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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 2 août 2009 59 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Thématique - Les Pôles - avec Michel Rocard

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 61 %Attaque 19 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous promu la sanctuarisation de l'Antarctique ?

  • 21:22OuverteRéponse directe

    Dans quel cadre diplomatique éviter les conflits en Arctique ?

  • 21:46OuverteRéponse directe

    Pourquoi une vision optimiste malgré le réchauffement climatique ?

  • 30:40ComplaisanteÉludée

    C'est inouï tout ça

  • 30:42RelanceRéponse partielle

    Oui juste une observation sur cette affaire nucléaire

  • 31:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi les États-Unis n'ont pas besoin d'armes nucléaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 28:45Invité politiqueFait
    « la Russie est prête à renoncer à l'armement nucléaire si ceux qui l'ont inventé et mis en service en font autant »
  • 28:56Invité politiqueFait
    « la promesse de s'engager vers un monde sans armes nucléaires elle est dans le discours d'investiture d'Obama »
  • 30:13Invité politiqueFait
    « il n'y a pas encore de code qui entoure de manière obligatoire les conditions de l'exploitation pétrolière pour limiter les risques de fuite »
  • 35:42Invité politiqueFait
    « en France personne ne bouge et nous sommes le seul pays où personne ne bouge »
  • 37:27Invité politiqueFait
    « le Conseil Arctique a été créé par une déclaration commune faite à Ottawa les soviéto-canadiennes d'origine mais c'est sur suggestion de clandina »
  • 42:50Invité politiqueFait
    « le premier des gisements qui s'appelle Stockmann c'est un grand gisement qui est à l'ouest de la mer de Barents »
  • 43:20Invité politiqueFait
    « Gazprom fait état d'une exigence de critères de non-pollution de critères de précaution pour éviter toute atteinte à l'environnement »
  • 48:48Invité politiqueFait
    « jusqu'à il y a 5 ans l'Arctique tout le monde s'en moquait c'était dans l'indifférence générale »
  • 54:25PrésentateurFait
    « l'obligation de la double coque est une obligation dont tout le monde comprend la nécessité »
  • 54:46Invité politiqueFait
    « c'est vrai que tout accord international important aura comme point d'achoppement la définition des moyens et des instruments d'observation »
  • 55:00Invité politiqueFait
    « nous avons la personne du préfet Talec, c'est un vieux breton, le secrétaire général de la mer »
  • 55:08Invité politiqueFait
    « la France a un secrétariat général de la mer qui est extraordinairement compétent et informé sur tout ça »
  • 55:28Invité politiqueFait
    « si l'Europe veut se servir de nous, il n'y a pas de conseil là, nous serons sur la pêche »
  • 55:37Invité politiqueFait
    « la FAO n'a pas une compétence mondiale générale de surveillance »

Temps de parole

  • Michel Rocard73 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 29 %
  • Invité7 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture L'Esprit Public, Philippe Meyer, bonjour. Bonjour et merci de nous avoir rejoints pour cette nouvelle émission thématique de l'Esprit Public qui sera consacrée au Pôle et au cours de laquelle nous recevrons Michel Rocard, Monsieur le Premier Ministre, bonjour. Nous allons avec vous parler d'abord de l'Arctique et ensuite sans doute d'un certain nombre d'autres sujets. Nous le ferons avec Jean-Louis Bourlange, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, Yves Michaud, philosophe et directeur de l'Université de Tous les Savoirs. Et Max Gallo, romancier et historien. L'Arctique sera-t-il le nouvel Eldorado énergétique et maritime du XXIe siècle ?

C'est en tout cas ce que veulent croire les cinq États côtiers de l'océan Arctique, c'est-à-dire les États-Unis via l'Alaska, la Russie, le Canada, la Norvège et le Danemark via le Groenland, malgré les complications nées de l'évolution du statut du Groenland. Au-delà de ces pays riverains, ce sont également la Chine, la Corée du Sud, l'Inde ou encore le Brésil qui manifeste un intérêt croissant pour le pôle Nord. Cette course vers l'Arctique est une des nombreuses conséquences du changement climatique.

L'augmentation des températures au nord du cercle polaire et donc la fonte des glaciers pourrait en effet rendre possible ce qui semblait inimaginable il y a encore une dizaine d'années, à savoir l'exploitation des ressources naturelles de cette zone et le développement du transport maritime. Ainsi, dans les grands fonds de l'océan Arctique dormirait d'immenses réserves d'hydrocarbures, 25% des réserves mondiales selon certaines estimations qui font cependant l'objet de controverses, mais aussi des minerais, cuivre, cobalt, étain, diamants.

De plus, la fonte de la banquise, et même si là aussi des incertitudes subsistent sur la chronologie et sur l'ampleur du phénomène, la fonte de la banquise permettrait à terme d'accroître le trafic sur certaines routes maritimes comme le passage du Nord-Ouest. L'urgence semble donc d'éviter que ces perspectives économiques juteuses au pôle Nord, auxquelles on pourrait ajouter la pêche, ne tournent à la catastrophe environnementale ou au conflit de frontières, alors qu'au même moment au pôle Sud, en Antarctique, on assiste par exemple à une explosion de l'activité touristique, quatre fois plus de touristes en 2008 qu'il y a deux ans, il est vrai que le chiffre n'est encore limité qu'à 40 000.

Prévenir les conflits et les dévastations écologiques, c'est tout l'objet de votre nomination en mars dernier, Michel Rocard, nomination au poste, je cite, d'ambassadeur de France, chargé des négociations internationales relatives aux pôles arctiques et antarctiques. Nous verrons donc avec vous quelle forme et quel contenu pourraient recouvrir ces négociations internationales relatives à l'Arctique, alors que les pays riverains semblent pour le moment surtout soucieux de prouver et de défendre leur souveraineté sur les fonds marins. La France dispose-t-elle de réels leviers pour enclencher un processus de négociation ?

Dans cette perspective, quelle pourrait être une politique arctique européenne ? Puisque je le rappelle, un des pays côtiers, le Danemark, est membre de l'Union. Dans quelle mesure, enfin, les peuples autochtones seront-ils associés aux décisions qui les concernent au premier chef ? Mais avant d'aborder ces questions, Michel Rocard, il faut rappeler que lorsque vous étiez Premier ministre, entre 1988 et 1991, vous avez été à l'origine du protocole de Madrid qui a renforcé le traité de l'Antarctique, faisant de ce continent une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science.

Entré en vigueur en 1998, le protocole de Madrid interdit jusqu'en 2041 toute exploitation des ressources minérales et énergétiques en Antarctique, cette interdiction étant indéfiniment renouvelable, puisqu'elle ne peut être levée qu'à l'unanimité des partis. Pour commencer, si vous le voulez bien, Michel Rocard, comment avez-vous été amené à promouvoir cette sanctuarisation de l'Antarctique et comment y êtes-vous parvenu ?

