Qui imagine que la principale opposante ne puisse pas se présenter ? Sébastien Chenu (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:29FerméeÉludée
Ça vous rassure que Macron s'oppose officiellement au Mercosur ?
- 1:12FerméeRéponse partielle
Pour tuer notre agriculture ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Depuis 7 ans ou depuis il manque sur ce sujet, selon vous ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Et vous pensez que la Commission européenne va passer outre l'opposition de la France ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Que se passera-t-il si le mouvement des agriculteurs se durcit ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Quelle est votre position sur les blocages de villes par les agriculteurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron nous ment. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, en réalité, implicitement, n'a jamais été hostile au Mercosur. »
- 1:00Invité politiqueFait
« C'est sa logique ultra-libérale. »
- 1:21Invité politiqueFait
« À quel moment on l'a vu mobiliser au sein de l'Union européenne les pays qui pourraient être nos alliés ? »
- 1:44Invité politiqueFait
« M. Séjourné, qui est une nullité absolue et qui n'a pas le niveau d'être commissaire européen à l'industrie. »
- 2:38Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a fait une croix sur l'agriculture française. »
- 3:00Invité politiqueFait
« C'est le plan social d'Emmanuel Macron. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Les agriculteurs, ce ne sont pas des délinquants. »
- 6:09Invité politiqueFait
« on est en train de devenir un pays d'Amérique du Sud. »
- 6:12Invité politiqueFait
« On a entendu la mexicanisation, le terme de Bruno Retailleau. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Non mais il nous a bien entourloupé quand même Michel Barnier. »
- 7:51Invité politiqueChiffre
« Laurent Wauquiez est venu 6% des débats. »
- 8:20Invité politiqueFait
« sur le fond, ce budget est dramatique, le déficit explose, il n'a pas été tenu. »
Temps de parole
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- ?3 %
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Et bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, député du Nord. A la une, bien sûr, les agriculteurs qui relancent leur mouvement de revendication un an après la dernière crise. C'est aussi le cri d'un peuple qui ne veut pas mourir en cause, le fameux Mercosur qui entraînerait une concurrence déloyale pour nos paysans. Depuis l'Argentine, Sébastien Chenu, avant de se rendre au G20, à Rio, Emmanuel Macron a réaffirmé que la France s'oppose en l'État à cet accord. Ça vous rassure ?
Non, pas du tout, parce qu'Emmanuel Macron nous ment. Emmanuel Macron trahit la ruralité comme il trahit finalement la France en ayant laissé la France s'affaiblir, affaiblir sa voie au sein de l'Union Européenne. Emmanuel Macron, en réalité, implicitement, n'a jamais été hostile au Mercosur. D'abord, ça fait partie de sa logique, les logiques des grands échanges, des traités internationaux, de libre-échange. C'est sa logique ultra-libérale. Et Emmanuel Macron, en fait, va laisser déferler puisqu'il dit qu'il est hostile en l'État.
C'est-à-dire qu'il va essayer d'amodier peut-être le traité du Mercosur, mais il va laisser déferler des quantités astronomiques de production brésilienne, sud-américaine.
Pour tuer notre agriculture ?
Non, mais parce que lui, il est dans les logiques des grands échanges, des traités de libre-échange.
Depuis 7 ans ou depuis il manque sur ce sujet, selon vous ? Ça fait des années qu'il dit qu'il est opposé à cet accord.
À quel moment on l'a vu mobiliser au sein de l'Union européenne les pays qui pourraient être nos alliés ? Il y a des pays qui peuvent être nos alliés, je pense, je crois, à la Pologne par exemple. Mais il fallait entreprendre, et il faut le faire aujourd'hui, la tournée des pays européens qui pourraient constituer une minorité de blocage. Je ne le vois pas faire ceci. Je le vois en fait déclamer. Je le vois nommer ses amis à la Commission européenne, comme M. Séjourné, qui est une nullité absolue et qui n'a pas le niveau d'être commissaire européen à l'industrie. Eh bien, en réalité, Emmanuel Macron laisse la France s'affaiblir.
Et vous pensez que la Commission européenne d'Ursula von der Leyen va passer outre l'opposition de la France et qui prévoit, je le précise, de découper l'accord Sébastien Chenu en deux parties, avec une partie commerciale et puis l'autre sur l'accord cadre qui serait soumis à la majorité qualifiée.
