Victime d'un terrible accident, Pauline Déroulède milite pour "ne plus donner le permis de conduire à vie"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:47FerméeRéponse directe
Ce sont surtout les personnes âgées qui sont visées par ce projet de directive ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Et vous pensez que si ce contrôle avait existé il y a 5 ans, l'accident dont vous avez été victime n'aurait pas eu lieu ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Lui, en l'occurrence, qu'est-ce qui s'est passé ?
- 2:58OuverteRéponse partielle
Et à quoi pourrait ressembler l'examen, la visite médicale ?
- 3:54OuverteRéponse directe
Mais aujourd'hui, quels sont les facteurs principaux d'accident ?
- 4:42RelanceRéponse directe
Les associations de conducteurs, comme 40 millions d'automobilistes, sont opposées à cette mesure. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Un projet de directive européenne veut imposer des visites médicales régulières aux automobilistes. »
- 0:33PrésentateurFait
« C'est même votre combat depuis 5 ans, depuis que vous avez été renversée par un conducteur de 92 ans. »
- 0:54InvitéFait
« pas du tout. Comme je l'ai toujours dit depuis 5 ans, il est question de mettre en place des visites médicales obligatoires pour tous les conducteurs. »
- 1:28InvitéPromesse
« le but, c'est vraiment de ne plus donner le permis de conduire à vie et de simplement repasser un contrôle médical pour être sûr qu'on est capable encore de conduire. »
- 1:41InvitéFait
« Je pense en effet que mon accident et bien d'autres, parce qu'il y en a eu bien d'autres depuis, auraient pu être évité si une seule personne avait arrêté de conduire. »
- 1:58InvitéFait
« Sa responsabilité n'était pas du tout mise en cause, mais il était bien inapte. »
- 2:04InvitéFait
« Il m'a dit que s'il y avait eu une loi, il l'aurait respectée. »
- 2:25InvitéFait
« Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, l'État, au niveau de l'Europe, doit légiférer pour mettre en place ses visites. »
- 3:21InvitéFait
« Donc la vue, l'ouïe, les réflexes aussi ? »
- 3:34InvitéFait
« Cette visite, elle pourra servir, par exemple, à faire un rappel au conducteur, de porter des lunettes. »
- 4:12InvitéFait
« Il y aura toujours des gens irresponsables sur la route. Et il faut continuer de les punir sévèrement. »
- 4:28InvitéFait
« L'inaptitude à la conduite, ce n'est pas encore une infraction. »
- 5:10InvitéFait
« J'ai toujours dit que cette instauration de visite médicale obligatoire, elle devait aller de pair absolument avec la mise en place de solutions alternatives de mobilité. »
- 6:02PrésentateurFait
« La France fait même figure d'exception avec l'Allemagne et la Pologne. »
- 7:20InvitéPromesse
« Et c'est pour ça qu'au niveau européen, j'espère que tous les eurodéputés que j'ai pu rencontrer auront ce courage de voter en faveur de cette visite médicale qui, je le rappelle, sera tous les 15 ans. »
Temps de parole
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- Présentateur28 %
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Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Mathilde Munoz, 5-7. Il est 6h20, le permis de conduire à vie, c'est peut-être bientôt fini. Un projet de directive européenne veut imposer des visites médicales régulières aux automobilistes. Ce texte va être soumis au vote du Parlement, aujourd'hui à Strasbourg. Strasbourg où se trouve notre invitée pour défendre cette mesure. Bonjour Pauline Derouled.
Bonjour, bonjour à tous.
Vous êtes très impliquée dans ce dossier. Je sais que vous avez rencontré Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, justement pour lui en parler. C'est même votre combat depuis 5 ans, depuis que vous avez été renversée par un conducteur de 92 ans. Vous avez été amputée d'une jambe. On vous connaît aussi en tant que sportive professionnelle, triple championne de France de tennis en fauteuil roulant, numéro 13 mondial. Ce sont surtout les personnes âgées qui sont visées par ce projet de directive ?
