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interviewRMC — Face à Face· 30 novembre 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Xavier Bertrand - 30/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Xavier Bertrand, bonjour. Bonjour. Primaire LR, vote des adhérents, dernier débat ce soir sur France 2, France Inter. Votre projet, la candidature Zemmour, les Antilles, nous avons parlé de tout cela, mais je vais commencer avec le Covid bien sûr. Le variant Omicron renforce l'importance du rappel de la troisième dose en France, c'est ce que dit le conseil scientifique. Alors, retour des mesures barrières sont les recommandations, large retour aux testés, tracés, isolés. Est-ce qu'il faut aller plus loin, je ne sais pas moi, rendre la vaccination obligatoire ou confiner les non-vaccinés ?

0:43
Xavier Bertrand

Non, la troisième dose, oui, la troisième dose, le plus rapidement possible, ça veut dire armer un maximum de centres de vaccination partout en France. Et puis aussi expliquer aux non-vaccinés qu'avec ce variant, dont on ne connaît pas tous les éléments, la vaccination est aussi le moyen de se protéger. Parce que quand il y a un variant dont on ne sait pas tout, pour les non-vaccinés, ils doivent savoir qu'ils sont les plus exposés.

1:07
Présentateur

Expliquer ne suffit pas, parfois.

1:09
Xavier Bertrand

Mais ça vaut la peine de toujours continuer à le faire.

1:12
Présentateur

Convaincre. Xavier Bertrand, on ne va pas plus loin, on explique et on essaie de convaincre. Bon, faut-il maintenant, c'est une autre question qui revient dans l'actualité, puisque jamais, avec ce qui se passe autour de ce variant Omicron, faut-il maintenant lever les brevets sur les vaccins et les traitements ?

1:30
Xavier Bertrand

Je pense sincèrement, pour vacciner l'ensemble de la population mondiale, on peut le faire avec la coopération de tous les pays les plus riches et des laboratoires. Je n'imagine pas que les laboratoires... Vous le demandez ? Vous le demandez ? Bien sûr. Parce que voyez bien, les variants qui arrivent viennent d'Afrique du Sud. Oui, c'est pour ça. Là où il n'y a pas le même taux de vaccination. Et ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est de comprendre que se vacciner dans les pays occidentaux, les plus riches, bien sûr que ça a du sens pour nous.

Mais on ne peut pas continuer à vivre sous la menace de ce satané virus pendant des années et des années, parce que l'ensemble de la population mondiale ne sera pas vaccinée. 75% des injections réalisées dans 10 pays, 75%. Que nous voulions nous protéger, c'est une chose, mais nous protéger, c'est aussi protéger l'ensemble des populations dans le monde entier. Et n'oubliez pas en plus que les choses sont possibles. Regardez par exemple ce qui avait été fait à l'époque. Jacques Chirac, Philippe Dousteblasi, United. Quand on veut, on peut.

C'est aussi cet enjeu-là qu'il nous faut réussir si on veut sortir définitivement de la Covid et que l'OMS nous dise maintenant la Covid, c'est derrière nous. Bien, vous appelez donc à la levée des brevets. À une solidarité internationale aussi.

2:37
Présentateur

À la levée des brevets.

2:38
Xavier Bertrand

Je vous l'ai dit, si les laboratoires ne veulent pas jouer le jeu avec l'OMS, dans ces cas-là, oui, c'est la question de la levée des brevets pour pouvoir vacciner l'ensemble de la population. Mais j'ai le sentiment, vous les imaginez ? Faire preuve d'égoïsme ? Ne pas vouloir le faire ? J'ai du mal à l'imaginer. Si tel est le cas, il faudra passer à autre chose.

2:57
Présentateur

Présidentiel, dernier débat. LR ce soir, tout s'accélère aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est une journée politique, très politique. Hier soir, Ensemble Citoyens, la majorité a lancé son association en soutien au président de la République pour 2022. Éric Zemmour annoncera sa candidature tout à l'heure à travers une vidéo. Mais je voudrais parler de vous, Xavier Bertrand. Vous déclariez, c'était le 11 décembre 2017, je quitte les Républicains car ils n'ont pas dit clairement vouloir faire barrage à l'extrême droite. Est-ce qu'aujourd'hui, les Républicains disent clairement vouloir faire barrage à l'extrême droite ?