4:14
Michel Rocard

C'est en effet à cause de ce qui s'est passé et de ce que j'ai tenté et réussi en Antarctique qu'on est revenu me chercher pour m'occuper, pour reprendre en charge les négociations s'agissant de l'Arctique maintenant. Mes choses curieuses, ça n'a rien de politique, c'est la communauté scientifique qui est venue me chercher au nom du succès remporté en Antarctique en disant « Vous avez une main politique que nous les scientifiques, on n'a pas, l'Arctique ça va très très mal, revenez donc mettre le nez là-dedans ».

Ce qui s'est passé sur l'Antarctique, c'est qu'en 1959, un traité de première importance a été signé sur une initiative conjointe soviéto-américaine et c'est le premier acte par lequel soviétiques et américains convenaient qu'après tout, il y a peut-être quelques portions de la planète qu'on pouvait isoler de la guerre froide. Le traité sur l'Antarctique est un traité purement politique et diplomatique, il enregistre les revendications territoriales, il y en avait 7 dont une française, il n'y en avait pas d'américaines ni de russes, ce qui d'ailleurs explique un peu les choses.

Et l'article suivant du traité de l'Antarctique décide qu'on ne les matérialisera pas, pas de barbelés, pas de postes frontières, pas de monnaie, etc. Et puis on s'arrête là, ce traité fait une paix diplomatique et gèle, enfin interdit à la guerre froide d'arriver jusqu'au continent. J'ajoute que si, le traité de l'Antarctique démilitarise le continent. suivent trois protocoles. Le premier concerne, il est de 72, le premier, concerne la protection des phoques. Le second est de 78, applicable 82 ou 3, la protection de la faune et de la flore sous-marine. Et le troisième fut signé à Wellington sur initiative néo-zélandaise, on a mis 15 ans à le négocier.

Le troisième prévoyait les conditions d'utilisation des gisements minéralogiques et surtout pétroliers de l'Antarctique. L'année d'après, monsieur le premier ministre d'Australie, Robert Hawke, qui était devenu un de mes amis, parce que j'avais cherché, sans la trouver d'ailleurs, son alliance dans les affaires de négociations agricoles pour le Rue-Guerre-Hound, mais nous étions retrouvés au-pour-de-la-Nouvelle-Calédonie. Il m'avait fait l'amitié de porter respect à ce qui s'était passé en Nouvelle-Calédonie. Il s'était devenu vraiment un ami. Il passe à Paris en visite d'État et me dit, « Michel, est-ce que vous avez regardé ce qui se passe sur l'Antarctique ?

» Je dis non, je n'y connais rien. On a peu de temps ensemble. L'Australie et la France n'ont jamais rien fait de leur vie. On pourrait parler commerce, on pourrait parler armes nucléaires. Pourquoi m'ennuyer avec les bénévoles manchaux ? Qu'est-ce qu'il te prend ? Il m'a répondu, « Non, non, c'est très très grave. En tout cas, mon Parlement n'a pas l'intention de ratifier le troisième protocole, parce qu'Effet de serre, déjà, eux étaient les premiers informés. Nous ne voulons pas produire des gaz à effet de serre supplémentaires et nous n'admettons pas de permettre l'exploitation des gisements en Antarctique. Est-ce que vous êtes d'accord là-dessus ?

» Première nouvelle, on venait de signer. C'était de l'année d'avant et c'était déjà sous mon gouvernement. Je n'avais rien vu passer ni rien compris, comme d'habitude. Quand l'administration tourne de manière anonyme, on enregistre un succès des services. Et je comprends qu'en effet, ça valait la peine de jouer autrement.

Si bien que nous avons tous les deux fait, mais on a rencontré non sans mal d'ailleurs, enfin, on a eu l'approbation du président de la République française, François Mitterrand, et nous avons annoncé que conjointement, la France et l'Australie ne mettraient pas à ratification, ne soumettraient pas au Parlement, ce troisième protocole, et que nous demandions la réouverture de négociations mondiales pour arriver à une interdiction de l'exploitation pétrolière là-bas. Et au miracle, ça a marché.

Il a fallu que je sois nommé ambassadeur de France pour m'occuper de la suite, pour comprendre maintenant et mesurer l'apport de France à quel point c'était un coup de bluff inouï, qu'il y avait toutes les chances d'échouer. Mais ça a marché, dans une logique, guerre froide étant, nous protégeons l'Antarctique des deux côtés, un accord russo-américain, ils le reconduisent. Et donc, l'Antarctique a été déclarée par ce qui est devenu le troisième protocole, c'est-à-dire le traité de Madrid, signé en 1991, deux ans et demi après. C'est le plus rapide de l'histoire quant à l'issue négociée victorieusement d'une idée. Deux ans et demi. Formidable.

L'Antarctique est terre de science, réserve naturelle, patrimoine de l'humanité, interdite à toute production, à toute activité économique, produisant de la chaleur ou du gaz à effet de serre, sauf le tourisme et la recherche scientifique. Et cela, vous venez de le dire très bien, reconductible par tacite reconduction. Un coup de tonnerre, un triomphe. La presse de l'époque ne s'intéressait qu'à mes rapports personnels avec le président de la République qui était commenté tous les jours et du coup, la place était prise et personne n'a commenté cette affaire dans laquelle en France personne n'a rien vu sauf quelques scientifiques. Mais eux s'en souvenaient.

Alors parlons maintenant de l'Arctique. 6 000 ans d'histoire explorée par les historiens, 5996 ans, sans que rien ne se passe en Arctique, terre de poètes, d'explorateurs et de chercheurs scientifiques, point. Et puis, depuis 4 ans, un enchaînement d'informations dramatiques. La première, c'est que le GIEC, le groupe international d'études sur le climat, a fini par trouver une méthodologie qui fait l'accord scientifique sur la planète et qui a fait 3 découvertes. La première, c'est il y a réchauffement climatique. La seconde, c'est ce réchauffement climatique qui est largement d'origine anthropique.

Il ne reste que Claude Allègue et quelques autres scientifiques, mais une toute petite minorité de la communauté scientifique pour nier la communauté scientifique et l'ensemble des gouvernements sont d'accord que ce réchauffement est largement, peut-être pas totalement, mais largement de main humaine et c'est la production de gaz à effet de serre, principalement le CO2, le gaz carbonique, mais aussi le méthane. Et troisièmement, le GIEC établit que ce réchauffement n'est pas homogène et que si pendant le XXe siècle en moyenne, la planète s'est réchauffée de 0,6 degrés Celsius, degrés sur centigrades, pour l'Arctique, ça fait plus de 2 degrés.

Le résultat, c'est que la glace polaire commence à fondre l'été beaucoup plus qu'elle ne faisait. On perd deux fois la surface de la France par an. C'est pas petit. Et 2008 est la première année de l'histoire humaine où les chenots de circulation navale autour du pôle Nord ont été ouverts ensemble à un mois l'été, celui au large de la Sibérie et celui qui serpente dans les îles du Canada et que vous venez tout à l'heure dans la présentation d'appeler le passage du Nord-Ouest. Pour aller d'Europe, l'Europe est le plus grand commerçant du monde, pour aller d'Europe au Japon, en Chine ou en Californie.

