Jours fériés travaillés : "On demande aux gens qui travaillent déjà de continuer d'alimenter cet État qui ne fonctionne pas", critique François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy, eurodéputé, vice-président du parti Les Républicains. Avant de parler du soutien des Républicains, ou pas d'ailleurs au projet de budget 2026 présenté cette semaine par François Bayrou, d'abord je voudrais vous entendre sur une des propositions choc dont on parle beaucoup, qui a été mise sur la table par Astrid Panossian Bouvet, la ministre du Travail, monétiser cette cinquième semaine de congés payés. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que ça ne revient pas à supprimer un acquis social, à revenir sur un acquis social ?
C'est laisser une liberté. Moi je crois qu'Astrid Panossian Bouvet a raison de rendre aux Français la possibilité de faire ce qu'ils veulent de leur congé payé. C'est ce qu'ils font déjà d'ailleurs à la fin d'un contrat. Vous le savez, si vous terminez un contrat et que vous allez quitter votre employeur, vous pouvez ou bien prendre les congés qui vous restent ou bien les monétiser.
C'est le cas aussi pour les RTT dans les grands groupes, ça s'appelle le compte épargne temps, il y a possibilité de le mettre de côté.
C'est une mesure de souplesse, de flexibilité. Je ne crois pas que ce soit là que se trouve le débat principal et je crois qu'on a le droit de rendre aux Français la liberté qu'ils méritent.
Donc à négocier avec les partenaires sociaux que vous encouragez plutôt dans cette voie. Est-ce que la suppression des deux jours fériés dont on a beaucoup parlé vous choque davantage ou pas ? François Bayrou a dit, par exemple, le lundi de Pâques et le 8 mai. Là encore, est-ce que ce n'est pas une fausse bonne nouvelle quand même ?
Pour moi, le grand problème, c'est qu'aujourd'hui, le Premier ministre a raison de toucher du doigt la crise que la France traverse. Et c'est l'endettement. Que nous dénonçons depuis très longtemps. Nous sommes la seule famille politique à n'avoir jamais cessé d'alerter sur le danger que représentait cette dette qui pèse sur nos têtes. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, pour réussir à affronter cette menace, il faut sortir de tous les travers d'un état dysfonctionnel.
Et un jour férié, c'est un travers d'un état dysfonctionnel ?
Le vrai grand problème, c'est qu'à travers la suppression de ces deux jours fériés, pour moi, on demande aux gens qui travaillent déjà de contribuer à continuer d'alimenter cet état qui ne fonctionne pas. En fait, quand le Premier ministre dit que les Français ne travaillent pas assez, c'est un constat qui est largement partagé. Et moi-même, je n'ai cessé de dire aujourd'hui, l'un des grands problèmes de la France, c'est que nous sommes le pays où, par habitant sur une vie, on travaille le moins dans tout l'OCDE. Mais c'est une moyenne. Et derrière cette moyenne, il y a une immense injustice.
Le problème, quand on dit que les Français ne travaillent pas assez, c'est qu'il n'y a pas assez de Français qui travaillent. C'est ça, le vrai problème. Mais comment on fait pour... Les gens qui travaillent, les gens qui travaillent, travaillent déjà beaucoup. Et beaucoup d'entre eux se donnent beaucoup de peine pour d'ailleurs toucher très peu. Parce que le poids des charges, le poids des impôts qui pèsent sur eux est absolument écrasant. Et donc, le vrai sujet n'est pas de faire en sorte que ceux qui travaillent, travaillent plus gratuitement, parce que c'est ce qu'on leur demande à travers ces deux jours fériés.
Le vrai sujet, c'est de faire en sorte que les Français qui pourraient travailler soient reconduits vers l'emploi. Et c'est là où la question fondamentale qui nous est posée, c'est comment est-ce qu'on sort de la folie d'une dépense sociale hors de contrôle qui aujourd'hui punit ceux qui bossent et qui incite à rester à l'écart du travail. C'est ça la question. Et on ne l'affrontera pas, encore une fois, en supprimant des jours fériés. Mais le vrai sujet, il n'est pas là.
