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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 26 octobre 2023 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTransportsInstitutions & élections

Instant Porcher | Suppression de l'ISF, autoroute A69 : sans surprise, Macron fait n'importe quoi

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:25OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'était juste un cadeau aux riches finalement ?

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Est-ce la solution pour améliorer la mobilité des ruraux de créer une telle autoroute ?

  • 6:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est la solution aussi de privatiser ?

  • 10:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'était surprenant cette inefficacité des réformes de 2018 et ses allègements fiscaux ?

  • 16:37OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour toi, ça, la création d'entreprises ?

  • 17:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'elle est aussi simple que ces réformes sont un énième cadeau aux entreprises et aux ultra-riches ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00InvitéChiffre
    « Ça fait quand même 230 euros par mois, donc il y a des intérêts financiers, les autoroutes gagnent énormément. »
  • 2:20AuditeurFait
    « On a découvert que certains des actionnaires ont contribué à financer la carrière politique d'Emmanuel Macron. »
  • 2:31PrésentateurChiffre
    « 53 kilomètres pour gagner entre 15 et 25 minutes et touche 300 hectares de terre. »
  • 11:38PrésentateurFait
    « le rapport dit ceci « Les études académiques disponibles au niveau international échouent à mettre en évidence qu'une modification de la fiscalité du capital pesant sur les ménages puisse avoir un effet notable sur le comportement réel des entreprises, tant en termes d'investissement que de demandes de travail. » »
  • 14:40InvitéFait
    « La réforme a loupé sa cible. »
  • 15:00InvitéChiffre
    « il n'y avait pas une fuite majeure. La fuite majeure d'avant réforme de l'ISF, c'était, allez, on va dire 300 millions de pertes par an et qu'aujourd'hui, on a accepté avec la réforme de perdre 4 milliards de rentrées fiscales pour ces 300 millions-là. »
  • 18:53InvitéFait
    « Ça devait relancer l'activité pleinement. Ça n'a pas relancé l'activité pleinement. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur34 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ça fait quand même 230 euros par mois, donc il y a des intérêts financiers, les autoroutes gagnent énormément. C'est ça qu'il faut dire à un mois, c'est que ça devait relancer l'activité pleinement. Ça n'a pas relancé l'activité pleinement, voilà c'est tout. Ça devait créer de l'investissement, ça n'a pas créé de l'investissement. Ils ne pourront pas mettre la question sur le tapis éternellement.

0:15
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. L'instant Porcher c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Ça y est, on est à la télévision. Alors pour vous qui nous regardez sur Internet, ça ne change rien, quoique c'est une révolution médiatique. Ça y est, grâce à vous, nous avons enfin un média libre et indépendant, un média des luttes sur les bouquets télé des box Internet. Oui, nous nous frottons aux grandes chaînes.

Pour l'instant, nous sommes sur le canal 350 de Free, car malgré le conventionnement de l'Arcom, des opérateurs privés nous barrent encore la route. Nous avons d'ailleurs lancé une pétition contre cet accaparement des canaux malgré un oui de l'État. Et pour l'occasion de ce lancement sur la télé, et après avoir vu tout votre enthousiasme et la force que vous nous avez donnée, nous avons décidé de poursuivre quelques jours notre grande levée de fonds Kiss Kiss Bank Bank. Aidez-nous à bâtir et faire vivre une grille des programmes ambitieuses. Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.

1:15
Invité

Bonjour Lisa.

1:15
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, les projets d'autoroutes en France, véritables avancées pour la mobilité ou nouvelles privatisations financières, on verra ça, et réforme d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'était juste un cadeau aux riches finalement ? On va voir tout ça, c'est l'instant pour chier. Ce week-end a été marqué par une mobilisation réprimée, celle contre l'A69, ce projet de construction déjà commencé, d'autoroutes entre Castres et Toulouse. Ce n'est pas la première manifestation contre ce projet et contre une construction d'autoroutes en général. En France, avec la déroute des routes, le projet de l'A133-134 est également contesté autour de Rouen.

