Éric Zemmour : 2022 Grand Format avec Apolline de Malherbe
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Bonjour Éric Zemmour. Bonjour Apolline Develin.
Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le candidat reconquête à l'élection présidentielle, l'événement sur RMC et BFM TV, puisqu'il s'agit d'une interview grand format. Vous allez répondre à mes questions pendant une heure spéciale présidentielle. On est donc ensemble jusqu'à 9h30. Et l'enjeu, à 33 jours du premier tour et dans ce contexte d'extrême inquiétude et incertitude, c'est de pouvoir répondre au fond à deux questions. Un, est-ce que vous êtes en mesure de l'emporter ? Deux, est-ce que vous êtes fait et prêt pour ce job, pour le poste de président de la République ?
Je vais essayer de faire en sorte, en tout cas, que ceux qui nous écoutent et qui nous regardent, y voient un peu plus clair. Éric Zemmour, c'est la première interview que vous accordez depuis que le président est officiellement candidat. Avec la guerre en Ukraine, il est évidemment en première ligne. Il est donné gagnant, c'est simple, dans tous les sondages, quelle que soit la configuration, quel que soit l'adversaire. Est-ce que c'est plié ?
Vous me rajeunissez, cher Apolline de Valherbe, quand j'étais jeune journaliste politique. J'ai connu cette situation lors de l'élection présidentielle de 1995. Et on disait la même chose, Balladur a gagné. On va enjamber l'élection, il n'y a pas besoin d'élection. Certains même disaient, il sera élu au premier tour. Et puis, vous savez, la suite, Balladur a été battue. Donc, je pense que rien n'est jamais plié et que le peuple français déteste qu'on lui dise que c'est plié. Et il a bien raison.
Les journalistes, les commentateurs, les conseillers communication du président Macron veulent absolument à toute force nous imposer cette idée et nous voler, en vérité, et la campagne électorale et l'élection. Moi, je pense, je continue de penser que rien n'est joué, que si vous voulez ce qui a été déclenché...
Vous volez l'élection ?
Oui, vous volez... Ah oui, je vais vous dire pourquoi.
Pourquoi vous volez l'élection ? Il y a vraiment une volonté, là, de...
Oui, je vais... Non mais je vais... C'est une très bonne question. Parce que vous avez raison, ça demande à être explicité, ce mot. Ce que je veux dire, c'est que on veut nous enfermer et enfermer la campagne électorale dans un sujet qui ne sera pas décisible dans la France des 10 ans, des 20 ans. On a eu d'abord le Covid, vous vous souvenez ? Et on ne parlait que du Covid. Et maintenant, on ne parle que de la guerre en Ukraine. Je ne dis pas que ni le Covid ni la guerre en Ukraine ne sont pas importantes. Vous comprenez ce que je veux dire. Mais il faut voir qu'est-ce qui va être déterminant pour l'État de la France dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans. C'est ça l'élection présidentielle.
Mais la guerre en Ukraine n'est pas déterminante aussi pour les conséquences ici en France ?
Maintenant, le pouvoir d'achat, on va en parler, l'inflation. Et puis, géostratégiquement, on est en train de tout recomposer.
Je voudrais vous dire, s'il y a une troisième guerre mondiale, ça aura des conséquences importantes ?
Ça, c'est sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, je continue de penser que notre destin sera défini par ce qui est en train de se passer en France depuis des années et que je l'appelle le grand remplacement. C'est-à-dire le grand remplacement de population, le grand remplacement de civilisation. Et que ce thème-là, c'est en cela que je dis qu'on veut nous voler l'élection. On veut nous voler le thème fondamental de l'élection.
On vous vole le thème fondamental de l'élection que vous aviez en effet installé. On va y revenir dès le début de votre campagne. Mais enfin, malgré tout, je voudrais revenir sur ce contexte. On va y revenir aussi dans un instant sur ce que vous, vous feriez si vous étiez président face à cette situation en Ukraine. Mais ça crée aussi une situation qu'Emmanuel Macron, dont il parle énormément, et aujourd'hui, il dit « je ne débattrai pas ». Alors, il ne dit pas qu'il ne débattra pas avec vous et avec les autres à cause de la situation géopolitique. Il dit que c'est tout simplement parce qu'aucun de ses prédécesseurs, en exercice, candidat à sa réélection, n'a jamais débattu avec les autres.
Est-ce que vous comprenez ça ?
En tout cas, factuellement, c'est exact. Aucun de ses prédécesseurs n'a débattu au premier tour. Je ne voudrais pas le nier, ça serait idiot. Si je voulais être taquin, je lui dirais qu'il ne faut pas qu'il prenne l'exemple du général de Gaulle parce que le général de Gaulle n'a même pas fait campagne avant le premier tour. Il n'a même pas débattu, il n'y avait pas de débat à l'époque. Mais bon, c'est une taquinerie. Mais oui, très bien, qu'il ne débattre pas avant le premier tour. Moi, j'estime que c'est une façon un peu de se défiler, mais il a trouvé l'argument de dire « les autres ne l'ont pas fait », etc. Très bien.
De toute façon, je pense que les Français attendent le débat entre les deux tours, entre lui et moi. Vous ne regrettez pas qu'il n'y ait pas de débat avant ? Si, je regrette. Je regrette qu'il n'y ait pas de débat, vous savez, mais il n'y a pas que lui. Mme Le Pen refuse tout débat. Mme Pécresse, ça fait trois mois, elle a fini par accepter un débat. Vous voyez, il n'y a pas que Macron qui ne veut pas de débat. Mais bon, je fais avec. Mais ce que je veux vous dire, c'est que je pense que le débat fondamental sera le débat du second tour entre Emmanuel Macron et moi, car il opposera deux visions de la société.
Et si vous me permettez, puisque Emmanuel Macron vient de se déclarer candidat, j'ai lu sa lettre aux Français. Le hasard a fait que j'avais envoyé ma lettre quelques heures plus tard.
Je me dis que ce n'est pas tout à fait un hasard.