Alors écoutez, pas du tout. Comme je l'ai toujours dit depuis 5 ans, il est question de mettre en place des visites médicales obligatoires pour tous les conducteurs. Pas du tout uniquement les personnes âgées. Le but, ce n'est pas de stigmatiser les seniors. On est bien conscients que l'âge fait partie des facteurs qui peuvent altérer l'attitude à la conduite, mais pas seulement. Je prends souvent l'exemple d'une personne de 50 ans qui n'est donc pas âgée, mais qui peut avoir un début de maladie dégénérative, qui peut être tout à fait moins apte à conduire par rapport à une personne de 80 ans qui a toutes les facultés. Donc ce n'est pas une question d'âge. On n'est pas tous égaux.
C'est pour ça qu'il faut contrôler tout le monde au cours de sa vie. Et le but, c'est vraiment de ne plus donner le permis de conduire à vie et de simplement repasser un contrôle médical pour être sûr qu'on est capable encore de conduire.
Et vous pensez que si ce contrôle avait existé il y a 5 ans, l'accident dont vous avez été victime n'aurait pas eu lieu ?
Je pense en effet que mon accident et bien d'autres, parce qu'il y en a eu bien d'autres depuis, auraient pu être évité si une seule personne avait arrêté de conduire. Vous savez, j'ai eu l'occasion d'avoir un échange avec le conducteur qui m'a fauchée, parce que j'avais besoin de comprendre avec qui j'avais affaire. Et ce conducteur, il était tout à fait responsable. Sa responsabilité n'était pas du tout mise en cause, mais il était bien inapte. Et surtout, ce sont ses mots. Il m'a dit que s'il y avait eu une loi, il l'aurait respectée. Il avait essayé d'arrêter de conduire maintes et maintes fois. Mais vous savez, c'est difficile de s'auto-évaluer, de se dire j'arrête.
Il y en a qui ont la force, mais ça ne peut pas uniquement reposer sur la responsabilité individuelle. Comme c'est difficile aussi pour les familles d'avoir parfois le mauvais rôle, d'utiliser des subterfuges pour faire arrêter quelqu'un de conduire. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, l'État, au niveau de l'Europe, doit légiférer pour mettre en place ses visites.
Lui, en l'occurrence, qu'est-ce qui s'est passé ? Il avait confondu les deux pédales, c'est ça, accélération et frein ?
Oui, effectivement, le conducteur qui m'a fauché, il a appuyé sur l'accélérateur au lieu du frein. C'est souvent le cas. Il y a effectivement aussi des contresens. En fait, il y a beaucoup d'accidents comme celui-ci qui pourraient être évités. On est face à des gens qui ne sont pas des d'alincants de la route, qui ne consomment pas d'alcool ni de stupéfiants, mais qui simplement, leur réflexe, leur vue, leur sens qui leur permet de conduire, diminuent.
Et à quoi pourrait ressembler l'examen, la visite médicale ? Elle se ferait dans quel cadre ?
Je ne vais pas répondre à la place des médecins, mais ce qui est très important, c'est que cette visite, il y a un diagnostic clair. Et c'est ce qu'on dit, c'est que les États membres statueront. Mais en tout cas, c'est une visite qui devra servir, justement, comme je le redis, à tester les sens qui nous permettent de conduire. Donc la vue, l'ouïe, les réflexes aussi ? Effectivement, tout ce qu'on appelle les capacités cognitives, physiques, sensorielles qui nous permettent de conduire. Il faut bien comprendre que cette visite, si on la passe, le but, ce ne sera pas d'arrêter de conduire. Cette visite, elle pourra servir, par exemple, à faire un rappel au conducteur, de porter des lunettes.
Vous savez, la plupart des gens qui ont un problème de vue ne portent pas leurs lunettes quand ils conduisent. Donc ça sera un rappel, ça sera de la prévention. Et surtout, ça évitera des drames qui, encore une fois, je le dis, pourraient être évités. Mon accident est un exemple, mais pas seulement.
Mais aujourd'hui, quels sont les facteurs principaux d'accident ? Est-ce que ce sont justement des problèmes de détérioration physique ? Parce qu'on sait qu'il y a aussi la vitesse, l'alcool. Là, cette visite médicale, elle ne peut rien faire pour ça.
