POURQUOI MACRON A TOUT RATÉ EN AFRIQUE ? L'ANALYSE SANS FILTRE DE PASCAL BONIFACE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans Géostratégics, l'émission qui décrypte l'actualité internationale avec Pascal Boniface, notre spécialiste en géopolitique. Au programme de cette émission, direction l'Afrique où Emmanuel Macron y achève sa tournée entre discours de partenariat renouvelés et réalité d'un recul d'influence française dans plusieurs pays du continent. La question se pose la France est-elle en train de redéfinir sa place en Afrique ?
Ensuite cape sur Pékin où les États-Unis et la Chine affichent une volonté d'apaisement après un sommet des superpuissances. entre Donald Trump et Xin Ping. Mais derrière les déclarations de stabilité des deux présidents et les accords annoncés, les tensions demeure profonde, commerce, technologie et surtout points de friction stratégique comme Taïwan ou le D3 d'Ormouse.
S'agit-il d'une véritable détente ou d'une simple trêve entre deux rivaux ? Nous irons ensuite en Palestine où le parti Fatah tient son premier congrès depuis 10 ans dans un contexte de guerre à Gaza et d'intensification des tensions avec Israël. Le mouvement de Mahmoud Abbas se trouve face à une question centrale, celle de sa légitimité et de sa succession.
Alors, qui se profile après Mahmoud Abbas ? Enfin, direction New Delhi où les bricks se réunissent leur ministre des affaires étrangères dans un contexte international sous haute tension. Guerre au Moyen-Orient, crise énergétique, rivalité régionale entre certains membres.
Derrière l'affichage d'un bloc émergent face à l'Occident, les fractures internes apparaissent de plus en plus nettement. Quatre dossiers, quatre zones de tension et une même question en filigrane assist-ton à une recomposition durable de l'ordre mondial Géostratégique avec Pascal Boniface. C'est tout de suite.
Emmanuel Macron était cette semaine en tournée en Afrique. Parmi les pays visités, on retrouve l'Égypte, le Kenya et l'Éthiopie avec tout de même une étape très symbolique au Kenya à l'occasion d'un sommet appelé Africa Forward. Alors qu'est-ce que l'Africa Forward ?
L'Élysée le présente sur sa page officielle, comme je cite, une étape importante qui témoigne du renouvellement en acte des relations de la France avec les pays africains dans toutes leurs composantes. Depuis plusieurs années, Paris accumule les revers dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest avec le départ des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger ou encore du Sénégal sur fond de monté du sentiment antifrançais. Alors Pascal, est-ce qu'on peut parler d'un échec de la stratégie française menée en Afrique depuis près de 10 ans ?
Alors, on va pas parler d'échecs, on va dire que ça a pas marché. Pour reprendre une formule du président Macron, il y a effectivement un rejet de la France très nette dans les trois pays de l'Alance du SEL, Burkina Faso, Niger, Mali. Il y a une remise en cause plus profonde des relations, mais on peut encore conserver quelque chose avec le Sénégal.
Mais grosso modo et le thème même Africa Forward avant c'était les sommets France-Afrique. Donc là il y a un mot qui est en anglais et parce que on veut doublement tourner la page. Tourner la page en disant que oui, OK, ça marche pas très bien en Afrique francophone, mais dans l'Afrique lusophone, dans l'Afrique anglophone, on a moins de soucis.
Et puis aussi et Macron un peu tourné autour du pot tout le temps sans vraiment choisir. Il faut sortir de la France-Afrique. Donc on va pas faire des sommets avec des chefs d'état style Paul Ba ou Sasun Guesso qui sont au pouvoir depuis 40 ans.
Des fois on fait avec la cé civile du coup l'échelle est ral et donc il y a vraiment un choix à faire entre les vieux gérontes qui sont au pouvoir et une jeunesse africaine qui demande à ce qu'ils partent et qui sont très souvent réprimés. Et la France est un peu coincée de dire oui mais enfin nous on doit aussi faire avec ceux qui sont au pouvoir qui sont pas tous très présentables. Donc effectivement il y a un bilan très négatif pour l'Afrique francophone.
Je pense qu'au Sénégal les revendications du Sénégal départ des troubles françaises, redéfinir la relation sont faites sur des bases de souveraineté et on peut trouver un accord et à condition aussi de ne pas réagir de façon trop brutale. Émel Macron a sédu en même temps. C'est à la fois son premier visite sa première voyage en Afrique, il dit bah moi je suis comme vous. il s'adresse à la jeunesse.
Je suis d'une génération qui n'a pas connu la colonisation. Donc effectivement, il va pas dire comme Sarkozi, l'homme africain n'est pas rentré dans l'histoire qui a quand même plombé le le quinquena de Sarkozi sur l'Afrique. Hollande lui a été piégé par son propre succès.
Ça a très bien marché l'opération Servale et du coup on a militarisé la relation avec l'Afrique francophone et Macron l'a poursuivi puisqueen fait il a nommé mise affaires étrangères celui qui était mise à l'éfense Jean Ledrian qui a continué cette militarisation des relations qui nous a conduit dans l'impasse où on est maintenant et donc mais en même temps Macron est capable dans le même discours où il fait à l'éloge de la jeunesse africaine à Walugou de faire une plaisanterie sur le fait que le chef d'état serait allé préparer réparer la climatisation. Il convoque après un accident d'hélicoptère de deux hélicoptères français qui sont il convoque cinq chefs d'état du G5 Sahel à potau. Voilà, on ne convoque pas.
Et là et encore et Marion on a parlé dans son émission. C'est vrai que bon moi quand je fais cours, j'aime bien que les gens se taisent mais quand tu es président de la République, tu es pas prof par rapport à des élèves. Donc tu peux pas dire taisez-vous en jouant les grands chefs blancs.