Oui, mais en réalité, c'est ça l'entourloupe. C'est que de toute façon, Mme von der Leyen a compris qu'il fallait faire avaler son chapeau à la France. Et pour cela, ils vont essayer de couper, de découper en tranches les traités. Mais à la fin, le résultat sera le même. C'est-à-dire que nos agriculteurs seront soumis à une concurrence déloyale, à des pays qui ne respectent pas les mêmes normes. Quelque part, je ne fais pas le procès à ces pays-là, ils ont fait des choix, mais c'est nous qui allons payer ces choix. C'est notre agriculture. Mais je veux dire, le fond de ma pensée, c'est qu'en fait, Emmanuel Macron a fait une croix sur l'agriculture française.
Comme il a fait une croix, comme lui et ses prédécesseurs.
Sur 300, 400 000 hommes et femmes en France.
Mais bien entendu, c'est la variable d'ajustement aujourd'hui. C'est le prix à payer pour faire plaisir à nos partenaires économiques. Je pense par exemple à l'Allemagne, qui, elle, va pouvoir écouler des voitures. Ce sera la grande gagnante de ce traité. Mais Emmanuel Macron a choisi de faire une croix. C'est le plan social d'Emmanuel Macron.
Les agriculteurs ne vont pas se laisser faire. Que se passera-t-il si le mouvement se durcit ? Sébastien Chenieux, est-ce que vous êtes favorable ? Est-ce que vous estimez qu'il est légitime qu'il y ait des blocages de villes, voire de la capitale ? Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, dit « tolérance zéro » en cas de blocage durable. Quelle est votre position ?
C'est facile d'avoir les mots de « tolérance zéro » vis-à-vis des agriculteurs. Les agriculteurs, ce ne sont pas des délinquants. Ce sont des gens qui travaillent beaucoup, qui payent leurs impôts, qui ne cassent pas, qui essayent de se faire entendre. Parfois, et c'est bien normal lorsqu'ils sont au bout du rouleau...
Donc toutes leurs actions sont légitimes, selon vous ?
Mais à partir du moment où il n'y a pas de violence, évidemment, sur les personnes et sur les biens.
Ce qui est souvent le cas, quand même, pour nos agriculteurs.
Non, ce n'est pas souvent le cas.
Non, non, qu'il n'y ait pas de violence de la part de nos agriculteurs, bien sûr.
Oui, il n'y a pas de violence en général. Les agriculteurs sont des gens responsables. Mais ils sont trahis. Donc ils cherchent à se faire entendre. Donc moi, je crois qu'effectivement, il faut que le gouvernement entende cela et fasse monter le ton, le son au niveau de l'Union européenne. Il y a encore temps ? Ou alors vous pensez que c'est sur la table que ça va être signé dans quelques jours ? Mais vous savez, l'idée de jouer la chaise vide, de dire à la Commission européenne « Eh bien, la France ne participera plus, n'acceptera plus », c'est aussi une façon de défendre nos intérêts. Là, finalement, on va amodier les choses. Emmanuel Macron va amodier les choses.
Et encore une fois, va trahir la France.
Sébastien Genieu, vous dites que c'est la logique d'Emmanuel Macron, ces accords de libre-échange. Est-ce qu'ORN, vous êtes opposé à tous les accords de libre-échange par principe ?
Non, pas du tout. En fait, en réalité, nous avons demandé qu'on puisse sortir l'agriculture d'une majorité de ces accords de libre-échange. Parce que c'est un bien particulier. Parce qu'en France, on produit, on a une agriculture qui est saine et qu'on n'a pas besoin de se mettre en concurrence déloyale vis-à-vis d'autres pays. Il y a des accords de libre-échange dans lesquels on peut trouver effectivement…
L'accord de Nouvelle-Zélande, vous aviez une position plus modérée.
Il y a des accords qui ont vocation à perdurer sans conteste. Mais l'agriculture, qui est un domaine excessivement concurrentiel, dans lequel on ne joue pas avec les mêmes armes, dans lequel on demande des clauses miroirs souvent, et puis dans lequel il y a aussi une sur-administration, une sur-transposition de normes européennes, est un domaine dans lequel il faut qu'on se protège. Sinon, nous n'aurons plus d'agriculture. Mais plus d'agriculture, ça veut dire évidemment laisser notre pays se livrer à une concurrence, à une alimentation qui soit moins bonne.
Mais Emmanuel Macron encore dit hier qu'il défendait la souveraineté alimentaire.
Non mais il défend la souveraineté européenne, Emmanuel Macron. Nous, on voudrait un président qui défend la souveraineté française. Les conséquences derrière, ce n'est pas uniquement économique, c'est aussi sur nos paysages. Si demain, on arrase des vignes, nos paysages du sud-ouest, du sud-est, etc. C'est aussi exactement ça. En fait, c'est un plan social de la ruralité qui est en cours.