3:36
Xavier Bertrand

La réponse est claire, c'est oui. Tous. C'est la droite républicaine. Tous. Celle qui a des valeurs. Oui. Celle qui sait que l'autorité et l'ordre, c'est le préalable à tout. Mais une droite républicaine qui parle de justice. La justice par le travail. La justice par la solidarité, pas par l'assistanat. Et je porte également un projet de transformation de notre pays. pour sortir du centralisme parisien avec la République des Territoires. Je vais revenir sur votre projet. C'est nous, c'est la droite républicaine. D'un côté, il y a les laxistes, c'est Macron. De l'autre côté, il y a les extrémistes. Et nous, clairement, on sait qui on est et on sait où on a vie.

4:11
Présentateur

Xavier Bertrand, je vais revenir sur votre projet. Mais, pardon, est-ce que vous accepteriez de faire campagne pour Éric Ciotti ? Imaginons qu'Éric Ciotti gagne. J'ai pris cet engagement, je vous réponds très vite. Donc vous feriez campagne pour un Guantanamo à la française, pour la suppression de 250 000 fonctionnaires, pour une flat tax à 15%, pour la quasi-suppression des droits de succession, quel que soit l'héritage, pour une alliance avec Éric Zemmour, pour réduire de 20% les allocations chômage au bout de 12 mois.

4:39
Xavier Bertrand

Oui, vous avez oublié une chose. Quoi ? C'est que c'est moi qui suis candidat. Et j'ai bien l'intention de l'emporter si les adhérents me font confiance. Et dans ces cas-là, M. Bourdin, M. Bourdin, ça sera ma ligne politique. Celle que je viens de vous expliquer. C'est pas celle-là. Si je gagne, c'est ma ligne politique. Et s'il gagne, c'est sa ligne politique ? Je veux vous expliquer. S'il gagne, c'est sa ligne. Mais une chose est certaine... Vous vous alignerez sur sa ligne, si je puis dire. Et pourquoi je me bats ? Pourquoi je fais campagne ? Pourquoi j'ai rencontré 14 000 adhérents directement ?

C'est parce que je suis convaincu que l'énergie que je porte dans cette campagne, la volonté, la détermination et la force du projet, c'est ce qui peut nous permettre de l'emporter. Et vous savez, gagner le Congrès samedi prochain ne suffira pas à nous qualifier automatiquement pour le second tour. Il va falloir convaincre les Français. C'est la force de mon projet. Et ensuite, au deuxième tour, être capable de l'emporter par rapport à M. Macron. Et comprenez bien une chose, c'est qu'il faudra travailler en équipe. Je veux faire équipe avec Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin et Éric Ciotti.

Quand certains ont voulu me soutenir en disant « Oui, mais ça ne sera pas par exemple avec Ciotti. » « Non, j'accepte les soutiens, mais pas de condition. » Pas de condition. Parce que c'est ma ligne politique, c'est mon projet que je veux appliquer.

5:53
Présentateur

Éric Zemmour annoncera sa candidature aujourd'hui. Est-ce qu'il est disqualifié après ce qui s'est passé le week-end dernier ?

5:59
Xavier Bertrand

Pour moi, au-delà même du week-end dernier. Oui. Son rapport à l'histoire, les idées et le projet qu'il porte, et autres font qu'il n'a pas la stature pour pouvoir rassembler les Français comme se doit de le faire. Un candidat à la présidence de la République, un président de la République.

6:13
Présentateur

Est-ce qu'Éric Zemmour, comme l'écrit Libération, est devenu l'idiot utile de Marine Le Pen ? Attendez, je ne suis pas journaliste, moi. Je ne suis pas commentateur. Je vous dis ça. Parce que sondage après sondage, qu'est-ce que je constate ? Je constate que Marine Le Pen progresse, qu'elle est moins détestée, moins dangereuse pour la démocratie, qu'elle est plus crédible sur les sujets régaliens qu'Éric Zemmour.