C'est complètement contrtoire. c'est à la fois respecter ceux qui parlent et pas respecter ceux qui sont en face. Et donc il y a toujours un peu cette ambigué chez Macron, il veut aller de l'avant parce que effectivement il est pas d'une génération France-Afrique.
Lui il a pas connu les mallettes de billets qui circulaient entre les deux continents et en même temps il a quand même des réflexes un peu coloniaux alors que c'est pas sa génération. D'où un peu un malaise. Alors tout n'est pas perdu parce que effectivement il y a des pays dans lequels la France a encore des atouts mais on doit complètement revisiter la relation avec les pays francophones. pendant très longtemps, on avait des réunions et on disait, on était plusieurs à dire attention, il y a un rejet de la France en Afrique francophone donc et on disait "Ah non, vous n'y connaissez rien, c'est pas vrai, tout va très bien madame la marquise." Et puis on disait "Oui, mais c'est l'ingérence russe." Donc le fait d'attirer l'attention sur ce qui n'allait pas était considéré comme reprendre le discours russe alors que nous, on était juste des lanceurs d'alerte.
Et en fait, on a vu ça, c'est que tropis la relation, c'est appuyé sur des pouvoirs que l'on disait démocratique mais qui était avant tout corrompus et qui n'ont apporter aucune solution au problèmes qui étaient posé aux sociétés. Et donc effectivement, ça a conduit à cette perte et il faut qu'on réfléchisse vraiment comment renouer une relation mais pas sans en s'interrogeant un peu sur ce qui n'a pas été. Si on se contente de dire c'est les inérences russes qui nous ont conduit là et les Russes se dérouillent pas plus que nous, donc on peut continuer comme avant, ça n'avancera pas à grand-chose.
Alors, face à cette perte d'influence dans son ancien précarré, Emmanuel Macron tente aujourd'hui de changer de stratégie, moins de discours sécuritaires, davantage de partenariats économiques et un recentrage vers des puissances africaines anglophones, donc comme le Kenya, le Nigéria ou l'Éthiopie. À Nairobi, ce 11 mai, le président français a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement pour le continent africain, notamment dans l'énergie, le numérique, l'intelligence artificielle ou encore les infrastructures. Pascal, cette stratégie peut-elle réellement permettre à la France de reconstruire sa relation avec le continent ?
Oui, mais là elle s'adresse surtout au pays anglophone à lequel on n' pas de problème. Mais c'est effectivement montré qu'on est présent parce que l'Afrique a été le continent abandonné par tous à la fin du siècle dernier et maintenant tout le monde y est présent et et donc il y a plus en fait d'avantage comparatifs du fait qu'on a une histoire commune avec les pays africains et ça joue plutôt contre nous parce que effectivement si en plus on a des comportements qui sont considérés comme un peu hautein et qu'on s'appuie sur des satrapes dans les pouvoirs locaux en Afrique francophone, il y a pas de quoi séduire la jeunesse effectivement. Donc il faut remettre ça en cause parce que désormais tout le monde est en Afrique.
Non seulement les Chinois, non seulement les Japonais, les Américains qui sont de retour, mais les Brésiliens, les Marocains, les Émiratis et donc le continent africain attire toutes les attentions. Donc il y a pas de rente de situation comme on avait auparavant. Si on pense encore que du fait que on a un lien historique, que il y a beaucoup d'Africains qui vivent en France, ça ne marchera pas du tout.
Bien au contraire. Donc il faut vraiment et là le terme de partenariat ne doit pas être galvodé. C'estàd qu'il faut vraiment considérer les péraficains comme des partenaires qui ont une souveraineté et qui parfois font des choses qui peuvent nous déplaire.
Mais effectivement de même que lorsque présent Macron dans son discours de leurs ambassadeurs en août dernier dit que les pays africains n'ont pas été reconnaissants de la France pour le combat contre le terrorisme, ça veut dire qu'il devrait payer tribus quand même quelque part. Et si c'est un partenariat, les deux ils trouvent avantage. Il y en a pas un qui doit être reconnaissant et dire merci Buana, c'est pas comme ça que ça peut se passer.
Donc il faut faire attention à ça. Mais si effectivement on euh la l'Agence française pour le développement a de solides arguments et plutôt bien perçu en Afrique, elle mène des projets qui sont effectivement porteurs d'avenir, mais il faut voir que les Chinois font les routes de la soie, que les Japonais sont très actifs. Donc effectivement, il faut effectivement trouver un nouveau mode de relation et chasser les études du passé et voir aussi à quoi aspire la jeunesse africaine.
Et donc c'est ce dilemme aussi, c'est que trop souvent dans certains pays, on s'appuie sur des gens qui sont là depuis 40 ans ou dont les parents étaient là il y a 40 ans. Par rapport à ce que tu disais sur la Chine, Emmanuel Macron a aussi défendu l'idée d'un, je cite combat commun entre l'Europe et l'Afrique face aux grandes puissances. On écoute un extrait de ces propos rapportés par Reuters.
Beaucoup de solutions sont faites aux États-Unis ou en Chine. Je pense que nous menons un combat communiste à construire notre autonomie stratégique pour l'Europe et l'Afrique. Et si nous la construisons ensemble, nous serons bien plus forts.
Que veut dire le président par là ? Est-ce que c'est un repositionnement économique dans un contexte de concurrence avec la Chine, les États-Unis, la Russie ? Sa stratégie c'est de présenter la France et l'Europe comme étant des partenaires.
Les superpuissances sont des gens qui veulent dominer le continent africain. Sauf que c'est vrai pour les États-Unis, les SUIS sont perçus comme cela parce que les Sais tordent le bras tous les pays africains pour avoir accès à leur matière première. Ce qui va susciter un jour ou l'autre des réactions négatives de la part de la population.
