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interviewBFMTV — BFM Politique· 27 mars 2022 46 min

Sébastien Chenu, porte parole du Rassemblement National, et Fabien Roussel, candidat "Parti Communiste Français" à l'élection présidentielle - 27/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes, bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de BFM Politique sur BFM TV pour m'accompagner ce midi Edwige Chevriand, BFM Business. Bonjour. Bonjour Philippe Corbet. Bonjour. C'est une émission un peu particulière. Tout à l'heure après midi et demi, nous serons en direct avec le candidat communiste à l'élection présidentielle Fabien Roussel. Mais pour commencer cette émission, nous accueillons Sébastien Chenu. Bonjour. Bonjour Monsieur. Vous êtes député Rassemblement National du Nord, porte-parole de Marine Le Pen dans cette campagne qui débute officiellement demain, qui a déjà débuté évidemment depuis un moment.

D'ailleurs Marine Le Pen est en ce moment en Guadeloupe. Nous avons des images que nous allons montrer à nos téléspectateurs. Elle a été cette nuit bousculée, chahutée par des militants qui se réclament d'extrême gauche.

0:57
Sébastien Chenu

Quelle est votre réaction ? Je condamne évidemment cela, mais ce qui est inquiétant c'est qu'il y a donc des gens d'extrême gauche en France qui cherchent à faire taire la candidate qui est donnée possiblement au second tour de cette élection présidentielle, possiblement victorieuse d'une élection présidentielle. On cherche quelque part en France à la faire taire. Je trouve que ce sont des images violentes, des images inacceptables. Et moi j'aimerais que le ministre de l'Intérieur fasse son boulot. On se demande d'ailleurs où est passé Monsieur Darmanin qui nous a dit qu'il faisait une grande tournée anti-Marine Le Pen, anti-Front National, anti-Rassemblement National.

En l'occurrence, ce serait de sécuriser, voyez-vous, un hôtel dans lequel Marine Le Pen s'exprime puisqu'elle enregistrait une émission. Or cet hôtel, d'après mes renseignements... La police qui l'accompagne a failli la nuit dernière en Guadeloupe. Le ministre de l'Intérieur, visiblement, ne s'est pas préoccupé de la sécurité de cet hôtel. Ce n'est pas la police. La police, elle reçoit des ordres. Visiblement, l'hôtel n'était pas sécurisé. Marine Le Pen, je le redis, candidate au second tour possiblement de l'élection présidentielle, leader du principal parti d'opposition politique dans ce pays, eh bien on a tenté de l'empêcher de s'exprimer.

2:02
Présentateur

Il faut donner des suites judiciaires ou pas ?

2:04
Sébastien Chenu

Bien sûr, bien sûr. Il faut poursuivre ces gens, il faut dissoudre ces groupuscules d'extrême-gauche. Je note quand même que...

2:10
Auditeur

Vous pensez que les ordres ont été donnés dans ce sens-là ?

2:12
Sébastien Chenu

Je l'ignore, madame. Mais je note que ce sont toujours les mêmes qui empêchent les autres de s'exprimer dans ce pays. Vous n'avez jamais un militant du Rassemblement National qui perturbe la réunion de quiconque. Mais ce sont toujours l'extrême-gauche violente. C'est toujours l'extrême-gauche violente qui, au nom de je ne sais trop quoi, vient empêcher des candidats parfaitement républicains de s'exprimer dans le cadre d'une élection. Ça en dit long sur l'état quand même de notre pays.

2:38
Présentateur

Monsieur Chenu, l'actualité évidemment depuis un mois maintenant, c'est la guerre en Ukraine. Hier, depuis Varsovie, Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de boucher, de dictateur, appelé à son départ du pouvoir avant d'être corrigé par la Maison-Blanche. Parmi ces propos, lesquels vous faites ? Votre, lesquels vous repoussez ?

2:54
Sébastien Chenu

Non mais, monsieur Biden laisse un sentiment, je vais dire comme disent les plus jeunes, de gênance absolue. C'est-à-dire qu'on a le sentiment qu'il ne concourt pas à aider à résoudre un conflit suffisamment complexe, mais qu'il ajoute avec ce type de propos de l'huile sur le feu. Or, personne n'a besoin d'aller dans l'escalade, de gêner tout le monde. On se demande parfois si ce Biden a toutes ses facultés lorsqu'il confond le peuple ukrainien et le peuple iranien. Enfin, je veux dire, il y a quand même une question… Vous pensez quoi qu'il est sénile, ça que vous dites ? Je ne me permettrai pas d'insulter le président des États-Unis.

Vous voulez dire, je me demande s'il a tous ses capacités. Je me pose des questions sur ses capacités lorsqu'il confond le peuple ukrainien et le peuple iranien. Il est président des États-Unis. Lorsqu'il insulte, lorsqu'il perturbe, lorsqu'il… Je crois que Joe Biden n'est quand même pas un élément d'apaisement dans ce conflit. Vous savez, nous, on a un principe dans cette guerre, et Marine Le Pen l'a expliqué. Nous, on ne cherche pas à polluer l'action diplomatique de la France. Aujourd'hui, moi, je le regrette, puisque je me bats contre lui, c'est Emmanuel Macron qui porte la voix de la France. Mais c'est lui le président de la République, c'est lui qui porte la voix de la France.

Et on ne va pas commencer à polluer, à parasiter la voix de la France dans cette action diplomatique. Or, je pense que Joe Biden, en agissant ainsi, ne rend pas service à tous ceux qui concourent à essayer de trouver une solution diplomatique.

4:17
Auditeur

Justement, Sébastien Chenieux, est-ce que vous pensez que le président Macron a raison de maintenir un lien avec Vladimir Poutine ? Il lui parle très souvent au téléphone pendant longtemps. Est-ce qu'il a raison ? Et que ferait Marine Le Pen différemment dans sa gestion diplomatique du président de la République actuelle ?

4:31
Sébastien Chenu

Bon, plusieurs choses. Nous, on ne joue pas à être président de la République quand on n'est pas président de la République. Je ne vais pas vous dire, il faudrait faire ceci, il faudrait faire cela. Nous, nous considérons que le président de la République mène l'action diplomatique de la France. Mène bien. Et qu'il la mène avec les ressorts qui sont les siens. Et quand il parle à Vladimir Poutine, oui, il a raison de parler à Vladimir Poutine. Pourquoi ? Parce que hier, nous parlions à Vladimir Poutine. La France parlait à Vladimir Poutine, mais demain, nous parlerons, ou à Poutine, à celui qui lui succédera en Russie.

Et ce ne sera peut-être pas un gentil démocrate, ce ne sera peut-être pas un gentil républicain, mais il faudra lui parler. Comme on parle aux dirigeants chinois, vous savez ce que Napoléon disait, on n'a pas d'amis, on n'a que des voisins. C'est un peu ça, en diplomatie. On a des voisins avec lesquels on a des intérêts communs. Parfois, ces voisins sont des concurrents, parfois ces voisins sont des alliés, parfois ces voisins sont des adversaires. Et parfois, ils sont tous là à la fois, c'est le cas de la Russie.

5:26
Fabien Roussel

Il y a une question qui se pose aux pays occidentaux aujourd'hui, et notamment à la France. Que se passerait-il si Vladimir Poutine utilisait des armes chimiques en Ukraine ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas, mais si c'était le cas dans un mois, dans deux mois, dans six mois, que faudrait-il faire ? Et dans un mois, vous pourriez être au pouvoir.