6:35
Xavier Bertrand

Non mais attendez, vous êtes sérieux, là ? Pensez sincèrement que l'extrême droite est capable de résoudre les problèmes des Français ? Non mais ça se saurait. Vous prenez notamment quand à Calais, en 2015, il y avait la jungle... Elle est reçue par les Français,

6:47
Présentateur

elle est acceptée par les Français sur le terrain, Xavier Bertrand.

6:49
Xavier Bertrand

Elle est en 2015, à la tête de la région. Il paraît qu'elle allait gagner. Que forcément, c'était déjà joué, déjà fait. Vous croyez que je fais de la politique pour me résigner à l'impuissance, au fatalisme ? La politique, c'est l'antidestin. En 2015, elle avait gagné. C'est moi qui l'ai emporté. Et quand il y avait notamment la jungle de Calais, qui était là, 9000 migrants dans des conditions épouvantables, les habitants du littoral confrontés à des difficultés depuis des années et des années, j'ai obtenu le démantèlement. Et vous savez ce qu'elle avait dit, elle ? Ah mais, président de région, on ne peut rien faire. Avec Natacha Bouchard, on a obtenu le démantèlement.

Parce que, vous savez, M. Bourdin, les extrêmes n'ont qu'une envie. C'est de profiter des problèmes. Il n'y a plus de problèmes, il n'y a pas d'extrêmes. Moi, ma vocation, c'est d'apporter des solutions aux Français. Avec des mesures d'urgence. Et aussi pour préparer demain. Parce qu'une élection présidentielle, c'est aussi l'enjeu. Rendre de l'espoir.

7:41
Présentateur

Alors, si au second tour, Marine Le Pen est opposé à Emmanuel Macron, faites quoi ? Ça sera Bertrand au second tour.

7:47
Xavier Bertrand

Et je l'emporterai. Non, non, mais c'est comme ça que je vois les choses. Non, non, c'est pas une réponse. Je comprends très bien que vous voyez les choses comme ça. Eh bien oui, mais c'est logique. C'est logique que ça se produira. J'en ai la conviction. Je vois l'écho de ma campagne sur le terrain.

7:57
Présentateur

Mais, imaginons, ça peut arriver.

7:59
Xavier Bertrand

Vous le savez très bien. Vous le savez très bien au fond. Non, non. Vous croyez quand même que depuis des années, je me prépare comme je me prépare pour me dire, mais mon gars, tu vas jouer placé ? Non, c'est pas ça. Il ne s'agit pas de jouer placé. Voilà 5 ans. Il s'agit de sincérité vis-à-vis. Est-ce que je peux vous répondre ? Allez-y, allez-y. Je vais vous dire ce que j'ai en moi. Allez-y. Non seulement ce que j'ai en tête, mais ce que j'ai en moi ici. Ça fait des années que je me prépare. Voilà 5 ans, je n'étais pas prêt comme aujourd'hui. Dans 5 ans, ça ne sera plus, pour moi, la même possibilité. Alors, M. Bourdin, c'est maintenant. Et ce sont les Français qui jugeront.

8:34
Présentateur

Bien. Si vous perdez, votre vie politique est terminée. Vous l'avez dit à beaucoup d'amis. C'est vrai ou pas ? Non, j'ai une région à gérer.

8:43
Xavier Bertrand

Les habitants de la région de France... Vous l'avez dit à plusieurs amis. Ma vie politique est terminée. Non, non. J'avais indiqué... Non, attendez. Je sais ce que je dis. Bon. Je sais ce que je dis. J'avais dit, si je perds les élections régionales, c'en est terminé. Mais j'avais dit aussi, parce que moi, j'aime bien... Vous aussi, vous aimez bien ça, je crois. Jouer la transparence. Vous voulez dire les choses. J'avais dit, si je suis élu à la tête de la région, je serai candidat à la présidentielle. Les gens m'ont fait confiance, largement. Vous vous rappelez cette élection régionale, là ? M.

