Revalorisation des retraites : comment la financer ? - C à vous : l’intégral - 12/11/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec Emilie, Pierre, Patrick et Lorrain. Emilie? - E.Tran Nguyen: A l'occasion de la Journée nationale contre la précarité, une marraine pas comme les autres, E.Béart, qui s'engage pour dire stop à l'exclusion énergétique. - A.-E.Lemoine: A ce titre, elle est allée à la rencontre de familles qui renoncent à se chauffer faute de moyens.
Elle témoigne dans un instant. Mohamed? - M.Bouhafsi: Le 12 janvier 2019, une fuite de gaz Entraînait une explosion violente à la rue de Trévise et engendrait la mort de 4 personnes et des dizaines de blessés. - A.-E.Lemoine: Un procès pourrait avoir lieu avec sur le banc des accusés la Ville de Paris.
Patrick? - P.Cohen: Toutes les retraites revalorisées au 1er janvier au lieu d'un gel annoncé jusqu'à juillet.
Le diable se cache dans les détails. - A.-E.Lemoine: Une annonce faite par L.Wauquiez.
C'est une surprise. Il n'est pas ministre du gouvernement M.Barnier.
On en parle avec nos 2 invités, S.Binet, sécrétaire générale de la CGT et N.Beytout.
Bonsoir. Lorrain? - L.Sénéchal: F.Fillon veut rendre l'argent, et 700 000 euros de dommages qu'il doit à l'Assemblée, c'est le temps après l'affaire P.Fillon qui lui a sans doute coûté la présidentielle. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: J'ai lu "Sonny Boy".
Ce sont les mémoires d'A.Pacino qui viennent de sortir en France. Ce sont les souvenirs mythiques d'un acteur. "Successions.
Secrets de famille". Le tome 2 est en librairie à partir de jeudi. Cette fois-ci, elle s'intéresse aux familles Dassault, Leclerc, Barrière, Rothschild...
C'est toujours aussi passionnant avec des guerres fratricides et parricides. On vous parle d'un père, V.Fichot, dont les 2 enfants ont été enlevés légalement par leur mère japonaise.
La loi est d'une sévérité extrême au Japon. Elle prive des milliers de parents de l'autorité parentale. Un film incarné par R.Duris.
Ca s'appelle "Une part manquante". On vous présente un jeune artiste, Asphalt. Ce sera sa 1re performance en direct à la télévision.
Il a une histoire familiale plutôt intéressante. Le dîner est préparé par B.Djait.
Il est aux côtés de B.Chameroy. - B.Chameroy: Bonsoir à tous.
Je me mêle de vos oignons. Comment allez-vous les préparer? - B.Djait: Ce soir, on va mettre en valeur la lentille verte, qui va être cuite dans un bouillon de légumes.
Des oignons des Cévennes avec une crème d'oignons doux. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'Edito de P.Cohen.
C'est une annonce que l'on aurait pu attendre de la part d'un ministre. Hier soir, au 20h de TF1, L.Wauquiez, président du groupe de la droite républicaine, qui avait quelque chose à dire. - L.Wauquiez: Il y aura une revalorisation des retraites dès le 1er janvier.
Elle sera à peu près de la moitié de l'inflation. Elle concernera tous les retraités. Ensuite, au 1er juillet, il y aura une 2e revalorisation, cette fois-ci pour les retraites les plus modestes, avec un objectif: les protéger intégralement de l'inflation, une sorte de bouclier anti-inflation.
Toutes les retraites en dessous du Smic seront protégées de perte de pouvoir d'achat. - A.-E.Lemoine: L.Wauquiez a grillé la politesse au gouvernement. - P.Cohen: C'est un peu la méthode Bergeron, le leader de FO.
Sa spécialité Itait d'annoncer les bonnes nouvelles sur le perron de Matignon et de s'en vanter. Généralement, c'était une hausse du Smic. Ca agaçait beaucoup la CGT.
Là, ce sont les macronistes qui râlent. Ils ne comprennent pas pourquoi M.Barnier a laissé L.Wauquiez jouer au Premier ministre sur un plateau de télé au 20h. "Je suis venu vous annoncer", comme s'il avait lui-même rédigé le décret. - A.-E.Lemoine: L.Wauquiez a eu le droit de mettre le ruban sur le cadeau. - P.Cohen: Encore faut-il qu'il y ait un cadeau.
Le gouvernement avait prévu de geler les retraites jusqu'en juillet avant de les remonter au niveau de l'inflation, 1,8 %. L.Wauquiez annonce que ce sera janvier, mais pour la moitié seulement, 0,9. - A.-E.Lemoine: Ca change quoi? - P.Cohen: Presque rien.
Ca fait la même chose à la fin de l'année pour les retraités. Pour une retraite de 1600 euros, un peu au-dessus de la moyenne, 1500 euros...
Au lieu d'avoir 28 euros en plus pendant 6 mois, de juillet à décembre, vous aurez 14 euros pendant 12 mois, soit 168 euros exactement. La même chose. C'est un geste pour les petites retraites, celles qui sont inférieures à un Smic net, soit 1426 euros.
Elles seront revalorisées une 2e fois en juillet avec compensation du manque à gagner sur le 1er semestre. Un coût estimé entre 500 millions et 1 milliard d'euros. L.Wauquiez espère le financer par des fusions d'organismes, France stratégie, commissariat au plan, dont les budgets s'élèvent à quelques dizaines de millions d'euros seulement.
