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interviewLa Claque· 6 juin 2022

Interview Astrid Panosyan-Bouvet - Candidate de la Majorité Présidentielle à Paris

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Moi je suis Astrid Panossian-Bouvet, je suis candidate pour être députée dans la 4ème circonscription de Paris qui regroupe le 16ème Nord et le 17ème Sud. Et donc je fais campagne, je vais à la rencontre des habitants, on tracte, on fait du porte-à-porte, on fait des réunions publiques dans les cafés, dans les préos. Et voilà ce à quoi je m'occupe jusqu'au 12 juin, date du premier tour des élections législatives.

Moi je veux me battre parce que je viens d'un milieu modeste, parce que l'école m'a tout appris. Et donc moi je veux me battre pour une société où la liberté arrive dans la vie de tous, y compris des plus humbles. C'est comme ça qu'on peut mesurer une société juste, quand on est en mesure de pouvoir choisir ce qu'on veut à chaque étape de sa vie, sans être contraint par des déterminismes sociaux, scolaires, géographiques.

Et donc c'est ce pourquoi je veux me battre, et ça passe par l'école, ça passe par des services publics comme la santé, c'est important, et puis ça passe par une planète vivable et durable. Donc ce sont les motifs de mes combats aujourd'hui. Alors là, un public en marche, c'est une question facile, c'est que c'est un parti, un mouvement que j'ai cofondé avec Emmanuel Macron.

On a fait ce constat en 2016, quand je travaillais avec Emmanuel Macron, que le clivage gauche-droite commençait à être de plus en plus dépassé pour traiter un certain nombre de sujets, et qu'il fallait, par rapport à la complexité des choses, des solutions, et de droite et de gauche. En marche aussi pourquoi ? Parce qu'on était très attachés à l'Europe, et qu'on ressentait qu'on avait besoin d'une Europe plus forte pour traiter des sujets de ce monde, que ce soit la planète, que ce soit le numérique, et on l'a bien vu depuis, avec la crise sanitaire, ou même la guerre en Ukraine.

Et donc ça, c'est pourquoi En Marche, c'est parce que j'ai eu ce grand bonheur et ce grand honneur de créer le mouvement avec Emmanuel Macron. Et pourquoi ici ? Parce que c'est mon lieu de vie.

J'y habitais 12 ans, dans le côté 16e. Mes enfants sont scolarisés au truc à des rouges. Je travaillais jusqu'à il y a encore quelques semaines avant de me lancer dans la campagne, aussi à quelques mètres de cela.

Je pense que c'est important, quand on se lance en politique, d'avoir un vrai ancrage par rapport à ces lieux de vie pour savoir de quoi on parle. Alors, la question que vous relevez, c'est celle du conflit d'intérêts. Et je pense qu'il faut être extrêmement strict sur la question du conflit d'intérêts, et en même temps, favoriser le passage du public vers le privé, ou le privé vers le public.

On a vraiment à bénéficier de gens qui viennent du secteur privé et qui vont faire de la politique, ou du secteur associatif et qui vont faire de la politique. Et en même temps, il faut que ceux qui ne veulent plus faire de la politique puissent retourner dans leur vie civile d'avant. Et l'exemple que vous donnez ici, c'est quelqu'un qui, je crois, était pilote.

Donc, il avait un lien aussi avec un pilote de ligne. Donc, il avait un lien avec les transports. Donc, il faut être extrêmement strict sur la régulation des conflits d'intérêts.

C'est pour ça qu'on a une haute autorité sur la transparence de la vie politique, à laquelle toute personne qui veut entrer aux politiques, qui est élue, est soumise. Et moi, c'est ce que j'entends naturellement faire, à la fois la manière dont je mène campagne, sur les comptes de campagne, sur le respect des budgets, le respect d'un certain nombre de conformités. Et c'est naturellement ce que j'entends faire, si je suis élue, en me pliant à toutes ces règles, parce que c'est la condition clé pour la confiance avec nos électeurs.

Alors moi, il y a une expression qu'on dit en anglais, mais moi, je vais la dire en français, c'est « penser global, agir local ». Et je pense que l'Europe, sur la question de l'écologie, nous donne les moyens d'action. Je pense notamment aux accords climat, par rapport à des mastodontes comme la Chine, comme les États-Unis, d'agir sur un certain nombre de trajectoires en termes de réduction de l'empreinte carbone et des engagements qu'on peut prendre au niveau international.

Et il faut ensuite agir au niveau local, que ce soit au niveau du pays, mais aussi au niveau des territoires. Et c'est pour ça que moi, je me félicite aujourd'hui de la nomination d'abord, non pas seulement d'une première ministre, mais d'une femme qui connaît ces sujets, Elisabeth Borne. Et puis, avec deux ministres très importantes, d'une chargée du mix énergétique, parce que l'énergie est un des principaux contributeurs de CO2, d'empreintes carbone, si on n'a pas le bon mix énergétique.