Longer le pôle plutôt que de passer par Suez ou Panama selon le détail, ça fait économiser entre 6 000 et 8 000, 9 000 kilomètres. Donc nous aurons une pression formidable pour aller naviguer par là. Il n'y a pas un phare, il n'y a pas une valise, il n'y a à peine de carte, il n'y a pas un morqueur de sauvetage, il n'y a pas de traitement des éventuels accidents, il n'y a pas de moyens, rien. Mais la pression va être énorme et on le sait. Un autre élément, c'est que le réchauffement climatique, vous avez cité la pêche très vite, chasse déjà de l'océan Atlantique Nord et du Pacifique Nord des milliards de milliards de poissons qui viennent chercher des eaux plus fraîches en Arctique.

Donc les flottes de pêche vont y aller. Et là non plus, non seulement il n'y a toujours pas de phare de balise, de carte et de remorqueur de sauvetage, mais il n'y a pas non plus de protocole sur les espèces qu'on protège, les quotas, etc. ce sera une pêche de bandits. Enfin, la bataille commerciale et ces fausses manœuvres ou ces violations de règles sont acquises là-bas. Donc il vaudrait mieux régler ce problème diplomatique avant que les flottes y aillent et ce sera probablement les premiers à y aller. Les paquebots à conteneurs, etc. Deux autres détails.

Le premier, c'est que il y a eu un symbole fait déposer récemment, vous avez lu ça, c'est qu'il y a deux ans et demi ou trois, un chercheur civil d'ailleurs mais russe est allé dans une exploration polaire des fonds sous-marins de l'Arctique dans un petit sous-marin qui était finlandais d'ailleurs le sous-marin mais capable de descendre à 4000 mètres sous l'eau sorti de son sous-marin pour planter un drapeau russe en titane sur le pôle nord. signe d'une revendication géographique parce que on a signé en 1982 à Montagobay dans la Jamaïque une convention qui fait le droit de la mer sur 300 pages 180 articles à code.

Ce code, c'est le droit international de la mer et il prévoit ce qui se passe dans les limites théographiques des états. Pour les 12 premiers 1000 marins ça fait 21 kilomètres à peu près au large du côte tout état considère l'eau qui est là comme sa propriété son territoire ni laisse passer que qui il veut bien et les propriétaires de tout ce qui est en dessous. 12 000 marins. Mais il y a une deuxième zone à 200 000 nautiques ça fait 370 kilomètres ou quelque chose comme ça à 1852 mètres 1000 marins.

Dans ces 200 000 nautiques ça s'appelle zone économique exclusive et l'état riverain est responsable de la sécurité il a le devoir de laisser passer n'importe quel bateau mais peut objecter à un navire de contrebande ou à un navire de guerre visiblement offensif. Donc on commence à avoir des problèmes de sécurité traités là et surtout il est potentiellement propriétaire de tout ce qui est en dessous. Or la convention dit que tout état qui peut prouver qu'au-delà de 200 000 nautiques le territoire sous-marin est en continuité géologique absolue avec le plateau continental de sa zone économique exclusive peut en demander l'extension.

Il y a un comité spécial des Nations Unies de la convention etc. qui s'occupe de ça qui s'appelle le comité pour les limites du Pacifique. des zones économiques exclusives pas seulement Pacifique car ça vaut partout. Nous venons de déposer nous la France une demande d'extension de notre zone économique exclusive pour Saint-Pierre et Miquelon. Ça a fait un peu rigoler tout le monde et je ne suis pas sûr qu'on pense. On n'est pas loin de l'Arctique d'ailleurs.

Toujours est-il que la Russie a déposé deux demandes pas tout à fait jointives au titre desquelles elle demande à se voir reconnaître la propriété de 33-34% à peu près de la surface de l'océan pôle nord compris et dans la deuxième de ces limites exclusives qu'elle demande il semblerait qu'il y a l'équivalent du Moyen-Orient comme réserve de gaz et de pétrole vous l'avez dit vous-même.

on ne discute plus beaucoup au moins 25% ça semble bien qu'il n'y a pas eu de recherches précises c'est plus de gaz que de pétrole mais ça serait 30% des réserves mondiales de gaz et entre 17 et 20% pour le pétrole d'après les chiffres que nous avons maintenant 75% de tout ça est en territoire zone économique exclusive russe ou extension de cette zone.

La Norvège avait fait l'équivalent et a fait sa demande elle vient de recevoir sa réponse il y a moins d'un mois qui est positive pour les trois quarts il faut reconnaître que le comité chargé de ça n'a pas le droit de traiter d'autres critères que géologiques pas de prise en considération de la dangerosité de la militarisation possible de ces espaces ou de l'équilibre entre les états pas d'équité la géographie la géologie seule.

La Russie elle s'était fait retoquer en se faisant demander une confirmation de demande avec davantage d'instructions scientifiques pour prouver qu'une fameuse chaîne de montagne subarctique qui s'appelle la dorsale l'Homonosoph fait bien partie du plateau continental ça c'est pas encore fait ils ont du mal le Canada et le Danemark c'est à dire le Groenland mais le Danemark ne supporte pas et considère comme un cible non diplomatique qu'on dise qu'il est riverain ce que vous venez de dire parce que Groenland est en train de conquérir son indépendance il en a déjà l'essentiel et c'est une espèce de reste d'une ancienne colonie qui fait que le Danemark continue à parler politique étrangère à le représenter le Groenland dans ses affaires mais peut-être plus pour longtemps il suffirait d'une question du gouvernement groenlandais à son petit peuple de 55 000 habitants est-ce que vous voulez qu'on aille poursuivre notre autonomie jusqu'à la politique étrangère et la réponse pourrait bien être oui donc le Groenland parle pour lui-même quand même largement même si son représentant officiel est un ministre danois qui ne parle que sur mandat du gouvernement groenlandais tout ça est assez rigolo alors ils vont déposer aussi mais il y a un drame c'est que les plus gros demandeurs peuvent être les américains à cause de l'Alaska qui est terre arctique et au-delà duquel l'Alaska en mer il y a aussi des gisements pétroliers absolument énormes or les Etats-Unis n'ont pas ratifié la convention de Montego Bay pourquoi ?