Il y a un problème d'échelle. Pour toutes les autres retraites, si vous les revalorisez en dessous du niveau prévu, 0,9 au lieu de 1,8, vous perdez sur les revalorisations suivantes. Question soulevée par la députée macroniste et ancienne porte-parole du gouvernement, P.Thevenot. - P.Thevenot: C'est une proposition qui est une double punition, une punition pour les finances publiques dès l'année prochaine, puisque c'est 1 milliard d'euros supplémentaires, et pour les retraités en 2027 puisque la base sur laquelle va être calculée leur revalorisation sera plus faible que prévu.
L.Wauquiez a oublié de le dire. - P.Cohen: En janvier 2026, quand interviendra une nouvelle revalorisation annuelle, les pensions partiront d'une base plus faible que si elles avaient augmenté de 1,8 % en juillet 2025.
Il n'est pas certain que l'annonce de L.Wauquiez, qui pose des problèmes techniques...
La Cnav a fait savoir que c'était compliqué. Pas sûr que cette annonce reste gravée dans le marbre. - A.-E.Lemoine: On reviendra sur le fond dans un instant...
La forme. Sur le fond, est-ce que c'est une bonne nouvelle? - S.Binet: On attend de voir le détail de la mesure.
C'est très compliqué. J'espère que c'est un 1er recul. De toutes les manières, le compte n'y est pas.
Pour la majorité des retraités, il y aura une baisse de pouvoir d'achat très importante. Le chiffre qui a été rappelé du montant moyen des pensions montre que les retraités ne sont pas des favorisés. On a des pensions relativement faibles.
Les retraités vont perdre entre 300 et 400 euros. Il faut que le gouvernement recule purement et simplement sur cette mesure. Les retraités se mobilisent.
Il y a une pétition des syndicats de retraités. D'ici au 3 décembre, il faut que le gouvernement ait reculé totalement. - A.-E.Lemoine: C'est une bonne nouvelle? - N.Beytout: Une bonne nouvelle pour les retraités qui vont en profiter, mais c'est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques.
Dès lors que ce n'est pas compensé, c'est une très mauvaise nouvelle pour les finances publiques. Ce n'était pas une baisse des pensions, mais un gel, un retard dans la revalorisation des retraites. Ce n'était pas quelque chose qu'on traîne sur des années.
C'était provisoire. Ca faisait partie des efforts demandés à tous les Français, aux plus riches, aux cadres moyens et aussi aux plus modestes. C'est une mauvaise nouvelle sur le plan budgétaire et sur le plan politique.
Ca veut dire qu'on n'a pas encore compris que le pays est en très mauvais état sur le plan des finances publiques, de sa dette, ses déficits, du poids de ses dépenses sociales. Chaque fois qu'on arrive près du mur en disant "il faut bousculer ça pour essayer de remettre un peu de raison"...
E.Macron avait appelé ça "le pognon de dingue". Dès qu'on est en face du mur, on recule. - P.Cohen: Le mécanisme tel qu'il est présenté génère encore 3 milliards d'euros d'économies.
Ca n'est pas neutre. - S.Binet: C'est une baisse des pensions en euros constants.
Quand on décroche de l'inflation, on baisse en pouvoir d'achat. - A.-E.Lemoine: Il propose une compensation financière, L.Wauquiez, en rationalisant ce qu'il appelle la bureaucratie administrative, le Haut-Commissariat au plan. - S.Binet: Je ne pense pas que F.Bayrou coûte 3 milliards d'euros au pays.
Je pense qu'on a besoin d'avoir un vrai commissariat général au plan. - N.Beytout: Un Haut-Commissariat au plan aujourd'hui...
Je ne sais pas si quelqu'un a en tête le dernier rapport du haut-commissaire au plan, sa dernière prévision qui lui aurait permis d'orienter la politique...
J'ai participé à des travaux du plan il y a une dizaine d'années. Quand on publiait le rapport, il y avait un énorme bruit médiatique. Qu'est-ce qui s'est passé?
Qu'est-ce que F.Bayrou a signé en tant que haut-commissaire au plan depuis 2 ans? - A.-E.Lemoine: C'est lui qui fait mal le boulot? - N.Beytout: Bien sûr! - S.Binet: La CGT n'a jamais été sollicitée...
Je veux dire qu'on a besoin d'un vrai commissariat au plan parce qu'on a besoin d'une planification environnementale et sociale, au vu de l'état de notre industrie. - N.Beytout: Aujourd'hui, on a les lois pluriannuelles.
Beaucoup de dossiers sont réglés par des lois pluriannuelles. C'est le cas de la Défense, de l'Environnement, un certain nombre de sujets, qui sont planifiés sur plusieurs années. On peut reprendre un plan qui ne s'impose pas sur 5 ans à la place de lois qui s'imposent sur 5 ans...
Je ne suis pas sûr... - A.-E.Lemoine: On en vient à la forme.
Ca vous a étonnés que ce soit L.Wauquiez qui fasse cette annonce hier au 20h, tel un Premier ministre? Qu'est-ce que ça dit? - N.Beytout: C'est cocasse.
M.Barnier met en musique ce qu'il a promis. "Donnez-moi des idées, trouvez-moi des compensations et je suivrai..." C'est une petite marmaille politique. - A.-E.Lemoine: On peut s'attendre à voir G.Attal au 20h donner son idée... - N.Beytout: Il va probablement avoir un cadeau à annoncer...