5:41
Sébastien Chenu

D'abord, ce serait totalement inacceptable, parce que ce serait franchir un palier supplémentaire. Et moi, je crois qu'il faut évidemment... Une ligne rouge ? Bien sûr, aller à l'inverse de ça. C'est une ligne rouge, les armes chimiques, c'est quand même une ligne rouge. Pour l'instant, la France et d'autres pays, notamment les États-Unis, ne veulent pas définir l'utilisation d'armes chimiques comme une ligne rouge. C'est quand même un palier supplémentaire. Donc, il faut aller à la désescalade. Il y a urgence à aller à la désescalade.

6:04
Présentateur

Au cas de la condamnation, M. Chonussi, demain, Marine Le Pen est présidente de la République.

6:07
Sébastien Chenu

Si ces armes chimiques ne sont utilisées par Vladimir Poutine, que fera Marine Le Pen ? Non, mais moi, je crois que d'abord, l'urgence, c'est d'expertiser, d'avoir nous-mêmes notre propre capacité à expertiser s'il y a cette capacité, cette volonté, cette possibilité d'utiliser des armes chimiques. Pourquoi ? Parce qu'on se souvient de conflits internationaux, notamment l'Irak, où les Américains étaient venus nous montrer des fioles, etc. Et finalement, tout ça avait tendu beaucoup la situation. Aujourd'hui, moi, j'aimerais que les militaires français, que les experts français, de façon totalement indépendante, puissent se pencher sur cette question et en aient les moyens.

Et puis, le reste, c'est l'action diplomatique. Il n'y a que la diplomatie qui peut nous permettre de sortir de ce conflit. Pourquoi ? Parce que si ce n'est pas la diplomatie, c'est la guerre. Si ce n'est pas la diplomatie, c'est-à-dire ramener les gens autour d'une table, tous les belligérants, les co-belligérants, mais aussi toutes les puissances alentour qui peuvent jouer un rôle de stabilité dans ce conflit. Alors, je l'ai ramené autour d'une table. Justement à ce sujet.

7:02
Fabien Roussel

Juste pour préciser, vous dites palier supplémentaire, ligne rouge. Ça veut dire que la France deviendrait, ou les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne deviendraient co-belligérants si la Russie utilisait des armes chimiques en Ukraine, puisque vous dites qu'il y aurait un palier supplémentaire. Il y a un palier supplémentaire. C'est forcément quelque chose de plus grave.

7:15
Sébastien Chenu

Donc, il faut une réponse supplémentaire. Mais nous n'en sommes pas là. Arrêtons de nous projeter dans la fiction. Faisons en sorte de ne pas y aller. C'est vous-même qui n'est pas une ligne rouge. Bien sûr, ce serait forcément une ligne rouge, un palier supplémentaire. Mais il faut, vous l'avez dit madame, anticiper. Pour cela, c'est la diplomatie. Mais pour pouvoir agir de façon diplomatique, il faut être une puissance libre, une puissance indépendante.

7:40
Fabien Roussel

Marine Le Pen a répété ces dernières semaines qu'elle souhaitait sortir du commandement intégré de l'OTAN. Si vous êtes au pouvoir dans un mois, vous ne sortez pas immédiatement du commandement intégré de l'OTAN, pas pendant le conflit. Donc, vous attendiez quoi ? C'est quoi l'échéance ?

7:52
Sébastien Chenu

L'échéance, c'est de résoudre ce conflit. On ne sort pas du commandement intégré de l'OTAN pendant le conflit. Mais je note que, si vous voulez, que s'est-il passé avec l'OTAN ? Pourquoi un certain nombre de pays se placent-ils sous la protection de l'OTAN ? Ils se placent sous la protection de l'OTAN parce que, où ils n'ont pas d'armée en format complet, comme le disait Marine Le Pen, la France a une armée en format complet, même si cette armée, aujourd'hui, est bien moins importante qu'il y a quelques années. Le nombre de chars de combat, le nombre d'avions de combat a été divisé par trois, au moins. Donc, nous avons une armée qui est complète, mais qui est moins importante qu'auparavant.

Il y a l'arme nucléaire, nous, nous la possédons. Donc, évidemment, des pays qui ne la possèdent pas se mettent sous la protection de l'OTAN.

8:34
Présentateur

Ce que vous dites, c'est qu'en gros, on n'a pas besoin des autres.

8:36
Sébastien Chenu

On n'a pas besoin des Américains. Non, mais surtout, je crois que nous avons besoin de rester dans le camp occidental, de demeurer dans l'OTAN. On se positionne dans ce camp occidental avec des alliés, mais en revanche, nous avons aussi besoin de parler d'une voie libre et indépendante. Vous avez bien vu souvent que, je termine juste ma phrase, qu'Emmanuel Macron avait été perçu, à tort ou à raison, par Vladimir Poutine, comme un exécutant de l'OTAN, alors que la France peut parler d'une voie libre en sortant du commandement intégré. On reprend cette liberté.

9:05
Présentateur

La Commission européenne est mandatée pour négocier désormais les prix du gaz russe de façon groupée, moyen d'essayer de faire baisser les coûts. Est-ce que, selon vous, il faut un embargo total sur le gaz, sur le pétrole russe ?

9:14
Sébastien Chenu

Non, il y a deux choses. Il y a le gaz et il y a le pétrole. Parce qu'autant en gaz, on n'est pas complètement dépendant. 17 à 20% pour la France, beaucoup plus pour l'Allemagne, par exemple. Oui, d'accord. Et puis, en pétrole, on peut trouver de la ressource. C'est-à-dire qu'on a deux marchés très différents. Pour le pétrole, et on le voit bien, il y a de la ressource disponible ailleurs. Ça ne se fait pas en claquant des doigts, ça ne se fait pas forcément très rapidement, mais il y a de la ressource ailleurs.

Je note d'ailleurs que, sur un argument souvent qui nous est servi comme un argument moral, s'approvisionner en pétrole au Qatar, notamment pour le diesel, c'est ce que disait le patron de Total, moralement, ce n'est pas excessivement satisfaisant. Donc, ne nous plaçons pas sur le terrain de la morale. Ce ne sont pas des démocraties avec lesquelles nous traitons, mais nous traitons avec des partenaires qui assurent nos intérêts. Donc, pas de problème de continuer de traiter avec les russes, ce que vous dites ? En revanche. Est-ce que c'est ça que vous dites, monsieur ?

Non, mais le problème, ce n'est pas de traiter ou pas avec les russes, c'est quelles sont les conséquences pour le pays, pour la France, pour nous. Aujourd'hui, et d'ailleurs, nous le voyons, ne plus s'approvisionner en gaz russe ou en pétrole russe peut avoir des conséquences dans le renchérissement de ces énergies. Or, nous avons aujourd'hui, nous, un système qui nous permettrait d'être autonome en énergie. Nous sommes dépendants de l'Europe, nous sommes mis dans la main de l'Europe parce que l'Allemagne a fait d'autres choix. Ils n'ont pas choisi le nucléaire. Nous, on a choisi le nucléaire. On pourrait être indépendants.

Mais avec l'Europe, on s'est mis finalement dans cette main, dans cette disposition.

10:37
Auditeur

Qu'est-ce qu'il faut mieux, Sébastien Chenu ? Est-ce qu'il faut mieux du gaz russe ou du GNL américain, à vos yeux ?

