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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 14 décembre 2015 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsTravail & emploiÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Quelle est votre lecture de ce second tour ? Quel est le message ?

  • 1:33RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous vous réjouissez de l'échec du Front National à conquérir la moindre région ?

  • 2:34RelanceÉludée

    Vous remerciez toujours les électeurs de gauche, mais jamais les dirigeants qui ont imposé le retrait des candidats en PACA et Nord-Picardie.

  • 2:49RelanceÉludée

    Seulement la liberté des électeurs ?

  • 3:09RelanceÉludée

    Si je vous en parle aussi, c'est parce que Nathalie Kosciusko-Morizet, dirigeante importante de votre mouvement, elle a contesté cette stratégie du Nini hier soir sur les plateaux télé.

  • 3:39RelanceRéponse directe

    Je pense qu'on n'a rien compris à cette élection.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Le message c'est que les Français attendent autre chose de leur responsable politique. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Oui, un vote par défaut. »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « Tant mieux que la France n'ait pas reculé. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Et je remercie tous les électeurs qui se sont mobilisés, de droite comme de gauche, qui nous ont permis d'éviter que des régions tombent au Front National. »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « six régions dans lesquelles le FN est en tête »
  • 5:33Invité politiqueChiffre
    « un jeune sur quatre est au chômage »
  • 5:35Invité politiqueChiffre
    « un jeune sur deux dans les départements d'outre-mer »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « le traitement social du chômage au lieu du traitement économique »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « C'est prévu le 20 novembre 2016. »

Temps de parole

  • Bruno Le Maire67 %
  • Présentateur33 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 8h21. Le sexe neuf, Patrick Cohen sur France Inter. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Patrick Cohen. Le Front National au plus haut en nombre de voix et au plus bas en nombre de régions. La droite qui ne conquiert qu'un peu plus de la moitié des régions de métropole. Quelle est votre lecture de ce second tour ? Quel est le message ?

0:22
Bruno Le Maire

Le message c'est que les Français attendent autre chose de leur responsable politique. C'est le message passé au premier tour, c'est le message passé de nouvelles fois au second tour. Ils ne sont pas satisfaits, certains même sautent en colère. Nous n'apportons pas les réponses à leurs problèmes. Nous ne faisons pas envie. Nous ne suscitons pas d'adhésion. C'est un vote, dans beaucoup de cas, qui est un vote de résignation. Un vote par défaut ? Oui, un vote par défaut.

Or pour nous, les représentants de la droite et du centre, tout le défi maintenant est de passer en quelques mois, c'est-à-dire dans des délais très courts, d'un vote par défaut à un vote d'adhésion, un vote d'enthousiasme en se disant, tiens, il y a une famille politique qui porte une alternative au socialisme, qui est aujourd'hui en place et qui échoue. Et cette famille politique, elle a des idées nouvelles, elle a une vision de la société qui nous correspond, elle est capable de prendre en considération nos problèmes, d'y apporter des solutions nouvelles, et une méthode pour les mettre en place qui nous semble crédible et à laquelle on va croire.

Il nous reste quelques mois pour créer cette adhésion-là.

1:24
Présentateur

On va parler de votre programme et de la feuille de route que vous avez envie de dresser avant la présidentielle. Quelques mots, Bruno Le Maire, de la stratégie électorale et de ses résultats. Est-ce que vous vous réjouissez de l'échec du Front National à conquérir la moindre région ? Parce qu'on a eu parfois l'impression que c'était, à vos yeux, sans importance, vous n'aviez pas de mots assez durs contre le Front Républicain. Or, ça a marché, pour faire barrage au FN, ça a marché d'ailleurs à votre profit. Tant mieux.

1:52
Bruno Le Maire

Tant mieux que la France n'ait pas reculé. Simplement, la France n'a pas avancé. Maintenant, la question est comment est-ce que la France avance. Oui, la France n'a pas reculé, parce qu'elle n'a pas donné des régions au Front National. Et je remercie tous les électeurs qui se sont mobilisés, de droite comme de gauche, qui nous ont permis d'éviter que des régions tombent au Front National. Simplement, ça ne fait pas une ambition pour la nation française. Ça ne fait pas une envie pour la nation française.

Je pense qu'on aurait du mal à trouver, ce matin, des électeurs qui nous disent « Ah oui, moi j'ai voté par enthousiasme, je sais que les choses vont aller mieux, je sais que demain, j'ai entendu des partis politiques qui ont enfin les réponses à mes questions, dont le comportement suscite l'adhésion, dont les idées sont vraiment ce que j'attends. » Je pense qu'on aurait du mal à les trouver.

