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interviewC à vous· 7 décembre 2023 10 min

Paris 2024 : alerte sur les prix des transports - Valérie Pécresse - C à vous - 07/12/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

La RATP qui pointe la forte hausse des bagages abandonnés, qui perturbe les transports, pour expliquer le retard des métros, c'est une excuse bidon ça ? C'est plutôt l'absentéisme ?

0:10
Valérie Pécresse

C'est simple, on a le tableau. On a le tableau des causes. Donc la première cause de retard, c'est le manque de conducteurs. Sur certaines lignes, ça peut atteindre jusqu'à 50% des causes de non-production de services. C'est les conducteurs, le manque de conducteurs.

0:25
Invité

Qui sont malades ou qui ?

0:26
Valérie Pécresse

Alors, les deux. C'est lié d'abord au fait que la RATP et la SNCF ont arrêté de recruter pendant le Covid. Et elles ont repris un peu tard. Et donc en fait, il y a eu un espèce d'effet stop and go sur les recrutements et un creux de recrutement. Il y a eu ce creux de recrutement auquel s'est ajouté un absentéisme qui aujourd'hui est à peu près le double d'avant le Covid. On a à peu près 200 conducteurs absents sur la RATP en ce moment, au moment où je vous parle, alors qu'il y en a d'habitude 100. Donc ça fait beaucoup.

0:57
Invité

Il y a un problème spécifique à la RATP ?

0:59
Valérie Pécresse

Non, je crois que l'absentéisme a grandi dans beaucoup de métiers. Et notamment aussi les métiers qui sont en horaire décalé, qui sont des métiers non télétravaillables. Donc les métiers de première ligne, comme on les appelle. Donc je crois que le vrai premier problème, c'est un problème de ressources humaines. Là, je vous parle des conducteurs, mais il y a aussi 10% des causes qui viennent du manque de mainteneur. Vous avez dit que le matériel roulant n'était pas toujours neuf. Alors je veux quand même dire que j'ai acheté plus de 1000 rames neufs depuis que je suis arrivée. Mais j'ai commencé, je l'assume, par équiper les trains de banlieue qui étaient des petits gris.

Vous savez, ces choses où on a froid l'hiver et aux crêpes de chaud l'été.

1:41
Présentateur

Qui étaient en plus fragiles. Il y a eu un accident terrible. Qui étaient très fragiles.

1:43
Valérie Pécresse

Donc j'ai commencé par les franciliens qui avaient le plus de kilomètres à faire. Donc les lignes de train. J'ai changé toutes les lignes de train. Ensuite, je me suis mise au RER. Avec des RER, le RERD, le RERE, le RERB. Qui avaient des lignes où il y a 800 000 personnes par jour. Donc oui, on a commencé par les RER. Et là, les métros arrivent. Donc là, cette année, il y a à peu près 100 métros neufs qui arrivent sur le réseau. L'année prochaine, il y aura 140 rames. 170 rames, pardon. C'est 15 rames par mois. Alors, vous allez me dire, vous pourriez aller plus vite. Et bien non, je ne peux pas aller plus vite. Ce n'est même pas une question d'argent. C'est que nous avons un fournisseur.

Tous les trains sont commandés aujourd'hui. Mais on a un fournisseur qui s'appelle Alstom. Qui est une très très grande et très belle entreprise des Hauts-de-France. Ils n'arrivent plus à fournir. Ils sont au taquet. Je leur ai dit, est-ce qu'on peut accélérer la livraison ? Ils me disent, on ne peut plus fournir. Ils ont même fait une deuxième ligne de production dans les Hauts-de-France. Ils passent quasiment jour et nuit, disait Clément Beaune. Absolument. Les métros qui vont arriver pour les Jeux olympiques. Pour desservir l'aéroport d'Orly.

2:47
Présentateur

Et si je ne me trompe pas, le calendrier de livraison de ces nouveaux métros va au-delà de 2030. Oui, mais progressivement. Pour les derniers livrets.

2:56
Valérie Pécresse

Oui, mais ça ne veut pas dire que rien ne se passera d'ici 2030. Non, non. Ça veut dire que progressivement... C'est échelonné jusqu'à 2030. Mais le vrai sujet, le premier et le vrai sujet, c'est cette question des gestions des ressources humaines. Mais qui est en train d'être redressée. Parce que Jean Castex et Jean-Pierre Farandou ont mis en place des plans de recrutement massifs. Et que c'est des métiers qui sont très attractifs. Le problème, c'est que c'est des métiers attractifs, mais il faut presque un an pour former un conducteur de train. Donc il faut qu'on les fasse. Il ne s'agit pas d'aller trop vite.