10:42
Sébastien Chenu

Madame, je ne suis pas sûr que le problème se pose exactement comme ça. Un peu quand même. Il est en train de se poser comme ça. Ce qu'il faut, c'est préserver les intérêts de la France et notamment la facture énergétique pour les Français. Et à partir du moment où on pose cet état de fait, on peut répondre alors à votre question. Mais je crois que des sanctions pour la Russie, nous, nous y sommes favorables. Vous savez, il y a des sanctions. Par exemple, ils ont un fonds souverain russe. Moi, je pense que l'idée de faire en sorte que ce fonds souverain russe ne puisse pas s'approvisionner ou en tous les cas se démultiplier en Europe et en France, ça peut être une façon de les sanctionner.

Les oligarques, on l'a vu, ils sont encore nombreux à pouvoir être sanctionnés. Il y a des sanctions qui sont possibles. Mais attention, des sanctions qui font qu'on se tirerait nous-mêmes une balle dans le pied, on le dit sur tous les plateaux, ce sont des sanctions qui amèneraient la France, mais aussi d'autres pays, par exemple, des pays d'Afrique, etc., un renchérissement de matières premières, les engrais, etc., qui auraient des conséquences extrêmement importantes.

11:40
Fabien Roussel

Justement, puisque vous parliez de la différence entre le pétrole et le gaz, sur le gaz, les autres producteurs de gaz qui pourraient nous vendre du gaz, il y a par exemple l'Algérie, qui est aujourd'hui en position de force. Est-ce qu'il faudrait, par exemple, assouplir la politique des visas ou répondre à des demandes du gouvernement algérien pour obtenir des prix sur le gaz qui seraient avantageux ? Non, mais sur le gaz, d'abord, il n'y a pas que l'Algérie.

12:00
Sébastien Chenu

Il y a la Norvège. Vous avez la Norvège, vous avez le Royaume-Uni, donc vous avez vu, on n'est pas obligé de se mettre uniquement dans la main... La réserve la plus importante, c'est qu'il y a de l'Algérie pour nous aujourd'hui. ...dans la main d'État avec lesquels on a tout de suite une problématique de visa. Mais l'Italie, l'Espagne négocient avec Alger,

12:12
Fabien Roussel

est-ce que la France doit aussi répondre à des demandes du gouvernement algérien pour obtenir des prix du gaz français ?

12:15
Sébastien Chenu

Les intérêts de la France doivent être privilégiés. C'est, je pense, une ligne de conduite assez claire. Les intérêts de la France, c'est-à-dire la facture énergétique que payent les Français. Il n'y a pas de difficultés, mais ses partenaires sont nombreux.

12:33
Présentateur

Les entreprises françaises ont réussi. Renault a interrompu son activité en Russie. Auchan continue et son PDG ce matin dans les colonnes du JDD précise que partir de Russie serait, je le cite, imaginable sur le plan économique, mais pas d'un point de vue humain. Est-ce que vous comprenez cette prise de position ?

12:48
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je laisse les entreprises privées développer leur business à l'international, faire ce qu'elles croient le plus juste, y compris avec une certaine forme d'éthique. D'ailleurs, quand Total s'en va, Total le fait probablement un peu sous la pression aussi, mais parce qu'ils considèrent qu'ils n'ont pas envie de participer. Bon, c'est une chose, mais est-ce que derrière, on a des assurances que les coûts de l'énergie ne vont pas augmenter ? Je n'en suis pas sûr. Mais il y a d'autres solutions. Allons au-delà simplement du fait de faire fermer, de voir Auchan fermer ou pas. Les producteurs d'énergie, ils participent quand même, ils font des bénéfices énormes dans cette guerre.

Il y a des gens qui font des bénéfices énormes. Si on faisait pression sur ces producteurs d'énergie pour que leurs bénéfices soient bien moindres, qu'ils arrêtent de faire des bénéfices... C'est-à-dire les amener autour d'une table et puis leur demander de réduire le coût qu'ils vendent. S'ils ne veulent pas, vous n'avez pas moyen de les contraindre. Vous avez des moyens de les contraindre dans les commandes. Vous savez qu'on a des relations avec ces pays qui sont multiples, qui ne reposent pas uniquement sur la fourniture d'énergie. Mais il y a des gens qui font des bénéfices, des producteurs d'énergie qui font des bénéfices. Je pense que là, on a encore des marges de manœuvre.

13:56
Présentateur

Monsieur Chenu, l'actualité a été marquée cette semaine par les obsèques d'Ivan Colonna. C'était donc vendredi à Cargez. Les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments officiels corse à l'annonce de sa mort. Est-ce que vous joignez votre voix à celles qui se sont émues de cette attitude ?

14:15
Sébastien Chenu

Non, mais quand on parle d'Ivan Colonna, on doit d'abord penser immédiatement au préfet Claude Erignac et à sa famille. Moi, mes premières pensées, elles vont au préfet Erignac, homme abattu dans le dos par six personnes, planquées, dont visiblement Ivan Colonna, puisqu'il a été condamné par la justice. Après, il y a la mort d'un homme. Moi, les drapeaux en berne, ça me gêne. Moi, les drapeaux en berne, en Corse, pour la mort d'Ivan Colonna, ça me met excessivement mal à l'aise. Je trouve qu'il y a quelque chose de particulièrement indécent.

14:45
Fabien Roussel

C'est un affront fait à la France ? Parce que vous dites que vous désexprimez votre mal-être, mais est-ce que ça va plus loin ?

14:49
Sébastien Chenu

Il y a une provocation aussi derrière ça. Je sais qu'on peut pleurer la mort d'un fils. Ivan Colonna était fils d'un député socialiste des Alpes-Maritimes. Il a une famille, bien sûr, mais le préfet Erignac aussi. Il a une famille. Et dans ces deux tristes sorts, finalement, il y en a quand même un qui a tué l'autre. Après, qu'Ivan Colonna suscite une émotion en Corse de part, de la façon dont il a été assassiné, je veux dire, par un djihadiste en prison.

15:23
Fabien Roussel

Il y a eu une faillite de l'État français ?

15:25
Sébastien Chenu

Il y a un minimum de comptes à rendre. L'État doit rendre des comptes. Je rappelle d'ailleurs que dans les semaines et les mois qui viennent, 60 à 80 djihadistes vont sortir des prisons françaises. Alors quand on voit la façon dont ils sont surveillés, évalués, je rappelle que celui-ci était visiblement auxiliaire de l'administration pénale. C'est-à-dire qu'il était rémunéré, qu'il avait une fonction. Enfin, on a quand même des questions à se poser. Ce gouvernement doit rendre des comptes. On n'a pas entendu une seule fois Dupond-Moretti, qui, je le rappelle, était aussi par ailleurs un des avocats d'Ivan Colonna.

15:56
Auditeur

Sébastien Chenier, vous avez vu ces CRS, cette vidéo qui chantait la Marseillaise au moment, justement, des obsèques d'Ivan Colonna. Il y a des Corses qui ont jugé que c'était une provocation. En tous les cas, ce n'était pas utile.

16:07
Sébastien Chenu

Non, mais on chante la Marseillaise partout sur le territoire français. On chante la Marseillaise en Corse. Et moi, je sais qu'il y a une immense majorité de Corses qui chantent la Marseillaise. Mais ce que je veux dire, au-delà de ça, c'est qu'on ne joue pas avec les institutions. Moi, je suis sincèrement désolé quand je vois le gouvernement ouvrir le livre, ou en tous les cas, des prénégociations, un dialogue sur l'autonomie, sous la pression de la violence de la rue.

16:35
Présentateur

Ça veut dire que Marine Le Pen est élue au mois d'avril, les négociations vont s'interrompre ?

