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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 juin 2023 26 min

Amendes pour consommation de cannabis, partage de la valeur, loi Immigration... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivier Marleix

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Marlex. Emmanuel Macron veut autoriser les policiers à faire payer en liquide ou en carte bleue les amendes des consommateurs de cannabis. Est-ce que c'est une bonne idée ?

0:09
Alain Marleix

Oui parce qu'aujourd'hui on a un problème de recouvrement de ces amendes. Je crois qu'à 60 jours on n'a que 35% de recouvrement. Donc si on veut que ces amendes aient de l'effet, il faut trouver tous les moyens de les faire payer. On aurait même pu aller plus loin. On avait proposé qu'ils puissent avoir des saisies, y compris des aides sociales. C'est bien d'avoir instauré des amendes. Encore faut-il les faire payer. Pour les consommateurs ou pour les trafiquants ? On parle aujourd'hui des consommateurs et des trafiquants. Surtout des consommateurs.

0:41
Présentateur

Est-ce que vous dites comme Emmanuel Macron que les consommateurs, quels que soient ce qu'ils achètent, sont complices ?

0:48
Alain Marleix

La responsabilité des pouvoirs publics et du président de la République, c'est d'abord de faire en sorte qu'il n'y ait pas de trafic. Donc le premier complice, si on va par là, ce sont les pouvoirs publics. Le consommateur, évidemment, il fait tourner une économie. Mais il est plutôt, de mon point de vue, en bout de chaîne. Quand on voit des gamins de 15 ans, de 14 ans, de 13 ans se droguer, aujourd'hui c'est la situation dans nos villes. Évidemment, ce n'est pas eux qu'on a envie de pointer du doigt.

1:13
Présentateur

Sur le cannabis, comment vous expliquez que la France est aujourd'hui le système le plus répressif et le plus grand nombre de fumeurs ?

1:20
Alain Marleix

Le plus inefficace, en fait. Sans doute parce qu'il n'y a pas de volonté suffisamment forte sur ce sujet.

1:30
Invité

Vous voulez quoi, par les contrôles et les amendes de plus ?

1:33
Alain Marleix

Non, mais après tant d'hésitation, on a beaucoup hésité sur ces sujets-là. Ce qu'il fallait, il y a quelques années, pardon, mais le débat public dans ce plateau, c'était sans doute, faut-il légaliser la consommation du cannabis. En oubliant les ravages que ça faisait sur le cerveau des adolescents. Donc on a beaucoup manqué de fermeté et de volonté.

1:57
Invité

Mais là, vous, aujourd'hui, vous voulez quoi de plus ? On essaie de comprendre parce que le président dit qu'il y a une amende, on va la faire payer le plus tôt possible.

2:04
Alain Marleix

Oui, c'est bien, pardon, et ça me paraît souhaitable, effectivement, parce qu'il faut casser cette économie. Et donc, y compris du côté du consommateur. Mais évidemment, ce qu'il faut d'abord viser, ce sont les réseaux de trafiquants. Et là, on sait qu'il reste encore beaucoup de chemin. Vous avez même une multiplication, aujourd'hui, des trafics. Vous vous promenez en France, vous découvrez des cercles clandestines un peu partout. Donc oui, c'est un fléau et il faut une action résolue.

2:32
Présentateur

Il faudrait autoriser, comme est en train de l'expérimenter l'Allemagne, l'autoconsommation pour lutter contre les trafics. C'est une expérimentation qui va être lancée dans les mois qui viennent, après des mois de négociations au sein de la coalition en Allemagne.

2:46
Alain Marleix

Non, non, moi, je vous dis, je considère que les effets du cannabis sont désastreux en termes de santé publique sur le cerveau des plus jeunes.

2:57
Invité

Mais vous entendez les arguments de ceux qui sont pour la légalisation. Ils disent que ce sera un moyen de mieux contrôler la qualité, si je puis dire, de ce qui est fumé.

3:04
Alain Marleix

Moi, je refuse de rentrer dans ce débat une fois encore. J'ai vu autour de moi trop de jeunes atteints par le cannabis pour en faire l'apologie.

