministère des Affaires étrangères aime bien s'adapter à l'actualité, ouvrir des postes, en réduire d'autres et se montrer de plus en plus souples pour répondre aux aléas de la vie internationale.
Alors concrètement, vous allez forcément vous occuper des huit Français puisqu'il y en a huit recensés en tout cas qui sont présents sur place au Groenland, mais vous aurez forcément d'autres compétences.
Oui, il y en a huit. Il y en a sûrement quelques-uns qui se cachent à droite et à gauche. Qu'on n'a pas recensés encore. C'est ce que je veux dire. Voilà, absolument. Mais sinon, vous savez, le travail d'un consul général ne se borne pas seulement aux activités consulaires. J'arrive là donc avec un mandat clair qui est aussi d'être à l'écoute, de comprendre et d'écouter ce que nos amis groenlandais ont à dire sur l'avenir de leur pays. Et également, je suis là pour soutenir les intérêts français et la coopération française qui, comme je vous le disais tout à l'heure, est assez ancienne. Et bien sûr, pour mieux comprendre tout ce qui se passe sur ce territoire dans tous les domaines.
Là, vous dites soutenir les intérêts français, ça veut dire aussi accompagner les expéditions scientifiques, les entreprises, c'est ça ?
Absolument. Les expéditions scientifiques, nous avons des scientifiques en permanence à NUC, que ce soit à l'université, que ce soit dans le centre de recherche scientifique, sur les questions glaciaires, sur l'arc polaire, des tas de sujets suivis par d'éminents spécialistes. Et nous avons également quelques entreprises dans le domaine du tourisme. Il s'avère que le tourisme se développe au Groenland. Et nous avons des opérateurs dans ce domaine. Il y a naturellement également en coopération la cartographie du sous-sol minier, des capacités minières du sous-sol groenlandais.
Donc ça pour des entreprises qui souhaiteraient s'installer dans ce secteur-là, de l'énergie et des mines ?
Alors, pour l'heure, en ce qui concerne la cartographie du sous-sol, c'est de la pure coopération bilatérale avec le Groenland qui n'applique pas d'entreprise. Sinon, de manière générale, une représentation diplomatique est là pour soutenir tant les entreprises que toutes les opérations de coopération.
Alors, à quoi vous ressemblez vos premiers pas ?
Eh bien, écoutez, j'arrive avec ma petite valise, mes deux bras. Pas encore de bureau. La première des choses est de trouver précisément des bureaux. Des bureaux qui soient suffisants pour travailler, mais qui restent à taille raisonnable. Parce que pour l'heure, je suis tout seul, comme un grand anouk.
Pas encore d'équipe.
Et je n'ai pas encore d'équipe. Mais j'ai toute l'ambassade à Copenhague pour me soutenir et le ministère derrière. Et puis, vous savez, avec les moyens technologiques d'aujourd'hui, c'est un peu comme vos correspondants à l'étranger. On est capable de travailler tout seul un peu partout.
Et donc, vous avez des rencontres à votre agenda déjà ?
Absolument. Je rencontrerai le Premier ministre dans quelques heures.
Dans quelques heures. Vous allez rencontrer les Français, j'imagine la communauté française.
Ce soir même.
Ce soir même. Est-ce que vous attendez une visite du ministre des Affaires étrangères ?
Monsieur Jean-Noël Barraud a très envie de venir au Groenland. C'est inscrit au calendrier de ses déplacements. Une date n'est pas encore trouvée. Mais c'est une volonté forte de sa part.
Et bonne installation, monsieur le consul. Merci beaucoup, Jean-Noël Poirier. Et tout nouveau consul de France au Groenland de nous avoir répondu sur France Inter. Merci, à bientôt.