Mais les Chinois, ils sont souvent perçus comme ceux qui apportent des solutions parce que ils construisent infrastructure. Et il y a beaucoup d'Africains qui disent "Bah écoutez, quand les Européens viennent, ils nous font des leçons de morale politique. Ils nous demandent d'arrêter de commercer avec la Russie parce qu'il y a la guerre en Ukraine, de faire telle ou telle chose.
Il y a aussi les doubles standards moraux notamment entre la guerre en Ukraine et la guerre de Gaza qui ne passe pas. Les gouvernements africains s'en foutent, pas les populations [raclement de gorge] africaines. Il voit bien cela.
Et donc c'est ce discours sur le fait que nous ne sommes pas une puissance impériale alors que la Chine et ils le sont. C'est assez habile politiquement mais ça délimite parce que la Chine n'est pas entièrement perçue comme cela. Alors, lors de son fameux discours à Wagadu en 2017, au tout début de son mandat, Emmanuel Macron promet un partenariat d'égal à égal avec l'Afrique.
Une séquence de son discours avait d'ailleurs beaucoup marqué à l'époque. On regarde. Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu'il y a derrière votre interpellation et l'enthousiasme que ça a créé.
C'est quelque part vous me parlez comme si c'était toujours une puissance coloniale mais moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Fasso. C'est le travail c'est le travail du président. Alors par contre alors par contre je vous rassure du coup il s'en va reste là. [acclamation] Du coup il est parti réparer la climatisation.
Et puis en 2026, une autre séquence cette fois au Kenya a beaucoup fait réagir. On la regarde aussi. Everybody.
Hey hey guys, Alors certains accusent Emmanuel Macron de conserver une posture parfois paternaliste comme tu le disais tout à l'heure lorsqu'il s'adresse aux pays africains. Est-ce que la promesse formulée à Wagadou au tout début de son mandat, donc celle d'un partenariat d'égal à égal, a réellement été tenue malgré ces quelques sorties de route ? Alors oui, ces sorties sont maladroites mais elles n'impliquent pas une politique complètement colonaliste.
Mais effectivement, il faut savoir se retenir de faire un beau mot. Il faut savoir se retenir quand on est président de faire des plaisanteries qui peuvent heurter et toujours se demander comment ce que je dis pas comment moi je le dis mais comment c'est perçu. Et donc là Manuel Macron a dû a cru intervenir à Naéobi en disant bah il protège les orateurs et donc il vient à leur secours.
Sauf qu'il est apparu comme étant arrogant par rapport à l'ensemble de ceux qui assistaient à ce colloque. Et ce n'est pas lui de dire ça. Il est président de la République, c'est pas le sur général et il est perçu comme cela et on a déjà parlé effectivement sur la clime, c'est un beau mot mais le président s'en va pour satisfaire un besoin naturel.
Du coup, c'est humiliant doublement de lui faire remarquer qu'il doit partir et de dire que ça réduit sa fonction à celle d'un technicien et non pas d'un responsable politique de premier rang qui répond à des clichés anciens. Est-ce que la France est en train d'accepter qu'elle ne peut plus avoir en Afrique la place qu'elle occupe auparavant ? Bah, c'est une réalité.
En tous les cas, on voit on était viré quand même euh il y a il y a plus de base militaire française en Afrique à part Adjibouti où là il y a pas de problème. Euh et effectivement on est enfin alors bien sûr on peut dire que ce sont trois gintes militaires qui ont pris le pouvoir au Burkina, au Niger et au Mali et que ce sont pas des régimes satisfaisants, mais il y a des régimes qui sont tout aussi répulsifs avec lequels on a des bonnes relations. Donc en fait, on peut pas dire queon a un critère de démocratie.
Et ça, ça remonte à loin avant. Quand il y a eu le coup d'état au Mali, on a dit c'est pas normal, on peut pas avoir de relation. On avait des relations avec le Tchad où le pouvoir était issu aussi d'un coup é militaire.
C'est ces doubles standards qui sont pas cohérents. Les gens ils sont pas idiots, ils voi bien ce qui se passe. Et puis je crois aussi, ça ramène à autre chose, c'est que par rapport au pays africain, disons ce qui a apparu comme une obsession française et européenne et occidentale sur la guerre en Ukraine a toujours dire aux pays africains faites si il faut prendre des sanctions, il faut ne plus cesser de commercer avec la Russie. et les Perf disent "Écoutez, on fait ce que l'on veut, on est souverain et nous nous avons des intérêts parce que c'est notre intérêt de pas couper les points avec la Russie et par ailleurs euh quand vous n'avez pas coupé les points avec les États-Unis, qu' eu la guerre d'Irak, donc arrêtez en plus vos leçons de morale." Et donc il y a un peu cela je me rappelle d'un débat que j'avais sur France 24 avec un journaliste qui s'était censé s'occuper de l'international et qui me disait à propos la guerre en Ukraine, "Lép africains ne comprennent pas que c'est une guerre d'agression.
Les pays africains ne comprennent pas que c'est une guerre impériale. Les pays africains ne comprennent pas que c'est une guerre illégale. Et je dis mais attends, ils comprennent, ils sont pas cons mais ils sont pas d'accord.
Voilà. Donc c'est un peu ce type d'attitude euh que certains y compris des commentateurs normalement avisés ont sur le continent africain comme si c'était des enfants. Quand on dit qu'on va faire de la pédagogie avec les pays africains sur la guerre en Ukraine, ça veut dire quoi ? qui sont cons et qu'on va réexpliquer une deuxième fois parce qu'ils ont pas compris la première mais simplement ils ont pas les mêmes intérêts, c'est tout.
