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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 1 juin 2020 5 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

L'interview «Savoir comprendre» : Jean-Eric Branaa - 01/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    Que dit Donald Trump face à cette révolte, ses émeutes ?

  • 1:25OuverteRéponse partielle

    Colère qui émerge, que l'on voit au grand jour, colère parce qu'il y a eu le Covid, parce qu'il y a un taux de chômage record aux États-Unis, ça dépasse là encore la question raciale ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'aujourd'hui, les États-Unis, c'est un pays qui a peur ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Est-ce que la société américaine a peur ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences politiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurFait
    « Il dit, tout cela, c'est à cause de la Chine et de l'extrême gauche. »
  • 0:21PrésentateurFait
    « Les organisations terroristes, il place le débat sur ce terrain-là. »
  • 0:40InvitéFait
    « Il n'y a pas que les organisations terroristes, il y a aussi les démocrates dans leur ensemble »
  • 0:44InvitéFait
    « Le maire de Minneapolis aussi, Fletcher. »
  • 1:09InvitéFait
    « Et il disait qu'on allait tirer parce qu'à partir du moment où il y avait des pillages, les tirs pouvaient commencer. »
  • 3:04InvitéChiffre
    « On est à 42 millions de chômeurs. »
  • 3:11InvitéFait
    « Oui, on arrive à des niveaux de 1929. »
  • 3:21InvitéFait
    « La plus grosse crise économique qu'on ait connue dans ce pays de tous les temps. »
  • 3:27InvitéFait
    « Et ce sont ces communautés-là. »
  • 3:35InvitéFait
    « Donald Trump a ressorti le fameux slogan de Nixon ou de Wallace. La loi et l'ordre. »
  • 4:41InvitéFait
    « Joe Biden, qui s'est positionné dès le départ en parlant de racisme systémique »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:04
Invité

RMC, 6h-9h. Bonne indirecte.

0:07
Présentateur

Jean-Éric Brana est avec nous, maître de conférence à l'Université Paris 2 et spécialiste des Etats-Unis. Que dit Donald Trump face à cette révolte, ses émeutes ? Il dit, tout cela, c'est à cause de la Chine et de l'extrême gauche. Les organisations terroristes, il place le débat sur ce terrain-là. Or, il le fait politiquement. C'est de l'opportunité politique, mais en fait, le débat n'est pas là. Il n'est pas sur ce terrain-là.

0:34
Invité

Alors, il nomme aussi d'autres responsables. Il n'y a pas que les organisations terroristes, il y a aussi les démocrates dans leur ensemble, puisque le Minnesota est un État dans lequel la plupart des élections sont démocrates. Le maire de Minneapolis aussi, Fletcher. Il accuse également les médias. Il ne faut pas l'oublier, mais vous êtes aussi visé. En réalité, il désigne des coupables. Or, ce qu'on attend du président des États-Unis aujourd'hui, c'est de l'empathie, de la compréhension et une main tendue. Et c'est là où il y a une dichotomie entre les attentes et la réaction de Donald Trump. Et c'est là où ça ne va pas. Ça nous rappelle son premier tweet dans lequel il parlait des voyous.

Et il disait qu'on allait tirer parce qu'à partir du moment où il y avait des pillages, les tirs pouvaient commencer. Bon, mis à part la phrase raciste des années 60 qu'il avait repris, le temps, le tempo n'était pas bon, parce qu'il n'avait pas encore fait, un problème d'empathie qui permettait à cette population de se calmer.

1:25
Présentateur

Alors, colère, colère qui émerge, que l'on voit au grand jour, colère parce qu'il y a eu le Covid, parce qu'il y a un taux de chômage record aux États-Unis, ça dépasse là encore la question raciale ?

1:38
Invité

C'est lié, mais vous avez raison d'appuyer là-dessus, parce qu'il n'y aurait certainement pas cette réaction aujourd'hui s'il n'y avait pas eu la crise sanitaire juste avant. C'est évidemment ce confinement qui a fait que les gens sont coincés chez eux pendant un moment, mais en même temps subissent l'ensemble de ces crises. La crise sanitaire, la crise économique qui arrive, et c'est ces populations fragilisées qui sont les premières touchées, bien sûr. Le chômage, c'est eux. Les problèmes d'assurance santé, c'est eux. La pauvreté, c'est encore eux.