16:40
Sébastien Chenu

Oui, monsieur, nous ne souhaitons pas l'autonomie de la Corse. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des problèmes en Corse à régler. La question du pouvoir d'achat en est un énorme, par exemple.

16:48
Fabien Roussel

Très concrètement, un autre ancien avocat d'Ivan Colonna, c'est Gilles Semoni, qui est président du conseil territorial de Corse. Il portait le cercueil d'Ivan Colonna à l'arrivée en Corse l'autre jour. Est-ce que ça le disqualifie comme interlocuteur pour le gouvernement ?

17:01
Sébastien Chenu

Non, mais il est élu. Il a été élu, démocratiquement. On connaît ses prises de position. Ce n'est pas forcément ma tasse de thé, mais on connaît ses prises de position. Il a été élu démocratiquement. Moi, je n'ai pas de problème avec des gens qui sont élus démocratiquement et qui sont pourtant éloignés de nos prises de position. Nous ne souhaitons pas aller vers l'autonomie de la Corse.

17:18
Auditeur

C'est le fait qu'il porte le cercueil, c'était ça la question.

17:20
Sébastien Chenu

Oui, d'accord, ce sont ses engagements, on le sait.

17:23
Présentateur

Je voudrais me pencher maintenant sur le programme de Marine Le Pen, monsieur Chenu. Avant d'entrer dans le détail, une phrase qui a attiré notre attention ce matin, c'est dans le journal du dimanche. Marine Le Pen dit, si je suis battue, a priori, je ne me représenterai pas. Est-ce que c'est la dernière chance de la dynastie Le Pen à FNRN ?

17:39
Sébastien Chenu

Vous savez, je crois que Marine Le Pen, aujourd'hui, elle est prête. Et d'ailleurs, il y a quelque chose de très important, je pense qu'il faut prendre en considération, et on le voit les semaines passant, si le peuple vote, alors le peuple va gagner. Et si les Français vont voter, si le peuple français va voter, Marine Le Pen va être présidente de la République dans quelques semaines. Donc si ce n'est pas elle qui gagne, le peuple a perdu ? Elle considère qu'aujourd'hui, il est possible aussi de perdre. D'ailleurs, il faut être lucide dans la vie, on peut gagner, on peut perdre, il faut accepter les règles du jeu.

Mais Marine Le Pen dit aussi qu'elle continuera, sous une forme ou sous une autre, à défendre les Français. Mais je crois qu'en réalité, elle n'a jamais été aussi proche de la victoire. Et elle n'a jamais été aussi prête à gouverner. Le programme de Marine Le Pen, sa personnalité, ses équipes, sa méthode, le choix du pouvoir d'achat, comme un axe structurant et premier de son programme électoral, démontre qu'elle est en parfaite connexion avec les Français.

18:31
Fabien Roussel

Dans la phrase que vous venez de prononcer à propos de « si le peuple vote », j'entends aussi « si le peuple ne vote pas », on peut avoir des convenus. C'est ce qui s'est passé au régional dans un scrutin très différent. Il n'y a pas eu de mobilisation, notamment de l'électorat populaire dans lequel vous avez de forts suffrages. Et donc du coup, des mauvaises surprises. Ça peut arriver aussi. Elle peut ne pas être au second tour s'il y a une forte abstention.

18:50
Sébastien Chenu

Aujourd'hui, je pense qu'elle sera au second tour. Marine Le Pen est dans une ascension sondagière. Notre adversaire politique, c'est Emmanuel Macron. Notre adversaire, dans le cadre de ce scrutin, c'est l'abstention. Il faut que les Français qui, chaque jour, dans leur quotidien, subissent la politique d'Emmanuel Macron. Lorsqu'ils font leur plein à la pompe à essence, c'est la politique d'Emmanuel Macron. Lorsqu'ils pensent à leur retraite avec un Emmanuel Macron qui dit « je vais vous y amener jusqu'à 65 ans », c'est la politique d'Emmanuel Macron. Mais vous craignez que l'électorat populaire ne se déplace pas dans 15 jours ? Ça peut être une crainte, bien sûr.

Mais moi, je crois l'inverse. Je vais vous dire, je pense exactement l'inverse. D'abord, il y a un record absolu d'inscriptions sur les listes électorales. C'est un bon signe, je crois. C'est un signe qu'il faudrait analyser parce que ça veut dire que les Français, au-delà des inscriptions automatiques, bien entendu, les Français ont un intérêt pour cette élection qui n'est peut-être pas exprimée.

19:38
Présentateur

Vous avez nommé les adversaires, M. Chenu, à l'instant. Est-ce que votre adversaire, aujourd'hui, pour la qualification au second tour, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon ?

19:45
Sébastien Chenu

Non, mais je ne crois pas que... Alors, Jean-Luc Mélenchon fait une campagne qui l'amène à faire un résultat qui n'est pas nul, qui est important.

19:54
Présentateur

Mais il a une dynamique comme celle que vous étiez pour moi et le fait.

19:57
Sébastien Chenu

Oui, je ne crois pas qu'il ait aujourd'hui le carburant nécessaire pour arriver au second tour, puis je ne le souhaite pas, parce qu'un second tour, un choix... Tout peut arriver dans la vie. Jean Lassalle, Nathalie Arthaud peuvent arriver aussi au second tour dans une vie imaginaire. Vous semblez minimiser l'hypothèse d'une qualification de Jean-Luc Mélenchon. Non, non, mais pas du tout. Je trouverais ça. Je trouverais que le choix Mélenchon-Macron serait terrible pour le pays, raison pour laquelle, je dis d'ailleurs aux électeurs d'Éric Zemmour et de Valérie Pécresse, leurs candidats sont ce qu'ils sont, mais ils n'ont visiblement pas la capacité à se hisser au second tour.

Voter utile dès le premier tour pour éviter Mélenchon-Macron. Voter utile dès le premier tour. Pour Marine Le Pen ? C'est évidemment pour Marine Le Pen. Les électeurs d'Éric Zemmour sont des patriotes. Je suis persuadé que les électeurs de Valérie Pécresse sont des patriotes. Ne faites pas l'erreur de gaspiller votre voix pour un candidat qui a votre sympathie, mais qui ne peut pas aller au second tour, au risque peut-être de laisser Jean-Luc Mélenchon avancer. Ce serait le pire choix pour le pays.

20:47
Auditeur

Éric Zemmour, qui est un peu en chute dans les sondages, en tous les cas, veut faire une démonstration de force cet après-midi au Trocadéro. Est-ce que vous vous redoutez cette démonstration de force ? Et puis, surtout, c'est vrai que le Trocadéro, ce n'est pas complètement neutre, puisque c'était là que François Fillon avait fait son meeting. Est-ce que c'est un appel pour essayer de prendre des voix plutôt chez Valérie Pécresse ? Est-ce que le fait d'avoir eu quand même une campagne très radicale de la part d'Éric Zemmour, est-ce que finalement, il vous a rendu service ?

21:13
Sébastien Chenu

Je pense que c'est plutôt un barou d'honneur pour Éric Zemmour. On ne peut pas dire que les grands rassemblements du Trocadéro, je crois que le Trocadéro contient 35 000, enfin, il est possible de faire entrer 35 000 personnes, ce qui est déjà beaucoup, ce qui est déjà beaucoup. Mais ces derniers grands rassemblements, Nicolas Sarkozy et François Fillon, n'ont pas été des rassemblements qui ont permis d'inverser les choses ou de démontrer que le Trocadéro portait bonheur, on va dire. Bon, au-delà de ça, Éric Zemmour, je crois, a manqué deux choses dans cette campagne.