Défense de l'environnement et des arbres d'une part, discours sur le désenclavement et la mobilité des ruraux d'autre part, ces projets sont très politiques. Off Investigation révèle dans son enquête documentaire déjà sortie sur le projet que des actionnaires de ce projet sont très liés à la carrière politique d'Emmanuel Macron.

2:09
Auditeur

Présidence de la République, bonjour. On a découvert que certains des actionnaires ont contribué à financer la carrière politique d'Emmanuel Macron. Je voulais savoir si ce serait possible de parler à un porte-parole de l'Elysée, s'il vous plaît.

2:20
Présentateur

Ce projet propose finalement de relier et privatiser l'axe de Toulouse à Castres, 53 kilomètres pour gagner entre 15 et 25 minutes et touche 300 hectares de terre. Portée par Carole Delga et soutenue par l'État, cette autoroute est fortement contestée chez les climatologues, les écologistes et les locaux. Le tracé coupe des villages, ne donne pas d'accès direct aux locaux à contrario d'une rocade et exclue celles et ceux qui ne veulent, peuvent pas payer et donc perdront du temps à prendre une rocade déclassée par rapport à actuellement. Thomas, nous, on parle très souvent de mobilité dans l'instant pour chez, surtout celle des ruraux pour toi et également d'un point de vue économique.

Est-ce la solution pour améliorer la mobilité des ruraux de créer une telle autoroute ?

3:01
Invité

Ce qui est important déjà, quand on refait le débat, et c'est toujours la question qui est mise en avant, on met toujours dans une balance d'un côté les gains économiques, donc les gains en termes de mobilité et d'activité économique et de désenclavement des territoires, et de l'autre côté l'impact écologique. Or, quand on regarde un certain nombre de travaux, même en dehors de ce cas spécifique d'autoroutes qui se superposent à une nationale, ça il faut le dire, à une nationale qui n'est pas complètement congestionnée, la vraie question c'est quoi ? Est-ce que l'autoroute crée de l'activité économique ?

En fait, il y a une dichotomie très forte entre le discours politique et les travaux scientifiques qui ont été faits là-dessus. Le discours politique, depuis Pompidou, quand il avait inauguré le dernier tronçon de l'A6, il avait dit, voilà, il avait dit, grosso modo, j'ai exactement la phrase, il avait dit, l'autoroute, elle est chargée de faciliter la circulation, mais aussi de créer de l'activité économique. Et très rapidement, vous avez eu des études qui sont tombées pour mesurer cette activité économique. En 1976, il y a une première étude qui est tombée sur l'A6, et l'impact n'était pas significatif. Il y a eu une autre étude qui est tombée un peu plus tard sur l'A7.

Pareil, très peu d'impact significatif. Et en 1990, tu as un économiste qui s'appelait François Plassard, qui a dit, je vais le citer, de nombreuses recherches menées dans divers pays n'ont jamais mis en évidence une relation forte entre présence d'une autoroute et croissance économique. Et vous regardez les dernières recherches qui ont été faites, que ce soit en France ou que ce soit dans d'autres pays, j'en ai lu une, moi, quand j'ai préparé l'émission, en Écosse, une autre en Pologne, il n'y a pas d'impact significatif où l'impact est très faible. Donc l'impact sur l'activité économique ne sera pas aussi fort que ce que disent les politiques.

Mais de l'autre côté, l'impact écologique, lui, on le connaît. On le connaît, mais déjà depuis les années 70, où il n'y avait pas, on va dire, de grands intérêts pour toutes les questions de dérèglement climatique à cette époque. Et même, on va dire, une moins bonne sensibilité à toute la question de pollution. Mais même à l'époque, les populations locales, les acteurs des collectivités locales ont demandé rapidement des études d'impact avant des constructions parce qu'on sait qu'une autoroute, ça crée de la nuisance sonore, ça crée de la pollution, ça déséquilibre un certain nombre de paysages. Et donc, les gens demandent des études d'impact.