Et puis, une autre ministre qui est chargée de développer les solutions au niveau local, dans les territoires, avec les élus, les parties prenantes, sur la biodiversité, le logement, les transports, les circuits courts, et tout ce qui va contribuer à réduire notre empreinte carbone au niveau global. Alors, c'est une question très importante. Moi, je pense qu'il faut d'abord prendre acte du premier quinquennat pour saluer un certain nombre de choses qui ont été faites.

Il faut se rappeler qu'il y avait d'abord des questions qui n'avaient pas été tranchées depuis des années sur des très gros projets d'aménagement sur des terres arables, ou je pense par exemple à Europa City, je pense à des gros projets d'aménagement aussi tels que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sur lesquels on n'osait pas prendre de décisions et qui correspondaient à une autre période, à une autre époque. Et ça, c'est des projets qui ont été arrêtés et je pense qu'il fallait avoir le courage de le faire. Je pense qu'il fallait aussi avoir le courage de réaffirmer l'ambition nucléaire de la France parce que, comme je l'ai dit, l'énergie, c'est un des principaux contributeurs en fonction du mix qu'on décide d'empreintes carbone.

Et le nucléaire est une énergie propre qu'il faut pouvoir associer à d'autres formes d'énergie, je pense notamment au solaire, enfin au renouvelable. Donc, il faut saluer ce qui a été fait. Maintenant, je pense qu'il faut...

Et puis, on a quand même aussi eu deux ans de Covid. Il faut quand même se rappeler ça aussi, une vraie crise sanitaire. Je pense que maintenant, comme l'a dit Elisabeth Borne, il faut aller vite et fort.

Et ça, ça passe par de la planification écologique parce que l'écologie, le défi du climat, c'est quelque chose de transversal, qui va aller de l'agriculture au logement, au transport, et à la manière aussi dont on va réindustrialiser le pays. Parce que moi, je crois à la réindustrialisation à travers aussi l'innovation technologique qui soit compatible avec les défis climatiques. Donc, on vient de se rendre compte avec les deux crises très graves qu'on a traversées, qu'on traverse toujours avec la guerre en Ukraine, que la souveraineté, la question de souveraineté, de se réapproprier les moyens de production sur le sol français, c'est à la fois une question d'indépendance politique et c'est également une question de climatique, en fait.

On le voit très clairement sur les hydrocarbures, les énergies fossiles, où on doit à la fois réduire notre dépendance face à des foyers d'approvisionnement. On est en une situation très différente, nous, parce qu'on a le nucléaire, par rapport à l'Allemagne, qui a renoncé au nucléaire il y a une dizaine d'années. Et donc, ça doit permettre à la fois de réduire l'empreinte carbone, tout en étant capable d'avoir cette indépendance sur le plan énergétique.

Même chose sur le plan sanitaire. On s'est quand même rendu compte pendant cette crise du Covid que la Chine était un des grands centres de production des antibiotiques. Et donc, ça veut dire qu'il y a aussi un vrai sujet de réindustrialiser un certain nombre d'industries qui font notre indépendance en cas de crise.

Et ça, ça peut vraiment changer le quotidien des Français. À la fois parce que ça donne une continuité d'approvisionnement, parce que ça crée de l'emploi et parce que ça donne aussi, il faut le dire, une garantie sur la qualité des produits fabriqués en France. Alors moi, j'envisagerais les résultats de cette campagne quand je verrai les résultats.

Ce que je vois très concrètement, c'est une vraie curiosité, un vrai intérêt par rapport à mon parcours, parce que c'est suffisamment rare de voir des gens qui démissionnent de leur mandat ou de leur fonction de salarié pour se lancer à l'intérêt général. Ça, c'est la première chose. Et ce que je vois aussi, c'est que nous, on fait une campagne finalement nationale.

On rappelle le rôle du député. Le député, ce n'est pas un super élu local. C'est quelqu'un qui est là pour voter les lois à l'Assemblée nationale et pour faire le lien de ces lois, de ces moyens au niveau étatique, dans sa circonscription.

Moi, c'est comme ça que je conçois véritablement mon rôle. Et donc, il y a un rôle aussi de pédagogie sur l'explication du rôle de député qui doit être côte à côte avec celui d'élu local. Et ensuite, en termes de modalité de campagne, moi, je fais une campagne de terrain, de porte-à-porte, de diffusion dans les écoles.

Et quelque chose qui m'est très cher, parce que c'est aussi quelque chose que je veux faire si je suis élue, c'est de faire des réunions de préos, des réunions de café où on discute de sujets essentiels qui nous concernent tous. Là, ce soir, par exemple, je vais faire une réunion de café pas très loin d'ici avec Roland Lescure, qui était le président de la commission des affaires économiques sur les entreprises, sur les défis de l'entreprise par rapport au climat, par rapport également à l'emploi, à la formation. Demain, je reçois Gérard Damanin pour nous parler de sécurité, notamment de sécurité au quotidien, qui sont des sujets qui croient aussi dans les quartiers.