Je vous assure que c'était prévu avant, etc. Ce n'est pas grave. Au moins, les Français pourront juger. On n'est pas dans la rivalité de communication. Il y a une phrase qui m'a frappé dans le texte un peu ennuyeux. Moi, j'ai essayé d'écrire ça le mieux possible. Lui, on voit qu'il a fait ça à la hâte ou qu'il a laissé un techno écrire à sa place. Mais passons. Il y a une phrase qui est importante et qui définit le clivage entre lui et moi. Il dit à un moment, et d'ailleurs, il me vise évidemment. Il dit à un moment, nous ne sommes pas, nous sommes là pour préparer la France de nos enfants. Nous ne sommes pas là pour ressasser la France de notre enfance.
Phrase d'ailleurs qu'il a empruntée à Éric Wörth, M. de LR, un ancien ministre de Sarkozy, qui l'a rejoint. Mais sur le fond de cette phrase, qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ? Ça veut dire qu'Emmanuel Macron n'a aucune conscience de la continuité, de l'héritage, de la transmission d'une culture, d'une civilisation. Pour lui, la France des enfants doit détruire la France des parents et la France des petits-sissis. Il ne dit pas ça, il ne dit pas que ça détruit. Mais non, non, non, non, mais c'est ça que ça veut dire, chère Apolline de Malheur, je vous assure. C'est ça, subliminalement, c'est ça que ça veut dire. Ça veut dire... C'est comme ça, en fait, que vous, vous le comprenez.
En tout cas, c'est comme ça que je le comprends et je pense que c'est comme ça qu'il veut le dire. Et c'est à vous qu'il s'adresse, c'est clair.
Et c'est à vous qu'il s'adresse, c'est évident.
Ah, je vous remercie. Donc, je pense que l'opposition entre nous deux, elle est fondamentale. Moi, je suis le candidat de la France qui se transmet de génération en génération depuis mille ans. Et la France que nous voulons garder intacte. La France qui reste la France. Lui, il est pour une France nouvelle, comme dirait Mme Pécresse. Vous voyez, il parle le même langage. C'est-à-dire une France qui n'est plus la France. Une France qui est hors sol. Une France qui est avec des enclaves comme ça, islamisées, qui se répandent dans le pays. C'est ça la France de M. Macron. Et c'est ça ma France. Et je pense que les Français attendent le match entre nous deux au second tour.
On va regarder dans le détail, d'ailleurs. On aura le temps. À partir de 9h, je dirais qu'on parle précisément du pouvoir d'achat et de la réalité aussi quotidienne, très tangible des Français. Ce que vous leur proposez. Mais d'abord, parlons de ce conflit. Cette guerre en Ukraine, 13ème jour du conflit. Ma question, elle est très simple. Qu'est-ce que vous feriez de mieux qu'Emmanuel Macron ?
Pas juste de différent, mais de mieux. Non, non, non, mais très bien. C'est une discussion un peu oiseuse. Parce qu'on est obligé pour cela de voir ce qu'il n'a pas fait de bien avant. Parce qu'aujourd'hui, là, dans la situation aujourd'hui, c'est très difficile de faire autre chose. Ce n'est pas ni mieux ni moins bien. Qu'est-ce qu'il fait ? Il a essayé, et c'est tout à fait louable, il a essayé d'empêcher la guerre, mais manifestement, Vladimir Poutine ne l'a pas écouté, ni entendu, ni considéré. Et maintenant, il est avec toutes les puissances occidentales pour sanctionner Poutine et pour essayer d'établir un rapport de force pour que Poutine arrête la guerre.
Très bien, mais tout le monde aurait fait ça. En revanche, là où il y a un problème, c'est avant.
Oui, mais sauf que, pardon, avant, ça ne vous concerne pas. Si vous êtes président, c'est demain.
Oui, mais bien sûr.
Vous prenez la France comme elle est.
Non, mais bien sûr. Mais c'est pour ça que je vous ai dit, très bien, là, on fait ça comme ça. Et donc, vous ferez pareil ? Je vais y venir. Parce qu'il y a un souci quand même, mais c'est votre deuxième partie, donc j'hésite à... Non, non, non, allez-y. C'est qu'on voit bien qu'il faut faire très attention à ce que les sanctions que l'on inflige à Vladimir Poutine ne se retournent pas contre les Français. Vous voulez sanctionner Emmanuel Macron, mais la question, c'est les sanctions de Vladimir Poutine. Ne se retournent pas contre les Français. Et par exemple, avec l'augmentation des prix du gaz, les prix du pétrole, de l'essence, avec les sanctions contre les pauvres entreprises.
Voilà, c'est pour ça que je vous dis, c'est un peu délicat. En revanche, pour le passé, et je vais très vite, je considère qu'Emmanuel Macron, comme d'ailleurs Mme Merkel, puisqu'elle était au pouvoir auparavant, comme les Américains, ont fait une grave erreur en maintenant l'idée que l'Ukraine pourrait éventuellement rentrer dans l'OTAN. Vous savez, la fameuse clause de la porte ouverte qui était inscrite et que les Américains et les Français et les Allemands soumis aux Américains n'ont jamais voulu supprimer. Et qui est, je pense, l'origine de cette guerre. Et donc, à partir de là...
Vous rendez responsable davantage, quand même, l'Union européenne que Vladimir Poutine ?
Non, vous savez, celui qui décide la guerre, il est le responsable et le coupable. Celui qui... Vous savez, c'est le mot de Clemenceau. On pourra tout dire sur les causes de la guerre de 1914, mais on ne pourra jamais dire que c'est la Belgique qui a envahi l'Allemagne. Donc c'est Poutine qui a envahi l'Ukraine.
Quand vous voyez que l'Union européenne lance depuis hier soir l'examen des candidatures de l'Ukraine, sans prédire ce qui va en ressortir, mais en tout cas lance officiellement l'examen des candidatures de l'Ukraine, de la Georgie et de la Moldavie pour l'Union européenne, vous considérez que c'est une erreur ?
Oui, je considère que c'est une erreur. D'abord, c'est largement de la communication, tout simplement parce que tout le monde sait qu'il faut des années et des années, voire dix ans, pour faire rentrer un pays dans l'Union européenne, qu'il faut qu'ils aient intégré l'acquis, ce qu'on appelle l'acquis communautaire. Ça prend des années, surtout pour une société comme l'Ukraine, c'est une société assez pauvre et très corrompue, une société politique très corrompue. Et troisièmement, surtout, c'est très dangereux. Pourquoi ?