2:34
Présentateur

Vous remerciez toujours les électeurs de gauche, mais jamais les dirigeants qui ont imposé le retrait des candidats en PACA et Nord-Picardie. Parce que c'est un gros mot ?

2:43
Bruno Le Maire

Non, ce n'est pas un gros mot du tout, je considère simplement que c'est la liberté des électeurs qui a fait la différence hier.

2:49
Présentateur

Seulement la liberté des électeurs ? Si la gauche s'était maintenue en PACA et Nord-Picardie, Estrosier et Bertrand ont gagné ?

2:53
Bruno Le Maire

C'est les électeurs qui ont voté, et je remercie, je l'ai dit une fois encore, je remercie les électeurs de gauche en PACA, dans le Nord, qui se sont déplacés et qui ont évité que ces régions tombent dans le front national. Parce que je ne pense pas qu'ils aient des solutions pour ces régions.

3:09
Présentateur

Si je vous en parle aussi, c'est parce que Nathalie Kosciusko-Morizet, dirigeante importante de votre mouvement, c'est même la numéro 2, elle a contesté cette stratégie du Nini hier soir sur les plateaux télé. Si, dès aujourd'hui,

3:21
Bruno Le Maire

nous avons des débats à non plus finir sur les stratégies politiques, les alliances, est-ce qu'on fait alliance avec les uns, alliance avec les autres, et qu'on ne comprend pas ce qui est pour moi, une fois encore, le message principal. Nous ne sommes pas satisfaits de vous, les politiques. Apportez-nous une offre politique nouvelle.

3:39
Présentateur

Je pense qu'on n'a rien compris à cette élection. Mais c'est bien cette stratégie qui a abouti au résultat d'hier soir et de ce matin qu'on constate, c'est-à-dire zéro région pour le FN. Donc, pardon d'en examiner les constructions.

3:50
Bruno Le Maire

Je constate aussi qu'il y a d'autres régions, dont la Mienne, la Normandie, où il y a des triangulaires, et où nous gagnons malgré la triangulaire. Donc, vous savez, chaque région est un cas spécifique. La seule chose qui, je pense, permet de rassembler l'analyse sur toutes les régions, c'est qu'il y a une insatisfaction démocratique dans notre pays. Les Français ne sont pas satisfaits de ce qu'on leur propose comme offre politique.

4:14
Présentateur

Pour demander quoi ? Plus d'efficacité des résultats, ou plus de radicalité dans la ligne politique suivie et dans les mesures proposées ? C'est la question, Bruno Le Maire, qui se pose à votre parti, Les Républicains.

4:27
Bruno Le Maire

Ce matin, nous avons des choix politiques à faire. Est-ce que nous estimons que la bonne réponse à ce qui s'est manifesté au premier tour des élections régionales, de régions dans lesquelles le FN dépasse 40%, six régions dans lesquelles le FN est en tête, c'est de dire, il faut qu'on durcisse notre discours. Il faut qu'on soit aussi dur que peut l'être le Front National sur un certain nombre de sujets. Cette stratégie nous mènera dans le mur. Elle nous rétrécira. Elle fera de nous un parti qui sera une secte, totalement replié sur lui-même, qui n'intéressera pas une majorité de Français et qui ne nous permettra pas de gagner la présidentielle de 2017.

Ou au contraire, est-ce qu'on estime qu'il faut être capable d'apporter des solutions qui marchent pour les Français ? C'est beaucoup plus difficile de se demander, non pas, on va aller vers la droite, vers le centre, vers la gauche, dans une stratégie politicienne vieillotte, dater, dont les gens ne veulent plus, mais beaucoup plus difficile de se poser la question quelle est la réponse à l'augmentation du trafic de drogue et la consommation de drogue dans notre pays ? Pourquoi est-ce qu'on a échoué depuis 30 ans et qu'on n'arrive pas à diminuer la consommation de drogue chez les jeunes ?

C'est beaucoup plus difficile de se demander pourquoi depuis 40 ans, un jeune sur quatre est au chômage, un jeune sur deux dans les départements d'outre-mer et que tout ce qu'on a essayé n'a jamais marché parce que droite et gauche confondus, on a essayé la même chose, le traitement social du chômage au lieu du traitement économique. Il est beaucoup plus difficile de se demander comment est-ce qu'on va maintenir des industries dans la vallée de Landelle, chez moi, dans l'Eure, ou dans d'autres régions rurales parce qu'on a échoué depuis 40 ans, que ces industries ferment et que les gens foutent le camp. C'est ça la vraie question et c'est beaucoup plus difficile de se poser ces questions-là.