3:16
Présentateur

Olivier Marlex, hier à Marseille, Emmanuel Macron a été interpellé par une mère qui lui disait que son fils de 33 ans ne trouvait pas de travail. Il lui a répondu, on descend ensemble, on fait le tour du vieux port et je suis sûr qu'il y a 10 offres d'emploi. Est-ce qu'il a raison ?

3:31
Alain Marleix

Oui, on sent qu'on arrive au bout des 100 jours d'apaisement et que la naturelle est en train de reprendre le dessus. Il y a quelque chose évidemment d'un peu provocateur dans cette formule. J'ai la rencontre. Bien sûr qu'il y a des emplois non pourvus dans notre pays. On le sait. Je pense que ce n'est pas aux présents de la République de s'exprimer comme ça.

3:54
Invité

La Provence a fait le test hier. Les journalistes de la Provence ont fait le tour du vieux port et ont trouvé 13 offres d'emploi. C'est plus que ce qu'a dit le Président. Donc là-dessus, vous lui reconnaissez une certaine lucidité ?

4:05
Alain Marleix

Sur le fond, on sait qu'il y a un problème d'offres non pourvues. Rien que dans l'hôtellerie-restauration, à l'heure où nous parlons, c'est 300 000 emplois. 300 000 offres qui ne sont pas satisfaites. Mais ça pose toutes sortes de problèmes, y compris de problèmes au bord de mer, pendant la saison touristique. On sait qu'il y a un problème de logement pour les gens. Et tant qu'on ne règle pas cette question, on aura du mal à mettre les gens en emploi. Donc c'est un peu plus compliqué que le « je fais le tour du vieux port avec vous et je vous trouve les 10 emplois ».

4:40
Présentateur

Est-ce que vous reconnaissez à Emmanuel Macron la qualité d'avoir en partie réglé cette question du chômage en France ?

4:48
Alain Marleix

Non, pardon, il faut quand même un tout petit peu garder la raison. Je sais que visiblement vous êtes sous le charme du sitcom de Marseille. Non, c'est les chiffres. Il y a d'autres chiffres qu'il faut regarder avec, c'est la démographie. C'est-à-dire qu'on arrive dans des classes d'âge où les générations du baby-boom sont parties à la retraite. Et où donc, effectivement, normalement, logiquement, le chômage diminue. Donc je relativise un tout petit peu ce que certains essaient de faire passer comme un exploit.

5:19
Invité

Olivier Marlex, l'Assemblée se penche aujourd'hui, cette semaine d'ailleurs, sur le partage de la valeur. L'idée, c'est de reprendre tel quel l'accord conclu entre les partenaires sociaux. Étendre la participation et l'intéressement aux entreprises de 11 à 49 salariés, c'est une bonne façon pour vous de redonner du pouvoir d'achat aux Français ?

5:36
Alain Marleix

Oui, alors je ne sais pas si l'objectif, c'est de redonner du pouvoir d'achat aux Français. Enfin, au total, c'est quand même des milliards et des milliards qui sont redistribués quand on met bout à bout intéressement, participation, etc. Je pense que le projet politique, qui était celui d'ailleurs du général de Gaulle, de la participation, c'était son expression de répondre à l'infirmité morale du capitalisme, c'est-à-dire d'essayer de donner du sens aux profits dégagés dans l'entreprise. Je pense que ce débat, il est très actuel. Dans ma famille politique, on avait un parlementaire dont le nom est un peu connu, Serge Dassault, qui militait pour les trois tiers.

Un tiers du bénéfice doit aller à l'actionnaire, un tiers doit rester dans l'entreprise pour l'investissement, un tiers devait aller vers les salariés. On n'en est pas là aujourd'hui, dans la répartition. On n'en est pas là. Ce que pratique, c'est des idées auxquelles je suis attaché. Je me réjouis que les partenaires sociaux aient trouvé un accord. Il ne faut pas que le Parlement y touche. On aura surtout des débats un peu passionnés sur ces bénéfices exceptionnels.

6:43
Présentateur

Mais vous le voterez ce texte a priori, la loi que le votera ?