Parce que dans les traités européens, il y a une clause de défense entre les pays de l'Union européenne qui est rattachée, c'est là où ça devient grave, rattachée à l'OTAN. C'est-à-dire que rentrer dans l'Union européenne n'est pas rentrée obligatoirement dans l'OTAN, puisqu'il y a des pays comme la Suède ou l'Autriche qui ne sont pas, qui sont neutres, mais il y a un lien avec l'OTAN.
C'est une manière de déguiser, de faire rentrer l'Ukraine dans l'OTAN pour vous ?
Exactement. Et c'est une manière de faire monter encore l'escalade.
Donc on devrait dire aujourd'hui, clairement, non, l'Ukraine qui nous appelle à l'aide et qui dit « je voudrais une démarche expresse pour rentrer dans l'Union européenne », il faut dire non.
Il faut. D'abord, la Commission européenne n'a pas compétence pour décider qui rentre dans l'OTAN ou pas. Mais Mme Van der Leyen, manifestement, a décidé de s'asseoir sur tous les traités et toutes les compétences qu'elle a ou qu'elle n'a pas. Mais surtout, c'est un acte de guerre vis-à-vis de la Russie et c'est encore faire monter l'escalade. Moi, je pense aujourd'hui qu'il faut faire descendre le conflit et essayer de ramener tout le monde autour de la table et pour parler de paix.
Vous évoquiez à l'instant l'OTAN. Est-ce que dans le contexte dans lequel on est aujourd'hui, vous souhaitez toujours faire sortir la France du commandement intégré ?
Oui, parce que tout simplement, d'abord, vous le savez, vous, mais il faut le répéter, faire sortir la France du commandement militaire intégré, ce n'est pas faire sortir la France de l'OTAN, du traité. Nous aurons toujours des alliés. Nous avons toujours eu des alliés depuis mille ans. Le général de Gaulle, quand il fait sortir la France du commandement militaire intégré en 1966, immédiatement fait un accord spécial avec les États-Unis pour redéfinir les conditions de notre alliance. Donc, ça restera comme ça. En revanche, ça a deux avantages fondamentaux et qu'on aurait bien aimé les avoir avant que la guerre nous déclenche. Pourquoi ?
La première, c'est que c'est cette sortie du commandement militaire intégré qui a obligé la France à avoir une industrie de défense complète et à avoir des armes de manière complète. Parce que sinon, l'OTAN, vous savez, c'est un système de créneaux. Les Américains disent aux Allemands, toi, tu vas faire les chars. Aux Pays-Bas, toi, tu vas faire les sous-marins. Mais personne n'a la palette complète. L'armée française a la palette complète. Le seul problème, c'est que comme depuis 20 ans, on a réduit les budgets, les fameux dividendes de la paix, on a une palette complète, mais échantillonnaire.
Oui, sauf que le général de Gaulle, quand il sort la France du commandement intégré de l'OTAN, il justifie sa décision en expliquant, je le cite, que l'Occident ne se trouvait plus menacé comme il l'était quand le protectorat américain fut installé en Europe sous le couvert de l'OTAN. Est-ce que vous considérez vraiment qu'aujourd'hui, l'Occident n'est pas menacé ?
Est-ce que vous vous rendez compte, cher Apolline de Manerbe, que le général de Gaulle a dit ça en 1966, alors qu'il y a encore l'URSS et le pacte de Varsovie ? Oui, mais il y avait une stabilité. Là, c'est l'incertitude. Il y a eu 4 ans plus tôt, une menace de guerre nucléaire à cause de Cuba. Donc la France était menacée en 1966, beaucoup plus qu'aujourd'hui. Il y avait le pacte de Varsovie face à l'OTAN, il y avait des milliers de chars, mais mille fois plus.
Mille fois plus. Mais mille fois plus. Éric Zemmour, quand je pose la question hier, exactement à ce même micro, à Bruno Le Maire, sur l'éventualité d'une troisième guerre mondiale, il dit « personne aujourd'hui, et je voudrais le cétier précisément, personne ne peut exclure quelque scénario que ce soit ».
Oui, surtout, il a raison, surtout quand lui-même met de l'huile sur le feu en déclarant la guerre économique totale à la Russie. Vous comprenez, à l'époque...
Vous parlez du moment où il a parlé d'une guerre économique totale.
Oui, oui, parce que vous comprenez. Et d'ailleurs, ça commence à être mis en place, puisqu'on a pris une décision très grave, je ne sais pas si vos téléspectateurs le savent, c'est qu'on a gelé les avoirs de la banque centrale russe dans les banques occidentales et dans les banques centrales occidentales. Ça veut dire que nous avons privé les Russes de leur argent. Non, c'est une déclaration de guerre qui peut aller très loin. Ça peut... Vous savez, moi...
Donc vous estimez que c'est nous qui provoquons en quelque sorte la guerre ?
Non, non, non. Je ne vais pas redire que c'est Poutine qui a déclaré la guerre et qui a attaqué l'Étienne. Bon, je l'ai dit. Et que je condamne évidemment cette attaque. Mais, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, on a le choix entre faire monter les risques de guerre et après venir s'en plaindre, être un belliciste, être un vat en guerre et au contraire essayer d'apaiser. Moi, je veux la paix. Je veux protéger les Français de cette folle escalade. Vous savez, je connais un peu l'histoire de la Russie en lien avec la France. Je sais que les Russes sont capables de tout quand ils sont en guerre. Je répète ce que j'ai déjà dit.
C'est que quand Napoléon les bat à côté de Moscou et qu'il prend leur capitale, ils brûlent leur capitale pour ne pas la laisser aux troupes françaises. Ce sont les seuls à avoir fait ça dans l'histoire de l'Europe. Ils ont brûlé leur capitale. Ils sont capables de tout. Ce sont des Russes. Et donc, Vladimir Poutine est un Russe. Et donc, moi, ce que je veux, c'est la paix. Et si vous voulez, comme je dis toujours, on ne va pas déménager la Russie. Vous voyez ? Donc, on ne va pas. Le Russie est en Europe. Il faut apprendre à vivre avec. Et donc, pour cela, retrouver au plus vite un état normal des relations et arrêter cette folle escalade de guerre qui, effectivement, peut mener à tout.
