Philippe Gosselin, député LR de la Manche, dénonce la baisse des remboursements de transports sanitaires
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Depuis ce matin, pour certains patients, il faut mettre la main à la poche. Avant, le transport était pris en charge automatiquement. Vous venez d'écrire à la ministre de la Santé ce que vous dénoncez, c'est une double peine ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Alors, Philippe Gosselin, ces dernières années, il y a eu quand même des abus qui ont été pointés du doigt avec des entreprises de taxi et d'ambulance qui facturent au prix fort les transports sanitaires. Fallait agir ?
- 3:45ComplaisanteRéponse directe
Oui, parce qu'il n'y a qu'une certaine partie.
- 4:41OuverteRéponse directe
On est quand même dans la même logique que la fin du remboursement total de certains médicaments. C'est toujours cette logique d'éviter que le trou de la sécu continue de s'agrandir.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Tout le monde a bien en tête un déficit, mais je crois qu'on s'y prend le pied dans le tapis et on s'y prend pas bien. »
- 1:21Invité politiqueFait
« qui va avoir pour conséquence de renoncer aux soins. »
- 2:07Invité politiqueFait
« Vous avez raison d'évoquer un certain nombre d'abus. »
- 2:09Invité politiqueFait
« Mais je crois qu'on se trompe un peu de cible en voulant lutter contre certains abus, en voulant éventuellement faire des économies. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Là, on rajoute, avec cette suppression de la LD non exonérante des motifs de prise en charge des transports, une complication. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Et puis, c'est un coût de transport qui explose, en particulier ces derniers mois, avec le prix du carburant qui, lui aussi, a explosé totalement. »
Temps de parole
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Ici Cotentin, premier sur l'actu locale dans la Manche, ici matin. A 7h45 avec l'invité de la rédaction,
on
parle d'un décret qui entre en vigueur aujourd'hui pour les transports sanitaires. Oui, un resserrement des critères de remboursement pour par exemple des malades chroniques qui doivent emprunter des ambulances privées pour se rendre à l'hôpital. Invité d'ici Cotentin ce matin, le député de la droite républicaine de la Manche. Bonjour Philippe Gosselin. Bonjour. Depuis ce matin, pour certains patients, il faut mettre la main à la poche. Avant, le transport était pris en charge automatiquement. Vous venez d'écrire à la ministre de la Santé ce que vous dénoncez, c'est une double peine. On est malade et on doit payer ?
Alors, il y a cette difficulté effectivement, même si on peut comprendre d'une certaine façon la volonté d'économie de la Sécu. Tout le monde a bien en tête un déficit, mais je crois qu'on s'y prend le pied dans le tapis et on s'y prend pas bien. Bon, c'est un décret, celui que vous évoquez, dont nous parlons, qui a été publié en plein été, qui laisse d'ailleurs peu de temps aux intéressés pour s'habituer ou en tout cas s'organiser, puisque aujourd'hui ça rentre en vigueur. Certes, ça ne vaut que pour l'avenir, mais effectivement,
c
'est un obstacle qui me paraît sérieux à la continuité des soins. C'est un obstacle aussi qui va faire qu'un certain nombre de personnes, et notamment
dans
des départements comme les nôtres, où il y a des lieux
qui
sont
parfois un peu éloignés en milieu rural, qui va avoir pour conséquence de renoncer aux soins. Et ça, je crois que c'est une très, très mauvaise idée.
Et
ça touche, oui, en particulier des personnes qui peuvent être âgées et qui ont plus de difficultés de locomotion. Et puis, on n'a pas non plus, dans un département comme le nôtre, des transports collectifs qu'on peut trouver dans des grandes agglomérations. Donc,
c'est
un vrai sujet. Je trouve que ça tombe comme un cheveu sur la soupe et ça touche souvent les personnes les plus fragiles, puisque justement, elles ont besoin de soins particuliers.
Alors, Philippe Gosselin, ces dernières années, il y
a
eu quand même des abus qui ont été pointés du doigt avec des entreprises de taxi et d'ambulance qui facturent au prix fort les transports sanitaires. Fallait agir ?