parce qu'il y a toujours un petit gang de républicains de sénateurs républicains pour qui jamais en aucun cas et quelles que soient les circonstances les Etats-Unis ne sauraient obéir à une loi internationale et ils sabotent la ratification de tout traité de ce genre Ficky Buster est dans ce qui veut dire que la ratification de la convention n'est pas du tout une affaire de fin de soirée non un optimum c'est une semaine de bataille parlementaire terrifiante et tout le monde n'a pas une semaine dans le calendrier disponible donc il y a un vrai ennui américain ils sont obligés de laisser faire les russes et ils ne savent pas comment s'en sortir et ils voudraient bien ce pétrole on verra comment tout ça tourne tout ça entraîne pour résultat que si tout le monde a satisfaction dans 15 ans il restera comme eau libre dans l'océan arctique moins de 10% de sa surface l'océan arctique sera totalement approprié ce qui remporte ce qui remporte naturellement la compétence des états riverains sur les règles de sécurité maritime notamment tout ça n'est pas facile facile alors les chinois bondissent un peu là devant parce qu'ils sont aussi gros commerçants mais pour le moment ils n'y peuvent rien j'ai accepté ma nomination comme on va charger de ces négociations avant de faire un inventaire qui me rend maintenant effroyablement pessimiste mais il faut réinventer des coûts diplomatiques séparés parce que là à la différence de ce qu'on a pu faire sur l'antarctique il n'est pas question de mélanger la pêche avec le reste il est même sérieusement question de commencer par la pêche ensuite il faudra attaquer les problèmes de sécurité maritime et puis petite cerise sur le gâteau le refus américain le silence européen sur ce sujet de dissoudre le pacte atlantique quand s'est dissous le pacte de Varsovie a été pris par la Russie comme une insulte à sa recherche de démocratie et à son abandon du communisme nous avons dit aux Russes vous êtes Russe peu importe que vous deveniez une démocratie ou vous essayez on s'en fout on reste méfiant et on va faire rejoindre notre alliance militaire contre vous à vos anciens voisins et même à des pays qui furent membres de l'union soviétique les trois pays valent colère inouïe réarmement russe les patrouilles de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de l'un contre l'autre ont repris et où est-ce qu'elles sont ?

en Arctique pour l'essentiel puisque c'est depuis l'Arctique qu'il est commode quand on est russe de tirer chez les américains et réciproquement naturellement et donc les problèmes de sécurité militaire sont complètement décisifs quand même un dernier mot si vous me le permettez la France s'offre en cette affaire une diplomatie de l'intérêt général nous n'avons aucun intérêt stratégique propre à la France là-dedans mais nous avons tous un intérêt stratégique énorme à ce que la sécurité de la navigation soit assurée à ce qu'on pêche en paix et sans banditisme à ce que la sécurité militaire tienne à peu près en fait mon rêve est d'entraîner toute l'Union Européenne dans cette affaire parce que l'Union Européenne elle a un poids c'est le premier commerçant du monde elle a un poids suffisant pour poser sur les règles la France ne l'a pas mais il y faut un aiguillon et puis c'est pas inutile d'avoir un membre permanent du conseil de sécurité menant cette diplomatie mais qui ne peut pas être une diplomatie franco-française toute seule c'est une mission fascinante mais un peu inquiétante il me faut encore une phrase naturellement le réchauffement climatique c'est pas là qu'il s'attaque et je ne peux rien enfin la diplomatie arctique ne peut rien sur le réchauffement climatique nous sommes là pour endiguer la casse et parer aux dégâts mais le réchauffement climatique il faut que tout le monde généralise la taxe carbone chez lui c'est une toute autre affaire qui se passe ailleurs pardon Max Gallon

21:13
Invité

oui c'est tout à fait passionnant je suis évidemment ignorant de cet aspect jusqu'à après vous avoir entendu maintenant je suis un peu plus averti première question vous avez dit je suis pessimiste je suis pessimiste je le comprends tout à fait et ma question c'est dans quel cadre diplomatique peut-on essayer d'éviter les conflits ou les rivalités que vous avez esquissées est-ce que c'est l'ONU est-ce que c'est le conseil de sécurité voilà ma première question je termine j'ai une simple remarque c'est qu'en lisant quelques papiers sur ces problèmes arctiques en vous écoutant moi j'avais plutôt une vision optimiste je veux dire ceci on nous parle du réchauffement climatique comme une catastrophe et je suis d'accord en effet c'est une catastrophe je suis moins sûr qu'il n'y ait pas d'autres causes que les causes anthropiques autrement dit on caricature un peu la pensée d'Allègre je ne veux pas me mettre dans la défense d'Allègre mais je crois qu'on le caricature il parle de changement climatique et il continue à s'interroger sur le fait qu'il y a probablement d'autres facteurs comme par exemple les tâches solaires qui peuvent jouer un rôle puisque dans l'histoire climatique mais ce n'est pas le sujet puisque dans l'histoire climatique il y a eu un effet des variations l'époque petite glacière etc laissons ça de côté ce qui me frappe et c'est pour ça que j'ai employé ce mot optimiste qui n'est pas familier ce qui me frappe c'est que voilà il y a une catastrophe qui est le réchauffement et en même temps ce réchauffement conduit à l'exploitation possible de zones qui jusqu'alors n'étaient pas exploitées c'est à dire à la fois sur le plan de la navigation vous avez marqué combien ça raccourcit les trajets donc sa capacité de commercer plus rapidement etc et deuxièmement sur le fait même s'il s'agit d'énergie fossile deuxièmement le fait qu'on chiffre je vous ai lu 90 milliards de barils de pétrole sans compter le gaz autrement dit on s'aperçoit avec cet exemple de l'article que ce qui nous est présenté à juste titre comme quelque chose d'une catastrophe idéductable peut aussi débloquer des secteurs permettant à l'activité humaine si elle sait se maîtriser d'avancer dans un sens qui montre que même même que l'homme a la capacité d'exploiter positivement les catastrophes qu'il peut produire voilà le regard