Éric Zemmour, votre cœur de campagne, et vous le disiez au début de cette interview, c'était d'avoir imposé le thème de l'islamisation et du grand remplacement. Clairement, ça a été imposé à l'automne. Et tous les autres candidats ou candidats en puissance tournaient autour de cette question. Est-ce que ce sujet, au fond, n'est pas devenu périphérique ? On va y venir dans un instant. Mais d'abord, sur la question d'une conséquence immédiate de cette guerre, c'est la question de l'immigration ukrainienne. 1,5 million d'Ukrainiens qui ont déjà fui les combats, et sans doute 2 millions ce soir. C'est le chiffre qui est avancé par l'ONU, majoritairement, certes, en Pologne.
Je n'ai pas très bien compris votre position. On les accueille ou on ne les accueille pas ?
Alors, peut-être que c'est de ma faute, peut-être que je me suis mal expliqué. Je vais essayer de mieux l'expliquer, vous me direz. Moi, je pars des volontés des Ukrainiens. Et en l'occurrence, des Ukrainiens et de leurs enfants, puisque les hommes combattent. Ils sont interdits de sortie du territoire par le gouvernement ukrainien. Ils se battent contre les troupes russes. Les moins 60 ans. Donc, ce sont les femmes et les enfants. Et qu'est-ce qu'elles veulent ? J'ai lu, j'ai vu les reportages des journalistes, des reporters là-bas. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent que les Ukrainiens et leurs enfants veulent rester à côté de leur père, de leur mari, de leur fils.
Et pour cela, et c'est pour ça qu'elles vont en Pologne, elles veulent rester à côté. Pour pouvoir revenir au plus vite. Donc, moi, je...
Enfin, elles vont en Pologne surtout parce que c'est le premier pays dans lequel elles arrivent, quoi. Non, non, non, non, non, non, non.
Elles veulent rester en Pologne. Elles veulent être à côté de leur mari, de leur père, de leur fils. Donc, il faut effectivement aider les Polonais à accueillir ces populations ukrainiennes qui veulent rester. Et pour cela, il faut les aider financièrement, il faut les aider médicalement, il faut les aider en supprimant les sanctions qu'a infligées l'Union Européenne depuis quelques mois à la Pologne.
Là, il faut rappeler que l'Union Européenne a sanctionné la Pologne pour un contentieux sur le droit et l'application du droit européen en Pologne.
Voilà, on est d'accord. Donc, il faut supprimer ces sanctions que moi, j'ai toujours trouvées injustes. Mais c'est un autre, je vous l'accorde que c'est un autre sujet.
Enfin, vous avez quand même dit « je préfère qu'ils restent en Pologne ». Ce n'est pas juste pour leur faire plaisir, ce n'est pas juste parce que ça les... Non, non, non, je préfère... C'est aussi parce que, franchement, bon débarras, il y a quand même quelque chose comme ça qu'on a entendu dans vos mots.
Non, non, non, non, Apolline, ce n'est pas bon débarras. C'est que, je pense que, si vous voulez, je répète, les Ukrainiens veulent aller en Pologne et veulent aller dans les pays mitoyens. Nous, par exemple, s'il y avait la guerre en Italie, je serais le premier à vous dire, il faut recevoir les Italiens, car ce sont les plus proches. Maintenant, effectivement, je pense que l'immigration a désorganisé la France, a affaibli la France, a appauvri la France. Donc, je ne veux pas aggraver cette situation.
Maintenant, je sais que l'immigration, les Ukrainiens sont un peuple européen, chrétien, et qui donc est beaucoup plus proche de notre peuple français que les vagues migratoires des pays arabo-musulmans ou moyen-orientaux. Je le sais très bien. Donc, je sais très bien qu'ils poseraient moins de problèmes en termes d'assimilation, d'acculturation, etc. Je le sais.
Il y a quand même deux choses dans ce que vous dites, là. Il y a la question de « les Ukrainiens ne veulent pas venir, mais bon, s'il y en a qui viennent, est-ce qu'on les accueillera ? » Alors, je pose la question. Vous dites qu'ils restent en Pologne. Bon, mais enfin, il y en a quand même un certain nombre qui vont vouloir venir ici.
Qu'est-ce que vous leur dites ? Alors, ce que je dis, c'est que s'ils ont des attaches avec la France, s'ils ont de la famille en France, les Ukrainiens, il y en a peu,
Il y a 17 000 Ukrainiens en France.
Bon, vous voyez, il y en a très peu. Donc, s'ils veulent venir en France, s'il y a des maires, j'ai vu que des maires même qui nous soutiennent, qui organisent un accueil dans des conditions humaines, eh bien, nous leur donnerons des visas, comme font les Anglais. Donc, ceux qui le souhaitent pourront venir. Voilà. Ce que je ne veux pas, c'est qu'il y ait un tsunami fondé sur l'émotion, comme il y a eu pour le petit Elan. Et on a eu un million, voire plus, d'immigrés syriens, qui étaient en plus, avec d'innombrables Algériens, Marocains, Africains, qui se...
Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire, en fait, il y a les carrément franco, hein. Il y a une immigration blanche, chrétienne, vous dites OK. Une immigration arabe, musulmane, vous dites non.
Absolument. Clairement. Clairement. Je dis, l'immigration...
La souffrance est la même, hein.
Ah mais tout à fait. Et l'humanité est la même, et tout est la même chose. Nous sommes tous des êtres humains. Ce que je dis après, c'est comment on les assimile, est-ce qu'il y a des gens proches de nous, est-ce qu'il y a des gens éloignés de nous ? Nous avons démontré aujourd'hui, tout le monde l'a compris, que l'immigration arabo-musulmane est trop éloignée de nous, et que c'est de plus en plus difficile de les acculturer et de les assimiler. Donc, effectivement, nous sommes plus proches des Européens chrétiens.
Éric Zemmour, vous restez avec moi, cette interview grand format. On se retrouve juste après une pause. Je voudrais qu'on parle aussi des conséquences en France, la question des prix. Est-ce qu'il faut que les Français fassent des efforts, consomment moins d'énergie ? Est-ce que vous leur demanderez ces efforts ? Et puis on reviendra aussi sur votre campagne, vos alliances, les alliances avec le reste de la droite. Sont-elles encore possibles ? Toutes ces questions, dans un instant. A tout de suite.