Mais si je vous pose la question, c'est parce qu'on voit bien qu'en toile de fond, il y a aussi le débat qui pourrait être rouvert d'une sorte de remise en cause, par exemple, des 35 heures. Est-ce qu'il faut lever le tabou, faire sauter le verrou tout de suite et poser ce débat ? Peut-être même avant la présidentielle 2027.
Moi, je le redis, pour qu'on rende la liberté aux Français, pour qu'on leur rende la liberté de travailler plus s'ils le veulent. Mais attention, travailler plus pour gagner plus. Là, ce qu'on leur propose à travers ces deux jours fériés, ça vaut toujours aujourd'hui. À quoi ça sert de continuer de travailler encore plus si, à la fin, vous avez du mal à joindre les deux bouts ? Aujourd'hui, les Français qui nous écoutent le savent bien. Vous avez, dans ce pays, un coût du travail qui est devenu démesuré. La France, c'est le pays où ça coûte le plus cher de rémunérer quelqu'un. Et à la fin du mois, où on a le plus de mal, en moyenne, à s'en sortir. C'est totalement anormal.
Et je veux le redire parce que je crois que c'est fondamental. Aujourd'hui, Paul Barcelone, on est le 18 juillet. Le 18 juillet, c'est le jour officiel, en moyenne, de libération fiscale. C'est le jour où un salarié français commence enfin à travailler pour lui-même, pour sa famille, pour ses enfants. C'est le jour où on commence à gagner de l'argent.
Et comment vous voulez, François-Xavier Bellamy ? Quelle solution vous portez et quelle solution vous versez au débat public, puisque c'est le moment de les verser ?
Les solutions, on en a énormément et on est prêt à les mettre au débat. Les solutions, c'est de faire en sorte qu'effectivement, ceux qui aujourd'hui ne contribuent pas puissent rentrer sur le marché du travail. On nous parle de mécanisme de solidarité. Le vrai mécanisme de solidarité, il consiste à faire en sorte qu'on arrête de détourner la dépense sociale, encore une fois, totalement hors de contrôle, qui aujourd'hui incite tant de Français à rester à l'écart du marché du travail. Comment c'est possible que dans ce pays, on ait des millions de chômeurs au sens de Pôle emploi, et qu'on ait à minima des centaines de milliers d'emplois non pourvus ?
Je suis des entrepreneurs, des artisans qui doivent vous dire sur le terrain, je ne trouve personne pour ouvrir mon café, pour ouvrir mon commerce.
Mais c'est le commerçant, c'est le coiffeur, c'est l'artisan, mais c'est aussi le grand industriel de la défense. Quand vous parlez à des grandes entreprises industrielles et que vous leur demandez qu'est-ce qui vous empêche de monter en puissance pour mieux protéger nos pays, ils vous disent, mais notre principal problème, c'est qu'on n'arrive pas à recruter des gens qui travaillent. Comment c'est possible ? Eh bien, là se trouve le vrai problème, et c'est là les mesures d'économie qu'il faut faire d'urgence, et il faut avoir le courage, le courage de les faire.
Vous savez, les Français l'attendent, il faut qu'on mette enfin un terme à l'indemnisation du chômage sans contrôle, sans contrepartie, sans limite de... Aujourd'hui, on a une indemnisation du chômage qui...
Aujourd'hui, la réforme de l'assurance chômage a contribué quand même à encadrer les choses. Il faut aller beaucoup plus loin. Donc il faut ramener la borne, il faut aller chercher une réforme à Tal qui est prête depuis le passage de l'ancien Premier ministre à Matignon, durcir encore les critères, c'est ça que vous dites.
Mais surtout dans un moment où, encore une fois, il y a tellement d'emplois disponibles en France. S'il n'y avait pas d'emplois disponibles, alors... Vous savez, l'assurance chômage, c'est une assurance. C'est-à-dire que c'est fait pour faire face à une crise qu'on traverse dans la vie. Ce n'est pas un droit de tirage qu'on a pour pouvoir passer six mois, un an, deux ans, sans travailler, en étant payé. Il faut évidemment qu'on revienne sur ces minima sociaux, sur ces dispositions sociales qui font qu'aujourd'hui, des gens peuvent s'en sortir mieux parfois en accumulant les dispositifs de soutien sociaux plutôt qu'en allant travailler.