Alors, si aujourd'hui, on y met en plus nos objectifs pour sortir du réchauffement climatique, de baisse d'émission de CO2, etc., il n'y a vraiment plus d'intérêt à continuer à soutenir ces projets. En fait, ces projets ont été pensés à une époque où la question du dérèglement climatique était beaucoup moins importante dans nos politiques publiques qu'aujourd'hui. Et aujourd'hui, on ne comprend pas pourquoi les gens s'accrochent à ça. Et une dernière chose que je dirais, c'est qu'on remarque que chaque fois qu'on rajoute une voie, chaque fois qu'on rajoute un autre axe qui, là, vont se superposer, vous augmentez mécaniquement le trafic automobile.

Donc, ça ne va pas dans le bon sens, en réalité. Ça ne va pas dans le bon sens. Après, sur la question de la mobilité, comme tu le dis, la question de la mobilité, elle est importante. Elle est importante partout, etc. Après, il ne faut pas penser que parce que vous mettez une autoroute, vous allez créer comme par magie des emplois que vous allez permettre un désenclavement obligatoire. Déjà, quelle est la définition de l'enclavement ? Personne ne peut le dire. On ne peut pas penser qu'une ville est enclavée s'il y a, je ne sais pas moi, 500 emplois. Mais là, sur le bassin de Castres-Mazamé, on est pratiquement à 50 000 emplois. Donc, est-ce que c'est vraiment un territoire enclavé ?

Je ne suis pas sûr. Donc, c'est important à un moment de ne pas avoir des formules magiques comme ça qu'on applique, qu'on répète, qui deviennent des urbaines légendes et qui contredisent la plupart des études et le travail sur le terrain.

6:18
Présentateur

Comme je disais, ce n'est pas du tout le seul projet de ce type en France. Comme tu le disais, il y a une nationale, une rocade à côté et à la place de cette future autoroute. Est-ce que c'est la solution aussi de privatiser ?

6:31
Invité

En fait, là-dessus, sur ce point précis, on voit bien que vous avez en fait une convergence de politiques du gouvernement, mais aussi de l'opposition, puisqu'il y a beaucoup de gens de gauche qui défendent, enfin, du PS en tout cas, qui défendent cette autoroute. Et d'ailleurs, ce qui est marrant, c'est qu'au PS, il n'y a pas de ligne fixe, puisque Olivier Faure l'a condamné et que les élus locaux là-bas, en partie, la défendent. Donc, ce n'est pas qu'une question de privatisation, parce que même si c'était public, ces gens la défendraient toujours.

Bon, il y avait un proverbe chinois de Deng Xiaoping, je crois, qui disait « L'important, ce n'est pas que le chat soit blanc ou noir, l'important, c'est qu'il attrape la souris. » Et là, c'est la même question. C'est-à-dire que si vous avez une entreprise publique des autoroutes, alors qu'il pourrait bien sûr avoir un meilleur contrôle sur les prix, parce qu'il n'y a pas d'actionnaire à payer, mais si vous avez derrière des politiques et un État qui n'a pas intégré dans sa stratégie qu'il fallait réduire les émissions de CO2, on aurait quand même ce débat sur la construction de cette autoroute. Et là, on voit bien que le problème, c'est plutôt un problème de logiciel.

C'est-à-dire que les politiques de là-bas, tout comme les membres du gouvernement, ils sont dans un logiciel assez ancien. Donc plutôt que se dire « Bon, il y a peut-être des heures où cette nationale est un peu plus bouchée que d'autres heures, donc on va organiser le travail un peu différemment, un petit peu comme dans les transports en commun. On va faire en sorte aussi peut-être de changer un petit peu les modes de travail depuis le Covid pour qu'il y ait des jours où les gens puissent travailler. » Enfin, tout un tas de choses comme ça.

Et bien là, on part du principe que non, non, les gens doivent toujours gagner quelques minutes parce qu'on ne parle pas d'un gain très significatif, on parle d'une vingtaine de minutes. Donc gagner quelques minutes en plus, alors que peut-être qu'on pourrait décaler, le fait de décaler juste d'une heure décale l'heure de pointe et ça permet de gagner ces 20 minutes juste en décalant d'une heure la prise de fonction dans un poste. Juste ça, on est prêt à construire une autoroute et détruire entre 200 et 1 000 arbres selon les estimations, créer de la pollution sonore et de la pollution respiratoire aux abords de Toulouse.