6:45
Alain Marleix

Tout ça va dans le bon sens. Il ne faut pas oublier que la rémunération du travail, c'est d'abord le salaire. Ce n'est pas des primes à tout va.

6:55
Présentateur

On va en parler dans un instant. Mais vous voterez ce texte, les députés, les républicains. Oui, bien sûr.

7:00
Alain Marleix

Le texte des partenaires sociaux, ce n'est pas celui du gouvernement. Le gouvernement a eu la sagesse de le reprendre. C'était une condition sine qua non, mais ce n'est pas les partenaires sociaux.

7:08
Présentateur

Olivier Marlex, chef de file des Républicains à l'Assemblée, invité de France Info jusqu'à 9h et les 8h40. Le file Info avec Diane Ferschit.

7:16
Invité

Attention aux incendies dans les bouches du Rhône. Le département est placé en alerte orange par la toute nouvelle météo des forêts. Cela signifie qu'il y a un danger élevé d'incendies. Deuxième journée à Marseille. Pour Emmanuel Macron, il va se consacrer aux écoles de la ville dont il a fait un laboratoire avec plusieurs expérimentations en cours. Le chef de l'État qui a renoué avec le grand débat dans les quartiers nord hier sur le thème de la sécurité. La lutte contre la drogue est selon lui une responsabilité collective. Une semaine après l'explosion dans un immeuble, rue Saint-Jacques à Paris la mérite.

Paris va verser une aide immédiate, aide exceptionnelle de 2 millions d'euros pour les victimes du sinistre. Elle doit permettre d'accompagner les blessés ainsi que leurs familles mais aussi de reloger les riverains et les occupants de l'immeuble effondrés. Des recherches sont toujours en cours dans les décombres pour tenter de retrouver une femme disparue. L'inspection du travail juge la situation dangereuse à la série d'harceleurs mitales de fosses sur mer. Les salariés sont trop exposés selon elle à des produits toxiques et à des poussières. Conséquence, le site se retrouve fermé. France Info

8:18
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

8:23
Invité

Bonjour et Olivier Merlec, c'est le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Vous disiez juste avant le fil info que vous alliez voter le texte sur le partage de la valeur. Est-ce que vous allez quand même essayer de l'amender en y ajoutant par exemple l'indexation des salaires sur l'inflation ? C'est ce que veut une partie de l'opposition ?

8:39
Alain Marleix

Écoutez, non. Une fois encore, la demande des partenaires sociaux, c'est de ne pas toucher à ce texte. Donc, on respectera la volonté des partenaires sociaux. Après, oui, il y a un sujet sur les salaires dans notre pays, mais personne ne peut imaginer sérieusement qu'on le réglera sur un coin de table.

8:54
Invité

Pendant la présidentielle, l'idée de votre candidate Valérie Pécresse, c'était d'obtenir une hausse de 10% des salaires sur 5 ans, des salaires inférieurs à 2800 euros net en baissant les cotisations vieillesse. C'était la manière de réguler. Elle est toujours d'actualité, cette proposition ?

9:10
Alain Marleix

Oui, mais une fois encore, ce que je vous dis, ça ne se règle pas sur un coin de table. Je crois que ce qu'il aurait fallu faire en début de quinquennat, c'était sans doute une conférence sur les salaires, se mettre d'accord avec l'ensemble des partenaires sociaux, avec les employeurs d'abord, sur ce qu'était leur marge, ce qu'étaient les conditions pour pouvoir augmenter les salaires. On sait qu'on a un problème quand même de salaire dans notre pays. Ça ne date pas d'aujourd'hui.

9:35
Invité

Oui, mais alors dans ces cas-là, on fait quoi ? On reste sur le discours de Bruno Le Maire, à savoir inciter pratiquement tous les jours les patrons à augmenter les salaires, ou alors on les est contraints ?