Il
fallait vraisemblablement, effectivement, agir. Vous avez raison d'évoquer un certain nombre d'abus. Mais je crois qu'on se trompe un peu de cible en voulant lutter contre certains abus, en voulant éventuellement faire des économies. Encore une fois, le principe n'est pas le sujet. On se trompe de cible. Là, ce ne sont pas les transporteurs, les ambulanciers qui éventuellement vont être sanctionnés d'une certaine façon. Eh bien, les patients, et ça, ça pose un problème, justement, dans un département
où
on
peut avoir une difficulté d'accès aux soins, où on a des sujets de continuité de soins qui sont bien réels. Vous savez, vous
avez déjà
des gens qui hésitent à se soigner parce que le coût peut être compliqué.
C'est
notamment la question des médecins non conventionnés. On en a un certain nombre dans
le
département de la Manche. Et il n
'y
a pas de remboursement, déjà, pour ces patients. Là, on rajoute, avec cette suppression de la LD non exonérante
des
motifs de prise en charge des transports, une complication. Et je voulais tirer la sonnette d'alarme. Je l'ai fait parce que j'ai aussi été sollicité par un certain nombre de patients. Je vais être très honnête. S'il n
'y
avait pas eu cette sollicitation, et c'est ça l'intérêt de pouvoir faire remonter cette sollicitation par des patients, je ne l'aurais pas nécessairement vue. Je ne suis pas concerné. Et on ne peut pas être en alerte sur tout, par définition. Mais j'ai plusieurs patients qui sont concernés et qui m'ont sollicité en me disant « Mais on ne comprend pas. Moi, j'ai tel ou tel enfant qui va être concerné. » Alors, il se trouve que, provisoirement, les enfants ne vont pas être concernés.
Oui, parce qu'il n'y a qu'une certaine partie. Oui, oui,
ça
ne vaut que pour l'avenir. Donc, les prescriptions qui ont été lancées avant ce 1er octobre ne vont pas trouver à s'appliquer maintenant. Mais il y
a
une vraie alerte, et les gens que j'ai eus étaient vraiment paniqués en disant « Écoutez, nous, c'est à Caen. On habite telle partie du centre-manche, par exemple, ou du Cotentin pour d'autres. Et on ne sait pas comment on va faire. C'est du temps déjà sur la route.
Ce n
'est
pas si
simple. Pour des parents, ce n
'est
pas évident. Et puis, c'est un coût de transport qui explose,
en
particulier ces derniers mois, avec le prix du carburant qui, lui aussi, a explosé totalement.
Donc, encore
une fois, oui aux économies, oui à la moralisation, sans doute, des conditions de transport. Mais
je
trouve qu'on sort l'artillerie lourde sans récertation et sans tenir compte des patients et des malades.
On est quand même dans la même logique que la fin du remboursement total de certains médicaments. C'est toujours cette logique d'éviter que le trou de la sécu continue de s'agrandir.
Alors,
il y a une logique, évidemment, avec le non-remboursement de certains médicaments. C'est vrai. Mais on a là un élément qui touche davantage encore le milieu rural et des départements comme les nôtres. Quand on dérembourse certains médicaments, on a parfois des questions d'utilité, d'efficacité des médicaments qui se posent. Et ça, c'est un autre sujet. Là, on ne remet pas en cause la nécessité d'avoir des psychologues, des orthophonistes, des séances de kiné ou de médecins particuliers pour certains soins précis. On remet en cause l'accès
par
un mode de transport. Ce n
'est
pas l'efficacité des soins qui est en cause. Alors que sur certains médicaments,
ils
sont retirés des médicaments remboursables pour des raisons d'efficacité. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose et la même logique. Et c'est cette logique
qui
me paraît un peu trop comptable que je veux pourfendre et que je veux combattre.
Merci beaucoup. Philippe Gosselin, député droite républicaine de la Manche. Bonne journée à vous.
Merci à vous aussi. Bonne journée.
Philippe Gosselin