Non, mais là-dessus, vraiment, moi je le dis, c'est des métiers qui sont des bons métiers. C'est des métiers qui donnent des carrières. Et c'est des métiers qui sont encore très attractifs, contrairement à ce qu'on dit. Donc je n'ai pas de l'inquiétude sur le moyen terme. Le problème, c'est le court terme. Et vous parlez des colis abandonnés. J'y viens quand même, parce qu'il y a 10% aussi du retard des métros qui viennent de ces colis abandonnés. En Vigipirate Rouge, vous avez des gens qui oublient leurs colis. Tout le monde est extrêmement vigilant. Et là, on a des procédures qui sont très, très, très, très protégées.

3:49
Invité

Et qu'il ne s'agit pas d'alléger.

3:51
Valérie Pécresse

Voilà.

3:51
Invité

Mais la grande question, c'est est-ce qu'on sera prêts pour les JO ? Anne Hidalgo pense que non. Pour les transports, on ne sera pas prêts. Est-ce que semble penser aussi le préfet de la région Île-de-France, qui l'a écrit au ministre des Transports, en expliquant que ça ne marchera que si tous les autres usagers habituels des transports en commun, ils renoncent ? Autrement dit, on conclut le cadar enchaîné. Ça veut dire que l'Île-de-France va devoir se confiner pour permettre aux spectateurs d'arriver sur l'île.

4:15
Valérie Pécresse

Alors d'abord, je recuse complètement cette notion de confinement olympique. Les Jeux olympiques vont être une immense fête pour l'Île-de-France. On va accueillir le monde. On va être extrêmement fiers de l'accueillir. On va être tous mobilisés derrière notre drapeau, derrière notre maillot. Ça va être fantastique. La région finance des fanzones, 10 fanzones. On va avoir en plus des célébrations dans toutes les villes, dans tous les villages. Donc ce sera tout sauf un confinement. Ce sera au contraire une très grande ferveur olympique populaire en Île-de-France.

4:41
Invité

Et pour ceux qui doivent continuer à aller travailler ou se déplacer, ils pourront le faire ?

4:44
Valérie Pécresse

Alors, moi je ne suis pas du tout d'accord avec cette lettre du préfet de région. Je lui ai dit, c'est quoi cette lettre ? Il reprend, il envoie au ministre des Transports des tableaux d'Île-de-France Mobilité. Donc le ministre des Transports les avait déjà, je tiens à le dire. Et ces tableaux d'Île-de-France Mobilité, qu'est-ce qu'ils montrent ? Ils montrent qu'effectivement, quand il y a des grandes célébrations ou quand il y a des grands matchs, les transports sont remplis. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Eh bien c'est simple, faire de l'information des voyageurs.

Et c'est vrai, je le reconnais, mais on l'a toujours dit avec le ministre des Transports, Île-de-France Mobilité, on dit aux Franciliens, du 26 juillet au 12 août, il y a 15 jours, pendant lesquels on va vous demander de télétravailler un maximum, parce qu'il y aura beaucoup de monde dans les transports. Ça s'appelle de l'information voyageur. Mais ne vous inquiétez pas, on pourra circuler. Alors moi je voudrais quand même dire quelque chose, parce que c'est bien la France, mais on a une capacité d'auto-dénigrement qui est colossale. Et moi je ne l'accepte pas. Est-ce que Mme Hidalgo, quand elle dit ça, quand elle dit « on ne sera pas prêts » ?

Mais on sera prêts, Mme Lemoyne, on sera complètement prêts. Moi j'aurais aimé, vous emmenez tous, maintenant c'est un peu passé, à Rio de Janeiro, pour les derniers jeux recevants du public. Il y avait des embouteillages, mais c'était juste monstrueux. On a dû marcher une heure tous pour aller au stade pour la cérémonie d'ouverture, parce qu'ils n'avaient pas de transport. Nous, on propose des Jeux olympiques 100% accessibles en transport en commun. C'est du jamais vu dans l'histoire des Jeux, demandés à Thomas Barre, le président du CIO. Et en plus, on fait ça avec de l'accessibilité maximum, c'est-à-dire qu'on fera en plus des navettes pour les personnes à mobilité réduite.