9:45
Alain Marleix

Je ne crois pas à une mesure qui risquerait d'encourager un cercle vicieux de l'inflation. Après, cela dit, il faut que le gouvernement ait... C'est un problème aussi important, aussi structurel, vous ne le réglez pas sur un coin de table, avec un pouvoir qui aujourd'hui n'a plus aucune marge de manœuvre. C'est-à-dire que si on avait voulu avoir une démarche un peu générale, comme le proposait notre candidate, ça supposait d'être capable de baisser les charges. Pour baisser les charges, il fallait sans doute ne pas faire d'autres baisses par ailleurs, où il fallait faire d'autres réformes en face. On proposait une réforme des retraites, par exemple, pour faire rentrer...

Tout ça demande un tout petit peu de cohérence et ne se règle pas à coup de slogan.

10:31
Présentateur

La réforme des retraites, justement, Olivier Marlex, ne permettra pas de ramener le régime à l'équilibre. C'est ce que dit le Conseil d'orientation des retraites dans son dernier rapport. En 2030, les régimes devraient être déficitaires d'environ 6 milliards d'euros. Pas de retour à l'équilibre avant 2045, dit ce même rapport. Est-ce que vous regrettez de l'avoir voté, cette réforme ?

10:49
Alain Marleix

Non, ce qui est quand même assez savoureux, c'est qu'on a fait, dans l'hémicycle, on a subi quand même toute une partie des débats avec des gens qui nous rappelaient que le corps avait dit que non, non, il n'y avait pas de problème de financement des retraites. Aujourd'hui, on nous dit que le corps dit le contraire. Tout ça, à chaque fois, évidemment, on lit très partiellement et partiellement, sans doute, ce rapport. Le corps dit que tout ça ne suffirait pas si on restait sur des hypothèses de croissance très faibles. En réalité, ça montre quand même que cette réforme, elle était nécessaire. Premier élément intéressant. Est-ce qu'elle est suffisante ? Ou est-ce qu'il en faudra une autre ?

Je pense qu'elle est suffisante. Nous, on a demandé et on a obtenu qu'il y ait une clause de revoyure quand on aura franchi le palier des 63 ans. On verra où on en est. Mais l'hypothèse du corps, là, selon laquelle la réforme serait insuffisante, c'est dans une hypothèse de croissance très faible. Je n'y crois pas. Je pense qu'on fera mieux. Ce qui m'intéresse aussi dans le rapport du corps, c'est que le corps dit qu'on va avoir une augmentation de 5 à 12% des retraites pour les retraités les plus modestes.

Et ça, je me réjouis parce que c'était la demande des Républicains, c'était la demande de mon groupe d'intégrer cet élément dans la réforme des retraites, ce qui n'était pas prévu dans le projet, dans la copie initiale du gouvernement.

11:58
Présentateur

Mais comment vous expliquez-vous un tel écart entre ce qu'a dit le gouvernement pendant l'examen du texte, c'est-à-dire retour à l'équilibre en 2030, et ce que dit aujourd'hui le Conseil ? C'était zéro, et là c'est similaire.

12:10
Alain Marleix

Je pense qu'il faut d'abord s'interroger sur ce que dit le corps. Une fois encore, on a tous en tête les extraits du président du corps devant une commission parlementaire, disant que non, non, il n'y a pas de problème, tout est à l'équilibre. Donc tout ça manque un tout petit peu de...

12:24
Présentateur

Ça veut dire qu'on n'a pas la bonne boussole aujourd'hui.

12:26
Alain Marleix

De raison, de sérieux, de lecture. Après, le corps dit beaucoup de choses, il travaille sur des hypothèses. Donc visiblement, en tout cas, la réforme était nécessaire. J'espère qu'elle sera suffisante. Et je me réjouis pour les retraités actuels les plus modestes qui auront effectivement une augmentation de leur pension dès le 1er septembre, vers le 9 octobre.

12:45
Invité

Où en sont les discussions avec le gouvernement sur l'immigration, le projet de loi à venir ?