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Éric Zemmour, on poursuit ensemble cette interview. Grand format. Vous continuez à répondre à mes questions. On est ensemble jusqu'à 9h30. On vient de parler de la guerre en Ukraine, des conséquences géopolitiques, de votre manière, vous, de gérer la guerre. Les conséquences, ici en France, le choc énergétique sans précédent devant lequel on est. Est-ce que les Français doivent faire des efforts ? Est-ce que les Français doivent baisser leur chauffage pour consommer moins d'énergie ?
Je pense qu'il ne va pas avoir froid à cause de la guerre en Ukraine. Je pense qu'il faut au contraire que le gouvernement prenne des mesures d'abord d'urgence. Et puis, je vais y venir. Et puis, si vous me permettez, on va étudier à quel point il a désarmé les Français. Mais si je vous pose cette question,
elle ne sort pas juste de ma tête. C'est la patronne d'ENGIE qui vient, appelle les Français à baisser d'un degré leur chauffage.
Justement, on va voir pourquoi elle dit ça.
Mais vous, vous dites en tout cas aujourd'hui,
non, pas question. Non, pour l'instant, pas question. Et ce qu'il faut... Alors, je dis mesures d'urgence d'abord. Mesures d'urgence, j'avais anticipé quelque peu. J'avais dit, vous vous souvenez, depuis plusieurs mois, que dans une de mes mesures en faveur du pouvoir d'achat des Français, je proposais, dans une mesure d'équité par rapport à ceux qui prennent les transports en commun, vous savez, ils ont le droit à un remboursement par leur employeur de la moitié de leur passe navigue.
Vous voulez que l'employeur prenne en charge une partie des trajets...
Très kilométriques, comme on dit. Voilà, du prix de l'essence, des dépenses d'essence des salariés. Il y a 18 millions de Français qui vont en voiture pour leur travail. Ce n'est pas pour leur loisir. Et je plafonnais ça à 40 euros, mais quand même, ça faisait un allègement pour la facture. Sauf que ça, vous le proposiez avant.
Aujourd'hui, tous les prix explosent, non seulement de l'essence, du gaz, de l'électricité. Des mesures d'urgence, vous prendriez quoi ?
Alors, comme mesure d'urgence, j'ai proposé le blocage provisoire des prix de l'essence à la pompe au prix juste avant l'intervention.
C'est quoi ? C'est 1,80 ?
1,80 €, exactement. Sachant qu'aujourd'hui, on frôle, voire même,
on dépasse les 2 euros dans un certain nombre de stations pour le gaz. 1,80 €.
J'ai retrouvé, en fait, cette mesure. Ça, c'est pour... Pierre Bergaud-Voile avait fait en 1991. Vous savez, au moment de la première guerre du Golfe, il était ministre des Finances, et il l'avait bloqué pendant 5 semaines.
Et vous le faites là, pendant 5 semaines ?
Par exemple.
Pour tous les carburants ?
Absolument. C'est une mesure provisoire. La définition du provisoire, c'est qu'elle ne dure pas. Mais bon, je pense que ça, c'est une mesure... vraiment qui peut protéger utilement les automobiles.
Sur le prix du gaz, le gouvernement a déjà bloqué les prix. Il prolonge encore, et c'est ce qu'annonçait à ce même micro Bruno Le Maire hier, il prolongeront ce blocage des prix jusqu'à la fin de l'année. Il estime le coût de la mesure à plus de 10 milliards d'euros.
On va peut-être même arriver à 17 ou 20 milliards d'euros.
Vous auriez fait la même chose ? Oui, oui.
Vous arrivez à l'Elysée, vous prolongez. Et c'est pour cela, vous avez bien compris, qu'il faut vite, on en revient à notre discussion de tout à l'heure, il faut vite se mettre autour d'une table et arrêter tout ça. Mais si vous me permettez, je voudrais revenir à pourquoi on en est là. Parce qu'il faut bien comprendre la situation pour bien voir les erreurs de nos gouvernements, de nos gouvernements français et surtout des gouvernements allemands et de la Commission européenne. En deux mots. Notre dépendance ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Aujourd'hui, les Allemands consomment 60% de leur gaz.
55% pour être très précis. Et nous, c'est 17%.
Et nous, c'est ce que j'allais vous dire. 20%. Donc on ne s'en sort pas si mal ? Mais oui, pourquoi on ne s'en sort pas si mal ? Pourquoi on ne s'en sort pas si mal ? Parce que nous avons eu à la tête de l'État, il y a 50 ans, il y a 60 ans, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, qui ont établi un parc nucléaire de 58 réacteurs nucléaires. Mais que M. Hollande et que M. Macron ont laissé en déshérence. M. Macron a fermé Fessenheim. J'ai visité les centrales de Fessenheim. C'est la plus vieille centrale.
C'était une des promesses de campagne de François Hollande. François Hollande ne l'a jamais fait, mais Emmanuel Macron l'a fait.
Exactement. Pour en plus des accords électoraux avec les Verts. Je suis allé à Fessenheim. C'est la plus vieille centrale nucléaire de France, mais à l'intérieur, c'est la plus moderne. Tout est neuf. Tout est flambant neuf, Apolline de Malheur. Ça vous déchire le cœur. C'est quelque chose d'incroyable. Si Emmanuel Macron avait dénié visiter, il n'aurait pas pris cette décision.
Vous rouvririez Fessenheim ?
Oui, si c'est possible. Parce que vous savez, on a déjà déménagé. Le fait d'avoir arrêté trop longtemps. Voilà, on a déjà déménagé. Mais oui, je ferai une étude immédiatement et je rouvrirai Fessenheim. Et je lancerai, je l'avais dit avant cette crise, la création de 14 centrales nucléaires. Je vois que maintenant, M. Macron, après avoir laissé l'énergie nucléaire pendant 5 ans au profit des éoliennes, etc., dit la même chose que moi. Et attendez, je continue, parce que c'est important. C'est important. Deuxième erreur, les éoliennes, justement.