Et bien évidemment, c'est la goutte qui fait déborder le vase avec ce problème de violence policière et surtout l'appréhension qu'il n'y aura pas de justice derrière, que c'est encore une fois eux qui sont touchés et que ça va passer à la scène.

2:18
Présentateur

Alors vous parlez appréhension. Moi j'irai plus loin, je parlerai de peur. Est-ce qu'aujourd'hui, les États-Unis, c'est un pays qui a peur ? Est-ce que la société américaine a peur ?

2:29
Invité

Vous avez bien entendu Jean-Jacques, vous avez complètement raison. Et dans mon livre sur la crise du coronavirus, je ne parle que de ça. On est dans un pays qui a peur, qui a eu peur de ce virus. C'est pour ça qu'on s'est confinés, on a eu la même chose en France. La peur est certainement une mauvaise courrière.

2:46
Présentateur

Mais c'est amplifié aux États-Unis parce que la société est plus peureuse, si je puis dire, entre guillemets, que la société française.

2:53
Invité

Pour les microbes, vous voulez dire ? Assurément. Pas que pour les microbes. Mais pas que. Mais pas que. Mais effectivement, la peur, elle est là. Mais surtout cette crise phénoménale qu'on nous annonce. Parce que là, on nous l'annonce très forte aux États-Unis. On est à 42 millions de chômeurs. Dans quelques jours, on va voir le chiffre, le taux de chômage qui devrait atteindre les 20%. Rendez-vous compte. 20% ? Oui, on arrive à des niveaux de 1929. La plus grosse crise économique qu'on ait connue dans ce pays de tous les temps. Donc c'est vrai que si on arrive à 24-5, on aura battu le record de 1932. Et tout ça, c'est devant. Et ce sont ces communautés-là.

Mais ça veut dire, un pays qui a peur, ça veut dire que c'est un pays qui prend des lois pour se protéger. Aussi. Aussi. Et c'est bien pour ça que Donald Trump a ressorti le fameux slogan de Nixon ou de Wallace. La loi et l'ordre. On va d'abord commencer par remettre de l'ordre pour pouvoir reconstruire le pays. Encore une fois, là par contre, on n'est pas en 68. On n'est pas dans un contexte de guerre du Vietnam. Les manifestations sont d'une autre nature. La colère est d'une autre nature. Et c'est peut-être pas la meilleure réponse à faire quand on est en train de parler de violence policière. Alors que la justice, pour l'instant, n'a pas été au rendez-vous.

4:03
Présentateur

N'a pas été au rendez-vous, Jean-Éric Branat. Les conséquences, parce que l'élection, si elle a lieu, l'élection présidentielle américaine est annoncée pour l'automne, on le sait. Quelles conséquences politiques ?

4:14
Invité

Alors, il n'y a pour l'instant aucune raison que l'élection n'ait pas lieu. Elle aura lieu d'une façon ou d'une autre. Peut-être pas à la date prévue, mais elle aura lieu. Les conséquences, elles sont, Donald Trump espère un regain de popularité pour lui, avec son nouveau positionnement sur la loi et l'ordre, en essayant de faire voter cette majorité silencieuse. C'est encore une fois le slogan de 68. Mais Joe Biden, qui s'est positionné dès le départ en parlant de racisme systémique, c'est-à-dire de s'attaquer à la racine même du problème, comme l'avait fait Barack Obama en 2008.

Mais Barack Obama n'a pas pu aller au bout, puisqu'il a lui aussi rencontré une crise économique sans précédent, qu'il a d'abord dû régler. Biden, en faisant cela, s'est obligé à présenter un plan pour le pays. Donc, quand j'entendais tout à l'heure Leïla, parmi les téléspectateurs, qui disaient qu'il faut dépasser aujourd'hui et guérir les différences, c'est exactement ça que doit présenter Biden. Et il est obligé, maintenant qu'il a pris ce positionnement. S'il ne le fait pas, il sera battu en novembre. Donc, on peut s'attendre à ce que dans les tout prochains jours, il annonce un plan pour pacifier la société.

Et essayer de reconstruire les liens entre les Blancs et les Noirs, entre les communautés de façon générale.

5:25
Présentateur

Bien, merci beaucoup, cher Eric Branard. Merci.

L'interview «Savoir comprendre» : Jean-Eric Branaa - 01/06 · Pourquijevote