Macron qui envoie ses 5 ministres, et lui-même, pour essayer de me faire battre, la gauche totalement reconstituée, jusqu'à l'extrême gauche, et puis le porte-parole du Front National. Les habitants de la région vont conserver leur confiance à moi et à mon équipe. Pourquoi ? Parce qu'ils savent que je me bats, que je me bats pour eux, que je veux faire bouger les choses, que je veux améliorer leur vie. Et donc, j'ai une région à diriger et à gérer. J'ai une responsabilité vis-à-vis des habitants de la région. Mais j'ai toujours été clair avec eux. C'est mieux d'être clair.

9:35
Présentateur

Bien, Xavier Bertrand, vous changez souvent d'idée ou pas ? Ça vous arrive ou pas ? Je vous dis ça parce que j'ai regardé... On vous devait avoir une idée en tête avec le sourire. J'ai plein d'idées en tête, Xavier Bertrand. Mais, par exemple, sur la présidence,

9:52
Xavier Bertrand

vous voulez un seul mandat de 5 ans, si j'ai bien compris. Moi, je serai candidat pour un mandat seulement. Ce que je peux vous expliquer pourquoi. Non, non, mais attendez. Allez jusqu'au bout, je vous réponds précisément. Non, non, mais allez-y. Et puis je vous dirai après. Je suis candidat pour 5 ans parce que je n'ai pas envie qu'il y ait chez moi le poison de la réélection. L'obsession de la réélection. J'avais voté à l'époque pour le passage à 5 ans. Je m'étais dit, comme beaucoup de Français, on va voter plus souvent. On est rentré dans un système à l'américaine. C'est-à-dire que celui qui rentre a envie de faire 2 mandats. Il n'y aurait pas le poison de la réélection.

Vous croyez que M. Macron ferait campagne toutes les semaines avec le chéquier de la France, avec une campagne scandaleuse ? Il tire des chèques sans provision. Est-ce que vous pensez qu'il aurait géré la crise de la même façon ? Est-ce que vous pensez qu'il refuserait de prendre des décisions courageuses ? Non, je ne veux pas qu'il y ait ce poison de la réélection. Je veux faire. Et je ne chercherai pas à plaire et je ne ferai pas le en même temps. Un seul mandat de 5 ans ? En ce qui me concerne, oui.

10:53
Présentateur

Il y a 2 ans, vous étiez pour un mandat de 6 ans.

10:55
Xavier Bertrand

Je sais, mais vous croyez quoi ? En février dernier, vous étiez pour un mandat de 7 ans. Non, non, attendez. C'est ce que vous déclariez. M. Bourdin, je pense qu'il faudrait, je vous dis, enlever le poison de la réélection. Mais je vais vous dire une chose. Pour moi, je suis candidat pour 5 ans. Je ne vais pas changer la règle. Pour moi, allons. Je ne vais pas changer la règle. Pour moi, en disant, écoutez, si vous pouviez me donner un an de plus ou deux ans de plus. Ne changez pas la règle. Donc, je connais les règles, c'est 5 ans. Et moi, ce sera 5 ans. Et vous savez quoi ?

Ce que vous ne lancez pas tout de suite au titre de ces mesures d'urgence, dans les 100 premiers jours, mais également dans les premiers mois, vous ne le faites pas. Mais en revanche, je vais vous dire une chose. C'est quand vous êtes sur un mandat unique, il y a aussi autre chose que vous pratiquez. Le recours au référendum. Parce que vous n'avez pas peur que les Français répondent à une autre question que celle posée. Moi, je fais confiance au peuple. Et c'est la raison pour laquelle je suis sur cette logique de 5 ans. Je ne demande pas volonté, vous le voyez bien, mais je veux faire et ne pas chercher à plaire.

Et la bonne façon pour pouvoir réconcilier les Français, c'est de pouvoir marier le courage de faire et la justice pour rassembler les Français. C'est ça, ma logique. C'est votre faiblesse

12:09
Présentateur

de changer souvent d'idée ? Non, je vous dis ça parce que j'ai vu toutes les accusations ici ou là. Xavier Bertrand retourne sa veste en permanence. Vous ne regardez... Non, non. Elle n'est pas réversible. Bon, bon, bon. Audite des caisses de l'État avant le vote d'avril. C'est ce que vous demandez.