Il n'est pas rentré dans la stature, dans l'incarnation d'un candidat à la présidentielle de rassemblement des Français et de rencontre avec les Français. Et puis, il a sous-estimé, voire il a méprisé, parfois, toutes les données d'un programme concernant le pouvoir d'achat, le quotidien des Français. Éric Zemmour a un côté idéologue, il faut bien dire ce qu'il est. Il a une vision assez idéologique du pays et je crois qu'il n'a pas rencontré le cœur de la population française.

22:14
Présentateur

Le programme de Marine Le Pen et le détail financier a été présenté cette semaine par votre candidate. Elle prévoit des économies sur le fonctionnement de l'État et sur l'immigration. Ce qui concerne l'immigration, c'est 16 milliards d'économies. Est-ce que c'est possible... 18 même. Est-ce que c'est possible d'évaluer ce sujet avec autant de précision ? Est-ce que, par définition, ça n'est pas un sujet extrêmement mobile, extrêmement fluide ?

22:36
Sébastien Chenu

Il est évident que plus on accueille d'étrangers en situation régulière mais surtout en situation irrégulière sur notre pays, oui, c'est mobile parce que c'est de plus en plus compliqué et ça perturbe encore plus les finances publiques. Mais vous avez, en ce qui concerne, ces 18 milliards d'économies que nous pouvons faire sur l'immigration qui n'ont jamais été tentées par les autres gouvernants. Nous, nous sommes là pour mener une autre politique. Ils n'ont jamais été chiffrés. Ils ont été chiffrés dans d'innombrables rapports et nous avons pris toujours les chiffrages qui étaient les plus bas et les plus modestes.

C'est-à-dire, ce sont évidemment les prestations sociales, c'est évidemment l'AME, ce sont évidemment les mineurs non accompagnés, c'est évidemment toutes les dispositions dont bénéficient l'ensemble des personnes qui sont en France, quand bien même elles ne seraient pas françaises. 18 milliards, c'est sur le quinquennat ? Bien sûr. Ça veut dire que... C'est par an. C'est 18 milliards par an. C'est par an ou c'est ? Budget, 68 milliards par an. C'est 18 milliards par an d'économie. Donc c'est 18 milliards la première année ? Par an. D'accord. La première année, on est déjà à la moitié de l'année.

La première année, et nous l'avons calculé dans notre budget, ce ne sera pas 18 milliards en arrivant immédiatement puisque nous sommes bientôt à la moitié de l'année.

23:38
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas contre-intuitif, M. Chenu ? Si vous réduisez l'immigration d'un côté, forcément la manne financière que vous utilisez, elle réduit d'autant ?

23:47
Sébastien Chenu

Non, monsieur. Il faut bien voir qu'il y a dans notre pays, et je vais vous en citer, un certain nombre de dépenses, en tous les cas, que fait l'État, qui sont inadmissibles. Celles sur l'immigration nous semblent aujourd'hui inadmissibles et disproportionnées. Il y a des dépenses qui sont inadmissibles, les mineurs en ont accompagné, tout ça, c'est inadmissible et disproportionnée parce que nous ployons sous le coût de cette immigration. Mais il y a d'autres dépenses, je pense, parce qu'il faut en parler quand même un moment, toutes ces agences comme McKinsey, qui coûtent des milliards d'euros aux contribuables et qui, à mon avis, ont trois défauts.

Ce sont des agences auxquelles Emmanuel Macron, il faut que les téléspectateurs le sachent, a fait appel, des cabinets de conseil pour le conseiller sur la politique qu'il doit mener. C'est totalement anti-national. C'est-à-dire que nous avons donc des agences, des cabinets de conseil étrangers qui viennent dire à Emmanuel Macron comment il faut faire pour la réforme des reprises des Français. Oui, d'accord, mais de quoi je me mêle ? Qu'est-ce qu'un cabinet américain vient dire au président de la République française la façon dont il faudrait réformer les reprises ? C'est-à-dire que Marine Le Pen Président n'aura pas de cabinet sollicité ?

Non, je ne vois pas en quoi nous avons besoin de cabinet. Nous avons, deuxième élément, une haute fonction publique de belle qualité dans le pays. On le dit suffisamment. Eh bien, je trouve que c'est un affront fait à cette haute fonction publique. Et puis quand même, c'est cabinet McKinsey qui, devant le Sénat, sont venus dire qu'ils payaient des impôts en France alors que ces faux devraient être poursuivis. Poursuivis pour faux témoignages ? Ben oui, visiblement, il y a une problématique. Vous souhaitez que le patron de McKinsey France soit poursuivie dans la justice pour ce qu'il a dit au Sénat ?

Je souhaite qu'effectivement, nous puissions actionner tous les leviers pour poursuivre des gens qui ont menti à la représentation nationale. Au-delà de ça, c'est un vrai scandale sous le gouvernement d'Emmanuel Macron que d'avoir recours pour des milliards à tous ces cabinets de conseil qui viennent raconter n'importe quoi, qui viennent finalement se saisir d'une partie du cerveau d'Emmanuel Macron à la place des hommes politiques.

25:36
Présentateur

Alors juste, pardonnez-moi, je suis une parenthèse parce qu'on vient d'avoir cette déclaration d'Emmanuel Macron qui sort de son cerveau, manifestement, M. Chenu, pour reprendre votre... Donc, Dostoyne McKinsey aussi, en partie ? Je ne crois pas, vous allez nous le dire. Emmanuel Macron, qui réagit à ce qui s'est passé en Guadeloupe hier et qui concerne votre candidate, il dit, je le cite, « Ça me choque comme tout un chacun, je condamne avec la plus grande fermeté. Il faut condamner toute forme de violence politique. La scène que nous avons vue en Guadeloupe est absolument inacceptable. » Ce sont les mots

25:59
Sébastien Chenu

du président de la République. J'en prends acte et je lui redis qu'il demande à son ministre de l'Intérieur de se mettre un peu au travail.

26:06
Auditeur

Edwige ? Non, juste que vous vous rendiez hommage à l'administration française, là, vous voulez l'autre source de financement du programme de Marine Le Pen, c'est d'avoir 15 milliards d'économies sur tout ce que la fraude fiscale. Mais elle est déjà extrêmement opérationnelle, justement, cette fonction publique à Versy. Puisqu'il y a déjà qu'ils en tirent plusieurs milliards. Donc, qu'est-ce que vous ferez de mieux ? Parce qu'il y a déjà

26:27
Sébastien Chenu

15 milliards, c'est au bas mot ce que nous pouvons récupérer. Dans tous les rapports, notamment celui du Sénat, on nous dit qu'on peut aller bien au-delà des 15 milliards. Or, on ne récupère pas encore ces 15 milliards chaque année. Marine Le Pen a proposé d'ailleurs... Mais c'est difficile. Ce que je veux dire, c'est que c'est difficile. Non, mais je ne sais pas que c'est simple. Mais vous savez, gérer la France, ce n'est pas simple. Mais simplement, il y a des déperditions de finances publiques et nous comptons nous y atteler.

Un ministère de la fraude sociale dont l'objectif est l'évaluation, d'ailleurs, parce que Marine Le Pen demande aussi que les politiques publiques qu'elle mènera soient évaluées chemin faisant et bien soit de récupérer l'argent de la fraude fiscale et sociale est une nécessité. Nous avons aussi la volonté, Marine Le Pen a exprimé, de créer un fonds souverain. Ça ne vous a pas échappé. Ça existe dans d'autres pays. Vous savez, on n'est pas plus intelligent que les autres. On essaie d'être plus efficace et plus pragmatique. 2% de rémunération. Et pour faire quoi ? Eh bien, un fonds souverain, ça permet de mobiliser ou de flécher l'épargne des Français.