Dans l'actualité également, Sébastien Chenu, dans un autre domaine, en Haute-Savoie, à Rue Millie, un mineur de 17 ans a été tué par balle lors d'une rixe. L'ultra-violence et l'ultra-rageunissement des auteurs, comme des victimes d'ailleurs, est édifiante. À chaque fois, à quoi est-on en train d'assister ? À chaque fois, il y a une surenchère des morts. Quand on arrive à ce niveau-là de faits de société, de quoi peut-on parler ?
Moi, je pense que qualifier les choses, on pourrait dire qu'effectivement, on est en train de devenir un pays d'Amérique du Sud. On a entendu la mexicanisation, le terme de Bruno Retailleau. Tout ça, c'est d'accord, on peut s'entendre sur les termes. Mais moi, ce qui meurt le plus, c'est la banalisation. C'est-à-dire que régulièrement, et c'est encore le cas ces dernières heures, des jeunes de notre pays se font assassiner sur fond de narcotrafic et que ça devient presque banal que chaque semaine, on s'habitue à ce qu'un jeune de notre pays tombe sous les coups de couteau.
Globalement, la société, tout en ne l'acceptant pas, parce que personne ne l'accepte, mais il y a une espèce de banalisation de la violence en disant « c'est comme ça, c'est en train de dégénérer ». Je pense que non seulement la prise de conscience, elle est nécessaire, mais les paroles doivent précéder les actes. Or, je l'avais dit moi-même d'ailleurs au président de la République en le rencontrant après l'assassinat d'un professeur à Arras, je lui avais dit « les paroles, monsieur le président, c'est une chose, mais les Français veulent des actes en réalité ».
Parce que vous dites au ministre de l'Intérieur, si je vous entends bien ?
Bien sûr, au ministre de l'Intérieur et au garde des Sceaux, il faut des actes forts, il faut aussi aller sur le champ des familles, la responsabilisation des familles, les allocs, les logements sociaux occupés par des familles de délinquants, il faut aller vers ces politiques de durcissement.
– Dans ce climat social tendu et sécuritaire toujours inflammable, il y a le budget, Sébastien Chenu, le Premier ministre Michel Barnier a fait savoir sans surprise qu'il a envisagé par la suite l'utilisation du 49-3 permettant une adoption du texte sans vote, il a dénoncé ce qui s'est passé à l'Assemblée. Bon, ce n'est pas une surprise le 49-3 jusque-là, vous vous y attendez.
– Non mais il nous a bien entourloupé quand même Michel Barnier. Il a commencé par dire, je vais prendre, je vais faire attention aux propositions, retenir les propositions des groupes politiques, je vais laisser le débat vivre. Que s'est-il passé ? D'abord, les troupes de Michel Barnier, Laurent Wauquiez en tête, ne sont pas venues siéger. Laurent Wauquiez est venu 6% des débats, il a été présent 6% des temps de débat. Je veux dire, ces gens-là ont fait preuve d'une grande désinvolture, ils ont laissé le Rassemblement national seul s'opposer à l'extrême-gauche,
parce qu'ils savaient à la fin qu'ils déclencheraient,
comme Elisabeth Borne finalement, le 49-3, c'est-à-dire pas de vote sur ce budget. Eh bien Michel Barnier crée les conditions au-delà même du fond, parce que sur le fond, ce budget est dramatique, le déficit explose, il n'a pas été tenu. Là aussi, c'était un des engagements de Michel Barnier.
– Il crée les conditions de ?
– Il crée les conditions de la censure, Michel Barnier. Il crée toutes les conditions, il additionne jour après jour
– C'est la première fois que vous le dites aussi clairement, me semble-t-il.
– Oui, parce que nous considérons qu'au-delà des débats qui ont été évidemment pantalonnades, puisque le bloc central n'était même pas là, ne venait même pas, l'addition est très lourde. Alors aujourd'hui, le budget, il est au Sénat. Quid de la taxe, de la hausse de taxe sur l'électricité ? Quid du malus automobile ? Quid finalement de toutes ces demandes qu'on va faire peser sur les classes populaires, sur les classes moyennes, qui se lèvent, qui travaillent, qui payent et qui elles ne manifesteront pas.