23:42
Michel Rocard

peut exploiter je dirais va exploiter en même temps il y a catastrophe d'un côté et il y a en effet ouverture de quantité de possibilités un mot sur le fond je suis un vieux copain de Claude Allègre que j'aime beaucoup et que je respecte comme scientifique et savant il y a probablement raison dans le fait de dire que le réchauffement climatique actuel n'est pas que anthropique mais ça ne change pas grand chose parce que si la science moderne nous donne des outils et par exemple la captation du CO2 ou la diminution de son émission pour diminuer un réchauffement climatique quelle que soit sa cause même si elle n'est pour anthropique ça vaut le coup de se protéger un peu sur la catastrophe un mot de plus une chose que l'on sait très peu c'est que le réchauffement de la banquise les catastrophes qui l'entraînent c'est la disparition des ours blancs et le changement de mode de vie complet de toutes les populations esquimaux inuites et autres la biodiversité c'est très important tout ça est un peu grave pas absolument catastrophique le vrai drame il n'est pas là le vrai drame il est que ça fait fondre non seulement la banquise polaire qui est une glace salée c'est de l'eau de mer qui a gelé mais aussi les glaciers du Greenland qui sont de l'eau douce et voilà des milliards de kilomètres cubes d'eau douce qui vont arriver dans l'océan ça ça change la salinité la température donc la température et la composition des courants et il y a de quoi démolir le Gulf Stream et ça c'est tout autre chose le courant qui préserve en Europe une modération de température tout à fait inattendue alors qu'à la même latitude le Canada est beaucoup plus froid c'est un bouleversement terrifiant et ça c'est à l'horizon de quelques dizaines d'années donc c'est c'est un vrai problème tout à fait angoissant mais c'est pas la diplomatie arctique qui peut quelque chose on se renvoie à la lutte contre l'effet de serre quelle qu'en soit l'origine encore une fois alors quels organes compétents le coût de l'Antarctique ne peut pas être renouvelé en Antarctique l'humanité a eu le culot de créer une espèce d'entité internationale la Suède demande même au comité du traité de l'Antarctique que l'Antarctique ait son drapeau je suis allé faire une tournée en Antarctique on tamponne tous les passeports vous êtes dans la propriété collective de l'humanité gérée collectivement et on a fait un traité avec son secrétariat permanent il y a une surveillance du tourisme très policière très brutale pour protéger l'ambiance c'est magnifique c'est non renouvelable parce qu'en Arctique c'est le contraire l'Antarctique c'est un continent avec de la glace dessus 5 km d'épée de glace et les premiers habitants sont à 4000 km il n'y a pas un électeur en Antarctique qui a facilité les choses il faut bien dire en Arctique vous avez uniquement de l'eau avec de la glace qui flotte dessus et les premiers habitants sont à à peine 1000 km et puis c'est les russes les américains les canadiens pas des petits et tout est commencé alors ce que je crois c'est que les organes les lieux de négociation seront différents commençons par la pêche parce que c'est probablement le plus urgent la FAO l'Organisation Mondiale pour l'Agriculture et l'Alimentation a couvert ou parrainé des négociations de conventions régionales de pêche mais pas partout et il existe d'autres conventions régionales de pêche celles de l'Atlantique Nord-Est et celles de l'Atlantique Nord-Ouest les deux qui ne sont pas sous le chapeau FAO et donc on a le choix de demander à la FAO d'ouvrir quelque chose ou de se mettre d'accord à partir d'une suggestion de faite à l'Assemblée de l'ONU moi je ne sais quoi pour se rencontrer entre états concernés et avoir une négociation sous généris troisième solution on peut même étendre territorialement celle la convention de l'Atlantique du Nord-Est ça c'est une chose pour la sécurité maritime il y a un organisme compétent qui s'appelle l'Organisation Maritime Internationale peu de gens terriens la connaissent elle est créée parmi les grandes agences de l'ONU elle remonte à 1946 elle siège à Londres et c'est elle qui édicte les normes c'est elle qui dira interdiction à tout bateau d'aller en Antarctique s'il n'a pas une coque renforcée ou doublée car il y aura toujours des icebergs donc ça va être toujours dangereux ou qui ne dira pas ça et qui dira on ne peut naviguer en Antarctique qu'à condition en Arctic qu'à condition d'avoir un entraînement spécial de l'équipage des normes de cette nature il y a aussi une organisation hydrographique mondiale dont le siège est à Monaco qui est l'organisation qualifiée pour la cartographie tout ça et puis il vaudrait mieux détendre la pression de la confrontation nucléaire et ça il n'y a qu'un endroit c'est la conférence quinquennale d'observation du traité de non-prolifération nucléaire ainsi d'avent cette conférence quinquennale tombe en 2010 et nous savons vous avez vu hier le président le président Medvedev a dit hier la Russie est prête à renoncer à l'armement nucléaire si ceux qui l'ont inventé et mis en service en font autant c'est à dire qu'il y a un accord américain là-dessus or la promesse de s'engager vers un monde sans armes nucléaires elle est dans le discours d'investiture d'Obama c'est à dire avis au gouvernement français Gordon Brown a pris cette position aussi et la Chine qui n'a jamais ouvert la bouche sur le sujet a pris la précaution de se faire représenter par un ambassadeur mandaté dans tous les colloques de personnes privées qui parlaient des armements nucléaires jusque là et j'ai assisté enfin un était la conférence de Comte Bérard il y a 10 ans et l'autre était le colloque de Boston il y a 3 ans et donc la France est en passe d'être le dernier pays à défendre le principe de l'armement nucléaire et on pourrait être candidat à la haine universelle l'an prochain si on n'a pas révisé notre position là-dessus qu'en tous les autres c'est annoncé la déclaration de Medvedevier est quand même formidable car elle s'appuie sur un américain qui a dit qu'il y allait on va commencer le désarmement nucléaire alors du coup que la conférence prochaine du TNP décide une raréfaction lente et progressive des patrouilles de sous-marins nucléaires dans l'Arctique ça résout des méga problèmes de sécurité et ça permet probablement de faciliter le traitement des problèmes de sécurité des autres donc mon cher Max on aura divers organes diverses négociations diverses alliances de pays ou de forces pour traiter chacun de ces différents aspects l'environnement il n'y a pas encore de code qui entoure de manière obligatoire les conditions de l'exploitation pétrolière pour limiter les risques de fuite de marées noires de dégazage de tout ce que vous voudrez on ne sait pas et là il faudra inventer mais il y a urgence car il y a sous l'Arctique de quoi doubler la production de gaz à effet de serre de la planète en quelques années alors que le problème de notre survie consiste à la diminuer cette production de gaz à effet de serre

30:40
Présentateur

c'est inouï tout ça Jean-Louis Bournance Oui juste une observation sur cette affaire nucléaire je crois que c'est quand même aller un peu vite en besogne que de dire que nous allons être les seuls moutons noirs de l'affaire Je n'ai pas dit tout à fait ça j'ai dit simplement qu'il y a un risque Je comprends bien l'attitude américaine qui d'ailleurs n'est pas simplement une attitude particulière à Obama mais qui est portée par un consensus assez large notamment des anciens secrétaires d'état républicains ou démocrates il y a une sorte d'accord bipartisan d'un certain nombre de gens qui savent si je puis dire au congrès au Sénat et sur cette affaire Pourquoi ?

Parce que les Etats-Unis n'ont pas besoin d'armes nucléaires pour assurer une domination militaire assez complète Bon très bien les Russes c'est déjà très différent les Russes ils disent chiche mais sont-ils véritablement sincères là-dedans et pour que la dénucléarisation se produise il faudrait considérer que les puissances nucléaires pas seulement la France mais l'Inde le Pakistan l'Iran potentiellement Israël assurément que tous ces pays sont équipés d'armes nucléaires parce que les Américains et les Russes en sont équipés or c'est pas du tout c'est pas du tout la raison ils sont équipés si les Iraniens se dotent de l'arme nucléaire c'est qu'ils veulent se protéger contre toute attaque sur leur territoire donc j'ai quand même l'impression que moi je trouve très bien qu'Obama dise tout ça je trouve je vois très bien mais je crois quand même qu'il faut qu'on va rester dans un monde pendant de longues années de longues décennies qui sera caractérisé par le maintien de l'arme nucléaire comme élément central de l'équilibre géostratégique ou du déséquilibre ça je me prononce pas sur ce point