Vous savez que les Français ont une qualité ? C'est qu'ils épargnent. Cette épargne, elle ne rapporte pas. On le voit sur le livret A. On le voit dans l'assurance-vie quand même aussi. Oui, d'accord, mais enfin, c'est bien moindre. Nous considérons qu'en créant ce fonds souverain et en fléchant l'épargne des Français rémunérés à 2%, nous pouvons ensuite investir dans des industries, dans des entreprises, dans des secteurs qui ont une forte valeur ajoutée pour tirer notre pays vers le haut. Et ça, ça rapporterait effectivement à peu près 8 milliards et demi d'après nos chiffrages.

27:46
Fabien Roussel

Vous l'avez dit, M. Chenu, tout à l'heure, Marine Le Pen a identifié très tôt, dès la fin de l'été, que le pouvoir d'achat serait le sujet de cette campagne. Et elle a, dès la fin de l'été, dit à un foyer français aura environ 200 euros d'économie grâce aux mesures que je propose. Et parmi les mesures, il y a la baisse des péages avec la renationalisation des autoroutes. Est-ce que ça se fait immédiatement ? Est-ce que, sans attendre même la fin des concessions et le rachat des concessions d'autoroutes et la renationalisation des autoroutes qui coûterait plusieurs dizaines de milliards, est-ce que les péages baisseraient dès le mois de mai

28:14
Sébastien Chenu

si Marine Le Pen était élu ? Non, mais M. Corbet, les péages ne vont pas baisser dès le mois de mai. Il faut quand même un temps de négociation. D'accord. Il faut évaluer la dette. Vous savez très bien. Donc ça ne serait pas les 200 euros tout de suite dont parle Marine Le Pen ? Non, mais Marine Le Pen a évidemment réfléchi à trouver d'autres solutions pour financer des mesures de pouvoir d'achat immédiates. Je vous les donne. C'est l'une de cette qui est en avant.

28:32
Fabien Roussel

Je rebondis sur une.

28:33
Sébastien Chenu

La taxe de rachat d'action entre les grands groupes qui ramènerait 8 milliards d'euros en fait partie. Mais ce n'est pas le pouvoir d'achat, ça ? Non, non. De 10% également sur les bénéfices d'entreprises énergétiques. Pas du pouvoir d'achat non plus ? Non, non, mais ça, ce sont des taxes que nous mettons en place tout de suite pour financer tout de suite les mesures de pouvoir d'achat exceptionnelles. Concrètement,

28:53
Fabien Roussel

sur les 200 euros qu'elle avance, elle cite par exemple

28:55
Sébastien Chenu

la suppression de la redevance. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut se dire. Mais la suppression de la redevance, il n'y a pas de problème à le faire tout de suite. D'accord. Il n'y a pas de problème à le faire tout de suite. Mais ce que je veux dire, c'est que vous avez des mesures qui permettent tout de suite de redonner du pouvoir d'achat aux Français. Et nous savons trouver le financement. Je viens de vous donner deux sources de financement. La première sera quelle mesure pour les Français ? Marie Le Pen est l'une qui est la première mesure. C'est la TVA 5.5 sur l'ensemble des énergies parce que nous, nous considérons qu'on ne peut pas vivre en tous les cas sans se chauffer.

Moi, j'ai été très perturbé, très inquiété, voyez-vous, au monde des gilets jaunes et puis je suis député d'une des circonscriptions les plus pauvres de France par le discours d'une étudiante qui m'avait dit, étudiante en médecine de Tourcoing, il y a des jeunes de Tourcoing derrière moi, qui m'avait dit moi je dois choisir entre manger et me chauffer. Eh bien je pense qu'en France, en 2022, choisir entre manger et se chauffer, et c'était avant la guerre en Ukraine, M. Boursier, c'était avant la guerre en Ukraine, eh bien c'est une problématique que nous ne pouvons pas accepter. Donc c'est une mesure qui a un coût. C'est une mesure qui a un coût. Et c'est immédiat dès le mois de mai ?

Mais bien sûr, c'est la mesure immédiate que nous prenons.

29:53
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Sébastien Chaudry d'avoir été invité ce midi dans BFM Politique. Edwige Philippe, s'il vous plaît, restez là. Dans quelques instants, nous allons interroger un candidat à l'élection présidentielle, candidat communiste, Fabien Roussel. Il sera en direct avec nous de Toulouse à quelques marches de la Seine où il est en meeting dans une demi-heure. A tout de suite. La suite de BFM Politique en direct sur BFM TV en compagnie d'Edwige Chevrillon et de Philippe Corbet. Nous sommes en direct de Toulouse avec le candidat communiste à l'élection présidentielle et député du Nord. Bonsoir, Fabien Roussel.

Merci d'être avec nous vraiment à quelques instants maintenant d'un meeting que vous allez tenir à Toulouse, à 13h. Monsieur Roussel, je voudrais commencer par vous demander une réaction à ce qui s'est produit hier soir en Guadeloupe, cette nuit en Guadeloupe. Marine Le Pen qui a été prise à partie chahutée par des militants qui se disent d'extrême gauche. Action qui a été condamnée à l'instant par Emmanuel Macron. Quelle est votre réaction ?

30:53
Locuteur non identifié

Ma réaction, c'est qu'en élection présidentielle, tout le monde doit pouvoir présenter ses idées, son programme. Ça doit pouvoir se faire sans violence et sans invectif, je dirais. Moi-même, les locaux de campagne des jours heureux ont été vandalisés à plusieurs reprises durant cette campagne. Et bien sûr, c'est pas admissible et je l'ai dénoncé. Mais de la même manière, j'ai aussi porté une résolution à l'Assemblée nationale disant que le racisme et l'antisémitisme n'étaient pas une expression et devaient être condamnés en République. Et donc, c'est aussi un point de vue que je défends. Le racisme et l'antisémitisme, ce n'est pas une opinion et c'est un délit.

31:34
Fabien Roussel

Monsieur Roussel, hier soir, le président américain Joe Biden à Varsovie a qualifié le président Poutine de boucher, de dictateur. Est-ce que vous reprendriez ce terme de boucher utilisé par Joe Biden ? Et est-ce que, si ce n'est pas le cas, est-ce que vous pensez que le président américain a tort d'utiliser ce genre de mots ?

31:57
Locuteur non identifié

Bon, d'abord, la diplomatie française est différente de celle des États-Unis et c'est aussi la force de notre diplomatie dans notre histoire. Aujourd'hui, il est surtout important que l'ensemble des nations soient unies pour condamner avec la plus grande fermeté l'attitude du président Poutine qui est un président nationaliste qui flirte avec les extrêmes droites européennes. Mais c'est un dictateur, ce l'envoi ? Est-ce que c'est un dictateur ? Est-ce que c'est un dictateur, Vladimir Poutine ? Je vais y venir. Je vais y venir.

C'est important que nous soyons tous unis pour condamner l'attitude l'invasion du président Poutine, l'invasion de l'armée russe en Ukraine et que nous soyons tous unis pour le dire. Mais je crois aussi que l'administration américaine, la Maison-Blanche, a rectifié les propos du président américain pour dire qu'il avait eu des propos impromptus et ils ont dû préciser sa pensée. Pas au sujet du boucher ni du dictateur, M. Roussel.