12:50
Alain Marleix

Écoutez, il n'y en a pas. Le gouvernement n'est pas revenu vers nous. Il semble manquer de volonté sur le sujet. Je crois qu'ils ne savent pas trop où ils vont. Tout ça m'amène, par exemple, d'ailleurs, il y a un fait dans l'actualité dont on a pu parler, qui est la question du port du hijab dans le sport. Dans le foot, on a, lors du texte séparatisme de M. Darmanin, on a déposé des amendements pour interdire le port du voile lors des compétitions sportives. À l'époque, le gouvernement s'y est opposé. Et donc un jour, si le Conseil d'État confirme, suit la position de son rapporteur qui dit « Non, non, il n'y a pas de problème, tout va très bien, on a le droit de mettre le voile.

Ce n'est pas du prosélytisme, ce n'est pas de la provocation. »

13:33
Invité

Eh bien, je pense que le gouvernement nous proposera de faire une loi. Le rapporteur dit que la FFF a le droit de dire à l'équipe nationale « Ne portez pas le voile », en revanche, pour les licencier, parce qu'elle représente la France, elle représente la nation, en revanche, pour les licencier,

13:47
Alain Marleix

Il faut la naïveté d'un rapporteur au Conseil d'État pour récrire qu'il n'y a pas de prosélytisme, qu'il n'y a pas de provocation. Moi, j'ai regardé les photos des équipes féminines du Maroc, de l'Algérie, du Sénégal. Aucune de ces joueuses de football n'est voilée.

14:03
Invité

Par contre, en France, si on écoute le Conseil d'État,

14:06
Alain Marleix

ce serait normal.

14:06
Invité

Le rapporteur dit que l'équipe nationale ne bougera pas.

14:10
Alain Marleix

Non, non, mais il faut encore qu'en France, ce soit possible. Votre exemple n'est pas moi. Qu'en France, ce soit possible. Si l'équipe nationale ne porte pas le voile, j'imagine que ça veut dire que dans des pays musulmans, on ne porte pas systématiquement le voile. En France, par contre, ce serait normal de le faire. Une fois encore, le Conseil d'État est fidèle, d'ailleurs, à ce qu'était son attitude en 1989, lors de la polémique sur le voile à l'école. Il a fallu que le législateur y vienne. Tout ça pour vous dire que sur ce sujet-là, si M. Macron, si M. Darmanin nous avait écoutés, on n'en serait pas là. On aurait réglé cette question il y a un an.

On a fait des propositions en ce sens que le gouvernement a rejetées.

14:44
Présentateur

Sur l'immigration, Olivier Marex, vous proposez une réforme constitutionnelle pour échapper aux droits et aux traités européens. Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre de votre famille politique, a dénoncé, je cite, une dérive extrémiste de la droite. Comment vous avez accueilli ces propos ?

14:58
Alain Marleix

J'ai du respect pour Dominique de Villepin. Quand on commence comme ça, généralement, oui. Je ne peux pas non plus le laisser dire ça. Je pense qu'il faut que Dominique de Villepin réalise que les temps ont changé, qu'aujourd'hui, les Français ont très majoritairement envie de dire stop à un certain nombre de dérives, ont envie d'un tournant, je crois, sans doute assez radical, sur cette reprise en main de notre destin. Aujourd'hui, notre pays n'est plus capable d'intégrer. Et je pense qu'il serait temps que Dominique de Villepin s'en rende compte. Tout ça n'est pas étranger à de nobles sentiments d'humanisme ou autre.

Mais moi, vous savez, quand je vois dans certains quartiers où je suis élu, des enfants dont j'ai le sentiment qu'ils grandissent un peu en marge, finalement, de notre société, qu'on n'a plus les moyens de les intégrer, qu'on n'a plus les moyens de leur faire partager un certain nombre de valeurs auxquelles nous sommes sans doute tous attachés, je me dis qu'il y a un problème dans ce pays et qu'il faut reprendre les choses en main.

16:09
Présentateur

Quelle filière d'immigration vous voulez limiter aujourd'hui ? La principale, par exemple, aujourd'hui en France, sont les étudiants. Celle-là, vous y touchez ou pas ?

16:17
Alain Marleix

Oui, je pense qu'il faut un peu de discernement partout. Je pense qu'on a un sujet sur le regroupement familial qui a été élargi. On a un sujet sur les étudiants. Je pense qu'il y a un sujet, une question de nombre. On a la question de l'asile qui a totalement explosé. On est à 156 000 demandes lorsqu'on était à peine à 40 000, autour de 40 000, quand la droite était au pouvoir. Donc oui, il y a un effet de masse un peu partout.