Eux sont très motivés et focus sur le refus de la baisse des allégements de charges, la remontée des charges sur les bas salaires, les salaires. Il va essayer d'avoir quelque chose là-dessus. - A.-E.Lemoine: Vous trouvez cela lunaire d'entendre L.Wauquiez et entendre P.Thevenot parler comme une opposante... - S.Binet: C'est une séquence lunaire.
Ca confirme que le Premier ministre n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Ca ne donne pas du tout une bonne image de la classe politique. Ca donne l'image d'arrangements politiciens dans tous les sens, alors que cette question de la dévalorisation des pensions des retraités concerne 15 millions de personnes.
C'est hyper important. On ne joue pas à ça pour des calculs politiques entre les partis. On a besoin de réponses solides. - A.-E.Lemoine: Les annonces de plans sociaux se multiplient: Michelin, Auchan...
Un de vos collègues, S.Binet, le président du syndicat des cadres, vient d'être touché par un licenciement économique. - Au moment où on vient vous dire, pour mon cas, le vendredi, à 17h30: "C'est terminé.
Tu prends tes affaires, tu t'en vas." C'est un choc. L'instant où ça arrive, on n'est pas prêt.
On développe de l'attachement au destin de l'entreprise. On s'investit. Quand on nous signifie en un instant que c'est terminé, qu'il va falloir faire demi-tour, on a l'impression d'être expulsé de chez soi. - A.-E.Lemoine: Votre réaction à ce licenciement, qui est un symbole.
Il en cache des milliers d'autres. - S.Binet: On s'est beaucoup battus avec François pour sauver cette usine.
On a réussi, mais il y a beaucoup de licenciements...
François, mais aussi le délégué syndical CGT. Il n'y a pas pire violence sociale que les licenciements. Ce sont des territoires entiers dévastés.
Il y a 10 ans, on a fermé Stellantis à Aulnay-sous-Bois. Sur le site de Peugeot à Aulnay-sous-Bois, il n'y a rien. C'est une friche industrielle.
On est en train de fermer Hema France. Les licenciements, ce sont des familles entières anéanties, 20, 30, 40 ans de vie jetés, avec le sentiment d'être jetés comme des kleenex avec des licenciements qui se font en 10 minutes, comme à Michelin ou chez Auchan, qui ont pu apprendre par SMS qu'ils étaient licenciés. - A.-E.Lemoine: Vous pensez qu'on va assister à une saignée sociale? - S.Binet: Ca fait des mois que la CGT alerte.
Il y a 6 mois, on a publié une liste de 130 plans de licenciement. A l'époque, personne n'en a parlé. Quand j'ai rencontré le Premier ministre en octobre avant son discours de politique générale, je lui ai apporté la liste.
Ca continue. Il ne faut pas laisser faire. Notre industrie ne s'en remettra pas.
La CGT demande un moratoire sur les licenciements. - A.-E.Lemoine: Est-ce que c'est envisageable, d'autant plus que ces plans sociaux étaient malheureusement prévisibles? - N.Beytout: Ils sont enclenchés depuis un moment.
Ce que raconte S.Binet sur le calendrier, quand on commence à voir au printemps des plans sociaux qui s'annoncent, le dernier acte...
C'est la dernière possibilité pour un chef d'entreprise d'essayer d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés ou que les actionnaires ont fixés. Ce qui est annoncé au printemps, ou en septembre, octobre ou novembre, c'est déjà en germe depuis longtemps. Il va y avoir de nombreux plans sociaux.
C'est dû à un retournement de conjoncture économique très violent, que tout le monde a vu. C'est la hausse des taux d'intérêt, le fait que c'est plus cher aujourd'hui de s'endetter, d'emprunter pour faire vivre ou survivre une entreprise. L'inflation touche les industriels, qui achètent plus cher mais qui ne peuvent pas forcément vendre plus cher.
Ca crée un contexte qui, aggravé par le contexte international qui fait déferler des produits qui viennent de Chine sur l'Europe...
Tout ça nous met dans un contexte de crise dure et qui va durer. - S.Binet: On laisse faire, et tout va bien... - N.Beytout: On ne laisse pas faire... - A.-E.Lemoine: M.Barnier a dit qu'il allait demander des comptes aux entreprises. - N.Beytout: On est dans un pays qui est recordman du monde des impôts, des taxes, des charges.
Quand on parle de cadeaux aux patrons, de cadeaux aux entreprises ou d'aides aux entreprises, il faut regarder les choses dans le bon ordre. On a taxé et surtaxé les entreprises. A un moment où elles ne peuvent plus supporter ça, elles obtiennent des réductions.
On appelle ça des cadeaux. Regardez ce qui s'est passé avec F.Hollande et le CICE.
F.Hollande arrive au pouvoir. Coup de bambou fiscal.
Début de crise économique et sociale. La fameuse inversion de la courbe du chômage, qui est un échec. Le chômage continue à monter.
A ce moment-là, F.Hollande comprend qu'il faut changer de politique et il fait le CICE et la baisse des charges. Pour certains, c'est devenu un cadeau aux entreprises.
Est-ce qu'il vaut mieux la politique de F.Hollande qui n'arrive pas à inverser la courbe du chômage, ou la politique d'E.Macron qu'on appelle... - A.-E.Lemoine: Qui a créé un millier d'emplois. - N.Beytout: Ca a fait baisser le chômage. - S.Binet: Je vais le prendre dans l'autre sens.
Les cadeaux aux entreprises n'ont jamais été aussi élevés. C'est 175 à 220 milliards d'euros. C'est un tiers du budget de l'Etat.