Donc il faut partir de là, leurs intérêts ne sont pas les nôtres. Et donc si on pense que c'est juste une façon bah de forcer un peu le pied parce qu'ils vont comprendre à coup de répétition voire de coup de pied dans le cul, bah ça ne marchera pas. Pendant longtemps, l'influence française en Afrique reposait beaucoup sur la langue française et les liens historiques donc avec ses anciennes colonies notamment.
Emmanuel Macron choisit désormais de miser davantage sur des pays anglophones comme on l'a dit, donc comme le Kenya ou le Nigéria. Est-ce que Pascal ce modèle de la France-Afrique francophone est aujourd'hui en train de s'effacer ? Oui, parce que simplement, je veux dire, c'est une question de génération et que les P africains ne le supportent plus et que nous-même en France une fois encore les les valises de billets qui reviennent ou qu'on distribue à l'hôtel Crayon, ça passe plus. c'est condallé par la justice.
Mais par rapport à l'Afrique francophone, faut aussi qu'on soit réaliste. Bah, il y a beaucoup de pays qui sont francophone mais dans lesquels la population ne parle pas français. On se dit que la République du Congo, c'est le pays le plus grand pays francophone du monde.
Mais il y a combien de Congolais qui parlent français ? Pareil au Sénégal, pareil au Mali. La langue utilisée dans le quotidien n'est pas le français.
Donc, il faut aussi qu'on arrête de se bercer d'illusion là-dessus. La francophonie peut être utile même si on a commis quelques impres notamment en en nomant à la présidence de de la d'organisation in francophonie une ministre du Rwanda qui avait fait la chasse aux français parce qu'on s'en est servi dans la stratégie de réconciliation clanda. Donc on s'est fach pas mal de pays non le Canada mais il faut pas avoir d'illusion sur la francophonie.
Tous les pays africains dit francophones, les populations ne maîtrisent pas le français comme langue quotidienne. Juste avant de passer à nos actus du jour, un petit mot sur Geéostratégic. Donc c'est le nom de notre émission mais aussi et d'abord celui des bandes dessinées de Pascal Boniface illustré par Tommy.
Pascal un petit mot sur tes band. Oui. C'est rendre la géopolitique accessible à chacun par la bande dessinée pour rendre simple des choses qui apparaissent comme compliquées.
On a aussi apporté un cahier de vacances un cahier de vacances qui vient de sortir. Là c'est plutôt ludique, c'est toujours avec Tommy d'ailleurs. C'est quelques des fiches et puis surtout des jeux pour s'amuser avec des amis ou en famille sur la géopolitique.
Merci beaucoup. Alors, le sommet entre les deux premières puissances mondiales s'est achevé ce vendredi 15 mai à Pékin après 2 jours de rencontre entre Donald Trump et Xyin Ping. Les deux dirigeants on ont affiché une volonté d'apaisement avec des déclarations très positives de part et d'autre.
Donald Trump a évoqué des accords commerciaux fantastiques tandis que Xin Ping a parlé d'une nouvelle relation de stabilité stratégique constructive. China mais derrière cette séquence diplomatique très maîtrisée, les tensions restent nombreuses entre Washington et Pékin. Commerce, intelligence artificielle, mais aussi les dossiers explosifs de Taiïwan et du D3 d'Ormous.
Alors Pascal, est-ce qu'on assiste à une véritable détente entre les États-Unis et la Chine ? On sait toujours un peu la douche écossaise dans les relations entre Pékin et Washington. Trump tout d'un coup dit je vais lancer une guerre commerciale et les Chinois vont capituler et céder et puis ensuite ouh là là ça se passe pas si bien et donc on fait bon c'est le premier sommet en Chine depuis 2017 Biden n'est jamais allé en Chine au cours de son mandat et donc Trump y va mais il y va en position de faiblesse parce que c'est lui qui a besoin de la Chine, c'est pas la Chine qui a besoin de Trump et ce qui est vraiment étonnant alors si la Chine a besoin de Trump pour qu'il n'aide pas Taiïwan et le président du Ping a rappelé que Taiïwan c'est la question essentielle pour la Chine plus que le commerce plus que l'Iran, plus que n'importe qui d'autre et que si ça se passait bien, il y avait une bonne relation.
Si ça se passait mal, il pourrait y avoir des heures voir un affrontement. Donc grosso modo, c'était un avertissement qui à mon avis est donné un peu pas tellement pour en faire peur à Donald Trump mais pour envoyer le signal à Taiwan. Attention, vous n'êtes pas sûr que les Américains viendront vous aider parce qu'on fait des pressions sur les Américains.
Donc ne jouez pas trop les malins sur l'indépendance, ne jouez pas trop les malins sur le fait de repousser nos propositions. C'est une façon un peu de faire peser une pression sur Taiwan dans l'incertitude d'une aide américaine en cas de malheur. Et sur l'Iran, et bien on a vu quelque chose qui est très notable, c'est que Trump a lancé une guerre il y a maintenant 10 semaines dont il ne sait pas se sortir et c'est lui qui l'a lancé.
Il a bloqué les trois d'Ormous. Tous les pays du monde subissent une crise économique dont ils rendent responsabl États-Unis à juste titre. Les électeurs américains, les citoyens américains rendent responsables Trump de l'inflation du fait de l'augmentation du prix de l'essence.
Et maintenant en plus, ils disent "Oui, pendant que les compagnies prétolières s'enrichissent, nous on s'apauvrit." Donc Trump va boss pour les milliardaires, pour les grandes compagnies pétrolières à notre détriment. Donc c'est très mauvais pour lui.