Parce que les éoliennes, comme vous le savez, au-delà de tous leurs défauts, c'est lait, ça rend malade, ça détruit les oiseaux, ça ou les fonds marins, c'est une catastrophe. En plus, c'est une énergie intermittente. Quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas d'énergie. Qu'est-ce qu'on fait quand il n'y a pas de vent ? Eh bien, on va chercher le gaz. Et c'est pour ça que les Allemands... Le gaz ou le charbon. Oui, le gaz ou le charbon. Et c'est pour ça que les Allemands, Mme Merkel, qui a arrêté les centrales nucléaires pour faire plaisir au vert, elle aussi, dans un accord électoral, aujourd'hui, les Allemands s'en mordent les doigts.
Et troisième conséquence, je vous assure que c'est important, pourquoi le prix de l'électricité augmente autant alors que nous avons une énergie, nous, nationale ? Parce que nos gouvernements, au nom de l'Europe, M. Macron et les autres, au nom de l'Europe, a branché le système énergétique français sur les prix européens, qui lui-même est branché sur les prix mondiaux.
Je reviens, Bruno Le Maire a dit hier qu'il avait bon espoir que cet accord puisse être levé rapidement et que l'Union Européenne nous autorise à vendre l'énergie au prix où on l'a produit.
Tout le problème, c'est que tous ces gens passent leur temps à se tromper et ensuite à présenter comme des succès le simple fait d'annuler leurs erreurs. La commission de Bruxelles, elle ne fait une seule chose de bien, c'est supprimer les contraintes qu'elle a imposées aux pays européens et qui sont tous avérées des erreurs. Je veux dire, ça commence à bien faire. Ces gens qui donnent des leçons de compétences en permanence se trompent tout le temps.
Pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, Emmanuel Macron le dit hier, il veut autoriser à ce qu'on puisse tripler ce qu'on a appelé la prime Macron. Au départ, c'était 1000 euros. Il veut autoriser les patrons, puisque c'est à la discrétion des patrons, à donner jusqu'à 3000 euros de primes défiscalisées et sans charge sociale. Vous en êtes à peu près à la même proposition.
Ça ne vous rappelle rien, ma chère Apolline.
Mais attendez pour vous, vous pourriez vous dire au fond, je l'ai inspiré, non ?
Mais c'est même mieux que ça. Monsieur Macron, hier, a donné deux premières mesures. Les deux premières sont puisées dans mon programme. La suppression de la redevance télé.
Pas avec tout à fait les mêmes conséquences. Vous voulez supprimer la redevance, mais vous voulez aussi supprimer tout ce qui est information privée.
Privatiser. Moi, je suis cohérent. La redevance, elle finance quoi ? Elle finance le service public. Lui, il va encore prendre de l'argent dans la dette et dans le déficit budgétaire. Moi, je suis cohérent. Je supprime une taxe pour les Français, mais je supprime aussi le coût que cette taxe finance. Deuxième mesure qu'il me prend, c'est cette prime dont vous parlez. C'est intéressant. Ça prouve que d'abord, il s'intéresse à mon programme.
Pardon, c'était quand même son idée au départ. Ce n'est pas par hasard qu'on appelle ça la prime Macron.
Cher Apolline de Malherbe, vous avez raison, c'est son idée au départ. Mais son idée qui était plafonnée à 1 000 euros et surtout, pour moi, le plus important, ce n'est pas ça. Le plus important, c'est que lui, il généralisait. Il donnait à tout le monde. Un employeur devait donner sa prime de 1 000 euros à tous ses employés. Moi, non. Moi, je suis pour le mérite. C'est une question philosophique. C'est comme notre discussion sur les enfants tout à l'heure. Vous voyez, c'est une question philosophique. Je suis pour le mérite, l'effort, et je veux que les travailleurs méritants soient récompensés plus que les autres.
Comment ? Ça veut dire qu'il y en aurait qui seraient presque punis, quoi ?
Non, il y en aurait qui seraient privilégiés. Parce qu'ils ont mieux travaillé.
C'est qui les plus méritants ? Comment vous décidez de ça ?
C'est marrant. Écoutez, vous m'accordez que Mbappé est meilleur que la plupart des footballeurs du Paris Saint-Germain. vous assurent qu'ils gagnent plus que les autres footballeurs du Paris Saint-Germain.
Donc, c'est la même logique.
C'est la logique de la vie.
Mais ce n'est pas aussi une question des plus modestes ?
En l'occurrence.
Il y a des travailleurs extrêmement méritants et qui gagnent très peu.
Mais vous avez raison. Mais dans ce cas-là, il y a d'autres mesures pour eux. J'ai prévu une baisse de la CSG pour tous les salaires inférieurs à 2 000 euros, qui va leur permettre d'avoir une augmentation de salaire de 100 euros. Vous avez raison. Il ne faut pas les oublier. Mais vous voyez, il y a plusieurs choses.
Je voudrais qu'on puisse parler de votre campagne. On va parler dans un instant du ralliement de Marion Maréchal qui vous a rejoint ce week-end. Mais justement, elle vous a rejoint au moment du meeting de Toulon. Il y a quand même une image qui nous a beaucoup frappés quand on la regarde à la télévision. C'était d'ailleurs des images qui lui étaient fournies par votre équipe. On y voit un militant qui a fait ostensiblement le salut nazi face à la caméra. Ostensiblement. Comment vous réagissez ?
Il n'a pas sa place dans nos meetings. Mais franchement, Apolline de Malherbe, je ne sais pas si vous avez vu les images. Il est dommage que vos téléspectateurs ne les aient pas vues pour des raisons de temps de parole. Le temps de parole, l'égalité, le temps de parole. Je ne vous incrimine pas du tout.
Et la preuve en est, vous vous exprimez ce matin encore. On ne peut pas dire que vous ne vous exprimez pas.
Je veux dire, de toute façon, il y a eu près d'un million de personnes qui l'ont regardé sur ma chaîne YouTube. Donc, vous voyez, ce que je veux dire, c'est que vous vous attachez à un détail, à un imbécile, qui, je le répète, n'a pas sa place dans mes meetings, alors qu'il y avait un enthousiasme magnifique. Il y avait des drapeaux français partout. Il y avait une ferveur à Apolline de Malherbe.
Qu'est-ce que ça vous fait, à vous, d'attirer des gens qui, comme ceux-là, font sensiblement le salut de la vie ?
Je n'attire rien. Vous savez, on n'est pas à l'abri d'une provocation.
Il est venu.