– On entend votre colère, votre exaspération, très clairement Sébastien Chenu, parce qu'il est quand même question de la suite pour le gouvernement. Le 49-3 devrait être suivi par le dépôt d'une motion de censure par la gauche. Depuis tout ça, qu'est-ce qui s'est passé ? Des réquisitions à l'encontre de Marine Le Pen extrêmement dures, la donne politique a changé. Est-ce que votre stratégie du maintien de gouvernement a encore une utilité aujourd'hui ?
– Mais moi je ne lis pas le procès scandaleux qui est fait à Marine Le Pen, des réquisitions antidémocratiques dont l'objet est de la tuer politiquement. Je ne lis pas ça à l'étude, à l'examen du budget. Nous avons évidemment travaillé le budget à l'Assemblée nationale, le groupe des députés Rassemblement National, au bénéfice des Français. Nous nous sommes dit à chaque fois, quel est l'intérêt des Français ? Qu'est-ce qu'on peut en tirer ? On ne s'est pas posé la question de savoir s'il fallait maintenir ou pas ce gouvernement. On se disait, ce budget peut-il avoir des conséquences bénéfiques pour les Français ? Aujourd'hui, force est le conseil de dire que non.
Ce budget va impacter les Français, il ne va rien résoudre. Et donc c'est un très mauvais budget. Nous avons voté contre la première partie. Ce sera la question de la censure, du dépôt d'une motion de censure par le RN, mais aussi du vote peut-être par le RN d'une autre motion de censure.
– Jean-Luc Mélenchon croit savoir que le gouverneur Barnier va tomber entre le 15 et le 21 décembre, il a raison ?
– Je ne suis pas extra-lucide. – Avant l'hiver, il a raison. – En tous les cas, je le redis, si Michel Barnier voulait créer les conditions de la censure, il ne s'y prendrait pas autrement. Ils ont fait n'importe quoi avec l'argent des Français, n'importe quoi sur le budget de la France, et aujourd'hui, Michel Barnier vient utiliser les mêmes techniques.
– Sébastien Chenu, je vous pose la question différemment. Est-ce qu'il y a, en vous écoutant ce matin pour nos téléspectateurs et nos auditeurs, une inflexion dans votre décision, dans votre discours, par rapport au vote d'une motion de censure par rapport à il y a quelques semaines ?
– Il n'y a pas eu une inflexion, on est raccord avec ce que nous disons, c'est-à-dire que nous avons dit qu'il faut faire des économies, non pas sur le dos des Français, mais sur des politiques publiques qui sont menées, l'immigration, etc. Il n'y a rien qui a bougé, rien n'a été retenu, donc nous, on est cohérents avec ce qu'on a dit. Vous savez, moi, j'étais dans ma circonscription hier…
– Vous vous dites vos électeurs du RN d'ailleurs.
– J'étais à Arthre et je salue les habitants, ils nous disent « ça suffit, ça suffit de nous faire les poches, ça suffit, faites passer le message, le message c'est quoi ? C'est la censure. Moi, je plaide pour qu'on puisse censurer. Marine Le Pen prendra évidemment à tâche de notre groupe, fera son miel, des propositions… – Donc vous, vous êtes pour la censure. – Mais moi, je pense que…
– Jordan Bardella semble y être favorable.
– Jordan Bardella s'exprimera lui-même et puis nous nous mettrons tous unis, parce que chez nous, on est un bloc derrière la décision…
– Y compris s'il y a une crise politique, voire pour certains, une crise de régime, vous l'assumerez, mais est-ce que vous en serez, je puis dire, comptable et responsable ?
– Cette crise de régime, elle existe déjà, cette crise politique, nous y sommes. Quand vous voyez les réquisitions, les demandes d'un parquet sur Marine Le Pen qui veut envoyer Marine Le Pen en prison, c'est-à-dire la ruiner financièrement, l'empêcher politiquement de continuer son parcours et l'envoyer en prison, c'est-à-dire davantage que ce qu'on fait pour n'importe quel racaille, n'importe quel voleur et violeur, vous dites que oui, nous sommes déjà dans une crise politique et une crise de régime. Ce n'est pas le Rassemblement National qui l'a construite. Quand vous voyez les agriculteurs ce matin, vous croyez qu'ils ne traversent pas une crise aussi ? Notre pays est en crise.
Les gouvernants n'ont pas compris la rupture attendue avec le macronisme. C'est celle que nous, nous portons.
– Alors Sébastien Chenier, dans un tel contexte, tout peut arriver sur la scène politique. Est-ce que vous excluez une présidentielle anticipée à laquelle d'ailleurs pourrait même participer Marine Le Pen ?