12:23
Xavier Bertrand

Audite des comptes de la nation. Des comptes de la nation. Vous posez une question ? Allez-y. Je sais que je n'ai pas l'habitude, mais quand vous quittez un logement, l'État des lieux, vous le faites avant ou après ? Avant ? On le fait toujours avant. Eh bien, je voudrais, au nom de la transparence, que l'on sache exactement en tout début d'année où on en est les comptes de la nation. Quelle est la part de la dette liée à la Covid ? Quelle est la part de la dette liée à la campagne électorale de M. Macron ?

12:48
Présentateur

Qui peut décider de ça ?

12:48
Xavier Bertrand

Qui peut décider de ça ? Aujourd'hui, c'est l'exécutif qui peut décider. C'est le Parlement et le gouvernement. Je souhaite que ce soit fait avant, au nom de la transparence, de la vérité. Et si les Français me font confiance, dans cinq ans, avant de quitter mes fonctions, il y aura le même audit pour que tous les candidats et que les Français puissent avoir un jugement le plus clair possible. La Cour des comptes, en période électorale, pourra influer sur le résultat de l'élection. Pourquoi influer ? Dire la vérité, jouer la transparence, ce n'est pas influer. Par quoi ? Ils ont des raisons de craindre chez M. Macron ? Oui, ils ont des raisons de craindre, je pense.

Et d'ailleurs, s'ils ne donnent pas suite à cette proposition d'un audit des comptes de la nation, c'est qu'il y a effectivement et qu'on ne dise pas que les choses existent, tout ça. Ce n'est pas ça dont je parle. La vérité et l'opération de transparence avant les élections.

13:37
Présentateur

Bien. Votre projet, alors votre programme Rétablissement de l'autorité, République des Territoires et la Société du Travail, Xavier Bertrand. Alors, sur les migrants, puisqu'on parle de rétablissement de l'autorité, vous proposez de laisser les migrants prendre le ferry pour installer un rapport de force avec Boris Johnson. Vous jouez avec des vies humaines, là, ou pas ?

13:59
Xavier Bertrand

Je ne comprends pas. Vous êtes sérieux en me posant la question, là ? Non, je suis très sérieux. Vous faites semblant de ne pas avoir compris. Non, je suis très sérieux. Dites-donc, les vies humaines, là, quand est-ce qu'elles sont en jeu ? Depuis des mois et des mois. Vous avez vu ce qui s'est passé la semaine dernière ? Quand j'ai réagi, j'ai fait part de mon émotion et de ma colère. Tout le monde a fait part de son émotion et de sa colère. Oui, sauf que depuis le mois de mai, depuis le mois de mai, je dis voilà ce qui va se passer, c'est qu'on va avoir la Manche qui va devenir un cimetière marin un ciel ouvert comme la Méditerranée.

Et le jour où il y aura un drame plus important qu'un autre, c'est en mai que je disais ça, on va avoir une émotion médiatique. Et là, les politiques vont se réveiller. Pour faire quoi ? Pas grand-chose. Je ne veux plus qu'il y ait ces drames dans la Manche.

14:35
Présentateur

Je ne veux plus. Donc, vous faites monter des migrants dans des ferries

14:37
Xavier Bertrand

direction la Grande-Bretagne. Et vous préférez quoi ? Que ce soit dans des dinguis, dans des canaux pneumatiques ? Mais non. Mais c'est ce qui se passe. Et personne ne dit rien. Il y a les commentaires bien-pensants et autres. Les migrants veulent aller en Angleterre. Laissez-moi terminer. Je vous en prie. Allez-y. Je vous en prie. Allez-y. Parce qu'il y a cette indignation. Je ne suis pas le seul à la porter. J'en ai marre qu'il y ait cette absence de réaction et d'anticipation. Quelle est la cause du problème, M. Bourdin ? C'est l'Angleterre. Parce qu'ils savent les migrants qui sont là. Ils ne veulent pas rester en France. Ils veulent passer en Angleterre. Parce que les Britanniques

15:09
Présentateur

les font travailler sans titre de séjour. Parce qu'ils savent qu'ils auront du boulot. En les payant quasiment pas.