On n'est pas à l'abri. Mais tout le monde peut venir. C'est gratuit, mes meetings. Tout le monde peut venir.
Vous ne vous dites pas à un moment, quand même, j'attire des gens qui font le salut de la vie ?
Non, Apolline de Malherbe, je n'attire pas. Non, en plus, vraiment, en plus, je vous le répète, moi, je suis de confession juive. Donc, un nazi qui rejoint Éric Zemmour, c'est le type, il a le cerveau à l'envers. Parce qu'il n'a rien compris. Il n'a pas compris ce que c'était que le nazisme et il n'a pas compris ce que j'étais. Donc, si vous voulez, là, il faut qu'il aille se faire soigner tranquillement. Je suis désolé de vous le dire, mais ça me paraît inévidence. Donc, non, je n'attire pas. Moi, j'attire des patriotes français. Il faut cesser de nazifier les patriotes français. Ce n'est pas être nazi.
C'est quand même lui qui se nazifie tout seul.
Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Ce n'est pas être nazi que de vouloir défendre son peuple, son pays. Ce n'est pas être nazi que de vouloir que la France reste la France. Au contraire, la France est le pays le plus généreux, le plus accueillant du monde, jusqu'à d'ailleurs se mettre en danger. Donc, il faut arrêter avec cette opprobre facile, généreuse et vraiment inutile.
Marion Maréchal, qui vous a donc rejoint officiellement ce week-end, qu'est-ce qu'elle vous apporte ?
Qu'est-ce qu'elle m'apporte ? D'abord, écoutez, c'est une amie de longue date. D'abord, son amitié, son intelligence, sa combativité, son charme. Son, si vous voulez, le fait qu'elle soit une espérance politique depuis des années pour des électeurs de droite et du Rassemblement national, de LR et du Rassemblement national. Si vous voulez, elle incarne parfaitement ce que je veux faire dans cette campagne, c'est-à-dire l'union des droites pour sauver la France.
Je pense que, si vous voulez, je le dis depuis des années et je le concrétise dans cette campagne, il nous faut sortir du schéma maléfique mis en œuvre par François Mitterrand il y a 40 ans, c'est-à-dire la séparation des électorats du Rassemblement national jadis et de LR, qu'on appelait le RPR et l'UDF avant. Il n'y a pas d'un côté les gens de la droite dites républicaines, c'est la gauche qui détermine qui est républicain et qui ne l'est pas. Moi, je me moque, vous voyez, des médailles accordées par la gauche. Et il n'y a pas de l'autre des sous-hommes, des parias, des électeurs qui ne seraient pas moins français ou moins patriotes.
Donc nous devons être ensemble et je suis le seul, vous m'entendez, le seul à pouvoir faire ce rassemblement de droite. C'est ça qu'incarne Marion Maréchal.
Alors ça, j'allais encore vous interroger sur Marion Maréchal, mais je ne comprends pas cette phrase. Quand vous dites je suis le seul à pouvoir faire ce rassemblement, il suffit de regarder les sondages. Alors je sais bien que vous ne regardez pas tous les sondages, mais enfin là, quel qu'il soit, c'est simple, vous êtes de Marine Le Pen, Valérie Pécresse, et vous, celui qui donne le plus gros score à Emmanuel Macron au second tour. Oui.
Franchement, Apolline de Malherbe, entre perdre à 42% et perdre à 39%, vous voyez la différence ?
Pardon, vous dites que vous allez rassembler.
Vous rassemblez, c'est l'inverse, vous réduisez. Non, non, non, je vais vous répondre. Marine Le Pen rassemble d'avantage que vous. Au second tour, face à elle, je donne juste les chiffres.
Face à elle, au second tour, Emmanuel Macron ferait 56% des voix. Face à Valérie Pécresse, il ferait 61% et face à vous, 64%.
Tout ça dépend, les sondages, et peu importe. Les sondages de second tour ne veulent rien dire. Les sondages de second tour ne veulent rien dire. En novembre 80, Valéry Giscard d'Estaing était donné à 60% contre 40% à Mitterrand. En février 2012, cher Apolline de Malherbe, en février 2012, Nicolas Sarkozy était donné à 40% contre 60%. Il a fini à 48,5%. Ça ne veut rien dire. Mais je vais répondre sur le fond. Si vous regardez justement les sondages, et les études d'opinion de façon plus fine, qu'est-ce qu'on regarde ? On voit, vous savez, les transferts de vote. Et on voit que dans l'électorat de Marine Le Pen, il y a les anciens électeurs de Marine Le Pen. Et encore réduits à 60%.
Dans l'électorat de Valérie Pécresse, il y a les anciens électeurs de François Fillon. Mais réduits à 50%. Parce qu'une moitié est partie chez Emmanuel Macron et une autre moitié chez moi. Quand vous voyez mon électorat, vous avez 30% d'électeurs de Marine Le Pen en 2017 et 25% d'électeurs de François Fillon en 2017. Vous me perdez. Ah non, excusez-moi, je ne vous perds pas. En clair, il y a des électeurs du RN et des électeurs de LR qui votent pour moi. Il n'y a pas d'électeurs de LR qui votent pour Marine Le Pen. Il n'y a pas d'électeurs de RN qui votent pour Valérie Pécresse. Donc vous voyez bien que je suis à la confluence des deux et que c'est moi qui peux rassembler.
Alors évidemment, ça monte. Au début, c'était 5%. Il y avait la moitié de RN, la moitié de LR. Aujourd'hui, c'est 15%. Et demain, ça va être 20, 25, etc.
Ces 15%, c'est quand ça vous arrange ? Parce que la réalité, quand même, c'est que ces derniers temps, la code de popularité ou d'intention de vote d'Emmanuel Macron explose et la vôtre chute.
Mais comme tout le monde, comme Banapires, c'est Emmanuel Macron qui prend. Parce qu'il y a la guerre. Mais ça ne va pas durer. Mais les gens vont se rendre compte qu'on est dans une élection présidentielle française et qu'il y a des enjeux pour la France. Et que j'incarne cet enjeu majeur pour la France, dont je l'ai déjà dit, pour que la France reste la France. Donc oui, je suis le seul à rassembler les droites. Parce que je le veux, ce que Mme Pécresse ne veut pas. Et parce que je le peux, ce que Mme Le Pen ne peut pas.