D'ailleurs, les communes qui sont proches de Toulouse sont très opposées à ça. Donc on se retrouve vraiment dans les logiques anciennes, alors même que l'on connaît aujourd'hui en fait quel est l'impact. Vous allez ici, on est à Porte de Montreuil, vous allez juste à côté, il y a la Porte de Bagnolet. Vous avez une arrivée d'autoroutes avec un échangeur en bas des Mercuriales. Bon, ben, c'est un des endroits les plus pollués parce qu'il y a je ne sais pas combien de voitures qui arrivent et donc pour les populations avoisinantes c'est compliqué. Et vous regardez en fait, on leur a promis que l'échangeur allait leur ramener pareil.

On a eu le même discours, c'est que l'échangeur permet la mobilité, on a créé les tours, les Mercuriales au-dessus en disant que les Mercuriales ça allait être le futur économique de l'Est parisien. Finalement, les Mercuriales elles sont quasiment inoccupées aujourd'hui, on ne sait pas quoi en faire la pollution sans les emplois. Donc, on voit bien, on connaît aujourd'hui les effets de ça. Et ce qui est dingue, c'est que des politiques de gauche comme de droite qui représentent l'État ou pas soutiennent encore ce projet.

9:24
Présentateur

Mais du coup, on se demande c'est quoi les intérêts derrière le fait de soutenir, de mettre en place ce genre de projet ?

9:29
Invité

Bien sûr qu'il y a des intérêts privés puisque c'est une entreprise privée. Vous savez, l'aller-retour va être autour de 17 euros. L'aller-retour, ce n'est pas donné. Donc, il y a une possibilité de gagner beaucoup d'argent. Quand vous avez après un abonnement parce que vous la prenez tous les jours, ça revient un peu moins cher. Ça revient à 11 euros mais ça fait quand même 230 euros par mois. Donc, il y a des intérêts financiers. Les autoroutes gagnent énormément d'argent. Et il y a beaucoup de gens qui pour 20 minutes sont prêts à payer un peu plus. Donc, ça va faire gagner énormément d'argent à ceux qui exploitent l'autoroute.

Mais après, sur l'intérêt général, on le voit bien en termes d'effets climatiques, c'est négatif. Et même en termes d'équilibre des villes. Parce qu'en fait, à partir du moment où vous avez une facilité de mobilité comme une autoroute qui est mise, on se rend compte que ça va augmenter les déséquilibres déjà existants. C'est-à-dire que vous allez avoir des communes qui sont hyper attractives, qui vont devenir encore plus attractives. Et vous allez avoir un certain nombre de commerces qui vont être mis en concurrence, qui vont en pâtir. Par exemple, vous êtes dans une petite commune, vous avez un cinéma de quartier qui fonctionne très bien.

Peut-être qu'après, dans la ville d'à côté, avec cet excès de mobilité, le cinéma va fermer et va être concurrencé par un cinéma de grands centres commerciaux, un type multicomplexe comme on en connaît beaucoup. Il y a même des études qui ont montré que sur les communes les plus rurales, il y avait un impact négatif entre la création d'une autoroute et l'impact économique sur les communes les plus rurales. Donc, il faut faire extrêmement attention parce que ce n'est pas sûr que ce soit gagnant-gagnant pour tout le monde.

10:54
Présentateur

Baisse de l'impôt sur les sociétés, flat tax, suppression de l'ISF et si ces réformes de 2018 se révélaient inutiles à part enrichir les plus riches. Bon, vous vous doutez de la réponse, surtout si vous avez l'habitude de regarder l'instant porché. Malgré les promesses d'Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire sur l'efficacité de réduire la fiscalité sur le capital dans l'objectif de redynamiser l'économie, relancer l'investissement, créer des emplois, le rapport de France Stratégie, rattaché à Matignon, montre une nouvelle fois que cela ne fonctionne pas.