16:48
Invité

Une dernière question. Si vous décidez de vous retirer du droit européen, des traités européens pour la question de l'immigration, qu'est-ce qui empêche que d'autres pays le fassent pour d'autres choses ?

16:57
Alain Marleix

Non, mais ce n'est pas se retirer du droit européen. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en réalité, nos systèmes juridiques, notre organisation juridique, pays par pays au sein de l'Union européenne, au sein de la Convention européenne des droits de l'homme, est différente. Par exemple, la jurisprudence de la CEDH en Allemagne, elle a simplement une valeur législative. Elle est une valeur équivalente à la loi. En France, la jurisprudence de la CEDH a une valeur supérieure à la loi. Donc tout ça a des conséquences absolument différentes. Et donc nous, on propose de remettre un petit peu d'ordre pour ne plus subir une jurisprudence de la CEDH que les autres n'impliquent pas.

C'est aussi simple que ça.

17:29
Présentateur

Sur la future loi immigration, comme sur le prochain budget, le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, menace de déposer une motion de censure à la fin de l'année. Est-ce que vous êtes sur la même ligne que lui ? Les motions de censure se déposent à l'Assemblée nationale. Oui, ce n'est pas lui qui la déposerait, mais c'est plutôt vous. D'ailleurs, est-ce que vous êtes prêt à le faire, vous aussi, et à renverser le gouvernement ?

17:48
Alain Marleix

J'ai dit très clairement les choses, parce qu'en déposant une motion de censure, c'est que le gouvernement tentait de passer en force sur des sujets qui, pour nous, constitue véritablement une ligne rouge.

18:00
Présentateur

L'immigration en fait partie ? Pardon ?

18:02
Alain Marleix

L'immigration en fait partie ? Oui, c'est la première ligne rouge que j'ai identifiée, c'est-à-dire une fois encore, parce qu'on est dans cette situation où les Français ne supporteraient pas, je pense, un laisser-aller supplémentaire, ne supporteraient pas qu'on fasse semblant. Oui, à ce moment-là, on déposerait une motion de censure.

18:19
Présentateur

Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains, à l'Assemblée, invité de France Info. Il est 8h51, le fil infodien de Ferschit.

18:26
Invité

Joe Biden, mais aussi Emmanuel Macron réfutent les accusations de Vladimir Poutine. Le président russe pointe l'implication de l'Occident dans la mutinerie des paramilitaires Wagner. Vladimir Poutine qui assure avoir évité une effusion de sang, il remercie les Russes et les Wagner qui n'ont pas pris part à la rébellion pour leur patriotisme. Des révélations sur la congrégation religieuse de Saint-Jean, un rapport qu'elle a elle-même mené sur son fonctionnement, sur les abus sexuels et spirituels, d'abord de son fondateur, le père Marie-Dominique Philippe. Il est mort en 2006, 24 femmes victimes ont été identifiées.

Le rapport révèle également que 72 frères ont commis des abus sexuels sur 167 victimes. Des fouilles à Mémac, en Corrèze, pour retrouver les corps de 47 soldats allemands fusillés par des résistances. C'était en juin 1944, les opérations débutent aujourd'hui après les révélations d'un ancien membre de la résistance. Deuxième et dernier jour du brevet, plaça à l'histoire-géographie et aux sciences. Pour près de 900 000 collégiens, ils ont déjà planché hier sur les épreuves de mathématiques et de français. France Info

19:28
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

19:33
Invité

Bonjour avec Olivier Marlex, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. Vous ne souhaitez pas d'alliance avec Emmanuel Macron, vous ne cessez de le répéter, mais avec qui pourriez-vous gouverner ? En Italie, en Suède, en Finlande, la droite et l'extrême droite ont fait alliance pour arriver au pouvoir. Est-ce que ça arrivera bientôt en France ?