Il a donc besoin que ceci cesse, mais il veut aussi sortir la tête haute, trouver un accord et donc il a besoin de la Chine et c'est lui qui vient rétablir la Chine comme puissance dans la région parce qu'auparavant la Chine n'avait aucune influence dans le golf. C'est très récent qu'elle y joue un rôle. C'est elle qui avait déjà il y a quelques temps réconcilié l'Arabie Saoudite, les Iran il y a et l'Iran il y a 2 ans pour 3 ans pour réouvrir la relation diplomatique.
Mais là il en fait un partenariat de premier plan. pour euh pour le golf et il consacre aussi le statut de puissance mondiale de de la Chine. Donc c'est une victoire.
Alors après il va dire voilà j'ai vendu 200 Boeing et ils vont acheter pour 10 milliards de produits agricoles mais ils ont besoin d'acheter les produits agricoles et les choses qui sont déficitaires. 10 milliards, ils ont un excédent commercial de 1200 milliards. Donc c'est quand même un pourboire.
Euh et en fait, je pense que ce sommet, les apparences une fois encore sont pour Trump parce que c'est lui-même qui les met en scène. Mais la substance, la substance la vraie victoire, elle est pour Xigin Ping aux yeux du monde entier. Alors ce qui est frappant, c'est que Pékin et Washington ont publié des compte-rendus très différents sur euh le sommet.
Les Américains ont insisté, enfin surtout insisté sur le commerce et l'Iran tandis que les Chinois ont mis l'accent sur Taiïwan et la stabilité des relations bilatéral. Ça montre quoi c'est cette différence ? Ça montre que chacun a ses priorités, qu'elles ne sont pas les mêmes et que les Chinois ne se font pas avoir par Trump.
Il y a pas de communiqué commun, il y a pas de conférence de presse commune et donc il y a pas de crise parce que ils se sont vus. Trump a été bien reçu. Les Chinois l'ont flatté comme ils savent faire.
Il y a même une scène qui est très amusante, c'est que les il y a des des plus d'une centaine de marches pour monter au grand hal du peuple et Trump commença à fatiguer. Digin Ping s'est arrêté et pour pas montrer que Trump était en difficulté, il s'est arrêté. Il a fait retourner Trump pour qu'il contemple la place cananmain ça aurait été Trump, il aurait accéléré pour montrer qu'il était plus fort que Zinping.
Et ça c'est là qu'on voit toute l'habilité des Chinois, c'est que ils ne veulent pas humilier quelqu'un, ils ne veulent pas être dans le virilis comme Trump. Mais du coup le message aussi perçu par le reste du monde, c'est un partenaire bienveillant, pas comme Trump. Parmi les sujets sensibles abordés pendant le sommet, il y a notamment le D3 d'Ormouse.
La Chine est un partenaire économique majeur de l'Iran. Est-ce que Pékin peut réellement jouer un rôle de médiateur dans la région ou est-ce que enfin ou est-ce que c'est surtout une manière d'accroître son influence ? Oui, en tous les cas le les pétroliers qui vont livrer du pétrole en Chine repassent par les trois d'ormous.
L'Iran les laisse passer donc c'est déjà une victoire pour Pékin. Mais l'Iran aussi a besoin de sortir de cette de cette situation qui pèse. Et donc si une fois encore il y avait un accord sur les trois d'ormous et sur un cesser le feu, la Chine en tirerait un bénéfice diplomatique certain et euh et c'est aussi son intérêt.
L'Iran ne fera rien qui ne corresponde pas à ses intérêts. Il peut faire des concessions mais si on le demande de renoncer à tous ses missiles, ça sera non. Et si on lui demande de renoncer à tout programme nucléaire, non.
La Chine a réaffirmé sa volonté que l'Iran n'est pas l'arme nucléaire parce que la Chine est un pays nucléaire et comme tous les pays nucléaires, elle est contre la prolifération. Et la Chine avait signé l'accord 5 +1 euh en 2015 qui empêchait l'Iran d'avoir l'arme nucléaire mais qui aussi évitait une guerre pour empêcher l'Iran d'avir l'arme nucléaire. Donc le fait que la Chine réaffirme sa volonté de ne pas voir l'Iran avoir l'arme nucléaire n'est en rien nouveau.
Ce n'est pas du tout une victoire pour Trump comme il a semblé vouloir le dire. C'est la position traditionnelle de la Chine qui avant 2015 avait pris les sanctions contre l'Iran. quand l'Iran ne respectait pas ses engagements par rapport au conseil de sécurité.
À l'inverse, un sujet a quasiment disparu de la communication américaine après le sommet. Taiwan, bien que Trump a affirmé il y a 1 heure avoir, je cite beaucoup parlé de Taiwan, Pékin a rappelé que cette question pouvait faire basculer euh toute la relation sino-américaine comme tu l'as rappelé tout à l'heure. Donc pour contextualiser, la Chine considère l'île comme une partie de son territoire et n'exclut pas un recours à la force pour la reprendre un jour.
De leur côté, les États-Unis soutiennent militairement et politiquement Taiïwan. Alors Pascal, est-ce que tu peux nous rappeler pourquoi les États-Unis soutiennent Taiïwan ? Nous dire si Taiïwan reste aujourd'hui le principal point de bascule potentiel entre les États-Unis et la Chine.
Taiwan c'est essentiel pour la Chine parce que c'est là où ses réfugiés de Changai qui avait perdu la guerre civile contre Mao en 49. Donc Mao contrôlait la Chine continentale et Changai Taiwan qui appartenait auparavant qui a été conquis par les Japonais. Et donc pour le parti communiste, la révolution ne sera pas terminée tant qu'ils ont pas récupéré Taiïwan.