Et ça, ça me fait plaisir de voir que des citoyens venant de tout horizon se mettent autour de nous, discutent, interpellent, parce que c'est aussi ça la politique, c'est le commun, et c'est envie de faire un bout de chemin ensemble. Je pense qu'il y a d'abord une question d'exemplarité, on en a parlé. Il y a une question de donner envie, en faisant de la politique peut-être autrement, en la ramenant hors des murs de l'Assemblée nationale, dans les préos, dans les cafés, et en rendant des comptes.

Je pense qu'il y a des sujets très importants qui vont être discutés dans la prochaine mandature. Il y a la question de l'école, il y a la question de la santé. Ça ne vous concerne pas, mais ça concerne vos grands-parents ou vos arrière-grands-parents sur le grand âge.

Et ça, je trouve ça essentiel, que ça ne se fasse pas juste dans l'enceinte feutrée de l'Assemblée nationale, mais ici même, avec des gens comme vous, avec vos parents, et des gens qui se sentent concernés. Donc ça, ça me semble absolument indispensable. Donc c'est aussi exemplarité, une autre manière de faire de la politique, parce que je crois que, et je crois aussi qu'il va falloir qu'on s'empare d'une discussion sur la rénovation de nos institutions également, que ce soit sur le mode de scrutin de l'Assemblée nationale, pas sur ces élections-là, mais futures, parce qu'elle donne peut-être une prime majoritaire par son mode de scrutin.

Et moi, je crois aussi beaucoup, parce que ma mère est scandinave, et donc je vois comment ça se passe dans les pays du Nord, à d'autres modes de délibération aux côtés de la démocratie représentative, qui peuvent être des comités consultatifs de citoyens, comme les conventions citoyennes qu'on a eues sur le climat, où c'était une première tentative et les choses sont largement améliorables, sur des grands débats, où on pose les choses sur un diagnostic partagé, qui permettent ensuite aux représentants de la nation, forts de ce débat citoyen, de pouvoir voter des lois. Je pense qu'on est pris entre deux injonctions contradictoires. L'injonction de la libération de la parole.

Et je pense que cette libération de la parole va au fur et à mesure prévenir, parce que des personnes n'oseront plus, par risque réputationnel ou par risque juridique. Et donc je pense que c'est ce qui va permettre aussi progressivement de tarir ce qui relève de quelque chose de visiblement très courant, en tout cas dans une période de données et même encore aujourd'hui. Donc c'est l'injonction de libérer la parole et c'est une très très bonne chose.

Et puis il y a cette injonction qui est celui de la présomption d'innocence et qui est que la régulation de nos sociétés doit se faire par le droit et pas par ce qui peut se passer sur soit une accusation, soit par du Twitter. Sinon, ça peut aussi être des honneurs qui sont ruinés, ça peut être des familles qui peuvent être ruinées par des accusations qui n'auraient pas été finalement instruites et enquêtées par la justice. Donc moi, je suis extrêmement gênée par cette histoire parce qu'on se retrouve, il y a eu un non-lieu ou un classement sans suite sur une des plaintes qui a été faite.

Donc la justice a fait son travail. Sur une autre, c'est une plainte anonyme mais qui n'a pas, ou la plaignante n'a pas voulu donner suite, en tout cas pas à ce stade. Et moi, je suis extrêmement gênée en fait.

C'est-à-dire qu'on est prise entre cette libération de la parole de la victime et de l'accès au droit qui est absolument indispensable et qu'il faut améliorer. La question de l'accès au droit, l'accès à la plainte, c'est des choses qu'il faut améliorer en France. Et puis la présomption d'innocence qui me semble absolument indispensable.

Alors on m'a demandé de m'adresser à vous. Et moi, j'ai envie d'abord vous dire qu'il faut que vous croyez en vous. Vous avez cette jeunesse, cette énergie, cette capacité à faire bouger les lignes.

Il y a des sujets absolument indispensables sur lesquels, par votre énergie, votre expérience du quotidien, vous pouvez faire avancer un certain nombre de choses même à l'Assemblée nationale. Je pense à la question de l'école, je pense à la question des lycées professionnels, je pense à la question de l'accès à l'enseignement supérieur et à votre première étape sur le marché du travail parce que c'est la condition même de l'autonomie et d'une vie librement choisie. Et je pense naturellement à la question de l'écologie où là aussi, vous pouvez faire bouger les lignes parce qu'on a besoin de votre audace.

Donc engagez-vous, croyez en vous et oui, on peut faire changer un certain nombre de choses pour rendre le monde meilleur. Merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada

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