Si je suis votre raisonnement, l'économie devrait aller à merveille, puisqu'il n'y a jamais eu autant de baisses d'impôts. On est à l'aube d'une grande saignée industrielle malgré cette politique de l'offre. Aujourd'hui, il faut tirer les leçons de cette politique de l'offre menée par E.Macron depuis 7 ans et enclenchée par F.Hollande, qui est catastrophique.
Le but n'est pas d'attirer les investisseurs et les multinationales et de leur laisser la bride sur le cou. Ils font ce pourquoi ils sont là: dégager des marges et distribuer un maximum d'argent aux actionnaires. Il faut mettre des exigences sociales et environnementales.
C'est aberrant qu'on distribue des aides aux entreprises qui licencient et qui donnent des dividendes record. On n'a jamais distribué autant de dividendes en France qu'aujourd'hui. Si on laisse la saignée industrielle telle que prévu se faire, sans rien faire, c'est...
C'est 1 à 2 points de PIB qu'on va perdre dans notre entreprise. - N.Beytout: Une entreprise qui donne 100 à un salarié, en France, le salarié touche 77 euros.
L'entreprise paye 142 euros. Pour 100 euros de salaire, l'entreprise doit payer 142 euros et le salarié a 77 euros. En Allemagne, pour 100 euros, l'entreprise paye 120, donc 22 euros, et le salarié gagne 80.
Le sujet est sur le coût de production et les charges. - S.Binet: On baisse les droits sociaux. - N.Beytout: On baisse les cotisations, on baisse les dépenses sociales. - E.Tran Nguyen: Une autre proposition a été faite.
C'est une verrerie dans l'Oise qui propose aux salariés de baisser leur salaire pendant 6 mois pour sauver leur emploi. Moins 5 % de salaire chez les ouvriers, moins 20 % chez les cadres. Le maire de la commune pousse à accepter cette proposition pour sauver l'usine.
Les syndicats s'y opposent. Pourquoi? - S.Binet: Ca s'appelle du chantage à l'emploi.
Il n'y a aucune garantie de retour à meilleure fortune. Il n'y a aucune symétrie. Dans l'autre sens, il n'y a pas de baisse des dividendes, des marges et des salaires des PDG.
Ce sont des entreprises qui n'ont pas anticipé et qui ont fait des choix stratégiques délétères. C'est la politique des marges. Elles ont choisi d'augmenter leurs prix pour augmenter leurs profits et leurs dividendes tout en gelant les salaires.
Les salaires étant gelés, la demande chute en France. Les gens n'ont plus les moyens pour aller acheter des produits qui sont vendus de plus en plus cher. Verallia, qui produit des bouteilles en verre, a augmenté ses prix de production de 20 %.
Les viticulteurs vont embouteiller leur vin en Pologne au lieu de le faire en France car les prix sont trop élevés. L'objectif a été d'augmenter de 20 % les dividendes des actionnaires. L'entreprise va mal aujourd'hui à cause de cette stratégie irresponsable.
Qu'on ne nous demande pas de baisser les salaires. Ca a un effet récessif pour toute l'économie. On assiste à une baisse de la demande.
Il faut augmenter les salaires. Le pays qui va bien en Europe, c'est l'Espagne, qui a augmenté le salaire minimum de 30 %. - N.Beytout: Coûts salariaux inférieurs de 20 % par rapport à la France. - S.Binet: Mais ils ont progressé de 30 % leurs salaires. - N.Beytout: Ca coûte moins cher de faire fabriquer en Espagne qu'en France.
Le coeur du choix politique du gouvernement est là. Est-ce qu'on revient à une pratique de la politique de l'offre, pro business, qui permet de créer des emplois? Est-ce qu'on le fait en maîtrisant la dépense publique pour éviter à la France d'être face à un mur de dettes? - S.Binet: Vous êtes terriblement dogmatique.
Une analyse pragmatique de la situation serait utile. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venue ce soir sur le plateau pour commenter ces annonces de L.Wauquiez hier soir sur le plateau de TF1.
Restez avec nous, N.Beytout. Sirènes. - Monsieur!
Vous saignez. Il faut mettre quelque chose. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une explosion provoquée par une fuite de gaz en plein coeur de Paris qui a coûté la vie à 4 personnes et entraîné de nombreux blessés.
Le 12 janvier 2019, des dizaines de vies sont brisées. C'est le cas d'Angela. Elle rêvait de devenir danseuse professionnelle à Paris. 6 ans après les faits, elle a subi sa 10e opération.
Dernière chance pour elle de sauver sa jambe. Elle risque malgré tout l'amputation. - J'ai vu que toute ma jambe était explosée.
Il n'y avait pas d'os, pas de muscles. Le pied est resté attaché par un petit bout de peau. Je me suis dit que c'était la fin.
J'ai coupé mon rêve à 24 ans. Ce n'est pas l'argent qui peut me donner ma jambe. Je demande ce que je méritais... - M.Bouhafsi: Tout le monde dans le quartier garde en tête les images d'Amor.
Tout le ramène à cette date. - Il y avait du sang qui coulait de partout. Je commence à avoir froid.
Pour moi, c'était la fin. Ils m'ont emmené à l'hôpital. Je me suis réveillé 2 ou 3 jours après.
J'ai perdu mon oeil. J'ai un oeil en verre. J'ai perdu mes dents.
J'ai des nerfs écrasés. Je ne peux pas lever mon bras correctement. J'ai les tendons de mes mains...