Tout d'abord, supprimer l'ISF, impôt sur la fortune, pour créer l'IFI, impôt sur la fortune immobilière, perte de 4 milliards pour les comptes publics, rien que pour l'année 2022. Pour la flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique, mise en place afin de simplifier la fiscalité des revenus du capital en impliquant un taux unique de 30%, le rapport dit ceci « Les études académiques disponibles au niveau international échouent à mettre en évidence qu'une modification de la fiscalité du capital pesant sur les ménages puisse avoir un effet notable sur le comportement réel des entreprises, tant en termes d'investissement que de demandes de travail.

» Pour l'impôt sur les sociétés, le rapport dit que la littérature identifie un effet de la modification de l'impôt sur les sociétés sur l'investissement des entreprises et la demande de travail. Ces réformes ont un constat flagrant en France, l'enrichissement des plus riches. Elles ont favorisé la distribution des dividendes. Aucun investissement dans d'autres entreprises n'a été noté. Alors, pourquoi, dans tout ce rapport, les échos ont choisi de titrer « ISF, flat tax, les réformes d'Emmanuel Macron ont dynamisé les créations d'entreprises ? » Car, c'est vrai, le rapport note un taux de création d'entreprises qui a augmenté de 9 à 11%.

Bon, sur la création d'emplois difficile de le mesurer, France de Stratégie avertit sur un effet de substitution de salariés. Ces créations concernent surtout les secteurs liés à la baisse de la fiscalité, activités financières et d'assurance, immobilier, informations, communications. Et, pourquoi, dans tout ce rapport, le Figaro a choisi de titrer, lui, ce nouveau rapport qui prouve l'inefficacité de l'ISF pour taxer les grandes fortunes.

C'est également dit dans le rapport « La progressivité de l'ISF se révélait plutôt inefficace pour les ultra-riches, moins taxée proportionnellement car l'ISF était plafonnée à 75% que le patrimoine, les biens professionnels ou les revenus dans les sociétés holding n'étaient pas pris en compte. » Chaque fois qu'un texte est voté, il devrait être obligatoire d'évaluer son efficacité deux ans après son application. Chaque texte important devrait contenir une clause d'abrogation en l'absence d'une évaluation probante. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Emmanuel Macron dans son livre « Révolution » publié en novembre 2016.

Thomas, est-ce que c'est surprenant cette inefficacité des réformes de 2018 et ses allègements fiscaux ?

13:28
Invité

On le savait parce que ça a été fait ailleurs et ailleurs on a eu les mêmes conséquences. C'est-à-dire que cette solution qu'a mis en avant Emmanuel Macron, c'est une question que les économistes se posent depuis 30 ans avec cette idée que oui, si vous taxez moins les très riches, ils vont investir cet argent dans l'économie réelle, ce qui va profiter à tous. Quand Emmanuel Macron nous a ressorti cet enchaînement magique encore une fois, il y a beaucoup de gens qui ont dit « Oui, c'est vrai, c'est vrai ». Il y a même des journalistes économiques qui ont dit « C'est un cadeau pour la France ». Or, c'est beaucoup plus compliqué que ça et les économistes atterrés l'avaient dit.

Si vous êtes très très riche et que vous payez moins d'impôts, vous avez deux choix. Mettre l'argent dans l'économie réelle avec un taux de croissance à moins d'un pour cent et mettre l'économie sur les marchés financiers avec des taux de croissance bien plus élevés. Vous allez faire quoi ? Vous allez acheter des actions en bourse sur le marché secondaire et quand vous achetez des actions en bourse sur le marché secondaire, vous alimentez la spéculation, pas l'économie réelle. L'entreprise qui, même s'il y a le nom de l'entreprise sur les actions, elle n'envoie pas la couleur. Donc, vous alimentez la spéculation et c'est ce qui s'est passé.