Vous pourrez demain vous réconcilier avec une Marine Le Pen ?
Mais vous savez, il y a évidemment que quand je serai au second tour, tous ceux qui appelleront à voter pour moi seront bien accueillis. Il n'y a pas... Vous savez, c'est ça la politique. On est rivaux, on est adversaires, on pense qu'on a le meilleur projet, qu'on est la meilleure personne pour incarner cette politique. Et après, on voit qui est avec vous et qui n'est pas avec vous. Valérie Pécresse, Mme 20h02, appellera à voter Emmanuel Macron, comme d'ailleurs la plupart des gens qui étaient autour d'elle. Maintenant, vous voyez, c'est une hécatombe. Tout le monde part chez Emmanuel Macron autour d'elle. On voit bien ce qu'il en est entre elle et Macron.
Et Mme Le Pen, si elle me rallie, elle me rejoint au second tour, évidemment qu'il n'y aura pas de...
Vous avez dit de Marion Maréchal qu'elle vous apportait aussi son charme. C'est la journée des droits des femmes aujourd'hui. Vous avez déclaré hier soir sur LCI, quand il y a un excès de valeurs féminines, il y a une faiblesse de la société. Est-ce que vous pouvez développer ?
C'est très simple. Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'on attribue en général, les sociologues, les ethnologues, les anthropologues, que la société s'est organisée autour de valeurs... On attribue aux hommes de valeurs masculines et de valeurs féminines. Les valeurs masculines, c'est très simple. Vous savez, il n'y a rien de sorcier. C'est à grands frais la force, la verticalité, la puissance, la guerre. Et de l'autre côté, la paix, le consensus, les valeurs... Les décisions horizontales et non pas la verticalité. Vous voyez, c'est ça. Et il y a un équilibre dans la société. Il y a un équilibre.
Mais ça veut dire être moins viril que de vouloir la paix ?
Pendant longtemps, si vous voulez, pendant longtemps. Il faut un équilibre entre les deux types de comportement et de valeurs. Et j'ai écrit, effectivement, et je le dis hier, simplement pour expliquer ce que je veux dire, que dans une société où les valeurs féminines sont hégémoniques, quand dans d'autres sociétés, elles ne le sont pas, quand les valeurs de virilité, d'agressivité sont plus importantes, la société féminine est en danger. C'est l'histoire de l'humanité. Les gens le comprennent très bien. Donc il faut un équilibre. Et je pense que je symbolise cet équilibre. Je pense que moi, je veux...
Vous voyez, dans la société aujourd'hui, les femmes sont en première ligne de l'insécurité. On voit bien qu'avec une immigration venue d'autres civilisations, il y a des jeunes hommes qui sont beaucoup plus agressifs, beaucoup plus violents, et qu'il faut protéger ces femmes.
L'agressivité, l'agressivité ne viendraient que, comme vous le dites, d'une immigration.
Non, non, non, l'homme, vous savez, est un loup pour l'homme. Je n'ai rien inventé de ça. C'est Ops, il y a quatre siècles. Tout homme, il ne parlait pas de...
Et en l'occurrence, ce dont vous parlez, c'est qu'il est un loup pour la femme.
Mais exactement, exactement, parce que l'homme est comme ça et que toutes les sociétés ont organisé, ont essayé de canaliser cette agressivité pour protéger les femmes. Seulement, il y a une différence, c'est que dans la civilisation arabo-musulmane, on organise cela en enfermant les femmes, alors que dans la civilisation chrétienne, on éduque les hommes à se contrôler. Et qu'aujourd'hui, il y a cette promiscuité entre les deux civilisations, et que donc, dans une civilisation qui enferme les femmes, et qui, au contraire, dans une civilisation où les femmes sont libres et tout, elles sont les proies des prédateurs d'une autre civilisation.
Et donc, moi, je veux protéger les femmes pour protéger justement leur liberté.
Est-ce qu'il y a des moments de votre campagne, Éric Zemmour, que vous regrettez ?
Vous savez, dans une campagne, il y a des hauts et des bas. Vous savez que vous connaissez le mot célèbre de Chirac. Il faut mépriser les hauts et repriser les bas. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Oui, il y a des moments moins bons. Il y a des moments où on est moins bon.
Non, mais est-ce que vous estimez avoir fait des erreurs, avoir dit des erreurs ? Il y a quand même ce moment, je l'ai réécouté hier, où vous étiez devant le Bataclan pour le triste anniversaire des attentats et où vous avez dit, à propos de François Hollande, qu'il portait une part de décision criminelle. Vous ne regrettez pas d'avoir dit ça ?
Non, je ne regrette pas. Non, non. Je pense effectivement qu'en ouvrant les frontières, d'ailleurs, Mme Merkel est aussi la première responsable, puisque c'est elle qui a ouvert les frontières de l'Allemagne. Et donc, oui, il y avait, mais tout le monde le sait, les terroristes sont passés par ces frontières-là et par cette voie-là. Et ils ont profité de l'ouverture des frontières aux migrants venus du Moyen-Orient, de Syrie, mais aussi d'Algérie, etc.
Vous le rediriez.
En tout cas, c'est un fait. Une responsabilité criminelle. Mais c'est un fait. Mais c'est un fait, je vous assure. Vous le rediriez, vous le rediriez, c'est bon. Je vous assure que c'est un fait. Il est responsable et il le sait très bien. Voilà, ce n'est pas de moi, ce n'est pas à moi de ne...
Aucun autre regret ? Aucun regret, donc, puisque celui-là, ça n'est pas un regret ?
Si vous voulez, on est plus ou moins... Je ne suis pas sûr que mon doigt d'honneur à Marseille ait été du meilleur goût. Mais qu'est-ce que vous voulez ? J'étais énervé, j'avais été harcelé par les antifas toute la journée. Bon, voilà, on fait des erreurs, on fait tous des erreurs. On s'énerve, c'est la vie, on n'est pas fait de bois.
Et il reste 33 jours, en tout cas, pour faire cette campagne, mener cette campagne avant le premier tour. Merci d'avoir répondu à cette interview. Grand format événement sur RMC et BFM TV, puisque vous avez répondu à mes questions pendant une heure. Il est 9h22.
Merci à vous.
Éric Zemmour