15:15
Xavier Bertrand

Les Britanniques sont des hypocrites. Ils nous disent qu'il faut les garder parce que nous n'en voulons pas. Et ils les prennent. Et clairement, il n'y en a jamais de migrants qui est revenu. Or, ce que je sais, c'est que M. Johnson nous balade. Il nous balade sur le dossier de la pêche. Il nous balade sur le dossier des migrants. Je ne veux plus qu'il y ait cette drame, M. Bourdin. Et le problème est très simple. C'est que je ne veux pas renégocier, je veux dénoncer les accords du Touquet. Les accords du Touquet, aujourd'hui, c'est source du Touquet. Sanders n'a rien changé. Nous gardons la frontière pour les Anglais en France. Je veux dénoncer ces accords. Et de dire à M.

Johnson, vous ne changez... Accords signés sous Nicolas Sarkozy. Laissez-moi terminer, s'il vous plaît. Non, non, mais je précise pour ceux qui écoutent. Derrière, ce que je veux, c'est que, clairement, il change sa politique et qu'il n'y ait plus cet appel d'air et qu'il y ait tous ces drames. La seule façon de faire avec lui, c'est d'engager un bras de fer. Et donc, très clairement, je préfère qu'on laisse passer et qu'on ne contrôle plus les passagers, dont les migrants. Et vous préférez pas, vous, qu'ils passent dans des ferries plutôt que dans des canaux de sauvetage avec les morts à la clé ?

Et moi, j'en ai marre de cette impuissance où on fait semblant de faire des réunions et les décisions ne servent à rien. Je veux que ça change. Si je fais de la politique, ça a été le cas dans toutes mes fonctions, je fais de la politique pour que les choses changent radicalement. La politique, M. Bourdin, c'est l'antidestin. C'est pour ça que je m'engage. Et c'est ce que je ferai en tant que président de la République. Si vous n'êtes pas prêt à engager un bras de fer pour défendre les intérêts de votre pays et de vos courts citoyens, alors il ne faut pas que vous présentiez à la présidentielle. Et là, vous allez voir ce qui va se passer. Dans la minute qui suit, M.

Johnson, il va venir à la table des négociations et avec des propositions. Je veux que ça bouge et je veux que ça change. Et je préfère plutôt qu'ils soient raquettés, rançonnés. Vous savez combien on leur prend aux migrants pour traverser la Manche ? Jusqu'à 3 000 dollars, 4 000 dollars. Ils ont été raquettés par les passeurs d'origine, 10 000 dollars. Et là, on leur dit il faut mettre l'us. Eh bien, écoutez, à tout prendre, 15 euros pour traverser ou risquer la mort pour 4 000 euros, vous inquiétez pas, qu'ils vont choisir. Mais je veux le dire aussi encore une fois, ce que je veux, c'est que les Britanniques changent. C'est que les Britanniques arrêtent de nous balader.

Je veux que les Britanniques nous respectent. Mais il y a aussi autre chose qu'il faudra faire. Autre chose qu'il faudra faire. La solution, elle sera très loin de Calais. Aux frontières de l'Europe. Non, non, non. Elle sera dans les pays d'émigration en permettant le développement en Afrique, clairement. C'était notamment le pacte de Borloo, énergie pour l'Afrique. Et elle sera aux frontières de l'Europe. Mais qu'est-ce que vous pouvez faire

17:48
Présentateur

en Irak ou en Afghanistan ? Rien. C'est l'impuissance totale du monde occidental. Vous le savez bien, Xavier Bertrand. L'impuissance totale.

17:56
Xavier Bertrand

Vous pensez que vous ne pouvez pas trouver des alliés pour pouvoir peser ? La France, son histoire diplomatique, c'est quoi ? C'est l'indépendance. Mais aussi de savoir nouer des alliances qui sont conformes aux intérêts de la France et pas seulement dépendants des uns ou des autres. Monsieur Bourdin, j'ai conscience que être président de la République, c'est s'occuper des Français. Enfin s'occuper des Français, les comprendre, entendre leur colère, leurs espoirs. Mais c'est aussi porter également les intérêts d'un grand pays. Il n'y aura qu'un général de Gaulle dans l'histoire, mais qui est porteur d'une histoire et qui a toujours son mot à dire. C'est ça aussi.