Les tendons de mes mains étaient coupés. Ma vie a changé complètement. J'ai encore une opération en février.
Je vais à l'hôpital de jour jusqu'à maintenant. - 6 ans après, aucune indemnisation? - Rien du tout. - M.Bouhafsi: Les assureurs sont très récalcitrants.
Les victimes n'ont eu de cesse de prouver...
Ils ne sont toujours pas indemnisés. Les compagnies d'assurances bloquent toujours les dossiers et les associations de salariés se sentent aujourd'hui maltraitées. - C'est fait pour minimiser les blessures.
Tout est fait pour minimiser les séquelles. Vous allez passer une expertise avec un expert...
L'assureur va faire une proposition d'indemnisation. L'assureur va prendre la cote la plus basse et ne pas reconnaître certains préjudices, va envoyer ça à votre avocat. Ensuite, votre avocat devient marchand de tapis.
Il renvoie en disant que ce n'est pas bon. Pour certains drames, des préjudices ont été reconnus. Pour la rue de Trévise, tout a été refusé.
L'assureur remet en question les préjudices. Il les minimise, voire les rend invisibles. - M.Bouhafsi: Les injustices, les victimes les voient encore plus.
Jacques devait emménager le jour de l'explosion. Les 2 habitants sont venus avec la même appréhension. - Il reste l'entrée.
Sinon, ici, c'était un trou. D'ici, on voyait le sous-sol. Il y a une espèce de déni.
Quand on regarde, on s'aperçoit Que c'est bien chez nous, que ça ressemble bien. On voit cette espèce d'isolation autour de l'immeuble. Les flammes sortaient par les fenêtres... - J'ai ouvert la porte aux pompiers, qui tapaient.
La porte s'est ouverte au moment où ça a explosé. En moi-même, je me suis dit que j'avais provoqué l'explosion et que j'allais me faire engueuler. Je venais de prendre mon petit-déjeuner.
Je n'avais pas eu le temps d'arriver jusqu'ici. Tout est tombé sur la table de la salle à manger. On a retrouvé, dans le lave-vaisselle, les bols de mon petit-déjeuner, qui étaient restés 6 ans dans le lave-vaisselle. - M.Bouhafsi: Les habitants ne peuvent toujours pas revenir chez eux à cause d'un impayé de 200 000 euros d'une compagnie d'assurances.
D'autres encore choqués par l'explosion, ou lassés des démarches administratives éreintantes demandées par la mairie de Paris, ont fait le choix de ne pas revenir. La procureur a fait demander un procès au pénal. La mairie de Paris a contesté toute faute. - A.-E.Lemoine: C'est un scandale, cette histoire, de bout en bout, Patrick? - P.Cohen: C'est un scandale parce que les victimes de cette explosion, de ce drame, auraient dû être prises en charge d'une façon ou d'une autre par la Ville de Paris, par un fonds d'indemnisation des victimes, à défaut des compagnies d'assurances.
Evidemment, je pense que les collectivités auraient dû entrer en vigueur et auraient dû secourir davantage. - P.Lescure: N.Beytout, la hache de guerre est déterrée entre une partie de la presse et X, anciennement Twitter, propriété d'E.Musk.
Plusieurs médias accusent Twitter de piller leur contenu sans les payer. Depuis 2019, l'Europe permet aux médias de se faire rémunérer quand leurs articles sont utilisés par les géants du numérique. En tant que créateur et patron de "L'Opinion", vous vous associez à cette initiative? - N.Beytout: Complètement.
Cette initiative s'adresse aux tribunaux judiciaires. Sur d'autres sujets, on a déjà entamé des négociations ou mené des plaintes commerciales. Tous les médias sont motivés et mobilisés pour essayer de faire payer à toutes ces grandes plateformes la réalité de notre travail, qu'ils pillent en permanence.
Lorsque vous photographiez un article et que vous le lancez sur le réseau social, lorsque cet article est payant pour quiconque est abonné et devient gratuit pour des milliers de gens qui consultent, il y a une sorte de vol des contenus. On fabrique des contenus avec des journalistes que l'on paye, à leur juste valeur. Ils font valoir leur expérience, leur savoir-faire, leurs scoops, leurs analyses.
Ces réseaux aspirent tout notre contenu. Une fois ceci fait, comme ils ont des audiences énormes, ils aspirent notre chiffre d'affaires publicitaire. On est 2 fois floués.
C'est important de faire connaître à ces plateformes leur responsabilité. Souvent, on arrive à négocier, à la fin de l'histoire. C'est un peu une négociation de charbonniers.
Ils ont du mal à reconnaître l'existence de la presse...
Le raisonnement est de dire: "On fait votre notoriété. On participe à votre diffusion. C'est grâce à nous que vous êtes connus." La réalité, c'est que c'est grâce à nous qu'ils peuvent avoir des contenus et les diffuser gratuitement. - A.-E.Lemoine: C'est un geste qui devrait être automatique mais qui l'est de moins en moins car il coûte de plus en plus cher.
Avec l'hiver, il serait normal de rallumer le chauffage partout en France, mais beaucoup y renoncent à cause des coûts toujours plus élevés. - Vous avez allumé le chauffage chez vous? - Pas du tout.
Jamais, tout simplement. Je mets un pull. - On aimerait bien avoir la maison au chaud, mais on ne peut pas.
Le Smic, c'est 1400. Comment on fait? - Je peux en avoir l'hiver pour 500 euros tous les 2 mois. - Dans les 200 euros par mois. - Ca fait peut-être 8 jours que je l'ai allumé.