32:28
Michel Rocard

comme d'habitude vous êtes superbement informé c'est en effet les 4 grands américains ce sont 4 anciens secrétaires d'état ou à la défense Perry tout de même Kissinger Perry je parle pas de McNamara qui avait déjà pas choisi avant Schultz et Sam Nunn c'est pas l'ancien secrétaire d'état c'était le président pendant 15 ans de la commission des forces armées du Sénat Sam Nunn c'est le bâtisseur organisationnel des armées américaines formidable et tous disent ça il y a une autre raison Jean-Louis c'est que l'angoisse n'est pas là l'angoisse elle est dans la prolifération oui bien sûr or la prolifération on sait pas comment l'empêcher et très probablement les milieux responsables arrivent à l'idée qu'il faudra être capable de prendre des sanctions c'est-à-dire vraisemblablement détruire des installations s'il y a un proliférant dangereux dirigé par des fous ou un état voyou etc toute frappe d'un pays contre un autre est une guerre donnera lieu à des alléances enfin terrifiant la seule frappe légitime serait celle qui aurait reçu pour ce faire l'aval du conseil de sécurité il n'y a plus de légitimité il n'y a pas de légitimité à la lutte contre la prolifération nucléaire sans que ce soit la communauté internationale qui la demande ou l'ordonne et jamais le conseil de sécurité ne votera une telle décision si les pays créateurs détenteurs officiels de leur nucléaire ne l'abandonnent pas et l'urgence c'est là qu'elle est c'est ça la seule raison pour empêcher l'Iran d'y arriver l'Inde le Pakistan et l'Israël de s'en servir eux qui l'ont il faut un accord international légitime sinon nous ne pouvons pas et aussi longtemps qu'on ne l'aura pas fait c'est ce qu'Obama a très bien compris la prolifération continuera et ça c'est aussi un autre grand danger pour l'histoire de l'humanité c'est ça qui va se jouer avec cette raison là et cette raison là est beaucoup plus grosse que tout nous intéresse stratégique à tous y compris les indiens ils savent très bien tout ça les indiens alors le Pakistan c'est plus compliqué mais justement pour empêcher le Pakistan de nuire il faut être prêt à une réponse ciblée cassant des unités et des casernes et ça suppose l'accord de la communauté internationale non non c'est un enjeu redoutable lui aussi la planète a affaire à un certain nombre de choses

34:57
Présentateur

sérieuses ces temps-ci que l'enjeu soit redoutable mais la perspective est relativement incertaine et je crois qu'on est quand même amené à s'occuper quand on s'occupe comme vous des affaires arctiques à considérer que pendant une durée indéterminée on va avoir cette pollution si je puis dire du débat par la rivalité la concurrence de puissance nucléaire maintenue

35:21
Michel Rocard

oui monsieur vous êtes fatigant d'avoir toujours raison on fait avec mais je trouve que la France est le pays sur lequel le débat n'est pas ouvert oui mais je très bien vous avez des dizaines de milliers de scientifiques d'universitaires d'anciens généraux et amiraux tant américains qu'anglais que russes qui rendent public leur demande dans ce sens en France personne ne bouge et nous sommes le seul pays où personne ne bouge ce qui sidère le reste du monde c'est formidable j'ai dit ça pour avertir qu'il y a un enjeu diplomatique tout à fait majeur l'an prochain il vaudrait mieux qu'on s'y prépare intelligemment

36:00
Invité

Yves Michaud moi je reviens je reviens à l'Arctique parce qu'il m'a semblé lire quelque part que justement l'Union Européenne n'avait pas été admise à une sorte de conseil qui s'occupe de ces questions là et deuxièmement une chose qui m'a troublé dans ce qui a été dit tout à l'heure à la limite je comprends que la Corée éprouve un intérêt pour l'Arctique avec sa position elle n'est pas quand même si loin que ça mais le Brésil qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans j'aimerais savoir si vous voulez à partir j'ai bien compris que la France à travers vous et l'Union Européenne représentent plutôt les intérêts de l'humanité mais je suppose que quand le Brésil intervient là-dedans il a des raisons et elle m'échappe est-ce que

36:44
Michel Rocard

j'ai mal entendu ou quoi ?

premièrement c'est les commerçants navigateurs qui sont intéressés la Corée du Sud est un pays très navigateur et le Brésil aussi et très commerçant pour ces deux pays le fait de passer par les routes nord fera économiser encore une fois plus du tiers de la longueur de tous les navires qui les fréquentent c'est un enjeu complètement inouï et sur lequel il va avoir l'oeil et probablement ils naviguent eux-mêmes et pas seulement être concernés par l'arrivée de bateaux étrangers pour eux première chose deuxième chose l'organisme qui semble etc vous avez une formule un peu illusive il est tout à fait officiel et il existe et il s'appelle le Conseil Arctique le Conseil Arctique a été créé par une déclaration commune faite à Ottawa les soviéto-canadiennes d'origine mais c'est sur suggestion de clandina c'est une déclaration de 1996 qui a donné naissance au Conseil Arctique il a donc été créé vers 99 ou 2000 je ne sais plus c'est en dehors de la négociation russo-américaine sur les réductions d'armement stratégique un des premiers actes de Gorbatchev à la recherche d'un monde de paix et de compréhension mutuelle l'acceptation de la création du Conseil Arctique c'est l'acceptation c'est la mise en oeuvre d'un outil de réglementation de coopération internationale mais ce Conseil Arctique il comprend qui ?

les 5 riverains on a dit la liste tout à l'heure plus 3 états au territoire arctique sans être riverain Islande Finlande Suède et 6 représentations des peuples minoritaires Eskimo Inuit il y en a 6 quelques-unes d'ailleurs sont déjà des groupements de petits peuples qui ont une fois consultative et puis il y a des observateurs et les membres observateurs pour le moment on doit être 6 il y a la France la Grande-Bretagne l'Allemagne le Japon je ne sais plus qui d'autre et ils sont qualifiés membres observateurs dès l'instant qu'ils ont sur le plan de la recherche scientifique manifester avec espèce sonante et très important chez les travaux publiés un vif intérêt pour l'Arctique c'est notre cas et de fait c'est vrai deux entités l'une est l'Union Européenne l'autre était la Chine la grande Chine avait demandé à recevoir la qualité de membres observateurs permanents au Conseil Arctique qui a décliné et renvoyé à l'avenir histoire de manifester son souci de garder le monopole de la réflexion et peut-être du traitement des affaires mais comme le Conseil Arctique a interdiction par son traité constitutif de prendre n'importe quelle décision contraignante son unique instrument de travail c'est des recommandations aux états riverains et donc le Conseil Arctique a du mal à imaginer que sur la sécurité maritime on puisse avoir des règles contraignantes que sur la pêche on puisse protéger des espèces de manière contraignante et nous sommes dans une phase diplomatique où il va falloir faire avaler avec leur accord si possible au riverain le fait que le reste du monde Corée et Chine on en parlait mais pas tout seul a un intérêt immense à trouver des solutions compatibles pour le monde entier sur tout ça le Conseil Arctique pourrait rester le commanditaire central des études et des travaux c'est d'ailleurs ce qu'il fait pour le moment il a six groupes de travail permanents et il est le commanditaire de toute l'évolution de la pensée scientifique à propos de l'Arctique c'est un bel organisme j'ai participé à mon premier Conseil Arctique il y a moins de deux mois et c'était assez fascinant

40:29
Invité

Max Gallo oui vous êtes un maître négociateur vous avez l'expérience de ces négociations complexes à plusieurs membres dans ce Conseil Arctique ou pour les puissances soit riveraines soit celles qui sont associées quel est l'axe entre deux ou trois puissances qui permettrait d'être le au fond le levier qui permettrait d'arriver à un accord est-ce que c'est un axe Etats-Unis-Russie est-ce qu'ils ont davantage de points communs et de puissances s'ils s'entendent ou bien d'autres ma question parce que dans une négociation à plusieurs il faut qu'il y ait au moins deux acteurs qui au fond élaborent le point de départ à partir duquel se continue la négociation cher Rocard