Alors, c'est là où j'insiste sur la nuance. Il y aura toujours des gens irresponsables sur la route. Et il faut continuer de les punir sévèrement. Mon conducteur, il était responsable, mais il était inapte. Donc c'est bien ça la différence. Évidemment, conduire en état d'ivresse ou sous stupéfiants, c'est déjà une infraction. L'inaptitude à la conduite, ce n'est pas encore une infraction. Donc on parle bien de détérioration, effectivement, physique, sensorielle, liée à l'âge, mais encore une fois, pas seulement. Il y a des maladies dégénératives qui peuvent altérer l'aptitude d'une personne.
Les associations de conducteurs, comme 40 millions d'automobilistes, évidemment, sont opposées à cette mesure. Ils disent notamment que ça risque de stigmatiser une population. Alors là, ils parlent en l'occurrence des personnes âgées qui souffrent déjà de problèmes de mobilité, notamment en zone rurale. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je connais bien Pierre Chasserey, qui n'a encore pas si longtemps été favorable à au moins un contrôle de vue. Je pense que la mobilité, c'est une question très importante. Et moi, j'en suis consciente depuis le début du domaine de ce combat. J'ai toujours dit que cette instauration de visite médicale obligatoire, elle devait aller de pair absolument avec la mise en place de solutions alternatives de mobilité. Aujourd'hui, dans notre pays, en tout cas au niveau français, c'est encore vraiment très peu le cas. Il y a des solutions de navettes, de transport à la demande. Mais je pense qu'on peut mieux faire. Je pense qu'il y a un vrai chantier sur lequel il faut s'atteler.
Il y a une urgence parce qu'on va devoir réinventer notre mobilité. Notre population, elle est vieillissante. Donc, on a plein de solutions. On a par exemple de réinsérer aussi le commerce ambulant. Vous savez, il y a plein de campagnes où on a besoin de la voiture pour aller vers les premiers commerces. Donc, je pense qu'il faut se mettre à une table, penser à toutes ces solutions. Mais je laisse en tout cas au gouvernement cette tâche qui vraiment sera une mission importante.
Je le redis, c'est un projet de directive à l'échelle européenne. Mais il y a déjà plein de pays européens qui ont mis en place des mesures similaires. La France fait même figure d'exception avec l'Allemagne et la Pologne. Vous pensez que ce texte a de grandes chances de passer ?
Écoutez, ça fait deux jours que je suis ici au Parlement. Effectivement, c'est un sujet sensible. Il y a beaucoup de parties qui sont partagées. Mais je pense que tout le monde a compris ici que l'enjeu, c'est de sauver des vies. Et l'enjeu de sauver des vies, ça n'a pas de couleur politique. Les Français, au niveau français, il y a un sondage qui est sorti. Les Français sont prêts à accueillir une mesure comme celle-ci. Moi, j'ai une confiance inébranlable depuis le début que je mène ce combat. Je fais confiance à nos personnalités politiques de tous les partis. Je m'en remets à eux. Aujourd'hui, ce n'est plus entre mes mains. J'ai pu leur parler. Donc, c'était une occasion.
Et j'espère qu'ils voteront cette mesure de bon sens pour nous tous.
Et comment vous expliquez que la France fasse figure d'exception ? Pourquoi ça a bloqué et ça bloque depuis si longtemps chez nous ?
Ça bloque parce qu'on touche à la voiture. La voiture, c'est sacré. On aime la bagnole, comme le dit Emmanuel Macron, c'est ça ? Effectivement. Et c'est important, la voiture. Et parfois, encore une fois, on n'a pas d'autre solution que de la prendre. Je pense aussi, et j'ai le courage de le dire, qu'on touche à un électorat. Et voilà, pour s'atteler à un sujet aussi important, il faut du courage. Et c'est vraiment ça qui manque depuis cinq ans. Et c'est pour ça qu'au niveau européen, j'espère que tous les eurodéputés que j'ai pu rencontrer auront ce courage de voter en faveur de cette visite médicale qui, je le rappelle, sera tous les 15 ans.
Et gratuite. Merci Pauline Déroulette pour votre témoignage. On vous retrouve cet été à Paris pour les Jeux Paralympiques ?
Merci, oui. Rendez-vous à Roland-Garros.
Voilà, pour l'épreuve de tennis en fauteuil. Merci.