33:01
Présentateur

Pardonnez-moi, c'est important de le préciser. La Maison-Blanche a corrigé l'aspect de changement de pouvoir demandé par M. Biden. Pas l'aspect de boucher, pas l'aspect de dictateur.

33:11
Locuteur non identifié

Mais c'est important de le préciser. C'est bien pour ça que je vous dis que la diplomatie française est bien différente. Mais je n'ai aucune difficulté à qualifier le président Poutine de dirigeant nationaliste, d'extrême droite, d'un dictateur. Car son régime aujourd'hui fait autant de mal au peuple ukrainien, au peuple d'Europe qu'au peuple russe. Oui, il y a des crimes de guerre actuellement en Ukraine et toute la lumière devra être faite et il faudra que le tribunal international puisse pouvoir juger ceux qui les ont commis. Et je n'ai aucune difficulté à pouvoir dire cela.

33:47
Auditeur

Oui, Fabien Roussel, il y a des décisions, des sanctions économiques qui ont été prises. Il y a un cran supplémentaire qui va peut-être être pris sur l'embargo total sur le gaz russe. Est-ce que vous y êtes favorable quelles que soient les conséquences notamment pour les consommateurs français ?

34:05
Locuteur non identifié

Je ne suis pas favorable à dire stop à l'importation de gaz russe sans prendre en compte les conséquences que cela pourrait avoir pour les peuples d'Europe et pour le peuple français. Si demain je suis président de la République, j'étudierai chaque mesure économique à l'encontre du dirigeant Poutine, à l'encontre de la Russie en mesurant bien les conséquences que cela pourrait avoir pour le pouvoir d'achat des Français, pour le pouvoir d'achat bien sûr de tous les peuples d'Europe. Nous dépendons l'Europe à 40% du gaz russe. La France dépend à 17% du gaz russe.

Sans priver du jour au lendemain, c'est tout de suite avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français, sur les factures de gaz et d'électricité. Et ça bien sûr, je ne l'accepterai pas.

34:49
Auditeur

Fabien Roussel, qu'est-ce qui est mieux ? C'est le gaz russe ou c'est le GNL, le gaz liquéfié américain ?

34:56
Locuteur non identifié

Mais ça, c'est bien la grande différence et c'est bien la grande difficulté et la preuve que beaucoup de pays européens, je pense notamment à l'Allemagne, ont fait le choix désastreux d'abandonner l'énergie nucléaire et de se rendre dépendant justement du gaz russe. Il faut pour cela retrouver notre souveraineté énergétique en Europe, en France, investir dans les énergies nucléaires pour ne plus être dépendant d'autres pays, d'autres puissances comme de la Russie mais aussi pour ne plus être dépendant du gaz de schiste américain. C'est un gaz produit par fracturation de la terre.

C'est interdit en France parce que ça abîme les sols, ça abîme la planète et nous allons devoir en importer des Etats-Unis pour compenser justement le gaz russe. Vous voyez dans quel état de dépendance nous nous sommes mis l'Europe, la France vis-à-vis du gaz russe. Il faut retrouver notre indépendance énergétique, notre souveraineté énergétique et c'est pour ça que je propose d'investir et dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables.

36:00
Fabien Roussel

En attendant de construire de nouvelles centrales nucléaires, est-ce qu'il faut que Total se retire de Russie pour son approvisionnement en gaz ? Yannick Jadot, le candidat écologiste, a qualifié Total de complice de crimes de guerre. Est-ce que vous pouvez reprendre cette analyse ou est-ce qu'elle vous semble hors de propos ?

36:19
Locuteur non identifié

Non, je ne reprendrai pas ces propos et je pense que la mesure la plus efficace en direction de Total ce serait d'exiger, d'imposer par la loi que 100% des bénéfices de Total, c'est quand même 14 milliards d'euros en 2021, 100% de ces bénéfices soient mis à contribution pour baisser la facture d'essence, la facture de gaz des Français. 100% des bénéfices de cette industrie pétrochimique, gazière, doivent servir à baisser les factures des peuples d'Europe et des Français en particulier. C'est inadmissible qu'en pleine période de guerre, ces multinationales distribuent des dividendes. Ils l'ont fait déjà pendant la pandémie et ça nous a fait mal au ventre.

Et aujourd'hui, les Français, quand ils vont mettre de l'essence avec un pistolet, ils ont l'impression de se braquer eux-mêmes. Il faut que 100% de leurs bénéfices, 100% de leurs dividendes soient mis au service de tous, au service de la lutte contre la vie chère.

37:16
Présentateur

Merci beaucoup Fabien Roussel. Je voudrais continuer au sujet de la guerre en Ukraine. Un dernier mot. Où en est votre réflexion au sujet de l'OTAN ? Est-ce que la guerre et son développement actuel vous faites réfléchir, vous faites changer de position sur la place de la France dans cette alliance atlantique ?

37:37
Locuteur non identifié

D'abord, aujourd'hui, l'heure n'est pas à dire il faut sortir de l'OTAN maintenant. Nous sommes confrontés à une guerre terrible à quelques heures de vol de notre pays et donc ce n'est pas l'actualité. L'actualité, c'est d'exercer les pressions les plus efficaces contre Poutine, contre les oligarques russes pour le faire céder, pour obtenir un cessez-le-feu, pour protéger les réfugiés. Ça, c'est la priorité. Mais quand même, tout le monde admet, à gauche et à droite d'ailleurs, et pas qu'en France, dans beaucoup de pays de l'Union Européenne, et le débat est ouvert. Quel traité nous allons bâtir ensemble demain ?

Quelle alliance nous allons construire ensemble demain pour garantir la paix et la sécurité collective, la sécurité de tous, parce que nous vivons sur un continent de 50 pays, 50 pays sur ce continent européen. L'enjeu est bien de garantir la sécurité de tous les peuples, du peuple russe jusqu'au peuple français. C'est bien pour ça qu'on doit aussi pouvoir s'adresser aux pacifistes russes, leur tendre la main, ne pas céder à la russophobie qui pourrait monter. Il faut pouvoir créer ces passerelles et créer cette Europe de la paix et donc construire une autre alliance qui n'est pas basée sur la course à l'armement mais qui est basée sur des règles de sécurité collective.

Ça va se construire avec le temps mais c'est un objectif que nous devons avoir et bien sûr tous ensemble s'engager au désarmement nucléaire mais tous ensemble, pas chacun de son côté, ça doit être fait de manière multilatérale. D'ailleurs, il y avait eu un traité de non-prolifération des armes nucléaires qui avait été signé pendant la guerre froide. Ça a été possible et ça doit être mis aussi à l'ordre du jour aujourd'hui parce que l'avenir de la planète ce ne sont pas des pays qui investissent dans l'arme, dans la guerre, dans le nucléaire, ce sont des pays qui dialoguent entre eux et qui créent les conditions de la sécurité collective pour tous.

39:24
Fabien Roussel

Fabien Roussel, l'un des sujets dans cette campagne c'est la retraite. Emmanuel Macron veut passer l'âge égal à 65 ans. Vous, vous promettez de rester à 60 ans comme Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que si la retraite reste à 60 ans à moyen terme, ça n'est pas le risque de voir les cotisations augmentées ou l'impossibilité de faire augmenter les pensions au rythme de l'inflation ?