Et en fait, la promesse de base, c'était « Je baisse l'ISF pour que les entrepreneurs, pour que les chefs d'entreprise ou les très riches investissent dans l'économie réelle. » Et là, le rapport est très clair là-dessus. Il n'y a pas d'effet sur l'investissement. Et donc, à partir de ce moment-là, la réforme a loupé sa cible. Alors, on peut toujours dire « Oui, mais regardez, et c'est ce que dit le rapport, regardez, il y a moins de très riches qui partent de France. » Et aujourd'hui, on a un solde même plutôt positif. S'il y a plus de gens qui reviennent, qui partent, c'est une réalité. Mais la réalité aussi, c'est que déjà, il n'y avait pas une fuite majeure.

La fuite majeure d'avant réforme de l'ISF, c'était, allez, on va dire 300 millions de pertes par an et qu'aujourd'hui, on a accepté avec la réforme de perdre 4 milliards de rentrées fiscales pour ces 300 millions-là. Donc, pour moi, le compte n'y est pas. Le compte n'y est clairement pas. Mais dans la tête des gens, quand vous avez les faits qui démentissent des réformes, c'est les faits qui ont tort et ce n'est pas ceux qui ont fait la réforme.

15:19
Présentateur

Le rapport note une inefficacité de l'ISF. Je l'ai dit, où le Figaro n'a pas pu s'empêcher de titrer dessus sur tout le rapport. Est-ce que c'était le supprimer la solution ?

15:29
Invité

La preuve que non, puisque les débats de taxation des super profits ou des très riches reviennent constamment sur le tapis. Ils reviennent constamment, y compris dans les réunions de grands patronats où vous avez un certain nombre de patrons américains qui demandent d'être plus taxés, y compris dans les débats politiques. On l'a bien vu avec la réforme des retraites. Donc, on voit bien que le gouvernement, contrairement à ce qu'il croit, et même les dirigeants européens, une partie d'entre eux, ils ne pourront pas mettre la question sous le tapis éternellement. Les inégalités augmentent fortement. Il y a une partie des très riches qui sont devenus encore plus riches pendant le Covid.

Nous avons tous les chiffres sur la table. Donc, à un moment, la question de la taxation des super profits ou des ultra riches, elle doit être remise sur le tapis. Et ce n'est pas parce que vous aviez les 0,001% qui arrivaient via des montages financiers qui sont de plus en plus clairs à échapper à l'ISF, qu'il fallait supprimer l'ensemble de l'ISF. Il fallait plutôt l'améliorer et faire en sorte que ces 0,001% puissent récupérer une autre part de leur super richesse. Or là, ce qui a été dit, c'est que comme ça ne marche pas les ultra riches, il faut le supprimer pour tout le monde, y compris pour les ultra riches, tout simplement.

16:27
Présentateur

Le seul petit effet de ces réformes, enfin de la baisse de l'impôt sur les sociétés, car les autres se révèlent vraiment inutiles selon le rapport, ce serait l'augmentation du taux de création d'entreprises. Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour toi, ça, Thomas ?

16:39
Invité

Il faut voir les entreprises qui ont été créées parce que ça aussi, le gouvernement se félicite souvent d'un certain nombre d'entreprises qui sont créées. Après, quand on regarde toujours en détail, c'est toujours des petites structures, des micro-entreprises, etc. Donc, quand vous mettez deux choses comme ça, quand vous précarisez une partie du salariat, quand vous incitez les gens à se mettre en auto-entrepreneur, ce qui est le cas d'un grand nombre d'entreprises aujourd'hui, pour avoir une main-d'œuvre beaucoup plus flexible, vous créez des entreprises, mais ce n'est pas des entreprises pérennes.

Et puis après, quand vous avez de la baisse de fiscalité sur un certain nombre de choses, vous avez des gens qui montent des structures financières et qui s'arrangent pour que le bénéfice soit là où il y a le moins de taxation. Donc, vous avez parfois d'un seul coup un montant. Ah bah tiens, là, c'est plus en bénéfices d'entreprise. Ah bah tiens, là, c'est plus en dividendes. Ah bah tiens, là, c'est moins en revenus. Parce que justement, les baisses de fiscalité sur la flat tax ou ailleurs font que les gens préfèrent se payer différemment et donc retouchent leur argent via un autre circuit, mais via un circuit qui a moins de fiscalité.