Et Taiwan est un peu comme l'éta Hong Kong auparavant le substitut des traités inégaux et du fait que la Chine a été dépessée au 19e siècle par des puissances impériales. Donc ils veulent récupérer Taïwan, ils disent par la négociation si on peut et on n'exclut pas de faire par la force. Sauf que le Taïwan ne veut pas être réunifié parce que les Chinois ont mis en place un un conseil qui s'appelle une nation de système.
On est une seule nation. On a deux systèmes différents. Dengoping l'avait inventé pour Hong Kong en ayant Taïwan dans comme modèle.
Sauf qu'on a bien vu à Hong Kong que le une nation de système, c'est une nation un système. Donc les Twis sont contre la réunification et le fait pour l'instant il y a une sorte d'équilibre. Taïwan ne proclame pas son indépendance qui serait un casus béli pour la Chine et la Chine attend qu'il y ait un rapprochement parce que elle se dit les chances ça peut être 2049 pour le 100e anniversaire de la programmation de République Chine.
Quand les États-Unis ont reconnu la Chine populaire avant ils avaient que des relations avec Taiïwan et pas la Chine populaire. On ne peut pas avoir de relations avec la Chine populaire si on a des relations diplomatiques officielles avec Taiïwan. Aujourd'hui, il n'y a plus que 12 pays qui ont des relations avec Taiwan. des petites îles du Pacifique ou des petits étaique centrale et le Vatican.
Et donc le mais quand ils ont arrêté de reconnaître Taiwan, ils ont quand même promis une aide militaire parce que c'était encore la guerre froide, on était en 79 et pour empêcher une reconquête de Taiïwan militairement par la Chine. Et dernière question Pascal, toujours sur ce volet Chine États-Unis, après une année 2025 marquée par de fortes tensions commerciales entre les deux pays, est-ce que les États-Unis et la Chine, on peut dire, est-ce qu'ils ont malgré tout besoin de l'autre économiquement l'un de l'autre ? Oui, effectivement, la Chine a besoin de l'accès au marché américain pour exporter ses produits et pour faire tourner son économie.
Et les États-Unis ont besoin de produits chinois qui sont moins cher. Donc, il y a un excédent commercial chinois de plusieurs centaines de milliards de dollars. La Chine peut faire des concessions, acheter un peu de de produits agricoles, ce qui fera plaisir aux fermiers américains.
Mais en fait, Trump est un peu coincé entre sa volonté de ne pas voir la Chine dépasser les États-Unis et en même temps, s'il commerce avec elle, bah ça l'aide la Chine dans son commerce. Mais s'il ferment cela, ça va pénaliser les États-Unis. Donc en fait, le problème pour les États-Unis, c'est que la marche en avant chinoise, ils n'ont pas de prise dessus et que elle continue et que effectivement, même s'il y a un ralentissement économique de la Chine, il y a quand même moins de problèmes qu'aux États-Unis en terme euh bah de population, en terme d'infrastructure et en terme d'intelligence artificielle.
La Chine est au niveau euh des États-Unis et on peut dire que même euh la guerre en Iran a accru l'intérêt pour l'énergie décarbonée dont la Chine est le premier producteur de moyen de fabrication. Éolien, centrales solaire et cetera. Donc la Chine a quand même plus le vent au poup mao un slogan le vent d'est l'emporte sur le vent d'ouest.
C'est encore vrai aujourd'hui. Direction la Palestine maintenant où un événement politique majeur se joue presque loin des caméras internationales. Le premier congrès depuis 10 ans du parti palestinien Fatta s'est ouvert.
Le parti du président palestinien Mahmoud Abbas âgé de 90 ans doit élire une nouvelle direction dans un contexte explosif. guerre à Gaza, expansion des colonies israéliennes en 6-jordanie, divisions internes et surtout une question qui devient incontournable qui pour succéder à Mahmoud Abbas. Longtemps considéré comme le principal représentant politique des Palestiniens, le Fatah voit aujourd'hui sa légitimité contestée aussi bien par ses rivaux que par une partie de la population palestinienne elle-même.
Certains dénoncent un système verrouillé sans élection depuis des années tandis que d'autres craignent une lutte de pouvoir interne, voire une succession dynastique. Alors, le Fatah peut-il encore incarner la cause palestinienne ? Grosse question.
Alors, il l'incarne aux yeux du reste du monde. Disons que l'autorité palestinienne est considérée comme légitime par les puissances y compris occidental et dans le monde entier. C'est effectivement Mamouaba, c'est l'autorité basienne qui représente la Palestine et donc le FATA qui est le principal parti qui contrôle l'autorité palestinienne.
Le problème c'est que les Palestiniens ne pensent pas ça. Le problème c'est que pour les Palestiniens Mamouabas s collabore avec Israël et que c'était déjà difficile à supporter quand les choses étaient une occupation. traditionnel avec ce que ce qui va quand même de répression.
Mais là avec ce qui se passe à Gaza et ce qui se passe en six Jordanie, tu en as parlé sans parler de ce qui se passe dans les prisions palestiniennes. Il y a quand même un rapport accablant sur les viols systématiques et les tortures systématiques dans les prisons. Mais en fait, la coopération sécuritaire que l'autorité palestienne a avec Israël apparaît comme étant tournée contre les Palestiniens.
Et donc on peut ce de certains disent queen fait Mahouabas c'est pas un leader national, c'est un collaborateur d'Israël. Il y a cette coopération sécuritaire. Bien sûr, s'il cessait cette coopération, Israël couperait tous les vivres à l'autorité palestinienne et donc il y a des dizaines de milliers de fonctionnaires, de policiers qui ne seraient plus payés.
Mais en fait, on peut se demander et c'est franchement une question, est-ce que parce que souvent on entend les gens disent les Palestiens, ils sont très aidés, il y a aucun peuple qui est autant aidé que les Palestiniens. Enfin, s'il pouvait vivre normalement sans être occupé, s'il pouvait produire normalement, exporter normalement, il n'aurait pas besoin d'aide. l'aide est juste le la compensation de l'impossibilité d'avoir une souveraineté.