19:49
Alain Marleix

Écoutez, je crois que ça fait une vingtaine d'années que cette question a été tranchée. On n'est pas dans le même système politique. Vous parlez de régimes qui sont des régimes parlementaires ou donc qui font nécessairement des alliances au Parlement. Nous, on est dans un régime qui est d'abord un régime de nature plus présidentielle. C'est-à-dire que l'élection maîtresse, c'est celle du candidat à l'élection à la présidence de la République.

20:09
Invité

Mais vous avez fait moins de 5% à la dernière présidentielle. Est-ce qu'il ne faut pas vous allier avec d'autres partis

20:14
Alain Marleix

pour pouvoir atteindre le pouvoir ? Non, c'est une affaire de... Moi, je ne crois pas aux petites tambouilles entre partis politiques. En revanche, notre projet, on est censé quand même entendre ce que disent les électeurs, y compris ce que disent les électeurs qui votent Marine Le Pen ou qui votent Zemmour.

20:34
Présentateur

Justement, quand Éric Ciotti, votre patron, enfin le patron du parti, dit par exemple qu'il aurait préféré voter Zemmour que Macron au second tour de l'élection présidentielle, est-ce que ce n'est pas le début de l'alliance des droites ?

20:43
Alain Marleix

Franchement, on ne va pas refaire l'histoire. Tout ça, c'est le passé. Aujourd'hui, ça fait 6 ans, pardon, ça fait 6 ans, il faut au moins nous reconnaître un mérite qui est celui de la constance et de la solidité dans nos convictions. Personne n'est obligé de partager ses convictions, mais voilà, ça fait 6 ans qu'on dit pas de Macron, pas Marine Le Pen et qu'on a un projet. Mais ce n'est pas la même chose de dire pas de Macron, pas de Marine Le Pen et de dire j'aurais préféré Zemmour à Macron. Pardon, le fond de ma pensée, c'est que Macron Le Pen, c'est les revers, c'est la même pièce. Madame Le Pen a été l'adversaire choisi par Emmanuel Macron, son faire-valoir, etc.

Voilà, donc tout ça, dans quelques années, sera derrière nous et ce pays aura besoin de reconstruire un peu de cohésion nationale, alors pas de manière mièvre, en s'attaquant à des problèmes de fond, comme je l'ai évoqué, notamment la question de l'immigration.

21:34
Présentateur

La rédaction du journal du dimanche est en grève depuis quelques jours, depuis la nomination annoncée d'un nouveau directeur de la rédaction, Geoffroy Lejeune, venu de Valeurs Actuelles. Est-ce que vous soutenez les grévistes ?

21:46
Alain Marleix

Écoutez, moi, ce qui m'a le plus surpris dans tout ça, c'est la sortie de la ministre de la Culture, Mme Abdelmalak, qui a dit son inquiétude pour les valeurs de la République. Elle était beaucoup moins inquiète quand le président de la République obtenait cinq, six pages d'interviews de la part de Geoffroy Lejeune dans Valeurs Actuelles. Donc, que l'État, d'abord, reste à sa place. Moi, j'essaie de rester à ma place. La semaine dernière, je défendais France Inter et sa ligne éditoriale. Il y avait une petite polémique pour savoir si c'était trop à gauche ou pas, etc. Cette semaine, je me sens aussi à l'aise pour défendre Bolloré.

Moi, au nom d'une même chose qui est le respect du pluralisme. Officiellement, ce n'est pas Bolloré. Ce n'est pas un choix de Bolloré. Officiellement, c'est la garde-à-à-dire Vincent Bolloré, mais pas encore propriétaire du titre. Non, la garde-à-à-dire, si vous voulez, le respect du pluralisme, de la liberté d'expression et le fait que ce n'est pas du tout politique de se mêler de tout ça. Je vais observer, d'ailleurs, que je suis beaucoup plus souvent invité par France Inter que par CNews ou par Valeurs Actuelles. Donc, je suis d'autant plus à l'aise pour dire que je ne m'en mêle pas.

22:56
Invité

Mais parce que l'inquiétude, elle est importante chez les journalistes du JDD parce que Geoffroy Lejeune vient de Valeurs Actuelles parce que c'est un proche d'Éric Zemmour et de Marion Maréchal-Le Pen. Vous, ça ne vous inquiète pas ?