Donc, il faut faire très attention quand on prend des valeurs comme ça que l'on compare.

17:39
Présentateur

Donc, c'est quoi la conclusion pour toi ? Est-ce qu'elle est aussi simple que ces réformes sont un énième cadeau aux entreprises, aux grosses entreprises et aux ultra-riches ?

17:47
Invité

Non, parce que c'est ça, en fait. Là, c'est le cinquième rapport. On se rend compte, en fait, ce qu'on nous a dit. Mais ce qu'on nous a dit, c'était vraiment ça, c'est que l'argent, elle est ruissellé. On l'a dit, non, il y a les premiers de cordée, mais c'était ça, l'histoire. C'était en baissant la fiscalité sur les plus riches, les plus pauvres vont en profiter. Alors là, on se rend compte qu'en baissant la fiscalité sur les plus riches, les plus riches en profitent et c'est tout. C'est tout. Et le reste, c'est des impacts, c'est extrêmement minime.

Donc, on était dans un système où on recherche constamment des recettes publiques et on n'arrive pas à en retrouver parce qu'on baisse justement les impôts et qu'on se retrouve à couper la dépense publique de l'autre côté. C'était une grave erreur. En fait, qu'est-ce que l'on voit depuis la mise en place de toutes ces réformes ? Allons même jusqu'à François Hollande. Depuis le CICE, depuis toute la politique de l'offre, le CICE, la baisse de fiscalité, auquel on rajoute la baisse des impôts de production parce que ça continue constamment. Chaque fois, on nous a promis des effets énormes et chaque fois, les effets escomptés ne sont pas au niveau en termes de recettes publiques.

Et donc, chaque fois, on doit aller plus loin dans la coupe sur les dépenses publiques. C'est ça qu'il faut dire à un moment. C'est que ça devait relancer l'activité pleinement. Ça n'a pas relancé l'activité pleinement. Voilà, c'est tout. Ça devait créer de l'investissement. Ça n'a pas créé de l'investissement. Donc, il faut à un moment le dire. Les rapports officiels le disent, plus ou moins. Enfin, ils le disent quand même. L'impact montre... Quand on lit le rapport, c'est quand même... Ce qu'on met en avant, c'est que l'impact est plutôt nul. Donc, c'est ça qui est mis en avant, contrairement à ce qu'essayent de dire certains journaux.

Donc, à partir de ce moment-là, tu as cité Macron dans Révolution. Il faut en tirer les conclusions. Mais je pense que derrière, on se souvient l'accélération qu'avait eu Macron en 2017. C'est-à-dire qu'il fallait que la première réforme qui est passée, c'est la réforme de l'ISF. Ça veut quand même dire quelque chose. Ça voulait dire que c'était l'électorat. Si la première réforme que tu passes est d'augmenter le salaire minimum, si tu supprimes l'ISF, c'est que ton électorat, c'est un électorat plutôt riche et que Macron, quand on le nomme le président des riches, il ne l'a pas complètement volé en réalité.

19:50
Présentateur

Ça y est, on est à la télévision. Alors, pour vous qui nous regardez sur Internet, ça ne change rien. Quoique, c'est une révolution médiatique. Ça y est, grâce à vous, nous avons enfin un média libre et indépendant, un média des luttes sur les bouquets télé, des box, Internet. Oui, nous frottons aux grandes chaînes. Pour l'instant, nous sommes sur le canal 352 Free, car malgré le conventionnement de l'Arcom, des opérateurs privés nous barrent encore la route. Nous avons d'ailleurs lancé une pétition contre cet accaparement des canaux, malgré un oui de l'État.

Et pour l'occasion de ce lancement sur la télé, après avoir vu tout votre enthousiasme et la force que vous avez donné, nous avons décidé de poursuivre quelques jours notre grande l'envée de fonds qui esquisse Bank Bank. Aidez-nous à bâtir et faire vivre une grille des programmes ambitieuses. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires qu'on lit et pouces en l'air sous la vidéo. Rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.