– Je n'exclus rien par principe, parce que nous n'avons pas les clés en main. Pour une présidentielle anticipée, évidemment, c'est le président de la République qui déciderait…
– Vous l'avez un peu avec la motion de censure.
– Oui, mais il y a plusieurs scénarii possibles. La censure, la démission d'un Premier ministre, la nomination d'un autre, la dissolution à partir du mois de juillet. Il y a plusieurs cartes qui sont possibles. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il faut une rupture avec le macronisme. Michel Barnier n'est que la continuité du macronisme. Et en cela, il se met en porte-à-faux de la volonté des Français.
– Barnier, Michel Barnier, dites-vous la continuité du macronisme ? Jardin de Bardella, la continuité du lepénisme ? Jardin de Bardella, candidat 2027, c'est plausible ? Probable, déjà en route ?
– Mais nous, on ne prépare pas l'après Marine Le Pen. On prépare l'après Michel Barnier. C'est un peu différent, parce que nous, nous croyons qu'à un moment, la justice va être rétablie concernant l'innocence de Marine Le Pen, concernant sa possibilité à se présenter dans les Français.
– Vous croyez avec de tels réquisitoires que le juge ne va pas les suivre ? – Vous croyez encore que c'est possible qu'il n'y ait pas une peine d'inéligibilité, l'exécution provisoire et de la prison ?
– Nous pensons, il y a les plaidoiries de nos avocats, et nous pensons qu'elles feront au moins autant d'effets que les réquisitions du juge. Donc nous croyons, parce que nous sommes innocents dans ce procès, ou quand même sincèrement, à la fin, qu'est-ce qu'on nous reproche ? C'est le mode de fonctionnement d'avoir utilisé, que les députés aient utilisé comme bon leur semblait, leurs collaborateurs parlementaires.
– Mais vous ne diriez pas quand même que c'est une affaire de corps de cul pour autant ?
– Non mais ça ne vaut pas, c'est totalement disproportionné, les réquisitions sont totalement disproportionnées avec le fond du dossier, et nous l'avons démontré, comme nous avons démontré la partialité de la procureure qui a dit, qui a avoué, qui a reconnu que ça lui ferait trop mal de demander la relaxe dans le cadre de ce dossier.
– Marine Le Pen est combative, on l'a lu hier dans le journal du dimanche, elle affirme qu'elle ne laissera, Sébastien Chenu, « Personne n'est face à 14 millions d'électeurs et estime en filigrane que cela pourrait délégitimer la prochaine présidentielle ».
– Mais qui pourrait imaginer dans une démocratie comme la France que celle qui est la femme politique la plus populaire, qui porte les voix de millions de Français à chaque élection, qui aujourd'hui est probablement peut-être la plus proche du pouvoir et qui porte en elle une rupture avec les politiques qui ont été menées, qu'on puisse l'empêcher de se présenter devant les Français. C'est quand même une question démocratique essentielle qu'une juge puisse décider que Marine Le Pen ne puisse pas porter les espoirs de millions de Français.
Il y a d'un côté la justice qui va suivre son cours, mais il y a de l'autre côté la vie démocratique de notre pays et ce n'est pas une juge de décider qui a le droit ou pas d'être candidat.
– Pour conclure, il y a un peu deux salles, deux ambiances au RN en ce moment. Marine Le Pen qui est quand même fait face à cela et Jordan Bardella qui poursuit tout sourire sa campagne de promotion pour son livre. Il se tient délibérément loin du cyclone judiciaire. Je suppose que depuis sa sortie, vous avez lu le livre « Ce que je cherche ». S'il y a une phrase à retenir de ce livre, quelle serait-elle ?
– Ce n'est pas une phrase, c'est plutôt une vision de la société, de l'engagement. En fait, je pense que Jordan Bardella, à travers son témoignage, il appelle les gens à s'engager. Il explique qu'il est un enfant…
– C'est ça, vous le saviez, oui, dans le livre, qu'est-ce que vous avez appris ?
– Je pense que cette démarche nous montre que tout le monde peut se saisir de la politique. Tout le monde peut faire de la politique à partir du moment où on souhaite apporter quelque chose à son pays et je pense que ça résonne beaucoup dans le cœur de nombreux Français. – Donc un livre de campagne ? – C'est un message d'espoir, de campagne, oui, aux côtés de Marine Le Pen, évidemment.
– Merci Sébastien Cholini, c'était votre grande interview, à bientôt et bonne journée à vous.
– Sous-titrage ST' 501
Sébastien Chenu