On regarde à 2 fois, maintenant. - Nous, on est chauffés au gaz. Quand on a vu la forte hausse du gaz, on n'a pas eu le choix.
On consomme de moins en moins, mais on paye de plus en plus. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, E.Béart.
Merci de votre présence à l'occasion de la Journée nationale contre la précarité énergétique. Vous êtes la marraine de Stop à l'exclusion énergétique. Vous êtes allée à la rencontre de plusieurs familles touchées par cette précarité. - E.Béart: Ce sont des familles qui s'isolent et qui ne veulent plus recevoir leur famille, leurs enfants ou petits-enfants parce qu'ils ont honte de leur lieu de vie.
Ces familles vivent dans une grande insalubrité. Elles sont confrontées à des moisissures. J'ai vu des choses extrêmement dramatiques, des gens avec des lits mouillés, des vêtements mouillés.
Ils vivent dans une grande précarité, avec moins de 10 euros par jour. Ils n'arrivent plus à payer leurs factures. Il y a des solutions possibles. - A.-E.Lemoine: Vivre dans un logement dégradé, mal isolé, mal ventilé, ça affecte directement la santé dans des proportions considérables. 48 % souffrent de migraines et 22 % sont atteints de bronchite chronique.
C'est presque le double de la population générale. Les enfants sont particulièrement touchés. - E.Béart: Beaucoup d'absentéisme à l'école aussi.
Ca crée de grandes inégalités. Les gens ont peur de vieillir dans ces maisons. Ca crée un isolement et une honte.
C'est contre ça qu'il faut lutter. - A.-E.Lemoine: Ca concerne de plus en plus de Français.
Près d'un tiers des Français déclarent avoir souffert du froid l'an dernier chez eux. Le chiffre a doublé en 4 ans. C'est soit parce qu'ils préfèrent ne pas chauffer plutôt que ne pas être en mesure de payer la facture, soit parce que l'électricité leur a été coupée.
Ca, c'est possible, en France. - E.Béart: Oui.
Il y a le problème de l'hiver. Les passoires thermiques...
Mais aussi le problème de l'été. Les gens sont dans des bouilloires thermiques. On a un problème l'hiver et l'été. - A.-E.Lemoine: 2 mesures risquent d'aggraver la situation: la fin du bouclier tarifaire, à partir du 1er février, le changement des conditions d'obtention du chèque énergie pour les foyers les plus modestes.
Ce ne sera plus automatique. Il faudra aller en ligne pour l'obtenir. Vous dites que c'est une démarche supplémentaire... - E.Béart: Oui.
Ce qui est très important aujourd'hui, c'est d'identifier ces foyers. Ce sont souvent des gens qui ne veulent pas dire. Ensuite, il faut aussi donner la possibilité de former des gens pour les accompagner.
Ce sont beaucoup de démarches administratives. C'est d'abord le fait de laisser entrer les gens chez eux, de trouver les budgets...
Une rénovation coûte à peu près 70 000 euros. Le vrai problème aujourd'hui, c'est qu'il y a un reste à charge que les familles qui ont moins de 10 euros par jour et par personne ne peuvent pas assumer. Ce reste à charge, c'est la raison de ma présence aujourd'hui, pour un appel aux dons, pour pouvoir payer ce reste à charge pour les familles. - A.-E.Lemoine: Parce que les travaux sont pris en charge de façon volontaire par les propriétaires? - E.Béart: Volontaire, non.
Il y a tout un travail d'approche qui est fait. Je me rappelle d'un couple qui venu. Ce n'est pas facile. - A.-E.Lemoine: Il faut trouver où loger les gens. - E.Béart: Oui...
Les budgets existent. Les aides existent. Je pense qu'il y a une vraie prise de conscience des pouvoirs publics.
Il y a des aides, mais souvent, les gens se disent que c'est impossible. "70 000 euros pour rénover mon foyer? C'est impossible." Donc ils continuent à vivre dans des situations extrêmement dramatiques.
C'est quand même 12 millions de Français et près de 6 millions de foyers qui sont touchés. C'est énorme. - A.-E.Lemoine: Vous voulez dire un mot, N.Beytout? - N.Beytout: Vous avez inclus, dans votre diagnostic, le fait qu'on a un problème de logements sociaux en France?
On ne construit pas assez de logements sociaux. C'est logements sociaux ne se libèrent pas assez. Ces gens qui ont du mal à se chauffer ont probablement droit à un logement social.
Pourquoi ça ne se fait pas? - E.Béart: La problématique de Stop à l'exclusion énergétique, ce sont les propriétaires.
Ce sont des gens qui se sont endettés généralement pour acheter une maison, dont la situation a évolué et qui n'arrivent plus à payer. Ce sont des propriétaires. Ca représente à peu près 500 000 personnes qui sont propriétaires, mais qui vivent dans des logements insalubres. - A.-E.Lemoine: C'est pour ça que vous faites un appel aux dons. - E.Béart: On ne va pas leur demander de quitter leur maison.
On veut améliorer leur vie, leurs conditions de vie et leur foyer. Une maison, c'est fait pour protéger, pas pour tuer. - E.Tran Nguyen: Pour les propriétaires qui louent leur bien, il sera bientôt interdit de louer une passoire thermique.
Ce sera à partir du 1er janvier. Ca concerne les fameux DPE, classés de G...