Quelles réponses nouvelles on apporte ? Comment est-ce qu'on garantit qu'on les mettra en œuvre ? Comment est-ce qu'on rendra des comptes aux Français, nous responsables politiques ? Comment est-ce qu'on sera transparent sur nos résultats ? Eh bien, moi, je souhaite que ce matin, ma famille politique se tourne vers les Français et surtout pas vers elle-même. Qu'elle regarde les Français, pas son nombril. Qu'elle arrête avec les stratégies politiciennes et qu'elle considère qu'on a en charge la construction d'un espoir pour notre nation et pour les Français.

6:29
Présentateur

Donc, j'ai la réponse à ma question, c'est plus d'efficacité plutôt que plus de radicalité.

6:34
Bruno Le Maire

Si au moins vous avez la réponse

6:35
Présentateur

à votre question, ça me réjouit, c'est l'essentiel. Ah bon, c'est-à-dire que si on vous a compris, c'est que vous êtes mal exprimé,

6:41
Bruno Le Maire

c'est ça ? Non, non, je dis justement, j'ai pris le temps de m'exprimer, je vous remercie de me l'avoir laissé, parce que je crois que c'est un choix stratégique fondamental. La radicalité nous mettra dans le mur la capacité à nous tourner vers les Français et à répondre à leurs questions, à leurs problèmes, à leurs difficultés. Dieu sait qu'elles sont nombreuses. Elle fera de nous un grand parti, elle ressuscitera l'intérêt pour nous chez les Français.

7:02
Présentateur

La question aussi, elle ne porte pas seulement sur les réponses, mais aussi sur les thèmes qui sont mis en avant. Vous voyez bien la tentative, la tentation de certains leaders de privilégier ce triptyque islam, identité, sécurité. Vous n'oubliez pas, j'ai vu dans vos réponses, les questions sociales, évidemment, le chômage, les questions économiques aussi dans la campagne amenée d'ici à la présidentielle dans 18 mois.

7:33
Bruno Le Maire

J'imagine un jeune Français de 18 ans en face de moi. Je pense à un jeune que j'ai vu dans un lycée hôtelier à Sargomin il y a quelques mois. Je pense à un jeune mécanicien que j'ai vu dans le Nord il y a quelques semaines. Je pense à un jeune agriculteur que j'ai vu en Bretagne il y a quelques jours. De quoi j'ai envie de lui parler ? J'ai envie de lui parler de son emploi. J'ai envie de lui parler de sa formation. J'ai envie de lui parler de son niveau de revenu. Il travaille comme un dingue. J'aimerais qu'il ait un niveau de revenu décent à la fin du mois et qu'il ait vraiment le sentiment que ça vaut le coup de bosser. j'ai envie de lui parler de l'école. de l'éducation.

la manière dont on transforme la manière dont on transforme complètement le système éducatif français qui aujourd'hui est un moule qui s'impose à tous voie générale baccalauréat diplôme sinon vous êtes un nul. Non vous n'êtes pas un nul si vous allez vers la voie professionnelle. Vous êtes au contraire quelqu'un qui a fait un bon choix et qui va réussir dans la vie. J'ai envie de lui parler de ça. Et derrière une fois que vous parlez de ça oui vous parlez aussi de la culture française. Oui vous parlez aussi de la nation française. Oui vous parlez aussi de l'intégration. Mais il faut savoir quelle est notre porte d'entrée.

Moi je veux que notre porte d'entrée ce soit ce que vivent les français. Pas nos fantasmes. Pas nos inquiétudes. Pas nos peurs. Que ce soit l'espoir qui nous porte. Pas l'angoisse. Je crois que c'est ça aussi qui se joue maintenant pour les républicains.

8:52
Présentateur

Dernière question. Pardon Bruno Le Maire c'est une question de tambouille interne. Est-ce qu'il faut avancer accélérer le calendrier de la primaire ? Effectivement vraiment

9:01
Bruno Le Maire

dans la tambouille interne.

9:02
Présentateur

Oui mais vous êtes peut-être concerné. C'est prévu le 20 novembre 2016.

9:06
Bruno Le Maire

Est-ce qu'il faut faire ça plus tôt ? Je ne vois pas tellement l'intérêt que ça d'avancer un processus qui se déroule très bien. Il faut savoir ce qu'on veut. On veut une primaire réussie ou on veut une primaire ratée ? Moi je veux une primaire réussie. Une primaire réussie c'est une primaire dans laquelle on se donne le temps de la préparer. Donc à la date prévue 20 et 27 novembre. Exactement. Un peu de sang froid. Dans les moments difficiles un peu de sang froid ça ne peut pas nuire.

9:27
Présentateur

Merci Bruno Le Maire d'être venu ce matin au micro de France Inter et puis d'autres une autre voix tout à l'heure dans un quart d'heure environ celle de Stéphane Le Folle le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement dans 30 secondes la revue de presse. Sous-titrage Société Radio-Canada