Donc on va faire quelque chose qui n'a jamais été fait. Alors, bien sûr, il y aura des bugs, bien sûr, il y aura un jour une fuite d'eau, comme aujourd'hui dans le RER, ce qui me rend juste dingue, vous imaginez. On fait tout, on met tout bien, on se décarcasse.

6:35
Invité

Ce genre d'événement, ça vous rend dingue ?

6:37
Valérie Pécresse

Non, non, ce qui me rend dingue, c'est la fuite d'eau. Oui, c'est ça. Ah, la fuite d'eau, la fuite d'eau, bon, il y aura forcément des bugs. Parce qu'il y aura forcément des grains de sable, il y aura forcément des trains qui n'arriveront pas à l'heure. Mais on sera totalement prêts, on va réussir quelque chose d'incroyable. Et j'ajoute, parce que je veux quand même que M. Cohen parte avec la banane de cette émission, que nous allons ouvrir l'année prochaine. C'est le grand enjeu des Jeux. Et merci des Jeux, parce que je le dis aux Franciliens, moi, je m'occupe d'eux au quotidien. Je veux que dès janvier, les lignes de métro aillent mieux. C'est pour ça que M.

Castex viendra s'expliquer en janvier devant le Conseil d'administration du France Mobilité pour montrer qu'il n'y a pas de rechute. On est vraiment dans une dynamique de redressement des métros. Et il est à fond sur le problème. Mais l'année prochaine, on va avoir la ligne 14. Je dis merci les Jeux, parce que grâce aux Jeux... Ça a accéléré le processus. On est à l'heure. On n'est jamais à l'heure en transport, là on sera à l'heure. Donc la ligne 14, c'est arriver jusqu'à Orly Aéroport en métro automatique. Vous imaginez tous les embouteillages qu'on a dans le Val-de-Marne pour arriver jusqu'à Orly Aéroport et on ira jusqu'au Grand Stade.

Donc ça va faire une ligne de plus pour desservir le Grand Stade. Donc ça veut dire que toute une série des problèmes qu'on a quand il y a des grands événements Grand Stade, Mme Beyoncé peut en parler, eh bien on les aura plus parce qu'on aura la ligne 14 qui va arriver avec le MP14, le fameux, qui arrivera... Commandé en 2014, il y aura, pardon, la Porte Maillot, la Porte Maillot, l'Enfer sur Terre, eh bien ça va devenir un hub incroyable, un hub de transport. Vous allez avoir le tramway qui y aura de la Porte d'Anières jusqu'à la Porte Dauphine en passant par la Porte Maillot. Vous aurez le RERE qui fera Saint-Lazare, Porte Maillot, la Défense.

Donc les habitants de la Porte Maillot, ça va être un autre monde, un changement de vie. Le tramway Massy-Évry, non mais je vous le dis parce que vous me dites que je ne l'en fais pas assez. Non, on n'a pas que des téléspectateurs franciliens qui nous écoutent. Oui, mais Massy-Évry, vous savez, il y a 1,5 million de personnes qui habitent dans l'Essonne. Eh bien ils pourront traverser l'Essonne en tramway au lieu de prendre leur voiture. Vous voyez, Reny-Bois-Périer, la Seine-Saint-Denis. 6 stations nouvelles de métro. Pardon, mais dans quelle autre métropole il y a 6 stations de métro, une ligne de tram, 2 lignes de tram, 2 lignes de RER qui arrivent la même année.

8:51
Présentateur

Et les bandes de paiement, ça va venir ?

8:53
Valérie Pécresse

Alors la billétique, c'est très important. Pourquoi ? Parce que les franciliens ne payeront pas les surcoûts des JO. J'ai entendu dire un nombre de bêtises. 4 euros le billet. Mais non, parce qu'on va tout changer. Aujourd'hui, vous prenez des tickets. Ou un pass Navigo. 5 millions de personnes ont des abonnements. Y compris des tarifications sociales. Et puis vous avez quelque chose qui s'appelle Liberté Plus. Liberté Plus, c'est le nouveau mode de paiement du ticket. C'est du post-paiement. Et donc vous prenez votre carte Liberté Plus. Moi j'ai 3 millions de franciliens qu'il faut que je convainque. Vous devez prendre Liberté Plus. Vous donnez votre adresse, votre compte bancaire.

Et vous êtes tarifé après, comme le télépéage. Et là, le ticket, il vaut 1,73 euros. Donc rendez-vous pour tous ceux qui prennent le métro, le bus, sur Liberté Plus à partir d'aujourd'hui.