Certains propriétaires n'hésitent pas à faire appel à des escrocs pour faire le diagnostic. - Passer de G à F voire E sans faire de travaux, ça attire des escrocs. Parfois, les arnaqueurs ne se déplacent même pas. ...
Il y a les escrocs et les diagnostiqueurs qui travaillent à la va-vite. - En 1 heure 15, le diagnostic est bouclé. - E.Tran Nguyen: Cette mesure a déjà été décalée pour laisser le temps au propriétaire de faire les travaux, mais ça dit que les perdants, c'est toujours les mêmes: les modestes.
Soit ils louent des passoires énergétiques, soit les prix des loyers vont augmenter. - E.Béart: Oui.
Vous avez dit exactement la situation. - A.-E.Lemoine: D'où la question des logements sociaux. - N.Beytout: Et aussi de savoir s'il faut reporter cette mesure.
On sait qu'aujourd'hui, à Paris, il y a un décalage complet entre l'offre et la demande de logements locatifs. Beaucoup de propriétaires, dans des immeubles collectifs, disent: "Je ne peux pas, à mes frais, faire ces travaux et passer de G à F. Je ne loue plus." Le marché se restreint et on aura probablement une collapse du marché immobilier. - A.-E.Lemoine: Comment on aide votre collectif? - E.Béart: En faisant un don. - A.-E.Lemoine: Ca va aider jusqu'à 500 000 familles? - E.Béart: Absolument.
Avec l'arrêt du bouclier tarifaire, on estime à peu près à 400 000 les nouveaux foyers qui pourront basculer en précarité énergétique. C'est énorme. - A.-E.Lemoine: Certains sont concernés par ce fameux chèque énergie, dont la valeur varie de 48 à 277 euros par an.
C'est inadapté? - E.Béart: Le problème, c'est qu'on est dans une grande instabilité budgétaire.
Tout fluctue tout le temps. Pour monter un dossier et que ce soit béton, il faut qu'on soit dans quelque chose de stable. Ce n'est pas le cas pour le moment. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venue évoquer ce sujet essentiel, l'exclusion énergétique.
Je rappelle l'intitulé de l'association dont vous êtes la marraine, Stop à l'exclusion énergétique. Merci. C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.
Après sa condamnation définitive pour emploi fictif, F.Fillon propose un plan de remboursement à l'Assemblée nationale. - L.Sénéchal: Il veut rendre l'argent.
C'était devenu un slogan pendant sa campagne de 2017. Il y avait eu plein de détournements sur Internet. - Rends l'argent. - L.Sénéchal: F.Fillon propose d'étaler sur 10 ans les 700 000 euros de dommages et intérêts qu'il doit à l'Assemblée nationale pour l'emploi fictif dont a bénéficié sa femme.
C'est un aveu de culpabilité pour une partie de la gauche à l'Assemblée. - J.Guedj: S'il le fait, c'est qu'il estime que c'est légitime. - C'est une bonne chose qu'il rende l'argent, mais s'il le fait, c'est qu'il se sent coupable. - O.Faure: Pendant des mois et des années, il s'évertuait à nous dire le contraire.
Enfin, il reconnaît que cet emploi n'existait pas. - J.Guedj: Ma grand-mère disait: "Celui qui se sent morveux se mouche." - L.Sénéchal: Il reste une audience qui doit statuer la peine et l'amende.
Cette affaire est survenue en pleine présidentielle de 2017. F.Fillon a tenté jusqu'à aujourd'hui de nier et de contester. - F.Fillon: Voyez plus grand que ceux qui nous mitraillent!
Mes amis, c'est plus que ma personne qui est dans leur viseur. C'est une haute idée de la France qu'on veut abattre en vol. Je suis aujourd'hui la cible d'une attaque impitoyable, partiale, 7j/7, 24h/24.
Vous avez vu une opération d'une extrême ampleur de calomnie. - L.Sénéchal: F.Fillon n'a cessé de s'embourber. - Vous arrivez à mettre de l'argent de côté? - F.Fillon: Personnellement, non. - 37 % des Français y parviennent.
Je ne sais pas si vous avez vu ce chiffre. Je vous dis ça comme ça. - L.Sénéchal: Malgré le soutien, à l'époque, de B.Retailleau, qui coordonnait la campagne Fillon.
A chaque déplacement, des opposants, comme en mars 2017. - L.Sénéchal: Aujourd'hui, F.Fillon est prêt à exécuter une décision de justice, à 2 semaines d'une nouvelle audience qui pourrait décider d'une nouvelle amende.
Il propose un plan d'étalement, 10 ans pour rembourser les 700 000 euros. - P.Cohen: C'est le moindre d'exécuter une décision de justice!
Pardon! - A.-E.Lemoine: Il a été condamné à des dommages et intérêts et propose un plan de remboursement, mais pas de rendre l'argent comme ça, au doigt mouillé!
C'est une décision de justice qui est appliquée. Nouvelle nuit de violences à Amsterdam. - L.Sénéchal: Avec des slogans antisémites comme "juif, cancer".
Les émeutiers ont affronté la police et ont incendié un tramway à coups de mortiers d'artifice. Cet épisode intervient après les graves violences de jeudi, des juifs poursuivis et frappés dans les rues d'Amsterdam en marge d'un match de football. Cette soirée avait commencé par des cris racistes de certains hooligans du Maccabi Tel-Aviv. "Il y a une différence entre casser des choses et chasser des juifs", martèle le gouvernement néerlandais.