23:07
Alain Marleix

Non, je ne commente pas. Je commente une fois encore. J'ai défendu la ligne éditoriale de France Inter. Ça me permettrait de défendre les choix de l'actionnaire.

23:17
Présentateur

Un patron de presse fait ce qu'il veut. Ce n'est pas une entreprise différente des autres. Vous préférez l'Ortf ?

23:22
Alain Marleix

Vous préférez l'Ortf, vous ? Non, mais il n'y a pas d'alternative. Je dirais, soit on laisse faire chez les actionnaires, proposent des gens. Après, vous avez des possibilités en interne de faire parce que c'est dans le droit de la presse, des motions de défiance, etc. Tout ça existe. Mais ce n'est certainement pas aux politiques d'aller se mêler, d'aller commenter tout ça. Sinon, on revient à l'Ortf et je ne pense pas qu'en termes de liberté de la presse, ce soit le modèle souhaitable. Est-ce que vous diriez que Vincent Bolloré est un grand chef d'entreprise qui fait honneur à la France ? Oui, c'est un grand chef d'entreprise et il a fait honneur à notre pays.

Évidemment, après, on ne peut pas être d'accord avec le circuitement. Enfin, vous me dites, ce n'est pas les siens encore. Officiellement, ce ne sont pas les siens. Arnaud Lagardère jure que c'est lui qui a nommé Jean-François le jeune grand chef d'entreprise qui a porté notamment en France ou à l'étranger haut les couleurs de notre pays.

24:16
Invité

Une toute dernière question politique, Olivier Marlex. Les européennes, c'est l'année prochaine, mais vous avez une réunion en fin de journée pour en parler chez les Républicains. On se rappelle qu'en 2019, Laurent Wauquiez avait dû quitter la présidence du parti parce que vous aviez atteint les 8% seulement. Aujourd'hui, on vous donne un peu moins de 5%. Ça veut dire que si ça arrive, si vous atteignez moins de 5%, est-ce qu'Éric Chotty devra faire ses valises ?

24:36
Alain Marleix

Là, vous cherchez le plus mauvais sondage de tous les sondages. Ce n'est pas exactement ce que j'ai vu.

24:42
Invité

Ou alors, même s'il reste à 8% ?

24:43
Alain Marleix

De mon côté, si on fait la même chose que la dernière fois, ce sera pas mal. On revient effectivement 5% ses résultats avec son présidentiel, même pas. D'ailleurs, 4,78%, je ne l'ai pas oublié. Ce résultat est un peu traumatisant. On va faire campagne. C'est dans un an. Vous n'êtes pas fixé d'objectif minimum ni de... Il n'y a pas d'objectif minimum. Tout ça est dans un an. Je pense qu'on ne va pas commencer maintenant à se mettre des objectifs minimums. Je souhaite que cette élection marque un renouveau.

25:14
Présentateur

Olivier Marlex, président du groupe Les Républicains, à l'Assemblée, était l'invité de France Info. Merci et bonne journée à vous. Merci.

25:19
Locuteur

Merci à vous.

25:19
Invité

Cold Case, la science face au crime, le nouveau podcast original France Info.

25:24
Alain Marleix

Le périmis d'un dossier criminel, c'est le temps. Surtout si, pendant ce laps de temps, rien n'est fait.

25:29
Invité

Les avancées techniques et scientifiques sont devenues incontournables pour résoudre les dossiers non élucidés. David Di Giacomo. Avec le service Police Justice de France Info, nous vous racontons les grandes affaires criminelles résolues grâce à la science. Moi, j'ai craqué. Ce n'est pas possible. Moi, je sais que la vérité viendra par l'ADN. Cold Case, la science face au crime, un podcast original France Info. 8 épisodes à découvrir sur l'application Radio France, les plateformes de podcast et franceinfo.fr.

Amendes pour consommation de cannabis, partage de la valeur, loi Immigration... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivier Marleix — Alain Marleix · Pourquijevote