Moi, je crois qu'on ne peut pas demander aux Français de travailler contre leur propre intérêt. Et donc, le Premier ministre propose de créer une allocation sociale unique. Nous, on est d'accord avec ça, on le défend depuis longtemps. Mais il faut plafonner cette allocation sociale à 70% du SMIC pour qu'on ne gagne jamais plus avec les revenus de l'assistance qu'avec les revenus du travail. Et nous, nous demandons à toutes les forces politiques si elles sont prêtes à faire cet effort-là avec nous.
Quand les députés et les républicains ont déposé un amendement à l'Assemblée nationale pour proposer de conditionner à 15 heures d'activité hebdomadaire le fait de toucher le RSA pour pouvoir être peu à peu reconduit vers un emploi, eh bien, on a vu s'allier contre cette proposition la France insoumise et le Rassemblement national. Mais ce n'est pas possible. On ne peut pas s'en sortir comme ça. Et on ne sortira pas de la France de la crise qu'elle traverse aujourd'hui si on ne met pas l'effort au bon endroit.
Si je vous suis bien et si je suis votre raisonnement, ce que vous voulez, ce que vous appelez de vos voeux, c'est à des réformes structurelles, à des réelles transformations. Problème, il n'y en a pas dans ce budget 2026. Aujourd'hui, il n'y a pas de majorité pour en faire à l'Assemblée nationale. Là encore, comment, dans ce contexte politique-là, vous faites ? Moi, je crois qu'il y a une majorité dans le pays. Il y a une majorité dans le pays qui sait ça et qui veut ça. Mais ça ne fait pas passer des projets de loi de finances au Parlement, une majorité dans le pays.
Mais mettons ces propositions sur la table et prenons les Français à témoin. Ce que fait le Premier ministre. Mais de ce point de vue-là, il a raison, je le redis, il a raison de dire l'urgence d'agir sur la question de la dette. Mais il y a des mesures qui sont absentes de cette proposition et qui me paraissent pourtant très majoritaires dans le pays aujourd'hui. Il y a une majorité française. Il y a ce que Bruno Retailleau répète souvent. Il y a une majorité nationale qui attend des réformes très simples. Par exemple, sur la question migratoire. Moi, je ne comprends pas qu'on demande... Une fois, François Bayrou ne prononce le mot immigration, mardi, lors de sa conférence de presse.
Non, c'est pour ça que je dis que c'est absent de ce projet. Comment est-ce qu'on peut dire aux Français qu'on va revenir sur l'assurance maladie, qu'on va dérembourser certains médicaments ou certains dispositifs ? Et parfois, il faut évidemment regarder de près la dépense de l'assurance maladie. Mais qu'on ne fera pas un seul changement aux dispositions qui sont dirigées envers des étrangers qui n'ont jamais contribué. Moi, je pose là encore ces propositions toutes simples sur la table. Commençons par revenir au délai de carence que les parlementaires LR avaient proposé dans le cadre de la loi immigration, qui avait été adoptée.
On ne devrait pas pouvoir toucher les prestations sociales dès qu'on arrive en France. Il devrait être nécessaire d'avoir passé au moins cinq ans en France, d'avoir commencé à travailler pour pouvoir toucher les prestations sociales que les Français financent par leur effort depuis longtemps. C'est absolument essentiel et c'est vital parce que ce sont des mesures de justice.
Comment est-ce que vous voulez que les Français qui travaillent et qui travaillent dur et qui payent beaucoup et qui contribuent beaucoup comprennent que, par exemple, on ne touche toujours pas au titre étranger malade, qui est un titre de séjour qu'on donne à n'importe quel étranger qui ne peut pas trouver dans son pays les soins qu'il pourrait trouver en France ? Et pardon, pardon de le dire, mais encore une fois, ce sont des dizaines, voire peut-être des centaines de millions d'euros et je crois que ces dépenses-là sont intenables dans une France qui connaît une telle crise de la dette. Nous sommes le seul pays au monde à avoir un titre de séjour de cette nature.