Dans ce contexte, le Stade de France accueille France-Israël après-demain. La question a encore électrisé l'Assemblée nationale cet après-midi. - B.Retailleau: Pas question, comme certains me l'ont demandé, d'annuler ou de délocaliser.
Pas question que la France recule, qu'elle se soumette à tous les semeurs de haine. Bien sûr, nous allons mobiliser des forces de l'ordre, toutes les ressources de notre droit pour que force reste à la loi que vous votez et que force reste à la loi que nous faisons exécuter. - L.Sénéchal: Fallait-il maintenir ce match malgré les 4000 policiers déployés?
B.Nétanyahou déconseille à ses concitoyens de s'y rendre. Le Quai d'Orsay dit que les Israéliens sont les bienvenus. - N.Sarkozy: La France est une République.
Dans la République française, l'équipe d'Israël est la bienvenue. Je serai, avec des milliers de Français, au stade pour montrer que jamais, il ne faut céder à ceux qui veulent faire régner la terreur. - L.Sénéchal: N.Sarkozy sera donc avec E.Macron et M.Barnier dans les tribunes du Stade de France.
Les relations franco-israéliennes sont tendues après la brève arrestation de gendarmes français à Jérusalem-Est, dans un territoire géré par la France. L'ambassadeur d'Israël a été convoqué ce matin au Quai d'Orsay. Le ton se fait maintenant plus cordial, mais il n'y a ni excuses ni condamnation du côté de l'ambassade d'Israël. - Ce n'est pas une question de condamnation ou pas.
On veut éviter ce type d'événements malheureux. La visite de J.-N.Barrot était extrêmement importante et positive.
C'est normal qu'il y ait cet événement qui a potentiellement effacé l'intention première de cette visite. - L.Sénéchal: Ce fameux match auquel assistera aussi F.Hollande, pèse forcément sur les Bleus.
Le gardien des Bleus, L.Chevalier, dit que ce n'est pas un match comme les autres. - M.Bouhafsi: Certains membres de l'équipe de France ont interdit à leurs proches de venir au stade.
Ca montre le climat qui règne. C'est désolant. A la fin, il y aura plus de monde en tribune présidentielle que sur le terrain. - A.-E.Lemoine: D.Trump continue d'avancer ses pions. - L.Sénéchal: Il nomme petit à petit les membres de son administration.
Exit les techniques et les généraux, dont celui qui a accusé Trump d'être un fasciste. Trump a nommé T.Homan comme patron de la police aux frontières.
Il retrouve le poste qu'il a occupé pendant le 1er mandat de l'homme d'affaires, quand il avait notamment séparé, dans sa lutte contre l'immigration clandestine, 5000 enfants de leurs parents. - L.Sénéchal: L'immigration, c'était bien sur l'un des principaux axes de campagne de D.Trump.
Comme toujours, il a fait des propositions ubuesques. La veille de sa victoire, il parle du patron du MMA aux Etats-Unis, D.White. - L.Sénéchal: Trump a aussi nommé ambassadrice des Etats-Unis E.Stefanik auprès de l'ONU. - P.Cohen: Elle avait mené l'interrogatoire... - L.Sénéchal: Le président élu se montre faisant du golfe avec sa petite-fille.
Elle est en train de devenir une star d'Internet pour avoir diffusé les images de la victoire de son grand-père de l'intérieur, à Mar-a-Lago. C'est la résidence en Floride de D.Trump.
C'est là qu'il a assisté à la soirée électorale. - L.Sénéchal: C'est ce qu'on appelle un vlog.
Kai se filme ou est filmée en train de se maquiller, d'arriver à la résidence de D.Trump. E.Musk et son petit dernier sont invités à figurer sur la photo de famille de Trump. - L.Sénéchal: E.Musk s'est rapproché de D.Trump en même temps qu'il s'est éloigné de sa fille transgenre.
Elle est née garçon et a changé de sexe à sa majorité. Elle veut maintenant quitter les Etats-Unis, après la victoire de Trump avec l'aide de son père. Ce retour de Trump à la Maison-Blanche ne fait pas forcément les affaires des émissions satiriques américaines qui ont fait campagne contre lui.
Le "Saturday Night Live" essaye d'en rire. - L.Sénéchal: Leurs audiences risquent d'être encore excellentes avec Trump. - A.-E.Lemoine: Là, ils faisaient faussement amende honorable. - N.Beytout: C'est frappant...
Essayons de comparer...
Essayons de comparer le temps qu'il nous a fallu pour avoir un Premier ministre et un gouvernement et le temps qu'il faut à Trump. Il ne sera investi que le 20 janvier. - P.Cohen: Il faudrait qu'on n'ait que 2 partis en France?
C'est le système américain qui fait ça. - N.Beytout: Au sein de son parti, il a pris le contrôle du parti.
Il sait qui nommer aux différents postes. - A.-E.Lemoine: Il a une grosse majorité, surtout.
C'est peut-être la différence. - N.Beytout: On sait comment il va gouverner. - A.-E.Lemoine: Un chauffeur de bus de la RATP mis à pied après avoir intimidé des cyclistes. - L.Sénéchal: Il avait lui-même posté la vidéo sur TikTok.
Il colle et suit de beaucoup trop près un cycliste avec ce commentaire...
C'est la seule vidéo Où il met en scène ce qu'il appelle lui-même son combat contre les cyclistes. Il a été mis à pied. Un cycliste a été écrasé par un automobiliste le mois dernier à Paris. - A.-E.Lemoine: Merci.
Laurent Wauquiez