39:46
Locuteur non identifié

D'abord, vous savez, sur les cotisations et le financement de la sécurité sociale, je tiens à préciser que tous ceux de Macron à Le Pen en passant par Pécresse ou Zemmour qui vous promettent des augmentations de salaire sans cotisation sociale, ce sont des vrais assureurs qui oublient de mentionner la petite astérique en haut du contrat et qui, en fait, vous disent que vous allez peut-être avoir plus de salaire mais vous aurez moins de cotisations sociales, moins de sécurité sociale et moins de pensions et de retraites après. Alors, il faut être clair. Nous, on veut des augmentations de salaire avec des cotisations pour pouvoir financer une vraie retraite.

Et puis, je voudrais penser à tous ces salariés qui travaillent dans le bâtiment, qui posent du carrelage tous les jours, qui sont à genoux. Je veux penser à ces aides à domicile qui déplacent des corps qui se cassent le dos. Je veux penser à tous ces métiers pénibles qui fatiguent autant les corps que la tête et je pense notamment à ces enseignants, par exemple. Imaginez-vous de dire à tous ceux-là, à toutes celles-là, eh bien oui, vous allez travailler jusqu'à 65 ans, voire plus, pour avoir une retraite même pas digne. Eh bien, c'est inadmissible. Nous nous disons qu'il y a tellement de richesses dans notre pays.

Notre argent, la richesse issue de notre travail, il faut pouvoir la mettre au service du progrès social. Ça a été possible en 1981 grâce à Mitterrand et à Georges Marchais. Ça doit être possible en 2022. Il faut mettre fin à la fraude et l'évasion fiscale. Il y a 100 milliards d'euros par an qui partent dans les paradis fiscaux. Il faut mettre toutes ces richesses au service du progrès humain et du progrès social. C'est ça, les jours heureux pour lesquels je me bats et pour lesquels nous nous battons tous ici.

41:16
Présentateur

M. Roussel, dans ce que vous dites, il y a beaucoup de propos que pourrait reprendre Jean-Luc Mélenchon à son compte. Il y a 5 ans, les communistes avaient choisi de le soutenir. Il a aujourd'hui une dynamique. Vous avez aussi une dynamique dans cette campagne. Est-ce que si les points que vous allez engranger manquent à Jean-Luc Mélenchon pour être au second tour, il n'y aura pas une forme de regret chez les communistes ?

41:34
Locuteur non identifié

Ah non. Non, parce que vous savez, je le dis autour de moi, c'est ce que je vais dire ici à Toulouse, le 10 avril prochain, c'est une élection présidentielle tellement importante. Et ce que j'invite les Français à faire, ceux qui me regardent à cet instant, c'est d'utiliser ce bulletin de vote pour voter pour eux, pour leurs idées, pour leurs convictions. On en a marre de voter à défaut. On en a marre de nous parler, d'entendre parler du vote utile. Comme s'il y avait un vote inutile, comme s'il y avait des électeurs inutiles. Vous vous rendez compte un petit peu de ce qu'on met dans la tête des Français, comme si le second tour était déjà fait ? Nous, on veut porter l'espoir.

On veut que ça change tout de suite. Est-ce que vous avez

42:10
Auditeur

l'impression, Fabien Roussel ? Fabien Roussel ? Pardon, est-ce que vous avez le sentiment justement que ce vote utile que vous dénoncez à l'instant, ça vous défavorise notamment et ça favorise Jean-Luc Mélenchon ?

42:23
Locuteur non identifié

Oh là là, bien au contraire. D'abord, vous voyez que Jean-Luc Mélenchon et moi-même, nous progressons. Et je veux justement incarner, moi, une gauche populaire, républicaine, laïque, qui défend le monde du travail, qui défend le monde ouvrier, qui défend les salaires et une vie digne. Et je veux aussi reconstruire l'espoir demain. Je veux reconstruire cette gauche qui a pu gagner, qui a gouverné. Et je vais vous dire une chose, la gauche, elle va gagner. La gauche, elle va revenir au pouvoir. Je vous le dis, je vous l'annonce, la seule question, c'est quand et c'est pourquoi faire.

Et c'est bien pour ça que le 10 avril, en utilisant le bulletin de vote pour les jours heureux, vous préparez aussi ça. Vous préparez le retour d'une gauche véritablement au service du peuple, du bien-vivre, du bien-manger, des services publics et des bons salaires. C'est cette France-là, c'est cette République-là que je veux reconstruire, moi.

43:09
Fabien Roussel

Justement, Fabien Roussel, vous parlez de reconstruction de la gauche, y compris au-delà de cette élection présidentielle et des hésitatives. Si la gauche n'est pas au second tour de cette présidentielle, vous discuterez, vous reconstruirez avec qui ? Avec les insoumis, avec les écolos, avec les socialistes. Comment discuter ? Avec qui ? Et avec quelle perspective ?

43:26
Locuteur non identifié

Mais vous savez, on a trop souffert à gauche, justement, d'une gauche qui renonce et qui trahit. On a trop souffert aussi d'une forme d'hégémonisme, voire de sectarisme à gauche. Moi, je veux incarner justement la gauche qui rassemble, qui unit, qui travaille avec tout le monde. Je veux incarner cette gauche qui se mettra au service du monde syndical, du mouvement social. Autour de qui ? Si Jean-Luc Mélenchon

43:53
Fabien Roussel

est celui qui est en tête de la gauche, ça se fera autour des insoumis, vous voulez dire ?

43:56
Locuteur non identifié

Mais pourquoi autour de Mélenchon, autour d'un autre ? Moi, c'est autour du peuple, c'est avec le peuple et c'est pour le peuple. C'est ça qui est différent. Nous, on veut rassembler, rassembler largement. Je ne veux pas passer ma vie dans l'opposition. Je veux être une force de proposition et une force qui va gouverner demain parce que nous en avons besoin. L'histoire, vous le montrera, oui, nous reviendrons au pouvoir. La seule question, c'est quand ? Et plus vite, ce sera mieux, ce sera pour l'ensemble, pour le peuple, pour le monde du travail. Et c'est pour ça que le 10 avril, plus on me donne de la force, plus nous irons vite et plus nous irons loin.

44:31
Auditeur

Une question, parce que comme les sondages mettent en avant le couple Macron-Le Pen, au second tour, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qu'est-ce que vous allez faire, Fabien Roussel, si jamais ce scénario se déroule ?

44:46
Locuteur non identifié

Bon, vous imaginez bien que je n'aime pas parler du second tour parce qu'il y a un premier tour et que les Français sont un peu agacés qu'on leur dise voilà ce qui va se passer au second tour et qu'est-ce que vous allez faire au second tour ? D'abord, il y a le premier tour, le 10 avril, votez les jours heureux, votez heureux. Allez-y avec la banane et avec un bulletin de vote, le sourire pour changer votre vie. Et au second tour, je l'ai toujours dit, et au second tour, je l'ai toujours dit, jamais, jamais, nous ne laisserons l'extrême droite mettre main basse sur la République parce que la République, on la chérit, on la défend justement le 10 avril.

Donnez de la force à cette République-là. Faites en sorte que vos colères, vous les transformiez en espoir. Voilà le meilleur moyen d'empêcher l'extrême droite d'être présente au second tour.

45:31
Présentateur

Merci beaucoup, M. Roussel. Bon meeting à Toulouse dans quelques instants. Merci d'avoir été avec nous grâce à Lisa Hervé aujourd'hui dans BFM Politique. Merci beaucoup, Edwige. Philippe, direction le Crocadéro. Oui. Dépêchez-vous. Meeting d'Éric Zemmour. Voilà, on va suivre ça avec vous. Moi, je vous retrouve là dans quelques instants. Restez avec nous pour faire un point sur l'évolution de la guerre en Ukraine. Merci à toutes et à tous. Merci à tous.