Il est temps, évidemment, de revenir sur cette disposition. C'est ce que Laurent Wauquiez a proposé à l'Assemblée nationale et il faut bien sûr qu'on mette en œuvre cette évolution le plus rapidement possible.
Ce plan, c'est un pansement sur une jambe de bois. Il ne règle rien, comme le dit Édouard Philippe, et il ne satisfait qu'à l'urgence de la situation, pour bien comprendre.
Il y a des évolutions qui vont dans le bon sens. Encore une fois, je le redis, pour nous, ce qui est important, c'est que le Premier ministre ait le courage d'affronter la réalité du diagnostic. Mais ce que j'ai du mal à comprendre, le risque que je vois se dessiner, c'est que la France qui paye déjà, paye encore plus. À cette France-là, on dit qu'il n'y en a jamais assez, mais la vérité, c'est que pour cette France-là, il y en a déjà beaucoup trop.
Et donc, la vraie question, c'est comment est-ce qu'on arrive à faire en sorte que l'effort ne soit pas porté toujours sur les mêmes, mais qu'aujourd'hui, on fasse en sorte que tous contribuent, tous ceux qui sont en mesure de contribuer à la nécessité de la reconstruction d'une trajectoire de finances publiques qui soit raisonnable. Et surtout, le plus important, qu'on commence par faire baisser la dépense de l'État. Le vrai problème de l'État en France, ce n'est pas comme le pensait Emmanuel Macron, qu'il n'a pas assez de recettes. Le vrai problème, c'est qu'il a trop de dépenses.
Tous les Français qui nous écoutent le savent bien, quand vous avez un problème avec vos comptes bancaires et que vous êtes dans le rouge et que vous êtes appelé par votre banquier, vous n'allez pas le voir en lui disant « j'ai pas assez de recettes ». Vous commencez par regarder où vous pouvez couper dans la dépense. Et aujourd'hui, cet État qui se retrouve devant sa feuille de bilan et qui se rend compte qu'il est dans le rouge, il devrait commencer par se demander où est-ce qu'il peut couper, comment il peut prendre plus encore dans la poche des Français.
Si vous partagez le diagnostic du Premier ministre, pourquoi vous avez été si timide chez les Républicains pour venir soutenir ces annonces de mardi dans le contexte politique qu'on connaît ? Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée et vous prétendez être de ceux qui se retroussent les manches et ne font pas partie, comme Bruno Retailleau l'a dit, du cartel du déni. Pourquoi vous avez été si timide ? Mais Bruno Retailleau l'a dit.
Vous avez dit 24 heures avant de le dire. Mais parce qu'on a pris le temps d'abord de regarder, c'est quand même un plan de grande ampleur. Nous, on ne fait pas partie de ceux qui font de l'hypercommunication. Ce qui compte pour nous, c'est de comprendre ce qui se trouve dans le contenu. Non, je crois que tous les Français reconnaissent justement que, et c'est ce qui fait que tant de Français lui font confiance, qu'ils parlent, nous parlons avec le sérieux qu'imposent des questions de cette nature. Mais vous savez, on n'a pas attendu cette conférence de presse, nous, pour parler des questions de dette et de déficit. Ça fait des années qu'on en parle.
En 2017, on soutenait un candidat qui disait que la France était en faillite et qu'il était temps de redresser les comptes publics. Cette campagne, elle était courageuse par le diagnostic qu'elle portait. Malheureusement, en huit ans, on a vu le dérapage de nos finances publiques. Ça a gravé de mille milliards d'euros. Avec Emmanuel Macron, avec Édouard Philippe, parce que la guerre en Ukraine, parce que la crise énergétique, vous savez tout ça. Non, non, non, non. Pardon. Les mille milliards d'euros, ils sont dus pour une part très réduite à ces crises. Et la meilleure preuve de cela, Paul Barcelone, c'est que ces crises-là, elles ont été traversées par tous les pays européens.