18:31
Présentateur

Vous parlez de la République des territoires. Rapidement, plus d'autonomie aux territoires, c'est ce que vous proposez, évidemment. Donc plus d'autonomie aux Antilles ?

18:39
Xavier Bertrand

Mais ce n'est pas l'autonomie ou l'indépendance de la République des territoires. C'est l'État partenaire.

18:43
Présentateur

Vous avez dit ! C'est l'État partenaire. Mais ce n'est pas du tout la même chose.

18:47
Xavier Bertrand

Attendez, attendez, c'est un peu la Polynésie française si j'ai bien compris. C'est un peu non. Non, la Polynésie française est un régime d'autonomie. Oui. C'est-à-dire, par exemple, sans les aides de l'Europe. Voilà. Non, mais je sais de quoi vous voulez parler. Oui. On parle du fiasco de M. Macron et de son gouvernement en Guadeloupe. C'est bien cela. C'est bien cela. Ou là, très clairement, le ministre, à la demande de M. Macron, y est allé parce qu'on lui a dit que l'outre-mer ne se réglait pas depuis Paris et il n'est resté que quelques heures en étant incapable de nouer le dialogue sur place. C'est la méthode Macron. C'est-à-dire qu'on s'y prend trop tard et après, on lâche tout.

Moi, je ne veux pas brader l'outre-mer. L'outre-mer participe au rayonnement de la France, à sa puissance, à sa diversité. Et la France sans l'outre-mer, ce n'est pas pareil. Ce n'est pas la République, ce n'est pas la France. Ce que propose M. Macron. Donc, très clairement, ils nous disent quoi ? Mes amis guadeloupéens, on ne veut pas d'un État providentiel, on veut d'un État partenaire. Vous savez ce qui se passe en Guadeloupe ?

19:40
Présentateur

Mais les élus demandent plus d'autonomie, Xavier Bertrand. Là où vous habitez...

19:43
Xavier Bertrand

Mais les élus corse demandent plus d'autonomie. Mais non, ils veulent pouvoir sur la vie quotidienne davantage avoir leur mot à dire, mais ils veulent qu'il y ait un État présent. Oui, un État régalien. M. Bourdin, ce matin, vous êtes comme moi, vous avez pris votre douche, vous avez fait votre toilette, vous aviez de l'eau. Vous rentrez chez vous, vous reprendrez une douche ou votre toilette comme vous voulez. Pas en Guadeloupe. Il n'y a pas l'eau toute la journée. Qui gère l'eau en Guadeloupe ? C'est tout simplement aussi. Les collectivités locales. C'est à l'État d'être partenaire. Ce sont les collectivités locales qui gèrent l'eau depuis 5 ans. Oui. Qui est au gouvernement ?

Qui est aux affaires ? M. Macron. 5 ans après, la crise sociale est là. C'est l'État qui gère la distribution d'eau et l'eau ? Quand vous voyez bien... En France ? Quand vous voyez bien que l'État, que la situation sur place est telle, c'est à l'État d'investir et de s'investir. Et vous savez ce qui se passe ? C'est ce que je propose avec la République des Territoires. C'est qu'il y ait des investissements dans notre pays sur les routes, l'État de nos routes, que ce soit aussi sur les lignes ferroviaires, sur l'eau et sur l'assainissement.

Si on ne le fait pas, si l'État n'est pas présent, nous allons connaître des difficultés en Guadeloupe, Outre-mer, mais aussi dans les années qui viennent sur notre territoire, sur le territoire métropolitain. Je veux que ce soit un État partenaire, qu'il y ait des libertés, des responsabilités pour les élus, mais ce n'est pas sans l'État. Que l'État s'occupe de moins de choses, mieux, la sécurité, la justice, politique migratoire, la diplomatie, la préparation de l'avenir. Mais pour le reste, qu'on fait confiance. Mais pas en bras dans tout à la mode Macron. Certainement pas.

21:11
Présentateur

Merci Xavier Bertrand d'être venu nous voir ce matin. Vous êtes sur RMC, sur BFM TV.