Mais surtout, on peut se demander en plus si cette aide n'est pas une aide en fait à l'occupation israélienne et que certains se demandent si l'autorité paltienne devrait pas se dissoudre. Vous nous occupez, débrouillez-vous. Alors bien sûr certains disaient ça pourrait être la famin mais qui se débouille l'Israélien ?
Et donc il y a une vraie question parce que l'autorité palestinienne et donc est reconnue par le monde entier mais pas par les Palestiniens. Ça pose problème quand même. Et donc bah je ne pense pas que le Congrès du FATA change quelque chose à ce problème fondamental.
Et donc il y a une hésitation entre certains disent qu'elle se dissolve et puis on verra bien ce qui va se passer. d'autres bah non, on maintient mais en fait on maintient un système quand même qui est un système qui s'accompagne d'une répression quotidienne d'Israël et avec parfois une une fois donc cette coopération sécuritaire qui est le prix des accords d'Oslo, sauf que les accords d'Oslo devaient aller vers l'indépendance de la Palestine et c'est tout l'inverse qui s'est produit. C'est c'est ce qui explique pourquoi la popularité du Fatah a autant baissé ces dernières années.
Oui, en fait Mamouabas doit avoir 3 % d'avis positif. Effectivement, les palestiens ne voient pas ce que le rapporte l'autorité palestinienne. Il ne voit pas et surtout il lui reproche cette alors le Hamas est répressif et donc il est mais au moins il est perçu par certains comme au moins résistant et combattant Israël.
Le FATA non. Et en fait il y a en plus des problèmes de corruption. Alors quand il y a des corruptions, il y a aussi corrupteur hein.
C'est c'est pas uniquement. Et donc effectivement le les Palestiniens ont un rejet massif de l'autorité palestienne et du FATA. Le risque d'une succession dynastique entre guillemets avec le fils de Mahmoud Abbas, donc Yasser Abbas, est-il pris au sérieux ou est-il ?
Tous les cas, il profite beaucoup de la présence de son père au pouvoir. Il y a quand même des accusations très fondées de corruption à l'égard de son père et de lui-même. Et donc ça peut être une tentation mais je dirais que si c'est le cas, ça serait vraiment le dernier clou dans le cercueil de l'utorité basienne.
Alors je pourrais dire bah en Iran, on a fait pareil mais les successions dynastiques sont rarement en dehors des monarchies, des succès et pas toujours dans les monarchies non plus d'ailleurs. Est-ce que Israël profite d'un fatah affaibli ou pas ? Bien sûr.
Bah d'ailleurs c'était l'objet de Netaniaou. Pourquoi Netaniau a aidé le Hamas pour affaiblir le FATA, pour affaiblir l'autorité palestinienne ? C'est documenté.
Donc c'est quand même Nethaniaou qui s'est appuyé sur le Hamas pour affaiblir l'autorité palestinienne en disant bah c'est aider le Hamas, c'est effectivement une façon d'empêcher la création État palestinien et de voir une autorité palestienne qui est autant rejetée par sa propre population ne peut que servir pour continuer l'occupation à zoujune. Alors est-ce qu'il existe aujourd'hui encore un véritable projet politique commun pour la Palestine ? Bah c'est plutôt dans la cité civile mais il y a aussi une forte répression de ceux qui s'opposent.
Il y a aussi des palestiniens qui contestent Maouabas et qui se retrouvent en tôle tout simplement. Donc il a Omar Bargouti, mais on voit ce qui lui est réservé par les ces Joliers israéliens qui ne l'ont mis dans aucun échange de prisonniers à dessin parce que lui pouvait vraiment contester. Il y a d'autres gens qui peuvent contester mais en fait c'est vrai que il y a entre l'occupation et la répression de l'autorité palienne, il y a pas beaucoup de place pour organiser un véritable débat sur l'avenir de la Palestine.
Et une dernière question qui concerne du coup les pays arabes avec la normalisation progressive des relations entre plusieurs États arabes et et Israël, la question se pose de savoir si les pays arabes ont encore une influence sur la politique palestinienne. Alors bon, certains oui parce que il y a la diplomatie du carnet de chèque. Il y a des pays qui aident qui envoient des chèqus à l'autorité palestinienne en faisant comme les saoudiens par exemple faisant semblant de croire qu'en c'est une fiction tout ça en fait.
On maintient une fiction comme on maintient la fiction de l'association à deux états. Et pour maintenir cette fiction qui est une fiction, on a besoin de la fiction selon laquelle l'autorité palestienne représente la Palestine. Donc il y a une aide officieuse ou officielle qui est faite, mais la plupart des pays arabes ne s'occupent pas beaucoup de cela, même si dans la population ça reste vraiment quelque chose qui est essentiel.
Direction New Delhi maintenant où s'ouvre la réunion des ministres des affaires étrangères des Bricks. Un bloc qui rassemble désormais 10 grandes puissances non occidentales représentant près de la moitié de la population mondiale. Mais derrière les discours sur la coopération et le développement, c'est un contexte international explosif qui s'invite à la table des discussions.
Guerre au Moyen-Orient, tension autour du D3 d'Ormous et nouvelle flambée des incertitudes énergétiques. L'Inde qui assure cette année la présidence des bricks alert elle-même sur une instabilité considérable dans les relations internationales. Et pour cause, entre l'Iran et les Émirats arabes unis, tous deux membres du bloc, les divisions sont profondes.