Or, aujourd'hui, les pays qui nous entourent sont tous en train d'assainir leurs finances publiques. La Grèce est à 1% de déficit sur son PIB. Le Portugal fait des excédents budgétaires. L'Espagne fait mieux que ses prévisions. Tous les pays qu'on regardait comme étant des pays inquiétants pour l'équilibre européen sont en train de rétablir leur trajectoire. Et la France, aujourd'hui, a la trajectoire des finances publiques la plus inquiétante de toute l'Union Européenne.
Donc, il ne faut pas que ceux qui ont gouverné ce pays s'excusent de leur mauvaise gestion sur les crises que la France a traversées parce que toute l'Europe les a traversées et que ça n'a pas manifestement produit les mêmes résultats. La vérité, c'est une bonne nouvelle. Nos problèmes sont dans nos mains. Et si nous voulons les résoudre, il faut seulement avoir le courage de les affronter enfin.
Le 830 France Info, Paul Barcelone, Augustin Arrivé. Toujours avec François-Xavier Bellamy, eurodéputé, vice-président des Républicains. François-Xavier Bellamy, je vous parlais du soutien timide tout à l'heure de votre famille politique, les Républicains, aux annonces, après les annonces de François Bayrou cette semaine. Vous dites que vous faites encore partie du bloc central, du socle commun. Il n'y a pas de débat là-dessus malgré la timidité ? Vous êtes toujours en soutien ?
Vous ne voterez pas la censure ? Ce qu'on appelle le socle commun, ça n'est pas une uniformité de vision et d'approche. Nous avons pris nos responsabilités en rentrant au gouvernement, avec Bruno Retailleau, sous Michel Barnier, après la dissolution. Après la dissolution, parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et que si nous ne faisions pas ce pas, c'était l'alliance de la gauche qui prenait le pouvoir en France. Et cela, c'était évidemment intenable pour nous. Et donc, nous avons pris nos responsabilités. Ça ne veut pas dire pour autant que nous soyons devenus macronistes et que nous soyons prêts à nous fondre dans une espèce de grand tout indifférencié.
Nous assumons notre ligne, et cette ligne, la France en a plus besoin que jamais.
Est-ce que vous prendrez vos responsabilités pour l'élection législative partielle qui se dessine dans le 7e arrondissement de Paris, notamment ? C'est la circonscription un peu historique de Rachida Dati, ancien membre des Républicains, ministre de la Culture, où Michel Barnier, l'ancien Premier ministre, a annoncé cette semaine, au moment où François Bayrou faisait d'ailleurs ses annonces budgétaires, presque comme un clin d'œil, qu'il serait candidat pour revenir à l'Assemblée nationale. Revenir comme député.
Ce n'est pas le scénario catastrophe quand même qui se dessine à Paris, d'avoir Michel Barnier contre Rachida Dati et peut-être même contre une ministre du gouvernement, encore, qui serait soutenue par Renaissance, Clara Chapaz, ministre du Mérite.
Vous savez, moi je crois que les Français, ils attendent de la clarté.
Mais il n'y en a pas sur cette circonscription, justement. C'est pour ça que je vous pose la question.
Non mais nous, c'est très simple. Les Républicains sont en train de se reconstruire et dans cette circonscription, nous aurons un candidat, nous aurons une candidate. Michel Barnier. Michel Barnier est un excellent candidat, évidemment. Il habite dans cette circonscription depuis très longtemps. Il a apporté beaucoup à la France. Il a une grande expérience et je suis sûr qu'il pourrait contribuer à éclairer les débats à l'Assemblée nationale dans cette période très instable. Nous soutiendrons évidemment un candidat. Bruno Retailleau a dit, et je partage son avis, que la candidature de Michel Barnier est une excellente nouvelle.
Ce n'est pas la guerre des chefs qui se dessine ? Vous imaginez réellement Michel Barnier contre Rachida Dati ?
C'est vraiment possible ça ? Rachida Dati, pardon de le rappeler, j'ai été candidat à l'élection européenne. J'étais tête de liste dans cette élection en 2024. Au tout début de la campagne européenne, Mme Dati a quitté les Républicains et elle est rentrée au gouvernement. Pas parce que c'était le choix de notre famille politique, elle y est rentrée. Non, c'est un choix personnel. Exactement. Et elle a fait la campagne européenne de renaissance. Elle était au meeting de Valérie Hayé. Donc, vous voyez, chacun prend ses responsabilités pour reprendre votre expression. Chacun assume aussi ses choix. Mais nous, notre devoir, c'est de reconstruire une ligne claire et nous aurons un candidat.