41:10
Michel Rocard

je ne suis pas encore très jeûné que deux mois de mission très capable de répondre de manière précise à tout ça mon sentiment et que la réponse à votre question va différer selon les sujets qu'on n'aura pas les mêmes et que sur un certain nombre de sujets importants il y a une paralysie américaine parce qu'ils n'ont pas ratifié la convention qui est sous l'outil du droit de la mer l'énorme ouvrage convention de Montagobé ce qui ne facilite pas la vie pour traiter par exemple de la sécurité maritime mon sentiment est que sur la sécurité maritime le conseil arctique a la taille de faire des études attentives et de proposer des issues de proposer des solutions mais partie de ces solutions sont entre les mains des états riverains d'autres doivent être mondiales partie pourront s'accommoder de suggestions de conseils de bonnes pratiques partie vont être obligatoires et notamment peut-être le fait d'exiger le doublement des coques de tout navire à naviguer dans ses eaux j'en sais rien moi alors pour le moment la bizarrerie c'est une très grande confiance russo-norvégienne les norvégiens disant un peu à l'union européenne dont la norvège n'est pas membre comme vous savez et en tout cas tout le monde fichez nous la paix avec votre russo-phobie congénitale nous coopérons avec les russes sur la pêche sur le sauvetage en mer sur la recherche scientifique sur quantité de choses et ça marche très bien et de fait il y a le premier des gisements qui s'appelle Stockmann c'est un grand gisement qui est à l'ouest de la mer de Barents pas très très loin de la limite avec la norvège en pleine arctique mais pas très loin des côtes là dessus Gazprom qui veut l'exploiter a fait une société à 51% avec Statoil Hydro le norvégien à 24 et Total français à 25% et tous disent nous n'avons plus les mêmes russes le discours c'est la Russie là-dedans enfin Gazprom fait état d'une exigence de critères de non-pollution de critères de précaution pour éviter toute atteinte à l'environnement assez extraordinaire j'ai même entendu la crainte que les Russes n'en fassent tant pour pouvoir au besoin changer d'interlocuteur pour disqualification technique tellement ils nous mettent à la pointe alors Jean-Louis a eu tout à l'heure le mot est-ce qu'ils sont de bonne foi est-ce que ça va durer longtemps personne ne sait ce qui est sûr c'est que le risque d'un choc de sous-marins nucléaires qui est quand même une affaire peu probable enfin ça fait partie des risques restera dans les silences généraux le risque que l'extension de la zone économique exclusive de la Russie lui permette d'installer sous la mer des bases de lancement de missiles parce qu'après tout pourquoi pas si l'atmosphère militarisée continue on n'en parlera pas et ça restera en dehors des confidences et tout le problème est de faire naître à propos du reste la pêche la sécurité maritime l'effort cartographique l'effort collectif de l'humanité pour les mettre là-bas des installations des moyens de traitement de marines noires puisqu'on va à la forêt du pétrole je ne vois pas et créer des ports il faudrait en créer au moins deux sur chaque parcours puisque un parcours polaire le long du pôle il fait quand même 4500 à 5000 km et donc il faut des sous-marines et ça si la perspective se présente d'anticiper dans la relation avec la Russie sur une pacification qui néglige la folie américaine qui était de refaire de l'OTAN un outil militaire contre les russes même non-démocratiques dans un silence il n'y a pas un Européen qui a élevé la voix quand nous avons fait ça alors nous étions presque tous les Norvégiens aussi en tout cas membres de l'OTAN c'est inouï de prendre connaissance de tous ces problèmes à la fois alors un axe russo-norvégien partant dans le bon sens et appuyé par le reste du monde ça peut déboucher avec un appui américain évident et constant partout où il y aura pertinence à ce que la diplomatie américaine joue c'est à dire sur tous les problèmes qui ne sont pas de la compétence de l'organisation maritime internationale et de la convention de Montagobé c'est une situation un peu curieuse

45:44
Présentateur

Jean-Louis Bordange oui j'avais deux questions à poser une question sur d'abord effectivement une question sur la gouvernance et sur le rôle de l'Union Européenne il est quand même un petit peu paradoxal qu'on est dans cette affaire des pays européens comme la Finlande et la Suède alors que l'ensemble de la ressource maritime enfin l'ensemble est une gestion communautaire que ce soit la ressource halieutique ou pour une grande part la sécurité les doubles coques enfin tous les règlements de sécurité sont des règlements européens et que là l'Union Européenne ne soit pas présente en tant que telle alors est-ce que c'est quelque chose qui est vraiment impossible est-ce que si par exemple on élargissait l'Union Européenne à l'Islande ce qui est une possibilité notamment la suite de la crise économique qui a affecté ce pays très fortement il y a une pression une demande plus forte d'intégration à l'Union Européenne est-ce qu'on pourrait revoir la copie sur ce plan-là et faire en sorte que l'Union Européenne qui paraît très armée conceptuellement pour gérer ce type de questions qui sont des questions largement multilatérales est-ce que c'est concevable et dans le même esprit mais c'est toujours la même question comment s'articule le rôle de Michel Rocard qui a été longtemps parlementaire européenne et d'autre part Michel Rocard ambassadeur de France comment ces deux casquettes potentielles enfin cette responsabilité européenne et cette responsabilité nationale vous les assumez et d'autre part je voulais poser une question très différente quand on fait la comparaison que vous faites entre l'Antarctique et l'Arctique on voit bien que le concept est fondamentalement différent pour les raisons que vous avez expliquées très clairement l'Antarctique c'est la neutralisation de la mise en valeur l'article c'est la réduction la maîtrise des coûts et des retombées externes de la mise en valeur c'est bien comme ça que ça se produit mais est-ce que dans cette approche qui est beaucoup plus dangereuse on voit très bien ce qui explique qu'on puisse pas qu'on puisse pas appliquer à l'Arctique ce qu'on a appliqué à l'Antarctique est-ce qu'il y a quand même au-delà de ce que vous dites gérer la sécurité maritime gérer telle chose est-ce qu'il y a un concept global d'écologie économique d'éco-écologie globale où globalement on dise voilà pour les 30 années qui viennent ce qu'on veut faire et ce qu'on ne veut pas faire de cette norme ou est-ce qu'on va continuer à gérer empiriquement des initiatives de développement et des contre-initiatives publiques pour essayer d'en limiter les inconvénients Michel Rocard