Alors Pascal, les Bricks peuvent-ils encore parler d'une d'une seule voix face aux crises mondiales ? Ouais, ils n'ont jamais vraiment parlé d'une seule voix. C'est pas c'est pas une alliance, ce sont des partenaires qui ont parfois les intérêts communs comme se débarrasser du dollar comme monnaie internationale, trouver un espace dans lequel ils peuvent plus se faire entendre par rapport aux pays occidentaux.
Mais on voit bien que entre l'Inde et la Chine, bah il y a quand même des contentieux. Tu as parlé effectivement de Iran et Miramunie qui sont état de guerre ouverte aujourd'hui et on voit que c'est pas une alliance militaire puisque euh ni la Russie ni la Chine n'ont le livré d'armes à l'Iran qui est qui subit une agression de la au sens précis du terme juridi du terme de la part des États-Unis. Donc en fait, on il faut pas le présenter comme étant vraiment euh une sorte de bloc uniforme, c'est très divers.
Mais il c'est pas non plus parce qu'ils ont des divergences que c'est un forum qui est inutile ou qui est dépassé parce qu'il est très attractif. De nombreux pays frappent à la porte des bricks pour en être membre. Il y a une trentaine de candidats et donc c'est un peu le club à la mode parce que justement aussi il y a pas cette discipline c'est que si on est membre du Grix, on n'est pas obligé.
Il y a la Chine n'est pas le leader des bricks comme les la les l'Union soviétique était le leader du pact de Varsovie. Il y a pas de pouvoir disciplinaire, il y a pas la Chine est plus importante mais elle n'a pas le pouvoir d'imposer aux autres pays quoi que ce soit. Et c'est ça qui fait l'attraction parce qu'on se dit je participe à un club des grands, je peux trouver des avantages, j'ai des contacts, je vais augmenter mes marges de manœuvre mais j'ai pas une règle de discipline à suivre de façon très stricte.
Donc voilà, il faut pas il faut par rapport au Brix ni le penser que c'est une sorte euh d'alliance qui va euh se se mouvoir euh de façon disciplinée. Mais quand même, ce sont des coopérations, ils marquent des points. Ils marquent des points.
Une fois encore, ils sont très attractifs. Il y a on fait la queue devant le club pour pouvoir y rentrer. Et justement, comment expliquer que des pays comme l'Iran et les Émirats arabes unis siègent dans la même organisation malgré les tensions régionales ?
Bah parce qu'en fait quand ils sont quand l'Iran euh l'Iran et les les Améris sont rentrés en même temps lors du dernier élargissement il y a il y a 2 ans et à l'époque euh c'était plutôt le rapprochement. Il y avait aussi une donnée pétrolière dans cela puisque la Chine et l'Inde sont très consommateurs d'énergie et importateurs d'énergie et on ne pensait pas à l'époque que la guerre que les Étatsunis d'Israël ont lancé contre l'Iran se traduirait par un conflit ouvert désormais entre les deux. Et justement, les Émirats ont quitté l'OPEP donc fin.
Pourrait-il également quitter les bricks ? Oui. Alors, par exemple, l'Argentine était rentrée dans les bricks et puis quand Milaï a été élu, il a dit "Bah non, j'y rentre pas, c'est pas du tout euh mon désir." Les Saoudiens devaient rentrer et ils hésitent à rentrer parce qu'ils sont un peu un pied dedans, un pied dehors.
Effectivement, les Émirats arabunis pourraient dire "On quitte les bricks." Sauf que ça leur impose rien. Donc s'il quittait les briques, il perdrait un contact supplémentaire avec la Chine, avec l'Inde qui est quand même leur intérêt et quelque part il donneraiit l'impression qu'il fit face à l'Iran, ce qui serait pas de leur intérêt à faire.
Et une fois encore, ils n'ont aucune obligation y compris par rapport à l'Iran, du fait d'appartenir au même club de l'Iran, ils peuvent se bombarder mutuellement sans pour autant être exclus. Donc il y aurait peut-être qu'ils le feront mais ils auraient plus d'inconvénients à le quitter qu'à y rester. Et pourquoi l'Inde, elle est particulièrement vulnérable à cette situation ?
Bah parce que l'Inde en fait comptait beaucoup sur une alliance avec les États-Unis mais Trump leur a un peu fermé la porte au nez, les a maltraité. Donc l'Inde doit un peu redéfinir sa politique. C'est très gênant.
Elle a des complications avec la Chine et donc bon et puis là c'est simplement c'est son tour, c'est au tour de bête hein, c'est son tour de présider. Donc elle fait un sommet maudit a quand même des problèmes de politique intérieure. Il a des problèmes économiques.
Il faut qu'il redor son blason aussi et de se montrer à la tête d'une régation internationale peut y contribuer légèrement. Et tu disais qu'elle était également dépendante énergétiquement. C'est ça.
Oui. L'Inde est un très grand importateur de pétrole, de gaz, d'où on l'achète en Russie. La guerre en Iran, Trump lui avait interdit d'acheter de du pétrole à la Russie et donc sauf avoir des taxes à 50 % sur l'importation.
Ils avaient commencé à diminuer, maintenant ils en rachètent de nouveau. Et de toute façon, l'Inde est structurellement déficitaire d'un point de vue énergétique. Donc il faut qu'elle ait avec les pays du golf, avec la Russie ou avec d'autres le il faut qu'elle ait des bons contacts avec les pays qui peuvent exporter du pétrole.
Et bien sûr, Trump préférait que ce soit les États-Unis qui exportent des matières premières énergétiques à l'Inde. Merci à vous d'avoir été avec nous sur le plateau du média. C'était Géostratégique avec Pascal Poniface.
Merci d'avoir suivi cette émission avec nous. On se retrouve très bientôt pour une nouvelle analyse de l'actualité internationale. À bientôt. [musique] [sifflotement]
Emmanuel Macron