Et je rappelle très simplement et très paisiblement que dans les élections partielles qui se sont succédées ces derniers mois, c'est les Républicains qui ont systématiquement remporté les élections, y compris parfois contre des candidats macronistes, contre des candidats horizon. Il n'y a pas de drame à ça. Au contraire, je crois que c'est le signe que les Français attendent le retour d'une droite claire qui assume ses convictions et la cohérence de ses engagements. Pardonnez-moi, mais c'est aussi le signe de votre incapacité à vous parler. Non, mais moi, je le redis.
Je vois que Rachida Dati a envoyé un courrier aux adhérents LR de Paris dans lequel elle dit qu'elle a toujours été fidèle à sa famille politique et que la fidélité, c'est important. Moi, je n'ai pas exactement le même souvenir. Elle a fait les choix qu'elle a faits. Moi, je respecte les engagements de chacun. Il n'y a aucun problème avec ça. Mais aujourd'hui, je crois que notre devoir, c'est de reconstruire notre offre politique, y compris dans cette élection partielle, avec un candidat qui soit celui qui a incarné la fidélité à cette famille politique et qui a été de tous les combats avec nous, même dans les moments difficiles.
François-Xavier Bellamy, autre sujet d'actualité sur lequel je voudrais vous entendre ce matin. Benjamin Netanyahou a dit tard hier soir regretter profondément, reconnaître même une erreur auprès de Donald Trump, le président américain, après la frappe israélienne contre une église à Gaza, l'église de la Sainte Famille, qui est placée sous protection française presque historiquement depuis des années. La France, pour rappel, a dénoncé hier, je le cite, une attaque inadmissible par la voix notamment de Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères. Quelle est votre réaction ? Il faut que ça s'arrête, Benjamin Netanyahou à Gaza ?
C'est évidemment révoltant. À quel moment est-ce qu'une église peut être prise pour cible ? Comment est-ce qu'on peut confondre une église avec les terroristes du Hamas ? Mais c'est quoi ? C'est une provocation ? Comment vous qualifiez ça ? Je le dis d'autant plus librement que pour ma part, je n'ai jamais dévié. J'ai toujours dit que depuis le 7 octobre, il était évidemment nécessaire de reconnaître le droit d'Israël de se défendre. Il faut quand même se souvenir de ce que cette attaque terroriste a représenté. Et ça nécessite d'aller jusque-là ?
Mais aujourd'hui, je le dis avec gravité, on ne peut pas, au nom de la défense contre le terrorisme islamiste, répliquer d'une certaine manière sa logique à l'endroit de la population de Gaza. Ceux qui sont, le Hamas, rentrés en Israël ce matin du 7 octobre en considérant que tous les civils qu'ils rencontraient devenaient des cibles et devaient être éliminés, ont marqué précisément une rupture avec ce qui fait le principe même de la dignité humaine, le principe même du respect de la vie humaine. Et on n'a pas le droit, personne n'a le droit de répliquer cette logique dans le sens inverse aujourd'hui. Ça ne résoudra rien.
Considérer que tous les civils de Gaza peuvent devenir des cibles, c'est évidemment absolument intolérable. Et je le dis encore une fois avec d'autant plus de tristesse et de gravité que pour ma part je crois à la nécessité qu'Israël puisse assumer sa sécurité et que c'est même la condition de l'équilibre du Moyen-Orient futur. Mais le faire de cette manière-là, ça n'est pas assurer la sécurité d'Israël. C'est paradoxalement en réalité mettre en danger Israël. Et il faut pouvoir le dire aujourd'hui avec fermeté et avec franchise.
Merci beaucoup François-Xavier Bellamy d'avoir été avec nous ce matin en direct
sur France Info
et très bonne journée à tous. Merci.
Merci.
François-Xavier Bellamy