48:37
Michel Rocard

à la dernière partie de cette intervention il y a 10 questions dans ce que vous venez de dire à la dernière non il n'y a pas il n'y a pas de conseil global il faut bien comprendre que jusqu'à il y a 5 ans l'Arctique tout le monde s'en moquait c'était dans l'indifférence générale et la glace était terrain incognita et terrain infréquentable en tout cas c'était du sol et depuis que le réchauffement a bouleversé la donne et fait apparaître ces mirages d'eldorado de pêche d'une part et de pétrole et de gaz sans parler d'autres ressources minérales tout le monde se précipite et on bricole il y a implicitement dans ce que vous venez de dire Jean-Louis l'idée que les négociations seraient formelles très cadro et nus avec les puissances dans l'ordre de l'hierarchie et de leur fonctionnement et dont l'Union Européenne est en effet une puissance pêcheuse ou pêcheuse oui pêcheuse pêcheuse pêcheuse et pêcheresse pêcheresse c'est autre chose une puissance pêcheuse c'est son aspect pêcheuse que nous intéressons aujourd'hui c'est pas comme ça que ça se passe sur le problème de la pêche pour le moment le drame c'est qu'il n'y a rien ni phare ni balise ni carte ni remorqueur de secours ni convention locale on pêchera n'importe quoi n'importe comment sans égard pour la protection des espèces et tout ça alors devant cette situation on fait avec ce qu'on a l'Union Européenne n'est pas membre de toute façon le Conseil Arctique n'a pas de pouvoir juridictionnel pour faire des choses contraignantes il n'a qu'un pouvoir d'études donc c'est un peu moins grave pourquoi est-ce que l'Europe s'est fait retoquer à cause des phoques le Canada a pris très mal que l'Union Européenne par manque de sensibilité dit le ministre canadien manque de sensibilité au mode de vie des Inuits et aux besoins économiques de ces régions au nom d'un projet sur le bien-être animal qui niait le droit à l'existence des chasseurs de phoques et notamment en somme on est pro-phoques et anti-russes ce sont nos deux vices voilà et le Canada a dit qu'ils apprennent un peu l'article et qu'ils respectent la façon dont les gens y vivent il y a 4 ou 5 millions d'habitants quand même là-dedans dont 80% sont des citoyens russes pour l'essentiel mais aussi canadiens et américains venus à la suite des pôles et les petits peuples sont très minoritaires dans cette affaire en tout cas on s'est fujetés pour ça l'Union Européenne mais il y a déjà la France la Grande-Bretagne et l'Allemagne qui sont membres observateurs permanents des conseillers arctiques et donc par notre bouche l'Europe cause et je suis allé à Bruxelles la semaine dernière pour ajuster ajuster le tir avec Javier Solana d'un côté conseil des ministres et puis les structures compétentes que j'ai trouvées remarquablement informées d'ailleurs de la commission qui savait tout rassurez-vous mais nous serons dans un informel fluctuant et variable en forme Nek Mergitur Max Gallaud

51:47
Invité

j'ai une toute petite question annexe j'ai j'ai souvenir que vous avez sûrement rencontré ou vu Jean Malory qui est notre savant spécialiste des inuits etc et qui signalait je crois qu'il avait une chaire à Leningrad je dis bien ce que je veux dire c'est que les russes ont une longue tradition de respect de l'article de connaissance et de tradition de respect de l'article alors est-ce que c'est juste que je me trompe ou est-ce que Malory a été séduit par le fait qu'on l'a accueilli comme quelqu'un qui a fait avancer les travaux la connaissance je crois que ça va au-delà d'une stratégie que c'est vraiment dans je ne dis pas l'âme russe mais en tout cas leur contact avec ce monde de l'article Michel Rocard

52:30
Michel Rocard

d'abord j'ai fait la connaissance de Malory dans une conférence il y a moins d'un mois on ne se connait pas encore bien j'ai pas eu le temps de le faire il est inouï absolument il est très respecté et moi je suis fondé à croire ce qu'il dit de toute façon l'étrange relation norvégo-russes que j'évoquais tout à l'heure elles ne s'expliquent que parce que côté russe il y a parce que la Norvège aussi elle a un fameux respect de l'article absolument c'est le plus grand praticien parce qu'ils ont rencontré chez les russes ce respect de l'article ça me paraît clair et c'est donc un des signes qui vont dans le bon sens mais ça ne porte pas solution pour tous les points nouveaux qu'on découvre tous à la fois et dont le plus grave c'est encore est-ce qu'on sait forer du pétrole enfin produire du pétrole ou du gaz sans aucun risque de fuite de torchère et de marinoire en mer du nord c'est ce qui s'est à peu près produit quand même on a su forer sans gros risques oui mais les conditions d'exploitation sont moins extrêmes il faut être capable de faire ça quand ça gèle c'est vrai alors l'eau de l'océan il faut pour qu'elle gèle un froid plus profond et plus long mais le risque de fuite il est là enfin tout ça est quand même très délicat ce qui fait dire d'ailleurs à l'équipe de Total ne vous emballez pas trop on n'ira pas très vite

53:53
Présentateur

un dernier mot si vous voulez bien Michel Orcaire vous avez dit on commencera probablement par la pêche en raison à la fois de l'urgence de l'urgence et on voit bien d'ailleurs que cette urgence va croissant tous les jours quand vous dites on commencera par la pêche ça veut dire quoi ça veut dire qu'on peut envisager par exemple des accords entre les différentes marines des pays qui sont représentés dans ce conseil ou même d'ailleurs sans qu'il y ait un lien avec le conseil pour mettre en place un système de contrôle parce que par exemple l'obligation de la double coque est une obligation dont tout le monde comprend la nécessité la vérification du respect de cette obligation c'est exactement le problème qui se pose dans toutes les zones de pêche ce ne sont pas les obligations elles sont nombreuses quelquefois contestées violemment mais c'est les moyens de vérifier leur respect

54:42
Michel Rocard

on verra bien de toute façon c'est vrai que tout accord international important aura comme point d'achoppement la définition des moyens et des instruments d'observation connaître repérer c'est une remarque que m'a faite hier monsieur Talec nous avons la personne du préfet Talec c'est un vieux breton le secrétaire général de la mer et la France a un secrétariat général de la mer qui est extraordinairement compétent et informé sur tout ça et qui a raison pour partie d'être le bras séculier en matière d'information de production de concepts diplomatiques aussi de la diplomatie française et européenne si l'Europe veut se servir de nous il n'y a pas de conseil là nous serons sur la pêche il n'y a pas d'organe existant compétent la FAO n'a pas une compétence mondiale générale de surveillance elle couvre comme elle est responsable de l'alimentation elle couvre quelques conventions pour sauver les espèces et même pas toutes le reste on va bricoler en entre états et il faudra se mettre d'accord y compris sur le système de surveillance mais il faut être capable de le faire avant que des flottes sans contrôle sans surveillance quelconque ne viennent en masse là-dedans et donc il faut bien qu'on s'y fatigue

56:08
Présentateur

M. l'ambassadeur merci merci aussi d'avoir attiré notre attention sur les questions nucléaires qui se poseront de manière particulièrement chaude si je puis dire l'année prochaine merci à nos auditeurs j'espère les retrouver la semaine prochaine pour une nouvelle édition thématique de l'Esprit Public cette émission était réalisée par Didier Lagarde préparée avec Sébastien Galserand avec aujourd'hui la technique Michel Mestre à dimanche prochain